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04/12/2010

CP: M. DARCHIASHVILI condamne l’occupation russe de la Géorgie

Assemblée européenne de sécurité et de défense
Assemblée de l'Union de l'Europe occidentale

 

M. DARCHIASHVILI condamne l’occupation russe de la Géorgie

 

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Paris, le 1er décembre 2010 – M. David DARCHIASHVILI, Président de la Commission sur l’intégration européenne de la Géorgie, a évoqué de façon positive les progrès réalisés par son pays depuis 2003 afin de devenir un Etat moderne et démocratique, mais il a condamné la présence de 10 à 15 000 soldats des forces d’occupation russes sur le territoire géorgien et la poursuite de la militarisation.

 

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Une nouvelle constitution a été adoptée récemment, qui accroît le contrôle exercé par le parlement sur le gouvernement ; le système judicaire est renforcé par la nomination de juges à vie et l’introduction de jurés dans les procès ; le système électoral est en passe d’être réformé et des mesures sont prises pour améliorer la liberté de la presse, a dit M. DARCHIASHVILI, qui s’exprimait au nom de M. David BAKRADZE, Président du parlement de Géorgie.


Il a déclaré, à propos du conflit qui a éclaté entre la Géorgie et la Russie en 2008, que la Géorgie respectait le cessez-le-feu du 12 août 2008 négocié par l’Europe, même s’il subit de « graves violations », et il a souligné que la Géorgie « n’avait jamais eu recours à la force » pour réaliser ses objectifs. Il a ajouté que l’engagement de la Russie auprès des institutions internationales était « impératif » pour la paix et la prospérité et qu’il y a avait des raisons d’être optimiste car les deux pays « cherchent vraiment » à coopérer.


Expliquant les origines du conflit, M. DARCHIASHVILI a précisé que la Géorgie était confrontée à un « mélange complexe » de menaces nouvelles et traditionnelles en ce qui concerne l’ethnicité, le séparatisme, la corruption et le crime organisé, qui ont trouvé appui en Russie, où les aspirations de la Géorgie à la souveraineté et à un avenir européen ont fortement déplu.


Répondant aux questions des parlementaires, M. DARCHIASHVILI a dit que la Russie n’avait pas fait preuve d’empressement pour venir à la table des négociations, mais qu’il espérait des progrès « dans un avenir proche ». Le gouvernement géorgien est « prêt à parler directement, sans conditions préalables » et il a ajouté qu’il souhaitait que le pragmatisme l’emporte tôt ou tard du côté russe.


Il a regretté que l’OTAN et le reste de la communauté internationale n’aient pas contraint la Russie à examiner la question de l’occupation de la Géorgie, mais précisé : « nous sommes réalistes ». Il a néanmoins noté avec satisfaction, en ce qui concerne les ambitions de la Géorgie d’adhérer à l’Alliance, que la candidature géorgienne avait été dissociée de celle de l’Ukraine, étant donné que la Géorgie n’a pas renoncé mais que l’Ukraine a changé constamment d’avis.


M. DARCHIASHVILI a confirmé la construction en cours d’une base navale par la Russie sur la rive abkhaze de la mer Noire et la présence de 10 à 15 000 soldats russes dans « tous les territoires occupés ». Il s’est demandé pourquoi la Russie avait déployé des systèmes stratégiques S300 dont « la portée opérationnelle va bien au-delà de la ligne d’affrontement actuelle ». La Russie veut que la Géorgie se conforme à ses ordres plutôt que de suivre son destin, a-t-il souligné, expliquant que la nouvelle constitution entrerait en vigueur après les prochaines élections présidentielles et législatives. Il a ajouté que les autorités traitaient toujours des demandes de retour concernant les descendants de personnes déportées de Géorgie à l’ère soviétique. Il a souligné en outre que quelque 500 000 personnes, sur une population de quatre millions, ont été déplacées à l’intérieur du pays ou ont fui à l’étranger et sont devenues des réfugiés depuis l’effondrement de l’URSS.


M. DARCHIASHVILI a rendu hommage à l’Assemblée européenne de sécurité et de défense, déclarant qu’elle jouait un rôle important en encourageant au dialogue entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest depuis la disparition de l’Union soviétique. Il a salué la décision de l’Assemblée d’admettre la Géorgie en tant que pays partenaire.

 

Communiqué de presse : M. DARCHIASHVILI condamne l’occupation russe de la Géorgie
Source, journal ou site Internet : AESD
Date : 1er décembre 2010

 

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02/12/2010

Le vert mercantilisme............ou quand le ver est dans le fruit!

La crise a permis de réduire les émissions de CO2, mais elle sape également les fondements de l’"économie
verte" à la sauce européenne. En remettant en question les subventions aux technologies les moins
performantes, ce choc peut se révéler salutaire pour le développement du secteur.

 

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Le 12 octobre 2010, l'Agence européenne pour l’environnement mettait en garde : "Un nouveau rapport
montre que la chute importante des émissions de CO2 en 2008 et 2009 permet à l'Union européenne des
Quinze d’atteindre, voire de dépasser, l’objectif du protocole de Kyoto, à savoir une réduction de 8% des
émissions de CO2." Ce rapport montre en outre que "l'Union européenne à vingt-sept est sur la bonne voie
pour atteindre, d’ici 2020, l’objectif de 20% de réduction". D’après cette étude, la production de CO2 a été,
en 2009, inférieure de 6,9% par rapport à 2008 : c’est la diminution la plus importante depuis que les
émissions de gaz carbonique sont contrôlées. Tout le monde s’accorde pour dire que la cause principale de
cette baisse a été la crise économique. Toutefois, on est frappés par l’optimisme de ce rapport, que l’on
retrouve dans une communication de la Commission européenne du 26 mai 2010 : "Le fait que nous
approchions de cet objectif de 20%, contrairement à ce que l’on pouvait penser en 2008, a un effet
d’entraînement évident sur le défi que nous nous sommes lancés, à savoir une baisse de 30%". Ces paroles
prudentes dissimulent pourtant une logique rigoureuse. Les premières ébauches du rapport parlaient de
l’impact de la crise économique sur les émissions de CO2 avec un ton carrément enthousiaste, ce qui
provoqua de fortes résistances, y compris dans les milieux traditionnellement favorables au dirigisme
écologique européen. On peut lire par exemple dans un document interne du BDA, le syndicat du patronat
allemand : "Une croissance économique moins importante ne devrait pas être célébrée comme un instrument
de protection du climat". Les organisations industrielles des autres pays européens ont pris des positions
semblables, voire encore plus tranchées.


La crise a coupé la branche sur laquelle l'industrie verte était assise
La publication du rapport définitif a provoqué un tollé, notamment chez Business Europe (la confédération
des entrepreneurs européens) et Eurelectric (l'association de l’industrie électrique). Pour la première fois, les
deux actionnaires majoritaires de l’exécutif de l’Union européenne – la France et l’Allemagne – ont pris
leurs distances, à travers la déclaration commune de leurs ministres de l’Industrie respectifs. Il semblerait
toutefois que le plus farouche opposant au projet soit le responsable européen de l’industrie, l’allemand
Günther Oettinger. La gestion du dossier climatique a été confiée à la danoise Connie Hedegaard, qui dirige
depuis 2009, date du renouvellement de la Commission, la Direction générale de l'action sur le Climat créée
spécialement pour elle. Connie Hedegaard est considérée comme une "extrémiste". Elle est restée, en effet,
dans l’esprit d’un très grand nombre, la “marraine” du sommet de Copenhague [COP15], conçu au départ
comme la célébration de la béatification écologique de Barack Obama, mais qui s’est révélé un véritable
après Kyoto.


La crise a coupé la branche de l’arbre sur laquelle l’industrie verte européenne était assise. Mais surtout, la
demande a chuté : installer de nouvelles capacités productives n’est plus une nécessité. On estime que la
demande d’énergies primaires dans l’UE a baissé de 3,4% entre 2005 et 2010 ; on sait aujourd’hui qu’on
retrouvera les valeurs d’avant la crise seulement après 2020. D’après la Commission européenne,
l'augmentation des consommations totales entre 2015 et 2030 atteindra à peine quatre pour cent ; cette valeur
sera même inférieure de seize pour cent par rapport aux prévisions de 2007. En outre, l’accès au crédit est
devenu plus difficile pour tous les Européens. Ce phénomène est particulièrement préjudiciable pour les
industries à capitaux élevés, caractérisées par des coûts fixes importants et de faibles coûts variables, comme
dans le cas des nouvelles énergies renouvelables. Il est donc plus compliqué de rassembler des capitaux pour
créer des installations, et presque impossible de destiner ces capitaux à la recherche et au développement.

 

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Etre vert c'est bien, être vert et riche, c'est mieux
Récemment, presque tous les pays européens ont réduit le montant de leurs subventions. En Italie, le
gouvernement a coupé les dépenses de l’énergie pour le secteur photovoltaïque en moyenne de 20%. En
Espagne, on parle ouvertement de “bulle solaire”, depuis que la réduction des subventions a atteint dans
certains cas 45% de la valeur des installations et a provoqué la fermeture de plusieurs grands établissements
de production de panneaux solaires. Même l’Allemagne a diminué graduellement ses subventions : d’abord
de 3%, puis, en janvier 2010, de 13%, enfin, de 21% à partir de 2012. La Grande-Bretagne a annoncé à son
tour une baisse de dix pour cent à partir de 2013. Ce changement de cap trahit toutefois des questions plus
profondes, qui ne dépendent pas uniquement de la conjoncture économique. Ce n’est un mystère pour
personne si certains pays – comme l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark – examinent la politique
environnementale à travers le prisme de la politique industrielle : on veut bien être verts, mais c’est encore
mieux si on est à la fois verts et riches. Cette expérience a cependant échoué. Dans le meilleur cas, la
richesse a été transférée, elle n’a pas été créée ; et, probablement, ce transfert a fini par la détruire. Si,
initialement, l'Europe était le leader mondial de la technologie verte, les choses ont bien changé depuis. Les
producteurs chinois sont arrivés avec une politique commerciale agressive, qui, d’un côté, a réduit les coûts
de production en augmentant les marges de manière démesurée, et, de l’autre, a entraîné un déplacement de
la rente verte au-delà des frontières européennes. En attendant, en Europe, les usines ferment leurs portes,
alors que la production de panneaux solaires en Chine – alimentée essentiellement par nos subventions –
augmentera de 50% en 2010. Que reste-t-il, dès lors, à part les vestiges d’une belle illusion ?


La fin de l'argent facile : une chance pour les énergies renouvelables
L'Europe continue à se laisser entraîner en partie par l’inertie idéologique : au sommet de Cancún sur les
changements climatiques [COP16/CMP6], elle tapera du poing sur la table et clamera face au reste du monde
sa propre vertu. Mais, à y regarder de plus près, un courant européen réaliste s’apprête à concevoir de
nouveaux objectifs et de nouvelles stratégies : à partir du constat selon lequel toutes les sources d’énergie ne
sont pas égales, et ne méritent pas toutes d’être encouragées avec des dépenses inconsidérées. Les énergies
vertes doivent réagir aux signaux du marché et correspondre à une demande plus structurée. Par exemple, il
est possible de repenser les subventions aux biocarburants, en récompensant les technologies qui savent les
produire à des prix compétitifs et exploitent des terrains marginaux. Il est probable, par ailleurs, que
l’énergie éolienne doive se limiter aux zones venteuses, en renonçant ainsi à la prétention d’installer des
éoliennes qui ne fonctionnent que 1 000 ou 1 500 heures par an. Si l’écart entre les énergies traditionnelles et
les énergies dites propres se restreint, suivre des objectifs extra-économiques devient moins coûteux et
socialement plus acceptable. Cependant, il est nécessaire de quitter le modèle dirigiste qui a défini jusqu’à
présent l’approche européenne – avec une planification des prix et des quantités d’énergie produite – afin
récompensées (par exemple, en pénalisant les autres avec une taxe carbone). Le fait d’émettre peu de CO2,
voire pas du tout, n’est toutefois pas une garantie absolue de survie. Cela peut sembler paradoxal, mais la fin
de l’argent facile peut transformer la chenille verte en papillon renouvelable.

 

L’Europe est mise au vert
Source, journal ou site Internet : Il Foglio
Date : 29 novembre 2010
Auteur : Carlo Stagano

17:10 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, mercantilisme d'etat, mercantilisme, économie, écologie, co2, crise(s), énergie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/12/2010

Les Etats, l'Europe, l'Endettement..................et corruption?

Sur les 374 milliards d'euros des emblématiques fonds de soutien de l'UE à destination de ses régions sinistrées, seuls 10 % sont aujourd'hui alloués. La faute à des Etats qui, à court d'argent, ne trouvent pas de quoi alimenter les caisses de la politique de cohésion européenne. Le Financial Times lance une grande enquête sur le dédale de la politique régionale européenne.
Cynthia O’Murchu - Peter Spiegel

 

http://www.oca.eu/gemini/pagesperso/nardetto/Images_Planete/debte.jpghttp://www.theoffside.com/files/2009/11/euro-corruption.png


Solidarité : tel est depuis longtemps le mot d'ordre de l'Union européenne. La politique de cohésion européenne, qui distribue chaque année des milliards d'euros d'aides sur un territoire de quelque 500 millions d'habitants, est la réalisation la plus tangible de cette ambition. Ce programme colossal participe au financement de plus de 600 000 projets, de la construction de ponts sur le Danube à la formation d'équipiers dans les cuisines de McDonald's en Suède. Soucieuses de favoriser le développement économique et de refermer les fractures héritées de la guerre froide, les autorités européennes entendent rapprocher les peuples de la région et élever le niveau de vie général, pas seulement dans les régions isolées et défavorisées, mais aussi dans le coeur le plus développé de l'Europe, en stimulant la demande globale de biens et de services.


Des milliers de kilomètres de routes qu'ils parcourent aux musées qu'ils visitent, en passant par les cours de gym auxquels ils participent, des millions d'Européens bénéficient ainsi des largesses de l'Union. “Cela fait partie inhérente de l'idée européenne, et du projet européen”, insiste Johannes Hahn, le commissaire européen à la Politique régionale, qui supervise les fonds structurels. Cependant, ce programme est pour ses détracteurs un exercice raté de redistribution des richesses, entaché de fraudes et de gaspillages. Dans un
contexte de tensions économiques croissantes qui mettent le marché des obligations de la zone euro dans tous ses états, dressent les capitales européennes les unes contre les autres et mettent en cause l'avenir même du projet européen, ces détracteurs se demandent aussi si tout cet argent ne pourrait pas être mieux dépensé.


Alors que s'ouvrent les négociations entre les Etats membres en vue des prochaines perspectives financières [après 2013] et que la Commission européenne se prépare à réviser le cadre même de la politique de cohésion, le Financial Times et le Bureau of Investigative Journalism ont ouvert une enquête visant à répondre à deux questions simples : où va l'argent de la politique régionale européenne ? Et atteint-elle les objectifs qui lui ont été fixés ?

 

http://investigation.blog.lemonde.fr/files/2007/05/tous-fiches25.1180616826.jpghttp://images.imagehotel.net/h02x1gflkz.jpg

 

Plusieurs conclusions s'imposent :
– le programme de fonds structurels européens [qui regroupent l'ensemble des instruments financiers de la politique régionale de l'UE] est devenu un imbroglio administratif dans lequel il est extrêmement difficile pour le contribuable européen de suivre l'utilisation de ces aides ;


– le système de surveillance, décentralisé et inefficace, sanctionne rarement les fraudes et les abus, les dossiers restant ouverts des années sans jamais aboutir, allant et venant dans un sens puis dans l'autre entre les capitales des Etats membres et Bruxelles. Cela se traduit notamment par le siphonnage de millions d'euros par des organisations criminelles, et ce en dépit d'alertes lancées parfois il y a plusieurs décennies ;


– ce programme, salué pour avoir fait entrer dans une glorieuse modernité des pays jadis sous-développés comme l'Irlande et l'Espagne, consacre désormais des milliards d'euros chaque année à des projets qui ne semblent plus à la hauteur de sa mission d'origine, à savoir transformer les régions les plus pauvres de l'Union en espaces de prospérité durable grâce à des investissements dans les infrastructures, l'enseignement et le développement ;


– parmi les plus gros bénéficiaires, dans le secteur privé, de ce programme pourtant conçu pour soutenir les PME, figurent des multinationales comme IBM, Fiat ou la chaîne d'habillement H&M. On y trouve aussi British American Tobacco, qui s'est vu allouer 1,6 milliard d'euros de fonds européens et nationaux, en tout, pour la construction d'une usine de cigarettes, alors même que l'UE dépense des millions pour convaincre ses citoyens d'arrêter de fumer.


Considérés dans leur ensemble, presque tous ces projets dressent de ce programme un tableau bien éloigné de ses ambitions initiales, plus de 50 ans après sa mise en place. La Commission, détentrice du pouvoir exécutif dans l'UE, se flatte que la précédente phase de financement de la politique de cohésion, qui s'est conclue en 2006, a contribué à la création estimée d'1,4 million d'emplois et au financement de plus de 77 % du réseau autoroutier dans les pays les plus pauvres de l'Union. Dans certains Etats membres, le programme représente jusqu'à 4 à 5 % du produit intérieur brut (PIB). “Cette politique est liée à tant d'autres mesures intervenant sur les mêmes enjeux qu'elle est tout bonnement impossible à évaluer à une échelle globale,” tempère Fabrizio Barca, directeur général au ministère italien de l'Economie et des Finances, chargé par l'ancienne commissaire européenne Danuta Hübner de mener un rapport d'évaluation indépendant sur la politique de cohésion.


Rares sont les cas de fraude à parvenir jusqu'à un tribunal
Aujourd'hui, de faibles niveaux d'implication, des taux d'erreur élevés et qui ne diminuent pas, et diverses affaires de fraude enflamment le débat et tendent les relations dans l'Union. Une succession de scandales ayant débouché sur la suspension des aides à la Bulgarie et à la Roumanie, ainsi que la révélation du siphonnage de fonds européens par la mafia italienne ont sérieusement entamé la confiance de l'opinion dans le système. Et tout cela soulève des questions politiques pour le moins délicates : fallait-il permettre à des pays où la transparence et la responsabilité budgétaire sont notoirement déficientes de devenir des Etats membres de l'UE ? Rares sont les cas de fraude à parvenir jusqu’à un tribunal. L’Olaf, l’office européen de lutte antifraude, manque de personnel et est contraint de choisir minutieusement les affaires dont il se charge, ce qui nous amène au coeur du problème des fonds structurels. "Le message envoyé au crime organisé, c’est qu’il est possible de commettre des fraudes et qu’il n’y a pas de conséquence à payer, explique Ingeborg Grässle, eurodéputée allemande et membre de la commission du contrôle budgétaire.

 

Pourquoi ne dit-on pas aux Etats membres : vous ne faites pas assez d’efforts alors nous suspendons vos financements". Certains riches Etats européens – qui figurent comme contributeurs net des fonds structurels – ont également eu leur lot de problèmes. La Commission européenne a déjà suspendu à plusieurs reprises des fonds à destination de l’Allemagne et exprimé des réserves quant au dispositif de contrôle du Royaume-Uni et d’autres Etats membres. En décembre 2009, l’UE a bloqué le transfert de près de 16 millions d’euros de fonds structurels au Land de Brandenbourg après la découverte d’erreurs généralisées au niveau du Landesagentur für Struktur und Arbeit, l’autorité locale chargée de gérer l’essentiel des fonds structurels.

 

http://sneil.typepad.com/.a/6a00e54f916452883401310fb18bdf970c-320wihttp://h16free.com/images/divers/corruption.jpg


"Ca ne les intéresse pas vraiment de savoir si le pont a été construit"
A Bruxelles, nombreux sont ceux qui pensent que cette insistance sur la fraude masque en réalité le véritable problème, celui du manque de contrôle. "Ca ne les intéresse pas tellement de savoir si le pont a été construit, tout ce qui les intéresse ce sont les dates et les délais", explique Marek Kalupa, dont le bureau s’occupe de la coordination de la mise en oeuvre des fonds structurels européens en Pologne. Quant à ceux qui respectent les règles, ils craignent que les soupçons de fraude ne les laisse seuls face à un système de contrôle mal coordonné et exigeant de multiples audits. En dépit de toutes ces questions, les personnes chargées à Bruxelles de superviser le programme des fonds structurels persistent à le présenter comme une pièce maîtresse de l’actuel dispositif européen et restent concentrés sur l’avenir. "Nous devons plus que jamais regarder les résultats", explique M. Hahn, le commissaire en charge de la politique régionale. Et il n’en démord pas : avec le marché unique européen, il est parfaitement censé de dépenser des milliards d’euros pour renforcer les économies les plus fragiles. "En Europe, deux tiers des exportations sont intraeuropéennes, fait-il observer. Le développement des régions les plus pauvres représente une opportunité en termes de débouchés et de création d’emplois pour les autres". Cela signifie que 50 ans après leur création, les fonds structurels européens restent un pari à long terme. "A terme, le jeu en vaut la chandelle", conclut Hahn.

 

Fonds structurels Incohérente politique de cohésion
Source, journal ou site Internet : financial times
Date : 30 novembre 2010
Auteur : Cynthia O’Murchu et Peter Spiegel

20:08 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, corruption, crise(s), dette, argent, fonds structurels europe, fraude | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/11/2010

Doc-Officiel - Otan: Déclaration de principe stratégique de l'OTAN.

« Concept stratégique
pour la défense et la sécurité des membres
de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord »
adopté par les chefs d’État et de gouvernement à Lisbonne


Engagement actif, défense moderne

 

http://www.nato.int/docu/review/2005/issue4/graphics/contents/i4_an_1b.jpg


Préface


Nous, chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance, sommes déterminés
à ce que l’OTAN continue de jouer son rôle unique et essentiel, qui est de garantir notre
défense et notre sécurité communes. Le présent concept stratégique guidera la prochaine
phase de l’évolution de l’OTAN, afin qu’elle continue d’être efficace dans un monde
changeant, face à de nouvelles menaces, forte de capacités nouvelles et de partenaires
nouveaux :


• Il reconfirme l’engagement pris par nos pays de se défendre mutuellement contre
une attaque, y compris contre les menaces nouvelles qui pèsent sur la sécurité de
nos citoyens.
• Il engage l’Alliance à prévenir les crises, à gérer les conflits et à stabiliser les
situations postconflit, notamment en travaillant plus étroitement avec nos
partenaires internationaux, au premier rang desquels les Nations Unies et l’Union
européenne.
• Il offre à nos partenaires du monde entier davantage d’engagement politique avec
l’Alliance et un rôle substantiel pour ce qui est d’orienter les opérations dirigées par
l’OTAN auxquelles ils contribuent.
• Il engage l’OTAN sur l’objectif qui consiste à créer les conditions pour un monde
sans armes nucléaires – mais il reconfirme que, tant qu’il y aura des armes
nucléaires dans le monde, l’OTAN restera une alliance nucléaire.
• Il réaffirme notre ferme engagement de maintenir la porte de l’OTAN ouverte à
toutes les démocraties européennes qui répondent aux critères d’adhésion, car
l’élargissement contribue à notre objectif d’une Europe libre, entière et en paix.
• Il engage l’OTAN à se réformer continuellement, pour que l’Alliance devienne plus
efficace, plus efficiente et plus souple et que nos contribuables obtiennent un
maximum de sécurité pour l'argent qu’ils investissent dans la défense.


Les citoyens de nos États s’en remettent à l’OTAN pour défendre les pays de
l’Alliance, pour déployer des forces militaires robustes où et quand notre sécurité l’exige et
pour aider à promouvoir une sécurité commune avec nos partenaires dans le monde. Si le
monde change, la mission essentielle de l’OTAN reste la même : veiller à ce que l’Alliance
demeure une communauté sans pareille de liberté, de paix, de sécurité et de valeurs
partagées.


***

http://jeunes.dlr06.org/images/08-04-04-sarkozy-bush-otan.jpg


Tâches et principes fondamentaux


1. L’objectif fondamental et immuable de l'OTAN consiste à sauvegarder la liberté et
la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires.
Aujourd’hui, l’Alliance demeure une source essentielle de stabilité dans un monde
imprévisible.


2. Les États membres de l’OTAN forment une communauté de valeurs unique en son
genre, attachée aux principes de la liberté individuelle, de la démocratie, des droits
de l'homme et de l’état de droit. L’Alliance est résolument attachée aux objectifs et
aux principes de la Charte des Nations Unies ainsi qu'au Traité de Washington, qui
affirme la responsabilité primordiale du Conseil de sécurité de l'ONU dans le
maintien de la paix et de la sécurité internationales.


3. Les liens politiques et militaires entre l’Europe et l’Amérique du Nord se sont forgés
au sein de l’OTAN depuis la création de l’Alliance, en 1949 ; le lien transatlantique
reste aussi solide et aussi important que jamais pour la préservation de la paix et
de la sécurité euro-atlantiques. La sécurité des États membres de l’OTAN des deux
rives de l’Atlantique est indivisible. Nous continuerons de la défendre ensemble, sur
la base de la solidarité, d’une finalité partagée et d’une répartition équitable des
charges.


4. L’environnement de sécurité contemporain recèle des défis multiples et changeants
pour la sécurité du territoire et des populations des pays de l’OTAN. Pour garantir
cette sécurité, l’Alliance a le devoir et la volonté de continuer à remplir efficacement
trois tâches fondamentales essentielles, qui toutes contribuent à la sauvegarde de
ses membres, et cela toujours dans le respect du droit international :


a. La défense collective. Les membres de l’Alliance se prêteront toujours
assistance mutuelle contre une attaque, conformément à l’article 5 du Traité de
Washington. Cet engagement reste ferme et contraignant. L’OTAN prendra des
mesures de dissuasion et de défense contre toute menace d’agression et contre
tout défi sécuritaire émergent qui compromettrait la sécurité fondamentale d’un
ou de plusieurs Alliés ou encore l’Alliance tout entière.


b. La gestion de crise. L’OTAN dispose d’un éventail unique et puissant de
capacités politiques et militaires pour agir sur la gamme complète des crises,
que ce soit avant, pendant ou après un conflit. Elle mettra activement en oeuvre
un ensemble approprié de ces outils politiques et militaires pour contribuer à
gérer des crises naissantes susceptibles de porter atteinte à la sécurité de
l’Alliance avant qu’elles ne dégénèrent en conflits, pour faire cesser des conflits
en cours qui compromettent la sécurité de l’Alliance et pour aider à conforter la
stabilité dans des situations postconflit lorsque cela contribue à la sécurité
euro-atlantique.


c. La sécurité coopérative. L’Alliance subit, mais peut aussi infléchir, les
développements politiques et sécuritaires intervenant au-delà de ses frontières.
Elle s’emploiera activement à renforcer la sécurité internationale, en engageant
un partenariat avec les pays et les organisations internationales appropriés, en
contribuant activement à la maîtrise des armements, à la non-prolifération et au
désarmement, et en maintenant sa porte ouverte à l’adhésion de toutes les
démocraties européennes qui répondent aux normes de l’OTAN.


5. L’OTAN demeure l’unique et indispensable forum de consultation transatlantique
pour toutes les questions touchant à l'intégrité territoriale, à l'indépendance politique
et à la sécurité de ses États membres, comme le prévoit l’article 4 du Traité de
Washington. Toute question de sécurité intéressant l’un des Alliés peut être
discutée à la table de l’OTAN pour un partage d’informations, pour un échange de
vues et, lorsqu’il y a lieu, pour la construction d’une approche commune.


6. Pour pouvoir exécuter toute la gamme des missions de l’OTAN de façon aussi
efficace et efficiente que possible, les Alliés s’engageront dans un processus
continu de réforme, de modernisation et de transformation.


L’environnement de sécurité


7. Aujourd’hui, la zone euro-atlantique est en paix, et la menace d’une attaque
conventionnelle contre le territoire de l’OTAN est faible. C’est là un succès
historique pour les politiques qui guident l’OTAN depuis plus d’un demi-siècle :
maintien d’une défense robuste, intégration euro-atlantique et partenariat actif.


8. Cependant, la menace conventionnelle ne peut être ignorée. Beaucoup de régions
et de pays du monde se sont lancés dans l’acquisition d’importantes capacités
militaires modernes, aux conséquences difficiles à prévoir pour la stabilité
internationale et la sécurité euro-atlantique. Il s'agit notamment de la prolifération
des missiles balistiques, qui représentent une menace réelle et croissante pour la
zone euro-atlantique.


9. La prolifération des armes nucléaires, d’autres armes de destruction massive et de
leurs vecteurs pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité et la
prospérité mondiales. Au cours des dix années à venir, cette prolifération sera au
plus haut dans certaines des régions les plus volatiles du monde.


10. Le terrorisme est une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays de
l’OTAN et, plus largement, pour la stabilité et la prospérité internationales. Des
groupes extrémistes continuent de se propager, ou de se développer, dans des
régions d’importance stratégique pour l’Alliance, et la technologie moderne accroît
la menace et l’impact potentiel d’une attaque terroriste, notamment si ces groupes
devaient acquérir des capacités nucléaires, chimiques, biologiques ou
radiologiques.


11. Une instabilité ou un conflit au-delà des frontières de l’OTAN peut menacer
directement la sécurité de l’Alliance, notamment en nourrissant l’extrémisme, le
terrorisme ou des activités transnationales illicites, comme les trafics d’armes, de
drogue et d’êtres humains.


12. Les cyberattaques augmentent en fréquence, sont mieux organisées et causent
des dommages plus coûteux aux administrations, aux entreprises, aux économies,
voire aux réseaux de transport et d’approvisionnement ou autres infrastructures
critiques ; elles risquent d’atteindre un seuil pouvant menacer la prospérité, la
sécurité et la stabilité des États et de la zone euro-atlantique. Des forces armées et
services de renseignement étrangers, la criminalité organisée, des groupes
terroristes et/ou extrémistes sont autant de sources d’attaque possibles.


13. Tous les pays dépendent de plus en plus des voies de communication, de transport
ou de transit, artères vitales sur lesquelles reposent les échanges internationaux, la
sécurité énergétique et la prospérité. Ces espaces doivent faire l’objet d’une action
internationale plus soutenue si l’on veut qu’ils puissent résister à des attaques ou à
des perturbations. Pour leurs besoins énergétiques, certains pays de l’OTAN
deviendront davantage tributaires de fournisseurs étrangers et, dans certains cas,
de réseaux d’alimentation et de distribution étrangers. À mesure qu'une part
toujours croissante de la consommation mondiale transite sur l'ensemble du globe,
les approvisionnements énergétiques sont de plus en plus exposés à des
perturbations.


14. Diverses tendances technologiques majeures – notamment le développement des
armes laser, des techniques de guerre électronique et des technologies limitant
l'accès à l'espace – semblent susceptibles d’avoir un grave impact mondial, qui se
répercutera sur la planification et les opérations militaires de l’OTAN.


15. Des contraintes majeures en termes d’environnement et de ressources, dont les
risques sanitaires, le changement climatique, la raréfaction de l’eau et
l’augmentation des besoins énergétiques, contribueront aussi à dessiner
l’environnement de sécurité futur dans des régions d’intérêt pour l’Alliance et
pourraient affecter considérablement la planification et les opérations de l’OTAN.


La défense et la dissuasion


16. La responsabilité première de l’Alliance est de protéger et de défendre le territoire
et la population de ses pays membres contre une attaque, conformément à
l’article 5 du Traité de Washington. L’Alliance ne considère aucun pays tiers comme
son adversaire. Nul ne doit cependant douter de sa détermination au cas où la
sécurité de l’un de ses États membres devrait être menacée.


17. La dissuasion, articulée autour d’une combinaison appropriée de capacités
nucléaires et conventionnelles, demeure un élément central de notre stratégie
d’ensemble. Les conditions dans lesquelles un recours à l’arme nucléaire pourrait
être envisagé sont extrêmement improbables. Aussi longtemps qu’il y aura des
armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire.


18. La garantie suprême de la sécurité des Alliés est apportée par les forces nucléaires
stratégiques de l’Alliance, en particulier celles des États-Unis ; les forces nucléaires
stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France, qui ont un rôle de
dissuasion propre, contribuent à la dissuasion globale et à la sécurité des Alliés.


19. Nous veillerons à ce que l’OTAN dispose de tout l’éventail des capacités
nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant
sur la sécurité et la sûreté de nos populations. En conséquence :


• nous maintiendrons une combinaison appropriée de forces nucléaires et
conventionnelles ;


• nous conserverons notre capacité à soutenir simultanément des opérations
interarmées de grande envergure et plusieurs opérations de moindre envergure
pour la défense collective et la réponse aux crises, y compris à distance
stratégique ;


• nous conserverons et développerons des forces conventionnelles robustes,
mobiles et projetables pour l'exercice des responsabilités relevant de l'article 5
comme pour les opérations expéditionnaires de l'Alliance, y compris avec la
Force de réaction de l'OTAN ;


• nous procéderons aux entraînements, aux exercices, à la planification de
circonstance et aux échanges d’informations nécessaires pour assurer notre
défense contre tous les défis sécuritaires conventionnels ou nouveaux et
apporter à tout Allié, en tant que de besoin, une assurance visible et un renfort ;


• nous assurerons la plus large participation possible des Alliés à la planification
de défense collective sur les rôles nucléaires, au stationnement des forces
nucléaires en temps de paix et aux dispositions de commandement, de contrôle
et de consultation ;


• nous développerons notre capacité à protéger nos populations et nos territoires
contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux
de notre défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l’Alliance.
Nous rechercherons activement une coopération avec la Russie et d’autres
partenaires euro-atlantiques dans le domaine de la défense antimissile ;


• nous développerons encore la capacité de l'OTAN à se défendre contre la
menace que représentent les armes chimiques, biologiques, radiologiques et
nucléaires de destruction massive ;


• nous continuerons de développer notre capacité à prévenir et à détecter les
cyberattaques, à nous en défendre et à nous en relever, y compris en recourant
à la planification OTAN pour renforcer et coordonner les capacités nationales de
cyberdéfense, en plaçant tous les organismes de l’OTAN sous une protection
centralisée et en intégrant mieux les fonctions de veille, d’alerte et de réponse
de l’OTAN avec celles des pays membres ;


• nous renforcerons notre capacité à détecter le terrorisme international et à nous
en défendre, y compris grâce à une analyse plus poussée de la menace, à
davantage de consultations avec nos partenaires et au développement de
capacités militaires appropriées, notamment pour aider des forces locales à
s'entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme ;


• nous développerons notre capacité à contribuer à la sécurité énergétique,
y compris par la protection des infrastructures énergétiques et des zones et
voies de transit critiques, par une coopération avec les partenaires et par des
consultations entre Alliés sur la base d'évaluations stratégiques et de plans de
circonstance ;


• nous veillerons à ce que l’Alliance soit à l’avant-garde pour ce qui est d’évaluer
l’impact sécuritaire des technologies émergentes et à ce que les plans militaires
tiennent compte des menaces potentielles ;


• nous alimenterons les budgets de défense aux niveaux nécessaires pour que
nos forces armées aient des moyens suffisants ;


• nous continuerons d'examiner la posture générale de l'OTAN s'agissant de la
dissuasion et de la défense face à l'ensemble des menaces contre l'Alliance, en
tenant compte des modifications d'un environnement de sécurité international
en mutation.

 

 

 

 

La sécurité par la gestion de crise


20. Les crises et conflits au-delà des frontières de l’OTAN peuvent constituer une
menace directe pour la sécurité du territoire et des populations des pays de
l’Alliance. En conséquence, l’OTAN s’engagera, lorsque c’est possible et
nécessaire, pour prévenir ou gérer une crise, stabiliser une situation postconflit ou
aider à la reconstruction.


21. Les enseignements tirés des opérations de l’OTAN, en particulier en Afghanistan et
dans les Balkans occidentaux, montrent à l’évidence qu’une approche globale –
politique, civile et militaire – est indispensable pour une gestion de crise efficace.
L’Alliance s’engagera activement avec d’autres acteurs internationaux avant,
pendant et après une crise pour promouvoir la collaboration dans l’analyse, la
planification et la conduite des activités sur le terrain, à dessein de maximiser la
cohérence et l’efficacité de l’action internationale d’ensemble.


22. La meilleure façon de gérer un conflit, c’est d’éviter qu’il ne survienne. L’OTAN
suivra et analysera constamment l’environnement international pour anticiper les
crises et, lorsqu’il y a lieu, prendre des mesures actives visant à les empêcher de
se muer en véritables conflits.


23. Pour le cas où la prévention des conflits ne réussirait pas, l’OTAN sera prête et
apte à gérer les hostilités. L’OTAN dispose de moyens uniques de gestion des
conflits, y compris une capacité inégalée de projeter et de soutenir sur le terrain des
forces militaires robustes. Les opérations qu’elle dirige ont fait la preuve de la
contribution indispensable que l'Alliance peut apporter aux efforts internationaux de
gestion des conflits.


24. Même après la fin d’un conflit, la communauté internationale doit souvent continuer
à fournir un soutien pour réunir les conditions propices à une stabilité durable.
L'OTAN sera prête et apte à contribuer à la stabilisation et à la reconstruction, en
coopération et en consultation étroites, lorsque c’est possible, avec d’autres acteurs
internationaux concernés.


25. Pour être efficaces sur l’ensemble du spectre de la gestion de crise :


• nous renforcerons le partage du renseignement au sein de l’OTAN, afin de
mieux anticiper l’apparition possible d’une crise et la meilleure façon de la
prévenir ;


• nous développerons encore la doctrine et les capacités militaires pour les
opérations expéditionnaires, y compris pour les opérations de
contre-insurrection ainsi que de stabilisation et de reconstruction ;


• nous créerons, en tirant les enseignements des opérations de l’OTAN, une
structure civile de gestion de crise appropriée mais modeste afin d’interagir plus
efficacement avec les partenaires civils. Cette capacité pourra également servir
à la planification, à la conduite et à la coordination des activités civiles jusqu'à
ce que les conditions soient réunies pour le transfert de ces responsabilités et
tâches à d'autres acteurs;


• nous renforcerons la planification civilo-militaire intégrée pour la gamme
complète des crises ;


• nous développerons notre capacité à former et à faire monter en puissance des
forces locales dans des zones de crise de manière à ce que les autorités
locales soient à même, aussi rapidement que possible, de maintenir la sécurité
sans assistance internationale ;


• nous identifierons et formerons des spécialistes civils issus des États membres,
qui seront mis à disposition en vue d'un déploiement rapide par les Alliés pour
des missions précises et qui seront aptes à travailler aux côtés de nos militaires
et des spécialistes civils des pays ou institutions partenaires ;


• nous élargirons et intensifierons les consultations politiques entre les Alliés et
avec les partenaires, à la fois sur une base régulière et pendant tous les stades
d’une crise – avant, pendant et après.


Promouvoir la sécurité internationale par la coopération
La maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération


26. L'OTAN cherche à assurer sa sécurité au niveau de forces le plus bas possible. La
maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération contribuent à la
paix, à la sécurité et à la stabilité et doivent garantir une sécurité non diminuée à
tous les pays membres de l'Alliance. Nous continuerons à jouer notre rôle dans le
renforcement de la maîtrise des armements et dans la promotion du désarmement,
qu'il s'agisse des armements conventionnels ou des armes de destruction massive,
ainsi que dans les efforts de non-prolifération.


• Nous sommes déterminés à tendre vers un monde plus sûr pour tous et à créer
les conditions d'un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs
du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, selon une approche qui
favorise la stabilité internationale et se fonde sur le principe d'une sécurité non
diminuée pour tous.


• Suite aux changements intervenus dans l'environnement de sécurité depuis la
fin de la Guerre froide, nous avons radicalement réduit le nombre d'armes
nucléaires stationnées en Europe, de même que notre dépendance, dans la
stratégie de l'OTAN, à l'égard des armes nucléaires. Nous chercherons à réunir
les conditions pour de nouvelles réductions.


• Pour toute réduction future, notre objectif devrait être de tenter d’obtenir de la
Russie qu'elle accepte d’accroître la transparence sur ses armes nucléaires en
Europe et de les redéployer à distance du territoire des pays membres de
l'OTAN. Toute nouvelle mesure devra tenir compte de la disparité entre les
stocks d'armes nucléaires de courte portée, plus importants du côté russe.


• Nous sommes attachés à la maîtrise des armements conventionnels, qui assure
prévisibilité et transparence et constitue un moyen de maintenir les armements
au niveau minimum requis pour la stabilité. Nous oeuvrerons au renforcement
du régime de maîtrise des armements conventionnels en Europe sur la base de
la réciprocité, de la transparence et du consentement du pays hôte.


• Nous examinerons comment nos moyens politiques et nos capacités militaires
peuvent contribuer aux efforts internationaux de lutte contre la prolifération.
• Les décisions des pays en matière de maîtrise des armements et de
désarmement peuvent avoir une incidence sur la sécurité de tous les pays
membres de l'Alliance. Sur ces questions, nous sommes déterminés à maintenir
des consultations appropriées entre Alliés, et à les intensifier si nécessaire.


La porte ouverte


27. L'élargissement de l'OTAN a contribué substantiellement à la sécurité des Alliés ; la
perspective d'un nouvel élargissement et l'esprit de sécurité coopérative ont fait
progresser la stabilité plus largement en Europe. Notre objectif d'une Europe libre
et entière, et partageant des valeurs communes, serait servi au mieux par
l'intégration, à terme, de tous les pays européens qui le souhaitent dans les
structures euro-atlantiques.


• La porte de l'OTAN reste grand ouverte à toutes les démocraties européennes
qui partagent les valeurs de notre Alliance, qui sont désireuses et capables
d'assumer les responsabilités et obligations liées au statut de membre et dont
l'adhésion peut contribuer à la sécurité et à la stabilité communes.


Les partenariats


28. C’est dans le cadre d'un vaste réseau de relations de partenariat avec des pays et
des organisations du monde entier que la promotion de la sécurité euro-atlantique
peut être assurée au mieux. Ces partenariats apportent une contribution concrète
et précieuse à la réussite des tâches fondamentales de l’OTAN.


29. Le dialogue et la coopération avec les partenaires peuvent contribuer de manière
concrète au renforcement de la sécurité internationale, à la défense des valeurs sur
lesquelles se fonde notre Alliance, aux opérations de l'OTAN ainsi qu'à la
préparation des pays intéressés à une adhésion à l'OTAN. Ces relations
s’appuieront sur la réciprocité, ainsi que sur des avantages et un respect mutuels.


30. Nous renforcerons nos partenariats suivant des formules souples, qui réunissent
Alliés et partenaires – à travers les cadres existants et au-delà.


• Nous sommes disposés à développer dialogue politique et coopération pratique
avec tout pays ou organisation compétente à travers le monde qui partage notre
intérêt pour des relations internationales pacifiques.


• Nous serons ouverts à la consultation avec tout pays partenaire sur des
questions de sécurité d'intérêt commun.


• Nous offrirons à nos partenaires d'opérations un rôle structurel dans la
formulation de la stratégie et des décisions concernant les missions dirigées par
l'OTAN auxquelles ils contribuent.


• Nous développerons encore nos partenariats existants tout en préservant leur
spécificité.


31. La coopération entre l'OTAN et l'ONU dans le cadre d’opérations à travers le
monde continue à contribuer de manière importante à la sécurité. L'Alliance entend
approfondir le dialogue politique et la coopération pratique avec l'ONU, comme
indiqué dans la déclaration signée par les deux organisations en 2008, notamment
au moyen :


• d'une liaison renforcée entre les sièges des deux organisations ;
• de consultations politiques plus régulières ;
• d'une coopération pratique renforcée pour la gestion des crises dans lesquelles
les deux organisations interviennent.


32. Une Union européenne active et efficace contribue à la sécurité globale de la zone
euro-atlantique. C’est pourquoi l’UE est un partenaire unique et essentiel pour
l’OTAN. Les deux organisations sont composées, en grande partie, des mêmes
États, et tous leurs membres partagent les mêmes valeurs. L'OTAN reconnaît
l'importance d'une défense européenne plus forte et plus performante. Nous nous
félicitons de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui offre un cadre pour le
renforcement de la capacité de l'UE à faire face aux défis de sécurité communs.
Les Alliés non membres de l'UE apportent une contribution significative à cet effort.
Pour le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE, leur implication la plus
complète dans cet effort est essentielle. L'OTAN et l'UE peuvent et doivent jouer
des rôles complémentaires et se renforçant mutuellement, en soutien de la paix et
de la sécurité internationales. Nous sommes déterminés à apporter notre
contribution pour créer des circonstances plus favorables grâce auxquelles :


• nous renforcerons pleinement le partenariat stratégique avec l'UE, dans l'esprit
d'une ouverture, d'une transparence, d'une complémentarité et d'un respect de
l'autonomie et de l'intégrité institutionnelle des deux organisations qui soient
entiers et mutuels ;


• nous améliorerons notre coopération pratique dans les opérations, sur toute la
gamme des crises, depuis la planification coordonnée jusqu'au soutien mutuel
sur le terrain ;


• nous élargirons nos consultations politiques pour y inclure toutes les questions
d'intérêt commun, afin de partager évaluations et points de vue ;


• nous coopérerons plus étroitement pour le développement des capacités, de
manière à réduire au minimum les doubles emplois et à maximiser le
coût-efficacité.


33. La coopération OTAN-Russie revêt une importance stratégique car elle contribue à
la création d'un espace commun de paix, de stabilité et de sécurité. L'OTAN ne
représente aucune menace pour la Russie. Au contraire, nous souhaitons un
véritable partenariat stratégique entre l'OTAN et la Russie, et nous agirons en
conséquence, attendant de la Russie une attitude réciproque.


34. La relation OTAN-Russie repose sur les objectifs, les principes et les engagements
énoncés dans l'Acte fondateur OTAN-Russie et la Déclaration de Rome, s'agissant
tout particulièrement du respect des principes démocratiques ainsi que de la
souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de tous les États de la
zone euro-atlantique. Malgré certaines divergences sur des points particuliers, nous
demeurons convaincus que la sécurité de l'OTAN et celle de la Russie sont
indissociablement liées et qu'un partenariat solide et constructif, s’appuyant sur la
confiance mutuelle, la transparence et la prévisibilité, servirait au mieux notre
sécurité. Nous sommes déterminés :


• à renforcer les consultations politiques et la coopération pratique avec la Russie
dans des domaines où nos intérêts se recoupent, notamment la défense
antimissile, la lutte contre le terrorisme, la lutte antidrogue, la lutte contre la
piraterie et la promotion de la sécurité internationale au sens large ;


• à exploiter tout le potentiel du Conseil OTAN-Russie au profit d'un dialogue et
d'une action conjointe avec la Russie.


35. Le Conseil de partenariat euro-atlantique et le Partenariat pour la paix sont au coeur
de la conception qui est la nôtre d'une Europe libre, entière et en paix. Nous
sommes fermement attachés au développement de relations d'amitié et de
coopération avec tous les pays de la Méditerranée, et nous entendons développer
encore le Dialogue méditerranéen dans les années à venir. Nous attachons une
grande importance à la paix et à la stabilité dans la région du Golfe, et nous
entendons intensifier notre coopération dans le cadre de l'Initiative de coopération
d'Istanbul. Nous nous emploierons :


• à renforcer les consultations et la coopération militaire pratique avec nos
partenaires au sein du Conseil de partenariat euro-atlantique ;


• à poursuivre et à développer les partenariats avec l'Ukraine et avec la Géorgie
au sein des commissions OTAN-Ukraine et OTAN-Géorgie, en nous fondant sur
la décision prise par l'OTAN au sommet de Bucarest, en 2008, et en tenant
compte de l’orientation ou de l’aspiration euro-atlantique de chacun de ces
pays ;


• à faciliter l'intégration euro-atlantique des Balkans occidentaux, dans le but d’y
assurer une paix et une stabilité durables, fondées sur les valeurs
démocratiques, la coopération régionale et les relations de bon voisinage ;


• à approfondir la coopération avec les pays qui participent actuellement au
Dialogue méditerranéen et à rester ouverts à l’inclusion d'autres pays de la
région dans ce Dialogue ;


• à développer un partenariat de sécurité plus approfondi avec nos partenaires du
Golfe et à demeurer disposés à accueillir de nouveaux partenaires au sein de
l'Initiative de coopération d'Istanbul.

 

http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200904/39717_otan-retour-france-une.jpg


La réforme et la transformation


36. Fait unique dans l'Histoire, l'OTAN est une alliance de sécurité qui déploie des
forces militaires aptes à opérer ensemble quel que soit l'environnement, qui peut
contrôler des opérations n’importe où grâce à sa structure de commandement
militaire intégrée et qui dispose de capacités essentielles que peu d'Alliés
pourraient se permettre individuellement.


37. L'OTAN doit disposer de suffisamment de ressources – financières, militaires et
humaines – pour exécuter ses missions, qui sont essentielles pour la sécurité des
populations et du territoire des pays de l'Alliance. Ces ressources doivent
cependant être utilisées de la manière la plus efficiente et la plus efficace possible.
En conséquence :


• nous maximiserons la déployabilité de nos forces et leur capacité de durer en
opération sur le terrain, notamment en entreprenant des efforts ciblés pour
atteindre les objectifs OTAN d'employabilité des forces ;


• nous assurerons une cohérence maximale dans la planification de défense, de
manière à réduire les doubles emplois inutiles et à axer le développement de
nos capacités sur les exigences du monde contemporain ;


• nous développerons et exploiterons conjointement des capacités, pour des
raisons de rentabilité et en signe de solidarité ;


• nous préserverons et renforcerons les capacités, les normes, les structures et
les procédures de financement communes qui nous lient ;


• nous engagerons un processus de réforme continue pour rationaliser les
structures, améliorer les méthodes de travail et maximiser l'efficience.


Une Alliance pour le XXIe siècle


38. Nous, dirigeants politiques de l'OTAN, sommes déterminés à poursuivre la
rénovation de notre Alliance pour qu’elle soit à même de relever les défis de
sécurité du XXIe siècle. Nous sommes fermement résolus à préserver son efficacité
en tant qu’alliance politico-militaire qui a le mieux réussi au monde. Notre Alliance
prospère comme une source d'espoir parce qu'elle se fonde sur les valeurs
communes que sont la liberté individuelle, la démocratie, les droits de l'homme et
l'état de droit, et parce que notre objectif commun – essentiel et immuable – est de
sauvegarder la liberté et la sécurité de ses membres. Ces valeurs et ces objectifs
sont universels et perpétuels, et nous sommes résolus à les défendre par notre
unité, notre solidarité, notre force et notre détermination.

11:51 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, otan, stratégie militaire, réformes, sécurité, partenariats, europe, usa, russie, paix | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/11/2010

L'Europe de la défense, les USA out?? - La défense avec Juppé!

En cette période de crise économique, les pays européens devraient coopérer plus activement à leur défense plutôt que de toujours compter sur les Etats-Unis.

 

http://www.bruxelles2.eu/wp-content/uploads/2010/08/cropped-DrennerEpeVictoria208ab.jpg


La question de savoir comment tirer le meilleur parti des maigres fonds affectés à la défense ne sera probablement pas débattue lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne. Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, va présenter le nouveau concept stratégique de l’Alliance. Les autres points qui retiendront l’attention des participants seront l’amélioration des relations avec la Russie, la recherche d’un accord sur le bouclier antimissile et la façon de faire face aux nouvelles menaces. Cependant, l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur l’OTAN va selon toute probabilité demeurer à l’arrière-plan : la répugnance croissante des alliés européens à affronter les conséquences de la crise financière mondiale et à introduire des réformes dans le secteur de la défense. Cette attitude risque, selon les experts, d’avoir des retombées dévastatrices sur la sécurité de l’Europe. Elle pourrait rendre les Européens encore plus dépendants des Etats-Unis au moment où le gouvernement Obama se concentre sur l’Asie et souhaite voir l’Europe assumer une plus grande part du fardeau. “Ce qui m’inquiète, c’est que plus nos alliés réduisent leurs capacités militaires, plus on regarde vers les Etats-Unis pour boucher les trous”, a déclaré le ministre de la Défense américain, Robert Gates, lors d’une visite à Bruxelles, le mois dernier. “A l’heure où nous sommes nous-mêmes confrontés à des difficultés, c’est un véritable sujet de préoccupation.” Les ministres des Finances européens ont été conduits par le ralentissement économique mondial à réduire les dépenses, et la défense a été durement touchée. Les budgets de l’OTAN pour l’ensemble des membres européens sont passés de 228 milliards d’euros en 2001 à 197 milliards d’euros en 2009 – malgré la guerre en Afghanistan et la multiplication des missions de l’OTAN et l’UE. Certains pays ont commencé à apporter des réponses constructives à la crise financière. La Grande-Bretagne et la France, deux puissances nucléaires qui sont les pays les plus importants d’Europe sur le plan militaire, ont conclu le 2 novembre dernier un accord historique : elles sont convenues de mettre en commun leurs équipements et leurs centres de recherche sur les missiles nucléaires. Elles ont également décidé de constituer une force expéditionnaire commune interarmées susceptible de participer aux missions de l’OTAN, de l’UE, des Nations unies ainsi qu’à des missions bilatérales.


89 programmes d’armement
Karl-Theodor zu Guttenberg, ministre de la Défense allemand, a été prié de réaliser 14 milliards d’euros d’économies d’ici à 2013. Il a introduit des changements radicaux dans l’armée : fin de la conscription, réduction des forces de 250 000 à 190 000 hommes, rationalisation de la chaîne de commandement et fermeture de casernes et de bases sous-employées. D’autres pays européens réduisent également leurs forces armées. Tout cela est bien beau, avance Guy Ben-Ari, qui a supervisé un rapport sur les tendances en matière de défense européenne publié ce mois-ci par le Center for Strategic and International Studies de Washington, mais réduire la taille des armées ne résoudra pas le problème en soi. “Budgets affaiblis et structures réduites risquent d’avoir des effets négatifs sur les capacités et les missions de l’armée”, expliquet- il. La seule solution, c’est que l’industrie de la défense européenne se spécialise bien davantage. Or les intérêts nationaux constituent un obstacle. Même si l’argent se fait plus rare que jamais pour le secteur de la défense, les Européens tiennent à conserver 21 chantiers navals, contre 3 pour les Etats-Unis. Idem avec les programmes d’armement : “Les pays de l’UE ont 89 programmes d’armement différents alors que les Etats- Unis, dont le budget de la défense représente plus de deux fois celui de l’ensemble des budgets de la défense européens, n’en ont que 27”, souligne Clara Marina O’Donnell, du Center for European Reform de Londres.

 

http://img.over-blog.com/600x490/0/50/29/09/Dessins/chasse-croise-1-copie-1.jpeg

 

Trop peu d’investissements
La fragmentation des marchés de la défense européens revient cher et ne sert à rien. “Elle empêche en outre les armées européennes de coopérer dans des missions internationales”, ajoute-t-elle. Et le manque patent d’investissements n’a fait qu’exacerber la situation. La part de la recherche et du développement dans le budget européen de la défense a chuté de 13,6 % entre 2001 et 2008. Les Etats-Unis consacrent à ce secteur six fois plus que l’ensemble de l’Europe, ce qui accroît le fossé technologique entre eux. Aucune de ces tendances ne constitue une bonne nouvelle ni pour les Etats-Unis, ni pour l’OTAN ni pour les Européens.

 

http://crise-europe.blog.lemonde.fr/filescropped/8332_510_343/2009/07/dette-usa.1246712231.jpg


“L’Europe ne peut tabler sur un appui durable des Etats-Unis, précise Mme O’Donnell. En ce sens, la crise financière aura peut-être du bon : l’Europe va subir une pression sans précédent pour changer de comportement. C’est d’ailleurs ce que sont en train de faire la France et la Grande-Bretagne.” Cependant, tempère-t-elle, le Vieux Continent rate rarement une occasion de décevoir.

 

ENJEUX DE LA DEFENSE - DOCTRINE - CONCEPTS - MISSIONS
VU DES ÉTATS-UNIS • L’Europe doit s’inventer une défense commune
Source journal ou site Internet : Enjeux
Date : 19 novembre 2010

 

Alain Juppé, Ministre, une bonne nouvelle pour l’Europe de la défense par Nicolas Gros-Verheyde

Alain Juppé lors de la remise du Livre blanc "La France et l’Europe dans le monde" (crédit : Ministère Fr des Affaires étrangères)

 

Le maire de Bordeaux, le gaulliste Alain Juppé est le nouveau ministre français de la Défense, remplaçant le centriste Hervé Morin. Parmi tous les noms qui ont couru ces derniers temps, c’est certainement l’homme qui a le plus de convictions pour l’Europe, tout court, et l’Europe de la Défense en particulier. Son profil est d’autant particulièrement appréciable qu’il est numéro 2 du gouvernement (1er dans l’ordre protocolaire après le Premier ministre). Il aura notamment à gérer l’engagement en Afghanistan, la mise en application de l’accord de Londres sur la coopération franco-britannique en matière de Défense ainsi que le suivi de la réintégration dans l’OTAN. Mais il devra aussi gérer les crises… et promouvoir l’Europe de la Défense, qui en a bien besoin.

De fortes convictions européennes

A plusieurs reprises sur son blog, Alain Juppé s’est fait l’écho de ses convictions européennes. « L’Europe, c’est la chance de la France et des Français au XXIème siècle. Une fois encore, contre vents et marées, je veux faire cette profession de foi européenne. » (lire ici). Alain Juppé est, aussi, avec Jacques Toubon l’auteur, en 2000, d’un projet gaulliste et assez utopique de « Constitution pour l’Europe ». Situé à mi-chemin entre des projets plus fédéralistes (notamment celui de Joshka Fischer à l’époque) ou souverainistes, il prévoit une refonte des institutions européennes avec fusion du Conseil des ministres et de la Commission pour donner lieu à un « vrai » gouvernement de l’Union, nommé pour trois ans, création d’une Chambre des Nations, composée des représentants des parlements nationaux, élection des députés européens dans des circonscriptions nationales, et établissement d’un « partenariat renforcé » entre l’adhésion et l’accord d’association pour certains pays proches.

Et un enthousiasme pour l’Europe de la Défense

Coté défense, Alain Juppé défend des avancées dans ce domaine et parait sinon sceptique du moins dubitatif sur la réintégration de la France dans l’OTAN, comme il l’écrit dans Le Monde en février 2009, craignant notamment que l’administration américaine ne soit pas « prête à partager réellement les responsabilités militaires au sein de l’Alliance » ou mettant en doute le fait que les Européens ait « la même vision des intérêts européens au sein de l’Alliance » et la volonté d’avancer pour l’Europe de la défense (lire ici). Quelques mois plus tard, quand la décision a été entérinée, il fait une piqûre de rappel : « Lorsque la France a réintégré le commandement militaire de l’OTAN, le président Sarkozy avait clairement indiqué que cette décision s’accompagnerait du renforcement des capacités militaires propres de l’Europe. C’est sans aucun doute le moment. » écrivait-il en septembre 2009 (lire ici). A ce poste ministériel, on verra si Alain Juppé met en oeuvre cet enthousiasme qu’il a manifesté, dans les mots, depuis des années.

Un bémol cependant. Espérons qu’il n’en sera pas de même de la ferveur européenne d’Alain Juppé que de sa ferveur critique lors du conflit en ex-Yougoslavie. A l’époque, il avait fustigé l’attitude de François Mitterand et notamment ses vues du « passé » et sa sympathie pour les Serbes. Mais une fois aux commandes ministérielles, l’action n’avait pas automatiquement suivie. Après la chute de l’enclave de Srebrenica, en 1995 (il est alors Premier ministre), il soutient l’idée d’intervention aéroportée du chef d’état-major particulier de Jacques Chirac mais à une condition – que la France ne soit pas seule impliquée -. La solution était alors évidente… le refus britannique signifiera l’échec de cette option.

  • Alain Juppé, en quelques mots. Un fidèle de Jacques Chirac. Né en août 1945, Alain Juppé fait un parcours classique du bon élève doué (Louis-le-Grand, Sciences politiques, ENA et inspection des finances) mais c’est surtout un gaulliste, proche de Jacques Chirac. Il commence ainsi sa carrière politique comme chargé de mission quand celui-ci est Premier ministre de Giscard en 1976, le suit à la mairie de Paris ensuite (avec un intermède au Parlement européen de 1984 à 1986), a été son porte-parole durant les élections présidentielles de 1988. Ministère des affaires étrangères de 1993 à 1995, il devient Premier ministre jusqu’en 1997 (date du Traité d’Amsterdam), puis se « réfugie » ensuite dans son fief de Bordeaux dont il sera maire sans discontinuer depuis 1995 (mis à part un intermède pour inéligibilité entre 2004 et 2006).

Source Bruxelle2

08:37 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, défense, sécurité, crise(s), otan, stratégie militaire, alain juppé | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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