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13/08/2011

Libéraux: Université d'été de la Nlle économie à Aix

 

Quelle crise et quelle sortie de crise
Après l'Etat Providence

Aix en Provence, 21-24 août 2011(cliquez ce lien pour s'y rendre



Le choix du thème de la 32ème UNIVERSITE D'ETE DE LA NOUVELLE ECONOMIE a été dicté par le calendrier politique français, bien que les questions posées soient d'intérêt universel. Dans notre pays les libéraux saisissent l'occasion de la campagne pour rappeler l'urgence d'en finir avec l'Etat Providence, véritable responsable de la crise passée et présente. Mais en France comme ailleurs, les gens se demandent toujours : comment substituer l'entreprise privée et la société civile à l'Etat Providence et la société politique ? Ne va-t-on pas vers le chaos ou l'explosion sociale ? Les expériences menées à l'étranger et l'analyse scientifique donnent la réponse : tout espoir est permis. Ne manque que la volonté politique…

 

32ème UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DE LA NOUVELLE ÉCONOMIE

Le thème et les grandes lignes du programme   


QUELLE CRISE ? QUELLE SORTIE DE CRISE ?

 

Après l’Etat Providence

 

Dimanche 21 août : Dîner d’ouverture de la 32ème Université d’Eté :

Après l’Etat Providence : comment concevoir la transition ? Nos expériences.

Laszek Balcerowicz, Ancien Premier Ministre, Ancien Directeur de la Banque Nationale de Pologne

Michel Kelly Gagnon, Président de l’Institut Economique de Montréal, ancien président du patronat canadien et de la Chambre de Commerce de Montréal

 

3 Journées : Changer, libérer, croire

 

Lundi 22 août : Une crise salutaire ? La crise appelle un nouvel élan

L’Etat Providence a créé la crise. Il est temps de changer les idées et les politiques.

Débat du soir : Crise des Finances publiques ou crise de l’Etat ?

 

Mardi 22 août : La route de la liberté. Se passer de l’Etat ?

Nécessité de réduire l’Etat pour réduire les dépenses et les charges publiques. Ne pas avoir peur de l’après Etat Providence : libérer concurrence et marchés. 

Débat du soir : Protections sociales ou responsabilités personnelles ?

 

Mercredi 23 août : La société de confiance. Responsabilités et exigences morales, bases de l’espoir.

La société politique et l’Etat laissent place à la société civile et l’entreprise. Nécessité d’un cadre institutionnel et d’une vision éthique. Croire à l’homme et à l’harmonie sociale.

Débat du soir : Société de puissance ou société de confiance ?

 

Les participants attendus à ce jour : T. Afshrift (Belgique), F. Aftalion, A. Arnoux, L. Balcerowicz (Pologne), P. Bessard (Suisse), B. Bouckaert (Belgique), G. Bramoullé, G. Calzada (Espagne), J.P. Centi, E. Colombatto (Italie), T. Curzon Price (UK), V. Curzon Price (Suisse), J.Ph. Delsol, D. Den Uyl (USA), S. Davies (UK), J.Ph. Feldman, J. Garello, P. Garello, A. Gentier, M. Kelly-Gagnon (Canada), E. Krecké (Luxembourg) N. Lecaussin, B. Lemennicier, H. Lepage, L. Liggio (USA) A. Mathieu, J.Y. Naudet, T. Palmer (USA), D. Rasmussen (USA), M. Rizzo (USA), D. Rohac (Tch), P. Salin, J. Schwarz (Tch), P. Simon, F. Smith (USA), C. Stagnaro (Italie), S. Tabery (Luxembourg) B. Taffin.

 


Quelle crise ? Quelle sortie de crise ?

Après l’Etat Providence

L’Université d’été de la nouvelle économie rassemble durant trois jours des scientifiques—économistes, certes, mais aussi juristes, philosophes, historiens—pour débattre des évolutions récentes et avancer des propositions concrètes. Elle s’affranchit donc des frontières disciplinaires qui souvent encombrent la réflexion.

L’Université d’été entend non seulement faire le bilan des avancées récentes dans le domaine des sciences humaines et sociales mais encore tirer les enseignements pratiques de ces avancées pour la recherche de solutions aux problèmes courants.

Lors de la précédente Université d’Eté, en 2009, nous nous interrogions sur les causes de la crise financière de 2007-2008 afin de trouver les remèdes les plus appropriés. Les analystes s’accordaient alors pour dire que la crise n’était pas due à une absence de réglementation des  marchés financiers mais plutôt à la déresponsabilisation des acteurs économiques : de nombreuses politiques (politiques du logement, politiques monétaires,…) et réglementations (bancaires en particulier) avaient brouillé les signaux et entretenu une attitude délétère. Ce n’est donc pas dans une réglementation renforcée ou encore dans un souci plus pressant de réguler les marchés que se trouvera la sortie de crise, mais en redonnant aux acteurs des marchés les outils et la rigueur d’une gestion responsable.

Depuis, une autre crise a frappé les finances publiques de nombreux états. Il y a eu la Grèce à l’Automne 2009, puis l’Irlande, le Portugal, l’Espagne… Mais les autres économies, de l’Union Européenne aux Etats-Unis, ne sont guère mieux loties. Cette crise, peut-être sans précédent, est d’une ampleur tout autre que celle qui l’a juste précédée et suscite des interrogations d’autant plus profondes.

Une fois encore, il importe de baser la recherche de solutions sur une analyse exacte des causes. Doit-on voir dans cette crise de 2009-2010 une conséquence des politiques mises en œuvre pour sortir de la crise précédente de 2007-2008 : les Etats ont dû consentir de gros efforts pour sortir les économies de la crise dans laquelle les marchés les avaient plongés au point de mettre en danger leurs propres finances? Ou doit-on voir dans la crise de 2007-2008 les prémices de la crise de 2009-2010 : les Etats, par un excès de régulation et un souci permanent de redistribution, auraient déstabilisé les marchés et, de façon plus générale, pris des engagements qu’ils ne peuvent plus assumer ? En d’autres termes, sommes nous confrontés à une crise profonde du capitalisme ou à une crise de l’Etat Providence ?

Si la crise est réellement profonde, et quelle qu’en soit la nature exacte, une remise en cause profonde des principes de fonctionnement de l’Etat et/ou du marché sera nécessaire et cela soulève une nouvelle série de questions. À supposer qu’il s’agisse d’une crise de l’Etat Providence, comment faire en sorte que dans le futur l’Etat n’élargisse pas ses missions de façon incontrôlée ? Faut-il placer des limites constitutionnelles à ses missions et repréciser son pouvoir de taxer ou de recourir à la dette ? Faut-il revoir entièrement les mécanismes de création monétaire ? Et comment expliquer à ceux qui en bénéficient que « la Providence » ne sera plus ? Le changement de mentalité requis pour suivre une nouvelle direction est-il significatif ? Comment s’est-il opéré là où les missions de l’Etat ont été redéfinies ?

 

 

Liste provisoire et incomplète :

G. O’Driscoll (Anciennement Banque Fédérale de Dallas et Citicorp, US),
D. Rasmussen (Philosophe, Saint John University, US)
E. Colombatto (Economiste, Université de Turin, Italie)
P. Salin (Economiste, France)
B. Bouckaert (Juriste, Université de Gent, Belgium)
P. Minford (Economiste, Université de Buckingham, United Kingdom)
L. Balcerowicz (Economiste et ancien Ministre, Pologne)
Jose Maria Aznar (Ancien Premier Ministre, Espagne)
Mart Laar (Historien, ministre de la Défense et ancien Premier ministre, Estonie)
J.Ph Feldman (Juriste, France)
G. Schwartz (Journaliste, Suisse et Allemagne)
Y.de Kerdrel (Economiste et Journaliste, France)
B. Lemennicier (Economiste, Université Paris 2)
Jean-François Mattéi (Philosophe, Université de Nice)
Jean-Yves Naudet (Economiste, UPCAM, France)
Jean-Pierre Centi (Economiste, UPCAM, France)
Jean-Philippe Delsol (avocat, France)
Hardy Bouillon (Philosophe, Allemagne)
Pierre Garello (Economiste, France)

 

Malheureusement, je ne serais pas encore présent cette année, sans doute l'an prochain, merci à Vous.

Al

 

Pour vous inscrire, vous devez cliquez sur le lien ci-dessous (selon votre statut).

Si vous souhaitez davantage de renseignements, vous pouvez nous contacter par email à l’adresse suivante :  ou par telephone au : +33 673 354 938

Nous attirons votre attention sur le fait que votre inscription ne sera effective qu’après la réception de votre règlement.

Les inscriptions seront reçues jusqu’au jeudi 19 août 2011, sauf pour ceux qui désirent un logement à la Cité Universitaire des Gazelles (avenue Jules Ferry, 13100 Aix en Provence). Leurs inscriptions devront nous parvenir au plus tard le lundi 15 août 2011.


27/01/2011

Monique CANTO-SPERBER - L’université, l'embauche, les fonctionnaires - La critique de Médiapart!

L’université a besoin d’embaucher en CDI

 

L’accès aux Responsabilités et compétences élargies (RCE, ou plus simplement loi d’autonomie) permet aujourd’hui aux établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche de mener une politique ambitieuse en matière scientifique et pédagogique. Incités à se développer, ils sont amenés, en particulier, à recruter des personnels plus nombreux afin d’assurer les fonctions nécessaires à la vie scientifique et académique : tâches d’encadrement administratif, mais aussi tâches nécessaires à l’entretien des laboratoires et centres de recherche ou à la vie d’un campus universitaire.

 

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Les emplois de fonctionnaires étant aujourd’hui à nombre constant, les universités, grandes écoles et grands établissements n’ont d’autre choix que de recruter des personnels contractuels qui sont assimilés aux trois catégories (A, B, C) de la fonction publique, selon les tâches qui leur sont confiées. Malheureusement, les dispositions législatives qui permettent ces recrutements contraignent ces établissements à maintenir la plupart de leurs personnels dans une situation d’incertitude et dans certains cas de précarité.


En effet, la loi sur l’emploi contractuel dans la fonction publique (article 4 et article 6-2 de la loi du 11 janvier 1984) n’autorise à proposer à des personnels contractuels que des contrats à durée déterminée (dix mois), et seulement pour des emplois saisonniers ou à temps partiel. Or, la plupart des tâches sur lesquelles sont employés ces personnels, dans un établissement d’enseignement supérieur et de recherche correspondent à un besoin permanent et qui doivent être remplies par un employé travaillant à temps complet. En conséquence, les responsables d’établissement public n’ont d’autre choix que de faire comme si des emplois saisonniers pouvaient s’enchaîner sans interruption et se répéter chaque année, ce qui leur permet de proposer à leurs employés contractuels des contrats de dix mois, renouvelés à échéance, parfois plusieurs années de suite.


Le contrat à durée indéterminée, qui est dans le secteur privé le contrat de droit commun, n’existe quasiment pas dans le secteur public, - c’est seulement depuis juillet 2005, en raison de la transposition de la directive européenne 1999/70/CEE, que des personnels de catégorie A qui ont plus de six ans d’ancienneté peuvent prétendre à un CDI, mais non les personnels assimilés aux catégories B et C.


A l’heure où l’on se soucie de la précarité des emplois, ne faut-il pas se pencher sur les conditions de l’emploi précaire dans la fonction publique ? A l’heure où l’on demande aux universités d’être au sens plein les employeurs de leurs personnels, avec les responsabilités afférentes, à l’heure où on les incite à mener une politique de ressources humaines, ne faut-il leur donner les moyens de proposer à ces personnels des conditions d’emploi dignes de leur engagement au service de l’institution ?


Lors de sa prise de fonction il y a quelques semaines, le ministre de la Fonction publique annonçait un projet de loi sur la résorption progressive des situations précaires chez les employés de l’Etat. Avoir les moyens d’offrir un contrat à durée indéterminée, un CDI, sous certaines conditions, à leurs personnels permettrait aux établissements d’enseignement supérieur de reconnaître la contribution de leurs personnels contractuels et d’assumer pleinement leurs responsabilités d’employeur.


Une communauté universitaire ne peut se développer sans un engagement de tous : c’est là une condition de nature humaine qui a trait aussi à la vie des personnes, et elle est, dans une institution où l’on transmet des savoirs et où l’on mène des recherches, non moins nécessaire que les conditions matérielles. De nombreux responsables d’établissement public ont alerté le législateur sur l’impossibilité où ils se trouvaient face à des personnels qui ont fait preuve d’un dévouement sans faille, lorsqu’ils ne peuvent rien leur proposer d’autre qu’un emploi indéfiniment précaire, sans perspective de carrière. L’insécurité de l’emploi n’a jamais été une condition favorable où chacun peut donner le meilleur de lui-même en s’associant à un projet commun.

 

Par MONIQUE CANTO-SPERBER directrice de l’Ecole normale supérieure (ENS)

Source : Libération du 15 décembre 2010, rubrique Socièté

 

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La critique de Médiapart

 

L'Université a besoin de fonctionnaires

 

Réponse à Monique Canto-Sperber, directrice de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, par le Comité de mobilisation des élèves, étudiants et personnels de l'ENS. Mis en place à l'automne, le comité coordonne le mouvement social en cours dans l'établissement.

 

Jeudi 16 décembre, dans une tribune publiée dans Libération, Monique Canto-Sperber en appelait à une loi pour recruter en CDI les salariés indispensables au bon fonctionnement des établissements publics comme l'Ecole normale supérieure (ENS), afin de les faire sortir de la précarité. Les personnels précaires, très nombreux, enchaînent en effet CDD sur CDD depuis parfois plus de dix ans et pour un salaire de misère malgré la pénibilité de leur travail, voire un véritable harcèlement de leurs chefs.

Mme Canto-Sperber est en poste depuis cinq ans, cinq ans durant lesquels la précarité s'est considérablement aggravée à l'ENS. Si elle se soucie soudainement du sort des personnels, ce n'est pas sans raison. Ce qu'elle omet de dire dans son article, c'est que depuis plus de deux mois, une mobilisation sans précédent, unissant étudiants et salariés, se déroule à l'ENS.

Suite au mouvement national pour la défense des retraites, la mobilisation, loin de faiblir, s'est transformée en lutte locale, organisée par des assemblées générales de personnels et d'élèves, avec l'appui de syndicats locaux. Des revendications claires ont été portées à la Direction et adressées à Mme Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur : titularisation des personnels précaires et dans l'immédiat des CDI, augmentations des salaires, embauches supplémentaires et amélioration des conditions de travail, parfois révoltantes dans une Ecole qui a d'importants moyens et se veut « prestigieuse ». Les principaux services de l'ENS (restaurant, bibliothèque, administration, logistique, ménage, travaux, jardin...) ont été bloqués par des étudiants ou fermés en raison de la grève de plusieurs dizaines de salariés précaires et titulaires.

© DR

En réponse à cette mobilisation, Mme Canto-Sperber, qui n'avait d'abord réagi que par une sévère répression (emploi de vigiles, menaces d'appel à la police contre les blocages et de sanctions disciplianires, fermetures administratives), continue d'affirmer qu'elle n'a pas la possibilité légale d'embaucher en CDI les précaires assimilés aux catégories B et C de la fonction publique, ni ceux employés depuis moins de 6 ans par l'Ecole.  Elle refuse cependant de demander au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche des postes qui permettraient de titulariser ces personnels. Ainsi, la tribune qu'elle a signée n'est que de la poudre aux yeux : elle peut accorder les CDI demandés, cela se fait déjà dans d'autres établissements publics comme à l'université Pierre et Marie Curie, dont le Président, M. Pomerol, a dû céder face à une mobilisation similaire et embaucher des précaires en CDI. A l'Université d'Evry, des titularisations ont même été obtenues par un mouvement social du même type.

Quoi qu'il en soit, les contrats à durée déterminée existants sont déjà illégaux et résultent d'une magouille bien connue, comme l'explique elle-même la directrice : les personnels sont employés sur des emplois dits « saisonniers » alors que leur fonction est bien entendu permanente. Pourtant, le cadre de la fonction publique est clair : tout poste permanent doit être pourvu par un fonctionnaire, sauf rares exceptions qui n'ont rien à voir avec la situation. Ce sont les politiques gouvernementales - non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et loi sur la responsabilité des universités (LRU) - qui obligent à remplacer les fonctionnaires par des contrats de type CDD ou CDI. Cela conduit à briser le service public, régi par le statut général de la Fonction publique, en une multitude d'établissements autonomes fonctionnant comme des entreprises privées, sans même être soumis aux contraintes du droit du travail privé, qui interdit les CDD à répétition.

Mme Canto-Sperber se sert du mouvement en cours à l'ENS pour argumenter en faveur de la casse de la fonction publique, conformément à ses choix politiques à l'Ecole, où elle entend réserver le statut de fonctionnaire aux seuls enseignants, chercheurs ou autres personnels de catégorie A et l'interdire à tous les autres employés qui font vivre l'ENS. Elle instrumentalise un mouvement qui exige avant tout des titularisations pour tenter de justifier un pré-projet de loi gouvernemental, récemment présenté aux syndicats, visant à généraliser les CDI dans la Fonction publique. Elle tente ainsi de faire passer une position politique assumée et catastrophique pour le service public pour une « question d'éthique » dont elle se dit, comme chacun sait, spécialiste.

Cependant, la mobilisation à l'ENS est loin d'être terminée, le conseil d'administration a été bloqué par des étudiants et des salariés de l'Ecole avant Noël, empêchant ainsi le vote d'un budget qui reconduisait la précarité pour un an. Après avoir fait plusieurs journées de grève, les personnels ont déposé un préavis de grève reconductible pour la rentrée de janvier. Cette détermination et la solidarité exemplaire entre étudiants et salariés peuvent nous permettre d'obtenir une victoire. Cela contribuerait à la nécessaire construction d'un mouvement d'ensemble contre la précarité à l'Université et dans la Fonction publique en général, pour la défense du statut, l'augmentation des salaires et l'embauche des personnels nécessaires au service public.

 

 

Source: Jeu.27Janv.

MEDIAPART

09/01/2011

La formation universitaire au métier d'ingénieur, remise en question dans un rapport de l'AERES

Les formations françaises, "excellentes-et-que-le-monde-entier-nous-envie", sont remises en question dans un rapport.

 

 

Nouvel épisode dans la guéguerre que se livrent universités et grandes écoles : l'agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) a rendu publique une étude sur "la formation universitaire au métier d'ingénieur". Dans son collimateur, la formation "à la française" dont on nous dit régulièrement que le monde entier nous l'envie. Rien de tel ici.

 

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Dans le prolongement de son étude sur l’« Evaluation de la recherche en ingénierie» (juin 2009), l’AERES rend public ce jour une nouvelle étude sur la formation universitaire française au métier d’ingénieur.

La formation des ingénieurs repose d’un pays à l’autre sur des stratégies variées notamment en France où les enseignements sont dispensés en écoles d’ingénieurs et en universités.

Dans le contexte actuel de rapprochement entre les écoles et les universités, l’AERES a animé un groupe de travail composé de personnalités des mondes académique et professionnel dans le domaine de l’ingénierie. Celui-ci a :

  • dans un premier temps, examiné le positionnement de ces deux filières face aux divers modèles étrangers ;
  • dans un second temps, réfléchi à la nature d’une formation universitaire en ingénierie, par référence au modèle «international» et aux différents modèles français.

Télécharger le rapport d’étude « Formation universitaire au métier d’ingénieur »

 

Le rapport décrit en effet trois modèles. Le premier, américain, qualifié de "modèle de référence" : on y étudie à l'université pour moitié une discipline de spécialité (la mécanique, l'électronique...), l'autre moitié de la formation étant constituée de sciences humaines, de projets de type industriel, éventuellement sous forme de stages, mais pas nécessairement, et, pour finir, de sciences fondamentales. "Il y a évidemment, tout au long du cursus, beaucoup de mathématiques, d'informatique et de physique, mais spécifiques de la spécialité et enseignées au sein de celle-ci et quand elles sont nécessaires", note l'AERES. Deuxième modèle, les cursus en cinq ans, tels que les pratiquent les universités technologiques ou les INSA : "très proches" du modèle américain, ils se caractériseraient par "l'équilibre des composantes, privilégiant la (discipline de) spécialité et les autres sciences de l'ingénieur, et minimisant les prérequis".


Marché multiforme
Vient enfin le troisième "modèle", qui, on l'aura compris, n'a guère la préférence de l'agence. C'est celui des grandes écoles, constitué de deux, voire trois années de préparation à un concours (basé essentiellement sur les maths et la physique), suivies de trois ans de formation en école. Selon le rapport, il y reste "peu de place pour l'enseignement de la spécialité, quelquefois réduite au statut d'option choisie pour la dernière année du cursus." Et l'AERES d'enfoncer le clou, en termes choisis mais assassins : "Souvent critiqué et pas toujours compris à l'étranger, ce modèle a l'incontestable avantage d'attirer vers la formation d'ingénieur des étudiants d'excellent niveau, et plus particulièrement les forts en maths. On lui attribue également les vertus d'une formation par le stress dans les années de classe préparatoire. Il apparaît donc, à ce titre, particulièrement adapté à la formation de certaines catégories d'ingénieurs de haut niveau. Mais il ne couvre pas tous les besoins d'un marché en ingénieurs très multiforme." Et après avoir déploré que l'université française n'ait pas de formation en ingénierie digne de ce nom, mais une diversité de masters n'obéissant à aucune règle, l'agence appelle de ces voeux un 4e modèle de formation délivrée à l'université qui ressemblerait au 1er modèle. Ingénieurs "à la française", reposez en paix !

http://iutcherbourgmanche.unicaen.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?CODE_FICHIER=1197390642114&ID_FICHE=26187

 

Le critère des maths
Comme on pouvait s'y attendre, les grandes écoles d'ingénieurs n'ont guère goûté cette oraison ! Par l'intermédiaire de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI), elles renvoient l'AERES à sa mission : celle d'auditer les formations universitaires existantes, non de proposer des réformes.


Elles rappellent aussi que seule la CTI (la Commission des titres d'ingénieurs), composée de représentants du monde académique et du monde professionnel, est autorisée par la loi à habiliter les formations d'ingénieurs.


Enfin elles soulignent qu'existent à l'université de très bonnes formations d'ingénieurs : celles qui sont délivrées dans des écoles universitaires et qui ressemblent comme deux gouttes d'eau au modèle 2 (les écoles en cinq ans), lequel n'est pas si éloigné... du modèle 3 ! Il est exact, quoi qu'en dise l'AERES, que les écoles d'ingénieurs en cinq ans ont pour l'immense majorité d'entre elles un cycle préparatoire intégré, dont le programme est calqué sur celui des classes préparatoires. En effet, elles tiennent à pouvoir accueillir dans leur 3e année des élèves issus de ces classes prépa. Mais le vrai débat est ailleurs : pourquoi tant de maths et de sciences fondamentales dans des formations dont la vocation professionnalisante est évidente ? La réponse est connue : en France, les maths servent à sélectionner les meilleurs élèves. Elles ne permettent donc pas forcément de former les meilleurs ingénieurs, mais de s'assurer que les meilleurs deviendront ingénieurs. Ce n'est pas la même chose ! Sont-ils pour autant de mauvais ingénieurs ? Les partisans du modèle "à la française" souligneront que nos ponts ne s'écroulent pas plus qu'ailleurs. Les autres déploreront que nos formations "excellentes-et-que-le-monde-entier-nous-envie", n'ont pas su enrayer le déclin de l'industrie française.

 

Nos écoles d’ingénieurs sont-elles nulles?
Source, journal ou site Internet : Le Point
Date : 8 janvier 2011

13:21 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : université, ingénieurs, formation, aeres | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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