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06/03/2011

Islam, Laïcité, et alors que faisons-nous?

Depuis une génération, les fondements de notre société subissent une pression religieuse sans précédent. L’islam frappe à toutes les portes de la République et s’efforce de pénétrer notre arsenal juridique pour obtenir un droit de cité de plus en plus large. Nous aurions tort de ne pas prendre garde à ce phénomène, car son développement risque de bouleverser ce qui fait l’essence de la France.

 

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À l’époque gallo-romaine, le christianisme a supplanté les vieilles croyances païennes, mais cette évolution spirituelle s’est faite de l’intérieur, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui. La deuxième religion de France est totalement importée. Pour des raisons historiques, d’abord, du fait de la décolonisation ; par maladresse, ensuite, en accordant la nationalité française selon des procédures automatiques aux enfants de parents étrangers nés sur notre sol ; par la mise en place, enfin, de politiques d’immigration qui ont facilité l’accès à notre territoire de populations en majorité musulmanes. L’effet de masse a fait le reste. Des revendications inconnues jusqu’ici se manifestent, les unes derrière les autres, jamais en bloc. Elles ne procèdent probablement pas d’une manoeuvre délibérée, mais leur succession constitue un piège qui fonctionne à merveille, car il nous contraint à réagir au coup par coup. On mesure bien la fragilité de la riposte, qui s’exprime par des mesures d’interdiction, souvent difficilement applicables. Si l’école a su faire respecter la réglementation du port du voile, c’est parce que l’opposition à cette marque ostentatoire de religion a fait l’objet d’un large consensus, notamment au sein du monde enseignant, vigilant gardien de la laïcité. D’autres sujets, comme le port de la burqa ou la construction de lieux de culte, sont sources de débats et il faudra du temps pour que la justice dégage une jurisprudence qui s’imposera à tous les tribunaux, lesquels tranchent aujourd’hui dans des sens divers. Si nous pensons faire front en élevant des barrières juridiques chaque fois que nos fondements culturels et politiques sont menacés, nous échouerons, car elles sauteront toutes les unes après les autres, par difficulté à les faire appliquer. Nous serons victimes de nos propres règles, tout bonnement parce que la pratique de l’islam, si éloignée de nos moeurs enracinées dans la morale judéo-chrétienne, exigera, au nom des libertés fondamentales, le droit à la nourriture halal, le droit à la pratique traditionnelle du culte à l’école et sur les lieux de travail, le droit pour un musulman d’obtenir la garde d’un enfant issu d’un couple mixte, conformément à la loi musulmane, etc. On commence à faire appel à un islam de France, en se fondant sur l’organisation cultuelle mise en place ces dernières années. Idée cartésienne bien de chez nous, mais sans efficacité et sans avenir. L’influence du Conseil français du culte musulman sera toujours limitée, puisque l’islam, échappant à toute structuration hiérarchisée, est étranger à nos formes d’organisation. Rien ne garantit en outre son invulnérabilité à des idéologies venues de l’extérieur. Pendant ce temps, la charia gagne du terrain dans les banlieues, dans certains milieux éducatifs, dans l’entreprise, dans le commerce, avec ces chaînes de distribution et d’alimentation qui s’adaptent à la demande d’une clientèle musulmane, quand elles ne la précèdent pas. On ne sert plus de porc dans les avions, car il est plus simple de procéder ainsi que de proposer deux menus. On tend à banaliser la pratique d’exception, par commodité, sans s’apercevoir qu’elle devient la norme. Qui peut croire que nous pouvons continuer sur cette voie sans dommage pour l’équilibre de notre société ? Il faudra bien dire que ces dérives sociales ne sont pas compatibles avec l’ordre public français, celui qui exprime l’état de nos moeurs, en évolution constante et dont il revient au juge de préciser le contenu. Rôle redoutable, confié aux magistrats, alors que le bloc de l’institution judiciaire montre des fissures qui ne doivent s’élargir à aucun prix. Alors, que faire ? Commençons par faire preuve de lucidité. Notre politique de la ville est un désastre qui a englouti des milliards d’euros. Des associations ont alimenté avec l’argent du contribuable un esprit communautariste au lieu de favoriser l’intégration, à défaut de l’assimilation. Nous voilà avec des centaines de milliers de Français malgré eux, qui, à ce titre, présentent une force revendicative que nous aurons du mal à contenir, et une immigration clandestine dont le poids est à redouter. Un coup d’arrêt s’impose pour dire clairement que la charia est incompatible avec nos principes républicains et notre culture héritée de deux mille ans d’histoire. Sans doute faudra-t-il préciser, en ranimant les vertus de la laïcité, les conditions dans lesquelles la religion musulmane peut être pratiquée sur le sol national. Tâche délicate, mais si nous ne le faisons pas, nous devrons vivre dans une autre France, et nombreux seront ceux qui ne l’accepteront pas. Il sera alors trop tard pour le regretter.

 

Claude Valleix, préfet honoraire, et Pierre Mérand, procureur général e.r.

 

Islam et laïcité
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 3 mars 2011
Auteur : Claude Valleix et Pierre Mérand

27/04/2010

Des nouvelles du Liban, "La laïque pride"

À Beyrouth, ils étaient trois mille à manifester, cliquez ici le lien pour voir vidéo (selon Reuters) pour revendiquer un État laïc et affirmer qu'ils ne sont plus prêts à jouer le jeu confessionnel. Ils sont surtout venus faire acte de présence et clamer haut et fort que l'on ne peut plus les ignorer, ou ignorer leurs droits, exprimés sur plusieurs de leurs banderoles.

« Mariage civil, pas la guerre civile », ou « Fatima et Tony s'aiment... ça c'est un problème », pouvait-on lire sur des banderoles, dans une allusion claire au fait que le mariage civil n'existe pas au Liban. « Ce qui est important, c'est que tous les groupes marginalisés sont ici pour exiger un État pour tous », dira Hani, 24 ans.

 

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cliquez, lire info du Figaro

 

 

Initié par un groupe de cinq jeunes Libanais qui aspirent depuis le mois de novembre dernier à mener le même combat qui a achevé de décourager leurs aînés de gauche, le rassemblement a fait boule de neige, grâce notamment au fameux réseau social de Facebook et à un minimum de coordination, comme l'explique l'une des fondatrices du mouvement, Kinda Hassan. La spontanéité et le désir d'exprimer et de faire entendre leur ras-le-bol d'un système confessionnel était probablement le second élément moteur qui a achevé de stimuler l'initiative.
Aux cris de « Laïcité », ils ont marché jusqu'au siège du Parlement pour défendre l'idée d'un État non confessionnel, alors que des militants distribuaient des fleurs et des roses aux manifestants et aux forces de l'ordre.

Les mots de ralliement étaient d'ailleurs tirés du préambule de la Constitution (article C) prévoyant « le respect de la liberté d'opinion et de croyance », « la justice sociale », l'égalité des droits et des obligations entre tous les citoyens, sans distinction ni préférence.
Si la moyenne d'âge des participants était autour de 25-30 ans, la présence de jeunes couples accompagnés de leurs enfants était assez remarquable, les familles, parfois issues de mariages mixtes, étant venues réclamer un régime de statut personnel facultatif.
Également parmi les manifestants, des individus appartenant à une génération un peu plus vieille et dont la participation était d'autant plus notoire que l'on pouvait reconnaître parmi eux plusieurs intellectuels, notamment des anciens militants de gauche venus applaudir, non sans nostalgie, ces jeunes qui ont décidé de reprendre le flambeau. Membre fondateur de la Maison de la laïcité, le directeur général de la Santé, Walid Ammar, a tenu à exprimer sa joie et son admiration de voir la nouvelle génération prendre la relève.

 

Bien placé pour connaître les dysfonctionnements du système libanais, ce haut fonctionnaire, qui s'est retrouvé plusieurs années durant à la tête d'un ministère-clé, résume le « mal communautaire » et le remède requis, comme suit : « L'objectif de ce combat que nous menons est d'éliminer les intermédiaires qui s'interposent entre l'État et les citoyens. Ces intermédiaires ne sont autres que les chefs des communautés et les hommes politiques qui utilisent leurs ressources pour se faire une clientèle. Ils créent ainsi une dépendance chez le citoyen qui en réfère à ses leaders politiques communautaires pour acquérir ses droits, d'où la nécessité pour lui de créer une relation directe avec l'État. »

 

 

 

 

 

 

La présence de diplomates

Fait marquant à cet événement : aucune personnalité politique, aucun parti, aucun leader spirituel ne figurait à ce rassemblement dont les organisateurs semblent avoir tenu de toute évidence à écarter toute exploitation ou récupération politique. Plutôt inédite, mais non moins significative, la présence de quelques diplomates qui se sont glissés discrètement parmi la foule - non pas par intérêt professionnel - mais tout simplement en guise de soutien à l'initiative.
Caché derrière de grosses lunettes de soleil et un képi africain pour mieux s'assurer que son identité est bien camouflée, un diplomate européen s'empresse de souligner qu'il « n'est pas censé être là ». « Je viens, malgré l'interdiction qui nous frappe en tant que diplomates, pour soutenir ce mouvement pour lequel j'ai énormément de sympathie. Par conviction aussi, puisque je suis profondément laïc », dit-il. Précisant qu'il se trouve au Liban depuis plus d'un an, il poursuit : « Je pense que pour le Liban, c'est une très belle manifestation car je crois profondément que ce pays a besoin de sortir de l'impasse du jeu communautaire. »
Un autre jeune fonctionnaire d'ambassade, libanais cette fois-ci, qui a également tenu à garder l'anonymat, affirme être venu pour dénoncer notamment la lourdeur des rouages administratifs qu'il doit subir à l'étranger, et surtout, l'obligation de déclarer ses enfants comme appartenant à une communauté précise, malgré le fait qu'il soit laïc et marié à une étrangère. Ayant connu les affres des sélections qui sont effectuées sur base communautaire au sein des Affaires étrangères, il affirme, d'un ton survolté, qu'« il est temps que la méritocratie prenne le dessus si l'on veut construire un véritable État de droit, un État citoyen ».
Si les revendications qu'il exprime sont plutôt claires, pour lui, et le chemin à prendre « graduel », ce n'est pas tout à fait le cas des jeunes manifestants qui, tout en affirmant presque unanimement vouloir s'éloigner de l'exploitation politique, ne savent pas encore réellement quel est le processus à suivre dans le futur et si leur mouvement optera pour une laïcisation totale de la société ou s'ils vont préférer y aller graduellement, en approuvant notamment la fameuse proposition du chef du Parlement, Nabih Berry, sur l'abolition du confessionnalisme politique. Ils sont en tous les cas certains d'une chose : le changement doit se faire d'abord au niveau des textes, pour pouvoir éventuellement aboutir à une transformation des mentalités, et non l'inverse. Pour ce faire, le mouvement doit naître de la base, et c'est désormais à la nouvelle génération qu'il revient de prendre l'initiative et se transformer en groupe de pression.

« Le changement doit venir de nous, souligne un organisateur, s'exprimant à l'aide d'un porte-voix devant le Parlement, où la police avait établi des barricades pour empêcher les manifestants d'atteindre le bâtiment. Seulement nous, citoyens, pouvons le faire. »
Si l'enthousiasme était au rendez-vous et la volonté du changement assez patente chez les protestataires, peu d'entre eux savent comment exploiter ce premier succès et quelle stratégie suivre à l'avenir.

Raëd, 32 ans, ne sait pas quelles seront les conséquences, immédiates ou à long terme, de ce mouvement. Il est simplement convaincu qu'il est de son devoir en tant que laïc « d'être au cœur de l'action ».

« Je ne voudrais pas atteindre la cinquantaine et savoir que je n'ai rien fait pour changer les choses. L'action est importante », dit-il en se prononçant, lui aussi, pour un changement « graduel », afin de « rassurer ceux qui ont peur ou ceux qui y voient un complot contre une communauté donnée ».

Bien entendu, poursuit le jeune manifestant, « il n'y a pas de recette magique ou idéale pour parvenir à l'État laïc. Mais il faut commencer par ouvrir le débat sur les véritables échéances, celles qui concernent les citoyens, et mettre un terme aux discussions de géostratégie dont on a déjà assez parlé jusque-là ».

 

 

 

 

 

 

Dans les milieux des intellectuels, on murmurait le nom du président de la République qui, disent-ils, « devrait parrainer et soutenir ce mouvement ».

Il reste à savoir comment l'impact de ce mouvement sera reçu auprès des politiciens et, surtout, si les jeunes organisateurs réussiront à concilier la nécessité de rester « apolitiques », comme ils l'affirment, et le besoin d'intégrer leur action dans le champ politique, passage obligé pour parvenir aux transformations législatives escomptées.

 

Source: L'Orient le Jour Par Jeanine JALKH | 26/04/2010

15:30 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liban, laïcité, manifestations, liberté, état | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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