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02/12/2010

Le vert mercantilisme............ou quand le ver est dans le fruit!

La crise a permis de réduire les émissions de CO2, mais elle sape également les fondements de l’"économie
verte" à la sauce européenne. En remettant en question les subventions aux technologies les moins
performantes, ce choc peut se révéler salutaire pour le développement du secteur.

 

http://www.opt.be/images/db/cartes_postales/bruxelles/cimetiere_laeken.jpg

 

Le 12 octobre 2010, l'Agence européenne pour l’environnement mettait en garde : "Un nouveau rapport
montre que la chute importante des émissions de CO2 en 2008 et 2009 permet à l'Union européenne des
Quinze d’atteindre, voire de dépasser, l’objectif du protocole de Kyoto, à savoir une réduction de 8% des
émissions de CO2." Ce rapport montre en outre que "l'Union européenne à vingt-sept est sur la bonne voie
pour atteindre, d’ici 2020, l’objectif de 20% de réduction". D’après cette étude, la production de CO2 a été,
en 2009, inférieure de 6,9% par rapport à 2008 : c’est la diminution la plus importante depuis que les
émissions de gaz carbonique sont contrôlées. Tout le monde s’accorde pour dire que la cause principale de
cette baisse a été la crise économique. Toutefois, on est frappés par l’optimisme de ce rapport, que l’on
retrouve dans une communication de la Commission européenne du 26 mai 2010 : "Le fait que nous
approchions de cet objectif de 20%, contrairement à ce que l’on pouvait penser en 2008, a un effet
d’entraînement évident sur le défi que nous nous sommes lancés, à savoir une baisse de 30%". Ces paroles
prudentes dissimulent pourtant une logique rigoureuse. Les premières ébauches du rapport parlaient de
l’impact de la crise économique sur les émissions de CO2 avec un ton carrément enthousiaste, ce qui
provoqua de fortes résistances, y compris dans les milieux traditionnellement favorables au dirigisme
écologique européen. On peut lire par exemple dans un document interne du BDA, le syndicat du patronat
allemand : "Une croissance économique moins importante ne devrait pas être célébrée comme un instrument
de protection du climat". Les organisations industrielles des autres pays européens ont pris des positions
semblables, voire encore plus tranchées.


La crise a coupé la branche sur laquelle l'industrie verte était assise
La publication du rapport définitif a provoqué un tollé, notamment chez Business Europe (la confédération
des entrepreneurs européens) et Eurelectric (l'association de l’industrie électrique). Pour la première fois, les
deux actionnaires majoritaires de l’exécutif de l’Union européenne – la France et l’Allemagne – ont pris
leurs distances, à travers la déclaration commune de leurs ministres de l’Industrie respectifs. Il semblerait
toutefois que le plus farouche opposant au projet soit le responsable européen de l’industrie, l’allemand
Günther Oettinger. La gestion du dossier climatique a été confiée à la danoise Connie Hedegaard, qui dirige
depuis 2009, date du renouvellement de la Commission, la Direction générale de l'action sur le Climat créée
spécialement pour elle. Connie Hedegaard est considérée comme une "extrémiste". Elle est restée, en effet,
dans l’esprit d’un très grand nombre, la “marraine” du sommet de Copenhague [COP15], conçu au départ
comme la célébration de la béatification écologique de Barack Obama, mais qui s’est révélé un véritable
après Kyoto.


La crise a coupé la branche de l’arbre sur laquelle l’industrie verte européenne était assise. Mais surtout, la
demande a chuté : installer de nouvelles capacités productives n’est plus une nécessité. On estime que la
demande d’énergies primaires dans l’UE a baissé de 3,4% entre 2005 et 2010 ; on sait aujourd’hui qu’on
retrouvera les valeurs d’avant la crise seulement après 2020. D’après la Commission européenne,
l'augmentation des consommations totales entre 2015 et 2030 atteindra à peine quatre pour cent ; cette valeur
sera même inférieure de seize pour cent par rapport aux prévisions de 2007. En outre, l’accès au crédit est
devenu plus difficile pour tous les Européens. Ce phénomène est particulièrement préjudiciable pour les
industries à capitaux élevés, caractérisées par des coûts fixes importants et de faibles coûts variables, comme
dans le cas des nouvelles énergies renouvelables. Il est donc plus compliqué de rassembler des capitaux pour
créer des installations, et presque impossible de destiner ces capitaux à la recherche et au développement.

 

http://www.lecoinbio.com/images/images/hi-tech/faire-economie-avec-ecologie-livre.jpghttp://nityavarnes.unblog.fr/files/2009/05/ecologie2.jpg

 

Etre vert c'est bien, être vert et riche, c'est mieux
Récemment, presque tous les pays européens ont réduit le montant de leurs subventions. En Italie, le
gouvernement a coupé les dépenses de l’énergie pour le secteur photovoltaïque en moyenne de 20%. En
Espagne, on parle ouvertement de “bulle solaire”, depuis que la réduction des subventions a atteint dans
certains cas 45% de la valeur des installations et a provoqué la fermeture de plusieurs grands établissements
de production de panneaux solaires. Même l’Allemagne a diminué graduellement ses subventions : d’abord
de 3%, puis, en janvier 2010, de 13%, enfin, de 21% à partir de 2012. La Grande-Bretagne a annoncé à son
tour une baisse de dix pour cent à partir de 2013. Ce changement de cap trahit toutefois des questions plus
profondes, qui ne dépendent pas uniquement de la conjoncture économique. Ce n’est un mystère pour
personne si certains pays – comme l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark – examinent la politique
environnementale à travers le prisme de la politique industrielle : on veut bien être verts, mais c’est encore
mieux si on est à la fois verts et riches. Cette expérience a cependant échoué. Dans le meilleur cas, la
richesse a été transférée, elle n’a pas été créée ; et, probablement, ce transfert a fini par la détruire. Si,
initialement, l'Europe était le leader mondial de la technologie verte, les choses ont bien changé depuis. Les
producteurs chinois sont arrivés avec une politique commerciale agressive, qui, d’un côté, a réduit les coûts
de production en augmentant les marges de manière démesurée, et, de l’autre, a entraîné un déplacement de
la rente verte au-delà des frontières européennes. En attendant, en Europe, les usines ferment leurs portes,
alors que la production de panneaux solaires en Chine – alimentée essentiellement par nos subventions –
augmentera de 50% en 2010. Que reste-t-il, dès lors, à part les vestiges d’une belle illusion ?


La fin de l'argent facile : une chance pour les énergies renouvelables
L'Europe continue à se laisser entraîner en partie par l’inertie idéologique : au sommet de Cancún sur les
changements climatiques [COP16/CMP6], elle tapera du poing sur la table et clamera face au reste du monde
sa propre vertu. Mais, à y regarder de plus près, un courant européen réaliste s’apprête à concevoir de
nouveaux objectifs et de nouvelles stratégies : à partir du constat selon lequel toutes les sources d’énergie ne
sont pas égales, et ne méritent pas toutes d’être encouragées avec des dépenses inconsidérées. Les énergies
vertes doivent réagir aux signaux du marché et correspondre à une demande plus structurée. Par exemple, il
est possible de repenser les subventions aux biocarburants, en récompensant les technologies qui savent les
produire à des prix compétitifs et exploitent des terrains marginaux. Il est probable, par ailleurs, que
l’énergie éolienne doive se limiter aux zones venteuses, en renonçant ainsi à la prétention d’installer des
éoliennes qui ne fonctionnent que 1 000 ou 1 500 heures par an. Si l’écart entre les énergies traditionnelles et
les énergies dites propres se restreint, suivre des objectifs extra-économiques devient moins coûteux et
socialement plus acceptable. Cependant, il est nécessaire de quitter le modèle dirigiste qui a défini jusqu’à
présent l’approche européenne – avec une planification des prix et des quantités d’énergie produite – afin
récompensées (par exemple, en pénalisant les autres avec une taxe carbone). Le fait d’émettre peu de CO2,
voire pas du tout, n’est toutefois pas une garantie absolue de survie. Cela peut sembler paradoxal, mais la fin
de l’argent facile peut transformer la chenille verte en papillon renouvelable.

 

L’Europe est mise au vert
Source, journal ou site Internet : Il Foglio
Date : 29 novembre 2010
Auteur : Carlo Stagano

17:10 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, mercantilisme d'etat, mercantilisme, économie, écologie, co2, crise(s), énergie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/11/2010

Football, entre blanchiment et corruption ou comment flouer les populaires!

Les affaires de corruption individuelle paraissent bien mièvres par rapport aux milliards d’argent sale qui transitent via les réseaux tentaculaires du ballon rond. Un rapport international sonne l’alarme La FIFA défraie – le cas de le dire – la chronique depuis les révélations du Sunday Times au mois d’octobre. Six dignitaires ont été suspendus pour «violation du Code éthique». Au-delà de ces affaires personnelles – et à moins que le choix des pays hôtes des Coupes du monde 2018 et 2022, le 2 décembre, ne tourne au comique
troupier – une maladie autrement plus grave est en train de gangrener le football: le blanchiment d’argent.

 

http://media.rtl.fr/online/image/2010/1018/7631061007_le-siege-de-la-fifa-a-zurich-suisse.jpghttp://dalje.com/slike/slike_3/r1/g2008/m05/y172619258025726.jpg

 

Une étude réalisée par le très sérieux GAFI (Groupe d’action financière, lire l’encadré), lequel dépend de l’OCDE, étude intitulée «Money Laundering through the Football Sector», pointe le problème des deux index: le milieu du ballon rond représente le terreau idéal pour le lavage des capitaux boueux.


Le contexte général
Les profits galopants et l’économie globalisée constituent des facteurs de risques accrus pour que l’argent sale investisse le sport, dit le rapport. Quelles disciplines en particulier? Le foot, le cricket, le rugby, les courses de chevaux, de motos et de voitures, le hockey sur glace, le basket et le volley. Pourquoi le foot en pole position? Parce qu’il s’agit du «candidat idéal», écrit le GAFI. Des milliards de fans, 265 millions de pratiquants dont 38 millions de licenciés, 5 millions de dirigeants et d’arbitres, 301 000 clubs, la globalisation du marketing et des transferts depuis l’arrêt Bosman de 1995, l’impact social grandissant, tout est réuni afin d’établir de «bonnes» connexions avec le crime organisé.


L’aspect financier
La FIFA étant divisée en six Confédérations renfermant la bagatelle de 208 Etats – donc autant de membres physiques – le «parapluie» est largement ouvert. D’autant que la plupart des gouvernements admettent, dans leur politique pratiquée, la spécificité du sport, son importance sociale, éducative et culturelle, faisant de lui un domaine économique à part. Pour mieux cerner les enjeux pécuniaires, il suffit de jeter un oeil à un autre rapport, celui établi par le cabinet d’audit Deloitte concernant la saison footballistique 2008/2009 en Europe, la Confédération évidemment la mieux nantie: 15,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (13,8 l’exercice précédent), 7,9 milliards (7,7 en 2007/2008) de revenus pour les cinq ligues majeures – Angleterre (2,3), Allemagne (1,575), Espagne (1,501), Italie (1,494), France (1,048), celle-ci pour la première fois au-dessus du milliard. Les salaires des joueurs dans ce même «big five» ont augmenté de 6% et s’établissent à un niveau supérieur à 5 milliards d’euros, le bénéfice d’exploitation à 172 millions. 47% des ressources (3,712 milliards) proviennent des droits TV. Derrière les cinq, les Pays-Bas plafonnent à 422 millions de rentrées, illustrant le fossé qui se creuse inexorablement. Le GAFI relève que de tels flux financiers naviguent entre clubs, joueurs, sponsors, médias, investisseurs, agents, propriétaires de stades, réseau qui rend à la fois aisé la pratique de l’évasion fiscale et du blanchiment, et complexe la détection de ces délits.

 

http://www.bakchich.info/IMG/jpg_jpg_ballon-de-foot-dollars.jpg


Les cas concrets
1. Renflouer un club amateur. Une brigade financière s’est aperçue que les comptes d’un petit club, régulièrement en déficit, étaient comblés en fin de saison par des versements exceptionnels d’un businessman via plusieurs de ses sociétés. Il se trouve que le quidam était aussi président dudit club, et que ses retraits intempestifs ont compromis l’équilibre de ses compagnies. Il est actuellement inculpé de détournements de fonds et blanchiment. (Source: France).


2. Investir dans un club en difficulté financière. La brigade fiscale du pays «B» reçoit un avis bancaire de transactions suspectes concernant le club «A», qui cherche plusieurs millions d’euros afin d’éviter la faillite.


Un groupe sud-américain, lié à un homme qui a déjà investi dans plusieurs clubs à l’étranger, fait une proposition. Après enquête, ces fonds se sont avérés d’origine illégale. (Source: Belgique).


3. Placer l’argent de la drogue dans le football. Humble citoyen mexicain qui revient au bercail une fois avoir fait fortune outre-mer, M. Untel rachète un club qui végète en 3e division, sans espoir de rendement. Pourtant, il paie des salaires élevés, modernise les infrastructures et se moque du sponsoring.


L’équipe monte en 2e division. Et son mécène est identifié comme le patron d’un réseau de trafiquants de drogue… (Source: Mexique).


4. Devenir propriétaire d’un club. En 2006, un club italien connu décide de mettre ses actions sur le marché boursier. Aussitôt, elles grimpent au plafond. Simultanément, des individus menacent par téléphone le président du club s’il refuse de leur céder ses parts (environ 24 millions d’euros). Les investigations conduites par le procureur de la République mèneront tout droit à une organisation mafieuse opérant en Italie centrale, désireuse d’acquérir le club. Les poursuites portant sur le blanchiment d’argent et l’extorsion de fond sont en cours. (Source: Italie).


5. Transférer des joueurs. Un club d’Amérique du Sud lourdement endetté, sis dans un pays «Z», signe un contrat de management avec un fonds d’investissement basé sur le territoire d’un paradis fiscal. Lequel fonds promet d’effacer l’ardoise du club, puis achète un footballeur en Argentine pour 20 millions de dollars. Le club acquéreur du pays «Z» transfère enfin l’argent sur un compte que le vendeur possède dans un troisième pays. Ainsi les 20 millions n’ont-ils jamais pénétré en Argentine ni été taxés. (Source: Argentine).


Le GAFI énumère de la sorte une quinzaine d’exemples réels, où l’on voit encore le rôle trouble de certains agents de joueurs et les dégâts causés par les paris truqués sur Internet. Tous montrent à quel point il est facile de blanchir des sommes colossales et d’escroquer le fisc par le truchement du football.


Les moyens de lutte
Que ce soit à l’échelon politique international et national, à celui des instances dirigeantes – la Ligue française, la Federcalcio italienne, l’UEFA, le CIO, la FIFA ont déjà mis en place certains garde-fous –, les mesures à appliquer convergent vers ces thèmes: créer une prise de conscience généralisée du danger; appliquer la transparence financière dans tout système de gouvernance; explorer les pratiques entrepreneuriales les plus «propres»; mieux coopérer, du côté des associations sportives, avec le secteur privé; unifier les règlements internationaux; développer l’entente internationale entre brigades financières et administrations fiscales; se pencher sérieusement sur comment mettre une muselière aux paris sur le Net. Car là, on végète à l’âge de pierre législatif.

 

Le blanchiment, gangrène du football
Source, journal ou site Internet : Le temps
Date : 27 novembre 2010
Auteur : Fred Hirzell

11:14 Écrit par HUMANITAS dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : économie, corruption, corporatisme, fifa, football, gafi, finance | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/11/2010

Y aurait-il des nouvelles formes de capitalisme, ou ne serait-il pas plutôt de mercantilisme d'Etat?

L’économie de marché règne aujourd’hui sur tout le continent. Mais est-elle la même partout ? Car à l’Est, les capitalistes ont prospéré sur le féodalisme post-communiste et ont ainsi créé un système bien particulier.


"Nous sommes coincés quelque part au milieu de la transition de l’économie planifiée vers l’économie de marché. Nous avons créé un hybride de ces deux systèmes", déclarait l’ancien président russe Boris Eltsine il y a quelques années. Quelle sorte de capitalisme construisons-nous en Roumanie, et plus généralement à l’Est de l’Europe, et en quoi se différencie-t-il du capitalisme occidental ? Tout d’abord, en Roumanie, comme dans toute la région, nous avons affaire à un "capitalisme sans capitalistes", comme le remarquaient Gil Eyal, Ivan Szelenyi et Eleanor R. Townsley dans un ouvrage collectif. Au lendemain de la chute des régimes communistes nous avons été contraints de construire un capitalisme sans classe de propriétaires et détenteurs du capital qui puisse jouer le rôle que la bourgeoisie a tenu lors de la naissance du capitalisme.

 

http://www.politicoblogue.com/wp-content/uploads/2009/09/Capitalisme.jpghttp://1.bp.blogspot.com/_UVyaE7_23iI/TMbo8qBeeDI/AAAAAAAAA8c/MfJZp4wpB_s/s1600/faucille-et-marteau-barres.1210667563.jpg


Bien sûr, nos capitalistes ont poussé comme des champignons, et les nouveaux riches sont apparus du jour au lendemain. Mais entre les capitalistes occidentaux et nos capitalistes sortis du néant, il y a une différence comme entre le jour et la nuit.


Le capitalisme est-européen ressemble au communisme
La circonstance qui a permis l’apparition et le développement du capitalisme a été la victoire obtenue par la bourgeoisie dans la légitimation de son capital économico-financier face au capital social détenu exclusivement par l’aristocratie. Dans le féodalisme, les privilèges et le rang attiraient le capital économique ; dans le capitalisme, l’équation s’est inversée et l’argent est devenu la source de la position sociale, des privilèges et du pouvoir. En Europe orientale, et en Roumanie en particulier, nos capitalistes ont usé de leur capital social pour obtenir du capital économique. Les technocrates de l’ancien régime, proches d’une façon ou d’une autre des structures de pouvoir étatiques, ont utilisé leur réseau social pour obtenir des usines, des contrats et d’autres biens qui ont rapidement contribué à l’apparition des capitalistes autochtones.


La prédominance du capital social est un trait spécifique du féodalisme, mais aussi du communisme esteuropéen, où le capital politique n’était qu’une variation du capital social. De ce point de vue, notre capitalisme est pré-moderne, car il obéit à des règles féodales. La logique institutionnelle a été et continue d’être subordonnée à la logique relationnelle, et les institutions sont devenues des organismes kafkaïens au service des favoritismes.


Une forme dégénérée du capitalisme "authentique" ?
Une autre particularité du capitalisme est-européen est le fait qu’il ne constitue pas le résultat d’une évolution organique, mais qu’il est le produit d’un projet. De ce point de vue, il ressemble au communisme :
il contient tous les éléments d’ingénierie sociale, parmi lesquels les tentations utopiques et la justification du présent en invoquant l’avenir. Notre capitalisme s’est forgé sur la restructuration fondamentale des institutions économiques de haut en bas, tout l’inverse de son équivalent ouest-européen. Ces 10 dernières années, l’utopie qui tarde à se réaliser et les plaies sociales engendrées par les efforts pour la construction du capitalisme ont contribué à faire considérablement baisser la confiance de la population locale dans l’économie de marché. En Hongrie, par exemple, la confiance dans le capitalisme est passée de 80% en 1991 à 46% en 2009, en Bulgarie de 73 à 53%, en Lituanie de 76 à 50%.

 

Cette chute vertigineuse a transformé l’Europe orientale en l’une des régions où le niveau de sympathie envers l’économie de marché est le plus bas : en 2007, avant la crise économique, il était de 56%, seulement un pourcent de plus qu’en Amérique latine, (55%), loin derrière l’Afrique (75%), l’Asie (72%), l’Amérique du Nord (70%) ou l’Europe de l’Ouest (69%).


"Le racket légitime organisé par la classe dominante"
En fait, la question qu’on doit se poser est de savoir si le capitalisme est-européen est en effet une forme dégénérée du capitalisme "authentique", ou s’il s’agit tout simplement d’un autre genre de capitalisme. Des sociologues comme Karl Marx ou Max Weber pensaient que le capitalisme avait une seule finalité. Mais leurs théories ont été élaborées avant que le capitalisme ne se développe mondialement. L’histoire récente nous montre qu’il y a une multitude de capitalismes : du modèle chinois, qui coexiste très bien avec un régime autoritaire, jusqu’au capitalisme nord-américain, en passant par le modèle est-européen. Ce dernier est lui-même un concept qui n’arrive pas à rendre compte de la complexité des phénomènes qu’il prétend décrire. Peut-on confondre le capitalisme russe avec le roumain ou le tchèque ? Il se peut que l’hypothèse selon laquelle le capitalisme est incompatible avec le manque de liberté (le cas de la Chine) ou avec la domination du capital social par rapport au capital économique (comme en Roumanie) soit fausse. Le capitalisme pourrait ne pas nécessairement aboutir à une démocratie, ne pas nécessairement générer la prospérité, et il pourrait même très bien coexister avec des systèmes clientélistes ou mafieux. Après tout, le capitalisme occidental ne pourrait-il pas être juste une forme particulière d’un système économique que nous appelons génériquement capitalisme, et dont la caractéristique principale n’est ni la suprématie de l’argent, ni le triomphe de l’institutionnalisme sur le favoritisme, mais tout simplement, comme disait Al Capone, "le racket légitime organisé par la classe dominante".

 

Les deux visages du capitalisme européen
Source, journal ou site Internet : Dilema Veche
Date : 23 novembre 2010
Auteur : Victoria Stoiciu

08/11/2010

L'Europe, Bruxelles se trucide t-elle?

Chronique d’un suicide
L’Union européenne est en train de se suicider. Ce suicide n’est certes pas commis par un tir à bout portant, mais il est inéluctable et il est engendré par l’idéologie intégriste qui sévit depuis vingt ans à Bruxelles.


Il prend trois formes : le suicide institutionnel, le suicide économique et le suicide monétaire de l’Europe.


Le suicide institutionnel, d’abord. Qui peut dire que l’Union européenne fonctionne bien aujourd’hui ?

 

http://www.euroscopeconsultinggroup.eu/_/rsrc/1239725581676/page-2/leurope-dans-le-monde/L%27Europe%20dans%20le%20monde.gifhttp://www.observatoiredeleurope.com/photo/1573389-2107209.jpg?v=1252336423


Personne ! On assiste à une paralysie totale du système. La boulimie législative ne se dément pas. Les textes les plus complexes, les plus tatillons, sont moulinés les uns après les autres. La machine technocratique, sûre d’elle-même et dominatrice, bat son plein : 700 documents sont produits chaque année et transmis à notre Assemblée, dont plus de 300 relèvent de la loi. Mais si la machine mouline sans arrêt des textes, elle est en revanche incapable de prendre rapidement les décisions qui s’imposent. La question des prix agricoles en est un exemple. La France bataille depuis près de deux ans pour obtenir la stabilité des prix agricoles, dont la baisse inacceptable provoque des manifestations légitimes dans l’ensemble de l’Europe. La machine est totalement grippée et le passage à la majorité qualifiée n’y change rien, alors que cette procédure devait être, selon ses thuriféraires, la clé de voûte de l’efficacité du système.


Le deuxième suicide est un suicide économique. La religion économique de Bruxelles est le “toutconcurrence”.
Enfermée dans son idéologie, la direction générale de la concurrence, qui règne en maître,
ignore superbement les réalités économiques du monde, où nos concurrents – États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Corée du Sud et Canada – excellent dans la défense de leurs marchés en mettant en oeuvre de réelles politiques industrielles, alors que la locution “politique industrielle” est toujours un gros mot à Bruxelles !


L’asymétrie des conditions de concurrence devient évidente. L’absence totale de réciprocité dans les échanges, l’incapacité de la direction générale de la concurrence à envisager des champions industriels nationaux et européens sont affligeantes et destructrices. La disparition de Pechiney, fleuron de notre industrie, provoquée par la bêtise d’un commissaire européen – M. Monti, pour ne pas le nommer –, ne peut que susciter la colère et pourrait aisément nous amener à la conclusion : “La Commission, voilà l’ennemi !”
Il est urgent que, sur ces dossiers industriels de fusions-acquisitions, la Commission soit relevée de ses compétences technocratiques au profit du Conseil.


Le troisième suicide est un suicide monétaire. Pendant des années, les champions de l’intégration européenne nous ont présenté l’euro comme le fondement même de l’Europe et de son avenir. Qui peut encore affirmer cela aujourd’hui, sinon ceux qui, avec la morgue qu’on leur connaît, prétendaient tout savoir mieux que les autres, face à ceux qui dénonçaient l’utopie d’une monnaie unique en l’absence de zone économique optimale ? On sait aujourd’hui que les dures réalités ont rattrapé les doux utopistes monétaristes.


Le 13 juillet dernier, Jean-Pierre Jouyet, européen convaincu, déclarait devant la commission des affaires étrangères : « On ne se serait pas interrogé, il y a un an, sur la fin de l’euro, sur la façon dont l’Europe économique doit être gouvernée.» Je lui ai alors répondu, avec une insolence amicale, mais une vraie insolence, que, pour ma part, je me suis toujours interrogé sur la viabilité de cette construction artificielle.

 

http://img262.imageshack.us/img262/4886/h450europeiy6.jpg


Allons à l’essentiel : ce n’est pas en collant à l’idéologie allemande en matière monétaire que nous éviterons la catastrophe annoncée et inéluctable. Ce n’est pas par des sanctions automatiques contre des États en déséquilibre budgétaire que nous pourrons rééquilibrer les comptes. On ne fait pas courir ensemble des pur-sang, des chevaux de labour et des ânes ! La puissance économique de la Ruhr n’est pas dans le Péloponnèse, mais en Rhénanie-du-Nord-West phalie. Les déficits budgétaires grecs sont la conséquence de la perte de compétitivité – moins 40 % – et non sa cause. Relevons d’ailleurs au passage que l’Espagne, qui était en excédent budgétaire, est aujourd’hui en pleine crise : c’est tout dire ! Quand allons-nous comprendre que réduire les dépenses, raboter les niches de manière excessive et trop rapide, c’est raboter la croissance et accroître les déficits ?


La politique de déflation de tous les États européens équivaut à un suicide en direct, à une macabre téléréalité sur fond de pacte de stabilité jouant le rôle néfaste du choeur des Euménides.

 

Bruxelles et l’intégrisme idéologique.
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 4 novembre 2010
Auteur : Jacques Myard, député UMP des Yvelines

09:32 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, bruxelles, économie, monnaie, euro, allemagne, j.myard, ump, intégrisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/10/2010

Chine: Economie et démographie 2020/2035; retraites par capitalisation possible!

La hausse des intérêts en Chine "aide sans aucun doute, et pourra valoriser un peu leur devise (le yuan). L'augmentation des taux est une bonne chose. Cela va dans la bonne direction. Ils sont en train de collaborer" avec l'économie mondiale.


Le ministre des finances brésilien, Guido Mantega, s'est félicité mardi de la hausse des taux d'intérêts en Chine. La banque centrale du pays a annoncé qu'elle relevait ses deux taux de référence, un geste inattendu qui constitue le premier resserrement de la politique monétaire en Chine depuis 2007. Ce geste de Pékin et le renforcement des mesures prises par le Brésil pour contenir la forte appréciation du real face au dollar, ont entraîné une légère baisse de la devise brésilienne. Celle-ci a terminé mardi à 1,68 pour un dollar, en recul de 1,08 % par rapport à la veille. Quant à l'euro, il a nettement baissé face au dollar.

 

 

cliquez, lire le système de retraite chinois


Objet : Pour info IH Chine
Le comité national sur le vieillissement estime que le pays comptait 167 millions de personnes âgées de plus de 60 ans à la fin de l'année 2009, soit environ 12,5 % de la population, et qu'elles devraient être 200 millions dans un délai de cinq ans, puis 248 millions en 2020. A ce rythme, seulement deux actifs cotiseront pour chaque retraité chinois en 2035.
Or, si ces trente années de réformes ont suscité une progression économique fulgurante, elles ont aussi impliqué la restructuration d'entreprises étatiques qui, à défaut de prospérité,
assuraient à leurs salariés une sécurité au sein de l'unité de travail, y compris à l'heure de la
retraite. Ce "bol de riz en fer" a volé en éclats. En parallèle, dans les campagnes, les migrations des jeunes générations vers des régions plus riches mettent à mal la principale source de financement des retraites, la piété filiale.


Dans ce contexte, les nouvelles mesures appliquées à Shanghaï sont une manière de voir ce qui pourrait fonctionner à l'échelle du pays. Mais le vice-ministre des ressources humaines et de la sécurité sociale, Wang Xiaochu, a pris note du verdict de l'opinion publique en présentant en septembre un Livre blanc sur la population chinoise : 92 % des 200 000 internautes ayant participé à un sondage sur le site QQ ne veulent pas entendre parler d'une prolongation du nombre d'années de cotisation, a relevé le vice-ministre.


D'autant que les jeunes Chinois ont en tête une autre préoccupation : trouver une place sur un marché du travail sélectif.
Pourtant, le report du départ à la retraite devra être envisagé en Chine comme il l'est dans les pays riches, estime Peng Xizhe, doyen de la faculté de politiques publiques et de développement social de l'université Fudan, à Shanghaï. "Il faut préparer l'opinion, consolider la structure familiale et organiser davantage l'épargne", juge le professeur Peng.


Pour Liu Kaiming, directeur de l'Institut d'observation contemporaine, la solution est à trouver du côté des grandes entreprises, étatiques notamment. "Elles ont engrangé plus de 1 000 milliards de yuans de profits cette année, mais n'en ont reversé que 2 milliards à la sécurité sociale, s'insurge M. Liu. Lorsqu'elles financeront un filet de sécurité sociale, la transition sera assurée."


Ces alarmes suscitent un débat sur le rôle de la politique de l'enfant unique, critiquée par ailleurs pour les avortements forcés et autres applications désastreuses en termes de droits
humains auxquelles elle conduit encore. Les jeunes surnomment le phénomène "4-2-1" : à eux seuls, ils pourraient avoir à prendre en charge la vieillesse de leurs deux parents et de leurs quatre grands-parents.


Le vice-premier ministre, Li Keqiang, qui pourrait hériter du poste de premier ministre en 2012, a pourtant réaffirmé, le 21 septembre, que le gouvernement maintiendrait le contrôle des naissances, qui a fait chuter le taux de fertilité à moins de 1,8 enfant par femme.


Il n'y aura pas de solution simple à ce défi démographique, prévient Peng Xizhe, de l'université Fudan, qui préconise en attendant un certain assouplissement de la politique de l'enfant unique. Le dilemme est de taille : "La Chine doit décider lequel, du défi du vieillissement ou de celui d'un nouvel accroissement de la population du pays le plus peuplé, est le plus important."


Le chef du planning familial du Guangdong, Zhang Feng, a de son côté expliqué récemment
au quotidien Nanfang Dushibao, basé à Canton, que la province envisagerait de laisser les fils et filles d'enfants uniques avoir deux enfants à partir de 2016. Pas question, en revanche, d'abandonner complètement cette politique avant 2033. A cette date, la Chine aura atteint son "pic" de population, à 1,65 milliard d'habitants.

 

http://www.chine-informations.com/usb/membres/photos/139/chine-personnes-faisant-du-taiqiquan_1230746587.JPG

 

Un système déficitaire de 140 milliards d'euros par an
Fonctionnement :
Le système d'assurance-vieillesse de base couvrait 235 millions de Chinois en 2009, selon un Livre blanc gouvernemental. Introduit en 1997, il associe en principe les retraites par répartition, destinées à financer les pensions des anciens salariés des entreprises étatiques, et par capitalisation, à hauteur de 11 % du salaire, pour les travailleurs de la nouvelle économie.
Le poids des pensions des anciens salariés de la période socialiste en fait en réalité un système par répartition, déficitaire de 140 milliards d'euros par an et ne parvenant pas à couvrir les retraites des ruraux et des travailleurs du secteur informel, qui doivent s'en remettre à leurs familles.


Un futur incertain Deux chercheurs de l'Académie des sciences sociales, Yang Du et Wang
Meiyan, estiment dans une étude publiée cette année que la Chine devra se tourner vers des retraites par capitalisation, le système par répartition ne pouvant pas être équilibré dans un pays qui comptera un tiers de seniors en 2050.

 

lolololol, quand je dis qu'en France, nous en sommes à soviètiser notre système de plus en plus....Faudra t-il copier la République Populaire de Chine lol?

 

INFO CHINE
Source journal ou site Internet : Enjeux
Date : 20 octobre 2010

11:30 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, retraite, répartition, capitalisme, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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