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04/06/2011

Les révolutions arabes vues par le renseignement, que d'illusions!!

De retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.

 

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Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.


Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.


Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?


En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.


Et en Tunisie ?
Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés.


C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime.


L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi
n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.


Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée.

 

Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente.


D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.


Comment lisez-vous la situation actuelle ?
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à
l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée.


D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?

 

Les révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués.
Source, journal ou site Internet : la Tribune
Date : 2 juin 2011
Auteur : Eric Dénécé, propos recueillis par Valérie Segond

15/04/2011

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen par "The New York Times"

En appelant à une intervention militaire en Libye, Nicolas Sarkozy a "réveillé l'Américain" qui sommeillait en lui et éclipsé Barack Obama, analyse The New York Times. Le quotidien s'amuse de cette inversion des rôles entre le locataire de la Maison-Blanche et le président français.

 

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En France, cela fait longtemps qu'on le surnomme "Sarko l'Américain". Il aura toutefois fallu l'aide du locataire de la Maison-Blanche et le spectre d'un massacre en Libye pour permettre à Nicolas Sarkozy de révéler l'Américain qui sommeille en lui. En appelant à l'action militaire contre le colonel Kadhafi et en s'empressant de reconnaître et d'armer les rebelles libyens, Sarkozy s'est donné l'image d'un chef d'Etat d'envergure internationale, même s'il ressemble moins à un nouveau de Gaulle qu'à un Reagan à la française.


D'une certaine manière, Nicolas Sarkozy a également rendu service à Barack Obama. En poussant ainsi la France en avant, le président français a permis à son homologue américain de présenter de manière crédible l'intervention en Libye comme un modèle de coopération multilatérale, et non comme le théâtre de la troisième opération américaine dans un pays musulman en moins de dix ans. Entraîné à contrecoeur dans ce conflit et sur l'insistance des Européens et des dirigeants arabes - Sarkozy se montrant le plus pressant de tous -, Barack Obama aurait presque fait figure d'Européen. C'est un tandem géopolitique bien improbable que forment ces deux hommes. Jugés tous les deux comme des francs-tireurs, ils ont en commun d'avoir pris le risque de prendre leur pays respectif à rebrousse-poil. Mais l'apparition de ce duo a également de plus amples répercussions au sens où il augure d'un monde nouveau dans lequel les Etats-Unis, militairement et économiquement à bout, ne joueraient plus seuls le rôle de gendarme du monde. "Il est tentant de dire que Sarko l'Américain va de pair avec Obama l'Européen, mais c'est faux", explique Dominique Moïsi, fondateur de l'Institut français de relations internationales (IFRI).

 

Il s'agit plutôt, pour l'un comme pour l'autre, d'un "mariage de raison". Cette alliance s'inscrit également dans la lignée de convictions clairement affichées.


Lors de son discours à Berlin, en juillet 2008, Barack Obama s'est présenté aux Européens en tant que "citoyen du monde". Ce discours, prononcé dans les derniers jours de la présidence de George W. Bush, a notamment marqué les esprits par sa mention des "fardeaux de la citoyenneté globale". Enumérant les dangers de la prolifération nucléaire, de la culture de la drogue en Afghanistan, de la violence en Somalie et du génocide au Darfour, Obama avait déclaré qu'aucun pays, pas même les Etats-Unis, n'avait les moyens de répondre seul à ces menaces. Il s'agissait d'une rupture avec les politiques unilatérales de l'administration Bush, mais également d'un défi lancé à l'Europe. De son côté, Nicolas Sarkozy n'a jamais caché son admiration pour les Etats-Unis. En 2009, il a fait revenir la France au sein du commandement intégré de l'OTAN, une mesure essentiellement symbolique, mais qui l'a néanmoins aidé pour en appeler ensuite aux forces de l'Otan contre la Libye. Avant l'élection de Sarkozy, aucun pays occidental ne divergeait davantage des Etats-Unis que la France. En 2003, à la veille de la guerre en Irak, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, avait déclaré que l'opposition de la France à l'invasion américaine relevait d'un choix entre "deux visions du monde" : la frappe "immédiate et préventive" des Etats-Unis, d'une part, et la patience diplomatique de la France, d'autre part.

 

Cette fois-ci, c'est Nicolas Sarkozy qui a prôné une intervention militaire immédiate pour éviter un massacre à Benghazi, en Libye. Et c'est Barack Obama qui a traîné les pieds, arguant que cela risquait de réveiller le sentiment antiaméricain dans le monde musulman.

 

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Alors que s'annonçait un bras de fer à propos du vote du budget, et tandis que Washington s'efforce de rappeler ses soldats d'Irak et d'Afghanistan, Obama n'était guère enclin à déployer des troupes et à engager des dépenses pour un pays qui, d'après les termes mêmes du ministre de la Défense, Robert Gates, ne représente pas un intérêt vital pour les Etats-Unis. Les volontés conjuguées de Sarkozy et du Premier ministre britannique, David Cameron, ont toutefois changé les termes de l'équation en permettant au président Obama d'annoncer une intervention militaire de durée limitée et dont l'essentiel des opérations serait confié à une coalition de l'OTAN. De toute évidence, Nicolas Sarkozy agit en fonction de motivations propres. A la traîne dans les sondages, il risque de ne pas être réélu. Ses adversaires, notamment de droite, jouent sur les craintes des Français d'assister à un afflux de réfugiés libyens et d'Afrique du Nord. La réaction de son gouvernement face à la révolte tunisienne a été plus que tardive et on lui a reproché d'entretenir des liens un peu trop étroits avec le tyran déchu, Ben Ali. Pour Dominique Moïsi, il serait toutefois injuste de ne voir qu'un calcul politique de la part du président français. Sarkozy veut également devenir une figure historique et se fait une grande idée de la place de la France dans le monde. A l'instar des Etats-Unis, l'identité de la France est fondée, entre autres, sur le principe des droits universels. Dans une certaine mesure, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a d'ailleurs permis de justifier la défense de Benghazi. Et c'est au nom de ces mêmes idéaux que la France est intervenue également en Côte d'Ivoire, autre ancienne colonie, où les forces françaises de maintien de la paix opèrent sous un mandat des Nations unies. Toutes ces opérations représentent un risque pour Sarkozy. L'aventure libyenne pourrait s'enliser et tomber dans une impasse entre les rebelles et les forces du colonel Kadhafi. La reconnaissance précipitée des rebelles pourrait également avoir un effet boomerang, compte tenu du peu d'informations dont l'on dispose sur leurs motivations.

 

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Sarkozy pourrait également se voir reprocher d'avoir laissé les Etats-Unis se décharger trop lourdement sur les épaules de la France. Barack Obama n'est pas non plus à l'abri d'un risque. Ses opposants au Congrès l'accusent d'avoir embarqué les Etats-Unis dans une entreprise à l'objectif mal défini. En dépit de tous ses discours sur ses partenaires et le multilatéralisme, l'armée américaine constitue toujours l'essentiel des forces combattantes de l'OTAN, ce qui en fait une pièce maîtresse du dispositif libyen. Sans Obama à ses côtés, Sarkozy perdrait vite de sa superbe. Enfin, l'idée qu'une opération militaire ne soit pas placée sous le commandement des Etats-Unis ne plaît guère à certains républicains. Mais les deux présidents sont surtout un concentré de contradiction : les Européens s'étonnent de voir un président américain réticent à s'engager dans un conflit, tandis que les Américains, se souvenant de la guerre en Irak, ne savent vraiment pas quoi penser d'un soldat français. Se pourrait-il que les frites méritent véritablement leur appellation de "freedom fries" ? [littéralement "frites de la liberté" : nom ironiquement donné aux "french fries" à l'époque du refroidissement des relations franco-américaines, au moment du déclenchement de la guerre en Irak, en 2003].

 

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen
Source, journal ou site Internet : The New York Times
Date : 13 avril 2011
Auteur : Marl Landler

09:49 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, obama, libye, irak, militaire, guerre, ifri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/03/2011

Libye - Démocratie tribale? Dictature ?

Personne ne regrettera le satrape libyen responsable de multiples attentats, de nombreux crimes et de la déstabilisation de régions frontières de l’Afrique. Ceci étant, laissons l’émotionnel aux amateurs du superficiel et les pamoisons aux journalistes, pour ne nous intéresser qu’au réel.

 

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La fin de Kadhafi qui risque d’avoir des conséquences dont nous sommes loin de mesurer l’ampleur est en effet moins une aspiration démocratique populaire que la manifestation de l’éclatement de l’alchimie tribale sur laquelle reposait son pouvoir. A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, la Libye dont plus de 90% du territoire est désertique, n’est en effet pas un Etat, mais un conglomérat de plus de 150 tribus divisées en sous tribus et en clans.

 

Ces ensembles ont des alliances traditionnelles et mouvantes au sein des trois régions composant le pays, à savoir la Tripolitaine avec la ville de Tripoli qui regarde vers Tunis, la Cyrénaïque dont la capitale est Benghazi et qui est tournée vers Le Caire et le Fezzan dont la principale ville est Sebba et qui plonge vers le bassin du Tchad et la boucle du Niger. De l’indépendance de la Libye en 1951 jusqu’au coup d’Etat qui porta le colonel Kadhafi au pouvoir en 1969, la Libye fut une monarchie dirigée par les tribus de Cyrénaïque. Membre d’une petite tribu chamelière bédouine, le colonel Kadhafi fut porté au pouvoir par une junte militaire multi tribale mais dans laquelle dominaient les deux principales tribus de Libye, celle des Warfallah de Cyrénaïque et celle des Meghara de Tripolitaine. La plupart des tribus de Cyrénaïque demeurant attachées à la monarchie, le colonel Kadhafi réussit un grand coup politique en épousant une fille du clan des Firkeche membre de la tribu royale des Barasa, ce qui lui assura le ralliement de la Cyrénaïque rebelle. Or, aujourd’hui, c’est tout son système d’alliance avec la Cyrénaïque qui a volé en éclats. La date clé du délitement tribal du système Kadhafi est 1993 quand un coup d’Etat des Warfallah fut noyé dans le sang. Les haines furent ensuite tues tant la terreur imposée par le régime fut forte, mais les tribus de Cyrénaïque n’attendaient qu’une occasion pour se révolter et elle se présenta durant le mois de février 2011. Elles s’emparèrent alors de la région et arborèrent le drapeau de l’ancienne monarchie. Kadhafi avait certes perdu la Cyrénaïque, comme les Turcs et les Italiens avant lui, mais il lui restait la Tripolitaine et le Fezzan. Dans ces deux régions, le régime avait également constitué de subtiles alliances tribales. Au moment où ces lignes sont écrites, à savoir le 27 février 2011, certaines tribus ont ainsi quitté le camp Kadhafi, mais les grandes solidarités demeurent, même si elles sont chancelantes. A court terme, le principal danger qui menace le colonel Kadhafi n’est pas la Cyrénaïque séparée par plus de 1000 km de désert de la ville de Tripoli ; ce n’est pas non plus la surréaliste armée libyenne et encore moins les volontaires que l’on voit parader dans les rues de Benghazi ou de Tobrouk.

 

http://static.skynetblogs.be/media/167310/251163.jpg

 

Tout est en effet suspendu au choix que vont faire les chefs de la tribu guerrière des Megahra qui domine en Tripolitaine. Longtemps alliée à celle de Kadhafi, les Khadîdja, elle donna un temps le numéro 2 du régime en la personne du commandant Abdeslam Jalloud avant sa disgrâce de 1993 quand il fut suspecté d’avoir noué des liens avec les putschistes warfallah. Si les Megahra demeurent loyaux ou même neutres, Kadhafi se maintiendra un temps encore au pouvoir sur une partie du pays. Dans le cas contraire, il se trouvera alors véritablement en difficulté et contraint de se replier sur sa seule tribu laquelle n’est forte que
de 150 000 membres. Si les Meghara abandonnaient Kadhafi, cela voudrait dire qu’ils ont l’intention de s’emparer du pouvoir et la Libye serait coupée en deux, la Tripolitaine et la Cyrénaïque se trouvant dominées par les alliances tribales constituées autour des Warfallah et des Meghara. La question qui se poserait alors serait celle de la survie de l’Etat libyen. Ces deux ensembles se combattrontils ou bien se partageront-ils le pouvoir dans un cadre fédéral ou confédéral ? Nous l’ignorons, mais le danger est de voir apparaître une situation de guerres tribales et claniques comme en Somalie. Elles pourraient être suivies d’un éclatement en plusieurs régions, ce qui ouvrirait un espace inespéré pour Aqmi qui prospérerait au milieu du chaos avec en plus, dans le sud du pays, une dissidence toubou qui aurait des répercussions au Tchad, et des initiatives touareg auxquelles pourraient s’adosser l’irrédentisme touareg du Mali et du Niger ; sans parler, naturellement des conséquences pétrolières qu’aurait un tel conflit.

 

http://www.cermam.org/fr/images/Libye-France.jpg

 

Source IHEDN Alain G

 

La crise libyenne, aspiration démocratique ou éclatement des alliances tribales ?
Source, journal ou site Internet : bernard lugan.com
Date : 27 février 2011
Auteur : Bernard Lugan

21:39 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : libye, dictature, démocratie, kadhafi, tripolitaine, cyrénaique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/02/2011

Libye: Résolution ONU

(Texte du projet de résolution S/2011/95)

violence et usage de la force contre les civils

 

Le Conseil de sécurité,
Se déclarant gravement préoccupé par la situation en Jamahiriya arabe libyenne, et condamnant la violence
et l’usage de la force contre des civils, Regrettant vivement les violations flagrantes et systématiques des
droits de l’homme, notamment la répression exercée contre des manifestants pacifiques, exprimant la
profonde préoccupation que lui inspire la mort de civils et dénonçant sans équivoque l’incitation à l’hostilité
et à la violence émanant des plus hauts rangs du Gouvernement libyen et dirigée contre la population civile,
Accueillant avec satisfaction la condamnation, par la Ligue arabe, l’Union africaine et le Secrétaire général
de l’Organisation de la Conférence islamique, des violations graves des droits de l’homme et du droit
international humanitaire qui sont commises en Jamahiriya arabe libyenne, Prenant note de la lettre datée du
26 février 2011 adressée à son Président par le Représentant Permanent de la Jamahiriya arabe libyenne
auprès de l’Organisation des Nations Unies, Accueillant avec satisfaction la résolution A/HRC/S-15/2 du
Conseil des droits de l’homme en date du 25 février 2011, notamment la décision de charger d’urgence une
commission internationale indépendante d’enquêter sur toutes les violations présumées du droit international
des droits de l’homme commises en Jamahiriya arabe libyenne d’établir les faits et les circonstances de ces
violations ainsi que des crimes perpétrés et, dans la mesure du possible, d’en identifier les responsables,
Considérant que les attaques systématiques et généralisées qui se commettent en Jamahiriya arabe libyenne
contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l’humanité, Se déclarant préoccupé par le
sort tragique des réfugiés forcés de fuir la violence en Jamahiriya arabe libyenne, Se déclarant préoccupé
également par les informations faisant état de pénuries de fournitures médicales pour soigner les blessés,
Rappelant qu’il incombe aux autorités libyennes de protéger le peuple libyen,
Soulignant la nécessité de respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, y compris la
liberté de la presse, Soulignant également que les auteurs des attaques perpétrées contre des civils, y compris
les attaques menées par des forces placées sous leur contrôle, doivent être amenés à répondre de leurs actes,
Rappelant l’article 16 du Statut de Rome, selon lequel aucune enquête ni aucune poursuite ne peuvent être
engagées ni menées par la Cour pénale internationale pendant les 12 mois qui suivent la date à laquelle il a
lui-même fait une demande en ce sens,
Se déclarant inquiet pour la sécurité des étrangers et leurs droits en Jamahiriya arabe libyenne,
Réaffirmant sa ferme adhésion à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité
nationale de la Jamahiriya arabe libyenne, Conscient de la responsabilité principale du maintien de la paix et
de la sécurité internationales qui lui est assignée par la Charte des Nations Unies,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies et prenant des mesures au titre de son
article 41,


1. Exige qu’il soit immédiatement mis fin à la violence et demande que des mesures soient prises pour
satisfaire les revendications légitimes de la population;
2. Exhorte les autorités libyennes:
a) À faire preuve de la plus grande retenue, à respecter les droits de l’homme et le droit international
humanitaire, et à donner aux observateurs internationaux des droits de l’homme un accès immédiat au pays;
b) À garantir la sécurité de tous les étrangers et de leurs biens et à faciliter le départ de ceux qui souhaitent
quitter le pays;
c) À veiller à ce que les fournitures médicales et humanitaires et les organismes et travailleurs humanitaires
puissent entrer dans le pays en toute sécurité; et
d) À lever immédiatement les restrictions imposées aux médias de tous types;
3. Prie tous les États Membres, dans la mesure du possible, de coopérer à l’évacuation des étrangers qui
souhaitent quitter le pays;
Saisine de la Cour pénale internationale
4. Décide de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale de la situation dont la Jamahiriya arabe
libyenne est le théâtre depuis le 15 février 2011;
5. Décide que les autorités libyennes doivent coopérer pleinement avec la Cour et le Procureur et leur
apporter toute l’assistance voulue, en application de la présente résolution et, tout en reconnaissant que le
Statut de Rome n’impose aucune obligation aux États qui n’y sont pas parties, demande instamment à tous
les États et à toutes les organisations régionales et internationales concernées de coopérer pleinement avec la
Cour et le Procureur;
6. Décide que les ressortissants, responsables ou personnels en activité ou anciens responsables ou
personnels, d’un État autre que la Jamahiriya arabe libyenne qui n’est pas partie au Statut de Rome de la
Cour pénale internationale sont soumis à la compétence exclusive dudit État pour toute allégation d’actes ou
d’omissions découlant des opérations en Libye établies ou autorisées par le Conseil ou s’y rattachant, à
moins d’une dérogation formelle de l’État
7. Invite le Procureur à l’informer, dans les deux mois suivant la date de l’adoption de la présente
résolution, puis tous les six mois, de la suite donnée à celle-ci;
8. Convient qu’aucun des coûts afférents à la saisine de la Cour, y compris ceux occasionnés par les
enquêtes et poursuites menées comme suite à cette saisine, ne sera pris en charge par l’Organisation des
Nations Unies et que ces coûts seront supportés par les Parties au Statut de Rome et les États qui voudraient
contribuer à leur financement à titre facultatif;
Embargo sur les armes
9. Décide que tous les États Membres doivent prendre immédiatement les mesures nécessaires pour
empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la Jamahiriya arabe libyenne, à partir de
leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant
leur pavillon, d’armements et de matériel connexe de tous types – armes et munitions, véhicules et matériels
militaires, équipements paramilitaires et pièces détachées correspondantes –, ainsi que toute assistance
technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les activités militaires ou la
fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériel connexe, y compris la mise à disposition
de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’appliquera
pas:
a) Aux fournitures de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de
protection et à l’assistance technique ou la formation connexes qui auront été approuvées à l’avance par le
Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après;
b) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement
exportés en Jamahiriya arabe libyenne, pour leur usage personnel uniquement, par des personnels des
Nations Unies, des représentants des médias et des agents humanitaires et du développement ou des
personnels connexes;
c) Aux autres ventes ou fournitures d’armements et de matériel connexe, ou à la fourniture d’une assistance
ou de personnel, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;
10. Décide que la Jamahiriya arabe libyenne doit cesser d’exporter tous armements et matériel connexe et
que tous les États Membres devront interdire l’acquisition de ces articles auprès de la Jamahiriya arabe
libyenne par leurs ressortissants, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, que ces articles
aient ou non leur origine dans le territoire libyen;
11. Demande à tous les États, en particulier aux États voisins de la Jamahiriya arabe libyenne, en accord
avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit
international, en particulier le droit de la mer et les accords pertinents sur l’aviation civile internationale, de
faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, tous les chargements à
destination et en provenance de la Jamahiriya arabe libyenne, si l’État concerné dispose d’informations
donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la
vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution afin de
garantir une stricte application de ces dispositions;
12. Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le
transfert ou l’exportation sont interdits par les paragraphes 9 ou 10 de la présente résolution, à les saisir et à
les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un
État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins d’élimination), et décide également que tous les
États sont tenus de coopérer à cet égard;
13. Demande à tout État Membre effectuant une inspection en application du paragraphe 11 ci-dessus de
présenter au Comité, par écrit et sans délai, un rapport initial exposant en particulier les motifs de
l’inspection et les résultats de celle-ci et faisant savoir s’il y a eu coopération ou non, et, si des articles dont
le transfert est interdit ont été découverts, demande également audit État Membre de présenter par écrit au
Comité, à une étape ultérieure, un rapport écrit donnant des précisions sur l’inspection, la saisie et la
neutralisation, ainsi que des précisions sur le transfert, notamment une description des articles en question,
leur origine et leur destination prévue, si ces informations ne figurent pas dans le rapport initial;
14. Engage les États Membres à prendre des mesures en vue de dissuader fermement leurs nationaux de se
rendre en Jamahiriya arabe libyenne pour participer, pour le compte des autorités libyennes, à des activités
susceptibles de contribuer à la violation des droits de l’homme;
Interdiction de voyager
15. Décide que tous les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou
le passage en transit sur leur territoire des individus désignés dans l’annexe I à la présente résolution ou
désignés par le Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, étant entendu qu’aucune des
dispositions du présent paragraphe n’oblige un État à refuser à ses propres nationaux l’entrée sur son
territoire;
16. Décide que les mesures imposées en vertu du paragraphe 15 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas
suivants:
a) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, que le voyage se justifie par des raisons humanitaires, y
compris un devoir religieux;
b) Lorsque l’entrée ou le passage en transit sont nécessaires aux fins d’une procédure judiciaire;
c) Lorsque le Comité établit, au cas par cas, qu’une dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de
paix et de réconciliation nationale en Jamahiriya arabe libyenne et de stabilité dans la région;
d) Lorsqu’un État détermine au cas par cas que l’entrée ou le passage en transit sont indispensables à la
promotion de la paix et de la stabilité en Jamahiriya arabe libyenne et qu’il en avise en conséquence le
Comité dans un délai de quarante-huit heures après avoir établi un tel constat;
Gel des avoirs
17. Décide que tous les États Membres doivent geler immédiatement tous les fonds, autres avoirs financiers
et ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou sous le contrôle direct
ou indirect des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la présente résolution ou désignés par le
Comité créé en application du paragraphe 24 ci-après, ou de tout individu ou entité agissant pour le compte
ou sur les ordres de ceux-ci, ou de toute entité en leur possession ou sous leur contrôle, et décide en outre
que tous les États Membres doivent veiller à empêcher que leurs nationaux ou aucune personne ou entité se
trouvant sur leur territoire ne mettent à la disposition des individus ou entités désignés dans l’annexe II à la
présente résolution ou aux individus désignés par le Comité aucuns fonds, avoirs financiers ou ressources
économiques;
18. Fait part de son intention de veiller à ce que les avoirs gelés en application du paragraphe 17 soient à un
stade ultérieur mis à disposition pour le peuple libyen et dans son intérêt;
19. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds, autres avoirs
financiers ou ressources économiques dont les États Membres concernés auront déterminé:
a) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, loyers ou
mensualités de prêts hypothécaires, médicaments et soins médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de
services collectifs de distribution, ou exclusivement pour le règlement d’honoraires d’un montant
raisonnable et le remboursement de dépenses engagées dans le cadre de services juridiques, conformément à
la législation nationale, ou des frais ou commissions liés, conformément à la législation nationale, au
maintien en dépôt de fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques gelés, après que lesdits États
Membres ont informé le Comité de leur intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès
auxdits fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques, et en l’absence de décision contraire du
Comité dans les cinq jours ouvrables suivant cette notification;
b) Qu’ils sont nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, à condition que l’État ou les États
Membres concernés en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord;
c) Qu’ils font l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas les
fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques peuvent être utilisés à cette fin, à condition que le
privilège ou la décision soient antérieurs à la date de la présente résolution, que le créancier privilégié ou le
bénéficiaire de la décision judiciaire, administrative ou arbitrale ne soit pas un individu ou une entité désigné
par le Comité conformément au paragraphe 17 ci-dessus et que le privilège ou la décision judiciaire,
administrative ou arbitrale aient été portés à la connaissance du Comité par l’État ou les États Membres
concernés;
20. Décide que les États Membres pourront autoriser le versement aux comptes gelés en vertu des
dispositions du paragraphe 17 ci-dessus des intérêts et autres rémunérations acquis par ces comptes ou des
paiements effectués au titre de marchés, d’accords ou d’obligations souscrits avant la date à laquelle ces
comptes ont été assujettis aux dispositions de la présente résolution, étant entendu que ces intérêts,
rémunérations et paiements resteront assujettis auxdites dispositions et resteront gelés;
21. Décide que les mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus n’interdisent pas à toute personne ou entité
désignée d’effectuer des paiements au titre d’un contrat passé avant l’inscription de cette personne ou entité
sur la liste, dès lors que les États concernés se sont assurés que le paiement n’est pas reçu directement ou
indirectement par une personne ou entité visée au paragraphe 17 ci-dessus, et que ces États ont signifié au
Comité leur intention d’effectuer ou de recevoir de tels paiements ou d’autoriser, selon qu’il conviendrait, le
déblocage à cette fin de fonds, avoirs financiers et ressources économiques, dix jours ouvrables avant cette
autorisation;
Critères de désignation
22. Décide que les mesures prévues aux paragraphes 15 et 17 s’appliquent aux individus et entités désignés
par le Comité, conformément aux alinéas b) et c) du paragraphe 24, respectivement:
a) Qui ordonnent, contrôlent ou dirigent de toute autre manière la commission de violations graves des
droits de l’homme contre des personnes se trouvant en Jamahiriya arabe libyenne ou sont complices en la
matière, y compris en préparant, commandant, ordonnant ou conduisant des attaques, en violation du droit
international, notamment des bombardements aériens, contre des populations ou des installations civiles, ou
en étant complices en la matière;
b) Qui agissent pour des individus ou entités identifiés à l’alinéa a) ou en leur nom ou sur leurs
instructions;
23. Encourage vivement les États Membres à communiquer au Comité les noms des individus qui
répondent aux critères énoncés au paragraphe 22 ci-dessus;
Nouveau comité des sanctions
24. Décide de créer, conformément à l’article 28 de son règlement intérieur provisoire, un comité du
Conseil de sécurité composé de tous ses membres (ci-après « le Comité »), qui s’acquittera des tâches ciaprès:
a) Suivre l’application des mesures prévues aux paragraphes 9, 10, 15 et 17 ci-dessus;
b) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 15 et examiner les demandes de
dérogation prévues au paragraphe 16 ci-dessus;
c) Désigner les personnes passibles des mesures prévues au paragraphe 17 ci-dessus et examiner les
demandes de dérogation prévues aux paragraphes 19 et 20 ci-dessus;
d) Arrêter les directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en oeuvre des mesures
imposées ci-dessus;
e) Lui adresser dans un délai de trente jours un premier rapport sur ses travaux et faire ensuite rapport au
Comité lorsque celui l’estimera nécessaire;
f) Entretenir un dialogue avec les États Membres intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en
invitant leurs représentants à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application des mesures;
g) Solliciter de tous les États toutes informations qu’il jugerait utiles concernant les actions que ceux-ci ont
engagées pour appliquer les mesures de façon effective;
h) Examiner les informations faisant état de violations ou du non-respect des mesures imposées par la
présente résolution et y donner la suite qui convient;
25. Demande à tous les États Membres de faire rapport au Comité dans les cent vingt jours suivant
l’adoption de la présente résolution sur les mesures qu’ils auront prises pour donner effet aux paragraphes 9,
10, 15 et 17 ci-dessus;
Assistance humanitaire
26. Demande à tous les États Membres, agissant de concert et en coopération avec le Secrétaire général, de
faciliter et d’appuyer le retour des organismes humanitaires et de rendre accessible en Jamahiriya arabe
libyenne une aide humanitaire et une aide connexe, prie les États concernés de le tenir régulièrement informé
des progrès accomplis quant aux mesures prises en application du présent paragraphe et se déclare prêt à
envisager de prendre d’autres mesures pertinentes, si nécessaire, pour y parvenir;
Volonté d’examiner la situation
27. Affirme qu’il suivra en permanence la conduite des autorités libyennes et se tiendra prêt à examiner
l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, y compris de leur renforcement, de leur
modification, de leur suspension ou de leur levée, selon ce que dicterait la manière dont les autorités
libyennes se conforment aux dispositions pertinentes de la présente résolution;
28. Décide de rester activement saisi de la question.


Annexe I


Interdiction de voyager
1. AL-BAGHDADI, Abdulqader Mohammed
Numéro de passeport: B010574. Date de naissance: 1er juillet 1950.ıChef du Bureau de liaison des comités
révolutionnaires. Les Comités révolutionnaires sont impliqués dans la violence contre les manifestants.
2. DIBRI, Abdulqader Yusef
Date de naissance: 1946. Lieu de naissance: Houn (Libye).ıChef de la sécurité personnelle de Muammar
QADHAFI. Responsable de la sécurité du régime. A, par le passé, orchestré la violence contre les dissidents.
3. DORDA, Abu Zayd Umar
Directeur de l’Organisation de la sécurité extérieure. Fidèle du régime. Chef de l’organisme de
renseignement extérieur.
4. JABIR, général de division Abu Bakr Yunis
Date de naissance: 1952. Lieu de naissance: Jalo (Libye).ıMinistre de la défense. Responsable de
l’ensemble des actions des forces armées.
5. MATUQ, Matuq Mohammed
Date de naissance: 1956. Lieu de naissance: Khoms.ıSecrétaire chargé des services publics. Membre
influent du régime. Impliqué dans les Comités révolutionnaires. A, par le passé, été chargé de mettre fin à la
dissidence et à la violence.
6. QADHAF AL-DAM, Sayyid Mohammed
Date de naissance: 1948. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıCousin de Muammar QADHAFI. Dans les
années 80, Sayyid a été impliqué dans une campagne d’assassinats de dissidents et aurait été responsable de
plusieurs morts en Europe. On pense qu’il aurait été impliqué aussi dans l’achat d’armements.
7. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFille de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
8. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport:B/002210. Date de naissance: 20 septembre 1975. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
9. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
10. QADHAFI, Mohammed Muammar
Date de naissance: 1970. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
11. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance: 1942. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıGuide de la Révolution, Commandant suprême
des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de
l’homme.
12. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance: 1976. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıConseiller pour la sécurité nationale. Fils de
Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
13. QADHAFI, Saadi
Numéro de passeport: 014797. Date de naissance: 25 mai 1973. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıCommandant des Forces spéciales. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
14. QADHAFI, Saif al-Arab
Date de naissance: 1982. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
15. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport: B014995. Date de naissance: 25 juin 1972. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıDirecteur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.
16. AL-SENUSSI, Colonel Abdullah
Date de naissance: 1949. Lieu de naissance: Soudan.ıDirecteur du renseignement militaire. Participation du
renseignement militaire à la répression des manifestations. Soupçonné d’avoir, dans le passé, participé au
massacre de la prison d’Abou Salim. Condamné par contumace pour le bombardement du vol UTA. Beaufrère
de Muammar QADHAFI.


Annexe II


Gel des avoirs
1. QADHAFI, Aisha Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFille de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime.
2. QADHAFI, Hannibal Muammar
Numéro de passeport: B/002210. Date de naissance: 20 septembre 1975. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
3. QADHAFI, Khamis Muammar
Date de naissance: 1978. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıFils de Muammar QADHAFI. Association
étroite avec le régime. Commandement d’unités militaires impliquées dans la répression des manifestations.
4. QADHAFI, Muammar Mohammed Abu Minyar
Date de naissance: 1942. Lieu de naissance: Syrte (Libye).ıGuide de la Révolution, Commandant suprême
des forces armées. Responsable d’avoir ordonné la répression des manifestations, violations des droits de
l’homme.
5. QADHAFI, Mutassim
Date de naissance: 1976. Lieu de naissance: Tripoli (Libye).ıConseiller pour la sécurité nationale. Fils de
Muammar QADHAFI. Association étroite avec le régime.
6. QADHAFI, Saif al-Islam
Numéro de passeport: B014995. Date de naissance: 25 juin 1972. Lieu de naissance: Tripoli
(Libye).ıDirecteur de la Fondation Qadhafi. Fils de Muammar QADHAFI. Association étroite avec le
régime. Déclarations publiques incendiaires incitant à la violence envers les manifestants.

Par AL de Bx Dimanche 27 février 2011

19:28 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onu, libye, résolution | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Bravo! Quelle diplomatie européenne ?

Dans les situations importantes, toutes les grandes puissances ont une doctrine diplomatique claire, qu'elles appliquent selon leurs intérêts. Face aux révolutions arabes, il serait temps que l'Europe en trouve une, estime l'éditorialiste José Ignacio Torreblanca.

 

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Alors que les peuples des rives sud de la Méditerranée luttent pour leur dignité, nous jetons la nôtre par les fenêtres. En politique étrangère, une doctrine manifeste la volonté d’appliquer un même principe d’action à une série d’événements représentant des défis semblables. En 1947, la doctrine du président américain Harry Truman annonçait que son gouvernement soutiendrait

 

“les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement, qu’elles soient le fait de minorités armées ou de pressions extérieures”.

 

En 1968, la doctrine Brejnev autorisa l’Union soviétique à intervenir militairement pour restaurer l’ordre socialiste dans les pays d’Europe centrale et orientale. Enfin, le certificat de décès de la guerre froide fut émis en 1989, quand le porte-parole de Gorbatchev, interrogé sur la permanence de la doctrine Brejnev à l’égard des réformes démocratiques en Hongrie et en Pologne, surprit ses interlocuteurs en répondant que c’était désormais la “doctrine Sinatra” qui avait cours, en référence à la chanson “My Way” ["Je l'ai fait à ma manière] – ce qui eut l’effet domino démocratique qu’on sait dans la région.

 

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Condamner sans sanctionner, participer sans payer
Aujourd’hui, au lieu de se chercher une doctrine pour réagir aux révolutions arabes, l’Union européenne marche sur des oeufs. Sa doctrine n’a ni nom ni contenu. Si elle n’a pas de nom, c’est que l’autorité brille par son absence à tous les niveaux : dans les capitales, où les dirigeants s’observent du coin de l’oeil pour ne pas être le premier à faire l’erreur de miser sur le changement, comme à Bruxelles, où Catherine Ashton n’est pas moins frileuse. Pour la haute représentante pour les Affaires étrangères, cette crise aurait pourtant pu être l’occasion d’inventer sa fonction. Mais la baronne a accepté dans la plus parfaite soumission de n’être que la porte-parole de ce que les Vingt-Sept décident à l’unanimité – quand ils y parviennent. Il n’y aura donc pas de doctrine Ashton. De toute façon, cette doctrine n’aurait pas davantage de contenu, car nos dirigeants veulent le beurre et l’argent du beurre : protester sans déranger, influencer sans s’ingérer, condamner sans sanctionner, aider sans prendre de risque, participer sans payer. Et par-dessus le marché, dans le droit fil de cette hypocrisie qui gouverne à leurs actions jusqu’ici, ils ne prennent pas même la peine de dissimuler que ce qui les inquiète vraiment, ce sont les réfugiés et le cours des hydrocarbures. A l’image du miraculeux coca-cola sans sucre ni caféine, l’Europe vient de lancer la doctrine zéro : le changement, sans rien en échange.

 

http://www.bruxelles2.eu/wp-content/uploads/2010/11/Seae-Organ-Nomin-b21.png

 

"Il ne faut pas laisser les Etats proscrits perdurer impunément"
Qui plancherait sur une doctrine pourrait s’inspirer des principes exposés par Saïf el-Islam, sinistre rejeton de Kadhafi, dans sa thèse de doctorat présentée en 2007 à la London School of Economics sous un titre stupéfiant : "Le rôle de la société civile dans la démocratisation des institutions de gouvernance mondiale".


Dans son travail, Saïf reprend la distinction faite par le théoricien de la justice John Rawls entre d’un côté, des sociétés "bien ordonnées" qui, même si elles ne sont pas intégralement démocratiques, sont pacifiques et ont des dirigeants qui jouissent d’une certaine légitimité auprès de leurs citoyens et respectent les droits de l’homme, et de l’autre, les régimes "proscrits" ou sociétés "injustes" qui violent systématiquement les droits de l’homme, doivent de ce fait faire l’objet de pressions et de sanctions, à qui il faut refuser toute aide, notamment militaire, et avec qui il faut geler toute relation économique. A la page 236 de sa thèse, Saïf el-Islam conclut (pensant à l’islamisme radical) : "Cette thèse est en accord avec l’idée de Rawls selon laquelle il ne faut pas laisser les Etats proscrits perdurer impunément." Et, page 237, il ajoute que "l’isolement et, à terme, la transformation des Etats proscrits est primordial pour la stabilité mondiale". Appliquons donc les principes de Rawls (déjà repris par les Nations unies dans le concept de "responsabilité de protéger") et distinguons clairement ceux qui, ces jours-ci, recourent à la violence contre le peuple et ceux qui dialoguent avec l’opposition. Les Vingt-Sept ne l’ont visiblement pas compris, mais les événements en Libye sont un pas de plus franchi dans la violence, auquel le Conseil de sécurité de l’ONU doit répondre par un régime de sanctions drastiques, une zone d’exclusion aérienne, l’ouverture immédiate d’une procédure devant la Cour pénale internationale et le gel de tous les actifs de la famille Kadhafi à l’étranger. La Libye est un Etat proscrit : traitons-la comme telle.

 

Diplomatie : l’Europe invente la doctrine zéro
Source, journal ou site Internet : El Païs (Presseurop)
Date : 25 février 2011
Auteur : José Ignacio Torreblanca

12:00 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diplomatie, europe, arabe, libye | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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