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07/01/2011

La mondialisation a du bon pour les émergents, aux autres de s'adapter, d'innover pour exister, ou alors décroître.

La forte croissance des pays émergents tire vers le haut les prix des matières premières et des carburants. Ce sont désormais eux qui dictent le rythme de l’économie mondiale. Et l’Europe, entre austérité et chômage, a du mal à suivre. Alors que les économies occidentales sont à la traîne, la Chine, l’Inde et le Brésil accélèrent le pas. Aujourd’hui ce sont les pays émergents qui donnent le rythme de l’économie mondiale et déterminent les prix.

 

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Résultat : une tendance générale à la flambée des prix, au plus mauvais moment pour les économies des pays riches, qui risquent ainsi d’avoir à supporter le double fardeau d’un développement anémique et d’une inflation galopante. Les prix des matières premières – du coton au caoutchouc en passant par le sucre – ne cesse de grimper depuis des mois. Et maintenant que flambent aussi les cours du pétrole – roi des matières premières car c’est celle qui a l’impact le plus direct sur l’économie – on tire la sonnette d’alame.


Le baril de brut ne cesse de grimper
Aux Etats-Unis, le brut atteint presque les 90 dollars le baril et il frôle les 95 dollars en Europe, soit plus de 15 dollars de plus en un an. Il approche dangereusement les 100 dollars, chiffre considéré par beaucoup comme un seuil psychologique au delà duquel s’amorcerait le cercle vicieux de la spéculation financière, aujourd’hui particulièrement riche en munitions grâce aux abondantes liquidités mises à disposition par les banques centrales. Comme en 2008, quand le prix du baril avait atteint 140 dollars. ıı L’AIE, l'Agence internationale de l’Energie de l'OCDE, l'organisation des pays riches, est consciente que cette nouvelle flambée des cours du pétrole a déjà de lourdes conséquences sur les économies les plus développées. La facture pétrolière que les 34 pays de l’OCDE payent aux pays exportateurs s’est alourdie de 200 milliards de dollars en 2010, atteignant presque les 800 milliards : pour importer du brut, les pays riches ont dépensé l’année dernière un tiers de plus qu’en 2009. En effet, selon l’AIE, ils ont abandonné aux princes du pétrole, en moyenne, un demi point de PIB à une période où celui-ci éprouve les plus grandes difficultés à progresser. Si cette course continue, les pays de l'OCDE vont se retrouver devant le gouffre de la récession.


"La facture des importations pétrolières devient une menace pour la reprise économique", avertit le docteur Fatih Birol, chef économiste à L’AIE. C’est le message adressé à l’OPEC, l’organisation des pays exportateurs de pétrole qui, ces dernières semaines, a rejeté tous les appels à une augmentation de la production.

 

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Augmentation du prix de l'essence, de la viande du pain, des jeans
Si la question du pétrole a jeté une ombre inquiétante sur l’économie des prochaines années, la flambée du brut ne représente cependant, dans l’immédiat, que le plus gros nuage à l’horizon. Presque toutes les matières premières sont en train de grimper, à commencer par les denrées alimentaires de base. Une nouvelle crise alimentaire, comme celle de 2007-2008 n’est pas tout de suite à redouter car les stocks sont relativement abondants, mais les effets sur les prix se font déjà sentir. L’indice des prix alimentaires de la
FAO a augmenté de 4,2% en un seul mois, entre novembre et décembre 2010. Il est d’ores et déjà à un niveau plus élevé qu’en 2008, poussé par la flambée des prix du blé, du sucre et de la viande. Le prix du coton, lui aussi, a atteint un niveau record. Ce qui est en train de se produire sur les marchés mondiaux préfigure donc une année 2011 dure et difficile pour les consommateurs, en Occident surtout. En cette période où le chômage est élevé et où les revenus stagnent, les augmentations vont pleuvoir : l’essence à la pompe sera plus chère, mais aussi le gaz (dont le prix en Europe est indexé sur celui du pétrole). Les grands distributeurs annoncent déjà aux détaillants que les prix de presque tous les produits courants – viande, pain ou jeans – vont, eux aussi, augmenter. Ce qui compliquera non seulement les budgets des familles, mais aussi ceux des Etats.


Les Européens risquent de perdre leur chemise en 2011
Une flambée des prix a forcément pour corollaire une reprise de l’inflation. En décembre, dans la zone euro, les prix ont augmenté de 2,2% par rapport à l’année précédente. Bien plus que ce qui était initialement attendu, et surtout au-dessus du seuil des 2% que la Banque centrale européenne voudrait maintenir. De fait, dans un contexte différent, la BCE aurait déjà relevé les taux d’intérêt, afin de contenir les prix.


Si elle ne l’a pas encore fait, c’est pour ne pas étrangler la reprise (très faible, sauf en Allemagne) et, plus probablement encore, parce qu’une augmentation des taux d’intérêt rendrait le financement de la dette publique des pays faibles de la zone euro – Grèce, Espagne, Belgique ou Italie – encore plus difficile et plus coûteux. Cependant, si l’inflation ne s’arrête pas, les Allemands demanderont avec force à la Banque centrale un relèvement des taux d’intérêt. Aussi les Européens risquent-ils fort de perdre leur chemise en 2011, l'Europe étant au bord d’une nouvelle crise financière et politique.

 

Mondialisation : la revanche des pays émergents
Source, journal ou site Internet : La Républica
Date : 6 janvier 2011
Auteur : Maurizio Ricci

10:57 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : croissance, bric, émergents, économie, inflation, europe, mondialisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/10/2010

Slate.fr et Colombani nous invite a un nouvel ordre mondial!

Jean-Marie Colombani est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste et essayiste, il a été directeur du journal Le Monde de 1994 à 2007. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont Un Américain à Paris.
La crise économique et financière a redessiné les équilibres entre puissances avec comme principale conséquence l’aspiration hégémonique de la Chine.

 

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l'arc de crise ou le croissant


A l’occasion d’un colloque début octobre à Athènes, Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne et, par deux fois, ancien président du gouvernement italien, a brossé un vaste panorama géostratégique. Il a évoqué les quatre conséquences les plus visibles dans l’ordre géopolitique de la crise économique et financière actuelle:


1 - La perte, par les Etats-Unis, de leur statut de puissance
responsable de la stabilité économique mondiale.


2 - La mise en lumière cruelle des faiblesses structurelles de
l’Europe; à commencer par l’absence, dans la zone euro, d’un
gouvernement économique ou, au moins, d’une harmonisation fiscale et
budgétaire parmi les membres de l’«Euroland». Plus grave sans doute,
le reflux qui s’en est suivi dans les opinions publiques des pays
membres de l’idéal européen.


3 - L’accélération du développement des économies émergentes,
lesquelles deviennent de plus en plus des puissances à part entière.
De ce point de vue, on avait coutume d’évoquer les «BRIC» (Brésil,
Russie, Inde, Chine), alors qu’il faudrait plutôt désormais mentionner
les «BIC» (Brésil, Inde, Chine), la Russie étant un cas à part et
ressemblant de plus en plus à un émirat du Golfe, produisant du gaz et
du pétrole.


4 - La réallocation du partage du pouvoir au niveau planétaire
ou, si l’on préfère, son rééquilibrage dans un monde devenu
définitivement multipolaire (constat qui nous ramène au point 1).


L’évolution la plus importante est celle qui nous a conduit du G8 au G20, qui fait toute leur place aux BIC; et à l’intérieur duquel on voit poindre un G2, un duo entre la puissance hégémonique d’hier, les Etats-Unis, et celle qui aspire à le devenir demain, la Chine. C’est précisément autour de la Chine, de son évolution et son aspiration que Romano Prodi a choisi de concentrer son propos. Il enseigne désormais à l’université de Shanghai, ce qui lui donne la possibilité d’observer constamment cette évolution. Pour Romano Prodi, l’affirmation de la Chine est la question géostratégique première, dans l’univers dans lequel nous sommes. Il a ainsi rappelé que pour la première fois dans l’histoire, une puissance était capable d’exporter ses produits de par le monde, mais aussi ses capitaux, ses cadres et ses technologies.


Pour preuve, par exemple les 2.000 milliards de dollars de réserve de la Banque Centrale Chinoise, les investissements en capitaux, en hommes et en technologies de la Chine en Afrique, qui s’apparente presque à un quadrillage de ce continent. Ou, plus récemment, événement de nature à frapper les esprits en Europe, la demande par l’Etat de Californie de trains à grande vitesse chinois, à peine apparus sur le marché, alors qu’auparavant seuls les Français, les Allemands et les Japonais étaient capables de mettre en avant et de se
disputer ces moyens de transport à haute valeur technologique.


Cet éclairage était particulièrement intéressant, au lendemain d’un sommet qui, à Bruxelles, avait réuni l’Union européenne et la Chine, et qui a permis d’illustrer le poids grandissant du gouvernement de Pékin. Dans le cours actuel de la crise, la perspective la plus menaçante est celle de voir les mécanismes de négociation permanents, mis en place au sein du G20, céder le pas devant la tentation de la confrontation. C’est Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, et beaucoup d’autres experts avec lui qui craignent le déclenchement d’une guerre des changes.


Le yuan est jugé par le reste du monde sous-évalué, le dollar est furieusement poussé à la baisse par les autorités américaines, si bien que Japonais et Brésiliens envisagent des rétorsions. Scénario qui serait évidemment catastrophique. A Bruxelles, les Européens ont tenté de convaincre Mr Wen Jiabao, le premier ministre chinois, d’accepter que le yuan soit progressivement réévalué, de sorte que les pays européens et d’autres puissent, à leur tour, pénétrer l’immense marché chinois. «Ne faites pas pression sur nous»: tel a été le cri du coeur de Mr Wen Jiabao, qui a expliqué que la Chine ferait mouvement, mais à son rythme.

 

En d’autres termes, si Américains et Européens continuent à faire pression, la Chine vraisemblablement ralentira, voire évitera, tout mouvement. Ce qui a fait dire à Dominique Strauss-Kahn, s’agissant de la Chine, que lorsque l’on veut faire partie, comme il est normal, des pays qui décident, et qui influencent le reste du monde, il faut accepter de prendre sa part de responsabilité.


L’épisode actuel illustre parfaitement la nécessité absolue de faire toute sa place à la Chine, notamment à la table du G20, et la difficulté, presque aussi absolue, qu’il y a à l’entrainer dans des processus de partage de la croissance et des profits. Romano Prodi s’est dit confiant à terme car, selon lui, l’intérêt de la Chine est de participer, et non pas de s’isoler. Au passage, il s’est félicité du récent accord entre la Grèce et la Chine, celle-ci promettant d’acheter des bons du trésor émis par la Grèce et obtenant, en retour à travers le port du Pirée, une porte d’entrée essentielle vers l’Union européenne.


Jean-Marie Colombani

 

La crise a enfanté un nouvel ordre mondial
Source journal ou site Internet : Slate.fr
Date : 8 octobre 2010
Auteur : JM Colombani

 

http://www.conspiration.cc/conspir/nouvel_ordre_mondial_schema.bmp

18:42 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : colombani, slate, crise(s), nouvel ordre mondial, chine, romano prodi, bric, usa | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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