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12/01/2011

Du keynésianisme pour l'Europe, pas croyable!!

Lancée fin 2010, l’idée de créer des obligations à l’échelle de l’Union fait son chemin.

 

Repoussée par l’Allemagne, elle apparaît comme une solution pour aider les pays endettés attaqués par les marchés. A l’heure où l’Europe est plongée dans une crise qui redéfinit à intervalles réguliers le possible et l’impossible en Europe, une idée récente apparaît de plus en plus comme la seule solution pour empêcher l’effondrement de la zone euro.

 

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L’émission d’obligations en euros, ou euro-obligations, pour remplacer les emprunts d’Etat de pays comme l’Espagne, devenus excessifs, pourrait être la seule manière de prévenir l’effet domino sur les marchés de la dette souveraine. Celui-ci a déjà atteint la Grèce et l’Irlande et menace maintenant le Portugal, après de fortes hausses des primes de risque sur la dette portugaise. "Le Portugal est de plus en plus favorable à l’émission d’euro-obligations", souligne José Reis, de l’université de Coimbra. "Ce serait le signal fort d’une volonté de gérer l’Union, assure de son côté Paul de Grauwe professeur d'économie à l’université de Louvain. Car on a le sentiment que la zone euro traverse une crise existentielle".

 

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Convertir la dette des pays en dette européenne
Lancée avant Noël par Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, et Giulio Tremonti, le ministre italien des Finances, l’idée de convertir une bonne partie de la dette des pays membres en dette européenne bénéficie du soutien de la direction du Parti social-démocrate allemand. "L’euro-obligation était encore une hérésie il y a quelques mois ; aujourd’hui, on peut dire qu’elle est l’option retenue officiellement par l’opposition allemande", explique Thomas Klau, du think tank européen Conseil européen des relations étrangères (ECFR). Comme il fallait s’y attendre, Angela Merkel a rejeté cette idée. A en croire la plupart des économistes, elle obligerait l’Allemagne à donner des garanties pour la dette émise et serait un premier pas vers une union budgétaire qui suscite tant de méfiance de la part de Berlin et de Francfort [le siège de la Banque centrale allemande]. Mais "l’opposition anti-Merkel grandit en Allemagne à mesure que la crise s’aggrave et qu’il devient de plus en plus évident qu’il faut choisir entre l’éclatement et une plus grande intégration, qui passerait notamment par l’émission d’euro-obligations", ajoute Klau.

 

Plusieurs propositions sont sur la table. Juncker et Tremonti, dans une tribune publiée par le Financial Times, prônent la création d’une agence européenne de la dette — un Fonds européen de stabilisation financière (FESF) nouvelle formule [créé en mai 2010, il dispose de 440 milliards d’euros pour soutenir les Etats qui ont besoin de se refinancer], qui émettrait de la dette à hauteur de 40 % du PIB de chaque Etat membre, le tout garanti par les Etats souverains (et de manière disproportionnée, il faut le dire, par l’Allemagne). Les économies en crise échangeraient une part de leur dette contre ces obligations européennes, ce qui permettrait de réduire considérablement leur coût de financement.


L’Institut Bruegel de Jean Pisani-Ferry fait une proposition similaire, qui consisterait à "européaniser" 60 % de la dette souveraine.


La création d'un New Deal européen
Les économistes Stuart Holland, professeur d'économie à l’Université de Coimbra, et Yanis Varoufakis, professeur à l’université d’Athènes, poussent quant à eux la logique un peu plus loin. Ils proposent que la BCE émette des obligations en euros de manière à ce que la dette souveraine représente 60 % du PIB, dans le cadre de ce qu’ils appellent un "New Deal européen", qui comprendrait la restructuration d’une partie de la dette souveraine, avec un allègement de la dette pour les banques."Le marché des euro-obligations rivaliserait avec le marché du Trésor américain et (…) ce serait un signal très fort de la volonté des pays de la zone euro de prendre leur destin en main à long terme", lit-on dans un rapport de l'ECFR. Il importe de distinguer ces propositions de la petite émission d’euro-obligations annoncée par le FESF pour financer une partie du sauvetage de l’Irlande. "Les euro-obligations du FESF concurrencent la dette souveraine ; notre proposition se substitue à la dette souveraine", commente Varoufakis. L’émission d’euro-obligations du FESF s’est accompagnée de fortes augmentations de la prime de risque de la dette périphérique, ce qui a inquiété les gouvernements concernés. Une étape intermédiaire pourrait être la création d’une sorte d’obligation européenne pour faciliter la restructuration de la dette dans des pays comme la Grèce et l’Irlande, soutient l'économiste Barry Eichengreen, de l’Université de Californie, à Berkeley. Afin de faciliter l’échange de la dette de ces pays contre de la dette à plus long terme, et ce à moindres coûts, le FESF pourrait garantir les nouvelles obligations qu’un pays insolvable — Irlande, Grèce — proposerait aux banques. Eichengreen pense que cette idée de l’euro-obligation en tant qu’allègement d’une restructuration de la dette est plus réalisable, dans la mesure où l’“européanisation” de la dette n’est pas pour demain.


"L’idée de Juncker et de Tremonti ne règle pas le problème immédiat [l’insolvabilité de l’Irlande et de la Grèce] et leurs propositions mettraient plus longtemps à appliquer", souligne Eichengreen. Toutefois, dans une telle crise, les propositions les moins faciles à mettre en oeuvre aujourd’hui peuvent être demain la seule alternative à l’effondrement de la zone euro.

 

Crise de la dette : l’Euro-obligation, remède à la crise ?
Source, journal ou site Internet : La Vanguardia
Date : 11 janvier 2011
Auteur : Andy Robinson

10:58 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, euro, europe, crise(s), keynésianisme, new deal, bce, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/01/2011

L'Etat et sa dette; l'emprunt national et "bis répétita"

Les Français épargnent beaucoup. Proposons leur un grand emprunt national

 

C’est l’une des dernières idées à la mode. Pour se dégager de son endettement, l’Etat français pourrait lancer un très grand emprunt national, bien au-delà du « grand emprunt » lancé en 2009. On peut faire appel à l’épargne, qui n’a jamais été aussi importante. Il vaut mieux avoir nos compatriotes pour créanciers que les gnomes du marché financier international.


Idée géniale.

 

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Elle ignore tout d’abord qu’aujourd’hui la dette de l’Etat français est portée par des étrangers, à 70 % - ce qui la distingue de la dette japonaise voire espagnole qui est due à des nationaux. Qui plus est, la dette est surtout à court terme, de sorte que les échéances sont de plus en plus rapprochées, tandis que le service de la dette, de son côté, est continu. En d’autres termes, l’Etat français endetté est à la merci d’un mouvement de retrait massif s’il venait à perdre de la crédibilité. Emprunter pour rembourser les emprunts (procédé appelé « cavalerie ») n’est pas de nature à rassurer les créanciers. Les gnomes ne font pas de cadeau.


Mais, précisément, ne peut-on leur substituer de bons et loyaux citoyens français ?

Il est vrai que l’épargne française s’est accumulé depuis plusieurs mois, les Français prenant la saine précaution de mettre de l’argent de côté pour se garantir contre la faillite plus que probable de l’assurance-vieillesse gérée par la Sécurité Sociale.

Mais si les Français n’ont pas confiance dans la parole de la Sécu, se laisseraient-ils séduire par les promesses de l’Etat ? Quelle est la probabilité de se voir intégralement rembourser ?


D’autre part, depuis fort longtemps l’Etat ne se prive pas de dériver vers le circuit public une grande partie de l’épargne française. Comme l’explique Jean Yves Naudet, les épargnants qui ont un livret A se font voler comme au coin du bois. Cet argent vient soulager les budgets, en finançant des investissements jugés prioritaires comme la construction de HLM, etc. C’est autant que l’on ne peut mobiliser pour un grand emprunt national.

 



Les épargnants vont-ils vider les autres comptes d’épargne qu’ils ont pu constituer ? Vont-il rompre leurs contrats d’assurance-vie (déjà bien pénalisés par les changements de la loi fiscale) ? Vont-ils vider leurs comptes à terme, leurs comptes épargne-logement, leurs plans d’épargne par actions, etc. ? Pour quel taux, et avec quelles garanties ? Ont-ils davantage confiance dans l’Etat que dans les banques ou les fonds de placement ?

On voit l’importance de l’effort qui serait ainsi demandé à l’épargnant français.


Pourtant, certains arguent du succès du « grand emprunt » de 35 milliards qui a été couvert facilement. C’est oublier que cet emprunt n’a pas été souscrit par les ménages français, mais par les investisseurs institutionnels. On avait abandonné la première version de l’emprunt qui aurait dû faire appel à toute la population, car cela aurait été trop cher (sans doute du 4%). Finalement le « grand emprunt » a été souscrit à court terme et à un taux variable (qui sera certainement appelé à monter dans les mois à venir), de sorte que le service de la dette sera…ce qu’il sera ! Pour couronner le tout, on sait que le gouvernement s’est creusé la tête pour savoir où employer ces 35 milliards. Sûrement pas à rembourser la dette, mais finalement pour moitié à financer les universités et la recherche – tonneaux des Danaïdes, et pour l’autre à la Caisse des Dépôts, et autres organismes para publics experts en fonds perdus.


Nous ne voyons pas comment l’opération pourrait être renouvelée, sauf à proposer des taux aux épargnants d’un niveau très supérieur à ceux que l’on pratique aujourd’hui sur le marché mondial.

Il est vrai que nous nous en tenons ici à une analyse purement économique et financière. Les partisans du TGEN, très grand emprunt national, se placent d’un autre point de vue : le patriotisme.


La patrie est en danger. Comme pendant la première guerre mondiale ou pour la reconstruction du pays après la deuxième guerre mondiale, il peut être fait appel au sentiment national des Français.


Traduisons : des couplets patriotiques peuvent faire oublier à ces stupides épargnants français que l’Etat s’est mis dans de mauvais draps et qu’on leur demande maintenant de donner leur argent, qui ne leur sera jamais remboursé. Ils donnent déjà en tant que contribuables, en tant que consommateurs, il leur faut donner en tant qu’épargnants. On n’a rien donné tant que l’on n’a pas tout donné.

 

Le 27 Décembre 2010

Source Aleps

DETTE PUBLIQUE : UN GRAND EMPRUNT S’IMPOSE

21:41 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : emprunt d'etat, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/12/2010

De l'américanisme au sinoisme! La Chine achèterait-elle des parties du Monde ??

L'Empire du Milieu voudrait racheter plusieurs milliards d'euros de dettes portugaises. Lentement, mais sûrement, la Chine «tisse sa toile» en Europe. Selon le journaliste Jean-Louis Denier, l'état asiatique souhaiterait éviter tout protectionnisme de la part des Européens et développer une zone d'influence politico-financière.

 

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La longue liste des « emplettes » chinoises en Europe

Selon un quotidien portugais - le Journal de Negocios - la Chine s’apprêterait à racheter plusieurs milliards d’euros de dettes portugaises. Cette opération prendrait la forme d’une acquisition massive d’obligations d’Etat lusitaniennes et se déroulerait lors du premier semestre de l’année 2011.


Habituellement, les commentaires et considérations d’usage ne rendent compte de ce type de décision que sous un seul angle, celui de l’économie. Ils considèrent - et ils n’ont pas tort - que Pékin poursuit principalement trois objectifs en soutenant les pays de la zone euro :


1° Préserver la situation financière (le pouvoir d’achat) d’un ensemble géographique et économique qui est le premier débouché des exportations chinoises dans le monde et le second partenaire commercial de la Chine après les USA.


2° Rallier l’Union européenne à la cause du Yuan et obtenir d’elle une attitude bienveillante permettant à la Chine de continuer à sous-évaluer sa monnaie et donc de continuer à exporter massivement.


3° Diversifier les placements chinois (1900 milliards d’euros de réserves de change) en achetant de plus en plus d’avoirs libellés en euros et de moins en moins d’avoirs libellés en dollars.


Même exacte, cette vision des choses est partielle et néglige une autre approche, celle qui, géopolitique, rend compte d’intentions chinoises qui ne sont pas uniquement économiques ou qui intègrent le facteur économique dans une stratégie globale et internationale d’Etat où l’économie est la continuation de la politique par d’autres moyens. Cette instrumentalisation de l’économie la place donc sous la subordination, et de la politique, et d’un Etat, c'est-à-dire d’une puissance publique, qui poursuit des buts et visées « impériales », non seulement concurrentes - mais déjà antagonistes - de celles d’un autre « imperium » ... celui des Etats-Unis. De la sorte, elle présente une particularité : elle constitue un contre-exemple parfait de la théorie libérale qui prétend exonérer l’économie de l’emprise décisionnelle de la politique. Par ailleurs, elle rappelle aux optimistes béats de la sinophilie à tout crin que le libre-échangisme chinois a pour cadre un régime autoritaire qui, de son point de vue, présentent deux vertus dans la mesure où il n’est tributaire, ni de l’instabilité politique (car ignorant les élections libres), ni de l’impatience, ce défaut typiquement occidental...

 

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La longue liste des « emplettes » chinoises en Europe
Cela pourrait ressembler à un voyage organisé par quelque tour-operator mais de Göteborg à Varsovie, de Berlin à Athlone, du Pirée à la vallée du Douro, l’on retrouve des dirigeants chinois publics et privés (le sont-ils réellement ?) pour signer des contrats, conventions et autres accords de partenariat.


Les uns permettent le rachat de Volvo, les autres instaurent des relations privilégiées dans le domaine de la production du cuivre ou de la machine-outil, quand les troisièmes entérinent des partenariats financiers renflouant, qui des armateurs, qui des Etats recherchant aussi ardemment qu’urgemment des liquidités pour boucler leurs fins de mois. Dans tous les cas, la Chine « tisse doucement sa toile (...) », pour reprendre les termes de Wen Jiabao, premier ministre, ce dernier ayant rappelé, lors d’un voyage en Grèce en octobre de cette année, que l’Empire du Milieu voulait faire un grand effort pour soutenir les pays de la zone euro.


Soutenir ou ... contrôler ? Ce soutien n’est pas le produit d’une soudaine générosité ou d’une (improbable) conversion de Pékin à l’humanisme ou à une charité très christique à l’approche de Noël ... .

 

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La Chine veut atteindre deux objectifs en Europe:
- la création d’une vaste tête de pont économique et mercatique la protégeant de toute tentation protectionniste de la part des Européens ;
- le développement d’une zone d’influence politico-financière, l’argent chinois ayant vocation à acheter les consciences, les choix, les décisions et, en toute dernière extrémité, les dirigeants et dirigeantes eux/ellesmêmes... .


Ces objectifs font parti d’une dialectique subtile où l’économique renvoie au politique et vice et versa. Elle vise ni plus ni moins, sur le moyen et le long terme, à placer l’Europe sous (forte) influence chinoise, influence - selon la logique de Pékin - tendant à concerner, et le niveau strictement « national », et le niveau « européen », le premier étant traité à coup de partenariats économiques divers, le second relevant du soutien chinois apporté à l’euro, soutien qui va devenir de plus en plus évident et officiel afin de protéger la devise des assaut spéculatifs.

 

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Un but final : rompre le lien Europe-USA
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, et sans doute autant que le Pacte Atlantique, le plan Marshall permit aux USA de transformer une partie non négligeable de l’Europe en protectorat. Ceci fut rendu possible parce qu’à l’époque les États-Unis possédaient une monnaie qui s’appuyait sur la détention, par eux, de l’essentiel des réserves d’or de la planète.Sans disserter longuement sur la nature de ce protectorat, rappelons simplement qu’il fut politique (la fameuse « solidarité atlantique ») mais également ... culturel.


Les USA veillèrent bien, à coup de films notamment, à exporter les valeurs et emblèmes de l’« american way of life » afin de séduire et modeler les esprits européens. Au jour d’aujourd’hui, les USA tentent de maintenir, vaille que vaille, ce protectorat mais en changeant sa nature toutefois. Il devient essentiellement militaire - l’OTAN en étant la représentation la plus emblématique en Afghanistan ou, peut-être bientôt, dans les cieux, si le bouclier antimissile ou si l’avion de combat F.35 se concrétisent matériellement - et se fonde, non sur le financement mais sur la collaboration et la mutualisation des moyens. Les USA, en effet, n’ont plus les moyens de payer ... . C’est sur cet état de fait que comptent les Chinois. La crise est pain béni pour Pékin. Les difficultés de la zone euro offrent, et comme jamais, la possibilité de racheter, et progressivement, et à vil prix au fur et à mesure que le temps passera, des pans entiers de l’économie européenne, qu’elle soit « réelle » ou « virtuelle » ... c'est-à-dire financière. Et, en bons marxistes qu’ils ont été, les dirigeants chinois savent très bien que la souveraineté politique est toujours conditionnée par la souveraineté économique et financière, celui qui paye, et beaucoup, étant (toujours) celui qui commande ... . De la sorte, et en plaçant sous sa coupe l’économie européenne, Pékin entend placer le continent dans sa sphère d’influence afin de distendre, d’abord, de rompre, ensuite, la solidarité atlantique, ciment principal de l’unité occidentale c'est-àdire du couple Europe/USA.

 

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La guerre « hors limites »
Cette vaste entreprise dépasse donc, et de loin, la sphère économique. Elle illustre une logique stratégique chinoise formalisée dans un ouvrage des colonels Qiao Liang, et Wang Xiangsui, : « La Guerre hors limites », Payot et Rivages, 2003. Ce traité énonce sans détour, et avec une franchise pour le moins étonnante, la pensée géopolitique et géostratégique de la Chine d’aujourd’hui. Il souligne que, pour elle, tous les domaines - dont ceux de l’économie, de la finance, de l’information, de la culture, etc. - peuvent devenir, ou champ de bataille, ou système d’arme, ou les deux à la fois, l’action militaire n’ayant vocation ni à l’exclusivité ni à la totalité de l’expression de la puissance armée de l’Etat ... chinois. Dans cette optique, il faut donc considérer la stratégie chinoise en Europe pour ce qu’elle est, c’est à dire un acte de guerre (non militaire donc hors limite) dirigée contre les USA, et ce, à un moment et dans un domaine où, pour la première fois de leur histoire, et pour raison de surendettement, les USA n’ont sans doute plus la maîtrise de leur destin faute d’avoir encore celle de leurs moyens. Enjeu de conflictualité, l’Europe a peut-être une carte à jouer en rusant avec l'un et l'autres des Empires pour finalement tirer les marrons du feu.
Le veut-elle ? Le peut-elle ... dans le mental de ses dirigeants ?

 

Pourquoi la Chine veut-elle racheter l’Europe ?
Source, journal ou site Internet : Tribune Marianne
Date : 26 décembre 2010
Auteur : Jean-Louis Denier

Par AL de Bx

Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /2010 11:58

10:54 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, europe, euro, finance, politique, économie, portugal, dette, yuan, ue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/12/2010

Quant bien même l'euro, ne fait plus tant d' (h)eureux.....si tenté qu'il ait pu en faire!

Sauver l’euro : encore une fois, le sommet européen qui se tient les 16 et 17 décembre doit décider des moyens de stopper la crise. Mais à Bruxelles, décideurs et observateurs ne semblent plus vraiment savoir où ils vont.

 

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La crise a mis l’Europe dans un drôle d’état. S’il fallait un mot pour décrire l’Union aujourd’hui, ce serait "écartelée". Certains pays veulent à tout prix sauver leurs partenaires surendettés, d’autres refusent catégoriquement. Certains veulent maintenir l’euro, d’autres veulent revenir aux monnaies nationales. En un an tout a changé. Les hauts diplomates polonais en poste à Bruxelles font honneur à leur fonction quand on leur demande, le soir autour d’une bière, si leurs compatriotes veulent toujours de la monnaie unique. La plupart laissent échapper un soupir. "Oui, l’euro", il est en crise celui-là. N’empêche. Cela ne changerait rien à la volonté de Varsovie de troquer ses zlotys contre la monnaie européenne. Mais quand ? Cela reste une question ouverte. S’ensuit un clin d’oeil diplomatique. Avant cela, il faut voir si les plans de sauvetage suffisent et si les pays arrivent à rembourser leur montagne de dette. Certes, ces dernières semaines, on a
plutôt été soulagé de ne pas être membre de la zone euro, mais c’est bien compréhensible, non ?

 

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Des propositions franco-allemandes sans saveur
Les Polonais éprouvent le même sentiment à l’égard de l’euro que bon nombre de chefs de gouvernement européens à l’égard des propositions allemandes pour sortir de la crise : ils sont partagés. Entre rejet total et soutien absolu, la plupart des Etats membres tergiversent, explique un haut diplomate d’un petit pays. Oui, les Allemands ont souvent raison en la matière. Mais on ne veut pas toujours rester collé aux basques de Berlin. Ni de Paris d’ailleurs. "Nous n’avons plus d’appétence pour les propositions franco-allemandes", confirme un haut diplomate d’un grand pays. Les hésitations des chefs de gouvernements ne font qu’ajouter à cette ambivalence. Nicolas Sarkozy voulait encore convaincre ses partenaires d’emprunter plusieurs milliards d’euros avant la fin de l’année. Cet argent devait créer un "choc de croissance" et propulser l’Europe hors de la crise. Un peu de temps et deux paquets de sauvetage plus tard, l’entreprenant Français semble n’être que l’ombre d'Angela Merkel. Parmi les nouveaux hésitants figure à présent le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Celui-ci a tenté à grand renfort d’interventions de convaincre ses partenaires de financer une partie des dettes par des emprunts communs, sans grand succès. Après le refus clair et net de Paris et de Berlin, les emprunts communs ne sont pas à l’ordre du jour du sommet européen. Par ces déclarations, le gardien désigné de l’euro ne fait qu’augmenter le désarroi autour de la monnaie unique. Il agace en outre certains de ses camarades qui laissent entendre d’où viendrait l’idée des emprunts communs. Ces derniers expliquent que dans l’usine à concepts de Bruxelles et de la Commission européenne se trouvent des fonctionnaires et des économistes engagés qui cherchent à amener les pays européens dans une union toujours plus étroite.

 

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Quelque chose de bizarre dans le comportement des chefs d'Etat
Bon nombre d’entre eux sont issus des pays fondateurs de l’Europe. Ils voudraient à présent définir des normes économiques et sociales communes. Le repli national que l’on observe dans de nombreux pays va toutefois à l’encontre de leur projet. C’est pourquoi les commissaires européens se gardent bien d’en parler officiellement. Pour comprendre que les atermoiements des politiques n’aident en rien à régler cette crise, il suffit de regarder la réaction des Bourses et des décideurs financiers. Ces derniers ne s’intéressent que modérément à l’agitation de Bruxelles et continuent de miser contre l’euro. Juste avant le sommet européen, les agences de notation ont menacé de rabaisser la note d’autres pays lourdement endettés [l’Espagne et la Belgique]. Par conséquent, les chefs d’Etat et de gouvernement tentent de faire passer leurs réunions pour de simples conférences de travail. A Berlin, on parle de "sommet parfaitement normal". Il y a pourtant quelque chose de bizarre dans leur comportement. Même le patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, est annoncé. Voilà qui est inhabituel. Il était déjà présent au sommet extraordinaire de mai dernier à propos de la crise grecque. Deux jours après, l’Union européenne adoptait un plan de stabilisation de 750 milliards d’euros.

 

 

 

 

Conseil européen
Euro-obligations ou simple révision de Lisbonne ?
Le Conseil européen des 16 et 17 décembre "risque d’être celui de la discorde", écrit Libération qui constate que les euro-obligations scindent l’UE en deux. Avec "d’un côté, ceux qui ont dit non au projet d’euro obligations (Allemagne et France en tête) et, de l’autre, le Luxembourg, l’Italie, la Belgique, l’Espagne, le Portugal ou la Grèce." Avec des euro-obligations, explique le quotidien, "l’Union émettrait en son nom des titres de dette publique, comme le fait aujourd’hui le Trésor américain. Un moyen qui permettrait, estiment ses promoteurs, de se substituer à un Etat incapable de financer son budget sur les marchés à des conditions de taux d’intérêts acceptables, comme ce fut le cas de la Grèce et de l’Irlande. L’agence européenne de la dette, proposée par Juncker et le ministre italien des Finances (Giulio Tremonti), aurait l’ambition de pouvoir émettre des euro-obligations à hauteur de 40% du PIB de l’UE (11 970 milliards d’euros)." Mais officiellement, rappellent Les Echos, le Conseil ne doit aborder qu’un sujet : "la révision du traité de Lisbonne, initialement réclamée par l’Allemagne, qui donnera le coup d’envoi à la création d’un mécanisme permanent de stabilité financière dans la zone euro". Le journal note que "plus aucun Etat ne s'oppose à une révision du traité, à condition qu'elle soit minime. Chacun l'a compris : il s'agissait de donner à la chancelière allemande, Angela Merkel, la base juridique qui lui permettra de justifier la participation de l'Allemagne au soutien de la zone euro face à sa très sourcilleuse Cour constitutionnelle".

 

Du brouillard au sommet de l’UE
Source, journal ou site Internet : Süddeutsche Zeitung
Date : 16 décembre 2010
Auteur : Gerstin Gammelin

 

Les sauveurs nous procurent quatre pistes enneigées

 

1. Consolider le fonds européen de stabilité financière.
L’Europe a mis en place un fonds de stabilité, dont la durée de vie est de trois ans. Il se substitue aux Etats membres en difficulté pour emprunter sur les marchés financiers à concurrence de 450 milliards d’euros. Compte tenu de la garantie des Etats membres de la zone euro il emprunte à 2,7 %, à comparer aux 11 % d’un Etat qui a perdu la confiance des marchés. Le même mécanisme élargit à l’UE et au FMI doit permettre de mobiliser 750 milliards. L’idée est de rendre permanent ce qui est provisoire.

 

2. Renforcer la discipline budgétaire
Le pacte de stabilité européen, qui permet de faire la police sur les déficits et la dette, va être durci. Dès 2011, les pays devront faire viser leurs projets de budgets nationaux par Bruxelles au printemps de chaque année, avant qu’ils ne soient votés dans leurs Parlements nationaux. Les sanctions contre les Etats tomberont plus facilement qu’avant et surtout en amont. Les pays ne seront pas sanctionnés seulement pour leur niveau de déficit, mais aussi pour celui de la dette ou s’ils mènent des politiques économiques considérées comme dangereuses.

 

3. Créer des euro-obligations
L’idée est de créer un instrument financier communautaire qui engagerait l’UE. Quand un Etat a besoin de financements il émet des obligations, des emprunts qu’il s’engage à rembourser trois mois, un an, cinq ans ou dix ans plus tard. Les investisseurs examinent le crédit que l’on peut accorder à tel ou tel Etat et fixe un taux d’intérêt. Plus la confiance est grande et moins le taux est élevé. Un euro-bond, une obligation communautaire, bénéficierait d’un taux faible, mais engagerait tous les Etats membres. L’Allemagne s’y oppose mais la Belgique, qui préside actuellement l’Union, assure que l’on est au début de la discussion.

 

4. Une Banque centrale européenne plus active
La BCE pourrait se montrer plus active en intervenant massivement sur le marché de la dette publique. Quand un Etat doit placer sa dette, il se trouve confronté à des investisseurs publics ou privés. Depuis le printemps, la BCE est intervenue pour acheter des obligations émises par les pays les moins solvables.

Par AL de Bx Samedi 18 décembre 2010

11:08 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, europe, eurocrates, allemagne, dette, partenariats, keynésianisme, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/12/2010

Fallait-il vraiment sauver les banques?

Bruxelles devait-elle soutenir le sauvetage des banques de la faillite ? Non, estime un juriste roumain, car le maintien de l'Etat providence est plus important. Et il cite l'exemple des Islandais, qui ont choisi de ne pas financer le sauvetage de leurs banques.

 

http://www.jdf.com/basemedias/2008/10/09/00687a00-963e-11dd-a38e-aa9adfc3d2d4.jpghttp://blogs.ionis-group.com/iseg/strasbourg/blog/media/stockxpertcom_id20749811_size1.jpg


Entre octobre 2008 et octobre 2010, la Commission européenne a approuvé des aides d'Etat pour les banques à hauteur de 4 589 milliards d'euros, soit le PIB de la Roumanie sur 45 ans. On ne sait pas combien parmi ces aides d'Etat sont passées inaperçues, car la Commission était (trop) généreuse avec ce type de financement. Mille milliards d'euros ont été dépensés pour sauver les banques en 2008 et 250 millions en 2009. Pour tous les autres secteurs économiques réunis, les aides d'Etat approuvées au cours de la même période s'élevaient à 73 milliards d'euros (soit 60 fois moins).


Les aides d'Etat représentent le soutien accordé aux entreprises par les autorités publiques, avec l’argent public. Elles sont octroyées sur des décisions de l'administration, des décisions fondamentalement anticoncurrentielles et opaques, et sur lesquelles les citoyens ne sont pas consultés. Sans le savoir, le contribuable européen est impliqué dans cet effort, à la limite de la légitimité, de sauvetage des banques de la faillite.


Le contribuable ne se limite pas à payer des impôts, c’est également un citoyen. Et le citoyen a des droits, et pas seulement des obligations. Avant de le rendre solidaire des banques endettées au bord de l'effondrement et avant de l'associer aux risques que comportent leurs combines, le citoyen doit d'abord avoir la certitude que ses droits sont garantis, ou du moins l'espoir légitime que tel sera le cas.


Le sauvetage des banques rend caduc le devoir de payer les impôts
Nous acceptons de payer des taxes et des impôts parce que nous nous attendons à ce que l'Etat finance correctement et à temps le système d'éducation, de santé, l'ordre public, la justice et la Défense. Les déficits majeurs de ces secteurs, parce que l'Etat a considéré comme prioritaire le sauvetage des banques de la faillite, rend caduc le devoir des citoyens de payer leurs impôts. Nous ne souhaitons pas payer des impôts pour que l’Etat les balance dans les trous noirs d'un système financier qui est (encore) guidé par le slogan "greed is good" (la cupidité est bonne).


Nous contribuons aux systèmes de sécurité sociale parce que nous nous attendons à ce que, lorsque nous en avons besoin, ces systèmes nous aident avec de l’argent et des prestations sociales qui nous permettent de sortir de l'impasse ou de mener une existence décente en cas d'invalidité, de maladie, de congé parental, d’accident, etc.


Ces prestations sociales, financées longtemps à l’avance par les cotisants, sont plus importantes que la nécessité de sauver un système financier responsable de sa propre crise et qui, dans son ensemble, fait de toute manière des bénéfices par diverses magouilles dans le trading, sur les marchés des changes, des aides d'Etat ou en jonglant avec l’argent virtuel.


Les banques et leurs créanciers, y compris les détenteurs d'obligations, doivent supporter le risque des mauvais investissements. Ce sont des professionnels du risque, qui savent évaluer le risque d'un investissement et les ressources nécessaires pour assumer ce risque. Ils spéculent même sur l'évolution des événements, acceptant à tout moment la possibilité de perdre, et donc ils ne peuvent pas et ne doivent pas être protégés.


Les particuliers, cependant, n'ont pas les mêmes moyens que les banques. C'est la raison pour laquelle ils sont les destinataires exclusifs des lois de protection (en tant qu'investisseurs, épargnants, consommateurs ou contribuables).


Les Islandais, eux, ne se sont pas laissés impressionnés
Les banques ne sont pas les seuls créanciers de l'Etat : les citoyens le sont également. En fait, les citoyens sont les créanciers les plus importants et les plus nombreux. Récapitulons : l'Irlande n'a pas accepté de laisser ses banques faire faillite ; elle les a sauvées, payant à leur place environ 60 milliards d'euro (ce qui a porté le déficit à 32% du PIB).


Maintenant, en tant qu'Etat, elle est en faillite, et sous le contrôle des créanciers financiers, et non plus des citoyens irlandais. En revanche, l'Islande a accepté de mettre toutes ses banques en faillite. Leurs dettes sont ainsi supportées par leurs créanciers. Les Islandais n'ont pas été directement affectés, même s’ils étaient de toute manière touchés par la crise.


L'Islande a même organisé un référendum, par lequel les citoyens ont rejeté le sauvetage des banques. Ils ne se sont pas laisser impressionner par des expressions telles que "too big to fail" (trop gros pour faire faillite), conçues pour manipuler les esprits.


Leur président, Ólafur Ragnar Grímsson avait dit à l’époque : "Comment pourrions-nous obliger les gens à payer pour les erreurs des banquiers ?" C'est une bonne question pour un président, pour un Premier ministre, pour un gouverneur. En Roumanie, comme ailleurs.

 

Mourir pour les banques ? Non merci
Source, journal ou site Internet : Romania Libera
Date : 10 décembre 2010
Auteur : Gheorghe Piperea

14:46 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, crise(s), faillite, keynésianisme, etat-providence, islande, irlande, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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