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09/04/2011

Les verts et l'Etat, biensûr! Investissements privés et épargne pourquoi pas, tenez!!!

Afin que le secteur privé prenne le relais des investissements verts publics, le CEDD a rendu un rapport préconisant la prise compte des ressources et du long terme dans les investissements et la généralisation des règles de l'ISR.

À l'occasion de la semaine du développement durable, un rapport sur le financement de la croissance verte a été remis à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie. Rédigé par les 25 économistes composant le Conseil économique pour le développement durable (CEDD), le document de 120 pages propose des pistes pour financer les investissements verts. Le recours au financement privé et la mobilisation de l'épargne des Français sont les deux axes majeurs défendus par le rapport.

 

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Ringardiser le court terme
Le ministre souhaite "mettre un accent particulier sur le financement" car si le Grenelle dispose "de moyens financiers sanctuarisés", les investissements publics n'ont pas vocation à se répéter. En effet, l'Etat à levé 10 milliards d'euros pour le développement durable via le grand emprunt finançant le programme d'investissement d'avenir, mais "il n'y aura pas de grand emprunt tous les trois ans", prévient Nathalie Kosciusko-Morizet qui juge que 2011 "doit être l'année pour avancer sur les financements innovants" afin que le secteur privé prenne le relais. Pour Dominique Bureau, délégué général du Conseil économique du développement durable, le rapport répond à une question simple : "comment financer le développement durable au-delà de l'amorçage ?" À cette question, la ministre, faisant référence à l'obsolescence programmée des produits de grande consommation, répond que "le jetable comme le court terme [dans le domaine de la finance] doivent devenir ringards."

 



Partager les risques entre le privé et le public
Si se détourner des indicateurs financiers de court terme est efficace, la mise en oeuvre d'une telle politique n'est pas aisée. Alain Quinet, inspecteur général des finances, explique que, depuis 200 ans, le modèle de croissance est basé sur l'utilisation du capital et du travail en s'appuyant sur des ressources considérées comme illimitées. Or, "ce n'est pas vrai", explique l'inspecteur général des finances, précisant qu'il faut tenir compte de la rareté des ressources et de la rareté des financements de court terme. Il regrette par ailleurs que "depuis quelques décennies on vit sur le court terme." Christian Gollier, professeur d'Economie, Université Toulouse I, dresse un bilan similaire et juge que nous faisons ainsi face à "une défaillance du marché" qui n'est pas capable de prendre en compte les externalitées positives comme négatives. "Prix écologique" et taxe carbone. Alors que le rapport propose de mieux prendre en compte le "prix écologique", la taxe carbone ne figure pas en tête des propositions. Interrogée sur cet aspect de la politique fiscale, la ministre a indiqué y "être très favorable" et que son instauration allait "dans le sens de l'histoire, il faudra le faire." Cependant, elle juge que cette stratégie ne suffira pas pour réduire les émissions de CO2. Face à ces difficultés, le rapport préconise trois solutions : l'instauration d'un "prix écologique" tenant compte de la consommation de ressource, une meilleure articulation entre les financements privés et publics, et le développement de l'investissement socialement responsable (ISR). Globalement, cette stratégie vise à partager le risque entre le secteur public et privé en attirant l'épargne liquide et disponible vers les investissements verts, résume Alain Quinet.


S'agissant des outils permettant de mettre en oeuvre cette stratégie, les auteurs du rapport évoquent notamment les "projects bonds", c'est-à-dire des obligations issues de projets verts, une réforme des normes prudentielles qui intègrerait les risques environnementaux et les sociétés de "tiers investisseurs" qui permettent par exemple qu'un tiers finance les travaux d'économie d'énergie lorsque le bénéficiaire n'en a pas la capacité.

 

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Mobiliser l'épargne via l'ISR
Pour Christian Gollier, l'une des pistes est l'implication des citoyens, en tant qu'épargnants, en renforçant les systèmes de gestion ISR. Pour l'instant l'investissement ISR "reste marginal", regrette l'économiste qui juge qu'une des limites actuelles est la faiblesse de la notation extra financière. Pour cela, il propose donc de "rendre plus crédible les agences de notation." Par ailleurs, au-delà de l'ISR, il préconise de "mieux préciser les modes d'allocation des fonds financiers", là aussi pour incorporer une vision à long terme. La ministre appelle elle aussi à une refonte de la boite à outils financière et saisit l'opportunité pour lancer une pique à la direction générale du Trésor qui, en décembre 2010, avaient publié un "rapport anonyme" expliquant que le Grenelle aura un impact négatif sur le PIB et l'emploi. "On ne peut pas analyser le Grenelle avec les outils classiques" a expliqué Nathalie Kosciusko-Morizet en écho à l'appel des économistes du CEDD en faveur d'une meilleure incorporation des bénéfices à long terme dans l'évaluation financière des investissements.


Enfin, s'agissant de l'horizon de mise en oeuvre des propositions du rapport, Dominique Bureau a jugé qu'"il n'y a pas de raison de traîner", même si "cela ne se fera pas en un jour."

 

En particulier il considère que la mise en place de certaines mesures peut aller très vite, à l'image du développement de l'ISR.

 

Investissements verts : un rapport du CEDD propose d’impliquer le secteur privé et les épargnants
Source, journal ou site Internet : actu environnement
Date : 6 avril 2011
Auteur : Philippe Collet

23:04 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : écologie, économie, privé, public, cedd, épargne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/03/2011

Europe de l'Est - Euro - Pacte économique?

A Bruxelles, les Vingt-Sept ont adopté le Pacte pour l’Euro censé agir comme une garantie collective pour la monnaie unique. Plusieurs pays qui ne sont pas membres de la zone euro ont adhéré à ce pacte. Reste donc à Bruxelles de trouver le courage et les moyens de le mettre en oeuvre, estime un ancien diplomate roumain.

 

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Le "Pacte pour l'euro, la garantie collective pour la stabilité de la zone euro approuvé lors du Conseil européen des 24-25 mars, est la concrétisation longuement attendue des discussions commencées en 2008 et menées tout au long de la crise financière et économique mondiale. La Commission, le Parlement et les Etats membres doivent encore élaborer un plan pluriannuel de réduction des déficits nationaux, et il est nécessaire de l’accompagner par des réformes structurelles qui favorisent la croissance économique. Le Pacte et le Fonds européen de stabilisation financière, qui ont été au centre des discussions, sont interdépendants. C’est peut-être pour cette raison que neuf Etats membres (non-euro pour la plupart) ont envoyé une lettre conjointe aux présidents [du Conseil] Herman Van Rompuy et [de la Commission européenne], José manuel Barroso appelant l'UE à explorer et à indiquer des nouvelles directions de développement durable pour l’après-crise.


Ils affirment qu’à l’ère de la mondialisation, leur intérêt reste concentré sur les questions de compétitivité, mais demandent aussi que les institutions européennes tiennent compte des spécificités des Vingt-Sept. Le paquet de mesures économiques discuté à Bruxelles a fait l’objet d’un intense débat également au sein des Etats membres d’Europe centrale et orientale. Les dirigeants roumains et bulgares ont justifié l’association au pacte de l'euro par leur volonté d’adhérer à la zone euro. De son côté, le Premier ministre hongrois, Viktor
Orbán, en plaidant pour le maintien de la Hongrie à l'écart du pacte, a expliqué qu'il devait avant tout consulter l'opposition. En République tchèque, le choix du gouvernement de ne pas adhérer à ce pacte, par crainte d'éventuelles conséquences financières et économiques, a quant à lui été critiqué par l'opposition. Cette dernière estime que Prague s’exclut ainsi du processus relatif à l’avenir de l’Union Les conclusions du Conseil montrent que l’accent mis sur la compétitivité et la convergence devraient revitaliser l'"économie sociale de marché" de l'UE. Un engagement qui va de pair avec la promesse d’impliquer tous les partenaires sociaux dans l’élaboration et le soutien aux réformes structurelles qui permettront d’atteindre cet objectif.


Conseil européen Berlin dicte sa loi
"Rien de nouveau sous le soleil" : ainsi l’éditorialiste Joaquín Estefanía synthétise dans El País le résultat du Conseil européen des 24 et 25 mars, à Bruxelles. En matière économique, il se résume à l’attendu pacte pour l'euro, qui remplace le pacte pour la compétitivité et vient s’ajouter au pacte de stabilité et de croissance.


L’Europe économique et ses "avancées timides, fondées plûtot sur le contrôle des dépenses que sur l’harmonisation des recettes publiques, obéissent à la logique allemande", écrit Estefanía. Ce dernier explique que les 17 pays de l´euro pour lesquels "l’architecture du gouvernement économique est obligatoire" ont été rejoints volontairement par six autres pays : la Pologne, le Danemark, la Bulgarie, la Roumanie et la Lettonie. "Berlin a ouvert à nouveau une sorte de 'Checkpoint Charlie' pour que circulent dans une seule direction, d’une zone à l’autre, ceux qui pretendent travailler avec la monnaie unique et les régles du marché du travail et financières imposées par le pays le plus puissant (et le plus dynamique) du Vieux continent". Les mesures sur la gouvernance économique "sont largement élaborées pour fournir à la chancelière allemande Angela Merkel une couverture politique afin d’augmenter le soutien financier de son pays au Fonds européen de stabilisation financière", analyse pour sa part The Irish Times.

 

Pacte pour l’Euro : inutile pour l’Europe de l’Est ?
Source, journal ou site Internet : Adevarul
Date : 28 mars 2011
Auteur : Vasile Puscas

10:04 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe centrale, europe, euro, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/03/2011

Les idées économiques de nos "eurocrates"

Les dirigeants de la zone euro ont décidé dans la nuit de vendredi à samedi d'augmenter à 440 milliards d'euros les ressources effectives de leur Fonds de secours financier, dans l'espoir de rassurer des marchés de nouveau préoccupés par l'Union monétaire. Le mécanisme permanent de crise qui lui succèdera à partir de mi-2013 sera doté en ce qui le concerne de 500 milliards d'euros, a annoncé le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy à l'issue d'un sommet extraordinaire à Bruxelles.

 

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"Concernant le volume, nous allons nous assurer que les montants soient pleinement disponibles, à savoir 440 milliards d'euros pour la Facilité (le Fonds de secours temporaire actuel, ndlr) et 500 milliards pour le mécanisme" permanent de crise

 

, a-t-il dit à la presse. Ce Fonds temporaire, mis en place l'an dernier au plus fort de la crise grecque, est déjà sur le papier doté de 440 milliards d'euros de garanties pour des prêts apportés par les différents Etats de l'Union. Mais dans les faits il ne peut prêter que 250 milliards d'euros car il doit conserver le reste en réserve, afin de pouvoir bénéficier des taux d'intérêt les plus avantageux sur les marchés financiers lorsqu'il lève des fonds. Autre nouveauté: les responsables ont décidé également d'élargir la palette d'outils des deux dispositifs d'aide, en leur permettant d'acheter directement de la dette publique émise par les Etats. Ce qui constituera une mini-révolution. En revanche, il n'est pas prévu, à ce stade en tout cas, qu'il le fasse sur le marché secondaire, c'est à dire lorsque les titres obligataires sont négociés entre investisseurs après les premiers achats lors de l'émission. Toutes ces mesures sont censées rassurer les marchés financiers à l'ouverture lundi, alors qu'ils s'inquiètent de nouveau de la santé de l'Union monétaire. Ils se demandent si la Grèce pourra un jour rembourser toutes ses dettes, et si le Portugal, voire l'Espagne, ne vont pas être les prochains pays à devoir faire appel à l'aide internationale. Pas de baisse des taux d'intérêts irlandais Les dirigeants européens ont accepté de faire un geste à l'égard de la Grèce, en réduisant de 5,2% en moyenne à 4,2% le taux d'intérêt des prêts européens accordés à Athènes dans le cadre du plan de sauvetage international et en allongeant de trois ans à sept ans et demi les délais de remboursement du pays.

 

"Nous avons décidé d'aligner les taux d'intérêt de prêt des deux mécanismes, avant 2013 et après 2013 sur ceux du FMI. En conséquence de quoi, et compte tenu des engagements pris par la Grèce et de la mise en oeuvre excellente de son programme, nous avons pris la décision de réduire de 100 points de base (1%, ndlr) les prêts à la Grèce, et d'allonger la maturité de ces prêts à 7 ans et demi"

 

, a dit le président français Nicolas Sarkozy.

 

En revanche, l'Irlande, qui espérait obtenir une baisse similaire de son taux d'intérêt qu'elle juge excessif, est repartie bredouille de Bruxelles. Dublin a refusé d'augmenter sa fiscalité sur les bénéfices des entreprises, comme le lui demandaient plusieurs pays. Ces avancées ont été rendues possibles par un accord de principe trouvé en parallèle sur un "pacte pour l'euro", exigé par l'Allemagne. Il prévoit que les pays de l'Union monétaire vont renforcer leur compétitivité en réformant leurs économies, en s'engageant à limiter déficits et dette et en prônant la modération salariale dans le secteur public.

11:56 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, europe, économie, monnaie, grèce, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/03/2011

Jean Yves Naudet et l' ultralibéralisme de la CdC!

Chaque année le rapport de la Cour des comptes est attendu avec curiosité, car la Cour pointe du doigt diverses dérives de nos administrations. Mais une fois le rapport publié, avec son cortège d’histoires croustillantes mais révoltantes, rien ne change dans la routine de nos pouvoirs publics – qui formulent quelques vagues promesses de vigilance accrue et de rigueur retrouvée. Mais à force d’épingler quelques dérives ponctuelles, on en oublie que c’est l’ensemble des dépenses publiques et des déficits qui est en cause, et dérive dangereusement. Cette année, la Cour des comptes va bien plus loin, et souligne que la croissance des dépenses est toujours trop forte, et ne permettra pas d’atteindre les objectifs de réduction des déficits officiellement affichés.

 

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Un musée virtuel à 12 000 euros par objet présenté !

Commençons par l’exercice habituel : quelques dérapages spectaculaires, voire scandaleux, relevés par la Cour. Dans ce registre, on admirera le musée du sport virtuel. Il a rassemblé une collection de 600 000 pièces, mais ce musée n’existe pas ! Il n’a pas de galerie permanente, on ne peut accéder à la collection. Un musée imaginaire, qui présente maintenant dans des locaux loués par le ministère des sports, 350 objets (0,05% de la collection), espace qui a coûté…12 000 euros par objet présenté, avec une moyenne de…50 visiteurs par jour. Voilà l’argent des impôts bien utilisé.


J’espère en revanche que vous allez aimer la banane antillaise. Les aides agricoles s’élèvent à 15 000 euros par hectare pour les planteurs des Antilles, soit trente fois plus que la moyenne des aides par hectare (pourtant bien coûteuses) reçues en métropole. Pour sauver les emplois ? Pas du tout, l’emploi a reculé de 38% en Martinique et de 47% en Guadeloupe dans ce secteur. Le pesticide toxique utilisé a entraîné en outre la fermeture de la moitié des exploitations aquacoles. Cette habile aide à l’agriculture fait que les Antilles importent cinq fois plus de produits agricoles qu’elles n’en exportent. Voilà qui est efficace.


L’argent jeté par les fenêtres

Mais d’autres dépenses publiques sont sûrement plus utiles. Prenez par exemple les aides à l’exportation : a priori voici de quoi dynamiser notre économie et nos emplois. Mais l’aide est dispensée à travers trois organismes dont les interventions ne sont pas coordonnées. Ubifrance aide les entreprises. Mais la Coface aussi joue un rôle. Et Oséo met aussi son grain de sel. Mais qui fait quoi ? Le résultat le plus clair, c’est que toutes ces aides permettent essentiellement à des entreprises d’exporter…une seule fois. C’est sans doute ce qu’on appelle le développement durable. Il est vrai que ces aides ne coûtent que 500 millions. Une misère. De plus une partie de l’aide est une incitation à délocaliser. Mais était-ce l’effet recherché ?


Qu’on se rassure, il y a aussi d’heureux bénéficiaires. Les 7200 ouvriers d’Etat des parcs et ateliers posent des glissières de sécurité ou font des marquages au sol. Très bien. Peu importe que le tiers ait été recruté sans contrat en bonne et due forme, et que le ministère ait ignoré leur nombre jusqu’à l’an dernier. Ce qui fait plaisir, c’est que ces ouvriers d’Etat reçoivent une retraite supérieure de 30% à celle d’un fonctionnaire de même grade. Il y en a aussi 800 qui sont rattachés à la DGAC (Direction générale de l’aviation civile). Leurs effectifs ont diminué de 4%, tandis qu’en trois ans leur masse salariale était augmentée de 29%. Cela permet à ces ouvriers de gagner au bout de 20 ans 3 600 euros, plus 20% pour les chefs d’équipe (une équipe, c’est deux personnes ! Dur encadrement). Leur retraite est sympathique et conduit la caisse qui la sert à être en déficit de 75% seulement... Le déficit sera compensé par l’Etat : de quoi faire plaisir aux contribuables de base.


Mais il y a heureusement les énergies de demain, sur lesquelles reposent tous nos espoirs. Le financement des « énergies vertes » est assuré par la CSPE (Contribution au service public de l’électricité), que vous payez avec votre facture EDF. A peine 1,7 milliard d’euros pour cette mini-taxe. La Cour regrette vivement que le taux et les conditions de ce prélèvement ne soient pas autorisés par le Parlement. Mais est-elle bien raisonnable ? Faut-il demander l’avis des parlementaires, au lieu de laisser nos ministres décider seuls ? N’y a-t-il pas une Commission interministérielle de l’énergie qui a toute compétence ? La Cour dénonce le procédé, peu démocratique. Elle va même – ô scandale ! – jusqu’à s’interroger sur la pertinence de ces énergies nouvelles et à se demander si c’est bien au consommateur d’électricité de payer.


Une rigueur bien peu rigoureuse !

Voilà donc seulement quatre exemples parmi des centaines. Rappelons encore le rapport de la Cour sur la « pénibilité » du travail effectué par les grutiers du port de Marseille, dont le sort malheureux a été dénoncé dès le début par la Nouvelle Lettre.


Mais cette année la Cour des comptes n’en est pas restée là. Sans doute sa fonction n’est-elle que technique et comptable. Mais peut-être à cause de la personnalité de son président Didier Migaud (naguère député du Parti Socialiste et président de la Commission des Finances de l’Assemblée), la Cour tient des propos qui apparaissent très politiques, et du pire politique qui soit : de l’ultra-libéralisme (d’après les critères habituels). Sans doute la Cour ne va-t-elle pas jusqu’à prôner le grand soir des dépenses publiques, ni jusqu’à imaginer l’Etat minimal. Cependant, elle émet de sérieux doutes sur les orientations du gouvernement. Elle ose dire que si la France veut ramener son déficit public à 3% du PIB en 2013, elle devra prendre des mesures autrement plus sévères de réduction des dépenses publiques. Autrement dit, la « rigueur » actuelle n’a rien à voir avec une vraie rigueur. Pourtant le gouvernement a cherché à rassurer Bruxelles en annonçant 100 000 fonctionnaires de moins en trois ans, et dix milliards de hausse d’impôts. L’ennuyeux c’est que la Cour des comptes aime bien…les comptes. Il faudrait selon elle 20 milliards d’économie chaque année.


Ne voilà-t-il pas que M. Migaud, qui a du adhérer à l’aile ultralibérale du PS, déclare même qu’on « ne s’interroge pas suffisamment sur l’utilité de certaines politiques publiques ». Les dépenses publiques augmentent cette année de 1,4% (c’est ça la rigueur selon le gouvernement). C’est trop pour espérer réduire le déficit comme il le faudrait. M. Migaud ose même dire (ce qui figurera donc sûrement dans le programme électoral du candidat socialiste) qu’il faudrait geler sur au moins trois ans la valeur du point d’indice servant au calcul du salaire des fonctionnaires. François Barouin y est fortement opposé, et a critiqué Jean Claude Trichet pour avoir émis cette idée saugrenue.


Caveant consules

Les savants calculs de la loi de programmation des finances publiques prévoyaient que le déficit public qui a été de 7,7% du PIB en 2010 baisserait désormais chaque année : 6,0%, puis 4,6%, pour aboutir à 3% en 2013 (c'est-à-dire à peine dans les clous des traités européens). La Cour est formelle : on n’y arrivera pas, et de loin. D’ailleurs, selon le gouvernement lui même, en dépit de déficits courants moindres, la dette publique continuerait à progresser : 82,9% du PIB en 2010, 86,2% en 2011, 87,4% en 2012 : cette rigueur fait froid dans le dos ! Comme les déficits n’auront pas diminué suivant le schéma prévu, on sera donc au delà des 90% (60% maximum selon les traités européens).

 

L’ultralibéralisme, vous dis-je.

La Cour des comptes n’a pas vocation à définir une politique. Elle se contente de faire des calculs. Son calcul est simple : les gaspillages n’ont jamais été aussi importants, d’une part, et d’autre part, avec la soi-disant politique de rigueur actuelle, on ne réduira pas assez les déficits publics pour respecter nos engagements européens. En clair, les dépenses publiques françaises seront toujours les plus élevées du monde libre à près de 55% du PIB. M. Migaud souhaiterait qu’elles tombent à 52% environ : l’ultralibéralisme, vous dis-je : plus de 50% du PIB en dépenses publiques, et 45% en prélèvements obligatoires, effectivement !


Pour conclure, sans doute la Cour permet-elle de se rendre compte du décalage entre les discours et la réalité. Mais ni elle, ni encore moins le gouvernement, ne dit la vérité : la France bat tous les records d’étatisme. La question n’est pas de ramener, même si c’est un point important, les déficits de 7 à 3%. La question est de réduire drastiquement les dépenses publiques. Relisons l’avertissement de Turgot à Louis XVI : « Point de banqueroute, point d’emprunt, point d’augmentation d’impôts. Il n’y a qu’un moyen, c’est de réduire la dépense en dessous de la recette, et assez au dessous ». C’était en 1774 ; en 1776, Louis XVI limogeait Turgot. Treize ans plus tard, nous étions en 1789. Caveant consules !

Source Aleps: LA COUR DES COMPTES, OFFICINE ULTRALIBERALE ? de

Jean Yves Naudet
Le 1er Mars 2011

FREDERIC BASTIAT et la science économique

FREDERIC BASTIAT
1801-1850

 

La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz). Il a surtout compris la vraie nature de l’économie, qui est mutualité et harmonie. Si on y ajoute que sa verve de Landais, son art du pamphlet et son humour rendent sa lecture facile et passionnante, on comprend que l’on a affaire à un génie de tous les temps. Entre autres, Bastiat avait imaginé la création par l’Etat de la Sécurité Sociale et pronostiqué son explosion un siècle et demi avant qu’elle n’existât.

 

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La nature de l’économie : service et harmonie

Bien que Jean Baptiste Say ait déjà eu l’intelligence d’observer que les produits échangés ne sont pas seulement des biens matériels, mais aussi des services immatériels (qui représentent 70 % de nos dépenses aujourd’hui), Bastiat a eu le mérite d’aller plus loin et de comprendre que derrière les produits il y a les satisfactions qu’ils apportent. Satisfactions personnelles : les choix sont subjectifs. La valeur vient donc de l’adéquation du produit au service recherché. Mais chacun d’entre nous, pour satisfaire ses propres besoins, doit chercher à satisfaire les besoins des autres. La vie économique est donc échange mutuel : nous dépendons doublement des autres : ils concourent à nous satisfaire, mais nous devons aussi les satisfaire. La vie économique n’est donc ni conflit ni affrontement, mais complémentarité et harmonie. Voilà pourquoi il ne saurait y avoir de « crise », seulement des « Harmonies ».


Les enrayeurs : obstacles à l’échange

L’échange est perturbé par des interventions incessantes de l’Etat. Les pouvoirs publics, leur réglementation, leurs impôts empêchent la libre rencontre des services rendus. C’est en particulier ce qui se passe dans le « commerce extérieur ». Les Etats ont une tendance naturelle au protectionnisme parce qu’ils sont fascinés par la « balance », qui n’a aucun sens, car les mouvements d’entrées et de sorties de marchandises ne disent rien des satisfactions apportées grâce au commerce. Le chemin de fer diminue le prix du transport Paris Bruxelles, mais un bon droit de douane sur les choux fait que le consommateur parisien les paiera le même prix, il ne servait à rien d’inventer le chemin de fer. Comme son ami et inspirateur Richard Cobden, Bastiat sera un militant infatigable du libre échange. La signature du traité de commerce franco-anglais sera un grand succès pour ses thèses…et pour les consommateurs.


Les corporations et l’Etat

Si les enrayeurs ont le pouvoir de perturber les échanges, ils le font sous la pression des corporations. Les producteurs se liguent pour fausser la concurrence, mais ils ont besoin de l’arme de l’Etat pour y réussir durablement. Les « marchands de chandelle » démontrent aux députés qu’il faut fermer toutes les ouvertures par lesquelles le soleil pénètre dans la maison : il en va de « l’intérêt général ». L’Etat est donc soumis à la pression permanente de ses clientèles, car les hommes politiques cherchent avant tout leur élection. Ils promettent tout et son contraire, ils prennent aux uns pour donner aux autres : « L’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde croit vivre aux dépens des autres ». Bastiat a compris l’alliance naturelle entre producteurs et politiques, au détriment des consommateurs.


L’Etat et le déclin du droit

Le pouvoir de l’Etat vient de sa production de lois. L’idée d’un législateur tout-puissant, chère à Rousseau, révolte Bastiat. Car les lois se multiplient, et s’écartent de plus en plus du vrai droit, celui qui respecte la nature de l’homme. Par nature l’homme « naît propriétaire » : ce qui fait sa dignité et ce qui le motive dans ses initiatives, c’est le sentiment d’exprimer sa créativité, de signer sa vie de son œuvre. La propriété est ce qui rattache l’être humain à ses actes, c’est la traduction de la liberté et de la responsabilité personnelles.

 

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Bastiat décrit avec un réalisme (parfois même un cynisme) extraordinaire les débordements de la puissance publique. Les gouvernements ignorent jusqu’à l’existence d’un droit naturel. Or la plupart des législations sont contraires au droit. Lui-même député des Landes, il s’attirera les foudres de la droite comme de la gauche en dénonçant les abus de droit de la classe politique, et la destruction progressive des droits de propriété individuelle.

 

Source Aleps

 
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