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09/12/2010

Crise(s) - Europe et ses "eurocrates"

La crise a été l'occasion pour l'Union européenne de reprendre certains pouvoirs souverains à des pays considérés comme "faibles", estime l'hebdomadaire polonais Przekrój. Une attitude qui relance le débat sur le "déficit démocratique" du projet européen. J'ai comme un sentiment qu'on est déjà passé par là, non ?

 

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Un petit pays dans le tracas. Endetté jusqu'au cou, avec une perspective illusoire d’amélioration. Pas de volontaires pour lui prêter de l'argent. Et les dirigeants assurant contre vents et marées que tout va bien, élections imminentes en vu. Puis, la riposte de Bruxelles qui sauve la situation, car un pays en faillite ferait plonger toute la zone euro. Il y a six mois, la Grèce, aujourd’hui l'Irlande. Le Portugal, l'Espagne et l'Italie sont les prochains sur la liste. La crise économique des deux dernières années a dévoilé cruellement tous les manquements du projet européen.

 

Tant que la zone euro se développait, les prêteurs réservaient un traitement comparable à tous ses membres, peu importe si sous le capot de la croissance on trouvait une 2CV à la traîne (Grèce), ou un bijou avec les 8 cylindres turbo (Allemagne). En 2008, avec l’arrivée de la crise, les préteurs ont fini par regarder sous la carrosserie. Il s'est alors avéré qu'aucun moteur européen commun n’existait réellement. Pendant plusieurs jours, les Irlandais ont obstinément réitéré leur mot d’ordre datant de la lutte pour l'indépendance: "Ourselves Alone" ("Nous seuls"). Tout cela pour au final capituler, sous la pression des plus importantes capitales de l'UE. Ainsi, dans les prochaines semaines, quelques dizaines de milliards d'euros de soutien de l’Union vont s’acheminer vers Dublin.

 

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La Grèce et l'Irlande pionnières malgré elles
Bien évidemment, et c’est après tout compréhensible, rien n'est gratuit. Berlin et Paris ont conditionné l’aide, afin de prévenir tout gaspillage des sommes mises sur la table. Tout comme dans le cas de la Grèce, c’est au prix des mesures bien spécifiques, telles que des augmentations d’impôts sur les entreprises et la TVA, des coupes budgétaires et un gel des salaires dans la fonction publique. Une telle tour de contrôle européenne qui surveille la politique économique de l’Union et indique des mesures budgétaires ou fiscales à prendre, paraît être une conséquence logique et naturelle du partage d’une monnaie commune. La Grèce et l'Irlande deviennent ainsi, un peu malgré elles, les pionnières de l'intégration européenne, version expresse introduite sous la contrainte des experts de la Banque centrale européenne. De cette façon, l'Union a enfin réussi à affranchir son processus décisionnel de l'étape, combien risquée, de concertation citoyenne qui auparavant avait entravé les plans des officiels irlandais. Une démocratie dirigée soulève cependant quelques problèmes. D'une part, pour bon nombre d'entre nous, il va toujours de soi que nos dirigeants soient exclusivement désignés par le processus électoral. D'autre part nos sociétés acceptent cependant de plus en plus de libérer le domaine de la sphère publique de l'emprise des élections. A la fin des années 1970, un chercheur britannique, devenu député travailliste, David Marquand, a parlé du "déficit démocratique" pour décrire le fonctionnement de la Communauté européenne. Tout en faisant l'éloge de l'efficacité des eurocrates de l'époque, il déplorait les insuffisances dans la relation électeur-fonctionnaire. Il mettait alors en garde contre une confiscation du processus décisionnel par les eurocrates qui risquait de provoquer un rejet pur et simple des institutions européennes, assimilées par des citoyens européens à un corps étranger.

 

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La bureaucratie finit par se passer des citoyens
Malgré toutes les déclarations de bonnes intentions, trente ans après, le même "déficit démocratique" continue de hanter Bruxelles. A l'heure actuelle, il serait courageux de soumettre à un référendum l'ensemble du projet européen, même au prix d'une éventuelle défaite électorale. Le résultat d'une telle consultation pourrait cependant bien ennuyer les eurocrates, surtout en ce moment, quand, sous prétexte de crise économique, ils s'emparent des pouvoirs supplémentaires réservés jusqu'alors aux gouvernements démocratiquement élus. Les gouvernements visés sont bien évidemment les plus faibles. Et pour cause, même si les Allemands ont, pendant des années, transgressé les règles du Pacte de stabilité et de croissance, personne à Bruxelles n'a eu l'idée d'imposer à Berlin des coupes budgétaires ou des mesures fiscales. Les premiers mouvements de résistance des Etats membres se sont mis en place. Dans la nuit du 15 au 16 novembre, pour la première fois depuis l988, les eurodéputés ont rejeté le projet de budget de l'UE. Les Britanniques avec un groupe d'alliés ont tenu tête à la Commission européenne, en refusant notamment d'ouvrir la discussion sur l'introduction d'un impôt européen, qui permettrait de réduire les contributions des Etats membres au budget commun, tout en donnant plus d'indépendance à l'exécutif européen. Si un tel impôt était mis en place, l'Union n'aurait en principe plus besoin d'Etats membres. Pire encore, si on en croit Max Weber, toute bureaucratie en constante progression (dans ce cas la bureaucratie européenne) aboutit à un moment donné à une parfaite autonomie, pouvant se passer des citoyens. Ce moment n'est peut-être pas si lointain. A moins que, d'ici là, les Etats membres ne décident de rendre leurs cartes de membre de l'Union.

 

L’ “eurocratie” profite de la crise
Source, journal ou site Internet : Przekroj
Date : 8 décembre 2010
Auteur : Lukasz Wojcik

11:06 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, euro, crise(s), eurocrates, pologne, politique, grèce, irlande, dette, déficit | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/12/2010

Start-Up et Patrimoine en cure d'austérité!

Les start-up victimes du déficit public
Source, journal ou site Internet : silicon.fr
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Christophe Lagane

 

 

Après les députés, les sénateurs ont adopté le plafonnement de l'exonération des charges pour les entreprises innovantes. Au nom de la lutte contre le déficit public.

 

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Le couperet est tombé la nuit du 02 au 03 lors de la discussion au Sénat sur le projet de loi des Finances 2011. Comme les députés l’avaient fait trois semaines auparavant, les sénateurs ont adopté la réforme qui revoit le soutien fiscal dont bénéficiaient jusqu’alors les start-up françaises. En 2011, les jeunes entreprises innovantes (JEI) verront leurs exonérations de charges sociales désormais plafonnées. Créé en 2004, le statut de JEI permettait aux PME innovantes de moins de huit ans et qui consacrent 15 % de leur activité à la recherche et au développement (R&D) de bénéficier d’exonérations pendant 8 ans sur les charges salariales des employés concernés (chercheurs, techniciens, chefs de projets R&D…). Mais ces largesses disparaîtront prochainement. Eric Besson, ministre délégué à l’Industrie en charge de l’Economie numérique, a notamment rappelé que l’effort de réduction des dépenses publiques doit être « partagé par tous ». Rappelons que la lutte contre le déficit public vise à le ramener de 152 milliards d’euros aujourd’hui à 92 milliards en 2011. Pour sa part, le plafonnement des exonérations des entreprises innovantes participera à hauteur de 57 millions d’euros à la réduction du déficit… La mesure n’a d’ailleurs été approuvée que par 179 voix sur 318.


Une décision qui passe mal du côté des organisations professionnelles représentant les JEI. « Considérer que ces entreprises sont moins fragiles à partir de la 4ème année, c’est ignorer le cycle de vie des entreprises innovantes, notamment dans le secteur des logiciels, des biotechnologies et du jeu vidéo », énonçaient-elles au Moci, le 26 novembre dernier. « Le gouvernement fait deux poids, deux mesures entre PME et grands groupes, et renie sa propre stratégie industrielle en faveur de l’innovation. Nous sommes consternés », déclare à La Tribune (03/12) Loïc Rivière, délégué général de L’Afdel (Association française des éditeurs de logiciels). Les professionnels craignent notamment que l’alourdissement des charges n’entraînent des plans de restructuration et ralentissent les projets de R&D. Au risque que celles-ci quittent la France pour les côtes américaines, notamment Montréal. Deux milles start-up française environ sont concernées.

 


L’austérité ruine le patrimoine
Source, journal ou site Internet : The Guardian
Date : 6 décembre 2010
Auteur : John Hooper

 

Sale temps pour Pompéi, où deux bâtiments se sont écroulés en l'espace de quelques semaines. AFP
Le patrimoine culturel est l'une des premières victimes des mesures d'austérité adoptées par les Etats
européens. Et si nous voulons sauver Pompéi et d'autres sites et monuments du sud de l'Europe, il est grand
temps de changer la gestion de la politique culturelle.
John Hooper

 

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La porte cintrée du XIIe siècle est le seul vestige encore intact de l’église Saint-Pierre de Becerril del
Campo, dans la province de Palencia, dans le centre de l’Espagne. Le toit a pratiquement disparu. L’eau
s’infiltre partout et l’intérieur déborde de déchets. “La nef se détériore de jour en jour, nous avons déjà perdu
presque tous les stucs et les voûtes baroques”, signale Hispania Nostra, association de défense du patrimoine.
Plus tôt cette année, à l’autre bout de la Méditerranée, sur l’île grecque de Kea, une tour du IVe siècle av.
J.C. s’est en partie effondrée sous les yeux des habitants, en dépit des avertissements répétés du département
local d’archéologie.


La nouvelle que trois autres murs [après l'effondrement début novembre de la Maison du gladiateur] s’étaient
désintégrés à Pompéi début décembre a fait le tour du monde. Mais l’église de Castille et la tour en mer Egée
viennent nous rappeler que la ville sur les pentes du Vésuve n’est pas le seul site d’Europe du Sud où sont
menacés des trésors archéologiques, culturels et historiques.


On a toujours attribué les manquements dans le secteur de la conservation au déséquilibre existant entre le
fabuleux patrimoine culturel du Sud de l’Europe et les ressources comparativement limitées dont disposent
les gouvernements de la région. L’Italie compte plus de sites inclus dans le patrimoine mondial de l’Unesco
que tout autre pays, et l’Espagne est la suivante sur la liste.


Le financement espagnol de la culture a déjà chuté d'un tiers
Mais aujourd’hui, après des décennies de prospérité relative et de financements plus généreux, la région est
confrontée à une nouvelle menace : de l’Atlantique à la mer Egée, les Etats, s’efforçant de rééquilibrer leurs
finances publiques et de juguler leur dette, procèdent à des coupes sombres dans les budgets de leurs
ministères de la culture et du patrimoine.


C’est une région où les statistiques ont la triste réputation d’être douteuses : le financement du patrimoine se
retrouve souvent dans le même sac que les arts et, en Espagne particulièrement, le financement destiné aux
oeuvres de conservation est réparti à plusieurs niveaux de l’Etat.


Mais l’exemple du Portugal, plus centralisé, permet de se faire une idée de l’étendue de ces réductions. La
semaine dernière, Lisbonne a voté un budget d’austérité pour 2011 qui réduit de 9 % les fonds publics
alloués à la culture.


En Espagne, les associations de défense du patrimoine affirment que dans certaines régions, le financement
de la culture a déjà chuté d’un tiers. Dans le même temps, l’éclatement de la bulle immobilière du pays a
privé la conservation des édifices anciens d’une source importante de liquidités — les sommes déboursées
par les promoteurs qui souhaitaient construire du neuf. “Si cet argent se tarit, alors les autorités locales vont
dire qu’elles doivent dépenser pour les gens plutôt que pour les bâtiments,” déclare Javier Ruiz, architecte et
activiste.


Le mois dernier, en Italie, des musées, des galeries d’art et des sites du patrimoine ont fermé dans le cadre
d’une journée de grève pour protester contre les projets du gouvernement, qui prévoit d’écrémer le budget
national de la culture de 280 millions d’euros au cours des trois prochaines années. Alessandra Mottola
Molfino, présidente de l’association italienne Italia Nostra, y voit “un coup mortel pour notre patrimoine”.
Or, ces réductions sont-elles vraiment indispensables ?


A Pompéi, on suit des directives des années 1970
En Grèce, qui se trouve au coeur de la tourmente de la dette en Europe, le ministère de la Culture a annoncé
la semaine dernière qu’il faisait appel à Bruxelles pour combler les brèches, réclamant 540 millions d’euros
pour restaurer sites archéologiques et monuments et pour rénover les musées, dont beaucoup ont dû fermer
leurs portes à cause de la crise.


Ailleurs, d’aucuns prétendent que la crise pourrait servir de stimulant en faveur d’une plus grande efficacité
de la part des autorités et d’une implication plus constructive du secteur privé. “Ce n’est pas un problème
d’argent, explique Roger Abravanel, auteur basé à Milan et avocat de l’économie de marché. Les
conservateurs professionnels — des gens qui à la fois comprennent la culture et savent qu’il faut la rendre
accessible au public —, ici, ça n’existe pas. En Italie, nous suivons un modèle complètement différent où les
autorités sous-traitent aux sociétés qui ont organisé des expositions.”


Un défenseur du patrimoine qui a préféré garder l’anonymat assure que Pompéi est loin de manquer de
fonds. “Depuis 1997, l’agence nationale qui gère le site a récolté beaucoup d’argent car c'est elle qui reçoit
directement les fonds. Mais elle ne dispose pas de mécanismes de gestion assez réactifs. Le personnel est
placé sous le contrôle direct du ministère à Rome, et c’est un système rigide. En vingt ans, il n’y a eu aucun
renouvellement, avec pour conséquence que l’on a ici des responsables qui travaillent en fonction de
directives qui datent des années 70.”


Les relations troubles entre secteur public et privé
La crise a aussi braqué les projecteurs sur la relation souvent trouble en Europe du Sud entre secteur public
et privé. Pourtant, il a longtemps été difficile d’impliquer les entreprises. Pendant des années, on a cru que
c’était parce que l’Italie ne proposait pas les généreux aménagements fiscaux dont bénéficient les sponsors
éventuels dans les pays anglophones.


Mottola Molfino estime que les nouvelles règles mises en place ces dix dernières années ne pâtiraient pas
d’être simplifiées. Mais, comme tant d’autres en Europe du Sud, elle se méfie encore de la volonté de l’Etat
de confier au secteur privé la responsabilité de préserver le patrimoine national du pays. “Ça devrait être un
devoir et un honneur,” lance-t-elle.


L’idée que la conservation du patrimoine soit essentiellement l’affaire des autorités est semble-t-il aussi très
répandue parmi les chefs d’entreprise qui, de toute façon, ont vu leurs bénéfices rognés par la crise
économique mondiale.


Il n’y a probablement pas de monument plus célèbre en Europe du Sud que le Colisée. Mais comme
beaucoup d’autres édifices romains antiques, il a un besoin urgent d’être restauré. L’été dernier, le ministère
italien de la Culture, anticipant les réductions dont il allait être l’objet, a fait savoir qu’il recherchait des
sponsors pour couvrir en partie un programme de travaux de 25 millions d’euros.


Diego Della Valle, fondateur de la chaîne de maroquinerie et de chaussures Tod’s, a été le premier magnat à
répondre à l’appel. Et jeudi dernier, il s’est avéré qu’il était le seul. Della Valle a courageusement annoncé
que sa société prendrait l’intégralité de la facture à sa charge. Sinon, a-t-il conclu, l’Italie courait le risque
“d’un autre Pompéi”.


Austérité
Tout n’est pas noir du côté de la culture
Contrairement aux Pays-Bas et à l’Italie, où des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour
protester contre les coupes au budget de la culture, il n’y a pas eu de protestations au Royaume-Uni, où tous
les secteurs sont touchés par les mesures d’austérité, note De Standaard. Malgré la récession de ces dernières
années, en effet, le secteur culturel a connu une croissance plus importante que l’économie (5% contre 3%
par an) et la fréquentation des sites a augmenté ( de 41% en 8 ans). En Allemagne, ajoute son confrère
néerlandais Trouw, les dépenses de l’Etat fédéral ont même augmenté l’année passée, même si celles des
communes et des Länder (régions) ont chuté. Même chose en France, où le budget 2011 de la culture est en
hausse de 2,1% par rapport à celui de 2010. Une hausse qui concerne surtout l’audiovisuel, la part attribuée
aux musées ayant subi une réduction de 5%.

11:15 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : start-up, patrimoine, économie, récession, dette, charges sociales, austérité, culture, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/12/2010

Les Etats, l'Europe, l'Endettement..................et corruption?

Sur les 374 milliards d'euros des emblématiques fonds de soutien de l'UE à destination de ses régions sinistrées, seuls 10 % sont aujourd'hui alloués. La faute à des Etats qui, à court d'argent, ne trouvent pas de quoi alimenter les caisses de la politique de cohésion européenne. Le Financial Times lance une grande enquête sur le dédale de la politique régionale européenne.
Cynthia O’Murchu - Peter Spiegel

 

http://www.oca.eu/gemini/pagesperso/nardetto/Images_Planete/debte.jpghttp://www.theoffside.com/files/2009/11/euro-corruption.png


Solidarité : tel est depuis longtemps le mot d'ordre de l'Union européenne. La politique de cohésion européenne, qui distribue chaque année des milliards d'euros d'aides sur un territoire de quelque 500 millions d'habitants, est la réalisation la plus tangible de cette ambition. Ce programme colossal participe au financement de plus de 600 000 projets, de la construction de ponts sur le Danube à la formation d'équipiers dans les cuisines de McDonald's en Suède. Soucieuses de favoriser le développement économique et de refermer les fractures héritées de la guerre froide, les autorités européennes entendent rapprocher les peuples de la région et élever le niveau de vie général, pas seulement dans les régions isolées et défavorisées, mais aussi dans le coeur le plus développé de l'Europe, en stimulant la demande globale de biens et de services.


Des milliers de kilomètres de routes qu'ils parcourent aux musées qu'ils visitent, en passant par les cours de gym auxquels ils participent, des millions d'Européens bénéficient ainsi des largesses de l'Union. “Cela fait partie inhérente de l'idée européenne, et du projet européen”, insiste Johannes Hahn, le commissaire européen à la Politique régionale, qui supervise les fonds structurels. Cependant, ce programme est pour ses détracteurs un exercice raté de redistribution des richesses, entaché de fraudes et de gaspillages. Dans un
contexte de tensions économiques croissantes qui mettent le marché des obligations de la zone euro dans tous ses états, dressent les capitales européennes les unes contre les autres et mettent en cause l'avenir même du projet européen, ces détracteurs se demandent aussi si tout cet argent ne pourrait pas être mieux dépensé.


Alors que s'ouvrent les négociations entre les Etats membres en vue des prochaines perspectives financières [après 2013] et que la Commission européenne se prépare à réviser le cadre même de la politique de cohésion, le Financial Times et le Bureau of Investigative Journalism ont ouvert une enquête visant à répondre à deux questions simples : où va l'argent de la politique régionale européenne ? Et atteint-elle les objectifs qui lui ont été fixés ?

 

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Plusieurs conclusions s'imposent :
– le programme de fonds structurels européens [qui regroupent l'ensemble des instruments financiers de la politique régionale de l'UE] est devenu un imbroglio administratif dans lequel il est extrêmement difficile pour le contribuable européen de suivre l'utilisation de ces aides ;


– le système de surveillance, décentralisé et inefficace, sanctionne rarement les fraudes et les abus, les dossiers restant ouverts des années sans jamais aboutir, allant et venant dans un sens puis dans l'autre entre les capitales des Etats membres et Bruxelles. Cela se traduit notamment par le siphonnage de millions d'euros par des organisations criminelles, et ce en dépit d'alertes lancées parfois il y a plusieurs décennies ;


– ce programme, salué pour avoir fait entrer dans une glorieuse modernité des pays jadis sous-développés comme l'Irlande et l'Espagne, consacre désormais des milliards d'euros chaque année à des projets qui ne semblent plus à la hauteur de sa mission d'origine, à savoir transformer les régions les plus pauvres de l'Union en espaces de prospérité durable grâce à des investissements dans les infrastructures, l'enseignement et le développement ;


– parmi les plus gros bénéficiaires, dans le secteur privé, de ce programme pourtant conçu pour soutenir les PME, figurent des multinationales comme IBM, Fiat ou la chaîne d'habillement H&M. On y trouve aussi British American Tobacco, qui s'est vu allouer 1,6 milliard d'euros de fonds européens et nationaux, en tout, pour la construction d'une usine de cigarettes, alors même que l'UE dépense des millions pour convaincre ses citoyens d'arrêter de fumer.


Considérés dans leur ensemble, presque tous ces projets dressent de ce programme un tableau bien éloigné de ses ambitions initiales, plus de 50 ans après sa mise en place. La Commission, détentrice du pouvoir exécutif dans l'UE, se flatte que la précédente phase de financement de la politique de cohésion, qui s'est conclue en 2006, a contribué à la création estimée d'1,4 million d'emplois et au financement de plus de 77 % du réseau autoroutier dans les pays les plus pauvres de l'Union. Dans certains Etats membres, le programme représente jusqu'à 4 à 5 % du produit intérieur brut (PIB). “Cette politique est liée à tant d'autres mesures intervenant sur les mêmes enjeux qu'elle est tout bonnement impossible à évaluer à une échelle globale,” tempère Fabrizio Barca, directeur général au ministère italien de l'Economie et des Finances, chargé par l'ancienne commissaire européenne Danuta Hübner de mener un rapport d'évaluation indépendant sur la politique de cohésion.


Rares sont les cas de fraude à parvenir jusqu'à un tribunal
Aujourd'hui, de faibles niveaux d'implication, des taux d'erreur élevés et qui ne diminuent pas, et diverses affaires de fraude enflamment le débat et tendent les relations dans l'Union. Une succession de scandales ayant débouché sur la suspension des aides à la Bulgarie et à la Roumanie, ainsi que la révélation du siphonnage de fonds européens par la mafia italienne ont sérieusement entamé la confiance de l'opinion dans le système. Et tout cela soulève des questions politiques pour le moins délicates : fallait-il permettre à des pays où la transparence et la responsabilité budgétaire sont notoirement déficientes de devenir des Etats membres de l'UE ? Rares sont les cas de fraude à parvenir jusqu’à un tribunal. L’Olaf, l’office européen de lutte antifraude, manque de personnel et est contraint de choisir minutieusement les affaires dont il se charge, ce qui nous amène au coeur du problème des fonds structurels. "Le message envoyé au crime organisé, c’est qu’il est possible de commettre des fraudes et qu’il n’y a pas de conséquence à payer, explique Ingeborg Grässle, eurodéputée allemande et membre de la commission du contrôle budgétaire.

 

Pourquoi ne dit-on pas aux Etats membres : vous ne faites pas assez d’efforts alors nous suspendons vos financements". Certains riches Etats européens – qui figurent comme contributeurs net des fonds structurels – ont également eu leur lot de problèmes. La Commission européenne a déjà suspendu à plusieurs reprises des fonds à destination de l’Allemagne et exprimé des réserves quant au dispositif de contrôle du Royaume-Uni et d’autres Etats membres. En décembre 2009, l’UE a bloqué le transfert de près de 16 millions d’euros de fonds structurels au Land de Brandenbourg après la découverte d’erreurs généralisées au niveau du Landesagentur für Struktur und Arbeit, l’autorité locale chargée de gérer l’essentiel des fonds structurels.

 

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"Ca ne les intéresse pas vraiment de savoir si le pont a été construit"
A Bruxelles, nombreux sont ceux qui pensent que cette insistance sur la fraude masque en réalité le véritable problème, celui du manque de contrôle. "Ca ne les intéresse pas tellement de savoir si le pont a été construit, tout ce qui les intéresse ce sont les dates et les délais", explique Marek Kalupa, dont le bureau s’occupe de la coordination de la mise en oeuvre des fonds structurels européens en Pologne. Quant à ceux qui respectent les règles, ils craignent que les soupçons de fraude ne les laisse seuls face à un système de contrôle mal coordonné et exigeant de multiples audits. En dépit de toutes ces questions, les personnes chargées à Bruxelles de superviser le programme des fonds structurels persistent à le présenter comme une pièce maîtresse de l’actuel dispositif européen et restent concentrés sur l’avenir. "Nous devons plus que jamais regarder les résultats", explique M. Hahn, le commissaire en charge de la politique régionale. Et il n’en démord pas : avec le marché unique européen, il est parfaitement censé de dépenser des milliards d’euros pour renforcer les économies les plus fragiles. "En Europe, deux tiers des exportations sont intraeuropéennes, fait-il observer. Le développement des régions les plus pauvres représente une opportunité en termes de débouchés et de création d’emplois pour les autres". Cela signifie que 50 ans après leur création, les fonds structurels européens restent un pari à long terme. "A terme, le jeu en vaut la chandelle", conclut Hahn.

 

Fonds structurels Incohérente politique de cohésion
Source, journal ou site Internet : financial times
Date : 30 novembre 2010
Auteur : Cynthia O’Murchu et Peter Spiegel

20:08 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, corruption, crise(s), dette, argent, fonds structurels europe, fraude | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/11/2010

Ou en sommes nous avec l'économie irlandaise?

Les ministres des Finances de l’UE se sont réunis le 16 novembre pour chercher une solution à la crise de la dette irlandaise. Mais, prévient l’éditorialiste irlandais Fintan O’Toole, le renflouement de l’économie du pays ne pourra fonctionner sans une reprise en main de ses institutions politiques.

 

http://formation.paris.iufm.fr/~archiv03/duvalv/public_html/pub%20irlandais.jpghttp://leprechaune.manticora.org/mimine/public/Ireland/3-10-03stpats_story.jpg

çà mousse fort en irlande, c'est le guiness book?


On ne sait pas encore quand il aura lieu, mais le renflouement de l’Irlande ne représente pas qu’un tournant dans notre histoire. C’est aussi un moment décisif pour l’Union européenne. Dans sa façon de gérer notre vilain petit Etat, l’UE va être mise à l’épreuve.


C’est là qu’elle va montrer si elle est encore un projet social et politique, bâti sur le legs de la Seconde Guerre mondiale, ou si elle n’est rien d’autre qu’un véhicule supplémentaire pour les intérêts étriqués des riches.


Quoi qu’en dise le gouvernement (du reste, qui peut croire tout ce qui nous parvient de cette source ?), la question essentielle au sujet du renflouement n’est pas de savoir s’il va se produire, mais dans quelles conditions. Quel est le taux d’intérêt ? Pendant combien de temps l’Irlande devra-t-elle rembourser, et quand devra-t-elle avoir atteint l’objectif mythique du déficit budgétaire de 3 % ?


Personne n'a intérêt à voir son voisin imploser
On pourrait considérer qu’il s’agit là de questions fiscales techniques. En réalité, elles sont aussi politiques que morales. Elles touchent au coeur même du projet européen. L’UE existe parce que nous avons appris une leçon de la plus horrible des façons, parce que nous avons vécu l’ascension de la barbarie et le conflit le plus destructeur de l’histoire de l’humanité. Cette leçon s’exprime en termes simples : l’intérêt national de chaque pays d’Europe est lié au bien-être de tous les autres. Et, en termes encore plus simples, il n’est dans l’intérêt de personne de voir son voisin imploser.


Trop fragiles pour subir la fessée
L’Etat qui en est le plus conscient est celui qui tient notre destin entre ses mains : l’Allemagne. Les Allemands ont connu deux expériences extrêmement contrastées de ce qu’il advient quand on adopte un mauvais comportement. A la fin de la Première Guerre mondiale, il avait été décidé de les châtier, de leur donner une leçon. Tout le monde connaît le résultat : une Allemagne dangereuse et qui a basculé dans la démence. Par conséquent, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’Allemagne s’était comportée de manière encore plus abominable, il aurait été tentant de la punir encore plus sévèrement. A l’origine, il avait été envisagé de la clouer au sol, réaction qui se justifiait pleinement. Mais la mémoire et la sagesse ont prévalu. Au lieu de cela, on a aidé l’Allemagne à se relever. Nous sommes trop fragiles pour qu’on nous administre la fessée. Nous n’avons pas besoin qu’on nous châtie, mais qu’on nous tende la main. Et l’Allemagne elle-même n’est pas tout à fait irréprochable. La crise est sans aucun doute née de nos propres idioties. Mais ce sont les banques allemandes qui ont été les plus enthousiastes quand il s’est agi de nous prêter dans les années de prospérité. Et Angela Merkel aurait pu nous éviter bien des ennuis si elle avait dit en septembre 2008 ce qu’elle a déclaré la semaine dernière au sujet des obligataires qui devaient récolter leur part du fardeau. Pour nous, c’est un peu tard que l’Allemagne découvre la folie de l’opération de sauvetage des banques.


Népotisme, ineptie et combines politiques
La question fondamentale dépasse cependant de loin la nécessité de pointer du doigt les responsables, et touche à la raison d’être de l’UE. Le socle même de l’Union est en jeu, les principes d’intérêt personnel éclairé, de solidarité, d’égalité et de justice. Il serait stupide sur le plan économique de punir le peuple irlandais, en particulier les plus vulnérables, qui seront les plus durement touchés par la destruction des services publics.


Mais l’autre partie de l’accord est tout aussi importante. Il ne sert à rien de nous renflouer si cela a seulement pour effet de maintenir en place les systèmes et la culture politique qui ont accouché de ce désastre.


L’UE aurait beau effacer toute notre dette d’un seul coup, dans dix ans, nous nous retrouverions encore en proie à la crise. Pour le dire crûment, nous sommes incapables de nous gouverner nous-mêmes avec nos institutions et nos attitudes actuelles.


Par conséquent, un renflouement équitable et rationnel, avec de faibles taux d’intérêt et un délai de dix ans, devrait s’accompagner d’une révolution dans nos institutions politiques, dans notre moralité publique et nos systèmes de gouvernance. Un contribuable allemand pourrait à juste titre conclure que si ceux que l’on sauve n’ont tiré aucune leçon des conséquences de leurs actes, ils vont croire qu’ils peuvent recommencer quand ils veulent.


Et voilà donc l’autre question que doit se poser l’UE : est-ce un pays que l’on renfloue, ou un système usé, où règnent népotisme, ineptie et combines politiques ? Dans le premier cas, l’UE aura passé un test vital.


Dans le deuxième, les Allemands auraient plutôt intérêt à garder leur argent dans leur tirelire.

 

Renflouez l'Irlande, pas ses élites
Source journal ou site Internet : The Irish Times
Date : 16 novembre 2010
Auteur : Fintan o’Toole

19:40 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irlande, dette, corruption, népotisme, allemagne, merkel, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/11/2010

Crise de l'euro

L’Union européenne va-t-elle lancer un plan d’aide financière à l’Irlande ?

Est-ce le début d’une crise plus large et plus grave ? Dans les décisions à venir, “l’île ne compte pas pour beaucoup”, estime Der Standard.

 

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2010/04/UE_Crise.jpg


Le quotidien viennois comprend "le scepticisme de Dublin" face à une possible perte de son indépendance
financière. “Le problème fondamental est le suivant : Pour les sauveurs du continent, le problème principal
n’est pas l’Irlande. Comme c’est le cas de la Grèce, l’économie irlandaise est beaucoup trop petite pour tirer
la zone euro vers les profondeurs. Mais comme les Grecs, l’Irlande et ses banques doivent beaucoup d’argent
aux banques de la zone euro et du Royaume-Uni - 138 milliards pour les seules banques allemandes",
constate le quotidien viennois, qui pointe le danger d’un effet domino qui pourrait faire tomber la quatrième
économie européenne : l’Espagne. "L’Espagne est-elle la suivante ?", s’interroge El Mundo. Le quotidien
madrilène rapporte qu’ "au bord du précipice, l’Espagne est mise en garde par l’UE". Car la Commission
européenne a estimé que "la situation irlandaise peut affecter l´Espagne si celle-ci ne démontre pas sa
crédibilité dans les marchés". "Le gouvernement a peu avancé dans les réformes structurelles engagées” en
mai dernier, et n’a plus de temps, note le journal. Madrid doit, entre autres, réformer le système des retraites
et accélerer processus de fusion de caisses d'épargne, un problème majeur pour le financement de l'économie
espagnole, ce qu' "exige de manière impérative" le gouverneur de la Banque d´Espagne. Chez le voisin
portugais, Diário de Notícias annonce que "le gouvernement refuse de demander de l’aide même si les
Irlandais le font". Mais à Bruxelles, pointe son confrère Público, "certains admettent qu’une aide commune
aux deux pays est inévitable". Comment en est-on arrivé là ? Pour Les Echos, l’Europe paie les décisions
prises au printemps dernier. Lors de la crise grecque, elle a “par fierté exclu toute restructuration de la dette
d’un de ses Etats membres” et créé “un plan censé gagner du temps et calmer les marchés”. Mais "les
marchés financiers ne se sont calmés que quelques mois et le temps va bientôt manquer aux pays dits
‘périphériques’ de la zone euro que sont la Grèce, l’Irlande ou le Portugal pour se refinancer dans des
conditions acceptables”, constate le quotidien économique français. Et aujourd’hui, comment l’Irlande
pourrait-elle ramener son déficit budgétaire de 32% du PIB à 3% en 2014 ? s’interroge le journal. “L’excès
de dette ne peut que déboucher un jour ou l’autre sur le défaut de paiement ou sur une restructuration
profonde. L’Europe a refusé de l’admettre jusqu’ici.” Il serait donc urgent “de sortir du déni” et “de mettre
en place un mécanisme de restructuration ‘ordonnée’ de la dette des pays les plus vulnérables - en clair un
étalement des échéances s’accompagnant d’un effort des créanciers”. Pour la Frankfurter Allgemeine
Zeitung, c’est un "poker sur l’Irlande" qui se joue. Et Berlin, par exemple, se trouve coincé entre les marchés
et les contribuables à cause du projet présenté par Angela Merkel pour pérenniser le mécanisme de sauvetage
à partir de 2013. La chancelière voudrait faire participer les créanciers privés, notamment les banques et les
fonds, au sauvetage d’un pays. “On ne pourrait pas exiger encore plus longtemps des citoyens que les
banques soient sauvées avec l’argent des contribuables sans les obliger à assumer les conséquences de leurs
investissements erronés”, explique la FAZ pour laquelle la chancelière a bel est bien contribué à
l’emballement des marchés quand elle a réaffirmé cette position allemande lors de sommet de Seoul. Selon
un banquier interrogé par le quotidien, certains investisseurs ont cru que l’Irlande ou le Portugal seraient
concernés par ce mécanisme de sauvetage.

 

L’Irlande n’est peut être qu’un début
Source journal ou site Internet : Presseurop
Date : 16 novembre 2010

http://a33.idata.over-blog.com/0/40/52/94/11.2009/mars-2010/juillet-2010/10-2010/Euro-espagne-portugal.png

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L’Irlande risque l’effondrement financier pendant que la Grèce continue de creuser ses déficits. Mais est-ce
aux contribuables de payer ?

 

Pour Der Standard, les investisseurs, tout comme les Etats, doivent assumer les
risques qu’ils ont pris. Josef Pröll est bon comédien. Le 16 novembre, le ministre des Finances autrichien a
récité son monologue de l’inflexible créancier faisant la leçon à son débiteur. La Grèce ne respecte pas le
programme de réduction des dépenses établit par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI). Athènes
fait plus de dettes qu’elle ne devrait. Josef Pröll a menacé de ne pas verser la prochaine tranche d’aide
destinée à la Grèce [elle sera finalement versée en janvier]. C’est que font généralement tous les créanciers,
qu’il s’agisse d’Etats ou de banques. Ils menacent et montrent les dents mais au bout du compte finissent
presque toujours par accorder un délai supplémentaire à leur débiteur : mieux vaut un débiteur mal en point
qu’un débiteur mort.

 

http://cartoons.courrierinternational.com/files/imagecache/dessin_a_la_une/illustrations/dessin/2010/05/0510BERTRAMS.jpg

 

Un endettement à 150% du PIB
Sauf qu’à présent, la crise de la dette dans la zone euro n’est plus un cas normal et Josef Pröll le sait
parfaitement. D’après les dernières estimations corrigées de son déficit, la Grèce affiche une dette
représentant près de 130 % de son PIB. D’ici à 2015, Athènes doit rembourser sa dette à 140 milliards
d’euros, s'y ajoutent 90 milliards d’intérêts. Tout cela sur fond d’économie en déroute. Nul besoin d’être
grand clerc pour affirmer que cela risque de mal finir. Ce n’est pas le seul cas de faillite dans la zone euro.
L’Irlande aussi se trouve au bord du gouffre. A cause du renflouement des banques, le taux d’endettement du
pays devrait friser les 150 % du PIB jusqu’en 2016. Les marchés évaluent les emprunts irlandais au même
niveau que ceux du Pakistan et du Venezuela. Les économistes irlandais se préparent à une faillite, avec ou
sans sauvetage.


Les créanciers doivent payer leur part
Dans de telles conditions, les politiques ne peuvent guère faire plus que gagner du temps. Vue sous cet angle,
la pantomime de Pröll ne paraît pas absurde. Mais simultanément, la zone euro devrait s’armer contre la
prochaine vague de faillites. Il faudrait obliger les créanciers à prendre part aux coûts des faillites en
question. Cela a l’air facile, mais ce n’en serait pas moins une rupture avec les pratiques en vigueur jusqu’à
présent. Ce sont d’abord les banques qui ont été menacées d’effondrement. Les contribuables les ont
renflouées. Ensuite, ce sont les Etats qui ont basculé. Encore une fois, les contribuables — d’autres pays —
ont dû se ruer à la rescousse. Il faut que cela cesse. Dans le cadre du G20, on s’efforce déjà de développer le
modèle d’une restructuration des banques au niveau international. La même chose est nécessaire pour les
Etats. Dans l’économie de marché, il existe un système de banqueroute qui permet d’effacer une partie de la
dette. Qui investit son argent à tort finit par le perdre.


Nous ne reverrons pas notre argent
Il est remarquable de constater que c’est d'Irlande que provient la critique la plus virulente quand les
Allemands ont voulu installer une procédure ordonner pour une faillite étatique. L’Irlande serait
vraisemblablement celle qui profiterait le plus d’un tel modèle. Pourtant, la seule évocation de cette idée a
entraîné une hausse des taux d’intérêts irlandais et fait un peu plus trébucher le pays. Mais quels que soient
nos sentiments d’empathie, quand ouvrir le débat, sinon maintenant ? La crise de la dette va perdurer. Qui dit
que, d’ici deux ans, le marché ne réagira pas avec la même panique ? Il est regrettable que Berlin ait fait
marche arrière et reporte désormais à un avenir lointain la possibilité d’une participation des créanciers
[privés] aux frais induits par l’insolvabilité d’un Etat. C’est trop peu. La pantomime ne peut pas durer
éternellement. De plus, à un moment donné, les politiques vont devoir commencer à expliquer que nous
aussi, en tant que créanciers de la Grèce, nous ne reverrons pas toute la couleur de notre argent. Il n’y a
certes pas de quoi se réjouir, mais ce n’est rien comparé à ce qui attend encore les Irlandais et les Grecs.


Vu d’Athènes Le “4e Reich” ruine l’Europe !
Le 16 novembre, l’Allemagne a prévenu la Grèce que si elle ne faisait pas plus d’efforts de rigueur, elle
risquait de ne pas recevoir la troisième tranche de l’aide financière européenne et du FMI décidée au
printemps. Le 17, il a d’ailleurs été annoncé que ce versement de 6,5 milliards d’euros n’aurait lieu qu’en
janvier, au lieu de décembre. "La confrontation est imminente, réagit To Ethnos. "Les dirigeants allemands
veulent isoler tous les pays de la zone euro et d'Europe et les transformer en colonies du 4e Reich". La vive
guerre médiatique qui avait opposé les deux pays au printemps, lorsque les Allemands rechignaient à aider la
Grèce, semble ravivée. "La politique économique sera donc dictée par Berlin, avec en ‘marionnettes’ les
institutions européennes, et l’Allemagne va réussir a détruire le seul espoir des pays les plus fragiles :
emprûnter à bas taux." "Cette politique va renforcer la place de l'Allemagne en Europe, ajoute le quotidien.
Elle est d'ailleurs déjà prépondérante, comme on le voit avec ce qui se passe en Irlande. Ce pays refuse
d'appliquer le plan de rigueur et l'Allemagne fait monter la pression pour le lui imposer ! Cette tension ne
détruira pas l'Europe ; à condition de mener une vraie résistance au 4ème Reich.

 

La solution, c’est la faillite
Source journal ou site Internet : Der Standard
Date : 17 novembre 2010
Auteur : Andras Szigeyvari

 

http://3.bp.blogspot.com/_9-EvCTwMLLE/THbIjZyZd-I/AAAAAAAA7Vg/hbiXtg40Duc/s1600/Capture+d%E2%80%99%C3%A9cran+2010-08-26+%C3%A0+21.58.44.png

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