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10/01/2011

Afghanistan: Renforcement militaire US et en Irak retour de Moqtada-al-Sadr qui appelle à la « résistance par tous les moyens. »

Afghanistan (Faisant suite au débat sur fb, un post s'imposait ici avec commentaires reproduits)

 

Ces renforts pourraient arriver dès la mi-janvier, avant le printemps qui est propice à la reprise des combats à grande échelle.

 

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Les Etats-Unis ont décidé jeudi d’envoyer 1400 Marines supplémentaires en Afghanistan, qui seront déployés dans le sud du pays, dans le cadre de l’offensive contre les taliban, pour «consolider les progrès déjà réalisés», avant une réduction programmée des forces américaines. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a «approuvé l’envoi de Marines en renforts dans le sud de l’Afghanistan afin de tirer profit des progrès réalisés et de les consolider, et de mettre l’ennemi sous pression durant la campagne d’hiver», a expliqué le colonel Dave Lapan, un porte-parole du Pentagone. Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains, ces renforts pourraient arriver dès la mi-janvier, avant le printemps qui est propice à la reprise des combats à grande échelle. Ce déploiement de «court-terme» doit être réalisé «pour la campagne d’hiver», a confirmé le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) dans un communiqué. Les renforts seront déployés dans le sud-ouest, dans la province du Helmand, un des principaux foyers de l’insurrection taliban où les Américains considèrent avoir repris l’initiative en 2010, selon le Centcom. Les renforts sont constitués de la 26e unité expéditionnaire des Marines (MEU), qui est intervenue au Pakistan après les inondations de juillet et dont les hommes sont actuellement à bord du navire d’assaut amphibie Kearsarge dans l’océan Indien. «L’idée est de tirer parti des progrès que nous avons faits sur le terrain au cours des derniers mois et de renforcer notre pression sur l’ennemi au moment où il est déjà sous notre feu», a déclaré au quotidien le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell. Le président Barack Obama avait indiqué, en décembre, que le conflit en Afghanistan restait une entreprise «très difficile», mais que les Etats-Unis étaient sur le bon chemin pour parvenir à leurs objectifs. M.Obama avait reçu un rapport d’étape sur la nouvelle stratégie qu’il avait annoncée il y a un an, portant le contingent américain en Afghanistan à 97.000 hommes, soit le triple du nombre de soldats se trouvant dans ce pays lorsqu’il avait pris ses fonctions début 2009. Les renforts de Marines constituent une surprise au vu des préparatifs pour un retrait progressif d’Afghanistan des forces américaines et de leurs alliés qui devrait commencer en juillet.


L’ampleur du début de retrait des forces américaines n’a cependant pas encore été fixée et dépendra «de la situation sur le terrain», a rappelé lundi le général allemand Josef Blotz, porte-parole de la force de l’Otan en Afghanistan (Isaf). Le transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes doit être achevé en 2014. La coalition internationale en Afghanistan menée par les Etats-Unis, forte de quelque 140.000 soldats au total, combat l’insurrection aux côtés des forces afghanes depuis fin 2001 et la chute du régime taliban.

 

La coalition a subi en neuf ans près de 2300 morts, dont environ les deux tiers sont américains.
Selon le site indépendant icasualties.org, les opérations en Afghanistan ont coûté la vie à 711 soldats étrangers en 2010, année de loin la plus meurtrière pour les forces de la coalition.

 

Conflit en Afghanistan : les Etats-Unis renforcent leur présence militaire
Source, journal ou site Internet : l’Expression
Date : 8 janvier 2010
Auteur : RI

 

 

 

Irak

 

Le chef radical chiite Moqtada Al-Sadr a appelé ses partisans à "résister par la résistance militaire et par tous les moyens" aux forces américaines lors d'un discours prononcé, samedi 8 janvier, devant près de 20 000 partisans dans la ville sainte de Najaf. Il s'agit de sa première prise de parole publique depuis son retour en Irak d'un exil volontaire de quatre ans.

 

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Dans le même temps, Al-Sadr a exhorté ses fidèles à ne pas s'en prendre aux Irakiens et appelé à l'unité.

 

"Notre bras ne touchera aucun Irakien. Nous viserons seulement l'occupation, par tous les moyens de résistance. Nous sommes un peuple, et nous ne sommes pas d'accord avec les groupes responsables de meurtres", a-t-il ajouté. "Il faut tourner pour toujours la page du conflit entre les frères, et vivre dans la paix et la sécurité", a-t-il dit, faisant reprendre à la foule les slogans "Oui, oui à l'Irak", "Oui, oui à la paix", puis "Non, non à l'Amérique", "Non, non à Israël".

 

S'il a mis un terme en 2008 aux activités militaires de sa milice, l'Armée du Mahdi, Al-Sadr demeure à la tête d'un puissant courant politique qui a joué un rôle crucial dans le processus de formation du nouveau gouvernement d'union nationale. Samedi, il a réaffirmé qu'il se tiendrait personnellement à l'écart de la politique. Les sadristes comptent 39 députés (sur 352) et ont obtenu un des deux postes de vice-président du Parlement. Six membres de ce courant siègent en outre au sein du gouvernement irakien.

 

De retour en Irak, Moqtada-al-Sadr appelle à la « résistance par tous les moyens. »
Source, journal ou site Internet : Le monde.fr
Date : 8 janvier 2011

Par AL de Bx

Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /2011 19:53

19:15 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irak, afghanistan, guerre, usa, militaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Quant bien même le socialisme national fit fructifié la G.M.

A l’heure où, après avoir tenté de revendre sans succès sa filiale Opel, le groupe General Motors ferme une usine de la marque allemande à Anvers, l’historien Jacques Pauwels revient sur les relations certes lucratives mais peu honorables du géant automobile américain avec l’Allemagne nazie. En 1929, GM achète Opel et réalise rapidement de plantureux bénéfices sous le régime hitlérien.

 

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Qualifié de « miracle du 20ème siècle » par les patrons de l’entreprise automobile US, le Führer mène en effet une politique de réarmement, de lutte contre les syndicats et de bas salaires pour de longues heures de travail qui profite directement à GM via sa filiale Opel.

 

Mais qu’advient-il de ses relations fructueuses lorsque les Etats-Unis s’engagent dans le conflit contre l’Allemagne ? « Business as usual » comme nous l’explique Jacques Pauwels... (Investig'Action)


Déjà en 1929, c’est-à-dire voici environ quatre-vingts ans, l’entreprise américaine General Motors (GM) achetait le plus important fabricant automobile allemand, Adam Opel AG, dont la principale usine se trouvait (et se trouve toujours) à Rüsselsheim, près de Francfort-sur-le-Main. Toutefois, en cette même année 1929, éclatait la grande crise économique internationale qui allait frapper l’Allemagne avec une sévérité particulière. Le marché automobile allemand s’effondrait et Opel subissait de lourdes pertes. Des bénéfices commencèrent cependant à rentrer après qu’Hitler fut venu au pouvoir, en 1933. À cela, deux raisons importantes. Primo, les nazis démantelèrent les syndicats et menèrent une politique de bas salaires et de longues heures de travail, ce qui fit que les coûts salariaux d’Opel – tout comme ceux des autres entreprises allemandes – baissèrent remarquablement[1]. Secundo, Hitler lança un programme à grande échelle de réarmement, de sorte qu’Opel reçut à la pelle des commandes de camions et autres véhicules militaires pour l’armée. La production atteignit des sommets et la filiale de GM devint extrêmement rentable. Pour 1938, par exemple, on nota des bénéfices de 35 millions de RM[2]. Fin 1939, la valeur d’Opel était estimée à 86,7 millions de dollars, soit plus du double de la valeur initiale des investissements allemands de General Motors, d’un montant de 33,3 millions de dollars[3].


Ne soyons donc pas étonnés si les patrons de GM aux États-Unis admiraient Hitler et le portaient aux nues en le qualifiant de « miracle du 20e siècle » (William Knudsen, président de General Motors de 1937 à 1940[4]) et de « dirigeant fort, occupé à sortir le peuple allemand du désert de son ancienne misère économique, non pas par la violence et la terreur, mais avec un planning intelligent et une façon fondamentalement saine de gouverner » (Alfred P. Sloan, président de General Motors de 1923 à 1937,) dans la revue General Motors World[5]). À l’instar de nombreux autres industriels américains, Sloan offrit d’énormes quantités d’argent aux groupements fascistes et quasi fascistes des États-Unis mêmes, par exemple, au Ku Klux Klan[6]. Et, en Allemagne même, Opel fit octroyer un soutien financier royal au parti d’Hitler, le NSDAP.

 

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Sous le régime hitlérien, Opel embraya sur la production exclusive de matériel destiné à l’armée allemande.
D’une part, les autorités nazies avaient insisté en ce sens mais, d’autre part, ce cours nouveau avait été activement recherché par les patrons d’Opel en Allemagne et de GM aux États-Unis et c’est pourquoi ils l’accueillirent avec enthousiasme. La production de matériel militaire assurait en effet des bénéfices qui, paraît-il, étaient de 40 pour 100 supérieurs aux bénéfices engendrés par le matériel civil[7].


Quelle sorte de matériel GM produisait-il pour Hitler en Allemagne ? Dans une nouvelle usine Opel fondée à Brandebourg, près de Berlin, il ne sortait rien d’autre de la chaîne que des camions de trois tonnes du modèle Blitz, « Éclair », destinés à la Wehrmacht. On les a décrits comme le moyen de transport par excellence des troupes allemandes durant la Seconde Guerre mondiale. Par contre, l’usine Opel de General Motors à Rüsselsheim – qui disposait de pas moins de 96 bandes courantes, d’une longueur totale de près de 12 km ! –
produisait pour la Luftwaffe des avions comme le JU-88, le cheval de trait de la flotte allemande de bombardiers, mais aussi des composantes de torpilles pour la marine de guerre allemande[8]. Soit dit en passant, les avions de la Luftwaffe pouvaient atteindre des vitesses élevées grâce à un ingrédient ajouté à leur carburant : le tétraéthyl synthétique. Cette composante était fabriquée par une firme du nom d’Ethyl GmbH, une filiale de GM en partenariat avec Standard Oil of New Jersey (aujourd’hui Exxon) et le partenaire allemand de Standard Oil, IG Farben[9]. Hitler était particulièrement satisfait de la contribution fournie par Opel à ses préparatifs de guerre et il le prouva en faisant décerner une distinction honorifique prestigieuse à James D. Mooney, le manager qui, chez General Motor, était chargé des exportations vers l’Allemagne et de la production en Allemagne[10].


Avec la production massive de camions et d’avions, GM contribua via Opel et Ethyl GmbH aux victoires d’Hitler dans sa « guerre éclair » en 1939 et 1940. Les patrons de GM n’en éprouvèrent toutefois pas le moindre sentiment de culpabilité. Au contraire, ils s’en enorgueillirent car, dans un certain sens, les victoires d’Hitler étaient également les leurs. Et, de toute façon, ils préféraient de loin les dictatures comme celle d’Hitler, de Mussolini, de Franco, etc. aux États démocratiques dans lesquels les socialistes et les syndicats pouvaient avoir leur mot à dire. En juin 1940, au moment de la chute de la France, Sloan fit ouvertement savoir qu’il se réjouissait des victoires du fascisme, avec ses « dirigeants forts, intelligents et agressifs », sur les démocraties européennes « décadentes », selon lui[11]. Quand les nazis fêtaient leurs triomphes, GM y participait. Le 26 juin 1940, le collègue de Sloan, Mooney, était présent – et bien en vue – lors d’une fête à l’hôtel Waldorf-Astoria où la communauté allemande locale de New York fêtait les victoires d’Hitler en Pologne et en Europe occidentale[12].

 

http://www.antifascistencyclopedia.com/wp-content/uploads/blogger/_mg7D3kYysfw/SboLnyJYk9I/AAAAAAAAMd0/d8UZAOh_U44/s400/Ford-motor-swastika-nazi-arms-arsenal-nazism.jpg

 

En 1940, les États-Unis étaient encore neutres et la production au profit de l’Allemagne nazie n’équivalait donc pas à une production au profit d’un ennemi de la patrie. Mais qu’advint-il d’Opel, après que, dans la foulée de Pearl Harbor, les États-Unis entrèrent en guerre contre l’Allemagne d’Hitler ? La réponse à cette question est simple : business as usual, les affaires, comme d’habitude !
Après Pearl Harbor, Opel ne fut pas confisquée mais resta entièrement la propriété de GM[13]. Les administrateurs délégués allemands en place – des hommes de confiance des patrons aux États-Unis – continuèrent à tenir les rênes, à diriger les firmes et, ce faisant, pensèrent surtout aux intérêts de la maison mère en Amérique. L’intervention des nazis dans la gestion journalière d’Opel resta minimale. Ce n’est que le 25 novembre 1942 que Berlin désigna pour Opel un « gestionnaire de propriété ennemie » (Feindvermögensverwalter), mais la signification de cette décision se révéla purement symbolique. Les nazis ne voulaient rien de plus que procurer « une image de marque allemande » à une firme qui était à cent pour cent la propriété de General Motors et qui le resta également durant toute la guerre[14].


Pourquoi les nazis furent-ils si tolérants ? Pour pouvoir continuer à faire la guerre après l’échec de leur stratégie de « guerre éclair » en Union soviétique et pour reporter le plus longtemps possible la défaite finale désormais inévitable, ils avaient un insatiable besoin d’avions, de camions et de chars et, en Allemagne, c’est par Opel et d’autres filiales des sociétés américaines – y compris la grande usine de Ford à Cologne - que ce matériel était produit le plus efficacement à grande échelle. Depuis qu’Henry Ford avait inventé la chaîne de production et autres méthodes « fordistes » d’accroissement de la productivité, les firmes
américaines étaient en effet les leaders incontestés dans le domaine de la production industrielle de masse.


Les planificateurs nazis comme Speer ne comprenaient que trop bien que des changements radicaux dans la gestion d’Opel à Brandebourg et Rüsselsheim pourraient déranger. Les administrateurs délégués existants purent continuer à prospérer parce qu’ils étaient habitués aux méthodes de production particulièrement efficaces des Américains ; c’était l’unique façon pour Opel de pouvoir continuer à produire un maximum.


Les quotas de production élevés qui avaient été définis par Berlin étaient même régulièrement dépassés, de sorte que les nazis décernèrent à la filiale allemande de General Motors le titre honorifique particulièrement clinquant de « firme exemplaire dans la production de matériel de guerre » (Kriegsmusterbetrieb)[15]. Pour les nazis, la production d’Opel n’était pas importante que sur le plan quantitatif, elle l’était aussi sur celui de la qualité. Du matériel militaire fabriqué par Opel pendant la guerre faisait également partie des armes d’excellente qualité, par exemple des camions munis d’un système de propulsion sur toutes les roues (allwheel-drive) qui se révélèrent particulièrement utiles dans la boue du front de l’Est et dans les sables du désert nord-africain, des trains d’atterrissage modernes pour les avions et, vers la fin de la guerre, des moteurs pour le flambant neuf Me-262, le tout premier chasseur à réaction[16]. La chercheuse allemande Anita Kugler en est venue à la conclusion qu’Opel « a entièrement mis sa production et sa recherche à la disposition des nazis et qu’objectivement, la firme les a aidés à prolonger la guerre durant un long laps de temps[17] ».


Après Pearl Harbor, Opel continua non seulement à produire à plein rendement en Allemagne nazie, mais aussi à enregistrer des bénéfices élevés. Un historien américain, Henry Ashby Turner, parle de « flux croissant des bénéfices » et, en résultante, « une réserve de capital de plus en plus importante qui, vers fin 1942, s’élevait à plus d’un quart de milliard de Reichsmark[18] ». Selon une autre source, les bénéfices d’Opel crevaient tellement le plafond que les nazis en interdirent la publication. Ils le firent afin d’éviter la colère du simple citoyen allemand à qui l’on demandait de plus en plus de se serrer la ceinture et qui se rendait sans doute compte que les bénéfices de cette filiale d’une entreprise américaine ne profitaient en aucun cas aux « camarades du peuple allemand » (Volksgenossen), pour utiliser la terminologie nazie[19].


Les bénéfices d’Opel pendant la guerre étaient dus à la production élevée et au fait que Berlin continuait à payer sans rechigner les factures pourtant salées, mais aussi à la politique de bas salaires des nazis déjà mentionnée. Pendant la guerre, il fallait travailler plus longtemps pour gagner moins, et il en allait de même dans les filiales allemandes des entreprises américaines. Chez Opel, dès mai 1940, les travailleurs furent mis au travail au moins 60 heures par semaine et, dans un même temps, leurs salaires furent diminués. À Rüsselsheim, la semaine de travail devint de plus en plus longue, de sorte que, fin 1942, les travailleurs devaient s’échiner 66 heures par semaine[20]. Durant la guerre, chez Opel, les coûts salariaux purent cependant encore être réduits grâce à l’incorporation de travailleurs forcés, surtout des prisonniers de guerre et des déportés, y compris des femmes et des enfants, en provenance de l’Union soviétique. La mise au travail de ces « esclaves » allait de pair, semble-t-il, avec « une exploitation maximale, les plus mauvais traitements possibles et même… la peine de mort dans le cas de petits larcins[21] ». (Il y a une dizaine d’années, Opel décida volontairement de cotiser au fonds créé par le gouvernement allemand pour dédommager quelque peu les travailleurs forcés étrangers qui, pendant la guerre, avaient trimé dans les usines allemandes et parmi lesquels relativement peu avaient survécu. Félicitons ici la firme pour ce geste[22].)


Les bénéfices accumulés par Opel en Allemagne durant la guerre s’élevaient à la fin du conflit à 22,4 millions de RM. Après la guerre, GM reprit officiellement possession d’Opel et, en 1951, l’entreprise fit main basse sur ce petit pactole qui, entre-temps, vu les réformes monétaires de l’après-guerre, avait fondu et ne représentait « plus que » 261.061 dollars. Or, le fait d’avoir réclamé cette somme relativement modeste suffit, comme le fait remarquer Turner, « à considérer General Motors coupable d’avoir réalisé des bénéfices en utilisant des travailleurs forcés pour la production de matériel de guerre au profit du IIIe Reich[23] ».

 

Une part considérable des bénéfices d’Opel avait toutefois déjà été réinvestie en Allemagne même, au cours de la guerre, par exemple dans l’extension des équipements de production mêmes et dans la reprise (en 1942) d’une fonderie de Leipzig qui, depuis longtemps, produisait des blocs moteurs pour Opel[24].


Pendant la guerre, GM engrangea également de faramineux bénéfices aux États-Unis mêmes. Une vague de commandes de matériel militaire de la part de l’État, pour une valeur de 13,4 milliards de dollars, rapporta à l’entreprise un bénéfice de 673 millions de dollars[25]. Il fut particulièrement utile qu’au lendemain de Pearl Harbor, le gouvernement américain confia à d’innombrables représentants du big business des postes importants à Washington, ce dont ces hommes d’affaires tirèrent parti pour enlever dans la foulée de lucratives commandes d’État et, bien sûr aussi, pour prendre à coeur dans la mesure du possible les intérêts des filiales de firmes américaines en Allemagne – tout en s’arrangeant pour qu’aux États-Unis mêmes, le public n’en sût pas grand-chose, voire rien du tout. William S. Knudsen qui, en 1937, avait succédé à Alfred P. Sloan comme président de General Motors et avait conservé ce poste jusqu’en 1940, devint directeur du fameux Office of Production Management, une sorte de ministère supervisant la fabrication et l’achat de matériel de guerre en tout genre, y compris les sortes de véhicules produits par hasard par General Motors.


(Le fait que, dans les années trente, Knudsen passait pour un admirateur inconditionnel d’Hitler et un ami de Göring, n’avait manifestement pas la moindre importance.)
L’influence du big business dans les hautes sphères gouvernementales de Washington explique aussi pourquoi les filiales allemandes des entreprises américaines ne furent jamais les objectifs des bombardements systématiques des Alliés et ce, malgré le fait que leur production était d’une importance plus que capitale pour la machine de guerre nazie. Bernard Baruch, un conseiller haut placé du président Roosevelt, avait donné l’ordre de ne pas bombarder – ou très, très superficiellement – certaines usines en Allemagne. Nous ne sommes donc guère surpris de retrouver sur sa liste les filiales des sociétés américaines.


Contrairement à l’importante usine de Ford à Cologne, celle d’Opel à Rüsselsheim fut bel et bien bombardée, mais cela n’eut lieu que très tard dans la guerre, le 20 juillet 1944, et, à l’époque, les principaux équipements de production avaient déjà été transférés depuis longtemps à la campagne, dans ce qu’on appelait une Auslagerung (un dépôt à l’extérieur)[26]. Le bombardement fit d’ailleurs relativement peu de dégâts et on prétend que dix pour cent à peine de l’infrastructure fut détruite. En tout cas, la production battait toujours son plein lorsque, le 25 mars 1945, les soldats américains atteignirent Rüsselsheim[27].

 

Toutefois, après la guerre, GM exigea sans vergogne et avec succès des compensations de l’État américain pour les dommages subis par Opel lors des bombardements anglo-américains. L’entreprise reçut 33 millions de dollars, en partie sous forme de crédits d’impôt. En parlant de crédits d’impôt, en 1941, GM était parvenu à déclarer perdus ses investissements en Allemagne, c’est-à-dire Opel, ce qui lui avait rapporté un crédit d’impôt d’environ 23 millions de dollars. En théorie, ceci conférait au gouvernement américain le droit de confisquer Opel après la guerre. En lieu et place, en 1948, General Motors se vit très gentiment proposer la possibilité de récupérer ses investissements en Allemagne en échange d’un paiement de 1,8 million de dollars, ce qui revenait à un crédit d’impôt de près de 21 millions de dollars.[28]


De nos jours, les affaires de GM ne tournent pas très bien en Allemagne. Entre 1933 et 1945, d’autre part, grâce à Hitler et grâce à la guerre déclenchée par celui-ci, GM put faire des affaires en or de l’autre côté du Rhin. Pour la plupart des Européens, l’époque du nazisme se résuma à des années très pénibles mais, pour GM, elle ne fut rien d’autre que the good old days – « le bon vieux temps » !


Notes :
[1] Reinhold Billstein, Karola Fings, Anita Kugler & Nicholas Levis, Working for the Enemy : Ford,
General Motors, and Forced Labor during the Second World War, New York et Oxford, 2000, p. 25.
[2] Billstein et al., p. 24 ; Stephan H. Lindner, Das Reichskommissariat für die Behandlung feindlichen
Vermögens im Zweiten Weltkrieg : Eine Studie zur Verwaltungs-, Rechts- en Wirtschaftsgeschichte des
nationalsozialistischen Deutschlands, Stuttgart, 1991, p. 121.
[3] Edwin Black, IBM and the Holocaust : The Strategic Alliance between Nazi Germany and America's
Most Powerful Corporation, Londres, 2001, pp. 76-77, 86-87, 98, 119-21, 164-98, 222 ; Henry Ashby
Turner, Jr., General Motors and the Nazis : The Struggle for Control of Opel, Europe’s Biggest Carmaker,
New Haven/CT et Londres, 2005, p. 12.
[4] La citation de Knudsen est tirée de Charles Higham, Trading with the Enemy : An Exposé of The Nazi-
American Money Plot 1933-1949, New York, 1983, p. 163 ; voir également Volker Berghahn, « Writing the
History of Business in the Third Reich : Past Achievements and Future Directions », dans : Francis R.
Nicosia et Jonathan Huener (éd.), Business and Industry in Nazi Germany, New York et Oxford, 2004, pp.
142 et ss.
[5] Edwin Black, Nazi nexus : America's corporate connections to Hitler's Holocaust, Washington/DC, 2009,
pp. 101-02.
[6] Black, 2009, pp. 109-10.
[7] Black, 2009, pp. 104.
[8] Billstein et al., p. 25 ; Black, 2009, pp. 104-05 ; Anita Kugler, « Das Opel-Management während des
Zweiten Weltkrieges. Die Behandlung ‘feindlichen Vermögens’ und die ‘Selbstverantwortung’ der
Rüstungsindustrie », dans : Bernd Heyl et Andrea Neugebauer (éd.), « …ohne Rücksicht auf die
Verhältnisse » : Opel zwischen Weltwirtschaftskrise und Wiederaufbau, Francfort-sur-le-Main, 1997, pp.
35-38, 40 et ss. ; Anita Kugler, « Flugzeuge für den Führer », Deutsche « Gefolgschaftsmitglieder » und
ausländische Zwangsarbeiter im Opel-Werk in Rüsselsheim 1940 bis 1945 », dans : Bernd Heyl et Andrea
Neugebauer (éd.), « …ohne Rücksicht auf die Verhältnisse » : Opel zwischen Weltwirtschaftskrise und
Wiederaufbau, Francfort-sur-le-Main, 1997, pp. 69-92 ; Helms, Hans G. « Ford und die Nazis », dans :
Komila Felinska (éd.), Zwangsarbeit bei Ford, Keulen, 1996, p. 113 ; Turner, 2005, pp. 41 et ss., 92-99 ;
Philipp Gassert, « Handel mit Hitler », Die Zeit, mars 1999, http://images.zeit.de/text/1999/03/....
[9] Walter Hofer et Herbert R. Reginbogin. Hitler, der Westen und die Schweiz 1936–1945, Zürich, 2002, p.
589 ; Agostino von Hassell et Sigrid MacRae, avec Simone Ameskamp, Alliance of Enemies : The Untold
Story of the Secret American and German Collaboration to End World War II, New York, 2006, p. 223 ;
Anthony C. Sutton, Wall Street and the Rise of Hitler, Seal Beach/CA, 1976, pp. 53-54 ; citation tirée de
Black, 2009, pp. 107-08.
[10] Description de Mooney en tant que « ministre des Affaires étrangères », dans von Hassell et MacRae, p.
67.
[11] Black, 2009, p. 115.
[12] Higham, pp. 97, 171 ; Ed Cray, Chrome Colossus : General Motors and its Times, New York, 1980, p.
315 ; Anthony Sampson, The Sovereign State of ITT, New York, 1973, p. 82 ; Charles Whiting, Hitler’s
Secret War : The Nazi Espionage Campaign against the Allies, Londres, 2000, pp. 43-44.
[13] Helms, p. 114 ; Billstein et al., pp. 74, 141.
[14] Billstein et al., p. 61. Plus sur Opel dans Turner, 2005, pp. 127 et ss.
[15] Billstein et al., p. 81 ; Kugler, « Das Opel-Management », pp. 52, 61 et ss., 67 ; Kugler, « Flugzeuge »,
p. 85 ; Turner, 2005, p. 142.
[16] Snell, « General Motors and the Nazis », Ramparts, 12 juin 1974, pp. 14-15 ; Kugler, « Das Opel-
Management », pp. 53, 67 ; Kugler, « Flugzeuge », p. 89 ; Higham, pp. 175-76 ; Friedman, John S. «
Kodak's Nazi Connections », The Nation, 26 mars 2001, http://thenation.com/doc/20010326/f....
[17] Cité dans Billstein et al., p. 81.
[18] Turner, 2005, pp. 146-47.
[19] Billstein et al., p. 73 ; Kugler, « Das Opel-Management », pp. 55, 67 ; Kugler, « Flugzeuge », p. 85.
[20] Turner, 2005, p. 144 ; Kugler, 1997b, pp. 71, 86 ; Billstein et al., pp. 45-46. À propos du sort des
travailleurs allemands pendant la guerre en général, voir Harald Focke et Uwe Reimer, Alltag unterm
Hakenkreuz : Wie die Nazis das Leben der Deutschen veränderten, Reinbek bei Hamburg, 1979, pp. 166-69.
[21] Kugler, « Das Opel-Management », p. 57 ; Kugler, « Flugzeuge », pp. 72-76, citation de p. 76 ; Billstein
et al., pp. 53-55 ; Turner, 2005, pp. 145-46.
[22] Von Hassell et MacRae, p. 109.
[23] Turner, 2005, pp. 147-49, 158.
[24] Communication à l’auteur de la part de A. Neugebauer des Archives de la Ville de Rüsselsheim, 4
février 2000 ; Lindner, pp. 126-27. Voir également :
http://www.ebn24.info/functions/pri...;;sprach_id=2&link=page-3.id-116.sprach_id-.projekt-.land-.st_id-
.seite-2.set_lang-2 .
[25] David Farber, Sloan rules : Alfred P. Sloan and the Triumph of General Motors, Chicago et Londres,
2002, p. 223.
[26] Black, 2001, pp. 406-09.
[27] Billstein et al., pp 77-79 ; Heyl et Neugebauer, pp. 170-80.
[28] Billstein et al., pp. 73-75.

 

Pour aller plus loin lire l'article en anglais : The Myth of the Good War: America in World War II, 60 Years Ago, February 13-14, 1945: Why was Dresden Destroyed, publié le 9 février 2010.
Jacques Pauwels est historien est auteur du livre Le mythe de la bonne guerre dont une nouvelle édition
paraîtra bientôt chez les Editions Aden A Bruxelles. L'ouvrage a également fait l'object d'une adaption en film documentaire en français : A Good War.

 

Opel en Allemagne nazie : « le bon vieux temps »
Source, journal ou site Internet : mondialisation.ca
Date : 7 janvier 2011
Auteur : Jacques R Pauwels

17/12/2010

Afghanistan, un narco-État corrompu, une narco-économie/USA, La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial !! Un dossier décapant!

L’important article d’Alfred McCoy paru sur TomDispatch, le 30 mars 2010 [1], aurait dû inciter le Congrès à se mobiliser pour procéder à une véritable réévaluation de l’aventure militaire états-unienne totalement inconsidérée en Afghanistan. La réponse à la question que pose son titre - « Quelqu’un est-il en mesure de pacifier le plus grand narco-État au monde ? - trouve facilement sa réponse dans l’article : c’est un « Non ! » retentissant.... sauf à modifier fondamentalement les objectifs et les stratégies définis, aussi bien à Washington qu’à Kaboul. McCoy démontre clairement que : l’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu, auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays. l’économie afghane est une narco-économie : en 2007, l’Afghanistan a produit 8 200 tonnes d’opium, représentant 53 % du PIB et 93 % du trafic d’héroïne mondial.

 

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Carte de l’Afghanistan montrant les plus grands champs de pavot, et l’intensité du conflit en 2007 et 2008 et plus.

 

Les options militaires pour faire face au problème sont au mieux inefficaces, et au pire contre-productives :
McCoy avance que le meilleur espoir réside dans la reconstruction des campagnes afghanes jusqu’à ce que les cultures vivrières deviennent une alternative viable à celle de l’opium, un processus qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, voire plus. (J’argumenterai plus tard en faveur d’une solution intermédiaire : que l’International Narcotics Board accorde une licence à l’Afghanistan afin que ce pays puisse vendre son opium légalement). L’argument de McCoy le plus fort est qu’à son pic de production, la cocaïne colombienne ne représentait qu’environ 3 % de l’économie nationale, et pourtant, les FARC comme les escadrons de la mort de droite, tout deux largement financés par la drogue, continuent à se développer dans ce pays. Éradiquer simplement la drogue, sans disposer au préalable d’un substitut pour l’agriculture afghane, nécessiterait d’imposer d’insupportables pressions à une société rurale déjà ravagée, et dont le seul revenu notable provient de l’opium. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la chute des Talibans en 2001, qui fit suite à une réduction draconienne de la production de drogue en Afghanistan sous l’impulsion de ces mêmes Talibans (de 4 600 tonnes à 185 tonnes), laquelle transforma le pays en une coquille vide. À première vue, les arguments de McCoy semblent indiscutables, et devraient, dans une société rationnelle, provoquer un débat posé suivi par un changement majeur de la politique militaire états-unienne. McCoy a présenté son étude avec un tact et une diplomatie considérables, afin de faciliter un tel résultat.

 

 

 


La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial
Malheureusement de nombreux facteurs font qu’une issue positive de ce type a peu de chances de voir le jour dans l’immédiat. Il existe de nombreuses raisons pour cela, parmi lesquelles des réalités désagréables que McCoy a soit oublié, soit minimisé dans son essai – par ailleurs brillant – et qui doivent être abordées si nous souhaitons vraiment mettre en place des stratégies sensées en Afghanistan. La première réalité est que l’implication grandissante de la CIA, et sa responsabilité dans le trafic de drogue mondial est un sujet tabou dans les cercles politiques, les campagnes électorales, et les médias de masse. Ceux qui ont cherché à briser ce tabou, comme le journaliste Gary Webb, ont souvent vu leurs carrières détruites. Alors qu’Alfred McCoy s’est impliqué plus que quiconque pour faire prendre connaissance au public de la responsabilité de la CIA dans le trafic de drogue au sein des zones de guerres états-uniennes, je me sens gêné de devoir affirmer qu’il minimise ce phénomène dans son article. Il est vrai qu’il écrit que « l’opium émergea comme une force stratégique dans le milieu politique afghan durant la guerre secrète de la CIA contre les Soviétiques », et il ajoute que cette dernière « fut le catalyseur qui transforma la frontière pakistano-afghane en la plus importante région productrice d’héroïne au monde ». Mais, dans une phrase très étrange, M. McCoy suggère que la CIA fut entraînée passivement dans des alliances impliquant la drogue au cours des combats contre les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1979-88, alors que la CIA a précisément créé ces alliances
pour combattre les Soviétiques : Dans un des ces accidents historiques teintés d’ironie, la frontière sud de la Chine communiste et de l’Union Soviétique coïncidèrent avec la zone asiatique de production d’opium, le long d’une chaîne de montagne, attirant la CIA dans des alliances pleines d’ambigüité avec les chef tribaux des hauts plateaux de la région. Il n’y eut pas de tel « accident » en Afghanistan, où les premiers barons de la drogue d’envergure internationale – Gulbuddin Hekmatyar et Abou Rasul Sayyaf – furent en fait projetés sur la scène internationale grâce au soutien massif et mal avisé de la CIA, en collaboration avec les gouvernements du Pakistan et d’Arabie Saoudite. Alors que d’autres forces de résistance locales furent considérées comme des forces de seconde classe, ces deux clients du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, précisément en raison de leur manque de soutien au niveau local, furent des pionniers dans l’utilisation de l’opium et de l’héroïne comme moyen de bâtir leur force de combat et de créer une ressource financière [2].


De plus, tous deux devinrent des agents de l’extrémisme salafiste, s’attaquant à l’islam soufi endogène à l’Afghanistan. Finalement, tous deux devinrent des agents d’Al-Qaïda [3]. L’implication de la CIA dans le trafic de drogue durant le conflit soviéto-afghan n’était pas une première. D’une certaine manière, la responsabilité de la CIA dans le rôle dominant que joue aujourd’hui l’Afghanistan dans le trafic mondial d’héroïne, est une réplique de ce qui arriva plus tôt en Birmanie, au Laos, et en Thaïlande entre la fin des années 1940 et les années 1970. Ces pays sont aussi devenus des acteurs majeurs du trafic de drogue grâce au soutien de la CIA (et des Français, dans le cas du Laos), sans quoi ils n’auraient été que des acteurs locaux. On ne peut parler d’« accident ironique » dans ce cas non plus. McCoy lui-même a montré comment, dans tous ces pays, la CIA a non seulement toléré mais aussi soutenu la croissance des actifs des forces anticommunistes financées par la drogue, afin de contenir le danger représenté par une intrusion de la Chine communiste en Asie du Sud-Est. Des années 1940 aux années 1970, et comme en Afghanistan aujourd’hui, le soutien de la CIA participa à transformer le Triangle d’Or en un fournisseur majeur d’opium au niveau mondial. Durant cette même période, la CIA recruta des collaborateurs tout au long des routes de contrebande de l’opium asiatique, de même que dans des pays comme la Turquie, le Liban, la France, Cuba, le Honduras, et le Mexique. Ces collaborateurs comprenaient des agents gouvernementaux comme Manuel Noriega au Panama ou Vladimiro Montesinos au Pérou, souvent des personnalités expérimentées appartenant aux services de police soutenus par la CIA ou aux services de renseignement. Mais des mouvements insurrectionnels en faisaient aussi partie, des Contras du Nicaragua dans les années 1980 (selon Robert Baer et Seymour Hersh) au Jundallah [4], affilié à Al-Qaïda et opérant aujourd’hui en Iran et au Baloutchistan [5].

 

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Carte de la CIA montrant les routes de l’opium de l’Afghanistan à destination de l’Europe, en 1998. Selon
les informations de la CIA, mises à jour en 2008 : « La plus grande partie de l’héroïne en provenance de
l’Asie du Sud-Est est acheminée par voie terrestre, à travers l’Iran et la Turquie, jusqu’en Europe via les
Balkans. » En fait, la drogue est également convoyée à travers les États de l’ancienne Union soviétique, le
Pakistan et Dubaï.


Le gouvernement Karzai, et non les Talibans, domine l’économie de la drogue afghane
Le meilleur exemple d’une telle influence de la CIA sur les trafiquants de drogue aujourd’hui se trouve sans doute en Afghanistan, où le propre frère du président Karzai, Ahmed Wali Karzai (un collaborateur actif de la CIA) [6], et Abdul Rashid Dostum (un ancien collaborateur de l’Agence) comptent parmi ceux qui sont accusés de trafic de drogue [7]. La corruption liée à la drogue au sein du gouvernement afghan doit être en partie attribuée à la décision des États-Unis et de la CIA de lancer, en 2001, une invasion avec le soutien de l’Alliance du Nord, un mouvement dont Washington savait qu’il était corrompu par la drogue [8]. De cette manière, les USA ont consciemment recréé en Afhanistan la situation qu’ils avaient créée précédemment au Vietnam. Au Vietnam aussi (comme Ahmed Wali Karzai un demi siècle après), le frère du président, Ngo Dinh Nhu, utilisait la drogue pour financer un réseau privé lui permettant de truquer les élections en faveur de Ngo Dinh Diem [9]. Thomas H. Johnson, coordinateur des études de recherche anthropologique à la Naval Postgraduate School, montra l’improbabilité du succès d’un programme de contre-insurrection quand ce programme soutient un gouvernement local qui est de manière flagrante l’objet de dysfonctionnements et de corruption [10]. Ainsi je m’oppose à McCoy quand celui-ci, à l’image des médias de masse US, dépeint l’économie de la drogue afghane comme étant dominée par les Talibans. (Selon les propres termes de McCoy : « Si les insurgés prennent le contrôle de cette économie illégale, comme l’ont fait les Talibans, alors la tâche deviendra presque insurmontable. ») La part des Talibans sur le marché de l’opium afghan est estimée en général entre 90 et 400 millions de dollars. Or l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) estime que le total des revenus issus du commerce de l’opium et de l’héroïne est de l’ordre de 2,8 à 3,4 milliards de dollars [11]. Clairement, les Talibans n’ont pas fait main basse sur cette économie, dont la plus grande partie est contrôlée par les partisans du gouvernement Karzai. En 2006, un rapport de la Banque Mondiale avançait « qu’au plus haut niveau, 25 à 30 trafiquants majeurs, la majorité d’entre eux basés au sud de l’Afghanistan, contrôlent les transactions et les transferts majeurs, travaillant étroitement avec des soutiens occupant des positions politiques et gouvernementales au plus haut niveau » [12]. Les médias états-uniens ne se sont pas intéressés à cette réalité factuelle, pas plus qu’à la manière dont cela a influé sur les stratégies politiques de leur pays en Afghanistan, en matière de guerre et de trafic de drogue.


L’administration Obama semble avoir pris ses distances d’avec les programmes d’éradication peu judicieux de la période Bush, qui ne rencontreront jamais l’adhésion « coeur et âme » de la paysannerie afghane. Elle préfère mettre en place une politique d’interdiction sélective du trafic, en ne s’attaquant de manière explicite qu’aux trafiquants qui aident les insurgés [13]. Reste à savoir si cette politique sera efficace pour affaiblir les Talibans. Mais cibler ce qui constitue au plus un dixième du trafic total ne permettra clairement jamais d’en finir avec la position actuelle de l’Afghanistan comme le principal narco-État. Cela ne permettra pas non plus d’en finir avec l’actuelle épidémie mondiale de consommation d’héroïne ayant commencée à la fin des années 1980, qui a déjà créé 5 millions de toxicomanes au Pakistan, plus de 2 millions en Russie, 800 000 aux États-Unis, plus de 15 millions à travers le monde, dont un million en Afghanistan même. La politique d’interdiction sélective du gouvernement Obama aide aussi à expliquer son refus de considérer la solution la plus humaine et la plus raisonnable à l’épidémie mondiale d’héroïne afghane. Il s’agit de l’initiative « poppy for medicine » (Opium pour la médecine) de l’International Council on Security and Development (ICOS, autrefois connu comme le Senlis Council), qui vise à établir un programme délivrant des autorisations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre leur opium pour permettre la production de médicaments essentiels et très demandés comme la morphine ou la codéine [14]. La proposition a reçu le soutien des parlements européen et canadien ; mais il fut l’objet de sévères critiques aux USA, principalement parce que cela pourrait engendrer une augmentation de la production d’opium. Cependant, cela fournirait une réponse à moyen terme à l’épidémie d’héroïne qui dévaste l’Europe et la Russie – situation qui ne sera pas réglée par l’alternative présentée par McCoy de substituer d’autres cultures durant les 10 ou 15 prochaines années, et encore moins par le programme d’élimination sélective de fournisseurs d’opium conduit par l’administration Obama. Une conséquence rarement citée de l’initiative « poppy for medicine » serait de réduire les recettes engendrées par le trafic illicite qui permet de soutenir le gouvernement Karzai. Pour cette raison, ou simplement car tout ce qui se rapproche d’une légalisation des drogues reste un sujet tabou à Washington, l’initiative « poppy for medicine » a peu de chance d’être soutenue par l’administration Obama.

 

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L’héroïne afghane et la connexion mondiale de la drogue de la CIA
Il y a un autre paragraphe dans lequel McCoy, de manière erronée à mon avis, concentre son attention sur l’Afghanistan comme noeud du problème plutôt que sur les États-Unis eux-mêmes :
Lors d’une conférence sur la drogue à Kaboul ce mois-ci, le chef du Federal Narcotics Service russe a estimé la valeur actuelle de la culture de l’opium en Afghanistan à 65 milliards de dollars. Seulement 500 millions de dollars vont aux fermiers afghans, 300 millions aux Talibans, et les 64 milliards restant à la « mafia de la drogue », lui garantissant de vastes fonds pour corrompre le gouvernement Karzai (souligné par l’auteur) dans un pays où le PIB est de seulement 10 milliards de dollars [15]. Ce paragraphe oublie d’évoquer un fait pertinent et essentiel : selon l’ONUDC, seulement 5 à 6 % de ces 65 milliards de dollars, soit de 2,8 à 3,4 milliards, restent en Afghanistan [16]. Environ 80 % des bénéfices issus du trafic de drogue proviennent des pays de consommation – dans ce cas la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ainsi, nous ne devrions pas croire un instant que le seul pays corrompu par le trafic de drogue afghan est le pays d’origine. Partout où le trafic est devenu important, même dans les lieux de transit, il a survécu en étant protégé, ce qui en d’autres termes, s’appelle de la corruption. Il n’existe aucune preuve montrant que l’argent de la drogue gagné par les trafiquants alliés à la CIA ait grossit les comptes bancaire de la CIA ou ceux de ses officiers, mais la CIA a indirectement profité du trafic de drogue, et a développé au fil des ans une relation très proche avec celui-ci.


La guerre secrète de la CIA au Laos fut un cas extrême. Durant celle-ci, l’Agence mena une guerre en utilisant comme principaux alliés l’Armée Royale Laotienne du général Ouane Rattikone et l’Armée Hmong du général Vang Pao, toutes deux en grande partie financées par la drogue. L’opération massive de la CIA en Afghanistan dans les années 1980 fut un autre exemple d’une guerre en partie financée par la drogue. [17].

 

Une protection pour les trafiquants de drogue aux États-Unis
Dès lors, il n’est pas surprenant que, les années passant, le gouvernement états-unien, suivant la voie tracée par la CIA, aient protégé des trafiquants de drogue contre les poursuites judiciaires dans le pays. Par exemple, aussi bien la CIA que le FBI sont intervenus en 1981 contre l’inculpation (pour vol de voiture) du trafiquant de drogue mexicain et tsar des renseignements Miguel Nazar Haro, affirmant que Nazar était « un contact essentiel, je répète, un contact essentiel pour le bureau de la CIA à Mexico », sur les questions de « terrorisme, renseignement, et contre-renseignement » [18]. Lorsque le procureur général associé Lowell Jensen refusa de donner suite à l’inculpation de Nazar, le procureur de San Diego, William Kennedy, exposa publiquement l’affaire. Il fut rapidement viré pour cela [19]. Un exemple récent et spectaculaire d’une implication de la CIA dans le trafic de drogue fut l’affaire concernant un collaborateur vénézuélien de la CIA, le général Ramon Guillén Davila. Comme je l’explique dans mon livre, Fueling America’s War Machine (à paraître) [20] : Le général Ramon Guillén Davila, chef de l’unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, fut inculpé à Miami pour avoir fait entrer une tonne de cocaïne aux États-Unis. Selon le New York Times, « la CIA, malgré l’objection de la Drug Enforcement Administration, approuva l’envoi d’au moins une tonne de cocaïne pure vers l’aéroport international de Miami comme moyen d’obtenir des informations sur les cartels de la drogue colombiens ». Le magazine Time rapporta qu’une seule cargaison représentait 450 kilos, et était précédée d’autres « pour un total d’environ une tonne » [21]. Mike Wallace confirma que « l’opération secrète de la CIA et des gardes nationaux rassembla rapidement cette cocaïne, plus d’une tonne et demie, qui fut introduite clandestinement de Colombie vers le Venezuela » [22]. Selon le Wall Street Journal, la quantité totale de drogue introduite clandestinement par le général Guillén serait de plus de 22 tonnes [23]. Mais les États-Unis n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén afin de le juger ; et, en 2007, lorsqu’il fut arrêté au Venezuela pour conspiration de meurtre à l’encontre du président Hugo Chavez, son inculpation était toujours quelque part à Miami [24]. Pendant ce temps-là,
l’agent de la CIA Mark McFarlin, que Bonner, le chef de la DEA, souhaitait également inculper, ne le fut jamais, et dut simplement démissionner [25]. Pour résumer, il n’arriva rien aux acteurs principaux de cette affaire, qui n’a probablement fait surface dans les médias qu’en raison des protestations générées à la même époque par les articles de Gary Webb parus dans le San Jose Mercury au sujet de la CIA, des Contras et de la cocaïne.


Les banques et le blanchiment de l’argent de la drogue
D’autres institutions ont un intérêt direct dans le trafic de drogue, dont les grandes banques, qui effectuent des prêts à des pays comme la Colombie et le Mexique, sachant pertinemment que le flot de drogue aidera à garantir le remboursement de ces prêts. Plusieurs de nos plus grandes banques, comme City Group, Bank of New York et Bank of Boston, ont été identifiées comme participant au blanchiment d’argent, mais n’ont jamais subi de pénalités assez importantes pour les obliger à changer de comportement [26]. En bref, l’implication des États-Unis dans le trafic de drogue rassemble la CIA, des intérêts financiers majeurs et des intérêts criminels dans ce pays et à l’étranger. Antonio Maria Costa, chef de l’ONUDC, a déclaré que « l’argent de la drogue, représentant des milliards de dollars, a permis au système financier de se maintenir au plus haut de la crise financière ». Selon l’Observer de Londres, Costa déclara avoir vu des preuves que les recettes du crime organisé étaient « le seul capital d’investissement liquide » disponible pour certaines banques au moment du krach de l’année dernière. Il affirma qu’une majorité des 352 milliards de dollars de profits liés à la drogue furent ainsi absorbés par le système économique. Costa déclara que les preuves montrant une absorption de l’argent illégal par le système financier lui furent soumises par des agences de renseignement et des procureurs il y a 18 mois environ. « Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Durant la seconde moitié de 2008, la liquidité était le problème majeur du système bancaire, ainsi le capital liquide devînt un facteur important, » dit-il [27]. Un exemple frappant de l’importance de la drogue à Washington fut l’influence exercée dans les années 1980 par la Bank of Credit and Commerce International, banque pratiquant le blanchiment de l’argent de la drogue. Comme je l’explique dans mon livre, parmi les personnes haut placées profitant des largesses de la BCCI, ses propriétaires, et ses affiliés, nous trouvons James Baker, secrétaire au Trésor sous Ronald Reagan, qui refusa d’enquêter sur la BCCI [28] ; le sénateur démocrate Joe Bidden et le sénateur républicain Orrin Hatch, et plusieurs membres importants du Comité Judiciaire du Sénat, lequel refusa d’enquêter sur la BCCI [29].


Finalement, ce ne fut pas Washington qui agit en premier afin de mettre un terme aux activités bancaires de la BCCI et de ses filiales illégales aux États-Unis, mais deux personnes déterminées, l’avocat de Washington Jack Blum et le procureur de Manhattan Robert Morgenthau [30].

 

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Conclusion : la source du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington


Je comprends pourquoi McCoy, dans son désir de changer une politique vouée à l’échec, prend plus de précautions que moi-même lorsque j’évoque à quel point certaines institutions états-unienne puissantes – gouvernement, renseignements et finance – et pas seulement le gouvernement Karzai, ont été corrompues par l’omniprésent trafic de drogue. Mais je pense que son approche pleine de tact se montrera contre-productive.


La source principale du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington. Mettre fin à ce scandale demandera la divulgation de faits que McCoy ne désire pas aborder dans son article.Dans son ouvrage magistral, The Politics of Heroin [31], McCoy parle de l’histoire de Greg Musto, expert en drogues à la Maison Blanche sous Carter. En 1980, Musto dit au Strategy Council on Drug Abuse de la Maison Blanche que « nous allions en Afghanistan afin de soutenir les cultivateurs d’opium dans leur rébellion contre l’Union Soviétique. Ne pourrions-nous pas éviter de faire ce que nous avons déjà fait au Laos ? » [32]. Se voyant refuser l’accès par la CIA à des données auxquelles il avait légalement accès, Musto fit part de son inquiétude en public en mai 1980, notant, dans un éditorial du New York Times, que l’héroïne en provenance du Croissant d’Or était déjà (et pour la première fois) en train de causer une crise médicale à New York. Et il avertit, avec prescience, que « cette crise est amenée à s’aggraver » [33]. Musto espérait qu’il pourrait contribuer à un changement de politique en mettant le problème sur la place publique, et en
l’accompagnant d’un avertissement fort au sujet d’une aventure en Afghanistan financée par la drogue qui pourrait se révéler désastreuse. Mais ses mots emplis de sagesse furent sans pouvoir contre l’implacable détermination de ce que j’appelle la machine de guerre US au sein de notre gouvernement et de notre économie politique. Je crains que le message sensé de McCoy, en étant bienséant là où il est justement nécessaire de ne pas l’être, subira le même sort. Article original en anglais, Opium and the CIA: Can the US Triumph in the Drug-Addicted War in Afghanistan?, publié le 5 avril 2010. Peter Dale Scott est docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien. American War Machine : Deep Politics, the CIA Global Drug Connection, and the Road to Afghanistan est le dernier livre de Peter Dale Scott récemment publié chez Rowman & Littlefield. On compte parmi ses livres précédents, Drugs Oil and War, The Road to 9/11, and The War Conspiracy: JFK, 9/11, and the Deep Politics of War.

 

Son site web est http://www.peterdalescott.net. En français : La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, 50 ans
d’ambitions secrètes des États-Unis, éditions Demi Lune


Notes
[1] « Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan », par Alfred W. McCoy
[2] Éventuellement, les États-Unis et leurs alliés accordèrent à Hekmatyar, qui pour un temps fut sans conteste le plus grand
trafiquant de drogue au monde, plus d’un milliard de dollars en armement. C’est plus qu’aucun autre client de la CIA a jamais
reçu, avant ou depuis.
[3] Peter Dale Scott, The Road to 9/11, p.74-75 (paru en français sous le titre La Route vers le Nouveau
Désordre Mondial (Demi-Lune, Paris, 2010) : “Khalid Sheikh Mohammed, que la Commission d’enquête
sur le 11-Septembre considère comme le véritable auteur du complot du 11/9, commença à concevoir son
plan quand il était en lien avec Abdul Sayyaf, un dirigeant avec lequel ben Laden était encore en délicatesse.
[9/11 Commission Report, p.145-50]. Au même moment, plusieurs des hommes condamnés pour l’attentat
contre le World Trade Center en 1993, et la “journée de la terreur” New York en 1995, s’étaient entraînés ou
avaient combattu avec Gulbuddin Hekmatyar, ou collecté de l’argent pour lui. [Tim Weiner, “Blowback
from the Afghan Battlefield”, New York Times, 13 mars 1994].
[4] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidin du Peuple, Réseau Voltaire, 13 juin 2009.
[5] Seymour Hersh, New Yorker, 7 juillet 2008.
[6] « Hamed Wali Karzai chargé de négocier avec les Talibans », Réseau Voltaire, 14 mai 2010.
[7] New York Times, 27 octobre 2009.
[8] Steve Coll, Ghost Wars : The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September
10, 2001, (Penguin Press, New York, 2004), p.536. Slon Ahmed Rashid, au début de l’offensive US en 2001 : “Le Pentagone
disposait d’une liste d’au moins 25 laboratoires de drogues et d’entrepôts en Afghanistan, mais ils refusèrent de les bombarder car
certains appartenaient aux nouveaux alliés de la CIA, au sein de la NA [Northern Alliance / l’Alliance du Nord]”, (Ahmed Rashid,
Descent into Chaos : The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, [Viking,
New York, 2008], p.320).
[9] Stanley Karnow, Vietnam : A History (Penguin, New York, 1997), p.239. Cf. New York Times, 28 octobre, 2009.
[10] Thomas H. Johnson & M. Chris Mason, “Refighting the Last War : Afghanistan and the Vietnam Template”, Military
Review, Novembre-Décembre 2009, p.1.
[11] Le lecteur vigilant aura noté que même 3,4 milliards USD ne représentent pas 53 % des 10 milliards estimés dans le
paragraphe précédent comme le PIB afghan. Ces estimations en provenance de sources diverses ne sont pas extrêmement précises,
et ne donnent donc pas un résultat mathématiquement parfait. Au demeurant, il s’agit de la valeur des drogues en gros en
Afghanistan et non pas de leur valeur au détail dans les pays consommateurs.
[12] Afghanistan : Drug Industry and Counter-Narcotics Policy]. En 2007, le Daily Mail de Londres rapporta que « les quatre
acteurs principaux du trafic de l’héroïne étaient tous des membres hauts placés du gouvernement afghan » [[London Daily Mail.
21 juillet 2007. En décembre 2009, Harper’s publia une longue enquête sur le colonel Abdul Razik, “le maître de Spin Boldak,”
un trafiquant de drogue et un allié de Karzai dont l’ascension fut “encouragée par un cercle d’officiels corrompus à Kaboul et à
Kandahar, et aussi parce que les commandants de l’OTAN, déployés sur un trop vaste territoire, trouvèrent utiles le contrôle qu’il
exerçait sur une ville frontalière essentielle dans leur guerre contre les Talibans”, (Matthieu Aikins, “The Master of Spin Boldak”,
Harper’s Magazine, décembre 2009).
[13] James Risen, “U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban”, New York Times, 10 août 2009 : ”Le commandement
militaire US dit au Congrès que … seuls ces [trafiquants de drogue] qui apportent de l’aide aux insurgés devraient être pris pour
cible.”
[14] Corey Flintoff, “Combating Afghanistan’s Opium Problem Through Legalization”, NPR, 22 décembre 2005.
[15] Devant d’autres auditoires, les responsables russes de la lutte anti-drogues ont explicitement évoqué l’OTAN. Voir « Pavot :
la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN », Réseau Voltaire, 3 mars 2010. Off, les responsables poutiniens ont
également évoqué un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels versés par l’OTAN avec l’argent des drogues au président
Medvedev en échange du droit de passage des GI’s sur le territoire russe. Ndlr.
[16] CBS News, 1er avril 2010.
[17] Voir le livre de Peter Dale Scott, La Route vers le Nouvel Ordre Mondial. NdT.
[18] Des câbles de Gordon McGinley, l’attaché légal du FBI à Mexico City, au Département de la Justice, voir Scott & Marshall,
Cocaine Politics, p.36.
[19] Scott, Deep Politics, p.105 ; citation du San Diego Union, 26 mars 1982.
[20] Fueling America’s War Machine : Deep Politics and the CIA’s Global Drug Connection, (à paraitre à l’automne 2010 chez
Rowman & Littlefield).
[21] Time, 29 novembre 1993 : “Les expéditions continuèrent, toutefois, jusqu’à ce que Guillen tente d’envoyer 3 373 livres de
cocaïne en une seule fois. La DEA, (Drug Enforcement Agency), vigilante, l’arrêta et s’en saisit.” Cf. New York Times, 23
novembre 1996 (“one ton”).
[22] CBS News Transcripts, 60 Minutes, 21 novembre 1993.
[23] Wall Street Journal, 22 novembre 1996. Je soupçonne la CIA d’avoir approuvé l’importation de cocaïne moins "comme un
moyen de rassembler de l’information" que dans le but de redistribuer des parts de marché dans le trafic global de cocaïne, dans
son pays d’origine, la Colombie. Dans les années 1990, la CIA et le JSOC furent impliqués dans l’élimination du baron colombien
de la drogue Pablo Escobar, un exploit rendu possible grâce à l’aide du Cartel de Cali et des escadrons de la mort terroristes de
l’UAC de Carlos Castaño. Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War, p.86-88.
[24] Chris Carlson, “Is The CIA Trying to Kill Venezuela’s Hugo Chávez ?” Global Research, 19 avril 2007.
[25] Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The People, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (TrineDay,
Springfield, 2009), 400 ; Time, 23 Novembre 1993. McFarlin avait collaboré avec des forces anti-guérilla au Salvador dans les
années 1980. Jim Campbell, le chef de station de la CIA au Venezuela.
[26] La Bank of Boston procéda au blanchiment d’au moins 2 millions de dollars au profit du trafiquant Gennaro Angiulo, et fut
pour cela condamnée à payer une amende de 500 000 dollars, (New York Times, 22 Février 1985 ; Eduardo Varela-Cid, Hidden
Fortunes : Drug Money, Cartels and the Elite Banks [El Cid Editor, Sunny Isles Beach, 1999]). Cf. Asad Ismi, “The Canadian
Connection : Drugs, Money Laundering and Canadian Banks”, Asadismi.ws : “91 % des 197 milliards USD dépensés en cocaïne
aux USA restent dans ce pays, et les banques états-uniennes blanchissent 100 milliards USD provenant de la drogue chaque année.
Parmi les banques connues pour ce genre de pratiques, on trouve la Bank of Boston, la Republic National Bank of New York, la
Landmark First National Bank, la Great American Bank, la People’s Liberty Bank and Trust Co. of Kentucky, et la Riggs National
Bank of Washington. Citibank aida Raul Salinas (le frère de l’ancien président du Mexique Carlos Salinas) à déplacer des millions
de dollars hors du Mexique, à destination de comptes secrets détenus en Suisse sous de fausses identités.”
[27] Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor”, Observer, 13 décembre 2009.
[28] Jonathan Beaty & S.C. Gwynne, The Outlaw Bank : A Wild Ride into the Secret Heart of BCCI, (Random House, New York,
1993), p.357.
[29] Peter Truell & Larry Gurwin, False Profits : The Inside Story of BCCI, the World’s Most Corrupt Financial Empire,
(Houghton Mifflin, Boston, 1992), p.373-77.
[30] Truell & Gurwin, False Profits, p.449.
[31] Disponible en français sous le titre : La politique de l’heroine. L’implantation de la CIA dans le trafic des drogues [Editions
du Lézard, 1998].
[32] Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin (Lawrence Hill Books/ Chicago Review Press, Chicago, 2003), p.461 ; citant une
interview avec le Dr David Musto.
[33] David Musto, New York Times, 22 mai 1980 ; cité dans McCoy

 

L’Opium, la CIA et l’administration Karzaï
Source, journal ou site Internet : Mondialisation.ca
Date : 15 décembre 2010
Auteur : Peter Dale Scott

14:50 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : opium, drogues, cannabis, pavot, usa, cia, espionnage, corruption, afghanistan, guerre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/12/2010

Chine et prospective, environ 20% de chercheurs du total mondial

Le pays le plus peuplé du monde devient aussi l’un de ses principaux laboratoires, assure un rapport de l’Unesco
La Chine paraît bien être désormais le pays qui compte le plus de chercheurs au monde.

 

C’est «pratiquement certain», estime Luc Soete, professeur d’économie internationale à l’université de Maastricht et rédacteur du premier chapitre du «Rapport de l’Unesco sur la science 2010». Et c’est là le point le plus marquant du document par rapport à sa précédente édition, en 2005.

 

http://medias.lepost.fr/ill/2010/03/03/h-20-1968325-1267611596.jpghttp://1.bp.blogspot.com/_GAGgcGbzFpk/R1LMMTDLv-I/AAAAAAAADDI/Z-P6s7-aPu0/s1600-R/hiv-lymphe.jpghttp://www.yunnan.fr/images/carte-chine.png

 

Le capital humain
Le rapport s’appuie sur des statistiques datant de 2007. La Chine comptait 1,423 million de chercheurs – soit 19,7% du total mondial. Elle talonnait, en termes de capital humain consacré à la recherche et développement (R & D), les Etats-Unis et l’Europe. «Mais la crise de 2008-2009 a conduit les pays développés à un ralentissement que n’a pas connu la Chine dans les recrutements de chercheurs», estime Luc Soete. Les statistiques chinoises évoquent 1,592 million de chercheurs, en 2008.


Ces chiffres ne font pas pour autant de la Chine le leader mondial de la recherche. En nombre de chercheurs par million d’habitant (1070), elle se situe dans la moyenne mondiale, loin derrière le Japon (5573), l’Amérique du Nord (4624) ou l’Union européenne (2936).


Les investissements
Si l’on prend maintenant en compte les investissements, le champion incontesté reste les Etats-Unis, qui totalisaient, en 2007, près d’un tiers des dépenses intérieures brutes en recherche et développement (DIRD), devant l’Union européenne (23,1%). Mais la Chine, avec 8,9%, revient sur le Japon (12,9%). Et elle distance les principaux pays européens comme l’Allemagne (6,3%) et la France (3,7%).


La Chine consacrait, en 2008, 1,54% de sa richesse à la recherche et développement, soit moins que la moyenne mondiale (1,7%) et bien moins que la Corée du Sud (3,37%). Mais elle a progressé de 50% depuis 2002. La comparaison avec 2002 est éclairante: pour les pays que l’Unesco assemble sous la dénomination «triade» (Etats-Unis, Union européenne, Japon), la période écoulée a vu leur part mondiale dans la DIRD diminuer suivant la même pente que leur part dans le produit intérieur brut mondial. A l’inverse, la Chine et, dans une moindre mesure, d’autres émergents comme l’Inde, le Brésil et la Turquie ont vu cette part progresser. Au total, l’Asie est passée de 27 à 32% des DIRD mondiales entre 2002 et 2007.


Production scientifique Outre le capital humain et l’investissement, plusieurs critères permettent d’apprécier le phénomène. La répartition des publications scientifiques est révélatrice: la part de la Chine a doublé sur la période, passant à 10,6% du total mondial, tandis que le Brésil tirait la performance de l’Amérique latine. En revanche, la part des pays développés s’érode, de 84%, en 2002 à 75% en 2008. Cet indicateur mérite d’être affiné: le taux de citations, qui indique l’intérêt remporté par un article auprès de la communauté scientifique internationale et constitue un repère qualitatif, reste beaucoup plus faible en Chine que dans la «triade». Mais la récente irruption du pays dans le top 10 des supercalculateurs et ses investissements massifs en génomique, par exemple, prouvent qu’il est en mesure de chambouler les hiérarchies tant dans les sciences fondamentales que dans les sciences appliquées – au-delà de ses succès dans ce secteur stratégique qu’est le
spatial.


Les moteurs
Cette coupure avec les modes de production de connaissance et de richesse prévalant au XXe siècle tient à plusieurs phénomènes, dont le plus saillant est l’avènement de l’Internet à haut débit, qui a fortement progressé dans les pays en développement.


L’autre moteur, c’est l’intégration des nouveaux acteurs dans la mondialisation en général. L’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce, fin 2001, lui a ainsi donné accès à des transferts de technologies et à plus d’investissements étrangers.


Le secteur privé
Les entreprises des pays émergents, et de la Chine en particulier, ont aussi profité de la crise pour réduire leur retard par rapport à leurs concurrentes des pays développés. Alors que les dépenses des entreprises en recherche et développement ont globalement baissé de 1,9% dans le monde, en 2009, selon le cabinet de conseil en stratégie Booz & Company et la Commission européenne, la dépense de recherche privée chinoise a augmenté de 40%. Celle-ci reste néanmoins faible en valeur absolue. Elle représenterait moins de 1% de la recherche privée mondiale. Ce qui explique que seules 21 entreprises chinoises figurent au palmarès des 1400 entreprises dépensant le plus en recherche et développement, établi par la Commission européenne.


Mais elles n’étaient que quinze un an avant. Un tiers des entreprises chinoises «championnes» appartiennent au secteur des technologies de l’information et de la communication: des composants aux équipements de télécommunications. En revanche, on ne note aucune entreprise pharmaceutique dans ce classement, alors que la pharmacie est le secteur le plus dépensier en matière de recherche, au sein de l’Union européenne.


La formation
«L’Asie a compris que le développement passe désormais par l’enseignement supérieur et la recherche, témoigne Christian Koenig, directeur du campus singapourien de l’école de commerce Essec. Singapour ou la Chine investissent massivement. Ils n’ont pas encore obtenu de Nobel, mais la croissance de la production scientifique est forte.» Arnould de Meyer, président de la Singapour Management University, fait le même constat: «Il y a désormais en Chine, en Inde et à Singapour une très grande demande de la classe moyenne pour les formations de haut niveau.» Et si possible au pays.

 

: La Chine, grande puissance scientifique
Source, journal ou site Internet : Enjeux
Date : 7 décembre 2010
Auteur : Philippe Jacqué, Annie Kahn et Hervé Morin

 

http://andreserra.blogauteurs.net/blog/files/2010/04/cn-chercheurs.jpg

19:46 Écrit par HUMANITAS dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, chine, usa, japon, recherche, unesco, investissements, développement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/12/2010

Revue de presse: Iran - Nucléaire - désinformation

Mini Dossier spécial « Iran, nucléaire »

 

http://www.alliancegeostrategique.org/images/iran_nucleaire2.jpghttp://fonzibrain.files.wordpress.com/2010/08/drapeau_israelien_dechire.jpg?w=300&h=380

 

L'Iran a produit son premier lot de concentré d'uranium
Source, journal ou site Internet : Nouvelobs.com
Date : 5décembre 2010
Auteur : AFP

 

Le concentré d'uranium sert de base à la production d'uranium enrichi. Jusqu'à présent, ce produit était
"importé de l'extérieur".


Le chef du programme nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi. (AFP)
L'Iran a produit son premier lot de concentré d'uranium (yellowcake), servant de base à la production
d'uranium enrichi, à partir de minerai extrait d'une de ses mines dans le sud du pays, a déclaré dimanche 5
décembre le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi. "Les Occidentaux avaient espéré que
nous aurions des problèmes concernant l'approvisionnement en matière première (pour produire de l'uranium
enrichi) mais nous avons reçu aujourd'hui le premier lot de yellowcake de la mine de Gachin", proche de
Bandar-Abbas dans le sud du pays, a déclaré Ali Akbar Salehi lors d'un point presse retransmis en direct par
la télévision. Jusqu'à présent, le yellowcake utilisé par l'Iran dans sa chaîne de production d'uranium enrichi
était "importé de l'extérieur", a indiqué Ali Akbar Salehi sans donner davantage de précisions. Le
yellowcake, poudre de concentré d'uranium, est utilisé pour produire un gaz d'hexafluorure d'uranium (UF-6)
qui est ensuite injecté dans des centrifugeuses produisant de l'uranium enrichi.

 

http://www.dijonscope.com/files/posts/11318-dessin-du-jour-dijonscope-iran-israel-2011.jpg

 

La guerre secrète contre le programme nucléaire iranien
Source, journal ou site Internet : Le Nouvel Observateur
Date : 5 décembre 2010



Attaques informatiques, sabotages, exfiltrations de transfuges... Alors que demain s'ouvrent à Genève de
nouvelles négociations entre l'Iran et le groupe des P5+1, voici l'enquête qu'Henri Guirchoun et moi-même
publions cette semaine dans le "Nouvel Observateur" à propos de la guerre secrète contre le programme
nucléaire iranien. C'est un ver à deux têtes - un virus informatique qui pourrait changer la face du monde. On
l'appelle Stuxnet. On l'a découvert en juin dernier mais il agit depuis un an et demi. Il est programmé pour
une mission diabolique : s'insinuer dans l'alimentation électrique de certains moteurs. Il en prend le contrôle,
puis les rend fous. Il les fait tourner de manière erratique, de plus en plus vite, jusqu'à l'explosion. Après son
forfait, il rétablit le courant normal, pour ne pas laisser de trace. Tel un tueur à gages, un 007 informatique.


Selon une étude récente, Stuxnet a une cible étonnamment précise : les moteurs qui marchent de 807 à 1 210
hertz et sont gérés par un système Siemens. Des moteurs qui ne se trouvent que dans un seul type d'engin :
les centrifugeuses installées dans l'usine de Natanz, en Iran - des milliers de machines qui enrichissent de
l'uranium et dont le Conseil de Sécurité exige l'arrêt, redoutant qu'elles ne fassent partie d'un programme
militaire clandestin. Selon toute vraisemblance, le ver est donc un outil de sabotage destiné à désorganiser
Natanz et à ralentir la République islamique dans sa (probable) course à la bombe.


Mission accomplie ? En octobre, le vice-président iranien a révélé qu'un virus s'était attaqué aux installations
atomiques de son pays en infectant plus de 30 000 ordinateurs. Le 29 novembre, le président Ahmadinejad a
reconnu qu'il s'agissait d'un virus et que quelques centrifugeuses avaient été mises « hors service ». Mais il a
affirmé que les dégâts avaient été minimes et maîtrisés. A-t-il sous-estimé les dommages ? L'Agence
internationale à l'Energie atomique écrit que, le 16 novembre, la moitié de l'usine de Natanz (des milliers de
machines) était à l'arrêt, ce qui n'était jamais arrivé depuis sa mise en route en 2006. Au siège de l'AIEA, des
diplomates soutiennent que Stuxnet est la cause de cette gigantesque avarie. Un spécialiste mondial de la
criminalité informatique, Ralph Langer, affirme que « cette attaque a nécessité des années de préparation » et
que « seul un Etat » a pu monter une telle opération. Lequel ?


Stuxnet est-il né en Israël, au nord de TelAviv, comme on le dit ? Non loin des QG du Mossad et de l'armée,
dans l'un de ces buildings ultramodernes où une kyrielle de sociétés high-tech ont leur siège ? Il y a des
raisons de le penser. « La plupart de ces firmes ont été fondées par des petits génies de l'informatique qui ont
fait leurs classes dans l'unité du renseignement militaire chargée de la cyberguerre et des écoutes, la 8200.


Comme tout le monde, ils effectuent leurs périodes de réserve et restent donc opérationnels... », explique
Aharon B., lui-même ancien du renseignement. Au-delà des hypothèses sur Stuxnet, une certitude : tous les
services occidentaux mènent une guerre secrète très active contre le programme atomique iranien. Depuis la
découverte du site de Natanz en 2002, c'est, pour eux, une mission prioritaire. Dans son dernier livre, le
journaliste Bob Woodward révèle la liste des opérations clandestines commanditées par l'administration
Bush et toujours en cours. Elles sont classées par ordre d'importance. Les actions de la CIA visant « à
stopper ou à gêner» les activités nucléaires de la République islamique arrivent en deuxième position, juste
derrière les opérations contre Al-Qaida. Même chose au MI6 britannique. Le 28 octobre, son patron, sir John
Sawers, est sorti de sa réserve légendaire justement pour parler de l'Iran. Le maître-espion a fait sensation en
déclarant publiquement qu'il était nécessaire de «mener des opérations conjointes de services de
renseignement pour rendre plus difficile [à Téhéran] le développement de l'arme nucléaire ».


Au nom de cette mission historique, c'est l'union sacrée de tous les agents secrets. Même en Israël. «L'affaire
iranienne a entraîné une révolution culturelle au sein de l'Aman [le renseignement militaire] et du Mossad,
explique le journaliste Ronen Bergman, qui prépare un livre sur les opérations secrètes du Mossad. Leurs
chefs ont décidé de coopérer pleinement avec des services étrangers, amis ou non, contrairement à la
doctrine traditionnelle qui privilégie le travail en solo. » En France aussi, l'entente cordiale prévaut. «Le
nucléaire iranien est l'un des rares sujets, avec le terrorisme, à propos duquel il n'y a pas de guéguerre entre
la DGSE, la DRM et la DCRI, mais au contraire une coordination exemplaire, au plus haut niveau »,
explique l'expert François Heisbourg, qui suit ces questions sensibles.


Une solidarité inédite
Une opération est emblématique de cette collaboration sans précédent : la découverte, dans la montagne de
Qom, d'une seconde usine d'enrichissement. « Cela a cristallisé la solidarité internationale contre le
programme nucléaire militaire iranien », confie l'ancien patron du Mossad, Ephraïm Halevy.


Tout commence en 2003. En analysant les clichés du satellite militaire français Hélios et en les croisant avec
des images radars américaines, les photos- interprètes de la DGSE («une petite unité d'une douzaine de
personnes » selon Philippe Vasset, le rédacteur en chef d'« Intelligence Online ») repèrent les premiers
travaux. Ils ne savent pas encore de quoi il s'agit. Ils transmettent l'information aux services alliés. Le
Mossad réussit à recruter une source impliquée dans cette construction. La taupe fournit des photos de
l'intérieur du site, des tunnels. On hésite sur leur destination. Tout s'éclaire en 2007. « Un autre service
[probablement le MI6] a mis la main sur la liste des commandes passées pour ces tunnels : des valves, des
tuyauteries en alu, des appareils de mesure de pression... , raconte un officiel français. Il n'y avait pas de
doute : les Iraniens avaient l'intention d'y installer une usine clandestine d'enrichissement. » Une bombe !


Lorsqu'il s'agit de révéler cette découverte au monde, là encore, c'est l'union sacrée. Au début de l'été 2009,
juste après la réélection truquée d'Ahmadinejad, l'Elysée veut rendre public le « dossier Qom ». Mais, au
même moment, une source du MI6 dans le tunnel se fait repérer par le contre-espionnage iranien et exécuter.


Inquiets pour leur propre taupe sur place, les Israéliens demandent que l'on reporte cette publication. Ce n'est
qu'en septembre, en marge du sommet de Pittsburg, qu'Obama, Brown et Sarkozy révèlent ensemble l'affaire,
affichant une solidarité inédite de leurs services secrets. Entre-temps, la source israélienne a été exfiltrée via
la Turquie - où, jusqu'à sa fermeture récente à cause du refroidissement des relations entre Jérusalem et
Ankara, le Mossad disposait de son poste le plus important à l'étranger. Il fallait absolument la sauver, pour
ne pas décourager les autres. Dans cette guerre de l'ombre, rien n'est plus important que le recrutement de
taupes et de transfuges. Au début, le BND - service de renseignement allemand - réussit les plus beaux
coups. En 2002, il parvient à retourner un homme d'affaires iranien - nom de code « Dauphin » - dont
l'entreprise participe à la construction de Natanz. L'homme fournit des détails sur le site. Il met aussi la main
sur des rapports secrets concernant les recherches nucléaires militaires, qu'il recopie sur son ordinateur
portable. Il espère les monnayer auprès du BND pour obtenir un jour l'asile politique. Mais en 2004,
l'homme est démasqué par le contre-espionnage iranien et tué. Sa femme a le temps de s'enfuir via la Turquie
en emportant l'« assurance- vie » de son mari. Grâce aux 1 000 pages de documents contenues dans
l'ordinateur de «Dauphin», les services occidentaux, puis l'AIEA, apprennent que les Iraniens ont commencé
à travailler sur des têtes nucléaires. En 2005, la CIA prend la relève du BND, dont le réseau iranien est
décimé. Le patron de l'Agence, Porter Gross, lance le programme Brain Drain visant à retourner des
scientifiques et hauts gradés iraniens. Ils misent sur leurs contacts avec leur famille à l'étranger, à Los
Angeles, Dubaï, Paris ou Toronto. Avec l'aide du Mossad, la CIA établit une liste de dizaines de « défecteurs
» potentiels, à commencer par ceux qui ont séjourné en Occident. Le général Ali Reza Asgari en fait
probablement partie. Il a étudié aux Etats-Unis dans les années 1970. Vice-ministre de la Défense et
conseiller du président modéré Khatami, il est mis sur la touche en 2004, après la première élection
d'Ahmadinejad. Il est mûr pour Brain Drain. Trois ans plus tard, il disparaît lors d'un voyage privé, toujours
en Turquie, vraisemblablement après une opération d'exfiltration menée par la CIA et le Mossad. « Son
débriefing a permis une avancée capitale sur le programme nucléaire », explique Aharon B..


Outils de désinformation
Le jeune chercheur Shahram Amiri fait, lui, défection lors d'un voyage en Arabie Saoudite, en juin 2009.
Selon le «Daily Telegraph », il est interrogé par la CIA quelque part dans l'Arizona. Il révèle que l'université
où il travaillait à Téhéran est, en fait, le QG du programme nucléaire militaire. Les services secrets
américains lui auraient versé 5 millions de dollars. Mais disait-il la vérité ? Etait-il un agent double ?


Quatorze mois après sa défection, il retourne à Téhéran. Le doute s'installe sur la valeur de ces transfuges
tant désirés, qui peuvent devenir de puissants outils de désinformation au service du régime iranien. Cela
n'arrête pas le Brain Drain. Le 9 octobre, le vice-président iranien est contraint de reconnaître que plusieurs
personnes qui travaillaient dans les installations nucléaires ont été récemment recrutées par des services
occidentaux. Menaçant, il ajoute que la plupart ont été exécutés pour haute trahison.


C'est une guerre à mort, des deux côtés. Le Mossad, la CIA et leurs alliés ont, semble-t-il, engagé une
campagne d'assassinats ciblés de responsables du nucléaire iranien. On leur attribue plusieurs morts
suspectes. Il est vraisemblable que certains groupes hostiles au régime central iranien - Kurdes, Azéris,
Baloutchs - soient utilisés dans ces opérations, même s'ils sont sur la liste des organisations terroristes du
Département d'Etat. En janvier 2007, un chercheur de 44 ans, Ardeshir Hassanpour, est retrouvé sans vie,
après avoir inhalé trop de gaz toxique. Il travaillait à l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan. Trois ans
plus tard en janvier 2010, un professeur de physique, Masoud Ali Mohamadi, est tué à Téhéran par
l'explosion d'une moto. Enfin, le 27 novembre, les voitures de deux experts nucléaires ont, selon la télévision
iranienne, explosé simultanément à Téhéran. L'un d'eux serait décédé. Il était l'un des rares spécialistes de la
séparation isotopique en Iran. Autant de décès bien étranges qui désorganisent le programme atomique.
Pour le retarder davantage encore, les services occidentaux ont développé d'autres d'outils, moins violents.


Des résolutions de l'ONU interdisant la vente à Téhéran de certains matériaux et équipements clés, les
Iraniens cherchent à s'approvisionner sur le marché noir. Pour piéger les trafiquants, les douanes américaines
ont créé de fausses sociétés grâce auxquelles elles ont monté des opérations d'une sophistication rare. En
2007, l'un de ces James Bond des douanes, se faisant passer pour un homme d'affaires balte, donne rendezvous
à un intermédiaire iranien à Tbilissi, en Géorgie. La police locale cueille l'homme puis l'extrade aux
Etats-Unis. De même, le service spécial des customs a permis à la police canadienne de mettre la main, en
mars 2009, sur Mahmoud Yadegari. Depuis Toronto, ce jeune Irano-Canadien tentait d'acheminer à Téhéran,
via la Malaisie, des transducers, des instruments de mesure indispensables dans une cascade de
centrifugeuses. En janvier 2010, c'est un certain Kevin Chen qui est arrêté à Guam pour avoir vendu, via
Hongkong et Taïwan, des détonateurs (et des pièces de missiles) à la République islamique.


Le programme nucléaire en difficulté
Il y a plus subtil encore : saboter le matériel acheté par l'Iran. Les opérations sont encore plus complexes. Les
Suisses Tinner, le père et ses deux fils, travaillaient pour le réseau pakistanais d' Abdul Khan, qui vendait
clandestinement des matériels nucléaires. Urs, le plus jeune des Tinner, a admis avoir été retourné en 2003
par les Américains. Dans une opération conjointe de la CIA, du MI6 et du Mossad, il a fourni à l'Iran des
pompes à vide - des équipements nécessaires aux centrifugeuses - qui avaient été préalablement détraquées.
«Avant d'être envoyées à Téhéran, ces machines ont fait un petit détour, raconte David Albright qui, à
Washington, dirige une ONG spécialisée dans l'étude de la prolifération nucléaire. Elles sont passées en
catimini par Oak Ridge et Los Alamos, dans des labos atomiques américains où elles ont été sabotées. »
Selon Albright, c'est sans doute un intermédiaire du Lichtenstein qui les a finalement « refourguées » aux
Iraniens...


Récemment, la guerre secrète a investi le champ diplomatique. L'administration américaine a décidé de
convaincre les pays qui continuent de fournir l'Iran en matériels sensibles de s'abstenir. Depuis l'été et les
dernières résolutions de l'ONU, un émissaire du Département d'Etat, Robert Einhorn, fait le tour des
capitales en question avec, sous le bras, des lourds dossiers préparés par les services secrets. En octobre, il
était à Pékin. Aux autorités chinoises, il a présenté une liste d'entreprises qui vendent à l ' Iran des fibres de
carbone, des jauges à pression ou des tubes en alliage très solide, autant de matériels interdits, indispensables
aux usines d'enrichissement. Message implicite : si vous continuer de laisser faire, on le fera savoir à la
presse internationale, ce qui sera très mauvais pour votre image de pays responsable.


Au total, la guerre secrète sous toutes ses formes a eu l'effet recherché : le programme nucléaire iranien
connaît des difficultés importantes. « Leur usine d'enrichissement s'arrête, leurs cadres se font assassiner ou
fuient à l'étranger et ils n'ont plus de quoi construire les milliers de centrifugeuses qu'ils avaient planifiées.
Bref, il semble que nous soyons en train de réussir», déclare Patrick Clawson, du Washington Institute for
Near East Policy. François Heisbourg partage son optimisme : «Avant, le temps jouait contre nous ;
maintenant, il joue contre l'Iran. » Est-ce à dire que l'Iran est sur le point de renoncer à ce programme ? «Je
ne le crois pas du tout, dit Olli Heinonen, l'ancien chef des inspecteurs de l'ONU, qui a rejoint l'université de
Harvard cet été. La preuve : les Iraniens cherchent à construire d'autres usines d'enrichissement dans des
endroits secrets. Pour brouiller les pistes et rendre la tâche plus difficile aux services occidentaux, ils
creusent des tunnels en de nombreux lieux. » Il ajoute que l'AIEA dispose d'informations très précises et non
encore publiées sur de possibles travaux de militarisation de l'atome en cours à Téhéran, y compris des
photos. Un officiel français, au fait du sujet, confirme ces informations. Il dit aussi que la Corée du Nord
pourrait fournir à l'Iran le matériel dont il a besoin et qu'il n'arrive plus à se procurer.


Cependant, dans l'administration Obama, certains pensent que, pour l'instant, les activités nucléaires
iraniennes sont sous contrôle. « Ils nous disent que, grâce à leurs réseaux d'espionnage technique et humain,
ils savent tout ce qui se passe dans les installations atomiques iraniennes et que, si Téhéran commençait à
construire une bombe, ils seraient prévenus sous quatre jours », raconte un homme qui est souvent briefé par
la Maison-Blanche. Si bien que l'administration Obama estime avoir plus de temps que prévu pour la
diplomatie. Combien ? Les pessimistes disent un an, les autres peut-être deux. Et si cela ne marche pas ? Les
uns pensent qu'on devrait accepter l'idée d'un Iran nucléaire et tout mettre en place pour le contenir. D'autres
qu'il suffira d'intensifier la guerre secrète. En Israël, on voit les choses autrement. «A la fin des années 1970,
le Mossad a lancé une série impressionnante d'opérations clandestines visant à retarder le programme
nucléaire irakien, rappelle le journaliste Ronen Bergman. En 1979, dans les chantiers de La Seyne-sur-Mer,
il a détruit la cuve d'un réacteur atomique avant sa livraison à Bagdad. Pourtant, trois ans après, Israël est
parvenu à la conclusion qu'il n'y avait plus d'autre choix que de bombarder la centrale d'Osirak » Sans le feu
vert de Washington.

 

http://2.bp.blogspot.com/_5Dvdo6a5iBU/TEB8vP2LLlI/AAAAAAAAMZ8/picxIl6xFuw/s1600/israel_air_raid_drill.jpg


L'annonce de l'Iran sur ses progrès dans le nucléaire est "préoccupante"
Source, journal ou site Internet : Le Point
Date : 5décembre 2010
Auteur : AFP

 

 

L'annonce selon laquelle Téhéran contrôle désormais la totalité du cycle de production de combustible
nucléaire est "préoccupante", a déclaré dimanche la Maison Blanche, à la veille de la reprise des
négociations sur le nucléaire iranien à Genève. L'Iran a annoncé dimanche avoir produit son premier lot de
concentré d'uranium (yellowcake), étape intermédiaire dans la production d'uranium enrichi, à partir de
minerai extrait d'une de ses mines dans le sud du pays. "Cette annonce n'est pas une surprise", a réagi dans
un communiqué le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, Mike Hammer,
rappelant que "l'Iran essaie depuis des années de développer son propre programme, étant donné que
l'importation de concentré d'uranium (yellowcake) lui est interdite par les résolutions du conseil de sécurité
de l'ONU".


Mais, ajoute-t-il, "cela remet un peu plus en question les intentions de l'Iran et soulève de nouvelles
préoccupations au moment où l'Iran devrait répondre aux inquiétudes de la communauté internationale".
Après plus d'un an d'interruption, les "5+1" (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU:
Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) et la délégation iranienne se
retrouvent lundi à Genève dans un climat tendu.


Or, le but de ces négociations "est de souligner la préoccupation de la communauté internationale concernant
les actes et les intentions de l'Iran. Nous verrons si l'Iran aborde ces discussions avec le sérieux indispensable
pour répondre" à ces préoccupations, a ajouté le porte-parole.

 

http://www.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/201011/30/219872-centrale-nucleaire-iranienne-bouchehr.jpghttp://www.independent.co.uk/multimedia/archive/00254/pg-30-Iran-nuke-AP_254221s.jpg

 

L’Iran dit maîtriser le cycle de combustible nucléaire
Source, journal ou site Internet : Le Soir
Date : 5décembre 2010
Auteur : AFP/ rédaction en ligne

L’Iran a annoncé dimanche contrôler la totalité du cycle de production de combustible nucléaire, marquant sa détermination à ne rien céder sur ses « droits », une annonce jugée « préoccupante » par Washington à la veille de la reprise des discussions avec les grandes puissances.


L’Iran a produit son premier lot de concentré d’uranium (yellowcake), étape intermédiaire dans la production
d’uranium enrichi, à partir de minerai extrait dans le sud du pays, a annoncé le chef de son programme
nucléaire, Ali Akbar Salehi. Jusqu’à présent l’Iran a développé son programme d’enrichissement d’uranium
à partir de quelque 600 tonnes de yellowcake achetées à l’Afrique du sud dans les années 1970, avant la
révolution islamique de 1979. L’exportation de yellowcake vers l’Iran est interdite depuis 2006 par les
sanctions de l’ONU, et certains experts occidentaux espéraient que l’Iran épuiserait ses stocks avant de
parvenir à en produire. Début 2009, une étude de l’Institut international pour la science et la sécurité estimait
que Téhéran avait consommé 75 % de ses réserves. « L’Iran est désormais autosuffisant pour l’ensemble de
la chaîne de production de combustible » nucléaire, depuis la production de minerai jusqu’à celle de
combustible nucléaire, a affirmé M. Salehi. « Cela va renforcer notre position aux négociations » nucléaires
avec les grandes puissances, qui doivent reprendre lundi à Genève après un an d’interruption.


L’enrichissement d’uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l’Iran à la communauté
internationale, qui soupçonne Téhéran de chercher, malgré ses dénégations, à se doter de l’arme atomique
samedi que le « droit inaliénable » de l’Iran à enrichir de l’uranium, reconnu par les traités internationaux,
n’était « pas négociable ». L’annonce iranienne sur la maîtrise du cycle de combustible nucléaire « remet un
peu plus en question les intentions de l’Iran, et soulève de nouvelles préoccupations », a réagi dimanche le
porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche, Mike Hammer. Le but de ces
négociations « est de souligner la préoccupation de la communauté internationale concernant les actes et les
intentions de l’Iran. Nous verrons si l’Iran aborde ces discussions avec le sérieux indispensable pour
répondre » à ces préoccupations.


Résistant notamment à plusieurs condamnations de l’ONU et à des sanctions économiques internationales
sévères, Téhéran a déjà produit plus de trois tonnes d’uranium faiblement enrichi (3,5 %) et plus de 33 kilos
d’uranium enrichi à 20 %, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’uranium doit être
enrichi à plus de 90 % pour pouvoir être utilisé dans une bombe atomique. L’Iran affirme avoir besoin de
produire de l’uranium enrichi notamment pour alimenter un réacteur de recherche nucléaire à Téhéran, et
accuse les puissances nucléaires de chercher à préserver un « monopole » scientifique et technique.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a estimé samedi que les grandes puissances pourraient
reconnaître le droit de l’Iran à l’enrichissement si Téhéran parvenait à les rassurer sur ses intentions. Son
homologue iranien Manouchehr Mottaki a salué « un pas en avant » mais souligné que « ces mots doivent
être traduits en actes ».


Téhéran affirme que les discussions seront vouées à l’échec si les Occidentaux n’abandonnent pas leurs
pressions et menaces, y compris militaires, contre l’Iran. « Nous sommes prêts à négocier mais les grandes
puissances doivent reconnaître que les droits inaliénables de la nation iranienne ne sont pas négociables, et
cesser d’être hostiles » à l’égard de l’Iran, a résumé samedi M. Ahmadinejad.

 

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