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22/04/2011

Une Egypte avec des libéraux! Est-ce possible?

Égypte La communauté copte est divisée sur la stratégie à adopter dans l'Égypte post-Moubarak : obtenir des gains immédiats ou participer au combat national ? Jouer la carte politique communautaire ou jouer, là aussi, la carte politique libérale et nationale ?

 

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L'église copte Saint-Marc à Alexandrie ne désemplit pas durant le carême. Les messes se succèdent tous les jours de la semaine et durent tout l'après-midi. Une atmosphère pieuse envahit ce lieu de culte, accompagnée d'une suffocante odeur d'encens. À l'intérieur de l'église, les fidèles sont divisés en deux. D'un côté les hommes, de l'autre les femmes et les enfants. Toutes les femmes couvrent leurs cheveux d'un fin voile quand elles rentrent à l'église. Chose singulière, alors qu'en Égypte, les femmes chrétiennes sont stigmatisées par certains parce qu'elles ne portent pas le voile à l'instar des musulmanes. La messe finie, le prêtre, avec sa longue barbe blanche, se met à la porte de l'église pour saluer les fidèles en leur offrant un bout de pain bénit, alors que ces derniers se pressent autour de lui, pour lui embrasser la main. On parle religion. On discute du carême, du dimanche des rameaux, de Pâques, etc. La situation politique en général et les manifestations qui ont lieu à travers le pays ne semblent pas trop intéresser les coptes réunis devant l'église. Si l'on demande à un prêtre son opinion sur la révolution égyptienne, il sourit gentiment et répond qu'il est ici en visite. Face à la même question, père Morcos, le prêtre à la longue barbe blanche, est soudainement très pressé d'aller à son bureau où une famille l'attend depuis deux heures.

 

A-t-il peur de répondre ? « Je n'ai peur que de Dieu. Et c'est en Lui seul que j'ai confiance », déclare-t-il offusqué. « Les prêtres refusent de parler car ils ne veulent pas causer du tort à la communauté. Ils ne veulent rien dire qui puisse compromettre les coptes. Tout le monde ici a toujours à l'esprit l'église copte qui fut la cible d'une attaque meurtrière le 31 décembre dernier », affirme Rojeh, un jeune copte. Un autre fidèle d'un certain âge ajoute que des salafistes ont menacé de kidnapper toutes les filles qui ne sortent pas voilées après 21h. « Et tout le monde sait que cette menace vise directement les coptes, ajoute-t-il, maintenant, nous avons peur pour nos filles. » Finalement père Kyrillos, un jeune prêtre aux longs cheveux et à la barbe toujours noire, accepte de parler. « Même aujourd'hui, on essaie toujours de créer un sentiment de peur chez les chrétiens, surtout lorsqu'on fait un amalgame entre les différents courants islamistes. Il y a un problème essentiel en Égypte.

 

Tout ce qui touche à la religion suscite immédiatement un tollé général, et un repli identitaire aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans.


La société égyptienne est intrinsèquement religieuse », affirme-t-il, ajoutant qu'« après la menace des Frères musulmans, voici celle des salafistes. On véhicule des rumeurs selon lesquelles ces derniers veulent enlever les filles non voilées. Or ces informations se sont avérées fausses. Celui a qui l'on attribuait ses menaces a démenti avoir tenu de tels propos, et le site des salafistes Iamsalafi.com a également nié ces rumeurs ».


Discriminations sous Moubarak
Dans cette Égypte postrévolution, les coptes doivent trouver leur place. Sous Hosni Moubarak, la position officielle de l'Église copte était la loyauté envers le régime en place. Cette politique était fondée, selon le père Kyrillos, sur des informations erronées et biaisées, transmises notamment aux autorités coptes pour les induire en erreur. Afin d'assurer sa pérennité face à la communauté internationale, d'une part, et aux chrétiens égyptiens, d'autre part, le régime de Moubarak a surfé sur la menace islamiste et la peur des Frères musulmans pour semer la zizanie entre les Égyptiens eux-mêmes. Il a ainsi obtenu le soutien de l'Église copte qui a cru la version officielle. « Cet appui était la conséquence du choix qu'on nous vendait à cette époque : le régime corrompu de Moubarak ou un régime islamiste avec les Frères musulmans au pouvoir.


Entre deux maux, il fallait choisir celui qu'on connaissait déjà. Le moins pire », affirme le religieux.


Un ambassadeur de confession copte, ayant requis l'anonymat, affirme pour sa part que l'ancien régime traitait du dossier copte d'un point de vue purement sécuritaire, au lieu de le traiter d'un point de vue social. Il récuse néanmoins l'idée selon laquelle la communauté copte serait persécutée et parle d'exagérations. Plutôt que de persécutions, la communauté a été victime de discriminations, dit-il. En effet, durant les 30 dernières années, la communauté copte en Égypte a souffert de nombreuses discriminations. Atef Barnaba, un pasteur évangélique, estime que les coptes ne jouaient aucun rôle politique du temps de Moubarak.

 

« La relation entre l'État et les chrétiens étaient strictement réduites aux affaires religieuses. Le dossier copte était entre les mains des officiers de la Sécurité de l'État (Amn el-Dawla), qui avaient le dernier mot sur les problèmes concernant la communauté ».


Ainsi, ils refusaient souvent aux coptes les autorisations de rénovation d'églises au motif que la société islamique ne le permet pas. « Par ailleurs, les fidèles musulmans estiment qu'ils ne doivent pas être gouvernés par un non-musulman. Ici, on l'appelle "wilayat al-copti", c'est-à-dire, qu'un Égyptien musulman ne doit pas recevoir des ordres d'un copte.

 

Cette considération religieuse influence directement les nominations de coptes dans la fonction publique. Ces derniers n'atteindront que rarement un poste supérieur au "middle management". Ce phénomène est très clair dans l'armée et chez les magistrats où l'on a dû nous battre durant des années avant d'avoir la nomination d'un juge copte », explique Atef Barnaba.


Une haut responsable copte au sein du ministère égyptien des Affaires étrangères minimise ces discriminations et estime que la diaspora copte les met en valeur pour aider ses coreligionnaires. Et ce responsable de souligner que les discriminations sont légion partout dans le monde, même dans les pays les plus démocratiques. Elles peuvent concerner les femmes, la race, les minorités religieuses, etc.


« Ce qui est important en Égypte, c'est le fait que la discrimination n'est pas institutionnalisée. Elle est le fait d'individus influencés par leur culture et leur propre opinion.

Il faut dire aussi que la situation des coptes au temps de Moubarak était comparable à celle de 90 % des Égyptiens. Hosni Moubarak donnait l'impression d'aider les chrétiens qui ne dénonçaient pas les discriminations à leur encontre de peur de se trouver dans une situation encore pire »

 

, affirme cette responsable sous le couvert de l'anonymat. Concernant la représentation des coptes au sein de l'État, un autre responsable au ministère des Affaires étrangères affirme

 

« qu'il n'y a aucune contrainte ou aucune discrimination légales qui empêchent les membres de cette communauté d'adhérer à la fonction publique. Les discriminations subies par les coptes sont dues essentiellement aux comportements de certains responsables locaux, qui justifient leurs actions par des tensions dans certaines régions du pays ».

 

Le pasteur évangélique ironise toutefois sur ceux qui affirment que la discrimination est le fait d'individus. « C'est le fait de "tous" les individus au pouvoir », affirme-t-il. Le haut responsable copte explique par ailleurs que la peur et les préjugés sont un vrai handicap pour les chrétiens qui veulent incorporer la fonction publique. Selon elle, beaucoup de personnes renoncent à le faire parce qu'elles croient qu'elles n'y arriveront jamais.

 

« Les coptes n'essayaient même pas. Ils acceptaient leur condition. Les coptes et les Égyptiens en général subissaient les injustices, car ils n'avaient pas de culture de lutte pour leurs droits »

 

, estime le responsable.


Avant et après la révolution
Cela jusqu'à ce qu'ils les demandent, leurs droits. Aujourd'hui, non seulement les manifestants demandent leur droit à la liberté, à la justice, mais ils commencent à demander des comptes à ceux qui les ont gouvernés durant toutes ces années. Le dernier grand rassemblement sur la place Tahrir visait, notamment, à dénoncer l'impunité. « Chez les coptes, aussi, l'équation a changé. Ils ont une meilleure vision qui leur permet de participer pleinement à la vie politique. C'est le moment idéal pour être visible. Pour faire entendre sa voix.


Pour dire : je suis présent, je fais partie intégrante de cette société », affirme le responsable ajoutant que « les coptes doivent demander leurs droits comme citoyens à part entière ». « La chute de l'ancien régime a été, pour les chrétiens, une chance de revendiquer leurs droits », renchérit le pasteur Barnaba.


Les critiques contre les coptes
Pour un diplomate musulman, que certains dirigeants coptes appellent à plus de droits spécifiquement pour leur communauté est déplacé. « Il faut se battre pour son pays, et non pas pour sa communauté », affirme-til.


L'Égypte ne comprend pas seulement plusieurs communautés religieuses (chrétiennes, musulmanes, bahaïe), elle comprend aussi plusieurs groupes ethniques (Bédouins, Nubiens, etc.) Selon lui, les demandes des minorités peuvent entraîner une réaction négative et une susceptibilité de la part de la majorité.


Il faut oeuvrer tout simplement pour l'instauration d'un État de droit, où les lois seraient appliquées équitablement à tous.

 

« En demandant la liberté pour tous, on obtient par ricochet la liberté pour les chrétiens aussi »

 

, ajoute ce diplomate. Le pasteur Atef Barnaba critique lui aussi le comportement officiel de l'Église copte durant la révolution. En effet, le pape copte, Chenouda III, avait qualifié, au tout début de la révolte, les manifestations comme l'oeuvre de voyous. Deux jours avant la chute de Moubarak, l'Église affirmait encore son attachement à l'ancien régime. Cette position a nui à l'Église copte, selon le pasteur Barnaba.


Ensuite, après la chute de Moubarak, l'Église copte a immédiatement demandé des droits communautaires alors que l'ambiance générale tournait autour des valeurs nationales, même chez les Frères musulmans. Cette attitude a été vivement critiquée par les révolutionnaires qui ont dénoncé, selon le pasteur Barnaba, un discours obtus, alors que les mentalités dans le pays étaient en plein changement. Ce changement est tel, affirme le pasteur, qu'on voit aujourd'hui des dirigeants musulmans appelant à plus de droits pour les chrétiens, une première selon lui. Après la révolution, l'Église copte s'est divisée en deux courants, explique pour sa part père Kyrillos. « Un courant qui cherche à obtenir des gains immédiats pour la communauté, en d'autres termes, sa part du gâteau. L'autre courant pense au contraire qu'il faut mener un combat national.


Ainsi, tout ce qui est positif pour l'Égypte, sera positif pour les coptes. En construisant un pays fondé sur la justice, les reformes et la démocratie, l'Église copte sera la première bénéficiaire de ces changements », ajoute-t-il.


La menace salafiste
Les jeunes coptes restent toutefois sceptiques, après l'euphorie de la révolution. Mohammad et Michael vivent au Caire. Ils sont amis depuis des années. Ils discutent ensemble de la prochaine manifestation.


Mohammad taquine Michael : « Si tu ne viens pas demain, je dirai aux révolutionnaires que tu es contre eux. » Comme beaucoup de coptes, Michael est hésitant. « Hier, sur la place Tahrir, j'ai été arrêté par un salafiste qui m'a demandé mes papiers », dit-il. La révolution égyptienne a mis en évidence l'émergence de plusieurs courants islamistes dont les Frères musulmans, les salafistes et les soufis. Ces derniers semblent toutefois soutenir aujourd'hui le courant modéré des musulmans. Par contre, il y a une vraie crainte des salafistes. « Ces derniers ont une forte base dans la population, surtout dans le rif où leurs discours visent les
classes pauvres et non éduquées. Leur pensée est en outre bien loin des débats intellectuels profonds, et consiste essentiellement en des interdits religieux. Leurs actions mettent aussi mal à l'aise les musulmans modérés qui ont peur d'eux », explique Atef Barnaba.

 

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Le nouveau visage des Frères musulmans
Les Frères musulmans ne suscitent pas la même peur, loin de là. Selon Barnaba, « la révolution a montré un autre visage des Frères musulmans. Le régime de Moubarak utilisait la confrérie comme épouvantail. La révolution a montré de nouveaux visages. Des musulmans pour les coptes, des coptes pour les musulmans.


En se côtoyant lors des manifestations, les protestataires ont appris à mieux se connaître, à découvrir que les coptes sont des Égyptiens à part entière. Dans certaines régions du pays, dans le rif, par exemple, on apprenait aux Égyptiens musulmans que les coptes sont des intrus, qu'ils sont venus avec les croisades, qu'ils sont différents, etc. Or, historiquement, la communauté copte est enracinée en Égypte bien avant la conquête arabo-musulmane, et bien avant les croisades ». Père Kyrillos estime lui aussi qu'aujourd'hui, les Frères musulmans sont beaucoup plus modérés qu'auparavant. « Ils ne sont pas des gens candides. Au contraire, ils sont éduqués », dit-il. Mohammad, un jeune Égyptien ayant fait des études de médecine, et qui est proche des Frères musulmans, estime pour sa part que ces derniers ne seront en aucun cas une menace pour les chrétiens. Au contraire, selon lui, la confrérie protégera les coptes, puisque la charia impose la protection des gens du Livre.

 

S'ils arrivent au pouvoir, ils savent que la communauté internationale les surveille, et ils ne feront aucun geste qui pourrait menacer les coptes et donner une mauvaise image de leur régime à l'extérieur pouvant entraîner des sanctions contre l'Égypte, estime Mohammad.

 

Selon lui, les Frères musulmans donneront plus de liberté aux coptes. Mais il n'exclut toutefois pas une islamisation de la société : ils imposeront peut-être aux femmes musulmanes le voile, et il leur sera interdit de travailler.


Plus de droits pour les chrétiens sous la charia ? Le pasteur Barnaba n'y croit pas et critique ceux qui professent une telle idée.

 

« Nous voulons nos droits en tant que citoyens, non pas en tant que chrétiens ou dhimmis, affirme-t-il. Les droits selon la charia sont bien moindres que les droits civiques. ».

 

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Appuyer les libéraux
Aujourd'hui, la communauté copte est également divisée quant à son rôle éventuel sur la scène politique. « Il y a, d'une part, ceux qui veulent prendre une position politique et orienter les fidèles vers une position commune. Alors que la seconde position estime que le rôle de l'Église n'est pas de faire de la politique. Le rôle de l'Église est moral, et elle ne doit pas interférer dans le jeu des partis politiques », explique père Kyrillos. Bishay, un jeune commerçant copte d'Alexandrie, est très enthousiaste et très optimiste pour l'avenir de son pays. Il raconte que le milliardaire copte Naguib Sawaris a entamé la création d'un parti politique, comprenant chrétiens et musulmans, ayant pour fondement des valeurs démocratiques. Toutefois, le prêtre copte est opposé à un parti à caractère copte comme celui qu'organise Naguib Sawaris. « Le seul fait qu'il soit labellisé copte risque de lui faire perdre les voix des musulmans modérés. Il vaut mieux appuyer un parti "national" libéral déjà existant », estime père Kyrillos. Un haut responsable au ministère des Affaires étrangères préconise pour sa part une loi électorale fondée sur un système proportionnel et non plus majoritaire. « Dans ce cas, les coptes seront représentés plus équitablement politiquement dans le Parlement », estime-t-il. Selon lui, les espoirs reposent actuellement sur les résultats des prochaines élections législatives qui auront lieu dans quelques mois. Il espère en outre l'émergence d'un parti politique non religieux, libéral, sans nécessairement être laïc.

 

Les coptes après la révolution, entre peur des salafistes et espoir d’un changement libéral
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 18 avril 2011
Auteur : Antoine Ajoury

10:21 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : egypte, libéraux, coptes, musulman, islamisme, moubarak, salafiste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/04/2011

Richard Goldstone honte à lui...היט ישראל ס אומרעכט

Son auteur a déclaré avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils lors de l'opération Plomb durci.

 

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Israël a réclamé dimanche l'annulation du rapport Goldstone l'accusant de "crimes de guerre" durant son offensive contre Gaza à l'hiver 2008/2009, après que son auteur a reconnu avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils. "J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'Histoire", a affirmé le Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans le cadre d'une offensive médiatique et diplomatique destinée à rehausser l'image internationale d'Israël. En face, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s'est déclaré "choqué par la position du juge", alors que le groupe radical Jihad islamique dénonçait "la reculade du juge Richard Goldstone", lui reprochant d'"avoir cédé aux pressions du lobby sioniste". Dans une tribune publiée samedi par le Washington Post, Richard Goldstone a écrit que de nouveaux éléments apparus après la publication de son rapport fin 2009 montraient qu'Israël n'avait pas visé "de manière intentionnelle" des civils.

 

Selon lui, son rapport évoquant de possibles crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité de la part d'Israël comme des groupes armés palestiniens à Gaza, pendant l'opération Plomb durci, aurait été "un document différent" aujourd'hui.

 

http://maierovitch.blog.terra.com.br/files/2009/09/a-gazatragedia.jpg


Enquêtes
"Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m'y employer", a souligné le ministre de la Défense Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de "publier ses conclusions actuelles" sans se contenter d'un simple article de presse. Le président israélien Shimon Peres a appelé pour sa part le juge "à s'excuser, pour avoir accusé Israël de crimes de guerre et ignoré que l'offensive d'autodéfense Plomb durci avait été lancée en riposte à des milliers de roquettes tirées (depuis Gaza) contre des civils innocents". L'ancien ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Gillerman, s'est félicité à la radio militaire de la nouvelle prise de position du juge Goldstone, soulignant qu'elle venait après une série d'interventions israéliennes pour le faire changer d'avis. Tous les journaux israéliens ont consacré dimanche leur première page aux "regrets" du magistrat sud-africain. La dévastatrice offensive israélienne avait coûté la vie à 1 400 Palestiniens, en majorité des civils, et à 13 Israéliens, pour la plupart des militaires. À la publication du rapport, les autorités israéliennes, qui avaient refusé de collaborer avec l'enquête de l'ONU, s'étaient déchaînées contre son auteur, accusé de faire le jeu du Hamas. Un rapport présenté en mars au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, reconnaissait qu'Israël avait dédié d'"importantes ressources pour enquêter sur plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles à Gaza" tout en regrettant qu'aucune enquête n'eût visé les responsables de l'opération. Suite à ces enquêtes, trois actes d'accusation ont été lancés contre des militaires israéliens, selon des sources judiciaires. Le rapport s'alarmait du fait que le Hamas n'avait pas pour sa part mené d'enquêtes sur le lancement d'attaques à la roquette et au mortier contre Israël. En mars 2010, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait créé un comité pour assurer le suivi du rapport du juge Goldstone. Le magistrat sud-africain avait recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye si les autorités israéliennes et palestiniennes refusaient d'ouvrir des enquêtes crédibles sur les "crimes de guerre" afin de punir les coupables.

 

Israël réclame l’annulation du rapport Goldstone
Source, journal ou site Internet : Le point
Date : 3 avril 2011

11:20 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, goldstone, guerre, onu, netanyahou, hamas, islamisme, palestine, droit de l(homme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/03/2011

Au Pakistan, les islamistes tuent les chrétiens; En France personne ne bronche, pourquoi?

Assassiné en vertu de la loi sur le blasphème, le ministre des Minorités religieuses avait osé réclamer l’amendement de ce texte hostile aux minorités non musulmanes. Vingt-cinq balles tirées à bout portant, en plein jour, au centre d’Islamabadı: les quatre islamistes membres du Tehrik-e-Taliban (TTP) n’ont laissé aucune chance à Shahbaz Bhatti, ministre fédéral chargé des Minorités religieuses depuis novembre 2008.

 

http://www.pointdebasculecanada.ca/resizer.php?imgfile=img/jpg/pakistan.jpg&max_width=476


Originaire des environs de Faisalabad (Penjab), ville surnommée “le Vatican du Pakistan” pour avoir été fondée par les dominicains, ce fervent catholique est la deuxième personnalité pakistanaise victime d’un attentat pour la même raison. À l’instar du gouverneur du Penjab, assassiné le 4 janvier, Shahbaz Bhatti s’était courageusement opposé à la loi sur le blasphème. Il avait soutenu Asia Bibi, cette jeune chrétienne emprisonnée depuis plus d’un an et condamnée à mort pour avoir “insulté le Prophète” (en réalité pour avoir dit publiquement sa foi en Jésus-Christ). Ce nouvel assassinat illustre la condition précaire des minorités au Pakistan et, surtout, la radicalisation de la société dans ce débat impossibleı: la loi sur le blasphème doit-elle être amendée ou nonı? Une grande partie de la société pakistanaise s’y oppose et veut conserver ce texte clairement discriminatoire, porteur d’exclusion et de violences contre les non-musulmans. Héritière du système de castes hindou, apparentant les minorités religieuses aux intouchables, cette loi n’est que le reflet d’une longue tradition d’intolérance, récupérée dans une stratégie politique et un contexte socio-économique propres au Pakistan actuel. Le pays pratique à l’égard de ses minorités religieuses une discrimination bien antérieure à la loi de 1986 sur le blasphème. Les régimes successifs de Zulfikar Ali Bhutto et de Zia Ul-Haq, proches des extrémistes religieux, avaient favorisé dans les années soixante-dix le fondamentalisme, en
mettant en place les instruments législatifs facilitant son ancrage dans les institutions et les mentalités. En 1974, Zulfikar Ali Bhutto déclara “non musulmans” la secte des musulmans ahmadis. Il sema ainsi, au sein même du dispositif constitutionnel et de l’appareil législatif, les graines du salafisme sunnite (école fondamentaliste), qui allait diviser la société entre musulmans, citoyens de plein droit, et non musulmans, citoyens de seconde zone.


Le vote du Parlement évinçant les ahmadis de l’islam a servi à étendre et à justifier les persécutions envers les autres communautés qui représentent près de 4 % de la population (180 millions d’habitants)ı: les sikhs, les hindous, les chrétiens, mais aussi les chiites. Tous sont victimes de violences contre leur communauté, même si les ahmadis sont les plus visés. De simples civils appliquent le châtiment pour blasphème Ces minorités sont exclues de la haute fonction publique et cantonnées à certaines professions. Leur accès à la propriété est limité par toutes sortes de discriminations. Évidemment interdites de prosélytisme, elles sont harcelées en permanence et subissent aussi des violences directes, comme le montrent la mise à sac de deux quartiers chrétiens au Penjab, en 2009, et l’attentat contre les mosquées des ahmadis de Lahore, le 28 mai 2010 (80 morts). Amendée en 1991, la loi sur le blasphème de 1986 stipule que « quiconque aura profané le nom sacré du Prophète sera puni de mort ». La peine capitale n’a jamais été appliquée même si, entre 1986 et 2009, près de 1000 personnes ont été condamnées ou emprisonnées pour ce motif assez vague de “blasphème”. Aujourd’hui, confronté à son impopularité, le gouvernement du Parti du peuple pakistanais (PPP) du président Asif Ali Zardari tente de se rallier les extrémistes en se montrant conciliant avec eux.

 

http://www.primo-info.eu/imagesdoc/persecution%201.jpg


Bien que minoritaires, ils gardent un certain crédit auprès d’une société majoritairement conservatrice. Le plus grave est que la loi de 1986 incite des éléments de la société civile à assurer eux-mêmes son application.


La moindre querelle peut ainsi devenir le prétexte à dénoncer un “coupable” de blasphème, avant de le châtier, par le viol, la torture ou la mise à mort, parfois pratiqués en public.

 

GEOPOLITIQUE DE LA CULTURE :
Pakistan : pas de pitié pour les chrétiens
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 10 mars 2011
Auteur : Marie de Douhet

08/03/2011

Arabie saoudite pour quelle révolution?

Analyse

La pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits aux jeunes générations. Après avoir débloqué 37 milliards de dollars pour financer des mesures en matière de logements, d'emplois et d'éducation, les autorités ont annoncé samedi qu'elles ne toléreraient aucune manifestation et prévenu que les forces de sécurité étoufferaient toutes formes de troubles à l'ordre public.

 

http://cpa.hypotheses.org/files/2009/05/saoudiepoetesse-300x199.jpg


Cette mise en garde fait suite aux rassemblements limités qui se sont produits ces derniers jours dans le royaume. Des membres de la minorité chiite ont défilé dans l'est de la péninsule et, selon des opposants, une petite manifestation - fait rare - s'est déroulée vendredi dans une mosquée de Riyad. Premier exportateur mondial de brut, le royaume wahhabite n'affronte pas un mécontentent comparable à celui qui a balayé depuis le début de l'année Zine el-Abidine Ben Ali puis Hosni Moubarak. Mais le principal allié des États- Unis au Moyen-Orient n'est pas épargné par l'agitation qui secoue le monde arabe. Et la pression s'accentue sur les structures vieillissantes du pouvoir pour accorder plus de droits et d'influence aux jeunes générations qui vivent à l'heure d'Internet. Comme dans d'autres pays arabes touchés par le mouvement de contestation, des revendications se font jour par le biais de messages relayés sur les sites sociaux. Ils émanent d'une coalition hétéroclite de progressistes, de militants des droits de l'homme, d'islamistes et d'intellectuels. « Lessubventions annoncées par le roi ont été bien reçues mais elles sont insuffisantes », commentait, avant la mise en garde des autorités, Khalid al-Dakhil, politologue saoudien signataire d'une pétition réclamant des élections et une transparence accrue dans les décisions du gouvernement. « Je pense que le pouvoir va entreprendre des changements et ouvrir un dialogue informel. Il pourrait y avoir un remaniement ministériel et des élections sont dans les tuyaux », ajoutait-il L'Arabie saoudite et ses 18 millions de sujets sont gouvernés depuis 1932 par la maison des Saoud en alliance avec les religieux sunnites. Il n'y a pas de Parlement élu et les partis politiques sont inexistants. Les analystes ne voient pas à ce stade de signes précurseurs d'une protestation d'une ampleur similaire à ce qui s'est produit en Tunisie et en Égypte avant de se propager au Yémen, à Bahreïn ou à Oman. « Un message ou deux postés sur Twitter par une jeune Saoudienne éduquée à l'étranger et pleine de ressentiment devant son absence de droits ne font pas un printemps de Riyad », estime l'essayiste américain Simon Henderson. Certains observateurs notent cependant que le débat fait rage sur les médias sociaux où de plus en plus de Saoudiens n'hésitent plus à décliner leur identité complète. La guerre du Golfe de 1991 avait provoqué une vague de contestation contre la présence de forces américaines sur le sol saoudien.

 

Mais, note Madawi al-Rasheed, analyste saoudienne basée à Londres, « la situation est très différente aujourd'hui ». « En 1991, explique-t-elle, il y avait deux camps, les islamistes et les progressistes, avec des traditions totalement différentes. Aujourd'hui, ils viennent de différentes couches de la société mais partagent un thème commun : ils font campagne pour une monarchie constitutionnelle, même si je ne pense pas que cela se produira. »

 

Depuis son accession au trône, en 2005, le roi Abdallah a introduit quelques réformes mais n'a pratiquement pas touché aux bases de la monarchie absolue ni réformé le code social qui impose une stricte séparation des sexes issu du wahhabisme, la version rigoriste de l'islam sunnite en vigueur dans le pays. « Nous sommes toujours dans le train qui se dirige vers la "ville de Révolution". L'opinion n'est pas satisfaite des concessions obtenues jusque-là et l'avenir est toujours très trouble », écrit de son côté la bloggeuse saoudienne Eman al-Nafjan. L'état de santé du roi et de son frère, le prince héritier Sultan, qui multiplient les séjours médicaux à l'étranger, ne facilite pas les choses. En l'état, seuls les fils du fondateur du royaume, Abdelaziz ben Séoud, peuvent prétendre monter sur le trône.

 

Des 37 descendants du roi, 20 sont encore en vie.

 

l’Arabie saoudite alterne le chaud et le froid
Source, journal ou site Internet : L’Orient le jour
Date : 7 mars 2011

06/03/2011

Islam, Laïcité, et alors que faisons-nous?

Depuis une génération, les fondements de notre société subissent une pression religieuse sans précédent. L’islam frappe à toutes les portes de la République et s’efforce de pénétrer notre arsenal juridique pour obtenir un droit de cité de plus en plus large. Nous aurions tort de ne pas prendre garde à ce phénomène, car son développement risque de bouleverser ce qui fait l’essence de la France.

 

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À l’époque gallo-romaine, le christianisme a supplanté les vieilles croyances païennes, mais cette évolution spirituelle s’est faite de l’intérieur, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui. La deuxième religion de France est totalement importée. Pour des raisons historiques, d’abord, du fait de la décolonisation ; par maladresse, ensuite, en accordant la nationalité française selon des procédures automatiques aux enfants de parents étrangers nés sur notre sol ; par la mise en place, enfin, de politiques d’immigration qui ont facilité l’accès à notre territoire de populations en majorité musulmanes. L’effet de masse a fait le reste. Des revendications inconnues jusqu’ici se manifestent, les unes derrière les autres, jamais en bloc. Elles ne procèdent probablement pas d’une manoeuvre délibérée, mais leur succession constitue un piège qui fonctionne à merveille, car il nous contraint à réagir au coup par coup. On mesure bien la fragilité de la riposte, qui s’exprime par des mesures d’interdiction, souvent difficilement applicables. Si l’école a su faire respecter la réglementation du port du voile, c’est parce que l’opposition à cette marque ostentatoire de religion a fait l’objet d’un large consensus, notamment au sein du monde enseignant, vigilant gardien de la laïcité. D’autres sujets, comme le port de la burqa ou la construction de lieux de culte, sont sources de débats et il faudra du temps pour que la justice dégage une jurisprudence qui s’imposera à tous les tribunaux, lesquels tranchent aujourd’hui dans des sens divers. Si nous pensons faire front en élevant des barrières juridiques chaque fois que nos fondements culturels et politiques sont menacés, nous échouerons, car elles sauteront toutes les unes après les autres, par difficulté à les faire appliquer. Nous serons victimes de nos propres règles, tout bonnement parce que la pratique de l’islam, si éloignée de nos moeurs enracinées dans la morale judéo-chrétienne, exigera, au nom des libertés fondamentales, le droit à la nourriture halal, le droit à la pratique traditionnelle du culte à l’école et sur les lieux de travail, le droit pour un musulman d’obtenir la garde d’un enfant issu d’un couple mixte, conformément à la loi musulmane, etc. On commence à faire appel à un islam de France, en se fondant sur l’organisation cultuelle mise en place ces dernières années. Idée cartésienne bien de chez nous, mais sans efficacité et sans avenir. L’influence du Conseil français du culte musulman sera toujours limitée, puisque l’islam, échappant à toute structuration hiérarchisée, est étranger à nos formes d’organisation. Rien ne garantit en outre son invulnérabilité à des idéologies venues de l’extérieur. Pendant ce temps, la charia gagne du terrain dans les banlieues, dans certains milieux éducatifs, dans l’entreprise, dans le commerce, avec ces chaînes de distribution et d’alimentation qui s’adaptent à la demande d’une clientèle musulmane, quand elles ne la précèdent pas. On ne sert plus de porc dans les avions, car il est plus simple de procéder ainsi que de proposer deux menus. On tend à banaliser la pratique d’exception, par commodité, sans s’apercevoir qu’elle devient la norme. Qui peut croire que nous pouvons continuer sur cette voie sans dommage pour l’équilibre de notre société ? Il faudra bien dire que ces dérives sociales ne sont pas compatibles avec l’ordre public français, celui qui exprime l’état de nos moeurs, en évolution constante et dont il revient au juge de préciser le contenu. Rôle redoutable, confié aux magistrats, alors que le bloc de l’institution judiciaire montre des fissures qui ne doivent s’élargir à aucun prix. Alors, que faire ? Commençons par faire preuve de lucidité. Notre politique de la ville est un désastre qui a englouti des milliards d’euros. Des associations ont alimenté avec l’argent du contribuable un esprit communautariste au lieu de favoriser l’intégration, à défaut de l’assimilation. Nous voilà avec des centaines de milliers de Français malgré eux, qui, à ce titre, présentent une force revendicative que nous aurons du mal à contenir, et une immigration clandestine dont le poids est à redouter. Un coup d’arrêt s’impose pour dire clairement que la charia est incompatible avec nos principes républicains et notre culture héritée de deux mille ans d’histoire. Sans doute faudra-t-il préciser, en ranimant les vertus de la laïcité, les conditions dans lesquelles la religion musulmane peut être pratiquée sur le sol national. Tâche délicate, mais si nous ne le faisons pas, nous devrons vivre dans une autre France, et nombreux seront ceux qui ne l’accepteront pas. Il sera alors trop tard pour le regretter.

 

Claude Valleix, préfet honoraire, et Pierre Mérand, procureur général e.r.

 

Islam et laïcité
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 3 mars 2011
Auteur : Claude Valleix et Pierre Mérand

 
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