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02/06/2011

Une vision "germanique" de l'Europe de demain!!

Au Nord, les riches régions industrielles alliées aux pays de l’arc alpin. Au Sud, une confédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants. Si elle se réinventait selon ce schéma, l’Union se porterait beaucoup mieux, assure le sociologue allemand Gunnar Heinsohn. En 2011, seuls 40% des Allemands voient leur avenir au sein de l’Europe, et seuls 25% ont encore confiance en leurs institutions. Ces résultats sont la réponse aux 25 milliards d’euros accordés par Berlin aux riches propriétaires des banques grecques, et non l’expression de l’étroitesse d’esprit du pays: le Sud de l’Allemagne, notamment, répugne tout autant à mettre la main à la poche pour ses compatriotes de Brême ou Essen que pour les étrangers d’Athènes, Dublin ou Lisbonne. Seul le spectre menaçant du nationalisme maintient encore l’Union européenne en vie. La ponction de nos ressources financières est de toute façon préférable à la guerre, nous serinent nos leaders.

 

http://samueljscott.files.wordpress.com/2009/07/future-europe.jpg?w=500&h=330

 

Et pourtant, pour la première fois depuis un demi-siècle, les Européens ont la possibilité de voir au-delà de l’Etat-nation. Depuis l’effondrement des taux de natalité, nous ne sommes de toute façon plus assez nombreux pour continuer à nous tomber mutuellement sur le râble. La construction européenne n’est pas un instrument conçu pour éviter la guerre, mais plutôt l’expression sympathique de notre incapacité à la faire. Le redécoupage de l’Europe porte l’espoir d’un avenir au-delà des nations, des religions et des traditions. C’est ainsi que, dès 2009, l’historien suédois Gunnar Wetterberg proposait de ressusciter l’Union de Kalmar [qui réunît entre 1397 et 1523 les trois royaumes scandinaves de Danemark, Suède et Norvège sous un même roi] dans les pays nordiques. Cette nouvelle union réunirait l’Islande, le Danemark, le Groenland, la Norvège, les îles Svalbard, la Suède, la Finlande et éventuellement l’Estonie. Cet espace de 3,5 millions de kilomètres carrés pour 26 millions d’habitants deviendrait la huitième puissance économique mondiale. Les Pays-Bas et la Flandre pourraient s’y rallier ultérieurement. Une alliance avec la Grande-Bretagne – détentrice de l’arme atomique – transformerait la mer du nord en Mare Nostrum et ouvrirait la porte d’un partenariat avec les Etats-Unis et le Canada qui rendrait l’Atlantique nord invulnérable.


La Suisse au coeur d'un nouvel espace économique et monétaire
Les regards sont tournés vers la Suisse, en tant que pays issu d’une volonté politique qui fonctionne: les Genèvois ne sont pas français, les Tessinois ne sont pas italiens et les Zurichois ne sont pas allemands. Les voisins qui ne veulent plus être voisins peuvent participer avec les Confédérés à la construction d’un espace économique et monétaire de premier plan qui résorbera le déficit des naissances en attirant une main d’oeuvre motivée du monde entier. Aucun système de transferts n’existe pour combler l’écart entre les régions
riches et les régions plus pauvres. Ainsi, tandis qu’à Brême ou à Berlin, les partisans des transferts financiers sont toujours en quête de nouveaux moyens de ponctionner les portefeuilles de leurs voisins, les cantons suisses n’ont d’autre choix que d’attirer des entreprises innovantes et une main d’oeuvre de qualité s’ils veulent accroître leurs revenus.

 

Or, ils parviennent eux aussi à aider les plus démunis et font d’ailleurs généralement mieux que les meilleurs élèves de l'Etat fédéral allemand. D’après l’OCDE, la Suisse était déjà en 2009 la championne du monde de l’innovation, et le pays décroche la première place de l’Indice de compétitivité mondiale pour l’année 2010-2011. Le Sud-Ouest de l’Allemagne rejoindrait ce nouvel espace, ainsi que le Nord de l’Italie, et l’on tendrait la main en direction de Florence et d’Urbino. A l’Est, la Slovénie déjà polyglotte complèterait la fédération. Avec 70 millions d’habitants sur 450 000 kilomètres carrés, l’ensemble occuperait la quatrième place mondiale en termes de puissance économique – derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon.


Une fédération méditerrannéenne au sud de l'Europe
La création d’une union nordique et d’une fédération alpine aurait également le mérite d’accorder une seconde chance aux régions jugées sans espoir. Au lieu de les perfuser à coups de milliards, on remettrait à ces pays des notices leur permettant de construire le matériel de pêche avec lequel chacun pourra ramener son propre poisson à terre. Après les dépôts de bilan auxquels ils ne pourront pas échapper, le Portugal, l’Espagne, le Sud de l’Italie, les pays slaves riverains de l’Adriatique et la Grèce pourraient constituer une fédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants, qui ferait toujours recette grâce à l’énergie solaire, aux produits biologiques et aux charmes de sa culture. En associant Israël au projet, la fédération s’adjoindrait un partenaire militaire utile au vu de la proximité immédiate de l’arc islamique. Les autres pays de la Baltique et la Pologne, associés à la Biélorussie et l’Ukraine – deux aspirants à l’entrée dans l’UE – forment un ensemble analogue en superficie au grand empire lituano-polonais qui fut partagé en 1795 entre Berlin, Vienne et Saint- Pétersbourg. Une nouvelle version de la Rzeczpospolita [la République des Deux nations qui entre 1569 et 1795 réunissait le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie], forte de quelque 110 millions d’âmes, n’aurait plus peur d’une Russie dont la population vieillit d’ailleurs encore plus vite. La France pourrait faire cavalier seul, ou bien, de conserve avec le reste de l’Allemagne, transformer cette Eurabie qui fait si peur en titre honorifique. Dans un pays comme dans l’autre, entre 20 et 25% des jeunes éprouveront des difficultés à se former et à recevoir une bonne instruction . Des super-crèches devront donc être créées pour remédier à ce problème dès le plus jeune âge. Si cette promesse de faire de tous les enfants des forts en math était honorée, l’axe Berlin-Paris entrerait dans l’Histoire. Placé sous la bannière rougeverte- rouge-verte fédérant marxistes, écologistes, socialistes et disciples du prophète, ce nouvel espace multiculturel high-tech deviendrait la lumière des peuples. Il ne faut plus malmener ceux qui n’y croient pas, car ils ont presque toutes les options devant eux. L’Etat-nation devrait être toutefois la dernière des solutions. Ceux qui se trouvent encore sous son emprise sont essentiellement des exaltés de droite comme de gauche, les uns rêvant d’une puissance révolue, les autres de transferts financiers ad vitam æternam.


Crise de l'euro Le schisme Nord-Sud
La crise de l’euro est également une crise entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nordı, estime le Jyllands-Posten. Alors qu’en Grèce et en Espagne, les citoyens protestent contre l’absence de perspectives d’avenir, les Finlandais et les Allemands ont démontré lors des dernières élections qu’ils ne veulent plus payer pour les pays du Sud surendettés. C’est pourquoi, explique le quotidien danois "la crise de l’euro n’est plus juste une question de dette publique, mais elle révèle le schisme entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud – avec cette dernière dans le rôle du méchant". ıLa Grèce n’ayant pas été capable de respecter l’accord conclu avec l’Union européenne et le FMI sur la réduction de son déficit, il est difficile pour les gouvernements des pays du nord d’expliquer aux citoyens contribuables qu’ils doivent à la fois accepter des réductions budgétaires sévères et garantir des emprunts colossaus aux pays les plus endettés.ı C’est pourquoi la sortie de la Grèce de la zone euro, "même elle est officiellement politiquement inacceptable, pourraît être la solution la moins pire".

 

Osons l’Europe 2.0 !
Source, journal ou site Internet : die Welt
Date : 30 mai 2011
Auteur : Gunnar Heinsohn

19:23 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, europe, etats-nations, suisse, euro, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/03/2011

Les libéraux, la Suisse, les élections fédérales du 23 octobre 2011

En baisse depuis plus de 20 ans, le Parti libéral-radical (PLR) et le Parti démocrate-chrétien (PDC) cherchent à reprendre pied. Mais, au centre de l’échiquier politique justement, la concurrence s’est renforcée et la bataille des élections fédérales de 2011 s’annonce dure.

http://www.francegazette.com/files/gazette%202007/gazette%200710/europe%20infos-pol.%200710/carte_suisse_x510.jpg

 

L’affrontement entre le PLR et le PDC avait marqué les premières décennies de la politique suisse, depuis la création de l’Etat fédéral en 1848. A l’époque, tout tournait autour de ces deux formations avec, d’un côté, des radicaux libéraux, progressistes et au pouvoir et, de l’autre, des démocrates-chrétiens conservateurs, catholiques et dans l’opposition.

Puis, dès que les deux partis ont commencé à gouverner ensemble (1891), les différences se sont peu à peu estompées. Certes, de vieilles rivalités ont survécu, surtout au niveau cantonal. Mais les deux partis ont fini par déteindre l’un sur l’autre à force de faire pencher ensemble la balance lors de chaque décision au Parlement et de remporter ensemble pratiquement chaque scrutin fédéral.

Deux partis si unis qu’ils ont connu simultanément le même déclin au cours des dernières décennies. Le PLR est passé de 24,1% des voix en1979 à 15,7% en 2007, alors que le PDC est descendu, sur la même période, de 21,5% à 14,4%. L’affaiblissement des deux partis du centre a commencé à faire croire à beaucoup que la politique suisse était désormais entrée, comme dans de nombreux autres pays, dans l’ère de la polarisation.

 

Usure du pouvoir

«Les deux partis historique du gouvernement ont subi un processus d’usure qui s’est accéléré récemment dans toute l’Europe: il existe une perte de confiance de plus en plus forte et rapide par rapport aux partis qui assument des responsabilités gouvernementales. Ce sont des forces qui se disent contre le pouvoir et la classe dominante, comme l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) dans le cas de la Suisse, qui en profitent», explique le politologue Michael Hermann, de l’Université de Zurich.

Le PDC a par ailleurs souffert au cours des dernières décennies d’une baisse importante sur son étiquette catholique, qui lui avait assuré pendant longtemps une base électorale fidèle. De son côté, le PLR s’est de plus en plus rapproché du monde économique, perdant ainsi son caractère de parti qui touche différentes classes. Aujourd’hui, les libéraux-radicaux sont surtout soutenus dans les périphéries et les centres urbains plus aisés, alors que l’électorat du PDC est resté prioritairement dans les cantons catholiques et ruraux.

«Il ne faut cependant pas oublier que, aujourd’hui encore, ces deux partis imposent très souvent leurs vues au Parlement – surtout à la Chambre haute, où ils disposent ensemble de la majorité des sièges – ainsi que dans la plupart des gouvernements cantonaux. «Le PLR occupe en moyenne deux sièges sur sept dans les gouvernements cantonaux, contre seulement un sur sept pour l’UDC», relève Michael Hermann.

 

A la recherche d’un profil

Face à l’hémorragie constante d’électeurs et de sièges au Parlement, le PLR a finalement concrétisé en 2009 la fusion avec le Parti libéral suisse, qui était en discussion depuis des dizaines d’années. Le PDC a quant à lui accueilli le Parti évangélique et les Verts libéraux dans son groupe parlementaire. Mais une fusion entre le PLR et le PDC, présentée comme la solution ultime pour enrayer l’hémorragie, apparaît en revanche encore très lointaine, compte tenu des rivalités qui subsistent entre les deux partis.

«Nous avons entamé avec le PDC une collaboration au niveau parlementaire sur quelques thèmes spécifiques. Mais pour les prochaines élections, chacun sera adversaire de tous les autres», souligne le président du PLR Fulvio Pelli. Le président du PDC Christophe Darbellay n’entrevoit également rien de plus qu’une «entente sur deux ou trois thèmes pour les sessions des Chambres fédérales».

Pour les élections fédérales 2011, Christoph Darbellay indique que son parti veut mettre l’accent sur une politique en faveur de la famille, de l’emploi, de la sécurité et de l’environnement. Pour Fulvio Pelli, les priorités du PLR seront l’emploi, l’assainissement des assurances sociales et un Etat moins pesant.

Mais même en mettant depuis des années en valeur des thèmes importants, les deux partis n’ont jusqu’à présent pas réussi à se refaire un profil en mesure d’impressionner l’électorat.

 

Travail pas récompensé

«Dans une société fortement médiatisée, il est devenu plus facile d’être dans l’opposition: on thématise les problèmes plutôt que de chercher des solutions, observe Fulvio Pelli. En tant que partis gouvernementaux, nous travaillons en revanche pour assurer la prospérité de la Suisse. Et avec un certain succès, je crois, si nous comparons notre situation économique et financière avec celle de bon nombre d’autres pays européens. Mais nous ne sommes pas toujours récompensés pour ce travail.»

Les sondages des dernières années voient le PLR et le PDC reprendre un peu du poil de la bête. Mais les deux partis sont confrontés à une configuration tout sauf favorable pour remporter les prochaines élections. La lutte pour survivre au centre de l’échiquier politique est devenue encore plus ardue depuis trois ans avec la naissance des Verts libéraux et du Parti bourgeois démocratique.

«Le centre se présente malheureusement trop divisé: il y a désormais cinq partis qui défendent des positions très proches», constate Christophe Darbellay. Et les résultats des élections cantonales des trois dernières années ne prêtent guère à l’optimisme: tant le PLR que le PDC ont perdu des électeurs dans 13 des 17 cantons où ils se sont présentés.

 

Source: 

Par Armando Mombelli, swissinfo.ch
Traduction de l’italien: Olivier Pauchard

 

Parti libéral-radical

Première force politique du pays de 1848 à 1931, le Parti libéral-radical figure aujourd’hui en 3e position.
Lors des élections fédérales de 2007, il a obtenu 15,7% des voix (- 1,6%)

Le PLR compte 47 sièges au Parlement – 35 à la Chambre basse et 12 à la Chambre haute. Il est représenté par deux ministres au sein du gouvernement.

Le parti a perdu des voix dans 13 des 17 élections cantonales auxquelles il a pris part au cours des trois dernières années.

L’augmentation enregistrée dans 4 cantons est surtout due à la fusion avec le Parti libéral suisse.


Parti démocrate-chrétien

Entré au gouvernement en 1891, le Parti démocrate-chrétien représente actuellement la 4e force politique suisse.

Lors des élections fédérales de 2007, il a obtenu 14,4% des suffrages, un résultat identique à celui de 2003.

Le PDC dispose de 52 sièges au Parlement – 36 à la Chambre basse et 16 à la Chambre haute. Il compte un représentant au sein du gouvernement.

Lors des élections cantonales des 3 dernières années, le PDC n’a réussi à renforcer sa base électorale que dans 4 des 17 élections auxquelles il a pris part.


Liens


10:47 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse, élections, législatives, libéraux, démocratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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