Avertir le modérateur

02/06/2011

Une vision "germanique" de l'Europe de demain!!

Au Nord, les riches régions industrielles alliées aux pays de l’arc alpin. Au Sud, une confédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants. Si elle se réinventait selon ce schéma, l’Union se porterait beaucoup mieux, assure le sociologue allemand Gunnar Heinsohn. En 2011, seuls 40% des Allemands voient leur avenir au sein de l’Europe, et seuls 25% ont encore confiance en leurs institutions. Ces résultats sont la réponse aux 25 milliards d’euros accordés par Berlin aux riches propriétaires des banques grecques, et non l’expression de l’étroitesse d’esprit du pays: le Sud de l’Allemagne, notamment, répugne tout autant à mettre la main à la poche pour ses compatriotes de Brême ou Essen que pour les étrangers d’Athènes, Dublin ou Lisbonne. Seul le spectre menaçant du nationalisme maintient encore l’Union européenne en vie. La ponction de nos ressources financières est de toute façon préférable à la guerre, nous serinent nos leaders.

 

http://samueljscott.files.wordpress.com/2009/07/future-europe.jpg?w=500&h=330

 

Et pourtant, pour la première fois depuis un demi-siècle, les Européens ont la possibilité de voir au-delà de l’Etat-nation. Depuis l’effondrement des taux de natalité, nous ne sommes de toute façon plus assez nombreux pour continuer à nous tomber mutuellement sur le râble. La construction européenne n’est pas un instrument conçu pour éviter la guerre, mais plutôt l’expression sympathique de notre incapacité à la faire. Le redécoupage de l’Europe porte l’espoir d’un avenir au-delà des nations, des religions et des traditions. C’est ainsi que, dès 2009, l’historien suédois Gunnar Wetterberg proposait de ressusciter l’Union de Kalmar [qui réunît entre 1397 et 1523 les trois royaumes scandinaves de Danemark, Suède et Norvège sous un même roi] dans les pays nordiques. Cette nouvelle union réunirait l’Islande, le Danemark, le Groenland, la Norvège, les îles Svalbard, la Suède, la Finlande et éventuellement l’Estonie. Cet espace de 3,5 millions de kilomètres carrés pour 26 millions d’habitants deviendrait la huitième puissance économique mondiale. Les Pays-Bas et la Flandre pourraient s’y rallier ultérieurement. Une alliance avec la Grande-Bretagne – détentrice de l’arme atomique – transformerait la mer du nord en Mare Nostrum et ouvrirait la porte d’un partenariat avec les Etats-Unis et le Canada qui rendrait l’Atlantique nord invulnérable.


La Suisse au coeur d'un nouvel espace économique et monétaire
Les regards sont tournés vers la Suisse, en tant que pays issu d’une volonté politique qui fonctionne: les Genèvois ne sont pas français, les Tessinois ne sont pas italiens et les Zurichois ne sont pas allemands. Les voisins qui ne veulent plus être voisins peuvent participer avec les Confédérés à la construction d’un espace économique et monétaire de premier plan qui résorbera le déficit des naissances en attirant une main d’oeuvre motivée du monde entier. Aucun système de transferts n’existe pour combler l’écart entre les régions
riches et les régions plus pauvres. Ainsi, tandis qu’à Brême ou à Berlin, les partisans des transferts financiers sont toujours en quête de nouveaux moyens de ponctionner les portefeuilles de leurs voisins, les cantons suisses n’ont d’autre choix que d’attirer des entreprises innovantes et une main d’oeuvre de qualité s’ils veulent accroître leurs revenus.

 

Or, ils parviennent eux aussi à aider les plus démunis et font d’ailleurs généralement mieux que les meilleurs élèves de l'Etat fédéral allemand. D’après l’OCDE, la Suisse était déjà en 2009 la championne du monde de l’innovation, et le pays décroche la première place de l’Indice de compétitivité mondiale pour l’année 2010-2011. Le Sud-Ouest de l’Allemagne rejoindrait ce nouvel espace, ainsi que le Nord de l’Italie, et l’on tendrait la main en direction de Florence et d’Urbino. A l’Est, la Slovénie déjà polyglotte complèterait la fédération. Avec 70 millions d’habitants sur 450 000 kilomètres carrés, l’ensemble occuperait la quatrième place mondiale en termes de puissance économique – derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon.


Une fédération méditerrannéenne au sud de l'Europe
La création d’une union nordique et d’une fédération alpine aurait également le mérite d’accorder une seconde chance aux régions jugées sans espoir. Au lieu de les perfuser à coups de milliards, on remettrait à ces pays des notices leur permettant de construire le matériel de pêche avec lequel chacun pourra ramener son propre poisson à terre. Après les dépôts de bilan auxquels ils ne pourront pas échapper, le Portugal, l’Espagne, le Sud de l’Italie, les pays slaves riverains de l’Adriatique et la Grèce pourraient constituer une fédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants, qui ferait toujours recette grâce à l’énergie solaire, aux produits biologiques et aux charmes de sa culture. En associant Israël au projet, la fédération s’adjoindrait un partenaire militaire utile au vu de la proximité immédiate de l’arc islamique. Les autres pays de la Baltique et la Pologne, associés à la Biélorussie et l’Ukraine – deux aspirants à l’entrée dans l’UE – forment un ensemble analogue en superficie au grand empire lituano-polonais qui fut partagé en 1795 entre Berlin, Vienne et Saint- Pétersbourg. Une nouvelle version de la Rzeczpospolita [la République des Deux nations qui entre 1569 et 1795 réunissait le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie], forte de quelque 110 millions d’âmes, n’aurait plus peur d’une Russie dont la population vieillit d’ailleurs encore plus vite. La France pourrait faire cavalier seul, ou bien, de conserve avec le reste de l’Allemagne, transformer cette Eurabie qui fait si peur en titre honorifique. Dans un pays comme dans l’autre, entre 20 et 25% des jeunes éprouveront des difficultés à se former et à recevoir une bonne instruction . Des super-crèches devront donc être créées pour remédier à ce problème dès le plus jeune âge. Si cette promesse de faire de tous les enfants des forts en math était honorée, l’axe Berlin-Paris entrerait dans l’Histoire. Placé sous la bannière rougeverte- rouge-verte fédérant marxistes, écologistes, socialistes et disciples du prophète, ce nouvel espace multiculturel high-tech deviendrait la lumière des peuples. Il ne faut plus malmener ceux qui n’y croient pas, car ils ont presque toutes les options devant eux. L’Etat-nation devrait être toutefois la dernière des solutions. Ceux qui se trouvent encore sous son emprise sont essentiellement des exaltés de droite comme de gauche, les uns rêvant d’une puissance révolue, les autres de transferts financiers ad vitam æternam.


Crise de l'euro Le schisme Nord-Sud
La crise de l’euro est également une crise entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nordı, estime le Jyllands-Posten. Alors qu’en Grèce et en Espagne, les citoyens protestent contre l’absence de perspectives d’avenir, les Finlandais et les Allemands ont démontré lors des dernières élections qu’ils ne veulent plus payer pour les pays du Sud surendettés. C’est pourquoi, explique le quotidien danois "la crise de l’euro n’est plus juste une question de dette publique, mais elle révèle le schisme entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud – avec cette dernière dans le rôle du méchant". ıLa Grèce n’ayant pas été capable de respecter l’accord conclu avec l’Union européenne et le FMI sur la réduction de son déficit, il est difficile pour les gouvernements des pays du nord d’expliquer aux citoyens contribuables qu’ils doivent à la fois accepter des réductions budgétaires sévères et garantir des emprunts colossaus aux pays les plus endettés.ı C’est pourquoi la sortie de la Grèce de la zone euro, "même elle est officiellement politiquement inacceptable, pourraît être la solution la moins pire".

 

Osons l’Europe 2.0 !
Source, journal ou site Internet : die Welt
Date : 30 mai 2011
Auteur : Gunnar Heinsohn

19:23 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, europe, etats-nations, suisse, euro, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

L'Europe et les révolutions arabes

Plusieurs mois après le début des révolutions arabes, quelles leçons l'Europe doit-elle en tirer ?

 

Pour Arshin Adib-Moghaddam, professeur à l'université de Londres, le Vieux Continent ne doit pas succomber au mythe du conflit entre islam et Occident et se lancer dans une diplomatie plus ambitieuse et plus indépendante. Imaginez que je suis un Martien tout juste arrivé sur Terre et que j'ignore tout du Moyen-Orient. Comment m'expliqueriez-vous ce qu'il se passe actuellement dans le monde arabe? Il s'agit d'un grand soulèvement en faveur de la démocratie, de la liberté, de l'indépendance et des droits de l'homme. Et c'est un fait inédit depuis la chute de l'Empire ottoman. Tous les pays arabes sont nés de la désintégration de cet empire. Certains possèdent une histoire distincte en tant qu'Etats-nations, comme l'Iran, la Turquie, et dans une certaine mesure l'Arabie saoudite, mais l'époque coloniale a eu de profondes répercussions sur leur politique intérieure à tous. Des structures étatiques autoritaires y ont fait leur apparition parce que les nouveaux Etats se sont efforcés de faire naître une idée de ce signifiait être syrien, irakien, jordanien, etc. Les soulèvements actuels sont enracinés dans les sociétés elles-mêmes et appellent à une autre politique. De nouvelles chaînes de télévision diffusent l'information avec une grande indépendance, ce qui est aussi une nouveauté pour la région. Grâce à elles, une conscience politique d'un nouveau genre, une nouvelle approche de la vie politique et, par là-même, de nouvelles exigences, ont pu se faire jour. La population exige que les élites au pouvoir rendent des comptes et exige la justice sociale.

 

http://d.yimg.com/i/ng/ne/lemonde/20110422/16/4123296981-quel-role-peut-jouer-l-islam-dans-l-avenir-des.jpg


Cela signifie-t-il que les sociétés arabes sont en train de triompher de cet héritage autoritaire ?


Que se passe-t-il vraiment?

Pour comprendre le phénomène de l'autoritarisme dans cette région, il faut rappeler que ces pays sont les héritiers d'une période coloniale violente, puis de la résistance postcoloniale.

 

Les militaires se sont installés au sommet de ces Etats, sans développer de structures étatiques organisées. En Europe, ces structures-là sont le produit de plusieurs siècles d'évolution. Il y a eu la Révolution française, deux guerres mondiales, Hitler, les guerres de Mussolini et de Franco. La société civile ne s'est développée en Europe que très lentement, et c'est sur ses fondements, ensuite, qu'est née une démocratie viable et qui a dû faire ses preuves. Le monde arabe, lui, n'a jamais eu le “luxe” d'avoir une Histoire. Mais aujourd'hui, les structures nées à la base de la société se rebellent contre l'autorité de l'Etat et sa souveraineté. Et il n'y a pas de marche arrière possible.


Quel sens donner à ces révolutions arabes pour l'Europe?

Les défis en matière de stratégie et de sécurité sont nombreux, car c'est tout le paysage politique qui change. On est face à des gouvernements émergents qui prêteront une oreille plus attentive à leur société, et à des sociétés nouvelles qui exigeront une politique étrangère indépendante de l'Occident. Ce n'est pas un hasard si l'Egypte et la Tunisie n'ont pas soutenu l'intervention en Libye. L'Egypte se prépare par ailleurs à revoir ses relations avec l'Iran, ce qui jusqu'ici était un tabou absolu. L'Union européenne et les Etats-Unis vont devoir se préparer à ces nouvelles relations qui vont apparaître dans la région, et qu'elles pourront bien moins contrôler qu'il y a encore tout juste un an. Il y a là des ressemblances avec l'Amérique latine, où les régimes furent par le passé beaucoup plus dociles avec les Occidentaux. Et tout comme les ingérences impérialistes ne sont plus possibles en Amérique latine, elles ne le seront bientôt plus en Asie occidentale [terme privilégié ces derniers temps par certaines organisations internationales, dont l'ONU, pour éviter l'eurocentrisme de “Moyen-Orient” ou “Proche-Orient”].

 

Serait-ce une sorte de deuxième vague de décolonisation?

Moins d'influence politique directe des Occidentaux, mais malgré tout, une influence accrue des idées occidentales? Incontestablement. Après tout, on n'a pas vu d'antiaméricanisme déclaré dans ces révolutions arabes. La Turquie coopère par ailleurs avec l'Europe, tout en poursuivant aussi ses propres objectifs. Personnellement, je pense que c'est une bonne chose. Ou plutôt que cela soutient la cause de la paix dans toute la région. Le Moyen-Orient a besoin d'une stratégie de sécurité qui ne serve pas les intérêts d'acteurs extérieurs.


Que pensez-vous des politiques adoptées en Occident à l'égard des révolutions arabes?


L'Union européenne devrait avoir une politique bien plus indépendante des Etats-Unis qu'elle ne l'a fait jusqu'à présent. Cela s'est vu dans bien des domaines, en Irak, dans le conflit israélo-palestinien, et plus récemment avec l'Iran. L'Europe devrait défendre ses propres intérêts. Et l'Iran devra être amené à la table des négociations. La politique de marginalisation et de sanction à son égard est un échec. On ne peut rien pour arrêter le projet nucléaire iranien, et il n'y a pas de solution militaire. Tout le monde le sait. Et l'Union européenne fait un meilleur interlocuteur pour ce dialogue que les Etats-Unis, parce qu'elle ne porte pas de fardeau historique [avec l'Iran]. Il y a aussi des considérations stratégiques à prendre en compte. Par exemple, comment acheminerons-nous le pétrole et le gaz d'Afghanistan à l'avenir ? Ne vaudrait-il pas mieux faire passer les oléoducs et les gazoducs par l'Inde, le Pakistan et l'Iran plutôt que par la Russie ? De la même façon, l'opération libyenne est une erreur. L'Europe a des liens étroits avec le monde arabe et musulman, il faut qu'elle l'admette.


Vous dites que l'opération libyenne est une erreur: pensez-vous que l'Europe n'aurait pas dû intervenir? Même si cela voulait dire pour elle assister au massacre de l'opposition par Kadhafi?


La solution aurait consisté, dès le départ, à organiser si possible une conférence réunissant
Kadhafi et son opposition autour des grands acteurs régionaux. Si des initiatives diplomatiques avaient été prises au tout début, je pense que Kadhafi n'aurait pas réagi de la
même façon : quand vous voyez qu'une autre voie est possible, vous hésitez davantage à massacrer votre propre peuple. L'intervention militaire a au contraire aggravé les violences en Libye. On ne soumet pas les gens en les bombardant, pas plus qu'on n'intervient militairement en espérant créer une situation nouvelle.


Qui défend le régime de Kadhafi, selon vous?

Il bénéficie encore de soutiens, cela ne se résume pas à l'emploi de mercenaires. Que va-t-il advenir des vestiges de ce régime? Une diplomatie stratégique pourrait permettre de sortir de cette impasse.


La Libye serait-elle un nouvel Irak pour l'Occident, plus proche des frontières de l'Europe?


Personne ne connaît exactement la nature du mouvement dans l'est de la Libye. Il est en tout cas loin de n'être formé que de libéraux et de démocrates. Il réunit d'innombrables forces tribales qui ont chacune leurs ambitions, ainsi que des djihadistes. Cette situation est du pain bénit pour Al-Qaida, car ces événements s'intègrent parfaitement dans sa conception d'un monde défini par le conflit entre islam et Occident. Une résolution militaire de la situation libyenne serait déplorable.

 

Ce que nous disent les révolutions arabes.
Source, journal ou site Internet : mlada Fronta DNES
Date : 30 mai 2011
Auteur : Jan Fingerland


Profil Arshin Adib-Moghaddam
Né dans une famille iranienne, Arshin Adib-Moghaddam a grandi essentiellement en Allemagne. Il enseigne aujourd'hui à la prestigieuse faculté d'Etudes orientales et africaines à l'université de Londres. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier en date, A Metahistory of the Clash of Civilizations [“Une métahistoire du choc des civilisations”], passe
en revue les conflits interculturels dans l'histoire européenne, des guerres médiques à la lutte contre le terrorisme aujourd'hui, en passant par les Croisades.

 

11:05 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : révolution, arabe, europe, autoritarisme, démocratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/06/2011

Galileo, bientôt du concret à l'automne 2011

Quelques semaines les deux chronologies de lancement qui ont validé les installations destinées aux fusées Soyouz au Centre spatial guyanais, Arianespace prépare le lancement des deux premiers satellites du système européen de navigation par satellites, Galileo. Ce tir, qui sera le vol inaugural du lanceur russe depuis Kourou, aura lieu le 20 octobre 2011.

 

http://en.beta.rian.ru/images/10605/47/106054765.jpg

 

Arianespace, l’Agence spatiale européenne et la Commission européenne viennent d’annoncer que le lancement des deux premiers satellites du GPS européen (Galileo) aura lieu le 20 octobre 2011. Ces satellites font partie de la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV). Au nombre de quatre, ils sont tirés par paire. Les vingt-six autres satellites de la constellation seront tous lancés depuis Kourou par Arianespace qui utilisera une combinaison d'Ariane 5 et de Soyouz. C'est l'Ariane 5-ES qui sera utilisée, celle de l'ATV, pour lancer quatre satellites en une fois.


Cette annonce survient après que les résultats de la revue détaillée de l'Ensemble de lancement Soyouz ont permis de conclure que le segment spatial, le segment sol et le dispositif opérationnel seront prêts pour un lancement le 20 octobre.


Les quatre premiers satellites Galileo construits et lancés dans le cadre de la phase de développement et de validation en orbite (IOV), seront pleinement représentatifs des trente satellites de la constellation Galileo. Chacun diffusera des signaux horaires précis, des éphémérides et d’autres données commerciales et de navigation. © Esa

 

Go to fullsize image


Un lancement emblématique d'une coopération réussie
Les deux satellites Galileo seront déployés en orbite par un lanceur Soyouz, qui effectuera à
cette occasion son vol inaugural depuis son nouveau pas de tir construit au CSG. « Ce lancement est un parfait exemple de coopération européenne et de coopération internationale, a commenté Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’Esa, puisqu’il s’agit d’une part, de mettre en orbite les premiers satellites Galileo opérationnels, fruits de la
coopération entre l’Union européenne et l’Esa et, d’autre part, de procéder au premier lancement de Soyouz au CSG dans le cadre d’une coopération entre l’Esa et la Russie. »


Pour Jean-Yves Le Gall, président directeur général d’Arianespace, « après la mise en orbite des deux premiers satellites précurseurs de la constellation, Giove A et Giove B, [...] avec ce lancement, nous allons également commencer le 20 octobre un nouveau chapitre de notre propre histoire, celui de l’exploitation de Soyouz au CSG [...]. »

 

Les deux premiers satellites Galileo seront lancés le 20 octobre
Source, journal ou site Internet : futura sciences
Date : 28 mai 2011
Auteur : Rémy Decourt

00:40 Écrit par HUMANITAS dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galiléo, soyouz, europe, satellites, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/05/2011

L'Europe de Schengen...Que voulons-nous?

En acceptant de réintroduire des contrôles aux frontières à certaines conditions, comme les ministres de l'Intérieur l'ont décidé le 12 mai, l’UE cède à la tendance du repli sur soi affichée par de nombreux Etats. Si les Vingt-Sept n'inversent pas la vapeur, l'UE court à sa perte.

 

http://lettres-histoire.info/lhg/geo/geo_europe/cartes_europe/schengen2001.jpg


La machine est grippée.

Le projet européen a sombré dans une crise de grande ampleur. L’Union européenne n’a plus rien de moderniste. Ce qui est moderne, aujourd’hui, c’est la marche arrière et la nostalgie de la sérénité nationale. Les partis de droite ne sont plus les seuls à faire campagne en ce sens. Il s'agit presque d'un consensus. Et parce qu’au moment même où ce sentiment se répand, l’Europe est en butte à des problèmes concrets, c’est tout le projet européen qui dévisse. En annonçant le rétablissement des contrôles aux frontières, le Danemark montre la voie que pourraient bien emprunter prochainement de nombreux Etats membres.


Un désir de démantèlement
Le désir de démantèlement est bien présent. Quantité d’Autrichiens aimeraient revenir au schilling, une monnaie que la Grèce, le Portugal et l’Irlande ne viendraient pas mettre en danger. Beaucoup rêvent d’un retour des contrôles aux frontières, afin que les gangs de cambrioleurs, les mendiants, les immigrés clandestins et les trafiquants de drogue ne pénètrent plus dans le pays. Ils seraient d’accord pour refuser ces étudiants étrangers qui viennent saturer nos universités. Ils cautionneraient sans hésiter la mise en place de limitations au trafic de transit. Les sondages nous ont également appris qu’une majorité d’Autrichiens seraient favorables à la réintroduction de barrières sur le marché du travail national. Par ailleurs, bon nombre d’entreprises et d’employeurs ne se contenteraient pas d’approuver, mais soutiendraient énergiquement le rétablissement d’obstacles à l’importation pour les produits qui dament le pion de la production nationale. Il faudrait donc enclencher la marche arrière. Et elle sera enclenchée si aucun dirigeant ne hausse la voix pour se prononcer clairement en faveur du projet commun de l’Union. Elle sera enclenchée si les Vingt-Sept continuent de fuir leur responsabilité commune. Elle sera enclenchée, aussi, si la population ne voit plus la valeur ajoutée que représente l’Union européenne – si elle n’est plus certaine d’avoir quelque chose à gagner à la libéralisation du marché intérieur, à l’ouverture du marché du travail, à la monnaie unique. Dans les rapports entre les persones – qu’ils soient d’ordre public ou privé — le pire, c’est la phase d’incertitude, celle pendant laquelle on louvoie. C’est dans cette phase que se trouve actuellement l’Union européenne.


Le risque d'une spirale de l'isolement
L’Union a le choix entre deux options tout aussi douloureuses. Ou bien les Vingt-Sept entreprennent de régler les problèmes que rencontre actuellement l’euro, les désordres sur les marchés financiers et les défis posés par la vague de réfugiés d’Afrique du Nord. Sur toutes ces questions, jusqu’à présent, on n’a pas entendu autre chose que des déclarations de volonté : aucune vraie mesure concrète n’a été prise, comme l’instauration d’une marge de sécurité pour les pays endettés, la mise en place d’une surveillance financière performante ou l’introduction d’une politique d’immigration commune assortie de la création d’une police frontalière efficace. Il est mal vu de l’exprimer publiquement, mais afin que l’Union puisse mettre en oeuvre ces mesures, il va falloir transférer certaines compétences nationales aux institutions communes, relever de nouveaux défis démocratiques et donc introduire de nombreux changements douloureux pour les Etats membres. Ou bien les 27 signeront le démantèlement de leur édifice commun. Ce qui correspondrait bien au climat ambiant. Il faut néanmoins que tout le monde ait bien conscience du fait qu’un retour en arrière ne se limiterait pas aux domaines pour lesquels il est actuellement souhaité. Nous pourrions survivre à la suppression de la liberté de circulation. Notre adhésion à un "groupe des pays à monnaie forte", réuni autour de l’Allemagne, aurait en revanche des répercussions douloureuses sur nos exportations et le tourisme. Mais surtout, tôt ou tard, le marché unique sera remis en question. Dès que l’Union montrera les premiers signes d’une dissolution, les constructeurs automobiles et les agriculteurs français exigeront la mise en place de barrières aux importations pour stopper la concurrence étrangère et les obtiendront à l’approche de l’une ou l’autre élection.

 

Moteur de la croissance économique, le marché unique souffrirait gravement de la sortie de l’euro et du retour au protectionnisme. On verrait apparaître une spirale de renationalisation, nécessairement nourrie par de nouvelles barrières aux frontières et par l’isolement. Est-ce vraiment cela que nous voulons ?

 

http://www.diploweb.com/cartes/qi7europe.jpg


Vu de la Baltique Ne bricolons pas avec Schengen
"Comme nous le savons, toute loi peut être touchée. Il en va de même des lois de l'UE", écrit, Marek Magierowski, dans Rzeczpospolita. L'éditorialiste redoute que les exceptions prévues au principe de la libre circulation des personnes impliquent que "cette idée noble ne fera désormais plus partie des dogmes de l'UE". Ceux qui proposent ces changement prétendent que les "contrôles limités aux frontières", ne seront que temporaires et appliqués dans des "situations exceptionnelles". Toutefois, note Rzeczpospolita, tout cela peut être interprété de façon très différente. En Suède, par exemple, "temporairement" peut vouloir dire deux semaines, tandis qu'en France, la notion de temporaire peut s'étendre à 12 mois. Si nous considérons l'afflux de migrants comme une "situation exceptionnelle", justifiant la restriction de la liberté de mouvement, nous devons avoir en tête que cette situation ne cessera pas d'être exceptionnelle avant les 30 prochaines années.


L'immigration illégale restera un problème aussi longtemps que l'UE partagera des frontières avec l'Afrique.


Soit, disons, pour les quelques milliards d'années à venir. L'éditorialiste Livi Anna Masso regrette pour sa part dans le quotidien estonien Postimees, que "après des décennies d’efforts au nom de la cohésion et de la liberté en Europe, le vieux monde se dirige de plus en plus vers l’enfermement. L’intégration aurait-elle déjà atteint ses limites? Avec en toile de fond les élections parlementaires finlandaises, la question d'aider ou non le Portugal divise et ce sont le futur développement de l’UE, la coopération internationale ou encore les valeurs d’un monde ouvert qui sont ici en jeu. Dans les pays nordiques aussi, les "barbares" posent problème : dans les pays scandinaves, on parle de nouveau des "criminels baltes" qui incitent à la restauration des contrôles aux frontières avec les Etats baltes. (…) Alors que les voisins du sud de la Méditerranée protestent et risquent leur vie au nom d’une société plus ouverte et libre, de nouveaux mouvements de protestation en Europe exigent le retour d’un monde fermé. Or, le "cocooning" est juste une illusion.

 

Il faut espérer que ce mouvement de renfermement sur soi reste marginal. Plutôt que de fermer les frontières, nous devrions réfléchir et débattre des conditions qui nous permettrons de mieux vivre dans une société ouverte.

 

Schengen : l’Union a la croisée des chemins
Source, journal ou site Internet : die Presse
Date : 13 mai 2011
Auteur : Wolfgang Böhm

08:57 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : schengen, europe, ue, économie, croissance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2011

L'Europe fédérale se serait pour quand et avec qui?

Les plans de sauvetage européens ne fonctionnent pas, mais ils permettent à l’Union européenne d’asseoir un pouvoir centralisé au détriment des Etats-nations, écrit Anatole Kaletsky dans le Times.


Les années se suivent et se ressemblent : en 2011 comme en 2010, l’Europe se voit ébranlée par une collision dramatique entre politique et économie. Il y a tout juste un an, le lundi 10 mai 2010 à 1h du matin, les dirigeants de l’UE prenaient ce qui apparut alors comme la décision la plus audacieuse depuis le lancement de la monnaie unique en 1999.

 

http://www.cife.eu/UserFiles/Image/leurope%20sera%20federale.jpg

 

Un fonds de stabilisation de 750 milliards d’euros était créé, garanti collectivement par tous les contribuables européens, pour épargner à d’autres Etats européens le dilemme auquel était confrontée la Grèce cette nuit-là : quitter la zone euro ou se déclarer en faillite faute de pouvoir honorer sa dette.


Aujourd’hui, un an plus tard, le sauvetage de la Grèce est incontestablement un échec.

 

L’Europe a donc décidé de renouveler l’opération. La Grèce n’a pas atteint la plupart de ses objectifs économiques. Elle a dépensé 75 milliards d’euros sur les 110 milliards du prêt d’urgence et Athènes a reconnu la semaine dernière qu’un autre plan de grande envergure sera nécessaire pour qu’elle puisse assurer l’année prochaine le remboursement de sa dette.


Hostiles, des fonctionnaires allemands font courir dans les médias financiers la rumeur que la Grèce pourrait être exclue de la zone euro ou qu’elle s’apprête à faire faillite pour de bon.

 

De fait, pour les rares créanciers privés de la Grèce qui n’ont pas revendu leurs obligations à la Banque centrale européenne ou au fonds de stabilisation européen, le risque aujourd’hui de ne pas être remboursés atteint 60 à 75 %. Parallèlement pourtant, la BCE et la Commission européenne continuent d’écarter toute idée de faillite ou de restructuration, jugée aussi "impensable" qu’il y a un an.


Cependant, ce nouvel épisode du grand drame européen de la crise financière se distingue par quatreéléments nouveaux. Primo, ce sont aujourd’hui trois, peut-être quatre pays, au lieu de la Grèce seule, qui risquent la banqueroute ou l’expulsion de la zone euro : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, voire l’Espagne. Et il fait de moins en moins de doute qu’une dévaluation [via un retour à la drachme] ou une faillite en Grèce entraînerait une réaction en chaîne en Irlande et au Portugal, et que l’Espagne et l’Italie se retrouveraient extrêmement fragilisées une fois ces trois dominos tombés.


Secundo, le coût total du soutien apporté à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal pour les contribuables allemands et des autres pays créanciers sera largement supérieur aux estimations faites l’année dernière, puisqu’on a déjà amplement puisé dans les fonds d’aide de l’année dernière pour rembourser les créanciers privés de ces pays, ainsi que leurs banques insolvables.


Un vigoureux sentiment anti-européen
Tertio, l’opposition politique au déblocage de nouveaux fonds de sauvetage sera plus forte encore que l’année dernière, pas seulement en Allemagne, en Finlande, en Autriche et aux Pays-Bas, mais aussi dans les pays endettés eux-mêmes. Les sauvetages de 2010 ont attisé un vigoureux sentiment anti-européen, aussi bien dans les pays créanciers que dans ceux en difficulté.


Quatrièmement, il y a une bonne nouvelle – mais pas forcément pour les dirigeants européens et ceux de la Banque centrale : l’économie mondiale, bien plus solide aujourd’hui qu’il y a un an, pourrait probablement supporter une décote des dettes souveraines, surtout si elle se fait de façon ordonnée et avec une garantie conjointe, par les Etats de l’UE, de la dette ainsi réduite.


Mais pourquoi, alors, les dirigeants européens, politiques et financiers, se refusent-ils à ne serait-ce qu’envisager une restructuration de la dette et préfèrent-ils continuer à prêter à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal de l’argent qui part directement rembourser leurs créanciers privés ? Outre leur crainte de déclencher une crise bancaire à la Lehman Brothers (risque qui peut être facilement écarté par la création d’un fonds européen de garantie financière bien plus modeste que ceux affectés actuellement au renflouement des Etats), les banquiers de l’Europe ont tout intérêt à entretenir la peur autour de la seule idée de restructuration. La BCE elle-même, aujourd’hui principal détenteur d’obligations grecques, irlandaises et portugaises, enregistrerait des pertes colossales en cas de décote. Non contente de détenir directement 80 milliards d’euros de ces obligations, la BCE possède aussi, en effet, plus de 500 milliards de ces titres toxiques sous la forme de garantie des prêts qu’elle a accordés à des banques irlandaises, grecques et portugaises.

 

La plupart de ces banques se retrouveraient insolvables en cas d’importante restructuration des dettes, laissant la BCE avec des centaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat sans valeur sur les bras.


Avec des capitaux totaux de seulement 11 milliards, la BCE elle-même ferait faillite, à moins que les Etats européens ne lancent un gigantesque renflouement. Ce sauvetage aurait évidemment lieu, mais avec pour contrepartie une influence politique accrue sur la Banque centrale.


Des travailleurs grecs et irlandais menés en bateau
Maintenir la pression de la dette sur la Grèce, l’Irlande et le Portugal a un intérêt politique plus évident encore. En faisant de ces pays les éternels débiteurs de la BCE et de divers fonds européens, Bruxelles et Francfort accroissent considérablement le pouvoir des institutions centrales de l’Europe, au détriment des Etats nations. Si cette surveillance inédite exercée par la BCE et la Commission sur la fiscalité, les dépenses et les politiques sociales nationales ne concerne pour l’heure que la Grèce, l’épisode du sauvetage a créé des précédents et donné aux institutions des prérogatives qui peuvent progressivement être étendues à toute l’Union. L’inévitable transition de l’Union monétaire au fédéralisme budgétaire et, à terme, à l’union politique complète, avait été annoncée tant par les eurosceptiques que les fédéralistes dès 1989, quand Jacques Delors avança pour la première fois l’idée de monnaie unique, et à nouveau en 1999, lors de la création de l’euro.

 

Le passage de la monnaie commune à un fédéralisme politique complet prend certes un chemin légèrement différent de celui attendu – mais au bout du compte, il se fait exactement dans les délais prévus. Reste à savoir si l’Europe arrivera à destination avant que les travailleurs grecs et irlandais, ou les contribuables allemands et finlandais, n’estiment qu’ils se sont fait mener en bateau.

 

le fédéralisme à coup de plans de sauvetage
Source, journal ou site Internet : The Times
Date : 12 mai 2011
Auteur : Anatole Kaletsky

10:23 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, fédéralisme, économie, grèce, irlande, monnaie, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu