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22/02/2011

L'économie verte doit-on y croire, ou est-ce un leurre?

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, il n’y a pas d’opposition entre environnement et croissance économique, et les pays en développement profiteront autant que les autres de la conversion à une économie verte.

 

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Ce 21 février à Nairobi (Kenya), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) présente un nouveau rapport démontrant que l'économie verte prolonge le développement durable en rétablissant l'équilibre entre ses trois piliers (économique, social, environnemental). Le PNUE définit l'économie verte comme une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale, tout en réduisant les risques environnementaux et la pénurie des ressources. Pour Sylvie Lemmet, directrice de la direction technologie, industrie et économie du PNUE, "comme la croissance repose sur les ressources naturelles, il n'y aura pas de croissance si l'économie n'est pas verte".

 

Concrètement, une économie verte est une économie dont les revenus et les emplois sont créés par des investissements qui réduisent les émissions de CO2 et la pollution, améliorent le rendement des ressources, et empêchent la perte de la biodiversité et des services écosystémiques. Les créations d'emplois seront nombreuses, 20% de plus que par rapport au maintien du statu quo d'ici à 2050. Le concept d'économie verte a pris son essor dans le contexte de la crise financière, autour de l'Initiative pour une économie verte, lancée par les Nations unies en 2008 (news 6080).


Sur la base de plusieurs études, le PNUE a calculé que la demande de financement annuelle pour le verdissement de l'économie mondiale se situait aux alentours de 1,05 à 2,59 mille milliards de dollars, soit moins d'un dixième du total de l'investissement mondial annuel. Ce scénario vert serait donc possible par l'allocation de l'équivalent de 2% du PIB (1.300 milliards de dollars par an) investis dans le verdissement de dix secteurs clés entre 2010 et 2050.


Dix secteurs clés
Les investissements seraient répartis dans dix secteurs : 108 milliards de dollars pour améliorer l'efficacité des systèmes agricoles, petites exploitations comprises ; 134 milliards de dollars pour améliorer l'efficacité énergétique et construire des bâtiments verts ; plus de 360 milliards de dollars pour lancer les énergies renouvelables ; près de 110 milliards de dollars dans le verdissement de la pêche, comprenant une baisse de la capacité des flottes mondiales ; 15 milliards de dollars dans le verdissement de la foresterie ; plus de 75 milliards de dollars dans le verdissement des activités industrielles ; 135 milliards pour le tourisme "vert", 190 milliards pour les transports non motorisés et les carburants propres, 110 milliards pour les déchets et le recyclage, et un montant du même ordre dans le secteur de l'eau et l'assainissement. Pour résumer, environ la moitié de cet investissement vert serait allouée à l'efficacité énergétique, notamment aux bâtiments, à l'industrie et aux transports, ainsi qu'au développement de sources d'énergie renouvelables. Le reste serait consacré à l'amélioration de la gestion des déchets, aux infrastructures de transport public et à un ensemble de secteurs fondés sur les ressources naturelles, tels que l'agriculture, la pêche, la foresterie et l'approvisionnement en eau. Le PNUE conclut son étude par l'affirmation que la croissance resterait identique sur la période 2011-2050 à celle d'un statu quo optimiste, "tout en évitant d'importants inconvénients tels que les effets du changement climatique, une plus grande rareté de l'eau et la perte de services environnementaux".


Dans le scénario du PNUE, la demande en énergie primaire retrouverait les niveaux actuels en 2050, soit 40% de moins que les prévisions des scénarios business-as-usual. La combinaison de mesures touchant à l'offre et à la demande réduirait les coûts énergétiques dans les prochaines décennies. La vulnérabilité de l'économie mondiale vis-à-vis de chocs énergétiques potentiels serait atténuée, ce qui "contribuerait à la stabilité de la croissance économique". Les économies sur le capital et le coût des combustibles pour la production d'électricité sont estimés à 760 milliards de dollars par an en moyenne entre 2010 et 2050.

 

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L'économie verte joue un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté
Dans les pays à faible revenu, les ressources naturelles constituent une composante majeure des moyens d'existence des communautés rurales. La qualité des écosystèmes les protège en cas de catastrophes naturelles et de chocs économiques. Dans ces pays, la gestion intégrée des nuisibles, le travail minimal du sol, l'agroforesterie, l'aquaculture, la récupération de l'eau et l'élevage intégré améliorent l'offre de services environnementaux essentiels à la durabilité des petites exploitations agricoles. La transition vers une économie verte s'accompagne d'une hausse des investissements dans les ressources naturelles qu'utilisent les pauvres pour gagner leur vie. Elle améliore les moyens d'existence dans de nombreuses régions à faible revenu. Le National Rural Employment Guarantee Act indien de 2006 en donne un exemple : ce dispositif de protection sociale et de sécurisation des moyens d'existence des pauvres ruraux investit dans la protection et la restauration du capital naturel. De même, les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle dans l'élimination de la pauvreté énergétique. Au Bangladesh, le programme "Grameen Shakti" est l'une des sociétés d'énergies renouvelables basées en zone rurale à la croissance la plus rapide. Forte du réseau de microcrédit et de l'expérience de Grameen Bank, Grameen Shakti propose différentes formules financières de crédit à des conditions favorables afin que les populations rurales puissent accéder à des kits photovoltaïques (Solar Home Systems). Fin 2009, plus de 320.000 de ces kits avaient été posés en plus des centrales au biogaz et de cuisines améliorées. Les conditions favorables à la transition vers une économie verte sont connues et incombent en majeure partie aux gouvernements : mettre en place des cadres réglementaires solides, accorder la priorité aux investissements publics dans les domaines qui favorisent la conversion écologique des secteurs économiques, limiter les dépenses dans les domaines qui épuisent le capital naturel, recourir à la fiscalité et aux instruments économiques pour modifier les préférences des consommateurs, investir dans le renforcement des capacités et la formation et renforcer la gouvernance internationale.

 

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Le PNUE publie un nouveau rapport sur l’économie verte
Source, journal ou site Internet : actu-environnement
Date : 21 février 2011
Auteur : Agnès Sinaï

15/04/2010

2010 année de la biodiversité

Un accès possible par un partage réglementé

Source: Site de la C.D.B


« Pour sa première réunion des Nations Unies, Cali a rempli son mandat et est entrée dans l’histoire comme le lieu de naissance du projet de Protocole de Nagoya sur l’accès et le partage des avantages ». Colorés d’un brin d’emphase, les propos d’Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique n’en consacrent pas moins une avancée largement considérée comme décisive. Les 500 représentants des gouvernements, des communautés autochtones et locales, de la société civile, des centres de recherche et du secteur privé, venus à Cali, pour la neuvième réunion du Groupe de travail spécial se sont mis d’accord sur un projet de protocole mais aussi sur un plan de route jusqu’au Sommet de Nagoya. Conçu, sous l’égide de la Convention sur la diversité biologique, ce protocole sera proposé pour adoption par les gouvernements du monde lors du Sommet sur la diversité biologique de Nagoya, au Japon, en octobre prochain.

 

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cliquez l'image, site de l'année de la biodiversité 2010


Partage juste et équitable des ressources, mais encore ?

Le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques est le troisième objectif de la Convention sur la diversité biologique (CDB), traité international entré en vigueur en décembre 1993, et dont les deux premiers objectifs sont l’utilisation durable de la biodiversité et sa conservation. Pour mener à bien sa mission, la Convention procède par évaluations scientifiques, élabore des outils, engage des processus, favorise le transfert de technologies et de bonnes pratiques. Ses décisions associent largement et de manière active toutes les parties concernées, notamment les communautés autochtones et locales, les ONG, les femmes et les jeunes, le secteur privé. Les Parties à la Convention ont l’autorité pour déterminer les modalités d’accès aux ressources génétiques dans les territoires soumis à leur juridiction et ont aussi l’obligation de prendre des mesures appropriées afin de partager les avantages découlant de leur utilisation. Les ressources génétiques peuvent-être utilisées à différentes fins. Les utilisateurs des ressources génétiques peuvent être des centres de recherches, des universités, des sociétés privées de la recherche pharmaceutique, de cosmétiques, de l’agriculture, l’horticulture et la biotechnologie. Les avantages tirés des ressources génétiques peuvent concerner les résultats de la recherche, le transfert de technologies qui utilisent ces ressources, la participation aux activités de recherche biotechnologique, ou des avantages pécuniaires issus de la commercialisation des produits basés sur les ressources génétiques.

Une opportunité

« Le protocole sur l’accès et le partage des avantages (APA) représente une opportunité pour que la communauté internationale préserve nos ressources génétiques et les connaissances traditionnelles tirées de la biodiversité dans le cadre d’un développement durable qui peut avoir un impact positif sur le développement entrepreneurial de nos régions et répondre aux attentes de développement économique et social de nos pays » a estimé Madame Yadir Salazar, Directrice du ministère des affaires étrangères du gouvernement de Colombie. Pour Tim Hodges du Canada et Fernando Casas de Colombie, les coprésidents du processus de négociation, « il est crédible et, ce qui est peut-être le plus important, il est direct et intelligible par les acteurs qui sont en-dehors du processus et qui doivent maintenant comprendre la chance que représente l’adoption du régime de l’APA. » Il donnera en effet des procédures claires et transparentes aux utilisateurs et aux fournisseurs de ressources génétiques, qui mobilisent comme matière première ce qu’on trouve dans les microbes et les plantes pour une utilisation commerciale ou non. L’APA régule donc l’accès aux ressources et la manière dont les bénéfices tirés de leur utilisation sont partagées entre les pays qui les exploitent et ceux qui les fournissent. « Cali marque une étape importante dans l’application pleine et entière de la Convention sur la diversité biologique. Dix-huit ans après le Sommet de la terre, nous avons ouvert la voie pour un partage juste et équitable des avantages tirés de la biodiversité de notre seule et unique planète » a déclaré Jochen Flasbarth, Président de l’Office allemand de l’environnement et actuel Président de la Conférence des Parties à la CDB.

 

12:11 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nagoya, biodiversité, génétique, ressources | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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