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13/09/2011

L'Iran contrôle t-il le Proche Orient et ses révolutions?

Commentaires de JN Ferret menbre IHEDN:


Exemple d'un article qu'il faut lire pour suivre l'évolution de la situation au Proche Orient Par contre, il faut intégrer la personnalité de l'auteur Jacques Bénillouche, journaliste d'origine tunisienne, particulièrement productif dans les médias francophones pro-israléliens, en remarquant curieusement qu'aucune biographie approfondie le concernant n'est accessible sur leNet. Dans l'article je relève une information surprenante à propos du tir de trois missiles Scud par le hezbollah irakien en direction du Koweit. Cela impliquerait que des missiles " Scud" de Saddam Hussein auraient été récupérés avant l'invasion américaine. Les Israéliens parlent de 250 missiles Scud, ce qui compte tenu de l'encombrement, de la maintenance depuis 2003 et de la mise en oeuvre de tels engins apparaît tout de même farfelu . Si un tir semble bien avoir été effectué le 26 août dernier, il me semble plus logique de supposer qu'il s'agit en réalité tout simplement de missiles iraniens Grad d'une portée de 30 à 50 km et largement disséminés par les Iraniens au Proche Orient ( Liban, Sinaï....) ; Une telle imprécision, volontaire ou non, est regrettable pour la véracité et la pertinence de l'article; Cela indique aussi une certaine légèreté du contrôle effectué par la rédaction du site Slate.fr qui par ailleurs diffuse tout de même des informations intéressantes.

 

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En alimentant en missiles la bande de Gaza et le Hezbollah, en soutenant à bout de bras le régime de Bachar el-Assad en Syrie, l'Iran met le feu au Proche-Orient pour avoir le temps de se doter d'un arsenal d'armes nucléaires.


Pendant que les regards sont tournés vers les champs de bataille de Libye et de Syrie, l’Iran
poursuit tranquillement son programme nucléaire et sa politique d’ingérence dans les affaires de la région. Téhéran manipule et fournit en missiles les islamistes de Gaza et se trouve manifestement derrière les attaques planifiées depuis Gaza et exécutées en territoire égyptien, au Sinaï, où les terroristes affichent leur présence ouvertement. Le Djihad islamique a été mandaté pour agir en son nom en procédant à des tirs de missiles contre Israël tandis que le Hamas, «trop prudent», est même mis à l’écart en étant privé de contacts à haut niveau avec les autorités de Damas et de Téhéran.


Grogne de Tsahal
Une mauvaise humeur inhabituelle commence à s’exprimer parmi les officiers généraux de Tsahal qui se sentent enchaînés par la politique indécise du gouvernement israélien qui ne trouve pas sa voie pour résoudre les crises sociales et sécuritaires. Les services de renseignements ont mis l’accent sur le transfert continu par les Iraniens, à la barbe des Egyptiens, des Israéliens et des Américains, de plus de 10.000 missiles destinés au Djihad islamique, bras armé iranien à Gaza. Des fusées Grad de 30 kms de portée mettent à présent la septième ville d’Israël, Beer-Shev’a, et ses 200.000 habitants dans leur ligne de tir. Les Iraniens équipent massivement en armement de contrebande la bande de Gaza avec la seule intention de mettre le feu à tout le Moyen-Orient et d'abord au Sinaï. L’Iran poursuit plusieurs objectifs. Il n’a pas renoncé à sauver le régime syrien de Bachar el-Assad qui constitue pour lui son principal allié au Proche-Orient et un appui indispensable pour avoir la mainmise sur le Liban voisin via le Hezbollah. Il agit en sous-main à Gaza pour soulager le régime de Bachar el-Assad et détourner l’attention des massacres perpétrés sur la population civile. Il délègue des sous-traitants pour ouvrir des seconds fronts et essaye dans le même temps d’isoler Israël de ses alliés dans la région. Il a déjà réussi en parvenant à briser l'alliance entre Israël et la Turquie, même si Ankara se mord aujourd'hui les doigts d'avoir trop misé sur la Syrie et l'Iran. Il arrive à Erdogan de commettre des erreurs. L’Iran n’apprécie pas, par ailleurs, le comportement des nouvelles autorités égyptiennes qui n’ont pas modifié la stratégie de collaboration avec Israël, héritée de Hosni Moubarak. Il estime nécessaire d’empêcher les militaires égyptiens de reprendre le contrôle de la péninsule du Sinaï où sont installés les groupes qui agissent en son nom en toute impunité. Il veut aussi briser les velléités de Mahmoud Abbas de déclarer son Etat palestinien indépendant le 20 septembre.


Les solutions diplomatiques n’entrent pas dans la stratégie de l’Iran. L’objectif des attentats a pour but de remettre en cause une décision politique qui ne doit pas trouver preneur parmi les membres de l’ONU.


Le danger du Sinaï
Hillary Clinton avait évalué le danger potentiel de l’action des terroristes dans le Sinaï et s’était entretenue à ce sujet le 20 août avec le maréchal égyptien Tantawi pour le mettre en garde et pour le dissuader de rappeler son ambassadeur en Israël. Elle a informé les Egyptiens que la réunion du cabinet de sécurité israélien, constitué des huit principaux ministres, planchait sur les mesures militaires à prendre pour mettre fin aux tirs de missiles palestiniens.


Elle craignait que toute opération visant à éradiquer al-Qaida et le Djihad islamique du Sinaï
soit prétexte à l’Iran pour lancer une agression. Les hautes autorités militaires israéliennes ont du mal à cerner avec précision les vrais responsables. La volonté de désigner le Hamas comme responsable est une pure rhétorique car les Israéliens savent qu’il est à présent totalement dépassé et phagocyté par les nébuleuses islamiques qui détiennent la réalité du pouvoir militaire dans la bande de Gaza. Tant que l’ordonnateur des troubles n’a pas été désigné avec précision, les Israéliens resteront dans l’incertitude d’une démarche militaire.
 

 

Mais le danger sécuritaire qui se développe aux portes d’Israël risque de pousser le pays à anticiper une attaque dans le cadre de sa politique de guerre préventive, toujours appliquée, sauf à l’occasion de la guerre du Kippour. Cette guerre, qui entraînera certainement une déflagration dans tout le Moyen-Orient, est du goût des dirigeants de l’armée qui s’élèvent contre la passivité à l’égard des extrémistes palestiniens. Ils s’inquiètent de le voir impunément stocker des armes sophistiquées aux portes d’Israël. La passivité américaine les déconcerte encore plus. La seule inconnue reste la date à laquelle les Iraniens décideront de provoquer le feu dans la région. Les services de renseignements sont mobilisés pour déterminer les ordres précis qui ont été transmis aux marionnettes de l’Iran à Gaza.


Extension à l’Irak
La capacité de nuisance de l’Iran ne s’exerce pas uniquement à l’égard d’Israël ou du processus de paix israélo-palestinien. Les Iraniens tiennent dès à présent à occuper le vide en Irak, après le départ des troupes américaines, et lorgnent sur un territoire soumis aux convoitises des chiites. Ils n’ont jamais caché leurs prétentions à prendre leur revanche après la guerre mal terminée en 1988 qui a fait plus d’un million de morts. Alors, ils préparent la prise de contrôle du pays en s’appuyant aussi sur une nouvelle élite chiite irakienne sensible à leurs thèses et sur le rôle du Hezbollah libanais fer de lance des chiites arabes (les Iraniens sont des perses). La crainte d’une attaque de leurs installations nucléaires pousse aussi les Iraniens à planifier une vague de terrorisme à la fois en Afghanistan et en Irak pour tenter de dissuader Israël et les Etats-Unis d’intervenir. Le Hezbollah agit en Irak à travers deux associations chiites irakiennes qui lui servent de camouflage: la Ligue des croyants (Asaib Al- Haq) et les brigades Hezbollah (Kataïb). La Ligue des croyants a été entraînée durant quatre ans dans une base iranienne des Gardiens de la Révolution par des officiers du Hezbollah. Des militants de la Ligue ont ensuite été envoyés, déguisés en pèlerins chiites, dans des villes du sud de l’Irak pour s’attaquer à des cibles américaines. Hassan Nasrallah a aussi été chargé de ce projet d’ingérence en Irak. Il a fait part de ses intentions à ses militants à l’occasion de plusieurs discours où il a martelé plusieurs fois le nom de l’Irak dans ses propos: «La résistance irakienne avait surpris l'occupant américain… L’axe englobant la Palestine, le Liban, la Syrie, l'Irak et l'Iran a fait échouer le projet américain visant à diviser la région et à y liquider la résistance… le retrait américain de l'Irak est un échec et une défaite.» Cet appui à la résistance irakienne préfigure le combat que le Hezbollah entend mener en Irak pour aider l’Iran à s’y implanter en force. En utilisant son sous-traitant islamiste armé par ses soins, l’Iran veut contrôler Kerbala avec les sanctuaires chiites de Najaf. Il veut imposer un gouvernement irakien, à sa solde. Il vise aussi les champs pétrolifères du sud afin de gérer l’approvisionnement mondial en pétrole et de se doter d’une nouvelle capacité de raffinage qui fait défaut en Iran.


Provocation au Koweit
La provocation s’étend à présent à d’autres horizons. Trois missiles Scud ont été lancés à destination du Koweït le 26 août par les Kataïb d’Irak soutenus par le Hezbollah. C’est la première fois qu’un groupe terroriste utile ce type de missiles. L’Iran veut lancer un avertissement au Koweït pour qu’il arrête la construction du grand port Moubarak sur la côte irakienne. Le Koweït a pris la menace au sérieux puisqu’il a massé sur l’île Boubiyan des troupes chargées de défendre cette construction dont le coût s’élève à plus d'un milliard de dollars. Les unités mobilisées sont composées de la police militaire du groupe de défense Amoun, des unités des services de renseignements et de la défense aérienne, de la 35e compagnie, de la 6e brigade et des forces navales. L’Irak craint que cette nouvelle construction n’entrave les opérations du port de Bassorah qui représente la principale ouverture du Golfe Persique pour les exportations de son pétrole. Le gouvernement irakien a menacé d’intervenir. Mais les menaces de l’Irak ont été émises par le groupe radical Kataïb, bras armé de la brigade al-Qods des Gardes Révolutionnaires iraniens. Des informations parvenues à l’Iran lui font craindre en effet que ce nouveau port serve à accueillir les flottes du Koweït, des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite. Il pourrait même ravitailler en secret les unités maritimes israéliennes qui patrouillent dans le Golfe Persique.

 

Les Israéliens suivent avec intérêt le déroulement des évènements car ils sont persuadés que les 250 missiles Scud de Saddam Hussein, qui avaient disparu avant l’invasion américaine, ont été récupérés par les Kataïb d’Irak. Le projet de construction dans l’île Boubiyan pourrait servir d’alibi aux Iraniens pour organiser des manifestations à la frontière irano-koweïtienne avec des risques militaires. La situation dans la région pourrait alors se détériorer parce qu’il est dans l’objectif des Iraniens de susciter des troubles, une façon d'assurer la poursuite en toute quiétude de leur programme nucléaire.

 

l’Iran met le feu au Proche Orient
Source, journal ou site Internet : slate
Date : 5 septembre 2011
Auteur : Jacques Benillouche

27/06/2011

Après Oussama Ben Laden, voici le ressuscité de 2006, Aymane al-Zawahiri

À l’instar du fondateur d’el-Qaëda, Aymane al-Zawahiri s’est caché après les attentats du 11- Septembre et a été vu une dernière fois un mois après, en octobre 2001, à la frontière afghanopakistanaise.

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/ressources/images/2006/normales/z/za/AFP_060622zawahiri_n.jpg

 

Son épouse, son fils et ses deux filles avaient été tués par des frappes américaines à Kandahar deux mois plus tard. Photo AFP Terrorisme El-Qaëda a désigné hier Ayman al-Zawahiri pour succéder à Oussama Ben Laden. Le nouveau chef de la nébuleuse a promis de poursuivre le jihad, mais le chef d’état-major US, Mike Mullen, a assuré que les États-Unis élimineront Zawahiri comme ils ont éliminé Ben Laden. El-Qaëda a désigné son numéro deux, Aymane al-Zawahiri, pour succéder à Oussama Ben Laden, tué début mai par un commando américain au Pakistan, et s’est engagé à poursuivre le jihad contre les États- Unis et Israël, dans un communiqué mis en ligne hier. « Le commandement général d’el- Qaëda annonce, après consultations, la désignation de cheikh Aymane al-Zawahiri à la tête de l’organisation », selon le texte signé du commandement général et publié sur des sites islamistes. Aymane al-Zawahiri, âgé de 59 ans, le « cerveau » et principal porte-parole d’el- Qaëda, devient ainsi l’homme le plus recherché du monde. Sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par le département d’État américain. El-Qaëda va poursuivre « le jihad contre les apostats qui agressent la terre d’islam et à leur tête l’Amérique croisée et son acolyte Israël », affirme d’emblée le commandement d’el-Qaëda dans son communiqué. « Nous les combattrons avec toutes nos capacités et nous exhortons la nation (islamique) à les combattre (...) par tous les moyens possibles jusqu’à l’expulsion de toutes les armées d’invasion de la terre d’islam et l’instauration de la charia », la loi islamique, ajoute le texte.


En nommant à sa tête l’Égyptien Aymane al-Zawahiri, le commandement général d’el-Qaëda a exposé dans le communiqué les principes guidant sa future action. Ainsi, il rassure les Palestiniens qu’il « ne les lâchera pas jusqu’à la victoire » et « la libération de l’ensemble de la Palestine ». « Nous n’accepterons aucune concession sur la Palestine » et « nous ne reconnaîtrons pas de légitimité au prétendu État d’Israël » comme « nous ne nous engagerons par aucun accord ou convention » reconnaissant Israël, ajoute-t-il.

 

Exprimant en outre son « soutien au soulèvement des peuples musulmans » en Égypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen, en Syrie et au Maroc, el-Qaëda appelle à la poursuite de la contestation dans les pays arabes pour « éliminer les régimes corrompus et injustes imposés par l’Occident à nos pays ».

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/ressources/images/2006/normales/a/al/060106al-zawahiri-message-al-jazira_n.jpg


Mais « le véritable changement souhaité ne se réalisera qu’avec le retour de la oumma vers la charia », poursuit-il, indiquant sa disposition à « coopérer avec tous les groupes islamiques » pour faire « triompher la charia » et « éliminer les régimes corrompus ». S’agissant de l’Afghanistan, el-Qaëda assure le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, que le réseau continuera à agir « sous son commandement (...) pour repousser l’occupation américaine croisée de l’ensemble du pays ». Il rassure aussi « les frères combattants » en Irak, en Somalie, dans la péninsule Arabique et au Maghreb, où opèrent des branches d’el-Qaëda, ainsi qu’en Tchétchénie, affirmant qu’il « poursuivra sur la même voie (...) pour combattre un ennemi unique même s’il prend différentes formes ». Le nouveau chef d’el-Qaëda s’était engagé à poursuivre la voie du jihad contre l’Occident et avait renouvelé son allégeance au mollah Omar, « émir des croyants », dans une vidéo mise en ligne le 8 juin par le groupe de renseignement américain SITE. « Aymane al-Zawahiri est le cerveau d’Oussama Ben Laden.


C’est après la rencontre entre les deux hommes (en Afghanistan) que Ben Laden a pris cette importance », affirmait l’avocat islamiste égyptien Mountasser al-Zayat, qui l’avait bien
connu. « Zawahiri est loin d’avoir l’envergure d’Oussama Ben Laden », a toutefois tempéré
hier un haut responsable américain réagissant à l’information de sa désignation à la tête d’el- Qaëda, estimant par ailleurs que l’Égyptien aurait du mal à diriger la nébuleuse « tout en s’occupant de sa propre survie ». Pour les experts, le choix de Zawahiri pour succéder à Ben Laden est celui de la logique et de la continuité, même s’il ne jouit pas de la même aura que le fondateur du mouvement. Pour Dominique Thomas, spécialiste de l’islamisme radical à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Zawahiri dispose avant tout de la légitimité historique : il fait partie du même groupe générationnel né dans le jihad antisoviétique en Afghanistan dans les années 1980 ». « Il fallait que ce soit une figure qui serve de repère aux militants. Et il n’y en avait pas d’autre : Zawahiri est apparu aux côtés de Ben Laden depuis 15 ans, il a fait le jihad en Afghanistan, c’est une figure de l’islamisme égyptien. C’est aussi un idéologue qui a beaucoup écrit. »

 

Zawahiri sera éliminé comme Ben Laden, assure Washington
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 17 juin 2011

 

L’homme n’a rien à perdre. En décembre 2001, alors qu’il fuit l’Afghanistan pour se réfugier
dans les zones tribales pakistanaises, son épouse, ses deux filles et son fils, restés à Kandahar,
le fief des talibans, sont tués par des bombes américaines qui lui étaient destinées. Ayman al-
Zawahiri – une fois de plus – n’a alors qu’une idée en tête : se venger. C’est aussi en 2001 que
le grand public découvre ce curieux personnage à la barbe poivre et sel mal taillée. On le
distingue – souvent assis en tailleur – au côté d’Oussama ben Laden sur les rares documents
filmés où apparaît l’ancien chef d’al-Qaida. Toujours coiffé d’un turban, portant de grandes
lunettes rondes, son allure s’apparente plus à celle d’un professeur, ou d’un vieux sage, qu’à
celle d’un féroce terroriste. L’habit n’a jamais aussi peu fait le moine. Né au Caire le 19 juin
1951, descendant d’une famille d’universitaires et de dignitaires religieux, le nouveau numéro
un d’al-Qaida est un dur, plus radical encore que son supposé mentor, ben Laden. Son grandpère
fut le directeur de l’université du Caire avant de fonder celle du Roi-Fahd, en Arabie
saoudite. L’un de ses oncles fut, quant à lui, dans les années 1930, le grand imam de la
mosquée al-Azhar, haut lieu de l’enseignement et de la pensée islamiques dans le monde.
« C’était un garçon mystérieux, renfermé et introverti », raconte Zaki Mohammed, un
journaliste cairote, à propos du jeune Zawahiri (*). « Mais il comprenait en cinq minutes ce
que les autres élèves mettaient une heure à saisir. Il avait quelque chose de génial »,
témoigne encore cet ancien condisciple.
Un rat de bibliothèque
Décrit comme un fervent pratiquant doublé d’un rat de bibliothèque, Ayman al-Zawahiri est
séduit par les théories des Frères musulmans dès l’âge de 15 ans. Déçu par le président
égyptien Nasser, défait par les Israéliens en 1967 lors de la guerre des Six-Jours, il considère
l’islam comme l’unique planche de salut pour le monde arabe. Jeune homme, tout en
poursuivant des études de chirurgien à la faculté de médecine du Caire, il demeure dans la
mouvance islamiste, où il fait figure de modéré. En 1980, établi dans une clinique tenue par
les Frères musulmans, il accepte de se rendre au Pakistan, dans le cadre d’une mission
humanitaire organisée par le Croissant-Rouge. A cette époque, des milliers d’Afghans, fuyant
leur pays envahi par les Soviétiques, y sont réfugiés. Il écrira plus tard qu’il considère le
djihad afghan comme « un entraînement de la plus haute importance qui préparait les
moudjahidin à mener la bataille tant attendue contre la superpuissance qui, désormais,
exerce seule sa domination sur le monde, à savoir les Etats-Unis ».
Le promoteur des attentats suicides
Revenu chez lui, en Egypte, il est arrêté à la fin octobre 1981, quelques jours après
l’assassinat du président Anouar al-Sadate. Une opération menée par les Frères musulmans et
à laquelle il nie avoir participé. A l’issue d’une incarcération (longue de trois ans) où il est
régulièrement frappé et torturé, il décide de quitter son pays natal. Nous sommes en 1984,
Zawahiri, âgé de 32 ans, est devenu un extrémiste religieux, un radical assoiffé de vengeance.
Il se rend alors à Djedda, en Arabie saoudite, ville où est installé un certain Oussama ben
Laden. Dès lors, les deux hommes feront route et cause communes. Ayman al-Zawahiri est
celui qui a pensé et conçu la structure al-Qaida (« la Base »). Des attentats contre les
ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en août 1998, à ceux de Madrid (2004) et
de Londres (2005) – sans oublier ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis –, la plupart des
opérations montées ou soutenues par l’organisation à travers le monde portent sa marque. Il
est d’ailleurs l’un des premiers islamistes à avoir eu recours aux attentats kamikazes, en dépit
des préceptes du Coran qui proscrivent le suicide et le meurtre d’innocents. Selon de
nombreux spécialistes des mouvements islamistes, ben Laden, issue d’une famille fortunée,
était, en définitive, devenu le chef d’al-Qaida parce qu’il en était le principal financier. Enfin,
le Dr Zawahiri savait se rendre indispensable. « ben Laden avait une pression sanguine
insuffisante. Il lui arrivait d’éprouver des vertiges qui l’obligeaient à s’allonger. Ayman
venait le soigner », se souvient Essam Deraz, un réalisateur égyptien qui a connu les chefs
terroristes à la fin des années 1980. Après le 11 septembre, la tête du numéro deux d’al-Qaida
avait été mise à prix par les autorités américaines pour la somme de 25 millions de dollars.
Cette récompense, promise à d’éventuels informateurs, pourrait rapidement augmenter : placé
au sommet de la « liste noire » du département d’Etat américain, condamné à mort, par
contumace, en Egypte pour sa participation dans l’attentat de Louxor perpétré en 1997
(58 touristes exécutés), Ayam al-Zawahiri est désormais l’homme le plus recherché au
monde.
(*) Lawrence Wright (The New Yorker, septembre 2001).
Où en est al-Qaida ?
La mort d’Oussama Ben Laden n’aurait pas entraîné de changement majeur dans le
fonctionnement de l’organisation terroriste, décrite comme étant en perte d’influence et de
vitesse. Obligé de se terrer, le Saoudien n’exerçait plus qu’un leadership symbolique sur elle.
C’est l’une des raisons qui expliquent le fait que les grandes capitales occidentales n’aient
plus été touchées depuis 2005 (attentats de Londres). Les spécialistes des mouvements
islamistes estiment que « l’exécution » de Ben Laden entraînera cependant un déplacement du
théâtre de la guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan. Force est de constater que les attentats
se sont multipliés, ces dernières semaines, sur le sol pakistanais (notamment contre les forces
armées). Les dirigeants d’al-Qaida (et les talibans) considèrent avoir été trahis par le
gouvernement d’Islamabad, qu’ils accusent d’avoir aidé les forces spéciales américaines à
liquider leur chef historique. La crainte des représailles qui s’annoncent explique, en partie,
les difficultés actuelles qu’éprouvent les services de renseignement américains à renouer le
contact avec leurs homologues pakistanais. Sur le plan international, l’intronisation d’al-
Zawahiri pourrait relancer les actions terroristes contre les intérêts occidentaux. Dans son
dernier message audio, le nouveau numéro un d’al-Qaida demande ainsi aux Libyens de se
retourner contre la coalition internationale (et donc contre la France) venue pourtant les aider
à se débarrasser du colonel Kadhafi.

12:41 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al qaeda, ben laden, al zawahiri, egypte, islamisme, intégrisme, printemps arabe, terrorisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/06/2011

Les révolutions arabes vues par le renseignement, que d'illusions!!

De retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.

 

http://images.blog-24.com/30000/34000/34274.jpg

 

Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.


Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.


Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?


En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.


Et en Tunisie ?
Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés.


C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime.


L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi
n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.


Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée.

 

Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente.


D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.


Comment lisez-vous la situation actuelle ?
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à
l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée.


D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?

 

Les révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués.
Source, journal ou site Internet : la Tribune
Date : 2 juin 2011
Auteur : Eric Dénécé, propos recueillis par Valérie Segond

22/04/2011

Une Egypte avec des libéraux! Est-ce possible?

Égypte La communauté copte est divisée sur la stratégie à adopter dans l'Égypte post-Moubarak : obtenir des gains immédiats ou participer au combat national ? Jouer la carte politique communautaire ou jouer, là aussi, la carte politique libérale et nationale ?

 

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L'église copte Saint-Marc à Alexandrie ne désemplit pas durant le carême. Les messes se succèdent tous les jours de la semaine et durent tout l'après-midi. Une atmosphère pieuse envahit ce lieu de culte, accompagnée d'une suffocante odeur d'encens. À l'intérieur de l'église, les fidèles sont divisés en deux. D'un côté les hommes, de l'autre les femmes et les enfants. Toutes les femmes couvrent leurs cheveux d'un fin voile quand elles rentrent à l'église. Chose singulière, alors qu'en Égypte, les femmes chrétiennes sont stigmatisées par certains parce qu'elles ne portent pas le voile à l'instar des musulmanes. La messe finie, le prêtre, avec sa longue barbe blanche, se met à la porte de l'église pour saluer les fidèles en leur offrant un bout de pain bénit, alors que ces derniers se pressent autour de lui, pour lui embrasser la main. On parle religion. On discute du carême, du dimanche des rameaux, de Pâques, etc. La situation politique en général et les manifestations qui ont lieu à travers le pays ne semblent pas trop intéresser les coptes réunis devant l'église. Si l'on demande à un prêtre son opinion sur la révolution égyptienne, il sourit gentiment et répond qu'il est ici en visite. Face à la même question, père Morcos, le prêtre à la longue barbe blanche, est soudainement très pressé d'aller à son bureau où une famille l'attend depuis deux heures.

 

A-t-il peur de répondre ? « Je n'ai peur que de Dieu. Et c'est en Lui seul que j'ai confiance », déclare-t-il offusqué. « Les prêtres refusent de parler car ils ne veulent pas causer du tort à la communauté. Ils ne veulent rien dire qui puisse compromettre les coptes. Tout le monde ici a toujours à l'esprit l'église copte qui fut la cible d'une attaque meurtrière le 31 décembre dernier », affirme Rojeh, un jeune copte. Un autre fidèle d'un certain âge ajoute que des salafistes ont menacé de kidnapper toutes les filles qui ne sortent pas voilées après 21h. « Et tout le monde sait que cette menace vise directement les coptes, ajoute-t-il, maintenant, nous avons peur pour nos filles. » Finalement père Kyrillos, un jeune prêtre aux longs cheveux et à la barbe toujours noire, accepte de parler. « Même aujourd'hui, on essaie toujours de créer un sentiment de peur chez les chrétiens, surtout lorsqu'on fait un amalgame entre les différents courants islamistes. Il y a un problème essentiel en Égypte.

 

Tout ce qui touche à la religion suscite immédiatement un tollé général, et un repli identitaire aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans.


La société égyptienne est intrinsèquement religieuse », affirme-t-il, ajoutant qu'« après la menace des Frères musulmans, voici celle des salafistes. On véhicule des rumeurs selon lesquelles ces derniers veulent enlever les filles non voilées. Or ces informations se sont avérées fausses. Celui a qui l'on attribuait ses menaces a démenti avoir tenu de tels propos, et le site des salafistes Iamsalafi.com a également nié ces rumeurs ».


Discriminations sous Moubarak
Dans cette Égypte postrévolution, les coptes doivent trouver leur place. Sous Hosni Moubarak, la position officielle de l'Église copte était la loyauté envers le régime en place. Cette politique était fondée, selon le père Kyrillos, sur des informations erronées et biaisées, transmises notamment aux autorités coptes pour les induire en erreur. Afin d'assurer sa pérennité face à la communauté internationale, d'une part, et aux chrétiens égyptiens, d'autre part, le régime de Moubarak a surfé sur la menace islamiste et la peur des Frères musulmans pour semer la zizanie entre les Égyptiens eux-mêmes. Il a ainsi obtenu le soutien de l'Église copte qui a cru la version officielle. « Cet appui était la conséquence du choix qu'on nous vendait à cette époque : le régime corrompu de Moubarak ou un régime islamiste avec les Frères musulmans au pouvoir.


Entre deux maux, il fallait choisir celui qu'on connaissait déjà. Le moins pire », affirme le religieux.


Un ambassadeur de confession copte, ayant requis l'anonymat, affirme pour sa part que l'ancien régime traitait du dossier copte d'un point de vue purement sécuritaire, au lieu de le traiter d'un point de vue social. Il récuse néanmoins l'idée selon laquelle la communauté copte serait persécutée et parle d'exagérations. Plutôt que de persécutions, la communauté a été victime de discriminations, dit-il. En effet, durant les 30 dernières années, la communauté copte en Égypte a souffert de nombreuses discriminations. Atef Barnaba, un pasteur évangélique, estime que les coptes ne jouaient aucun rôle politique du temps de Moubarak.

 

« La relation entre l'État et les chrétiens étaient strictement réduites aux affaires religieuses. Le dossier copte était entre les mains des officiers de la Sécurité de l'État (Amn el-Dawla), qui avaient le dernier mot sur les problèmes concernant la communauté ».


Ainsi, ils refusaient souvent aux coptes les autorisations de rénovation d'églises au motif que la société islamique ne le permet pas. « Par ailleurs, les fidèles musulmans estiment qu'ils ne doivent pas être gouvernés par un non-musulman. Ici, on l'appelle "wilayat al-copti", c'est-à-dire, qu'un Égyptien musulman ne doit pas recevoir des ordres d'un copte.

 

Cette considération religieuse influence directement les nominations de coptes dans la fonction publique. Ces derniers n'atteindront que rarement un poste supérieur au "middle management". Ce phénomène est très clair dans l'armée et chez les magistrats où l'on a dû nous battre durant des années avant d'avoir la nomination d'un juge copte », explique Atef Barnaba.


Une haut responsable copte au sein du ministère égyptien des Affaires étrangères minimise ces discriminations et estime que la diaspora copte les met en valeur pour aider ses coreligionnaires. Et ce responsable de souligner que les discriminations sont légion partout dans le monde, même dans les pays les plus démocratiques. Elles peuvent concerner les femmes, la race, les minorités religieuses, etc.


« Ce qui est important en Égypte, c'est le fait que la discrimination n'est pas institutionnalisée. Elle est le fait d'individus influencés par leur culture et leur propre opinion.

Il faut dire aussi que la situation des coptes au temps de Moubarak était comparable à celle de 90 % des Égyptiens. Hosni Moubarak donnait l'impression d'aider les chrétiens qui ne dénonçaient pas les discriminations à leur encontre de peur de se trouver dans une situation encore pire »

 

, affirme cette responsable sous le couvert de l'anonymat. Concernant la représentation des coptes au sein de l'État, un autre responsable au ministère des Affaires étrangères affirme

 

« qu'il n'y a aucune contrainte ou aucune discrimination légales qui empêchent les membres de cette communauté d'adhérer à la fonction publique. Les discriminations subies par les coptes sont dues essentiellement aux comportements de certains responsables locaux, qui justifient leurs actions par des tensions dans certaines régions du pays ».

 

Le pasteur évangélique ironise toutefois sur ceux qui affirment que la discrimination est le fait d'individus. « C'est le fait de "tous" les individus au pouvoir », affirme-t-il. Le haut responsable copte explique par ailleurs que la peur et les préjugés sont un vrai handicap pour les chrétiens qui veulent incorporer la fonction publique. Selon elle, beaucoup de personnes renoncent à le faire parce qu'elles croient qu'elles n'y arriveront jamais.

 

« Les coptes n'essayaient même pas. Ils acceptaient leur condition. Les coptes et les Égyptiens en général subissaient les injustices, car ils n'avaient pas de culture de lutte pour leurs droits »

 

, estime le responsable.


Avant et après la révolution
Cela jusqu'à ce qu'ils les demandent, leurs droits. Aujourd'hui, non seulement les manifestants demandent leur droit à la liberté, à la justice, mais ils commencent à demander des comptes à ceux qui les ont gouvernés durant toutes ces années. Le dernier grand rassemblement sur la place Tahrir visait, notamment, à dénoncer l'impunité. « Chez les coptes, aussi, l'équation a changé. Ils ont une meilleure vision qui leur permet de participer pleinement à la vie politique. C'est le moment idéal pour être visible. Pour faire entendre sa voix.


Pour dire : je suis présent, je fais partie intégrante de cette société », affirme le responsable ajoutant que « les coptes doivent demander leurs droits comme citoyens à part entière ». « La chute de l'ancien régime a été, pour les chrétiens, une chance de revendiquer leurs droits », renchérit le pasteur Barnaba.


Les critiques contre les coptes
Pour un diplomate musulman, que certains dirigeants coptes appellent à plus de droits spécifiquement pour leur communauté est déplacé. « Il faut se battre pour son pays, et non pas pour sa communauté », affirme-til.


L'Égypte ne comprend pas seulement plusieurs communautés religieuses (chrétiennes, musulmanes, bahaïe), elle comprend aussi plusieurs groupes ethniques (Bédouins, Nubiens, etc.) Selon lui, les demandes des minorités peuvent entraîner une réaction négative et une susceptibilité de la part de la majorité.


Il faut oeuvrer tout simplement pour l'instauration d'un État de droit, où les lois seraient appliquées équitablement à tous.

 

« En demandant la liberté pour tous, on obtient par ricochet la liberté pour les chrétiens aussi »

 

, ajoute ce diplomate. Le pasteur Atef Barnaba critique lui aussi le comportement officiel de l'Église copte durant la révolution. En effet, le pape copte, Chenouda III, avait qualifié, au tout début de la révolte, les manifestations comme l'oeuvre de voyous. Deux jours avant la chute de Moubarak, l'Église affirmait encore son attachement à l'ancien régime. Cette position a nui à l'Église copte, selon le pasteur Barnaba.


Ensuite, après la chute de Moubarak, l'Église copte a immédiatement demandé des droits communautaires alors que l'ambiance générale tournait autour des valeurs nationales, même chez les Frères musulmans. Cette attitude a été vivement critiquée par les révolutionnaires qui ont dénoncé, selon le pasteur Barnaba, un discours obtus, alors que les mentalités dans le pays étaient en plein changement. Ce changement est tel, affirme le pasteur, qu'on voit aujourd'hui des dirigeants musulmans appelant à plus de droits pour les chrétiens, une première selon lui. Après la révolution, l'Église copte s'est divisée en deux courants, explique pour sa part père Kyrillos. « Un courant qui cherche à obtenir des gains immédiats pour la communauté, en d'autres termes, sa part du gâteau. L'autre courant pense au contraire qu'il faut mener un combat national.


Ainsi, tout ce qui est positif pour l'Égypte, sera positif pour les coptes. En construisant un pays fondé sur la justice, les reformes et la démocratie, l'Église copte sera la première bénéficiaire de ces changements », ajoute-t-il.


La menace salafiste
Les jeunes coptes restent toutefois sceptiques, après l'euphorie de la révolution. Mohammad et Michael vivent au Caire. Ils sont amis depuis des années. Ils discutent ensemble de la prochaine manifestation.


Mohammad taquine Michael : « Si tu ne viens pas demain, je dirai aux révolutionnaires que tu es contre eux. » Comme beaucoup de coptes, Michael est hésitant. « Hier, sur la place Tahrir, j'ai été arrêté par un salafiste qui m'a demandé mes papiers », dit-il. La révolution égyptienne a mis en évidence l'émergence de plusieurs courants islamistes dont les Frères musulmans, les salafistes et les soufis. Ces derniers semblent toutefois soutenir aujourd'hui le courant modéré des musulmans. Par contre, il y a une vraie crainte des salafistes. « Ces derniers ont une forte base dans la population, surtout dans le rif où leurs discours visent les
classes pauvres et non éduquées. Leur pensée est en outre bien loin des débats intellectuels profonds, et consiste essentiellement en des interdits religieux. Leurs actions mettent aussi mal à l'aise les musulmans modérés qui ont peur d'eux », explique Atef Barnaba.

 

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Le nouveau visage des Frères musulmans
Les Frères musulmans ne suscitent pas la même peur, loin de là. Selon Barnaba, « la révolution a montré un autre visage des Frères musulmans. Le régime de Moubarak utilisait la confrérie comme épouvantail. La révolution a montré de nouveaux visages. Des musulmans pour les coptes, des coptes pour les musulmans.


En se côtoyant lors des manifestations, les protestataires ont appris à mieux se connaître, à découvrir que les coptes sont des Égyptiens à part entière. Dans certaines régions du pays, dans le rif, par exemple, on apprenait aux Égyptiens musulmans que les coptes sont des intrus, qu'ils sont venus avec les croisades, qu'ils sont différents, etc. Or, historiquement, la communauté copte est enracinée en Égypte bien avant la conquête arabo-musulmane, et bien avant les croisades ». Père Kyrillos estime lui aussi qu'aujourd'hui, les Frères musulmans sont beaucoup plus modérés qu'auparavant. « Ils ne sont pas des gens candides. Au contraire, ils sont éduqués », dit-il. Mohammad, un jeune Égyptien ayant fait des études de médecine, et qui est proche des Frères musulmans, estime pour sa part que ces derniers ne seront en aucun cas une menace pour les chrétiens. Au contraire, selon lui, la confrérie protégera les coptes, puisque la charia impose la protection des gens du Livre.

 

S'ils arrivent au pouvoir, ils savent que la communauté internationale les surveille, et ils ne feront aucun geste qui pourrait menacer les coptes et donner une mauvaise image de leur régime à l'extérieur pouvant entraîner des sanctions contre l'Égypte, estime Mohammad.

 

Selon lui, les Frères musulmans donneront plus de liberté aux coptes. Mais il n'exclut toutefois pas une islamisation de la société : ils imposeront peut-être aux femmes musulmanes le voile, et il leur sera interdit de travailler.


Plus de droits pour les chrétiens sous la charia ? Le pasteur Barnaba n'y croit pas et critique ceux qui professent une telle idée.

 

« Nous voulons nos droits en tant que citoyens, non pas en tant que chrétiens ou dhimmis, affirme-t-il. Les droits selon la charia sont bien moindres que les droits civiques. ».

 

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Appuyer les libéraux
Aujourd'hui, la communauté copte est également divisée quant à son rôle éventuel sur la scène politique. « Il y a, d'une part, ceux qui veulent prendre une position politique et orienter les fidèles vers une position commune. Alors que la seconde position estime que le rôle de l'Église n'est pas de faire de la politique. Le rôle de l'Église est moral, et elle ne doit pas interférer dans le jeu des partis politiques », explique père Kyrillos. Bishay, un jeune commerçant copte d'Alexandrie, est très enthousiaste et très optimiste pour l'avenir de son pays. Il raconte que le milliardaire copte Naguib Sawaris a entamé la création d'un parti politique, comprenant chrétiens et musulmans, ayant pour fondement des valeurs démocratiques. Toutefois, le prêtre copte est opposé à un parti à caractère copte comme celui qu'organise Naguib Sawaris. « Le seul fait qu'il soit labellisé copte risque de lui faire perdre les voix des musulmans modérés. Il vaut mieux appuyer un parti "national" libéral déjà existant », estime père Kyrillos. Un haut responsable au ministère des Affaires étrangères préconise pour sa part une loi électorale fondée sur un système proportionnel et non plus majoritaire. « Dans ce cas, les coptes seront représentés plus équitablement politiquement dans le Parlement », estime-t-il. Selon lui, les espoirs reposent actuellement sur les résultats des prochaines élections législatives qui auront lieu dans quelques mois. Il espère en outre l'émergence d'un parti politique non religieux, libéral, sans nécessairement être laïc.

 

Les coptes après la révolution, entre peur des salafistes et espoir d’un changement libéral
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 18 avril 2011
Auteur : Antoine Ajoury

10:21 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : egypte, libéraux, coptes, musulman, islamisme, moubarak, salafiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/02/2011

Israël soutient Moubarak et fustige Obama!

Comme il fallait s’y attendre, Israël ne pouvait laisser son allié, Hosni Moubarak, seul dans la tourmente.


Des proches de Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, ont violemment critiqué la position de Washington, qu’ils assimilent à un véritable “lâchage” du raïs égyptien.

 

http://www.bowoulankro.com/wpress2/wp-content/uploads/2011/01/Hosni-Moubarak-Barack-Obama.jpg

http://www.lepoint.fr/images/2011/01/31/netanyahou-moubarak-243951-jpg_135331.JPG


Le soutien apporté par les États-Unis à la contestation populaire contre le président égyptien Hosni Moubarak semble irriter au plus haut point les dirigeants de l’État hébreu, qui n’hésitent pas à accuser l’administration de “lâchage” de ce “fidèle allié”. En effet, l’attitude des Américains vis-à-vis du raïs est sévèrement jugée en Israël, où le gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui s’était abstenu de fustiger publiquement la position américaine, pour ne pas envenimer les relations avec Barack Obama, a fini par excéder les responsables israéliens. L’un d’entre eux dit, sous le couvert de l’anonymat :

 

“On a l'impression que Washington était très pressé de balancer par-dessus bord le président égyptien Hosni Moubarak dès qu'il est devenu un allié encombrant.” Il ajoute : “S'il est vrai qu'au cours des derniers jours, la position américaine est devenue plus nuancée, elle n'en revient pas moins à un lâchage. Ce qui est très inquiétant.”


Poursuivant dans le même ordre d’idées, il souligne que “la fidélité est une valeur inestimable, particulièrement au Proche-Orient”, en faisant allusion au comportement de Hosni Moubarak durant ses trois décennies au pouvoir, au cours desquelles il n’aura guère posé de problèmes à l’État hébreu. Il justifie l’inquiétude israélienne en estimant qu'au-delà des critiques “à l'égard du régime autocratique” de M. Moubarak, son prompt abandon par Washington risquait de miner la crédibilité de la politique étrangère américaine. Le responsable israélien relève “la confusion et l'incohérence des positions américaines” en référence aux déclarations de soutien à Moubarak de l'émissaire du président américain en Égypte, Frank Wisner, avec lequel l'administration américaine a aussitôt pris ses distances.

 

Ces déclarations traduisent la crainte d’Israël de l'émergence d'un pouvoir islamiste au Caire qui menace le traité de paix avec son voisin et bouleverse la donne stratégique régionale. Par ailleurs, Dori Gold, ancien ambassadeur d'Israël à l'ONU et proche du Premier ministre, a reproché dans la presse au président Obama de commettre la même “erreur” que Jimmy Carter en 1979 face à la Révolution iranienne, en refusant de soutenir un régime en place au nom de la démocratie.

 

http://a34.idata.over-blog.com/419x500/0/56/18/16/JPG4/Obama-reaches-to-islam.jpeg

 

Plus sévère, Eytan Gilboa, professeur de sciences politiques à l'université Bar Ilan, près de
Tel-Aviv, dit que Washington a “planté un couteau dans le dos de son allié” égyptien alors qu'il “pouvait le critiquer de façon plus discrète”. Le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot verse dans le même sens en affirmant :

 

“Tout un chacun comprend que Moubarak doit partir. Mais nous pouvions nous attendre à ce que Washington n'abandonne pas un homme qui depuis des décennies était son meilleur appui, un véritable barrage contre l'islamisme.”

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/08/18/7c66217c-8b64-11de-92a9-9ad592778903.jpg

 

Il s’interroge sur les conclusions que tireront les autres alliés des États-Unis dans la région en voyant les Américains se conduire “de la sorte vis-à-vis du régime égyptien”. Ainsi, le maintien du statu quo en Égypte apparaît à une majorité d'Israéliens comme le meilleur moyen de préserver le traité de paix signé en 1979 par le prédécesseur de Moubarak, Anouar El-Sadate, qui devait le payer de sa vie, victime deux ans plus tard d'un attentat islamiste. Cela étant, 59% des Israéliens sont persuadés qu'un “régime islamiste” va succéder au président Moubarak, contre 21% qui s'attendent à un “régime laïc démocratique”. Deux Israéliens sur trois estiment qu'une chute du régime Moubarak aura des conséquences négatives pour Israël.

 

Irrité par ce qu’il qualifie de « lâchage » américain, Israël au secours de Hosni Moubarak
Source, journal ou site Internet : Liberté
Date : 8 février 2011
Auteur : Merzak Tigrine

10:08 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : obama, egypte, moubarak, netanyahou, israël, islamisme, intégrisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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