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22/02/2011

L'économie verte doit-on y croire, ou est-ce un leurre?

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, il n’y a pas d’opposition entre environnement et croissance économique, et les pays en développement profiteront autant que les autres de la conversion à une économie verte.

 

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Ce 21 février à Nairobi (Kenya), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) présente un nouveau rapport démontrant que l'économie verte prolonge le développement durable en rétablissant l'équilibre entre ses trois piliers (économique, social, environnemental). Le PNUE définit l'économie verte comme une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale, tout en réduisant les risques environnementaux et la pénurie des ressources. Pour Sylvie Lemmet, directrice de la direction technologie, industrie et économie du PNUE, "comme la croissance repose sur les ressources naturelles, il n'y aura pas de croissance si l'économie n'est pas verte".

 

Concrètement, une économie verte est une économie dont les revenus et les emplois sont créés par des investissements qui réduisent les émissions de CO2 et la pollution, améliorent le rendement des ressources, et empêchent la perte de la biodiversité et des services écosystémiques. Les créations d'emplois seront nombreuses, 20% de plus que par rapport au maintien du statu quo d'ici à 2050. Le concept d'économie verte a pris son essor dans le contexte de la crise financière, autour de l'Initiative pour une économie verte, lancée par les Nations unies en 2008 (news 6080).


Sur la base de plusieurs études, le PNUE a calculé que la demande de financement annuelle pour le verdissement de l'économie mondiale se situait aux alentours de 1,05 à 2,59 mille milliards de dollars, soit moins d'un dixième du total de l'investissement mondial annuel. Ce scénario vert serait donc possible par l'allocation de l'équivalent de 2% du PIB (1.300 milliards de dollars par an) investis dans le verdissement de dix secteurs clés entre 2010 et 2050.


Dix secteurs clés
Les investissements seraient répartis dans dix secteurs : 108 milliards de dollars pour améliorer l'efficacité des systèmes agricoles, petites exploitations comprises ; 134 milliards de dollars pour améliorer l'efficacité énergétique et construire des bâtiments verts ; plus de 360 milliards de dollars pour lancer les énergies renouvelables ; près de 110 milliards de dollars dans le verdissement de la pêche, comprenant une baisse de la capacité des flottes mondiales ; 15 milliards de dollars dans le verdissement de la foresterie ; plus de 75 milliards de dollars dans le verdissement des activités industrielles ; 135 milliards pour le tourisme "vert", 190 milliards pour les transports non motorisés et les carburants propres, 110 milliards pour les déchets et le recyclage, et un montant du même ordre dans le secteur de l'eau et l'assainissement. Pour résumer, environ la moitié de cet investissement vert serait allouée à l'efficacité énergétique, notamment aux bâtiments, à l'industrie et aux transports, ainsi qu'au développement de sources d'énergie renouvelables. Le reste serait consacré à l'amélioration de la gestion des déchets, aux infrastructures de transport public et à un ensemble de secteurs fondés sur les ressources naturelles, tels que l'agriculture, la pêche, la foresterie et l'approvisionnement en eau. Le PNUE conclut son étude par l'affirmation que la croissance resterait identique sur la période 2011-2050 à celle d'un statu quo optimiste, "tout en évitant d'importants inconvénients tels que les effets du changement climatique, une plus grande rareté de l'eau et la perte de services environnementaux".


Dans le scénario du PNUE, la demande en énergie primaire retrouverait les niveaux actuels en 2050, soit 40% de moins que les prévisions des scénarios business-as-usual. La combinaison de mesures touchant à l'offre et à la demande réduirait les coûts énergétiques dans les prochaines décennies. La vulnérabilité de l'économie mondiale vis-à-vis de chocs énergétiques potentiels serait atténuée, ce qui "contribuerait à la stabilité de la croissance économique". Les économies sur le capital et le coût des combustibles pour la production d'électricité sont estimés à 760 milliards de dollars par an en moyenne entre 2010 et 2050.

 

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L'économie verte joue un rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté
Dans les pays à faible revenu, les ressources naturelles constituent une composante majeure des moyens d'existence des communautés rurales. La qualité des écosystèmes les protège en cas de catastrophes naturelles et de chocs économiques. Dans ces pays, la gestion intégrée des nuisibles, le travail minimal du sol, l'agroforesterie, l'aquaculture, la récupération de l'eau et l'élevage intégré améliorent l'offre de services environnementaux essentiels à la durabilité des petites exploitations agricoles. La transition vers une économie verte s'accompagne d'une hausse des investissements dans les ressources naturelles qu'utilisent les pauvres pour gagner leur vie. Elle améliore les moyens d'existence dans de nombreuses régions à faible revenu. Le National Rural Employment Guarantee Act indien de 2006 en donne un exemple : ce dispositif de protection sociale et de sécurisation des moyens d'existence des pauvres ruraux investit dans la protection et la restauration du capital naturel. De même, les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle dans l'élimination de la pauvreté énergétique. Au Bangladesh, le programme "Grameen Shakti" est l'une des sociétés d'énergies renouvelables basées en zone rurale à la croissance la plus rapide. Forte du réseau de microcrédit et de l'expérience de Grameen Bank, Grameen Shakti propose différentes formules financières de crédit à des conditions favorables afin que les populations rurales puissent accéder à des kits photovoltaïques (Solar Home Systems). Fin 2009, plus de 320.000 de ces kits avaient été posés en plus des centrales au biogaz et de cuisines améliorées. Les conditions favorables à la transition vers une économie verte sont connues et incombent en majeure partie aux gouvernements : mettre en place des cadres réglementaires solides, accorder la priorité aux investissements publics dans les domaines qui favorisent la conversion écologique des secteurs économiques, limiter les dépenses dans les domaines qui épuisent le capital naturel, recourir à la fiscalité et aux instruments économiques pour modifier les préférences des consommateurs, investir dans le renforcement des capacités et la formation et renforcer la gouvernance internationale.

 

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Le PNUE publie un nouveau rapport sur l’économie verte
Source, journal ou site Internet : actu-environnement
Date : 21 février 2011
Auteur : Agnès Sinaï

05/02/2011

Regard sur la Chine

Joyeux têt du 3 février, fin du Tigre; mais le rebond d'un Lapin, voire du Chat...

 

Forces et faiblesses de la Chine à l'occasion de la célébration du nouvel An chinois...

 

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1. La démographie, la population vieillit
Le premier péril qui guette la Chine : si, aujourd’hui, plus de 70% de la population chinoise est en âge de travailler (sur 1, 3 milliards d’habitants) cette situation ne va pas durer. La baisse de la fécondité renforcée par la politique de l’enfant unique et le vieillissement de la population vont bouleverser les données démographiques du pays et forcément son modèle économique basé sur une main-d’oeuvre nombreuse et bon marché. Ainsi, dès 2050, la Chine comptera 70 millions d’actifs de moins qu’aujourd’hui.


2. Un modèle économique dépassé
Ce vieillissement accéléré pousse la Chine à envisager dès aujourd’hui le passage à un nouveau modèle économique qui pourrait la pousser à abandonner progressivement les activités à faible valeur ajoutée et à chercher à améliorer sa productivité. D’autant que la raréfaction de la main-d’oeuvre risque d’entraîner des tensions sur le montant des rémunérations.


3. Un modèle politique pas si solide
Trois dangers, au moins, menacent le système politique chinois. Le premier pourrait surgir dans l’avenir avec le développement d’une classe moyenne de plus en plus nombreuse. Or, l’histoire nous a montré que les classes moyennes s’accommodent mal des pouvoirs despotiques. Le second réside dans les divisions qui traversent aujourd’hui le Parti communiste chinois, un conflit larvé opposant notamment les tenants d’une plus grande ouverture du régime et les partisans du statu quo.


4. Une situation sociale instable
C’est là le troisième danger majeur. Depuis plusieurs années des émeutes se multiplient dans les campagnes chinoises alimentées par les formidables inégalités qui caractérisent le pays. Si les urbains disposent en moyenne d’un revenu annuel de 1 715 euros, les ruraux eux ne disposent que de… 515 euros annuels. De quoi nourrir un vrai ressentiment social par ailleurs alimenté par une corruption endémique, voire par des aspirations nationalistes (Tibet, Xinjiang). Ce n’est pas un hasard si Pékin censure depuis une semaine toutes informations venant d’Egypte.


5. Un système bancaire malade
Un indicateur suffit à s’en convaincre, les banques chinoises détiendraient dans leurs comptes près de 50% de créances douteuses liées à des entreprises ou à des particuliers.


6. Une pollution galopante
Un autre chiffre pour nourrir la réflexion, selon la Banque Mondiale, 700 000 personnes meurent chaque année en Chine du fait de la pollution.

 

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7. L’armée, une puissance discutable
Sur le papier l’armée chinoise, forte de ses 2,3 millions d’hommes (2006), est la première du monde.
Officiellement, le budget, en hausse constante depuis une décennie, atteignait en 2010 un montant de 57 milliards d’euros, en hausse de 7, 5 % par rapport à l’année précédente. Des chiffres qu’il conviendrait de multiplier par trois ou quatre pour approcher de la réalité. Pour autant, la Chine est encore loin de rivaliser avec son rival américain. Ainsi, en 2010, le budget militaire des Etats-Unis flirtait avec les 663,7 milliards de dollars.
N’empêche que le pays du milieu a bien l’intention de se déployer dans des zones où il n’était pas présent comme la mer de Chine méridionale, ou encore la mer du Japon.

 

La Chine fête son nouvel An et sa nouvelle puissance mondiale
Source, journal ou site Internet : le Progrès
Date : 4 février 2011
Auteur : RR

13/01/2011

Humanité: Bientôt 7 milliards.... et moi, et moi...!

Sept milliards… A en croire les démographes, l’humanité passera dans le courant de l’année le cap des sept milliards de personnes. Pour donner la mesure de ce chiffre, la revue National Geographic affirme sur son site Internet qu’il faut 200 ans pour compter à haute voix jusqu’à sept milliards. Autant dire qu’une vie d’homme, et même deux, n’y suffirait pas.

Questions: - A ce train là, y aura t-il assez pour nourrir tout ce joli monde sur notre planète?

- Certains pays évolués (Allemagne...) ne subiraient-ils pas des chocs                              Eco-démographique?

 

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L’événement est d’autant plus marquant que l’humanité a passé de six à sept milliards en un temps record.
Alors que notre espèce, l’Homo sapiens, a attendu de 100000 à 200000 ans pour gagner (autour de 1800) son premier milliard, il ne lui a fallu que douze ans pour obtenir ce septième milliard-là. Autre indice de cette folle accélération: entre le dernier âge glaciaire et la Renaissance, la population mondiale aurait doublé en moyenne tous les seize à dix-sept siècles. Or, elle est passée de 2,3 à 7 milliards de 1941 à 2011. Ce qui signifie que – expérience unique dans l’histoire humaine – un homme âgé aujourd’hui de 70 ans a connu… son triplement. L’essentiel est ailleurs pourtant. Il réside dans la confirmation d’une décélération de la croissance démographique humaine. «Ce septième milliard a été gagné, comme le sixième, en douze ans, explique Gilles Pison, directeur de recherche à l’INED.

 

Les années 1999 à 2011 ont connu par conséquent une augmentation d’un sixième «seulement» de la population mondiale contre une augmentation d’un cinquième pour les années 1987 à 1999.» L’explosion actuelle de la population mondiale comme la stabilisation qui se dessine sur le long terme corroborent la théorie dite de la «transition démographique»
émise en 1929 par l’Américain Warren Thompson. D’abord boudée parce que trop étrangère à l’air du temps, cette thèse a été adoptée par l’Organisation des Nations unies aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale avant d’être confirmée année après année sur le terrain. Selon Warren Thompson, la modernité bouleverse l’équation démographique. Enrichissement, progrès techniques et évolution des moeurs entraînent le passage d’un état de mortalité et de natalité élevées à un état de mortalité et de natalité basses.

 

Ce mouvement n’est pas uniforme cependant: le taux de mortalité fléchit avant le taux de fécondité, d’où une explosion de la population au cours d’une période transitoire. La transition démographique est pratiquement achevée aujourd’hui dans les pays industrialisés. L’espérance de vie y a augmenté de 35 ans au début du XIXe siècle à 77 ans aujourd’hui. Et le taux de fécondité est passé de 5 ou 6 enfants à moins de 2,1 enfants par femme, ce qui représente le nombre nécessaire au renouvellement naturel (sans immigration) d’une population. Si le schéma général est partout semblable, son déroulement diffère dans les détails. Ainsi, rappelle Gilles Pison, la France a vu son taux de fécondité baisser en même temps que son taux de mortalité, ce qui a eu pour effet une faible augmentation de sa population au cours du XIXe siècle. La Grande-Bretagne a connu en revanche une baisse plus tardive du taux de fécondité, d’où un excédent important des naissances sur les décès pendant tout le XIXe siècle et une hausse spectaculaire de sa population depuis le début de la révolution industrielle. Alors qu’elle comptait trois fois moins d’habitants que la France en 1800, elle en possède autant désormais. Les pays en développement connaissent actuellement la même transition démographique que les pays industrialisés mais sur un rythme beaucoup plus rapide. Ayant bénéficié d’un seul coup des progrès médicaux réalisés durant une longue période par le monde développé, ils ont vu leur taux de mortalité chuter à une vitesse sans précédent. En un peu plus d’un demi-siècle, l’espérance de vie est passée de 38 à 64 ans en Inde et de 41 à 73 ans en Chine. De manière plus surprenante, le taux de fécondité des pays en développement se retrouve également en baisse rapide. Les obstacles culturels censés retarder durablement le mouvement ont beaucoup moins bien résisté que prévu aux politiques de dénatalité et aux aspirations nouvelles des individus (désir des femmes de ne plus se limiter au rôle de mère, souhait des couples de donner une instruction solide à chacun de leurs enfants, etc.).

 

Résultat: si le taux de fécondité reste très élevé en Afrique subsaharienne, dans certains pays du Moyen-Orient et dans le nord du souscontinent Indien, il s’est réduit de manière drastique en Extrême-Orient, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Parmi les exemples les plus remarquables figurent la Chine, où les femmes ont quatre fois moins d’enfants qu’en 1965, et l’Iran, où elles en ont trois fois moins qu’au début des années 1980. La décélération de la croissance mondiale possède des bases trop solides pour ne pas se poursuivre. Les démographes prévoient ainsi que la population mondiale gagnera son huitième milliard en treize ans (comme le cinquième) et son neuvième milliard en plus de vingt ans, avant de se stabiliser d’ici au milieu du siècle.


Après, différents scénarios redeviennent possibles mais l’explosion démographique qu’aura connue l’humanité de 1800 à 2100 devrait rester à jamais unique: la population mondiale aura de la peine à décupler une deuxième fois…

Par AL de Bx

Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /2011 13:09

10:22 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : démographie, économie, émergents, libéralisme, humanisme, asie, afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/01/2011

La mondialisation a du bon pour les émergents, aux autres de s'adapter, d'innover pour exister, ou alors décroître.

La forte croissance des pays émergents tire vers le haut les prix des matières premières et des carburants. Ce sont désormais eux qui dictent le rythme de l’économie mondiale. Et l’Europe, entre austérité et chômage, a du mal à suivre. Alors que les économies occidentales sont à la traîne, la Chine, l’Inde et le Brésil accélèrent le pas. Aujourd’hui ce sont les pays émergents qui donnent le rythme de l’économie mondiale et déterminent les prix.

 

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Résultat : une tendance générale à la flambée des prix, au plus mauvais moment pour les économies des pays riches, qui risquent ainsi d’avoir à supporter le double fardeau d’un développement anémique et d’une inflation galopante. Les prix des matières premières – du coton au caoutchouc en passant par le sucre – ne cesse de grimper depuis des mois. Et maintenant que flambent aussi les cours du pétrole – roi des matières premières car c’est celle qui a l’impact le plus direct sur l’économie – on tire la sonnette d’alame.


Le baril de brut ne cesse de grimper
Aux Etats-Unis, le brut atteint presque les 90 dollars le baril et il frôle les 95 dollars en Europe, soit plus de 15 dollars de plus en un an. Il approche dangereusement les 100 dollars, chiffre considéré par beaucoup comme un seuil psychologique au delà duquel s’amorcerait le cercle vicieux de la spéculation financière, aujourd’hui particulièrement riche en munitions grâce aux abondantes liquidités mises à disposition par les banques centrales. Comme en 2008, quand le prix du baril avait atteint 140 dollars. ıı L’AIE, l'Agence internationale de l’Energie de l'OCDE, l'organisation des pays riches, est consciente que cette nouvelle flambée des cours du pétrole a déjà de lourdes conséquences sur les économies les plus développées. La facture pétrolière que les 34 pays de l’OCDE payent aux pays exportateurs s’est alourdie de 200 milliards de dollars en 2010, atteignant presque les 800 milliards : pour importer du brut, les pays riches ont dépensé l’année dernière un tiers de plus qu’en 2009. En effet, selon l’AIE, ils ont abandonné aux princes du pétrole, en moyenne, un demi point de PIB à une période où celui-ci éprouve les plus grandes difficultés à progresser. Si cette course continue, les pays de l'OCDE vont se retrouver devant le gouffre de la récession.


"La facture des importations pétrolières devient une menace pour la reprise économique", avertit le docteur Fatih Birol, chef économiste à L’AIE. C’est le message adressé à l’OPEC, l’organisation des pays exportateurs de pétrole qui, ces dernières semaines, a rejeté tous les appels à une augmentation de la production.

 

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Augmentation du prix de l'essence, de la viande du pain, des jeans
Si la question du pétrole a jeté une ombre inquiétante sur l’économie des prochaines années, la flambée du brut ne représente cependant, dans l’immédiat, que le plus gros nuage à l’horizon. Presque toutes les matières premières sont en train de grimper, à commencer par les denrées alimentaires de base. Une nouvelle crise alimentaire, comme celle de 2007-2008 n’est pas tout de suite à redouter car les stocks sont relativement abondants, mais les effets sur les prix se font déjà sentir. L’indice des prix alimentaires de la
FAO a augmenté de 4,2% en un seul mois, entre novembre et décembre 2010. Il est d’ores et déjà à un niveau plus élevé qu’en 2008, poussé par la flambée des prix du blé, du sucre et de la viande. Le prix du coton, lui aussi, a atteint un niveau record. Ce qui est en train de se produire sur les marchés mondiaux préfigure donc une année 2011 dure et difficile pour les consommateurs, en Occident surtout. En cette période où le chômage est élevé et où les revenus stagnent, les augmentations vont pleuvoir : l’essence à la pompe sera plus chère, mais aussi le gaz (dont le prix en Europe est indexé sur celui du pétrole). Les grands distributeurs annoncent déjà aux détaillants que les prix de presque tous les produits courants – viande, pain ou jeans – vont, eux aussi, augmenter. Ce qui compliquera non seulement les budgets des familles, mais aussi ceux des Etats.


Les Européens risquent de perdre leur chemise en 2011
Une flambée des prix a forcément pour corollaire une reprise de l’inflation. En décembre, dans la zone euro, les prix ont augmenté de 2,2% par rapport à l’année précédente. Bien plus que ce qui était initialement attendu, et surtout au-dessus du seuil des 2% que la Banque centrale européenne voudrait maintenir. De fait, dans un contexte différent, la BCE aurait déjà relevé les taux d’intérêt, afin de contenir les prix.


Si elle ne l’a pas encore fait, c’est pour ne pas étrangler la reprise (très faible, sauf en Allemagne) et, plus probablement encore, parce qu’une augmentation des taux d’intérêt rendrait le financement de la dette publique des pays faibles de la zone euro – Grèce, Espagne, Belgique ou Italie – encore plus difficile et plus coûteux. Cependant, si l’inflation ne s’arrête pas, les Allemands demanderont avec force à la Banque centrale un relèvement des taux d’intérêt. Aussi les Européens risquent-ils fort de perdre leur chemise en 2011, l'Europe étant au bord d’une nouvelle crise financière et politique.

 

Mondialisation : la revanche des pays émergents
Source, journal ou site Internet : La Républica
Date : 6 janvier 2011
Auteur : Maurizio Ricci

10:57 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : croissance, bric, émergents, économie, inflation, europe, mondialisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/12/2010

De l'américanisme au sinoisme! La Chine achèterait-elle des parties du Monde ??

L'Empire du Milieu voudrait racheter plusieurs milliards d'euros de dettes portugaises. Lentement, mais sûrement, la Chine «tisse sa toile» en Europe. Selon le journaliste Jean-Louis Denier, l'état asiatique souhaiterait éviter tout protectionnisme de la part des Européens et développer une zone d'influence politico-financière.

 

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La longue liste des « emplettes » chinoises en Europe

Selon un quotidien portugais - le Journal de Negocios - la Chine s’apprêterait à racheter plusieurs milliards d’euros de dettes portugaises. Cette opération prendrait la forme d’une acquisition massive d’obligations d’Etat lusitaniennes et se déroulerait lors du premier semestre de l’année 2011.


Habituellement, les commentaires et considérations d’usage ne rendent compte de ce type de décision que sous un seul angle, celui de l’économie. Ils considèrent - et ils n’ont pas tort - que Pékin poursuit principalement trois objectifs en soutenant les pays de la zone euro :


1° Préserver la situation financière (le pouvoir d’achat) d’un ensemble géographique et économique qui est le premier débouché des exportations chinoises dans le monde et le second partenaire commercial de la Chine après les USA.


2° Rallier l’Union européenne à la cause du Yuan et obtenir d’elle une attitude bienveillante permettant à la Chine de continuer à sous-évaluer sa monnaie et donc de continuer à exporter massivement.


3° Diversifier les placements chinois (1900 milliards d’euros de réserves de change) en achetant de plus en plus d’avoirs libellés en euros et de moins en moins d’avoirs libellés en dollars.


Même exacte, cette vision des choses est partielle et néglige une autre approche, celle qui, géopolitique, rend compte d’intentions chinoises qui ne sont pas uniquement économiques ou qui intègrent le facteur économique dans une stratégie globale et internationale d’Etat où l’économie est la continuation de la politique par d’autres moyens. Cette instrumentalisation de l’économie la place donc sous la subordination, et de la politique, et d’un Etat, c'est-à-dire d’une puissance publique, qui poursuit des buts et visées « impériales », non seulement concurrentes - mais déjà antagonistes - de celles d’un autre « imperium » ... celui des Etats-Unis. De la sorte, elle présente une particularité : elle constitue un contre-exemple parfait de la théorie libérale qui prétend exonérer l’économie de l’emprise décisionnelle de la politique. Par ailleurs, elle rappelle aux optimistes béats de la sinophilie à tout crin que le libre-échangisme chinois a pour cadre un régime autoritaire qui, de son point de vue, présentent deux vertus dans la mesure où il n’est tributaire, ni de l’instabilité politique (car ignorant les élections libres), ni de l’impatience, ce défaut typiquement occidental...

 

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La longue liste des « emplettes » chinoises en Europe
Cela pourrait ressembler à un voyage organisé par quelque tour-operator mais de Göteborg à Varsovie, de Berlin à Athlone, du Pirée à la vallée du Douro, l’on retrouve des dirigeants chinois publics et privés (le sont-ils réellement ?) pour signer des contrats, conventions et autres accords de partenariat.


Les uns permettent le rachat de Volvo, les autres instaurent des relations privilégiées dans le domaine de la production du cuivre ou de la machine-outil, quand les troisièmes entérinent des partenariats financiers renflouant, qui des armateurs, qui des Etats recherchant aussi ardemment qu’urgemment des liquidités pour boucler leurs fins de mois. Dans tous les cas, la Chine « tisse doucement sa toile (...) », pour reprendre les termes de Wen Jiabao, premier ministre, ce dernier ayant rappelé, lors d’un voyage en Grèce en octobre de cette année, que l’Empire du Milieu voulait faire un grand effort pour soutenir les pays de la zone euro.


Soutenir ou ... contrôler ? Ce soutien n’est pas le produit d’une soudaine générosité ou d’une (improbable) conversion de Pékin à l’humanisme ou à une charité très christique à l’approche de Noël ... .

 

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La Chine veut atteindre deux objectifs en Europe:
- la création d’une vaste tête de pont économique et mercatique la protégeant de toute tentation protectionniste de la part des Européens ;
- le développement d’une zone d’influence politico-financière, l’argent chinois ayant vocation à acheter les consciences, les choix, les décisions et, en toute dernière extrémité, les dirigeants et dirigeantes eux/ellesmêmes... .


Ces objectifs font parti d’une dialectique subtile où l’économique renvoie au politique et vice et versa. Elle vise ni plus ni moins, sur le moyen et le long terme, à placer l’Europe sous (forte) influence chinoise, influence - selon la logique de Pékin - tendant à concerner, et le niveau strictement « national », et le niveau « européen », le premier étant traité à coup de partenariats économiques divers, le second relevant du soutien chinois apporté à l’euro, soutien qui va devenir de plus en plus évident et officiel afin de protéger la devise des assaut spéculatifs.

 

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Un but final : rompre le lien Europe-USA
Au lendemain de la seconde guerre mondiale, et sans doute autant que le Pacte Atlantique, le plan Marshall permit aux USA de transformer une partie non négligeable de l’Europe en protectorat. Ceci fut rendu possible parce qu’à l’époque les États-Unis possédaient une monnaie qui s’appuyait sur la détention, par eux, de l’essentiel des réserves d’or de la planète.Sans disserter longuement sur la nature de ce protectorat, rappelons simplement qu’il fut politique (la fameuse « solidarité atlantique ») mais également ... culturel.


Les USA veillèrent bien, à coup de films notamment, à exporter les valeurs et emblèmes de l’« american way of life » afin de séduire et modeler les esprits européens. Au jour d’aujourd’hui, les USA tentent de maintenir, vaille que vaille, ce protectorat mais en changeant sa nature toutefois. Il devient essentiellement militaire - l’OTAN en étant la représentation la plus emblématique en Afghanistan ou, peut-être bientôt, dans les cieux, si le bouclier antimissile ou si l’avion de combat F.35 se concrétisent matériellement - et se fonde, non sur le financement mais sur la collaboration et la mutualisation des moyens. Les USA, en effet, n’ont plus les moyens de payer ... . C’est sur cet état de fait que comptent les Chinois. La crise est pain béni pour Pékin. Les difficultés de la zone euro offrent, et comme jamais, la possibilité de racheter, et progressivement, et à vil prix au fur et à mesure que le temps passera, des pans entiers de l’économie européenne, qu’elle soit « réelle » ou « virtuelle » ... c'est-à-dire financière. Et, en bons marxistes qu’ils ont été, les dirigeants chinois savent très bien que la souveraineté politique est toujours conditionnée par la souveraineté économique et financière, celui qui paye, et beaucoup, étant (toujours) celui qui commande ... . De la sorte, et en plaçant sous sa coupe l’économie européenne, Pékin entend placer le continent dans sa sphère d’influence afin de distendre, d’abord, de rompre, ensuite, la solidarité atlantique, ciment principal de l’unité occidentale c'est-àdire du couple Europe/USA.

 

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La guerre « hors limites »
Cette vaste entreprise dépasse donc, et de loin, la sphère économique. Elle illustre une logique stratégique chinoise formalisée dans un ouvrage des colonels Qiao Liang, et Wang Xiangsui, : « La Guerre hors limites », Payot et Rivages, 2003. Ce traité énonce sans détour, et avec une franchise pour le moins étonnante, la pensée géopolitique et géostratégique de la Chine d’aujourd’hui. Il souligne que, pour elle, tous les domaines - dont ceux de l’économie, de la finance, de l’information, de la culture, etc. - peuvent devenir, ou champ de bataille, ou système d’arme, ou les deux à la fois, l’action militaire n’ayant vocation ni à l’exclusivité ni à la totalité de l’expression de la puissance armée de l’Etat ... chinois. Dans cette optique, il faut donc considérer la stratégie chinoise en Europe pour ce qu’elle est, c’est à dire un acte de guerre (non militaire donc hors limite) dirigée contre les USA, et ce, à un moment et dans un domaine où, pour la première fois de leur histoire, et pour raison de surendettement, les USA n’ont sans doute plus la maîtrise de leur destin faute d’avoir encore celle de leurs moyens. Enjeu de conflictualité, l’Europe a peut-être une carte à jouer en rusant avec l'un et l'autres des Empires pour finalement tirer les marrons du feu.
Le veut-elle ? Le peut-elle ... dans le mental de ses dirigeants ?

 

Pourquoi la Chine veut-elle racheter l’Europe ?
Source, journal ou site Internet : Tribune Marianne
Date : 26 décembre 2010
Auteur : Jean-Louis Denier

Par AL de Bx

Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /2010 11:58

10:54 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chine, europe, euro, finance, politique, économie, portugal, dette, yuan, ue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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