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28/06/2011

Le "Printemps Arabe", le bourbier des occidentaux!

Ce que nous annoncions ici même depuis plusieurs mois, à savoir l'impossibilité pour les puissances occidentales de poursuivre leur politique d'intervention dans le monde arabe au mépris des règles les plus élémentaires du droit international, est donc en train de se produire.

 

http://www.tamazgha.fr/IMG/1Mai-Marrakech6.jpg


En témoignent avec éloquence l'attaque menée ces derniers jours au Congrès américain contre Barak Obama sur le thème de la violation des procédures légales d'intervention militaire, les déclarations et mises en garde pour le moins musclées de très hauts gradés en France et en Grande-Bretagne à propos du coût des opérations menées en Libye, le débat aussi vif que discret qui s'est engagé au sein de l'Otan sur la légitimité et l'efficacité des actions militaires extérieures conduites par plusieurs membres de cette organisation, les critiques acerbes émises par la Russie et la Chine, etc. Se greffant sur la crise financière que la faillite de la Grèce provoque dans la zone Euro et sur l'offensive qui se dessine contre quelques unes des plus grandes banques de la vieille Europe, ce réveil des intérêts, sinon des consciences, ne peut qu'entraîner une remise en question brutale de la stratégie offensive suivie par les Occidentaux en Irak, en Afghanistan, en Libye et projetée en Syrie.

 

Avec inévitablement, à terme plus ou moins rapproché, un retrait militaire et diplomatique qui laissera des traces aussi vives que la guerre du Vietnam en son temps. Ainsi, s'achève une époque et va s'ouvrir une ère nouvelle dans les relations internationales. Si l'Union africaine avait pris la juste mesure de ce qui allait se passer à la faveur du « réveil » du monde arabe, sans doute aurait-elle pu tirer un grand profit de la remise en question brutale du rapport des forces né de l'effondrement du bloc communiste il y a deux décennies. Mais l'institution n'a pas pu, pas voulu, ou pas su mettre à profit les évènements qui se déroulaient en Tunisie, en Égypte, en Libye. Alors qu'un groupe de chefs d'État, pourtant mandaté par elle, tentait courageusement de s'entremettre entre le « guide » libyen et ses adversaires, elle n'a pas osé taper du poing sur la table aux Nations unies, s'affirmer face au groupe disparate des pays occidentaux qui mènent l'offensive contre des États indépendants, donner de la voix pour se faire entendre sur la scène internationale. Fait plus grave encore, elle s'est divisée, laissant des voix discordantes, dont la moindre ne fut pas celle du président sénégalais, Abdoulaye Wade, se ranger dans le camp des Occidentaux pour défendre des positions inverses de celle adoptéepar l'Union africaine. L'issue de la crise, c'est-à-dire la dissolution dans le désordre de la « coalition », étant écrite par avance, il reste à la communauté africaine une chance, petite mais réelle, de reprendre, comme on dit, la main afin de peser sur le cours des évènements à venir.


Cette chance lui est offerte par la réunion prochaine du sommet de l'Union africaine à Malabo, capitale de la Guinée-Équatoriale. Si, en effet, l'Afrique, par la voix de ses dirigeants, énonce alors solennellement sa volonté de refuser toute intervention militaire contre l'une ou l'autre des nations qui la composent, si, de surcroît, elle parvient à mettre sur pied la procédure de gestion et de prévention des crises à laquelle elle travaille depuis plusieurs années, alors, effectivement, elle s'affirmera sur la scène internationale. L'occasion, convenons-en, est trop belle pour que les chefs d'État du continent ne la saisissent pas. Et, soit dit en passant, une telle affirmation rendrait le plus grand des services aux puissances engluées dans l'affaire libyenne car elle leur permettrait de sortir du bourbier dans lequel elles ont plongé tête baissée.

 

Réflexion : le grand réveil
Source, journal ou site Internet : les dépêches de Brazzaville
Date : 20 juin 2011
Auteur : Jean-Paul Pigasse

19/04/2010

Quand le Yuan s'éveillera?

Communication de monsieur Gilles Maumus,

président de la société internationale des économistes :

17 avril 2010.



Réévaluer le yuan, c'est assommer le consommateur occidental

 

http://english.people.com.cn/200507/22/images/money1.jpg

 

 

Partons du principe que la Chine accède aux revendications politiques pressentes des Occidentaux. Elle réévalue son yuan de 40%.


Que va-t-il se passer ?


Pas de chance pour nous, nous allons devoir payer 40% plus cher toutes nos emplettes en provenance de la Chine. Et Dieu sait que nous importons ! Inutile de vous dire que notre petit pouvoir d'achat va en prendre un sacré coup. Nous allons mécaniquement nous appauvrir.
Quand on sait que la consommation FAIT la croissance (70% du PIB), aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, il y a de quoi s'inquiéter. N'oubliez pas que la consommation doit prendre le relai des plans de relance dans les prochains mois. Si elle n'est pas au rendez-vous, direction le W !
Réévaluation du yuan = appauvrissement du consommateur occidental.
Et ne me dites pas que ce qui est produit en Chine peut l'être chez nous. Même en cas de réévaluation massive, cela coûtera toujours moins cher de produire en Chine que chez nous. C'est un faux argument.


Qui financera la dette américaine ?


Je vous en parle souvent dans ces colonnes. La Chine, depuis des années, finance le train de vie des Américains qui vivent très largement au-dessus de leurs moyens.
Pour financer leurs frasques, ils émettent de la dette. Et ce sont les Chinois qui l'achètent. Facile ! Ils sont assis sur un gigantesque tas de dollars. Des dollars qui s'accumulent du fait d'excédents commerciaux structurels de la Chine a sur les Etats-Unis.
Une réévaluation du yuan conduirait à faire fondre ses réserves de change en dollars. Et si la Chine n'a plus de dollars à placer, qui achètera les T-bonds qui financent le train de vie des Américains ?
La conséquence serait immédiate : envolée assurée des taux long aux Etats-Unis. Ce qui fera des ravages sur la croissance économique. Direction le W...
Si le yuan réévalue, j'ai un rêve : celui d'être chinoise
Car d'un coup de baguette magique tous mes actifs prendraient fortement de la valeur en dollars, euros, yens... Mon pouvoir d'achat explosera. Je prendrais alors l'avion, irait vider les boutiques de luxe sur les Champs-Elysées et la Cinquième Avenue.
Et si j'étais entrepreneur chinois ? Un bonheur !
Je rachèterais pour une "bouchée de pain" tous mes concurrents américains et français...
Et si j'étais gouvernement chinois ?
Je doublerais la mise quant à ma stratégie de sécurisation des approvisionnements en matières premières. Rachetant à tour de bras, mines et gisements...
Réévaluation du yuan = hold-up assuré de la Chine sur les actifs clés.
Vous avez toujours envie que la Chine réévalue son yuan ?
Je vous sens dubitatif...
Maintenant, vous savez que vous avez probablement plus à y perdre qu'à y gagner sur le long terme. Les Chinois le savent eux aussi.Vous savez aussi que nos politiques vous embrouillent. Pour des raisons purement électorales, de baromètre d'opinions et de manque de courage politique.
Ils le feront, et nous serons mat

 

http://blog.al.com/stantis/2009/02/Stantis-YuanDollar.jpg


Nos amis chinois doivent rires aux larmes derrière le rideau. Pour les connaître un peu, il ne fait pour moi aucun doute qu'ils réévalueront. Mais ils le feront par surprise, quand personne ne s'y attendra. Comme toujours
Et ceux qui riront jaune, seront alors les Occidentaux.
Mais il sera trop tard. Ils seront échec. Et mat.

 

 

Lire article du Monde:

 

Yuan et dollar

16:31 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, yuan, économie, occident, monnaie, réévaluation, dette, usa, dollar | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/04/2010

Immigration : ce qu’elle coûte, ce qu’elle rapporte!

Ce post est informel, je me dis que nous sommes loin du "Laissez faire, laissez passer," attention à toute forme de sectarisme....

 

Statistiques. Deux chercheurs rompent le silence.

La rareté des données chiffrées rend difficile une évaluation des politiques migratoires. Michèle Tribalat et Jean-Paul Gourévitch tentent de combler cette lacune.

 

L'immigration, ça coûte ou ça rapporte ?

cliquez, lire le livre Les yeux grands fermés », de Michèle Tribalat

le cri du contribuable

 

La question de l’immigration serait-elle devenue trop sensible en France pour être sérieusement débattue ? C’est la question que pose Michèle Tribalat, directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques, dans son nouveau livre, les Yeux grands fermés, sous-titré l’Immigration en France (Denoël). Déplorant la faiblesse de l’appareil de mesure des phénomènes migratoires, elle y discute des thèses réputées jusque-là… indiscutables : « En dehors de l’Hexagone, les débats scientifiques sont vifs, aux États-Unis notamment, où les études réalisées sur l’impact économique de l’immigration ne confortent pas le postulat français d’une contribution essentielle », écrit-elle.


C’est aussi parce que les chiffres sur ce sujet sont peu nombreux et souvent imprécis que Jean-Paul Gourévitch a consacré une étude au coût de la politique migratoire de la France, publiée par l’association Contribuables associés. Spécialiste de l’Afrique et des migrations, Jean-Paul Gourévitch a déjà écrit de nombreux ouvrages, dont les Africains de France et les Migrations en Europe (éditions Acropole). Il a reçu récemment le prix de l’essai historique Pierre Gaxotte pour le Rêve méditerranéen, d’Ulysse à Nicolas Sarkozy (L’OEuvre). Son ambition: clarifier les chiffres qui pourraient ensuite éclairer les décisions publiques et nourrir le débat sur la politique d’immigration, qu’on la pense inéluctable ou qu’on cherche à maîtriser les flux migratoires.


1. Les chiffres

Selon l’Insee, un immigré est « une personne résidant en France, née étrangère dans un pays étranger ». Cette définition est à différencier de celle de l’étranger, « personne résidant en France et n’ayant pas la nationalité française ». Tous les immigrés ne sont donc pas des étrangers, certains ayant acquis la nationalité française. Jean-Paul Gourévitch a cherché à dénombrer la totalité de la communauté d’origine étrangère,en incluant les enfants d’immigrés nés en France, non comptés dans les statistiques officielles, et les étrangers en situation irrégulière.


Il estime cette population à 7,7 millions de résidents en 2009, soit 12,25 % de la population métropolitaine. Les trois quarts sont issus du continent africain: 3,4 millions du Maghreb et 2,4 millions de l’Afrique subsaharienne. Les autres immigrés viennent essentiellement de l’Union européenne (entre 700000 et 1,1 million), de la Turquie et des Balkans (entre 300000 et 500 000), de l’Asie (entre 300000et 600000). Jean-Paul Gourévitch se fonde sur diverses études pour conclure qu’il y aurait entre 350000 et 750000 immigrés en situation irrégulière en France, soit une moyenne « relativement stable depuis deux ans » de 550000.
En un an, 215000 immigrés arrivent légalement sur le territoire, et 90 000 en sortent. Le solde de l’immigration régulière est donc de 125000 personnes par an. Quant aux demandes de naturalisation, environ 150000 seraient satisfaites tous les ans.

 

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2. Les raisons de l’immigration

Pourquoi ces étrangers choisissent-ils de venir en France plutôt qu’ailleurs ? Au XXe siècle, on distinguait trois catégories d’immigrés : les demandeurs de travail, les demandeurs d’asile et les femmes et les enfants entrant au titre du regroupement familial. Mais les motivations se sont diversifiées. Outre l’attrait pour la France, « carrefour d’échanges intellectuels dans tous les domaines de l’art », Jean-Paul Gourévitch en recense plusieurs :

– l’excellence du système de santé français;

– la poursuite des études, motivée par la variété du système d’enseignement, et l’offre de bourses aux étrangers;

– les prestations sociales et la politique de rapprochement familial;


– l’acquisition de la nationalité française par mariage avec un résident français et pour les enfants nés en France;

– la demande d’asile;

– la faiblesse du taux de reconduites à la frontière (30 % de ces reconduites sont exécutées);


– l’aide au retour volontaire : prise en charge du voyage, versement de 3500 euros pour un couple, 2000 pour un adulte seul, 1000 euros par enfant mineur jusqu’au troisième enfant et 500 euros pour chacun des enfants suivants. 7000 euros sont également proposés aux ressortissants ayant un projet d’entreprise.

 

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2. Mariages et démographie

Le mariage d’un immigré avec un résident français semble un bon moyen pour l’immigré d’acquérir la nationalité française et pour la France d’intégrer efficacement ledit immigré dans la population française. Cependant, selon Michèle Tribalat, qui cite une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 63 % des personnes entrées en France en tant que conjoint d’un résident français rejoignent une personne d’origine étrangère. Peut-on vraiment parler, dans ce cas, de “mariage mixte” ? Une proportion importante de ces mariages sont à l’origine de flux d’immigration de conjoints de Français: « 46% des mariages “mixtes” enregistrés à l’état civil en France, et 56% de ceux célébrés à l’étranger ont suscité ou régularisé une immigration en France en 2006 », précise la démographe.
Selon Jean-Paul Gourévitch, les familles d’immigrés comportent 3,2 personnes en moyenne, au lieu de 2,4 pour l’ensemble de la France. D’après l’Insee, le taux de fécondité des femmes étrangères en 2003 était en moyenne de 3 enfants, contre une moyenne de 2 pour la population globale. En 2006, 17 % des naissances étaient dues à la population immigrée.

 

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3. Le coût de l’immigration

La politique de l’immigration française a un coût,qu’il n’est pas facile d’estimer. Jean-Paul Gourévitch reconnaît honnêtement les limites de son étude, en l’absence de certaines données précises : « Plusieurs postes de dépenses sont facilement identifiables et chiffrés en fonction des statistiques existantes ou d’informations disponibles après de brèves recherches. D’autres ont été reconstitués avec une probabilité sérieuse. Pour certains, en revanche, faute de documents, nous avons été obligés d’établir des moyennes, des ratios, voire des fourchettes. » Son étude « n’a pour ambition que de donner un ordre de grandeur relativement performant et de tracer les voies qu’il conviendrait d’explorer », précise-t-il.
Le coût de l’immigration résulte de la différence entre les recettes et les dépenses.
Côté recettes, Jean-Paul Gourévitch compte les cotisations sociales et les recettes fiscales pour l’État et pour les collectivités locales: 48,99 milliards.


Côté dépenses, il distingue les “coûts sociaux”, correspondant aux prestations sociales versées, les “coûts sociétaux et fiscaux” (lutte contre l’économie informelle et la fraude), les “coûts sécuritaires” (maintien de l’ordre, protection des biens et des personnes et contrôle des frontières) et les “coûts éducatifs”, liés à l’accueil des étudiants étrangers. Le total s’élève, selon lui, à 79,4 milliards d’euros par an. Les dépenses de protection sociale représentent les trois quarts de cette somme: 58,64 milliards. Les recettes n’équilibrant pas les dépenses, la politique d’immigration enregistre un déficit annuel de 30,4 milliards d’euros.


À ce chiffre, Jean-Paul Gourévitch ajoute « les investissements consentis par l’État pour freiner l’immigration en provenance des pays du Sud,améliorer l’accueil et la situation des migrants qui s’installent en France et construire une meilleure égalité des chances pour les enfants.Au total, près de 10 milliards d’euros que ne compensent ni la plus-value générée par le travail des immigrés pour la communauté nationale (5 milliards) ni les retombées économiques, faibles et quasi non chiffrables de l’expatriation ».

 

Source:
Fabrice Madouas - VALEURS ACTUELLES

Fabrice Madouas & Marie de Pontalba

 

Voir également :

09/04/2010

L'occident en déclin, La Liberté passera t-elle par l'Orient?

2025 Déclin de l’Occident et avènement de l’Orient

«On affirme, en Orient, que le meilleur moyen pour traverser un carré est d’en parcourir trois côtés.»
Lawrence d’Arabie (Les Sept Piliers de la sagesse)


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Il est courant d’admettre que l’Occident est parti à la conquête du Monde après la première révolution industrielle. En fait, il serait plus indiqué de remonter dans le temps pour s’apercevoir que l’hégémonie occidentale a débuté après ce qu’on appelle dans la doxa occidentale «Les Grandes découvertes». Prenant la relève d’un Orient et d’une civilisation islamique sur le déclin, et au nom de la Règle des trois C - Christianisation, Commerce, Colonisation,, il mit des peuples en esclavage. Il procéda à un dépeçage des territoires au gré de ses humeurs sans tenir compte des équilibres sociologiques que les sociétés subjuguées ont mis des siècles à sédimenter. Pendant cinq siècles, au nom de ses «Droits de l’Homme» qui «ne sont pas valables dans les colonies» si l’on en croit Jules Ferry un chantre enragé de la colonisation et de la grandeur de l’Empire colonial français-, l’Occident dicte la norme, série, punit, récompense, met au ban des territoires qui ne rentrent pas dans la norme. Ainsi, par le fer et par le feu, plus de 75% des richesses des Suds épuisés comprenant plus de 80% des habitants de la planète furent spoliés et détenus par 20% des pays du Nord.(1)

La religion instrumentalisée

 

Cependant, au sein même de cet Occident chrétien, le leadership fut disputé avec l’apparition d’une idéologie, le communisme. Pendant près de cinquante ans après la Seconde Guerre mondiale, l’équilibre du monde était détenu par deux grandes puissances, les Etats-Unis et l’Empire soviétique. L’Occident latin guidé par les Etats-Unis est sorti vainqueur de cette lutte sans merci et tous les coups furent permis, notamment l’instrumentalisation de la religion aussi bien pour déstabiliser la Pologne en mettant en lumière un électricien des changements de Gdansk - à qui on a attribué le prix Nobel pour lui donner une stature- soutenu par un pape polonais qui appelait ouvertement à la rébellion- N’ayez pas peur!- mais aussi en créant une internationale islamique sous l’égide d’un Oussama Bin Laden, leur meilleur allié avec les taliban qui furent dotés de missiles qui firent des ravages dans les chars soviétiques en Afghanistan. Après la chute de l’Union soviétique, les Américains, ivres de puissance et tentés par la posture de l’Empire, se devaient de trouver un «Satan de rechange». Une étude du Pnac (Programme for New American Century) recommandait de chercher un motif pour relancer l’hégémonie américaine d’une façon définitive, notamment avec le déclin du pétrole dont il fallait à tout prix s’assurer des sources d’approvisionnement pérennes et à un prix «raisonnable». L’arrivée du 11 septembre fut du pain bénit. Le Satan de rechange tombait du ciel, l’Islam et terrorisme. Francis Fukuyama s’interrogeait à juste titre sur la fin de l’histoire maintenant que la pax americana régnait et paraissait durer mille ans. Ainsi, furent organisées les expéditions punitives que l’on sait un peu partout semant le chaos, la destruction et la mort. Pourtant, les signes d’un craquement de l’hégémonie occidentale commencèrent à poindre à l’horizon. Des voix inquiètes commençaient à douter de la pérennité du magister occidental. Dans un discours à l’université de Princeton, Joschka Fischer ancien ministre allemand des Affaires étrangères faisait part de son inquiétude et désignait nommément l’Islam. Ecoutons-le: «La situation actuelle nous enseigne que la question de la sécurité au XXIe siècle pour nous tous, et avant tout pour les États-Unis et l’Europe, ne peut plus être définie à l’aune des catégories traditionnelles du XXe siècle. Un totalitarisme d’un genre nouveau, le terrorisme islamiste et l’idéologie du Djihad, basée sur le mépris de l’homme, menacent la paix et la stabilité régionales et mondiales. (...) Aujourd’hui, notre sécurité est principalement menacée non pas par un seul État mais au contraire par un mouvement totalitaire d’un genre nouveau qui, ayant perdu l’Afghanistan, ne peut plus baser sa puissance sur le contrôle d’un autre État. Cette menace ne vise pas non plus les potentiels stratégiques des États-Unis et de l’Occident. Elle tend plutôt à ébranler leur moral et à déclencher des réactions qui renforcent le soutien au totalitarisme islamiste au lieu de l’affaiblir. Cette nouvelle menace est d’envergure, mais pire encore: elle essaye de créer un "choc des civilisations" basé sur la religion et l’appartenance culturelle, entre le monde islamo-arabe et l’Occident mené par les États-Unis. (..) Est-ce la fin de l’Occident? Cette question qui donne le frisson est actuellement en vogue. L’Occident ne serait condamné que si la communauté transatlantique, faute d’intérêts communs, n’avait plus d’avenir, (...) Dans leur lutte contre la nouvelle menace, l’Europe et l’Amérique dépendent l’une de l’autre. L’Amérique et l’Europe pourront relever les défis du XXIe siècle, mais elles ne pourront le faire qu’ensemble.»(2)


Nous le remarquons que pour Joshka Fisher, l’hégémonie occidentale sera toujours aux commandes! Ce n’est pas l’avis de la CIA qui a publié un rapport intitulé: Le monde en 2025. On constate une prise de conscience d’une nouvelle donne à la fois démographique, économique, financière et même dans une certaine mesure, militaire La lecture du dernier rapport de la CIA nous permet de mieux connaître le mode de pensée de la classe dirigeante étatsunienne et d’en identifier les limites. Terrorisme en retrait, glissement du pouvoir économique de l’Occident à l’Orient, pénurie d’eau, déclin des ressources en hydrocarbures, nouvelles technologies. Dans la lignée du précédent Rapport de la CIA, pour la première fois, les Américains reconnaissent qu’ils ne seront plus les maîtres du monde!(3)

 

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Ecoutons l’économiste Samir Amin donner son avis à propos de ce rapport: «Je résumerai mes conclusions de cette lecture dans les points suivants: la capacité de "prévoir" de Washington étonne par sa faiblesse; on a le sentiment que les rapports successifs de la CIA sont toujours "en retard" sur les évènements, jamais en avance. L’impression qu’on tire de cette lecture est que, de surcroît, l’establishment étatsunien conserve quelques solides préjugés, notamment à l’égard des peuples d’Afrique et d’Amérique latine. Le rapport précédent - Le monde en 2015 - n’avait pas imaginé que le mode de financiarisation du capitalisme des oligopoles devait nécessairement conduire à un effondrement comme cela s’est produit en 2008. (...) Aujourd’hui encore donc (dans la perspective de 2025), le rapport affirme sans hésitation "qu’un effondrement de la mondialisation" reste impensable. (...) D’une manière générale "l’hégémonie" des Etats-Unis, dont le déclin est visible depuis plusieurs décennies, affirmée pourtant dans le rapport précédent comme toujours "définitive" est désormais imaginée comme "écornée", mais néanmoins toujours robuste». D’une manière générale, les «experts» du libéralisme ignorent la possibilité d’une intervention des peuples dans l’histoire. Les experts de l’establishment étatsunien ne s’intéressent qu’aux choix «possibles» des classes dirigeantes des «pays qui comptent» (la Chine en premier lieu, ensuite la Russie et l’Inde, puis l’Iran et les pays du Golfe, enfin le Brésil). L’Europe, à leur avis, n’existe pas (et sur ce point ils ont certainement raison) et de ce fait restera forcément alignée sur les choix de Washington. L’illusion qu’ils peuvent se faire sur les pays du Golfe est instructive: «riches» ces pays doivent «compter», le fait qu’on puisse être riche et insignifiant ne leur paraît pas «imaginable». Leur crainte concernant l’Iran, non pas pour son «régime islamique» mais parce que cette grande nation n’accepte pas la résignation, est par contre fondée. L’Afrique ne comptera toujours pas, et restera ouverte au pillage de ses ressources. Le seul problème pour eux est qu’ici, les Etats-Unis (et leurs alliés subalternes européens) se trouveront désormais en concurrence difficile avec les appétits de la Chine, de l’Inde et du Brésil.(...) Les «scénarios» dessinés dans le rapport, dans ces conditions, renseignent plus sur les limites de la pensée dominante aux Etats-Unis que sur les probabilités de leur réalisation. Premier scénario: une victoire éclatante de la Chine. La Chine s’impose comme nouvelle «puissance hégémonique», entrainant dans son sillage une Russie rénovée une Inde autonome mais résignée, un Iran («islamiste» ou pas) devenu acteur dominant au Moyen-Orient. L’alliance de Shanghai garantit l’accès de la Chine et de l’Inde à 70% des productions de pétrole et de gaz du Moyen-Orient. Second «scénario»: conflit Chine/Inde, stagnation de la Russie...Les voeux des USA. Le second «scénario» consacre, à l’opposé, l’échec retentissant du «Plan de Shanghai», l’éclatement du groupe éphémère que représente le Bric, la montée en ligne du conflit Chine/Inde, la stagnation de la Russie et l’avortement du projet nationaliste de l’Iran.(4)



Les nouveaux maîtres

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A l’autre bout du curseur concernant l’avenir du Monde, nous trouvons l’analyse lumineuse de l’ambassadeur singapourien Kishore Mahbubani qui décrit le déclin occidental: recul démographique, récession économique, et perte de ses propres valeurs. Il observe les signes d’un basculement du centre du monde de l’Occident vers l’Orient. L’auteur fait le point sur l’ascension économique vertigineuse des pays de l’Asie. Ayant intégré les pratiques de l’Occident (économie de marché, méritocratie, Etat de droit, développement de l’éducation, etc.), l’Asie n’a, selon l’auteur, aucune intention de dominer l’Occident, mais il met en garde: l’Occident doit renoncer à sa domination notamment. Après trois siècles de domination occidentale, où Londres, Paris, Berlin et Washington ont décidé du sort de la planète, les 5,6 milliards d’individus qui ne vivent pas à l’Ouest aujourd’hui ont cessé d’être des objets de l’histoire mondiale pour en devenir des sujets.(5)

 

Citant l’ouvrage de l’historien britannique Victor Kiernan «The Lords of Humankind, European Attitudes to the Outside World in the Imperial Age» qui avait été publié en 1969, lorsque la décolonisation européenne touchait à sa fin. Victor Kiernan qui écrivait: La plupart du temps, cependant, les colonialistes étaient des gens médiocres mais en raison de leur position et, surtout, de leur couleur de peau, ils étaient en mesure de se comporter comme les maîtres de la création. Même si la politique coloniale européenne touchait à sa fin, l’attitude colonialiste des Européens subsisterait probablement encore longtemps. En fait, celle-ci reste très vive en ce début de XXIe siècle. Souvent, on est étonné et outré lors de rencontres internationales, quand un représentant européen entonne, plein de superbe, à peu près le refrain suivant: «Ce que les Chinois [ou les Indiens, les Indonésiens ou qui que ce soit] doivent comprendre est que...», suivent les platitudes habituelles et l’énonciation hypocrite de principes que les Européens eux-mêmes n’appliquent jamais. Le complexe de supériorité subsiste. Le fonctionnaire européen contesterait certainement être un colonialiste atavique. Comme l’écrit Mahbubani: «Cette tendance européenne à regarder de haut, à mépriser les cultures et les sociétés non européennes a des racines profondes dans le psychisme européen.»


Pour l’Occident, écrit Jean Pierre Lehmann commentant l’ouvrage de Maybubani, il est temps de regarder la réalité en face. Ce que Mahbubani attaque, c’est l’anomalie absurde d’un pouvoir mondial occidental envahissant et persistant dans un monde sujet à des changements fondamentaux. Cela ne vaut pas seulement pour la culture mais également pour le niveau de développement économique et politique.(6)

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L’auteur décrit les trois principaux scénarios pour le XXIe siècle - la marche vers la modernité, le repli dans des forteresses et le triomphalisme occidental Géographiquement, il est des plus à l’Est mais qu’en est-il des autres aspects? Mahbubani reproche à l’Europe sa myopie, son autosatisfaction et son égocentrisme. Il relève en particulier que l’Europe a failli à s’engager vraiment en faveur de ses voisins: «Ni les Balkans ni l’Afrique du Nord n’ont bénéficié de leur proximité avec l’Union européenne». Cependant, au XXIe siècle, le déclin de l’Occident en termes d’abandon de ses valeurs, a été accéléré en particulier par les États-Unis sous le gouvernement de George W.Bush. L’essor économique de l’Orient a été remarquable. «En 2010, 90% de tous les scientifiques et ingénieurs titulaires d’un doctorat vivront en Asie.»

 

Mahbubani voit trois principaux foyers de défis pour l’Occident: la Chine, l’Inde et le Monde islamique. A propos du dernier, alors que le terme de «musulman» est associé dans l’esprit des Occidentaux à celui d’«arabe», la grande majorité des musulmans vivent en Asie où l’on trouve la plupart des pays qui ont les plus importantes populations musulmanes: Indonésie, Inde, Pakistan, Bangladesh et Iran. L’invasion anglo-américaine de l’Irak a considérablement aggravé les relations entre l’Occident et les États et peuples musulmans. Le caractère grotesque des erreurs commises est dû en partie au degré stupéfiant d’ignorance des étatsuniens au sujet de l’Irak, laquelle provient de leur arrogance. Mahbubani exhorte l’Occident à «faire de toute urgence des efforts pour mieux comprendre l’esprit musulman».


Quand Mahbubani écrit que «le moment est venu de restructurer l’ordre mondial», que «nous devrions le faire maintenant». Le grand sujet de plainte de Mahbubani est l’incapacité de l’Occident à maintenir, à respecter et encore plus à renforcer les institutions qu’il a créées. Et l’amoralité avec laquelle il se comporte trop souvent sape davantage les structures et l’esprit de la gouvernance mondiale. Prenons le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Selon Mahbubani, il «est légalement vivant mais spirituellement mort» «Le monde, écrit-il, a perdu pour l’essentiel sa confiance dans les cinq États nucléaires. Au lieu de les considérer comme des gardiens honnêtes et compétents du TNP, il les perçoit généralement comme faisant partie de ses principaux violateurs» Leur décision d’ignorer le développement par Israël d’un arsenal nucléaire leur a été particulièrement préjudiciable. Lors d’une rencontre à Bruxelles au début de 2008, j’ai demandé à l’un des participants, Javier Solana, Haut-Représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité commune, son avis sur la question de l’arsenal nucléaire d’Israël mais il a refusé catégoriquement d’aborder le sujet.(6)


Le Monde sera à n’en point douter fragmenté, il est à espérer qu’après cinq siècles de domination sans partage et d’une vision occidentalo-centriste des droits de l’Homme, le Monde retrouvera la vraie sagesse. L’Inde et la Chine héritiers de plus de 4000 ans de civilisation y contribueront certainement.

 

source: L'Expression 08 Avril 2010

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) enp-edu.dz

1.C.E.Chitour: L’Occident à la conquête du Monde.ed. Enag. Alger. 2009
2. Joschka Fischer: L’Europe et l’avenir des relations transatlantiques. Princeton 19 11 2003
3.«Le monde en 2025» selon la CIA, le 26/2/2010
4. Samir Amin http://www.michelcollon.info/index.php-16-02-10
5.K.Mahbubani: The Irresistible Shift of Global Power to the East, septembre 2008
6.Jean-Pierre Lehmann: Déclin de l’Occident et montée de l’Orient Réseau Voltaire 2.09.2008.

Pr Chems Eddine CHITOUR

 
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