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09/05/2011

Et si ce "Printemps Arabe" profitait à la Turquie ?

Arrêtons un temps de parler de « printemps arabe ».

 

Le Proche-Orient n'est pas Prague - il s'en faut - , nous ne sommes plus en 1968 et Issam Charaf ne s'appelle pas Alexander Dubçek.

Évoquons plutôt le spectre de cette « nouvelle guerre froide », comme l'appelle le Wall Street Journal, dont les grandes lignes se précisent et se font chaque jour plus inquiétantes.

 

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L'oeil rivé sur les revendications des masses, l'observateur en vient à ne voir que les mouvements populaires et non pas le grand duel Iran-Arabie saoudite aux enjeux aussi énormes que l'étaient ceux du conflit planétaire ayant marqué la période comprise entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'effondrement de l'Empire des glaces.

 

Depuis l'avènement en 1979, sur l'autre rive du Golfe, de la révolution islamique, le royaume wahhabite a vu se mettre en place une toile d'araignée qui doit, il faut le dire, tout autant aux circonstances qu'à l'habileté d'un adversaire convaincu d'être l'héritier de l'empire de Cyrus II. De Bagdad à Sanaa, en passant par Beyrouth, Damas et Gaza, un axe s'est formé qui permet à ses inspirateurs de rompre un isolement condamné à n'être en rien « splendide », contrairement à celui du défunt Benjamin Disraeli. À la mi-mars, le minuscule royaume de Bahreïn, en proie à une inquiétante agitation de sa majorité chiite (près de 70 pour cent de la population), voyait déferler sur son territoire chars et soldats saoudiens - quelques centaines selon la version officielle mais en réalité plusieurs milliers. Depuis, l'ordre règne à Manama au prix, dit-on, d'arrestations en masse suivies d'actes de torture et de disparitions inexpliquées d'opposants.

 

À Washington, on daigne de temps à autre esquisser un bien timide rappel de certaines règles humanitaires aussitôt noyé sous les flots de sévères condamnations des exactions en Syrie, en Libye, au Yémen. Le programme nucléaire iranien ? Momentanément oublié car, pour l'heure, la Maison-Blanche et le département d'État n'en ont que pour le grand méchant léopard perse, soupçonné de vouloir ne faire qu'une bouchée des moutons de la bergerie arabe. Or si l'avenir de la dynastie des al-Khalifa, ou encore les modestes 40 000 barils quotidiens produits par les puits du pays, n'intéressent que modérément l'administration Obama, la présence dans les eaux bahreïnies de la Ve Flotte est vitale pour la mission de l'US Navy. Et l'Arabie saoudite y trouve son compte, dont les sous-sol recèle le quart des réserves mondiales de brut. Si l'on ajoute à cela le fait que le cinquième du pétrole consommé dans le monde est acheminé à travers cette zone et qu'en l'état actuel des choses, l'effet domino est quasi garanti, on comprend combien pour l'avenir du monde est important le bras de fer actuel, comment les États-Unis, sous le fallacieux prétexte de l'avènement de la démocratie, s'y trouve aussi profondément impliqués et pourquoi ils soutiennent avec une telle ardeur leurs protégés saoudiens. Dimanche dernier, le général Hassan Firouzabadi, chef d'état-major de l'armée iranienne, a évoqué la menace de troubles intérieurs dans le royaume des Saoud en raison de l'intervention à Bahreïn, « un comportement anti-islamique », selon lui. Une publication proche d'Ahmadinejad parle de « bains de sang » à Manama et sur le Net, des blogueurs appellent à la création d'un Hezbollah local. Un tel état d'esprit fait qu'aujourd'hui, l'établissement de relations diplomatiques (1928), les visites du roi Fayçal à Téhéran et du chah à Riyad (1966) ne sont plus qu'un lointain souvenir que nul ne s'aventurerait à évoquer. Dans un tel contexte qui verrait la température de cette guerre froide monter dangereusement - ou, à tout le moins, tiédir quelque peu -, on comprend la diligence mise par Ankara à vouloir calmer le jeu. Par deux fois à la mi-mars le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a pris contact avec ses homologues iranien, Ali Akbar Salehi, et saoudien, l'émir Saoud el-Fayçal, pour les appeler à la retenue.

 

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à son tour est monté au front (sans mauvais jeu de mots) dans l'intention de prévenir tout ce qui serait susceptible de provoquer un embrasement régional. Ce n'est pas la première fois que la Turquie du Parti de la justice et du développement revendique un rôle de leader proche-oriental. Elle dispose pour cela de tous les atouts, ou presque : l'histoire, la géographie, l'économie, un islam bon teint, le poids militaire.

 

Elle vient de rappeler à l'ordre le régime de Bachar el- Assad ; elle s'est payé le luxe de tourner le dos à cette Europe qui prétendait rejeter sa candidature ; elle est davantage qu'un simple contrepoids à l'envahissante République islamique et enfin sa connaissance des lieux fait d'elle un partenaire incontournable. Le vent du changement souffle sur le Proche-Orient. Il serait turc qu'il ne faudrait pas s'en étonner. Démocratique aussi, bien sûr.

 

L’insider Turc
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 5 mai 2011
Auteur : Christian Merville

11:17 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, erdogan, arabe, printemps arabe, islamisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/01/2011

Encore un mur!! Grèce/Turquie

La clôture que la Grèce a décidé de construire à sa frontière avec la Turquie pour arrêter les migrants éloigne un peu plus Istanbul de l’UE, estime le rédacteur en chef du quotidien stambouliote Sabah.

 

http://www.lesoir-echos.com/wp-content/uploads/Mur-du-Cashemire-DR.jpghttp://tony-pictures.fr/wp-content/uploads/2010/11/banksy.jpg

 

Les premières réactions de la Turquie vis-à-vis du projet grec de dresser un mur le long d’une partie de la frontière commune ont été extrêmement prudentes et discrètes. Pourtant, nous pensons qu'il est faux de croire que cette décision relève seulement de la politique interne et de la souveraineté grecques. En effet, ce mur ou cette clôture de fils barbelés qui sera dressé le long du fleuve Maritsa [Meriç en turc] va inévitablement affecter l'image internationale de la Turquie de manière négative.

 

Le mur qui court le long de la frontière sud des Etats-Unis, dont les autorités grecques disent vouloir s’inspirer, n'a d'ailleurs absolument rien apporté au Mexique. Bien au contraire, il a placé ce pays dans une situation d'Etat paria impuissant qui tente désespérément d'exporter ses problèmes économiques et sociaux de l'autre côté de la frontière.

 

Quant aux Palestiniens, ils sont humiliés par ces murs érigés tant du côté israélien qu'égyptien qui les condamnent à vivre dans une prison à ciel ouvert.

 

http://lacurieusehistoiredumonde.l.a.pic.centerblog.net/8dc5332a.jpghttp://www.terra-economica.info/IMG/png/mapgrece.png


La frontière de l'Europe s'arrête sur les bords de la Maritsa
Le fleuve Maritsa ne délimite pas seulement notre frontière avec la Grèce, il le fait aussi avec l'Union européenne. Dans ces conditions, établir une telle clôture revient à placer entre nous et l'Union européenne des obstacles infranchissables qui renforcent le concept de zone Schengen, symbole concret d'une circulation limitée dans l'espace européen.


Vient alors s'ajouter aux difficultés de visa entre nous et l'UE, un obstacle physique supplémentaire. Ce mur n'est donc pas seulement le problème de la Grèce, mais aussi le nôtre. En outre, la construction d'une telle clôture le long de la Maritsa serait malheureusement un moyen de concrétiser la vision sarkozyste des frontières de l'Europe que le Conseil des sages, présidé par l'ancien Premier ministre espagnol Felipe González, avait pourtant démentie en expliquant dans son rapport remis en mai 2010 que ce n'est pas la géographie, comme le prétend le président français, mais bien "ses valeurs qui constituent les limites de l'Union européenne". Dresser un tel mur serait ainsi une façon de faire passer un message selon lequel la frontière de l'Europe s'arrête sur les bords de la Maritsa.

 

Turquie - Grèce : de l’autre côté du mur.
Source, journal ou site Internet : Sabah
Date : 17 janvier 2011
Auteur : Erdal Safak

10:39 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mur, europe, maritsa, turquie, grèce | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/01/2011

La parole est donnée à l'Islam: Ou va le monde musulman? Une vision pour un débat en occident.

La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance.


Après une décennie du nouveau siècle, il est temps de se poser des questions sur l’avenir. De nombreux observateurs à travers le monde se posent la question:

 

où va le monde musulman, composé de 57 pays et plus d’un milliard et demi de musulmans présents aux quatre coins de la planète?

 

Ce monde hétérogène, qui s’étend sur trois continents, semble prendre la figure du dissident face à l’Occident, dont il est proche, et échappe aux grilles de lectures classiques.

 

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Les préjugés à son égard sont tenaces, alors que l’Occident classique a été judéo-islamo-chrétien et gréco-arabe. Les citoyens occidentaux de confession musulmane sont des ponts et des traits d’union pour le vivre-ensemble qu’il faut valoriser. Des intellectuels occidentaux continuent pathologiquement et arbitrairement de faire croire que «la guerre» est à l’origine de l’irruption de l’Islam dans l’histoire et que la violence lui est consubstantielle. La propagande cherche à faire croire que les éléments incompatibles avec le progrès lui sont enracinés. Ces contre-vérités nuisent aux bonnes relations. L’Algérie est le pays pont, trait d’union entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, le plus apte à apaiser les relations internationales.

Accepter la critique
Le monde musulman apparaît comme le sous-développé politique et en même temps celui qui porte en lui une autre version de l’humain; selon les musulmans, vivante, équilibrée et résistante. Héritier d’une civilisation lumineuse, témoin d’une spiritualité vivace, il est traversé par, d’un côté, l’immobilisme et des courants rétrogrades et, de l’autre, par des mouvements de la dilution et la dépersonnalisation fascinés par l’occidentalisation. Aucun d’eux ne représente l’avenir. Nous sommes confrontés aux extrêmes. C’est un combat entre l’ouverture, la mesure et à l’opposé, la fermeture, la démesure. Nous devons nous impliquer par amour de la patrie et retrouver le goût de la culture et de la créativité.


Le monde musulman se veut la communauté du juste milieu, ni tourner le dos au monde, sous prétexte que l’Au-delà est la vraie vie, ni se laisser aliéner par lui, sous prétexte qu’il faut assouvir nos besoins illimités. L’Algérie, attachée à la notion de souveraineté, ayant payé le prix le plus lourd pour son indépendance, est un des pays ponts qui représentent la ligne médiane, même si son niveau de développement ne correspond pas encore à ses immenses potentialités.


La culture de l’Algérie, un des plus beaux pays au monde, est celle de la dignité, de l’hospitalité et de la résistance. Près de cinquante ans après l’Indépendance qui n’a pas réalisé toutes ses promesses, même si au niveau de la culture, de l’éducation et de l’enseignement elle a évolué de façon considérable du point de vue quantitatif, ces secteurs-clés nécessitent davantage de développement et n’ont pas encore atteint le niveau escompté. L’Algérie de 35 millions d’habitants dispose d’une richesse humaine de 9 millions d’élèves dans les écoles et près de 1,5 million dans les universités. Notre pays est seulement en attente d’une dynamique fondée sur le bond qualitatif, après les efforts louables d’édification. Par la culture et la maîtrise de la science, la voix de l’Algérie, forgée par l’Appel de Novembre, sera encore plus forte, aux côtés d’autres grandes nations.
Le drame sur le plan international réside dans le fait que depuis 1989, la chute du mur de Berlin, le monde musulman est dans l’oeil du cyclone, perçu comme une source de «menaces».


L’instrumentalisation de la religion, les archaïsmes conjoncturels et les dérives apportent de l’eau au moulin à cette propagande injustifiable. C’est intenable. Le monde musulman, les prochaines années, doit sortir de cette situation. D’autant que des expériences crédibles de développement sont visibles, comme en Turquie, et que des positions géostratégiques et des richesses ne sont pas un mirage comme en Algérie.


Le monde dominant, aussi puissant soit-il, est décadent. Ce qui complique la situation du monde musulman confronté ainsi à des défis internes et externes. Des médias et des courants d’opinions en Occident, mal-intentionnés, amplifient la peur pour faire diversion aux problèmes structurels de l’ordre dominant et imposent l’idée de citadelle. L’Islam joue un rôle de révélateur des impasses de notre temps.


Cependant, il nous faut accepter la critique, d’autant que l’horizon semble fermé et la démission est la conduite actuelle. L’opinion publique et des observateurs s’interrogent. Ils se demandent si le phénomène de repli est une lame de fond, ou si la raison et le progrès culturel et scientifique vont l’emporter? Mais ils oublient que le repli est le résultat des manipulations et instrumentalisations, le produit des contradictions de notre temps, une responsabilité partagée.
Le vide culturel interne, la crise de l’Ecole et les injustices, mais aussi les inégalités secrétées par les despotismes et le système mondial, la politique des deux poids, deux mesures et les dérives de la modernité consumériste qui déshumanisent, produisent tous ensemble un malaise moral, des réactions obscurantistes et de la violence sociale. Les deux mondes, Orient-Occident, tellement liés et imbriqués, doivent s’interroger sur les difficultés propres à chacun et sur les problèmes et défis de l’humanité. Nul ne pourra tout seul faire face aux incertitudes.


Au lieu de voir dans le monde musulman «le nouvel ennemi» réfractaire au progrès, il est urgent de changer, de comprendre qu’il est capable de contribuer à la recherche d’une nouvelle civilisation, comme par le passé. Il dispose de valeurs et de richesses. Le Monde arabe, figé, retrouvera son équilibre s’il sait oeuvrer, dialoguer et se faire entendre. Ni imitation d’un mauvais Occident, ni imitation d’un mauvais Orient, mais synthèse et articulation raisonnable entre authenticité et progrès, entre l’autonomie de l’individu et le vivre commun, symbiose entre science et éthique, entre le spécifique et l’universel.

 

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Trois priorités
Le Monde musulman doit assumer trois priorités. Sur le plan scientifique, moderniser l’Ecole, la formation, l’éducation, l’enseignement, la culture, donner la priorité absolue à ces questions, pour progresser et faire reculer le chômage, l’incivisme, la pauvreté et les intégrismes. En conséquence, multiplier les possibilités de cultiver, axer l’aide sur la formation sous toutes ses formes est un chemin incontournable. La jeunesse de nos pays a soif de connaissances.


Sur le plan économique, le poids de la bureaucratie, la faiblesse de la culture de l’entrepreneuriat pour produire des richesses, des instruments de régulation pour protéger les faibles et la division internationale du travail, conception au Nord, exécution partielle au Sud, constituent des problèmes de fond. Il s’agit d’éviter le repli et le libéralisme sauvage.
Au plan politique, l’espérance est réelle, malgré des critiques, il faut rester constructif, car le développement dépend de la bonne gouvernance et du renouvellement des élites, pour sortir de l’usure et liquider la mauvaise gestion. L’urgence c’est l’arrêt de toutes les formes d’incompétence et de remobiliser la jeunesse qui prendra conscience que l’avenir est dans nos pays. Tous les jours, des cadres prouvent leur engagement, leur intégrité et leur compétence. Le potentiel existe.


Sur le plan des relations internationales, les problèmes cruciaux qui retardent le développement sont: la volonté d’hégémonie et de domination du monde fondée sur la loi du plus fort et l’ivresse de la logique unipolaire; la mise en oeuvre d’une idéologie néoconservatrice au service d’intérêts à courte vue, dont le contrôle sur les sources d’énergie est un des aspects; diversion par rapport aux problèmes politiques et économiques du monde.


Face au désordre mondial, à la pérennité de la logique d’un centre qui exploite la périphérie, face aux terrorismes transnationaux et à la pauvreté, nous pouvons diverger sur les méthodes pour les résou-dre, mais nous différons surtout sur l’évaluation des causes et l’identification des responsabilités, car les inégalités et les sources de la pauvreté et de la violence aveugle sont multiples. Sans jamais justifier les dérives, il y a lieu de s’attaquer à leurs causes profondes. La mondialisation est dominée par l’américanisation, même si des puissances nouvelles émergent. Le Monde arabe doit revoir sa relation incontournable avec l’Europe et les USA. Il est important d’insister sur le fait que le peuple américain est un peuple ami et la nation américaine une grande nation. Le monde entier a besoin de la stabilité et de la crédibilité de la première puissance; notre avenir, en partie, en dépend. Les USA, ne l’oublions pas, sont héritiers du siècle des Lumières et attachés aux valeurs de liberté. Ce qui inquiète ce sont des aspects de leur politique étrangère, tant sur le plan des actes unilatéraux que sur celui d’une vision fondée sur le double standard. Notre démarche, par attachement aux principes de la démocratie universelle, est de continuer à dire à nos amis américains: nous souhaitons renforcer nos liens, favoriser la prééminence du droit international, notamment culturelle, commerciale et économique. Ce qui nous ne dispense pas de dire que nous ne sommes pas d’accord sur ce qui se passe en Palestine. Tout comme nous ne cesserons pas de répéter à l’opinion internationale que l’extrémisme est l’anti-Islam. L’heure n’est pas à l’amalgame, mais à l’alliance entre tous les pays et tous les citoyens du monde épris de liberté, de justice et de paix, quelles que soient leurs religions et leurs cultures. La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance, source de tant de maux. La mondialisation est inégale et contredit toutes les cultures traditionnelles, notamment au vu de l’économisme fondé sur l’exploitation exponentielle de toutes les ressources, sans tenir compte des critères éthiques, culturels et écologiques. Situation qui porte atteinte à l’écosystème et transforme les cultures et traditions en folklores coupés du mouvement de la vie. Même si la complexité de l’époque et le poids de la mondialisation sont immenses et que le monde musulman reste matériellement faible, il résistera encore face à la deshumanisation et aux injustices. Reste à ce que cette résistance soit coopérative et réfléchie et non sauvage et subjective. Le monde musulman, s’il se réforme, favorisera l’humanisme et le pluralisme dans les relations internationales. De source apparente de menaces, il sera enfin compris comme partenaire salutaire.


Il peut former des êtres humains qui ont un sens ouvert de la vie, l’éthique, capable de tenir face au monde désignifié et consumériste, face à la marchandisation, aux remises en cause des fondements de l’humanité. Mais il n’y a pas d’avenir si la créativité, la critique constructive de soi et de l’autre et l’ouverture au changement ne sont pas mises en oeuvre.
La mondialité, la modernité, la mondialisation s’appuient sur des moyens décisifs et incontournables de la science et de la technique; assumons-les, tout en actualisant notre sens de l’éthique et de l’humain. Relever les défis de manière autocritique, logique, permettra de se désenclaver, de corriger nos dérives et celles de notre temps, dans l’échange, le dialogue et le respect de la différence.


Il est vital de réfléchir et travailler ensemble, investir en commun, partager des richesses et montrer que nul n’a le monopole du progrès et de la raison. Il reste un avenir, si on se souvient qu’unité et diversité et paix et justice sont inséparables. Win-Win devrait être le mot d’ordre pour tous nos actes. Le devenir est commun.

(*) Spécialiste du dialogue des civilisations
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHÉRIF (*)

 

Source l'Expression

L’AVENIR DES RELATIONS INTERNATIONALES
Où va le monde musulman?
30 Décembre 2010

10:30 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : islamisme, islam, culture, musulman, critique, algérie, turquie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/12/2010

Relation Irano-Turc, question de sunnites?

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, et son nouveau chef de la diplomatie, Ali Akbar Salehi, participeront aujourd’hui à Istanbul à un sommet économique régional.

 

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/WebsiteImages/PicturesFolder/ae448a58-e572-4568-a4d6-b598639e79f4_top.jpghttp://4.bp.blogspot.com/_97SyLkA2eds/TH-6c4Prv-I/AAAAAAAABmg/QW-UoR7Vkkc/s1600/turquie-iran+pas+simple.jpg


L’Iran et la Turquie n’ont cessé de se rapprocher ces dernières années sur le plan politique mais aussi économique, la Turquie devenant un allié de poids pour les Iraniens dans leurs délicates négociations nucléaires. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son nouveau chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi participeront aujourd’hui à Istanbul à un sommet économique régional. Cette visite intervient alors que la Turquie, qui joue l’intermédiaire entre Téhéran et l’Occident dans son bras de fer sur le nucléaire, doit accueillir fin janvier les discussions entre l’Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne), après la reprise des négociations nucléaires à Genève début décembre. «La Turquie est un pays puissant, avec une position stratégique et des points communs idéologiques et culturels avec l’Iran», a déclaré M.Salehi soulignant que le renforcement des relations avec la Turquie était une «priorité». Longtemps considéré comme l’allié stratégique et même militaire d’Israël dans la région, la Turquie s’est rapprochée des pays arabes et de l’Iran, en particulier après l’agression d’Israël contre la bande de Ghaza en décembre 2008 puis l’attaque de la marine israélienne contre une flottille d’aide humanitaire destinée à Ghaza au cours duquel neuf Turcs ont été tués. Ce qui a provoqué une vive colère de la Turquie contre Israël. Signe du changement intervenu, Ankara a retiré en août l’Iran de la liste des pays constituant une menace pour elle, selon le document définissant la sécurité nationale du pays. Elle a également voté contre la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 9 juin, renforçant les sanctions économiques internationales contre l’Iran. Peu avant, elle avait présenté avec le Brésil et l’Iran une proposition d’échange de combustible nucléaire entre l’Iran et les grandes puissances, visant à faciliter un compromis sur le dossier nucléaire, mais qui a été rejetée par les grandes puissances. Le rapprochement de la Turquie et de l’Iran, qui comptent à eux deux plus de 150 millions d’habitants, s’est également accompagné d’un renforcement des relations économiques et commerciales qui ont atteint 10 milliards de dollars, selon les chiffres officiels, avec pour objectif commun de les faire passer à 30 milliards de dollars entre 2013 et 2015.

 

En septembre dernier, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à un «rapprochement économique avec l’Iran», notamment la signature d’un accord de préférence commerciale, en dépit des pressions occidentales.

 

http://www.turquie-news.fr/local/cache-vignettes/L500xH366/tn_irak_turquie-petrol-gaz-28bd5.png


Selon la presse iranienne, Téhéran veut également renforcer ses relations commerciales avec la Turquie pour réduire la place des Emirats arabes unis dans son commerce extérieur, après les restrictions bancaires imposées par les Emirats à la suite des sanctions économiques internationales. L’Iran qui exporte déjà quotidiennement entre 15 et 18 millions de m3 vers la Turquie, a signé en juillet un contrat d’un milliard d’euros avec une compagnie turque pour la construction d’un gazoduc de 660 km qui permettra d’exporter chaque jour 60 millions de m3 de gaz d’ici trois ans vers la Turquie et l’Europe. Enfin, geste particulièrement significatif, M.Erdogan, lui-même sunnite qui dirige un gouvernement conservateur, a participé jeudi dernier à Istanbul aux cérémonies chiites de l’Achoura, en présence d’Ali Akbar Velayati, principal conseiller pour les affaires internationales du guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei. Une première dans un pays sunnite à laquelle les médias iraniens ont donné un large écho. La Turquie, majoritairement sunnite, compte une minorité alaouite chiite de moins de 20% selon les estimations.

 

Iran - Turquie : rapprochement de deux géants
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 23 décembre 2010
Auteur : RI

13:53 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, turquie, diplomatie, économie, politique, ahmadinejad, sunnites, chiite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/11/2010

Les armes ou comment en détourner leur interdiction.

A quand le port d'arme pour tous, sans doute quand nous serons mort....?

 

Face au durcissement des lois sur le port d'armes, le trafic des pistolets d'alarme modifiés connaît un essor en Europe. Bon marché et impossibles à tracer, ils sont de plus en plus utilisées par les criminels.


A dix ans Massimo Tanfoglio emballait déjà des pistolets dans l’usine de son père. Aujourd’hui, à 57 ans, il est le directeur de l’usine d’armes Fratelli Tanfoglio, à Gardone Val Trompia, dans le nord de l’Italie.

 

http://www.repliky.info/EKOL-TUNA-cerna-cal-8mm-Knall-%5Bwww_repliky_info%5D-photo-detail-13103.jpghttp://www.afg.sk/sub/afg.sk/images/shop-active-images/ekol_tuna/ekol_tuna_003.jpg

 

En parcourant les rues de la petite ville, on voit partout des petites usines d’armement et des enseignes sur lesquelles figurent les mots armi, fucili, cartucce ou guns. Gardone (12 000 habitants) vit déjà depuis 500 ans de l’industrie de l’armement grâce à l’association du minerai de fer, du bois et de l’énergie hydroélectrique de ses montagnes. Elle compte environ 80 entreprises, des petits ateliers familiaux de fabrication de fusils de chasse jusqu'au célèbre Beretta.


Les pistolets de Tanfoglio, appréciés par les amateurs de tir sportif, sont devenus une référence auprès des experts en armement. Ces dernières années, entre 1 500 et 2 000 pistolets Tanfoglio du modèle GT 28 ont été utilisés pour commettre des délits aux Pays-Bas. Il s’agit d’un pistolet d’alarme bon marché qui a été transformé en arme à feu dans des ateliers clandestins du nord du Portugal.

 

 

L'Ekol Tuna, star du trafic des pistolets d'alarmes.

 


Un marché en plein essor
Plusieurs fusillades mortelles récentes [aux Pays-Bas] soulèvent la question de la facilité de se procurer des pistolets et de leur provenance. Le succès des pistolets à gaz ou pistolets d’alarme est frappant dans toute l’Europe. Ils ont un grand nombre d’avantages pour un criminel : il sont bon marché, en vente libre dans de nombreux pays, et leur transformation est assez simple. N’étant pas enregistrés, la police a du mal à en établir la traçabilité. Plus la loi devient sévère, plus on se tourne vers des armes qui n’ont pas besoin d’être enregistrées.


Massimo Tanfoglio sait bien que des criminels font un mauvais usage de son pistolet d’alarme à bas prix (100 euros). D’après la police néerlandaise, sa transformation est un jeu d’enfant : un fraiseur suffisamment adroit parvient à percer le bouchon placé au bout du canon et à le remplacer. "Les polices française et allemande m’ont posé des questions sur notre pistolet d’alarme", raconte Tanfoglio.


Pour ne pas ternir d’avantage sa réputation, il dit avoir retiré le GT 28 de la production. Par l’intermédiaire de son importateur portugais, les pistolets d’alarme de Tanfoglio partaient en toute légalité au Portugal. Mais c’est là que commençait la zone d’ombre. Ils étaient modifiés dans de petits ateliers clandestins près de Valença do Minho, au bord de la rivière qui marque la frontière avec l’Espagne.


En 2005, la police portugaise a mis fin à l’activité de ces ateliers, et en 2006, la loi sur les armes a été renforcée. Les armes d’alarme et à gaz sont désormais interdites au Portugal. Mais ce n’est pas encore le cas de son voisin, l’Espagne.


En octobre 2008, la police de Séville a arrêté une bande qui faisait modifier les armes au Portugal et les réimportait clandestinement. En argot espagnol, ces armes trafiquées s’appellent toujours des "portuguesas".


80 euros pour transformer son arme sur Internet
Des armes sont également modifiées en Espagne. Ainsi, la police de la région de Murcie est récemment intervenue contre une bande qui avait un atelier dans le sud du pays. Selon Alfredo Perdiguer, du syndicat de police espagnol, les offres de transformation sur l’Internet sont légion. Et cela à partir de 80 euros.


Alors que la source Tanfoglio semble tarie, de nouvelles voies détournées se présentent aux trafiquants : ainsi la police suédoise a confisqué récemment un lot considérable de pistolets à gaz de fabrication turque qui avaient été modifiés au Kosovo. Dans certains cafés de Pristina, des trafiquants demandent 80 euros pour des armes qui tiennent dans la paume de la main.


Les ventes d’armes turques connaissent une forte expansion. Par exemple, l’Ekol Tuna, fabriqué à Istanbul par Ekol Voltran, ressemble à s’y méprendre au Tanfoglio GT 28, dont la forme n’est pas brevetée, contrairement à la partie technique.

 

 

Un pistolet d'alarme forcément dangereux

 


La Turquie, l'un des trois principaux fournisseurs d'armes en Europe
La police néerlandaise soupçonne Tanfoglio d’avoir vendu une licence et peut-être aussi de l’outillage aux Turcs, ce que Massimo Tanfoglio nie avec force. Les Italiens voient avec défiance l’essor du commerce des armes en Turquie. Au grand dam des habitants de Gardone, les Turcs ont même racheté l’usine de la respectable famille Bernardelli, en conservant son nom prestigieux.


La Turquie constitue désormais, avec l’Allemagne et l’Italie, l’un des trois principaux fournisseurs d’armes en Europe. Crise ou pas, 2009 a été une année record pour les vendeurs d’armes turques : les exportations ont augmenté de 16%. Ekol Voltran gagne chaque année entre 1,3 et 3 millions d’euros dans ce commerce et vit en grande partie de la vente de pistolets à air comprimé et de pistolets d’alarme.


La vente d'arme de poing interdite mais la criminalité augmente
Le responsable des exportations d’Ekol Voltran, Mesut Cakici, est un instant pris de court en voyant les photos du Tanfoglio et de l’Ekol Tuna modifiés. Comment explique-t-il la similitude frappante entre son pistolet et celui des Italiens ? Il admet sans sourciller que l’Ekol Tuna est une copie parfaite. "Tout le monde sait que nous vendons une copie. C’est ce que les clients demandent".

 

 

 

 

Le Beretta, le Browning, tous les modèles célèbres de pistolets sont imités dans les usines des concurrents.
Le brevet tombe au bout de 25 ans et on peut alors faire ce que l’on veut. Cakici sait-il également que l’on rencontre son Ekol Tuna aux Pays-Bas, transformé en arme réelle ? "Je mentirais si je disais que je n’ai jamais entendu parler de ces pratiques".


En Europe, chaque arme fabriquée ou importée doit être testée et approuvée par un banc d’essai de l’Etat. La Turquie n’a pas de banc d’essai ; la seule obligation à laquelle Cakici est soumis est de transmettre les numéros de série de ses pistolets deux fois par mois à la police turque.


"Pour les Turcs, c’est facile", commente Massimo Tanfoglio. "L’Union européenne nous impose de plus en plus de règles. Toutes les autorisations sont contrôlées par la police et chaque fusil quitte le pays avec sa propre carte d’identité. Mais les criminels s’en fichent. Il suffit de regarder le Royaume-Uni : depuis 1998, la vente d’armes de poing y est complètement interdite, mais la criminalité n’a fait qu’augmenter !"
La boucle est bouclée : le combat de la République de Venise contre les Turcs a été à l’origine du développement de l’industrie des armes de Gardone il y a 500 ans. Et aujourd'hui, les habitants de la petite ville sont battus par les Turcs avec leurs propres armes.

 

source IHEDN, membre et auditeur A. Genestine

SECURITE INTERIEURE
Les pistolets low cost se vendent comme des petits pains
Source journal ou site Internet : NRC Handelsblad
Date : 19 novembre 2010
Auteur : Toon Beemsterboer

12:55 Écrit par HUMANITAS dans Liberté individuelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : port d'armes, ekol, turquie, russie, allemagne, italie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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