Avertir le modérateur

13/08/2011

Livre #3: Philippe Nemo et la pensée unique....le livre de l'été!

CONTRE LA PENSEE UNIQUE ET LA POLICE DE LA PENSEE 

Moins d’une centaine de pages pour dénoncer la pensée unique qui règne en France. Philippe Nemo gagne son pari dans cet essai brillant et pédagogique : La régression intellectuelle de la France (Texquis, 2011).

Philippe Nemo analyse la situation de la France d’un point de vue philosophique, juridique et anthropologique. Il soutient à juste titre que si le pays se trouve dans cette situation ce n’est pas seulement la cause d’une économie défaillante et d’un Etat omnipotent mais aussi le résultat de l’emprise d’une « pensée  unique » de nature gauchisante  qui phagocyte les débats sur l’école, les médias, la famille, les moeurs, etc… Ce n’est plus le vrai ou le bien qui comptent mais l’idéologiquement  correct. La loi Gayssot, la loi sur la HALDE, le « devoir de mémoire » et autres commémorations  habilement manipulées ne sont que les excroissances d’une plaie terrible qui ronge la vie intellectuelle française.

Son incursion dans le monde de la pensée correcte commence avec la loi Pleven du 1er juillet 1972 dont le principe était l’application à la France de la « Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de racisme ». La loi instituait des mesures plus répressives pour les actes et comportements racistes. Elle allait tellement loin que la liberté d’expression était touchée. Des notions comme « provocation à la haine » et « provocation à la discrimination » représentaient un danger supplémentaire dans les débats. La loi Pleven, écrit justement Nemo, punissait des propos n’ayant encore causé de mal à personne. On assistait aux débuts de la police de la pensée. Parallèlement, cette loi permettait aux associations de porter plainte au nom d’un tiers en matière de racisme et d’antisémitisme.

La loi Gayssot de 1990 en rajoute une couche. Elle introduit une forme de censure idéologique car on ne peut plus aborder certains sujets historiques sous peine de risquer une condamnation au tribunal. C’est l’opinion qui est visée, quels que soient les arguments apportés. De plus, une amnésie idéologique est en train de s’abattre sur le débat intellectuel. Il vaut mieux éviter de parler des crimes communistes car ainsi on risque de sous-estimer – voire de nier – les crimes nazis. « L’horreur absolue » ne se trouve que du côté du nazisme. La droite n’a pas eu le courage d’abroger la loi Gayssot qui servira de modèle pour d’autres lois dites « mémorielles ». La loi Taubira de 2001 culpabilise le blanc face au noir alors que l’esclavagisme a été pratiqué (et continue d’ailleurs) aussi par les Arabes et les Africains. La loi sur la HALDE de 2004 réprime les discriminations à l’embauche ou dans l’octroi des logements. De nombreuses dérives ont été recensées suite à cette loi, de nombreuses personnes ayant porté plainte contre des patrons d’entreprises après un refus à l’embauche. Tous les prétextes sont bons pour contester la décision de l’employeur. De même, un sujet comme l’homosexualité est tabou. Un député français a été condamné deux fois pour avoir fait des déclarations considérées comme « homophobes ». Il n’a pas bénéficié de l’immunité parlementaire dont profitent de nombreuses autres personnalités politiques pour des faits infiniment plus graves… Philippe Nemo a raison de le souligner : l’idéologie remplace la justice et le droit pénal. On ne condamne plus les actes mais les propos. Ne pas entrer dans le moule idéologique vous marginalise et toute affirmation « différente » est sévèrement condamnée. Il s’agit bien du « délit d’opinion » qui régit de plus en plus notre droit pénal.

Avec de nombreux exemples à l’appui, Philippe Nemo décrit brillamment cette terrible dérive dans une société de plus en plus aveugle.

Bogdan Calinescu

Le 1er Juillet 2011

source ALEPS avec leur remerciement

15:33 Écrit par HUMANITAS dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, pensée unique, socialisme, philippe nemo, régression, enseignement, école, halde | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/05/2010

Crise: Gel des salaires des Ministres, le feront-ils? et les avantages? Un peu d'élégance, même si....

Peut-être notre exception culturelle française fera t'elle encore débat, pour sûr l'Europe nous regardant que fera notre chère gouvernance? Privilèges, privilèges, qu'avons-nous omis de notre histoire, les libéraux en leur temps n'avaient ils pas aboli ces états de faits; oui en 1789, la première révolution, la première déclaration des Droits de l'Homme. Que nenni, n'en omettons-nous pas faits et sens?

En France, il y a du bon, tout compte fait, la parité pour une première je l'apprécie, regardez ceux qui seraient prêt à baisser leurs salaires, des femmes. Déjà moins bien rémunérée que les hommes, là ici dans ce gouvernement, elles représenteraient l'économie, la pensée solidaire, l'exemplarité. Bravo mesdames, biensûr il faudra en attendre les actes, voire la décision du "chef".

 

Un pavé dans la mare. Après le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, qui a annoncé mercredi une baisse de 15% des salaires de ses ministres, le nouveau premier ministre britannique David Cameron s'est engagé jeudi à geler le salaire des principaux membres du gouvernement pendant cinq ans. Ce qui équivaut à une réduction de 5%. L'Irlande et le Portugal ont promis des efforts similaires.

 

http://www.latribune.fr/img/22-866522-448x298-0/nicolas-sarkozy-donne-ses-consignes-au-nouveau-gouvernement.jpg

Effectivement, ils vont se les geler!

Salaires Des Ministres

 

L'austérité à l'espagnole embarrasse le gouvernement


Un régime sec qui fait débat au sein du gouvernement français. Christine Lagarde, ministre de l'Economie, aurait en fait évoqué l'idée de réduire le train de vie des ministres dès le jeudi 6 mai, lors du séminaire gouvernemental, rapporte le Journal du Dimanche. Perplexité autour de la table. Et réponse du premier ministre François Fillon : «J'en prends bonne note.»


Les ministres sont-ils prêts à suivre le mouvement insufflé par José Luis Rodriguez Zapatero ? Certains le sont. D'autres grincent des dents. Enfin, plusieurs (dont Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, et Dominique Bussereau, aux Transports) n'ont pas souhaité s'exprimer sur la question, selon le Journal du Dimanche, qui a mené l'enquête.


Tour d'horizon des commentaires recueillis par le JDD.


•Ceux qui sont prêts à baisser leur salaire


Christine Lagarde, ministre de l'Economie : «Je préconise avant tout la réduction des dépenses des ministres. […]. Mais le salaire ne me paraît pas la plus grosse source d'économies.»


Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique : «Si cette décision est collective, je l'accepterai. C'est une question de justice.»


Bruno Le Maire
, ministre de l'Agriculture : «Cela ne me pose aucun problème si le premier ministre et le président le veulent. […] Nous sommes dans une équipe et c'est au patron de décider pour ne pas tomber dans la démagogie.»


Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche : «Le temps de la solidarité est venu. […] Cela passe par une série de mesures symboliques sur le train de vie de l'Etat.»


Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports : «Il n'y aurait aucune raison de demander des efforts aux Français, sans que nous fassions de même.»

 

• Ceux qui s'y opposent:


François Baroin, ministre du Budget : «La rémunération des ministres est moins élevée en France qu'à l'étranger. […] Je me méfie des décisions démagogiques.»


Eric Woerth, ministre du Travail : «Si je devais baisser mon salaire cela voudrait dire que les salaires des agents publics baissent aussi, ce dont il n'est pas question.»


Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique : «Il n'y a pas de raison de baisser le salaire des ministres en France puisque le salaire des fonctionnaires ne baisse pas.»

Par Isabelle de Foucaud  du JDD( source)

 

Baisser le salaire des ministres ? Plutôt crever !

Nous nous en doutions depuis quelque temps mais Luc Chatel est vraiment nul. Entre Frédéric Lefebvre et lui, la majorité n’a décidemment pas de chance avec ses porte-parole. Chaque fois que l’un de ces deux-là ouvre la bouche, Sarkozy perd un point dans les sondages. Et ce qui est le plus embêtant avec Chatel, c’est qu’en plus il est ministre de l’Education nationale. Il paraît même qu’il serait premier-ministrable !
Sa toute dernière gaffe mérite d’entrer dans une anthologie. Elle est, en tous les cas, diablement révélatrice à la fois de l’impudeur de ceux qui nous gouvernent et du mépris dans lequel ils nous tiennent.

On sait que, face à la crise épouvantable qui ravage aujourd’hui l’Europe et au milieu de toutes les mesures de rigueur, voire d’austérité, que sont bien obligées de prendre toutes les capitales, un certain nombre de premiers ministres ont décidé de réduire leur propre salaire et celui de leurs ministres.

C’est, évidemment, un peu démagogique mais c’est un symbole fort qui consiste à dire au « brave peuple » : nous devons tous nous serrer la ceinture, nous les premiers. C’est, en tous les cas, une réponse à tous ceux, de plus en plus nombreux, qui pensent, bien souvent à juste titre, que ce sont toujours les mêmes auxquels on demande de faire des efforts alors que les dirigeants, les élus, les vrais responsables de tous nos malheurs continuent à se goberger dans les palais de la République, aux frais de la République et avec la valetaille de la République.

Interrogé pour savoir si le gouvernement français allait prendre les mêmes dispositions et réduire le salaire des membres du gouvernement, Luc Chatel vient de nous déclarer qu’il n’en était pas question une seule seconde et que d’ailleurs c’était totalement impossible car « si on diminuait le salaire des ministres, il faudrait aussi diminuer le salaire de tous les fonctionnaires ». On en tombe à la renverse !

Pour qui nous prend-il ?

Jamais le salaire des fonctionnaires n’a été aligné sur celui des membres du gouvernement, qui sont hors échelle, hors statut, hors tout et souvent même hors du sens commun.

Et d’ailleurs, quand Nicolas Sarkozy, à peine élu, a augmenté, sans pudeur et dans des proportions considérables, son salaire de président de la République, sans même se rendre compte de l’effet déplorable que cela pouvait avoir sur son image, en pleine période « bling-bling », a-t-on pour autant augmenté le salaire de tous les fonctionnaires ? Non, bien sûr.

On peut toujours nous dire que ce n’est pas en réduisant les salaires de nos ministres qu’on arrivera à combler nos déficits publics (150 milliards d’euros au bas mot, cette année). C’est vrai. Tout comme ce n’est pas en supprimant le bouclier fiscal (dont ne bénéficient que 16.500 contribuables et qui ne coûte que 600 millions d’euros par an de manque à gagner pour l’Etat) qu’on pourra boucher le trou de notre dette (1.500 milliards d’euros). C’est encore vrai.

Mais alors, si on néglige les « bouts de ficelle », pourquoi ne pas supprimer l’ISF qui ne rapporte qu’un petit milliard d’euros par an, ce qui est, en effet, insignifiant mais ce qui ferait bien plaisir aux 550.000 redevables de cet impôt fondamentalement discutable.
Le « train de vie » de l’Etat est, évidemment, aujourd’hui au cœur du débat qui nous est imposé par notre « faillite » (pour reprendre le mot, mais il n’y en a pas d’autre, de François Fillon lui-même). Le premier ministre nous a annoncé « un gel des dépenses publiques sur trois ans, une baisse de 10% des dépenses de fonctionnement et 5 milliards d’économie sur les niches fiscales ». Et Sarkozy lui-même nous a laissé entendre qu’il y aurait d’autres mauvaises surprises. Très bien, mais à coup sûr totalement insuffisant.

D’autant plus que le même Fillon a ajouté que ce gel était « hors charges d’intérêt de la dette ». Morceau de phrase qui est passé inaperçu. Or, les intérêts de notre dette vont littéralement exploser cette année et plus encore dans les années à venir, ce qui veut dire que les 10% de baisse des dépenses de fonctionnement, les 5 milliards récupérés dans les niches fiscales et même les autres mauvaises surprises seront totalement insuffisants pour stabiliser nos dépenses publiques qui, malgré le gel, vont continuer à augmenter, à cause de la dette, considérablement.

Une diminution de 5, 10 ou 20% du salaire de nos excellences n’aurait, en effet, rien changé à la situation catastrophique de nos finances publiques mais elle aurait été un signal fort permettant aux Français de croire, un instant, que leurs responsables politiques commençaient à être conscients de l’état d’esprit du pays.

Quand la gauche de la gauche répète que « les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres », elle a, hélas, raison. Elle pourrait même ajouter que les classes moyennes voient chaque jour leur situation se dégrader.

Comment Chatel et ses complices n’ont-ils pas vu que l’affaire des salaires des sportifs, puis celle des parachutes dorés des patrons virés pour incompétence, puis celle du double salaire indécent d’Henri Proglio révélaient l’exaspération des Français devant l’impudeur des privilégiés.

En refusant de faire ce geste symbolique mais qui s’imposait vu les circonstances, nos ministres creusent encore davantage le fossé qui les sépare et des réalités et de l’opinion. En s’accrochant à tous leurs avantages sous prétexte qu’ils se refusent à toute démagogie, ils font le jeu du pire des populismes. Leur attitude est pain bénit pour les extrémistes de droite comme de gauche et la France attend aujourd’hui avec impatience que « Le Canard enchaîné » publie, en détail, les salaires, les primes, les notes de frais, les frais de bouche, frais de voyage, frais de représentation et autres petites douceurs de tous les membres du gouvernement.

Thierry Desjardins

 

 

Selon JM. APATHIE, rien semble bouger au sein de notre gouvernance

 

 

 

Il se passe quelque chose d’anormal sur la scène politique française, qu’il faut exprimer nettement, avec le souci d’exposer seulement un constat pour le faire partager le plus largement possible.

Depuis une quinzaine de jours, l’Europe a basculé dans un nouveau monde. Dans chacun des pays de la zone euro, l’austérité sévit. Espagne, Portugal, Italie, Allemagne, France: les plus grandes économies de la zone se soumettent à une diète draconienne. Elles veulent toutes saisir la dernière chance qui leur est offerte de ne pas être dépassées par la mécanique implacable de l’endettement dont la crise monétaire et l’explosion de l’euro pourraient être l’ultime et terrible expression.

Ces choix politiques effectués par chacun des pays ont d’importantes conséquences. D’une part, la logique redistributrice des budgets publics est partout questionnée. Pour ne parler que de la France, le gouvernement laisse entendre que des coupes claires sont devenues inévitables dans les dépenses d’intervention de l’Etat, ce qui veut dire que l’entretien des infrastructures sera moins bien effectuée, et que beaucoup d’allocations seront amputées, voire parfois supprimées.

D’une part, ces politiques concertées d’austérité conduisent inévitablement, sous peine de rechute, à une harmonisation des politiques budgétaires et fiscales dans la zone euro. C’est ce qu’exprime le souhait de la commission européenne de pouvoir expertiser les budgets nationaux avant leur adoption par les parlements concernés. Ceci est la traduction concrète d’un gouvernement économique de la zone euro que la France, depuis des années, ses gouvernements successifs certes, mais aussi les contempteurs d’une « Europe financière », appelle de ses vœux.

Cette prétention de la Commission représente un changement vertigineux de perspectives, une indéniable concession de la souveraineté nationale. Celle ci peut-être justifiée par les temps particuliers que nous vivons, ou bien critiquée par ceux qui jugent les choix néfastes et mortifères. Quoiqu’il en soit, chacun mesure l’immensité des changements qui s’annoncent, portés pour l’essentiel par la violence de la crise que nous traversons.

Tout ceci signale un basculement européen considérable. Et ceci, voilà bien ce qui cloche, n’est pas expliqué, mis en perspective, disséqué, par les plus hautes autorités de l’Etat. Où sont donc passés Nicolas Sarkozy et François Fillon? Ne revient-il pas d’abord au président de la République et à son premier ministre de faire le point, de donner une cohérence aux choix effectués, de tracer une perspective qui permette à chaque citoyen le sens de l’effort demandé, sa légitimité et sa durée.

Au lieu de cela, le silence. Le président naguère si bavard à propos de tout et de rien demeure désormais derrière les murailles de son palais. Le premier ministre toujours laconique ne répond plus que par monosyllabe à des questions posées à la diable, ce qui ne peut faciliter ni la compréhension, ni l’explication.

Certes, les ministres parlent, les chefs de partis parlent, les parlementaires parlent. Mais dans ces heures particulières, c’est la parole des chefs qui est attendue, pour ordonner le débat, lui donner son axe, et sa substance.

L’une des particularités françaises, on le sait, est d’avoir deux chefs, ou du moins un exécutif à deux têtes. Ceci est à la fois notre originalité et notre calvaire. Mais à quoi sert-il d’avoir deux têtes si les deux sont muettes en même temps, et à un moment où l’on voudrait qu’elles fussent bavardes?

Que pense Nicolas Sarkozy? Que fait François Fillon? Ou se cache-t-il? Il faut espérer que la demande montera dans les jours prochains pour que le président de la République et son premier ministre comprennent qu’il est démocratiquement nécessaire qu’au moins l’un des deux parle et mette les mots chargés de l’autorité que leur confère leur fonction pour expliquer aux Français le tournant majeur qu’est en train de prendre et de vivre leur pays.

source: Le pouvoir aux abonnés absents (17/05)

21:53 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : régression, économie, politique, ministres, cameron, zapatero, femmes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/03/2010

Notre Liberté de plus en plus menacée! Trop d'Etat impliquant une crise des valeurs

À rebours du progressisme, Alexandra Viatteau montre les multiples facettes de la régression actuelle vers l’infantilisme. Qu’il s’agisse du primat donné à l’émotion sur la raison, du conformisme comme facteur de construction de l’individualité, des violences envisagées comme substitut à une vraie discussion ou des nouveaux babils censés faciliter la communication, tous les indices convergent : sous couvert de spontanéité et d’authenticité, la manipulation des individus n’est pas loin. Le caractère délétère d’un tel phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il semble ouvrir la voie à un totalitarisme d’un nouveau genre.

http://www.lafase.cl/secondaire/departamentos/philo/images/totalitarisme_laine.jpg

ALEXANDRA VIATTEAU appartient à ces penseurs de l'Est, qui, tels Soljenitsyne, Zinoviev, Volkoff ou Chafarevitch, sensibilisés au totalitarisme socialiste léniniste, ont su reconnaître un totalitarisme d'un nouveau genre dans nos sociétés occidentales et dans le monde contemporain. Dans la continuité décapante d’une Sourgins (Les mirages de l'art contemporain) ou autre Natacha Polony (Nos enfants gâchés), avec La société infantile, aucune des tares de notre civilisation n’échappe au vent de la critique d’A. Viatteau : citons pêle-mêle, l’émotion collective sans « débat de fond » à laquelle a donné lieu la crise du CPE (des manifestants irresponsables « farcis d’idéologie politique ou économique, s’agitant, gesticulant et criant, parfois dans une langue approximative » en une vaste « parade carnavalesque »), le suivisme des foules, l’infantilisme attardé dans lequel sont volontairement entretenus nos étudiants d’université, les programmes Erasmus, les lycées transformés « en clubs socio-éducatifs », « l’activité enseignante en exercice de relations humaines (…), une compétence sans connaissance », des professeurs « "accompagnateurs" plutôt qu’éducateurs », une philosophie qui « ne se construit pas autour d’un savoir » mais qui a recours à la « discussion » permanente : « le corps enseignant finit par exploser devant les "consignes de tolérance" fournies par certains rectorats pour "maintenir ou améliorer les résultats" aux examens ». 

 

http://www.hora-decima.fr/IMG/rubon28.gif

L’auteur s’en prend encore à la mode de la « communication », de la « mixité sociale » et du « dialogue social », à l’art contemporain défigurant nos villes, aux « artistes subversifs », ultra-officiels et subventionnés, - dont un body-art outrancier et médiocre (« recevoir des baffes pendant vingt minutes, être enfermée pendant douze jours sans prononcer une parole ni manger, laver une montagne d’os encore sanguinolents… », « pisser debout ») « cyniquement imposé à un public finalement pris en otage par ces véritables attentats à la vérité, à l’intelligence… ».

 

Télé-réalité

Les sitcoms ne sont pas non plus en reste (Hélène et les garçons sont des « jeunesses communistes » en goguette), ni les émissions de télé-réalité en tous genres (« parti ou Loft, même entreprise d’enfermement collectif »), et autres divertissements pascaliens « qui font de l’exhibitionnisme une "valeur" », béant au-dessus d’un vide métaphysique abyssal, — l’ « amusement perpétuel » étant érigé en religion officielle, comme dans ces émissions de grande écoute où, « flatté, il faut retourner la flatterie et rigoler ; agressé, ou même blessé, et même choqué, il faut continuer de rigoler (…). Et puis, quand on a fini de rire, on veut pouvoir pleurer un coup ; alors, c’est le bonus émotion. » Où est la « culture de la discrétion et de la décence qui est au fondement de la dignité ? » On apprend encore que l’inénarrable J.-L. Borloo, ministre de la République française, affirme avoir « les boules ». L’impudeur s’étale au grand jour (c’est la « cuculisation » dénoncée par Gombrowicz, la promotion universelle du grossier, du laid et du « crado », — d’une « Crad’expo » par exemple, qui inverse le modèle pédagogique de l’enfant « instruit et intéressé par autre chose que son derrière »).

 

Mai 1968: joyeux anniversaire?

Quelles sont les causes du mal diagnostiquées par l’auteur ? Dès la première page c’est le « relâchement hédoniste libertaire » entrepris « depuis Mai 68 » qui est mis en cause : « ventripotents, dégarnis, myopes, les enfants du baby-boom, souvent devenus notables et rangés, restent rivés à leurs chimères ; vieux galopins jusqu’à la tombe, côte-à-côte avec de jeunes gâteux » que sont leurs enfants, « [rejetons] des soixante-huitards, livrés à la gravitation perpétuelle autour de leur sexe », fils de « parents qui ne seront jamais capables de l’être ». Où Alexandra Viatteau  montre assez subtilement comment le ressort d’une telle frénésie « résulte d’une manipulation de l’individualisme orienté vers sa canalisation collective » : « nombrils de tous pays, unissez-vous ! » aurait titré une exposition à laquelle l’auteur refusa de se rendre.

A ce titre, le parallélisme récurrent proposé par l’auteur entre le système soviétique et nos habitudes mentales constitue sans doute la touche originale de l’ouvrage. Le marxisme n’est pas mort, contrairement à ce que voudrait faire accroire une certaine myopie historique béate. Le léninisme n’est-il pas avant tout une praxis protéiforme, qui se moque de la doctrine, et ne s’intéresse qu’à la manipulation des masses ? Coupez la tête de l’hydre, cent autres surgissent pour la remplacer. C’est ainsi que, par-delà la chute du Mur de Berlin, la psychanalyse est devenue l’outil de fabrication de l’homme nouveau totalitaire (« Staline qualifia les psychologues d’ "ingénieurs de l’âme humaine" ».) « Après 68, on se mit en France à lire Wilhelm Reich, qui avait été à la fois disciple de Freud et militant communiste, et l’on commença à rêver de révolution sexuelle. Il s’agissait de combattre tout ce qui représentait une forme d’autorité, jugée répressive, et de mettre fin à l’emprisonnement des corps et des désirs » (Roger Pol-Droit). Et les « idiots utiles » parisiens (selon l’expression de Jdanov) depuis les années 70 de s’appliquer à « fabriquer à moyen ou long terme de nouveaux conformismes » que les masses « finissent par réclamer elles-mêmes » dans un « consensus démocratiquement orchestré ». Nos concitoyens semblent vouloir se précipiter tête baissée dans des réflexes de groupe, dans un « fascisme intériorisé, volontaire, un fascisme en pente douce, qui cousinerait avec la "tyrannie de la majorité" chère à Tocqueville » que le stalinisme cherchait à imposer au groupe par la force : en Pologne jaruzelskiste, le « besoin d’appartenance (…) des membres du parti communiste était l’objet d’une moquerie et d’une satire féroce (…). Or, chez nous, on a peu à peu érigé en vertu républicaine l’intégration obligée (…). La revendication d’une commission permanente de la vie associative dans chaque ministère rappelle immanquablement à tout soviétologue l’obligation soviétique d’un commissaire politique dans chaque kolkhoze ». Il y  a aussi le « guetteur de » « "tendance générale" (comme il y avait la "ligne générale" du communisme) ».

Qu’est-ce qui est fondamentalement dénoncé ? Ce que toute la philosophie classique n’a eu de cesse de rappeler depuis des millénaires : savoir que, pour parvenir à une certaine liberté, l’homme doit devenir « maître de soi-même » (Aristote), et notamment de ses impulsions immédiates que vantent les démagogues, les sophistes, et contre lesquels tous les grands philosophes se sont érigés de Platon et Aristote à Saint Thomas d'Aquin en affirmant la transcendance objective du Vrai, du Beau et du Bien.

 

Des "gardes rouges" au jeunisme

Or, c’est précisément l’inverse que notre idéologie dominante préconise, par exemple en privilégiant le cerveau droit sur le gauche (consumérisme oblige). En témoigne notamment le jeunisme, névrose congénitale de notre petit écran, et qui n’est pas sans rappeler les terribles « gardes rouges » chers à Mao, de sinistre mémoire. « Il en est du slogan : "jeunes", comme de ceux de "liberté", "justice" ou "paix", employés dans des sens divers ou opposés, selon l’idéologie et le système politique qui en use. Face au laïcisme, à l’utilitarisme ou au marxisme-léninisme, le christianisme a aussi un projet pour la jeunesse. » Ainsi, le totalitarisme  « apparaît dans les systèmes démocratiques sous une forme enrobée et sympathique [d’autres parleraient de « soft idéologie »], en démocratie libérale, elle permet d’évoluer "librement" vers un mondialisme aisément et "globalement" gouvernable ». Au fondement d’un tel projet, c’est « l’absence de transcendance », le « parti pris faussement progressiste de rejet de la loi naturelle, de l’ordre, de la morale » qui sont responsables d’une telle dérive. Ou comment « le progrès [peut] être menacé par l’idéologie du progressisme ».

Autrement dit, La société infantile a le mérite de mettre en chemin vers une réflexion, car elle invite le bon sens à réagir aux absurdités de notre temps. C'est une bonne étude sociologique sur laquelle le philosophe pourra s’appuyer, pour décrypter la racine du mal qui est décrit ici.

Ludovic de Malet, professeur agrégé de philosophie

source partielle de géo-politique (mel mars 2008)
Remerciements
Copyright février 2008 - L. de Mallet /www.diploweb.com

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu