Avertir le modérateur

22/12/2010

Défense commune: D'une OTAN à une Eur'Otan?

L'OTAN étant minée par une crise profonde, plusieurs voix prônent une "européanisation" progressive de l'Alliance pour instaurer une "hégémonie bienveillante" de l'Europe sur le monde. Mais pour se faire, encore faut-il que l'UE développe une véritable politique de défense commune, écrit un analyste polonais.


Aujourd'hui, c'est clairement en Afghanistan que les trajectoires des Européens et des Américains se séparent. La forme actuelle de l'OTAN empêche son développement et impose une réforme en profondeur.

 

http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/logo_ACT-18d83.jpg


Son principal défaut est le manque d'une vision claire de la menace commune, qui garantirait une raison d'être à l'union entre l'Amérique et l'Europe, comme au temps de la guerre froide. A présent, les alliés pourraient bien fonder leur alliance sur une vision commune d'un ordre mondial dans lequel les Etats-Unis détiendraient, par le biais de l'OTAN, le contrôle du monde occidental en lui fournissant la sécurité. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont cependant montré l'échec de la stratégie américaine consistant à utiliser unilatéralement l'alliance comme matraque de l'Occident dans la guerre mondiale contre le terrorisme islamique, guerre qui était censée donner un nouvel élan à l'OTAN.


Une hégémonie bienveillante de l'Europe
Une "européanisation" progressive de l'OTAN, allant de pair avec une émancipation militaire de l'Union européenne, pourrait constituer une remède à cette incompatibilité d'intérêts entre les alliés. L'espace ainsi libéré par le retrait américain pourrait donner lieu à une "hégémonie bienveillante" de l'Europe, qui utiliserait son potentiel pour établir la paix et un nouvel ordre moral dans le monde, à égalité avec les Etats-Unis. C'est une vision qui germe en Europe, comme le démontre le récent accord de coopération militaire francobritannique.


Cependant, le scénario d'un retrait rapide des Etats-Unis de l'OTAN a pour l'heure peu de chances de se produire. Un tel désengagement porterait un coup à la suprématie mondiale des Etats-Unis, serait nuisible pour l'équilibre mondial, et dangereux pour l'Europe qui a besoin de temps pour construire un pilier militaire afin d’exercer le rôle de leader mondial. Actuellement, l'hégémonie américaine dans le monde repose sur deux piliers, l'Europe et le Japon qui sont tous deux dépendants de l'économie américaine, dépendance trop bien illustrée et douloureusement ressentie à travers la crise financière. Aussi bien l'Union européenne que le Japon demeurent en outre sous le protectorat militaire des Etats-Unis, ce qui permet à Washington d'exercer une influence douce sur les processus décisionnels de ses protégés, notamment en brandissant la menace tantôt chinoise, tantôt russe (soviétique). Toute tentative d'émancipation militaire du Japon est rendue impossible par l'article 9 de la Constitution japonaise, qui interdit l'usage de la force comme moyen de règlement des différends internationaux et interdit l'établissement d'une force armée. Quant à la quête éventuelle d'autonomie militaire de la part de l'Union européenne, elle est bloquée par la structure même de l'OTAN, dominée par les Etats-Unis.


Sans défense commune, l'UE va errer sans direction politique
Aussi longtemps que l'OTAN existera dans sa forme actuelle et tant que l'Union européenne demeurera fragmentée militairement, elle ne pourra prétendre au statut de partenaire ni pour l'Amérique, ni pour la Russie, sans parler de la Chine. Car c'est bien la force militaire qui continue à faire partie intégrante de la politique étrangère menée par Washington et par le Kremlin, ce qui n'est malheureusement pas le cas de Bruxelles. Il est en effet frappant de voir comment la Russie, bien que plus faible économiquement que l'Union européenne, parvienne à peser diplomatiquement vis-à-vis de Bruxelles, rien qu'en évoquant l'épouvantail de ses forces armées et de son arsenal nucléaire. Sans armée et dépourvue d'une politique de défense commune, l'Union européenne va errer sans direction politique précise entre les Etats-Unis et la Russie, allant à la dérive, tel un naufragé. Aussi longtemps que cet état de choses persistera, les différents pays (comme la Pologne) chercheront des protecteurs en dehors du Vieux Continent. Une émancipation militaire de l'Europe et la construction d'une armée pouvant appuyer une "hégémonie européenne" créeraient une nouvelle division du monde occidental en deux puissances disposant de pouvoirs comparables. La civilisation occidentale, avec la puissance américaine contrebalancée par l'Union européenne, aurait ainsi toutes les chances de maintenir sa place dans la compétition pour le leadership mondial.

 

Vers une Eurotan ?
Source, journal ou site Internet : Rzeczpospolita
Date : 20 décembre 2010
Auteur : Artur Bilski

00:05 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, europe, pologne, otan, eur'otan, stratégie militaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/12/2010

Quant bien même l'euro, ne fait plus tant d' (h)eureux.....si tenté qu'il ait pu en faire!

Sauver l’euro : encore une fois, le sommet européen qui se tient les 16 et 17 décembre doit décider des moyens de stopper la crise. Mais à Bruxelles, décideurs et observateurs ne semblent plus vraiment savoir où ils vont.

 

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/201008/16/192775.jpg

 

La crise a mis l’Europe dans un drôle d’état. S’il fallait un mot pour décrire l’Union aujourd’hui, ce serait "écartelée". Certains pays veulent à tout prix sauver leurs partenaires surendettés, d’autres refusent catégoriquement. Certains veulent maintenir l’euro, d’autres veulent revenir aux monnaies nationales. En un an tout a changé. Les hauts diplomates polonais en poste à Bruxelles font honneur à leur fonction quand on leur demande, le soir autour d’une bière, si leurs compatriotes veulent toujours de la monnaie unique. La plupart laissent échapper un soupir. "Oui, l’euro", il est en crise celui-là. N’empêche. Cela ne changerait rien à la volonté de Varsovie de troquer ses zlotys contre la monnaie européenne. Mais quand ? Cela reste une question ouverte. S’ensuit un clin d’oeil diplomatique. Avant cela, il faut voir si les plans de sauvetage suffisent et si les pays arrivent à rembourser leur montagne de dette. Certes, ces dernières semaines, on a
plutôt été soulagé de ne pas être membre de la zone euro, mais c’est bien compréhensible, non ?

 

http://a6.idata.over-blog.com/600x450/3/51/97/16/sauver-l-euro.jpg

 

Des propositions franco-allemandes sans saveur
Les Polonais éprouvent le même sentiment à l’égard de l’euro que bon nombre de chefs de gouvernement européens à l’égard des propositions allemandes pour sortir de la crise : ils sont partagés. Entre rejet total et soutien absolu, la plupart des Etats membres tergiversent, explique un haut diplomate d’un petit pays. Oui, les Allemands ont souvent raison en la matière. Mais on ne veut pas toujours rester collé aux basques de Berlin. Ni de Paris d’ailleurs. "Nous n’avons plus d’appétence pour les propositions franco-allemandes", confirme un haut diplomate d’un grand pays. Les hésitations des chefs de gouvernements ne font qu’ajouter à cette ambivalence. Nicolas Sarkozy voulait encore convaincre ses partenaires d’emprunter plusieurs milliards d’euros avant la fin de l’année. Cet argent devait créer un "choc de croissance" et propulser l’Europe hors de la crise. Un peu de temps et deux paquets de sauvetage plus tard, l’entreprenant Français semble n’être que l’ombre d'Angela Merkel. Parmi les nouveaux hésitants figure à présent le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Celui-ci a tenté à grand renfort d’interventions de convaincre ses partenaires de financer une partie des dettes par des emprunts communs, sans grand succès. Après le refus clair et net de Paris et de Berlin, les emprunts communs ne sont pas à l’ordre du jour du sommet européen. Par ces déclarations, le gardien désigné de l’euro ne fait qu’augmenter le désarroi autour de la monnaie unique. Il agace en outre certains de ses camarades qui laissent entendre d’où viendrait l’idée des emprunts communs. Ces derniers expliquent que dans l’usine à concepts de Bruxelles et de la Commission européenne se trouvent des fonctionnaires et des économistes engagés qui cherchent à amener les pays européens dans une union toujours plus étroite.

 

http://www.la-croix.com/mm/illustrations/Multimedia/Actu/2010/12/7/deligne-euro_article.jpg

Quelque chose de bizarre dans le comportement des chefs d'Etat
Bon nombre d’entre eux sont issus des pays fondateurs de l’Europe. Ils voudraient à présent définir des normes économiques et sociales communes. Le repli national que l’on observe dans de nombreux pays va toutefois à l’encontre de leur projet. C’est pourquoi les commissaires européens se gardent bien d’en parler officiellement. Pour comprendre que les atermoiements des politiques n’aident en rien à régler cette crise, il suffit de regarder la réaction des Bourses et des décideurs financiers. Ces derniers ne s’intéressent que modérément à l’agitation de Bruxelles et continuent de miser contre l’euro. Juste avant le sommet européen, les agences de notation ont menacé de rabaisser la note d’autres pays lourdement endettés [l’Espagne et la Belgique]. Par conséquent, les chefs d’Etat et de gouvernement tentent de faire passer leurs réunions pour de simples conférences de travail. A Berlin, on parle de "sommet parfaitement normal". Il y a pourtant quelque chose de bizarre dans leur comportement. Même le patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, est annoncé. Voilà qui est inhabituel. Il était déjà présent au sommet extraordinaire de mai dernier à propos de la crise grecque. Deux jours après, l’Union européenne adoptait un plan de stabilisation de 750 milliards d’euros.

 

 

 

 

Conseil européen
Euro-obligations ou simple révision de Lisbonne ?
Le Conseil européen des 16 et 17 décembre "risque d’être celui de la discorde", écrit Libération qui constate que les euro-obligations scindent l’UE en deux. Avec "d’un côté, ceux qui ont dit non au projet d’euro obligations (Allemagne et France en tête) et, de l’autre, le Luxembourg, l’Italie, la Belgique, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce." Avec des euro-obligations, explique le quotidien, "l’Union émettrait en son nom des titres de dette publique, comme le fait aujourd’hui le Trésor américain. Un moyen qui permettrait, estiment ses promoteurs, de se substituer à un Etat incapable de financer son budget sur les marchés à des conditions de taux d’intérêts acceptables, comme ce fut le cas de la Grèce et de l’Irlande. L’agence européenne de la dette, proposée par Juncker et le ministre italien des Finances (Giulio Tremonti), aurait l’ambition de pouvoir émettre des euro-obligations à hauteur de 40% du PIB de l’UE (11 970 milliards d’euros)." Mais officiellement, rappellent Les Echos, le Conseil ne doit aborder qu’un sujet : "la révision du traité de Lisbonne, initialement réclamée par l’Allemagne, qui donnera le coup d’envoi à la création d’un mécanisme permanent de stabilité financière dans la zone euro". Le journal note que "plus aucun Etat ne s'oppose à une révision du traité, à condition qu'elle soit minime. Chacun l'a compris : il s'agissait de donner à la chancelière allemande, Angela Merkel, la base juridique qui lui permettra de justifier la participation de l'Allemagne au soutien de la zone euro face à sa très sourcilleuse Cour constitutionnelle".

 

Du brouillard au sommet de l’UE
Source, journal ou site Internet : Süddeutsche Zeitung
Date : 16 décembre 2010
Auteur : Gerstin Gammelin

 

Les sauveurs nous procurent quatre pistes enneigées

 

1. Consolider le fonds européen de stabilité financière.
L’Europe a mis en place un fonds de stabilité, dont la durée de vie est de trois ans. Il se substitue aux Etats membres en difficulté pour emprunter sur les marchés financiers à concurrence de 450 milliards d’euros. Compte tenu de la garantie des Etats membres de la zone euro il emprunte à 2,7 %, à comparer aux 11 % d’un Etat qui a perdu la confiance des marchés. Le même mécanisme élargit à l’UE et au FMI doit permettre de mobiliser 750 milliards. L’idée est de rendre permanent ce qui est provisoire.

 

2. Renforcer la discipline budgétaire
Le pacte de stabilité européen, qui permet de faire la police sur les déficits et la dette, va être durci. Dès 2011, les pays devront faire viser leurs projets de budgets nationaux par Bruxelles au printemps de chaque année, avant qu’ils ne soient votés dans leurs Parlements nationaux. Les sanctions contre les Etats tomberont plus facilement qu’avant et surtout en amont. Les pays ne seront pas sanctionnés seulement pour leur niveau de déficit, mais aussi pour celui de la dette ou s’ils mènent des politiques économiques considérées comme dangereuses.

 

3. Créer des euro-obligations
L’idée est de créer un instrument financier communautaire qui engagerait l’UE. Quand un Etat a besoin de financements il émet des obligations, des emprunts qu’il s’engage à rembourser trois mois, un an, cinq ans ou dix ans plus tard. Les investisseurs examinent le crédit que l’on peut accorder à tel ou tel Etat et fixe un taux d’intérêt. Plus la confiance est grande et moins le taux est élevé. Un euro-bond, une obligation communautaire, bénéficierait d’un taux faible, mais engagerait tous les Etats membres. L’Allemagne s’y oppose mais la Belgique, qui préside actuellement l’Union, assure que l’on est au début de la discussion.

 

4. Une Banque centrale européenne plus active
La BCE pourrait se montrer plus active en intervenant massivement sur le marché de la dette publique. Quand un Etat doit placer sa dette, il se trouve confronté à des investisseurs publics ou privés. Depuis le printemps, la BCE est intervenue pour acheter des obligations émises par les pays les moins solvables.

Par AL de Bx Samedi 18 décembre 2010

11:08 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, europe, eurocrates, allemagne, dette, partenariats, keynésianisme, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/12/2010

Imaginons! Les allemands quittent l'Euro......!

Abandonner l’euro et revenir à la monnaie nationale : de plus en plus d’Allemands souhaitent cette option pour sortir de la crise. Une hypothèse risquée mais pas fantaisiste, si l’on en croit l’un des nombreux articles allemands sur le sujet. La majorité des Allemands est d’accord : nous aurions dû garder le deutsche mark !

 

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.a/6a00d83451b56c69e20134859645c1970c-320wihttp://www.marianne2.fr/photo/927465-1099238.jpg?v=1290510221

 

D’après une récente étude, 57% des Allemands auraient préféré ne pas passer à l’euro. Et plus d’un tiers souhaitent aujourd’hui revenir au mark. Les nostalgiques ne sont plus les seuls à penser cela. De plus en plus d’adeptes des calculs froids viennent grossir les rangs des eurosceptiques parmi lesquels ont retrouve des économistes, des managers et des chefs d’entreprise. Pour Volker Nitsch, professeur à l’université technique de Darmstadt qui a étudié l’effondrement d’unions monétaires dans l’histoire, "la probabilité de voir un pays sortir prochainement de la zone euro est de 20%". Jusqu’à présent, seuls des étrangers osent publiquement parler du mark. Le célèbre économiste américain, Barry Eichengreen, a récemment déclaré que l’Allemagne faisait partie des rares pays européens pour lesquels la réintroduction de leur ancienne monnaie ne s’accompagnerait pas d’une catastrophe financière.


Des obstacles techniques surmontables
Que signifierait le retour du mark ? La première chose est de savoir si l’Allemagne pourrait prendre une telle décision. La question fait sourire Volker Nitsch. "Aucun problème. Il y a déjà eu suffisamment de violations des traités". Il suffirait d’une autorisation du Parlement ou du chef du gouvernement. Les obstacles techniques n’ont eux non plus rien d’insurmontables. Pour créer une nouvelle monnaie, il faut une banque d’émission et des machines pour imprimer les nouveaux billets et fabriquer les nouvelles pièces. Mais là n’est pas le problème. La véritable question concerne les conséquences économiques d’une sortie de l’euro.


L’évolution des taux de change joue un rôle primordial. Il est probable que dans un premier temps, le mark augmenterait sa valeur, environ le double. Les produits allemands seraient nettement plus chers à acheter pour les pays étrangers. A long terme, nous exporterions moins à nos voisins européens. Et l’histoire montre que la fin d’une union monétaire se traduit toujours par une réduction des échanges commerciaux entre anciens partenaires.

 

Mais est-ce problématique?

Premièrement, les exportations allemandes ne devraient pas diminuer trop longtemps. Lorsque notre monnaie est forte, les matières premières sont plus abordables.

Résultat, les produits allemands peuvent être fabriqués à moindre coût et vendus meilleur marché.
Deuxièmement, les exportations ne sont pas le seul objectif de notre économie. Le retour du mark aurait un effet positif sur la consommation, ce qui devrait également soutenir l’économie.


La fin de l'euro ou le début de la pire crise financière de l'histoire
D’autres aspects de cette décision pourraient néanmoins se révéler très coûteux. Les Allemands ont – souvent sans le savoir – une part important de leur patrimoine placée à l’étranger. Les assurances, les banques et les fonds d’investissements ont largement investi dans la zone euro. Reconvertis en mark, ces placements allemands à l’étranger perdraient 158 milliards d’euros de valeur, soit 7% du PIB. Voilà qui ne devrait pas ravir les épargnants allemands. Mais que nous coûtera l’euro si nous le conservons ? Et si de plus grands pays que la Grèce ou l’Irlande venaient à nous appeler à l’aide ? L’Allemagne pourrait se retrouver à devoir garantir des sommes de plus en plus inimaginables. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre qu’à terme le jeu n’en vaut pas la chandelle. Mais il y a un mais : que se passera-t-il à court terme si l’Allemagne quittait la zone euro ? Tous les scénarios sont unanimes : cela ne se passera pas en douceur. Il est à peu près certain que la réintroduction du mark et la dévaluation de l’euro privé de l’Allemagne marquerait le début d’un vaste mouvement des fonds à l’étranger. Les Grecs, les Espagnols et les Irlandais chercheraient immédiatement à déposer leur argent en Allemagne. Pour éviter cela, il faudrait recourir à des moyens radicaux : fermer les banques, limiter les transferts de capitaux, peut-être même fermer les frontières. Pour Barry Eichengree, la fin de l’euro sonnerait le début de "la pire crise financière de l’histoire".


Les union monétaires, une question toujours politique
Il n’est pas dit que la situation dérape à ce point. Toutefois, la peur d’un tel chaos social reste plus importante que la crainte de voir l’euro nous coûter toujours plus cher. Pour l’historien Michael Bordo, il y aurait toutefois une circonstance où l’Allemagne serait prête à accepter ce risque : "Si l’un des pays fondateurs de l’euro, l’Italie par exemple, se trouvait en situation d’urgence, cela pourrait inciter l’Allemagne à rompre les traités européens". A cela s’ajoute l’aspect politique de la question. Les – rares – travaux des économistes en matière d’union monétaire leur ont au moins appris une chose, explique Bordo : "Les unions
monétaires sont constituées pour des raisons politiques, elles sont approfondies pour des raisons politiques et elles finissent toujours par s’écrouler pour des raisons politiques".

 

La tentation du mark
Source, journal ou site Internet : Frankfurter Allgemeine (Sonntagzeitung)
Date : 14 décembre 2010
Auteur : Lisa Nienhaus

10:30 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, eurocrates, euro, allemagne, monnaie, mark, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/12/2010

"La lutte contre le climat est finie" L'Europe n'est plus la solution!

Conférence de Cancún


"La lutte contre le climat est finie, l’adaptation [au réchauffement] commence"

 

: le climatologue tchèque Jan Pretel ; cité par Lidové noviny, résume ainsi la leçon à tirer de la conférence sur le climat qui s’est terminée à Cancún le 11 décembre.

 

http://www.tv5.org/TV5Site/info/afp/francais/journal/mon/photo_1290968231486-6-0.jpghttp://www.tdg.ch/files/imagecache/468x312/newsdesk/02102009/d9dd459.jpg

 

"Le monde ne formera pas une coalition luttant contre le climat, comme les idéalistes de Copenhague le pensaient encore l’an dernier, chacun va s’en charger à sa manière".


"L’Europe, qui encourageait la lutte contre le changement climatique par la réduction des émissions CO2, a perdu la bataille contre la Chine, l’Inde ou le Brésil. Pourquoi ? Comme l‘Europe émet de moins en moins de CO2, elle fait de moins en moins partie du problème. Sa vision fait donc de moins en moins partie de la solution".

 

Le quotidien estime que l’idée selon laquelle le CO2 est au coeur du problème disparaitra avec l’expiration du protocole de Kyoto dans deux ans, et que les stratégies d’adaptation au changement climatique varieront selon les régions. A Cancún, conclut le journal,

 

"l’harmonie confucéenne a vaincu la conflictualité occidentale".

 

Mais s’adapter au climat ne coûtera pourtant pas moins cher que lutter contre son changement.

 

L’Europe ne fait plus partie de la solution
Source, journal ou site Internet : Presseurop
Date : 13 décembre 2010

 

 

l'écodictature et l'écocratie

 

La conférence de Cancún sur le climat a permis une légère avancée dans la lutte contre le changement
climatique. Mais pour l’hebdomadaire allemand Freitag, nous devrons choisir entre deux modèles :
l'écodictature et l'écocratie. De la ville allemande de Marbourg, dans le Nord de la Hesse, à la luxueuse
station balnéaire de Cancún, il y a, à vol d'oiseau, quelque 8 600 kilomètres. Douze heures d'avion et
plusieurs mondes séparent les deux localités. Elles ont pourtant une chose en commun ces jours-ci : toutes
deux se posent la question de la dose de liberté ou de contrainte nécessaire pour assurer la survie de la
planète. L'écodictature nous menace-t-elle ? A Marbourg, la question est posée pour des raisons stratégiques.
L'équipe municipale rouge-verte [SPD-Les Verts] oblige les propriétaires à faire poser des panneaux solaires
en cas de réfection de leur toiture. La mesure en question possède une légitimité démocratique,
s'accompagne de subventions et s'appuie sur une décision de justice. L'opposition de droite, quant à elle,
évoque une "écodictature", les propriétaires se trouvant contraints de veiller à leur bonheur économique et à
notre avenir écologique.


Les démocraties permettent-elles la survie écologique ?
A l'inverse, à Cancún, la question n'est pas posée, là aussi pour des raisons stratégiques. A l'occasion de la
conférence des Nations unies sur le climat, les rares Etats qui ont à coeur de protéger le climat (et leur
portefeuille) tentent de faire avancer péniblement la démocratie onusienne. Scientifiques et experts, qui
voient plus loin que les prochaines élections, évoquent sur le ton de la confidence la possibilité
d'écodictatures en devenir. Le débat sur la restriction autoritaire des droits de l'Homme dans le but de
garantir la survie de la planète repose sur un doute : les démocraties parlementaires sont-elles capables
d'apporter une réponse à la question de la survie écologique ? La démocratie et la protection de
l'environnement semblent pourtant former un tandem idéal. Le mouvement écologiste est apparu pendant
l'essor démocratique des années 1960, et les démocraties se montrent nettement plus innovantes en matière
de technologies et d'avancées sociales. Or, depuis que les protestations citoyennes ont droit de cité, les usines
ont été délocalisées dans des pays plus pauvres et moins bien protégés. Et rares sont les politiques qui osent
confronter les consommateurs et les électeurs à des vérités qui dérangent. En réalité, les bases d'une
écodictature sont posées depuis longtemps déjà. Le capitalisme a pris la démocratie en otage. Car, dans la
pensée occidentale, la liberté politique est à ce jour indissociable de la liberté économique. Nous n'avons
encore jamais testé la démocratie telle que nous la connaissons sans le capitalisme et son fort appétit pour les
ressources naturelles.
Comment une démocratie peut-elle planifier un avenir qui vaille la peine d'être vécu quand sa soeur jumelle,
l'économie frénétique, le ruine dans le même temps ? Pour l'heure, il n'existe à cette question aucune réponse
satisfaisante.


L'écocratie ou un modèle politico-économique séduisant
L'écodictature n'apportera pas non plus la solution. Premièrement, elle est impopulaire. Deuxièmement, elle
ne fonctionne pas : ce n'est pas un pilotage par le sommet, centralisé, qu'il faut, mais des innovations sociales
et économiques partant de la base. Troisièmement, il existe une alternative à l'écodictature : l'écocratie. Ce
n'est pas aussi terrible que cela en a l'air. L'écocratie est tout simplement la poursuite de notre démocratie
avec des moyens écologiques. Politiquement, une écocratie est parfaitement réalisable. L'Union européenne
pourrait ainsi élaborer un traité, baptisé "Maastricht II", qui fixerait des critères de stabilité écologique et
instaurerait une "Banque européenne pour l'avenir" (BEA). Les Etats membres céderaient une partie de leur
souveraineté nationale à la BEA sur les questions de la protection du climat et des espèces. La Banque
surveillerait les politiques européennes dans les domaines de l'industrie, des transports et de l'agriculture.
Elle pourrait bloquer l'octroi de subventions. Un Etat qui enfreindrait les critères de manière persistante se
verrait privé de subventions européennes ou devrait s'attendre à voir la BEA prendre les commandes dans
certains secteurs. Utopie ? Absolument pas. Nous disposons déjà d'un dispositif similaire dans le domaine de
la politique budgétaire. En ce moment même, les cas de la Grèce et de l'Irlande témoignent de la pression
qu'un pays européen peut subir lorsqu'il ne remplit pas certains critères. Une ligne dure qui se justifie par le
fait qu'une débâcle financière se répercuterait sur tous les autres – un argument d'autant plus valable dans le
cas de l'environnement. Ces questions n’ont pas été ouvertement débattues à Cancún. Car la communauté
internationale observe attentivement pour savoir qui possède le meilleur modèle permettant de garantir
prospérité, stabilité et liberté : le capitalisme effréné des Etats-Unis, le social-capitalisme d'Etat chinois, la
gestion autoritaire des matières premières à la mode russe ? L'Europe pourrait ici élaborer un modèle
politico-économique susceptible de séduire des démocraties en plein essor telles que l'Inde, l'Afrique du Sud
ou le Brésil.

 

L’écocratie sera-t-elle le genre humain?
Source, journal ou site Internet : Der Freitag
Date : 13 décembre 2010
Auteur : Bernhard Pötter

12/12/2010

Europe - Merkel - Allemagne; N'aurait-elle pas raison?

La chancelière allemande Angela Merkel continue de rejeter les eurobonds pour sauver les Etats économiquement faibles membres de l'UE.

 

http://laregledujeu.org/files/2010/07/merkel_reuters.jpg

lire bio

 

Dans le débat sur le sauvetage de l'euro, elle ne répond pas aux exigences de ce défi historique, critique le journal de centre-gauche Berliner Zeitung : "Qui se soucie vraiment de la première génération des véritables européens qui ne connaissent le continent que sans frontières, avec une monnaie unique et une mobilité importante ? Ceux qui étudient à Milan, Varsovie ou Barcelone, qui acceptent de travailler à Londres Stockholm ou Paris, qui voyagent à prix avantageux à travers l'Europe avec Easyjet et qui considèrent tout cela comme une évidence. Les enthousiasmer pour le projet Europe et leur faire comprendre que l'on ne peut pas se contenter de jouir de ses acquis mais qu'il faut également les défendre, serait une tâche gratifiante et facile finalement. … Qu'a fait la chancelière pour nommer de fortes personnalités à la tête des hautes administrations européennes ? Rien. …. Elle considère l'Europe uniquement comme un mal nécessaire. Elle ne fait plus rien pour continuer de faire évoluer l'Union."
http://www.berlinonline.de/berliner-zeitung/archiv/.bin/dump.fcgi/2010/1210/meinung/0009/index.html

 

L'Europe pour Merkel n'est qu'un mal nécessaire
Source, journal ou site Internet : Berliner Zeitung
Date : 10 décembre 2010

20:39 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, europe, eurocrates, merkel, ue, keynésianisme, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu