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01/06/2011

Galileo, bientôt du concret à l'automne 2011

Quelques semaines les deux chronologies de lancement qui ont validé les installations destinées aux fusées Soyouz au Centre spatial guyanais, Arianespace prépare le lancement des deux premiers satellites du système européen de navigation par satellites, Galileo. Ce tir, qui sera le vol inaugural du lanceur russe depuis Kourou, aura lieu le 20 octobre 2011.

 

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Arianespace, l’Agence spatiale européenne et la Commission européenne viennent d’annoncer que le lancement des deux premiers satellites du GPS européen (Galileo) aura lieu le 20 octobre 2011. Ces satellites font partie de la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV). Au nombre de quatre, ils sont tirés par paire. Les vingt-six autres satellites de la constellation seront tous lancés depuis Kourou par Arianespace qui utilisera une combinaison d'Ariane 5 et de Soyouz. C'est l'Ariane 5-ES qui sera utilisée, celle de l'ATV, pour lancer quatre satellites en une fois.


Cette annonce survient après que les résultats de la revue détaillée de l'Ensemble de lancement Soyouz ont permis de conclure que le segment spatial, le segment sol et le dispositif opérationnel seront prêts pour un lancement le 20 octobre.


Les quatre premiers satellites Galileo construits et lancés dans le cadre de la phase de développement et de validation en orbite (IOV), seront pleinement représentatifs des trente satellites de la constellation Galileo. Chacun diffusera des signaux horaires précis, des éphémérides et d’autres données commerciales et de navigation. © Esa

 

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Un lancement emblématique d'une coopération réussie
Les deux satellites Galileo seront déployés en orbite par un lanceur Soyouz, qui effectuera à
cette occasion son vol inaugural depuis son nouveau pas de tir construit au CSG. « Ce lancement est un parfait exemple de coopération européenne et de coopération internationale, a commenté Jean-Jacques Dordain, directeur général de l’Esa, puisqu’il s’agit d’une part, de mettre en orbite les premiers satellites Galileo opérationnels, fruits de la
coopération entre l’Union européenne et l’Esa et, d’autre part, de procéder au premier lancement de Soyouz au CSG dans le cadre d’une coopération entre l’Esa et la Russie. »


Pour Jean-Yves Le Gall, président directeur général d’Arianespace, « après la mise en orbite des deux premiers satellites précurseurs de la constellation, Giove A et Giove B, [...] avec ce lancement, nous allons également commencer le 20 octobre un nouveau chapitre de notre propre histoire, celui de l’exploitation de Soyouz au CSG [...]. »

 

Les deux premiers satellites Galileo seront lancés le 20 octobre
Source, journal ou site Internet : futura sciences
Date : 28 mai 2011
Auteur : Rémy Decourt

00:40 Écrit par HUMANITAS dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galiléo, soyouz, europe, satellites, russie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/03/2011

Le libéralisme avec le tsar Alexandre II!

Alexandre II, tsar le plus libéral de l'histoire russe, a tenté non sans courage d'engager son empire dans la voie de la démocratie et de la modernisation.


En un quart de siècle, il a multiplié les réformes mais son règne s'est achevé sur son tragique assassinat. La bêtise de quelques anarchistes a ruiné les espoirs de démocratisation du plus grand État européen et l'un des derniers à être encore gouverné de façon autoritaire.


André Larané

 

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Le «tsar libérateur»
Né le 29 avril 1818, Alexandre II monte sur le trône le 2 mars 1855, à 37 ans, tandis que son armée subit d'humiliantes défaites face aux Français et aux Anglais, devant Sébastopol.

 

Sitôt couronné, le tsar engage des réformes courageuses pour moderniser son pays : libération des serfs (50 millions de personnes sont concernées !), humanisation de la justice et abolition du knout (fouet), mise en place d'assemblées locales, ouverture des universités à la petite bourgeoisie... Ces réformes, bien que mal appliquées, lui valent le surnom de «tsar libérateur». Elles s'accompagnent d'une effervescence littéraire et intellectuelle dans le pays avec l'émergence de grands poètes et romanciers : Léon Tolstoï, Fédor Dostoïevski, Ivan Tourgueniev. Mais parallèlement se développe un mouvement révolutionnaire brouillon chez les étudiants de la petite bourgeoisie. Il prône rien moins que la destruction radicale de l'ordre ancien. Le poète Ivan Tourgueniev invente à ce propos le terme de «nihilisme» (du latin nihil, rien).


Suspension des réformes
Le 4 avril 1866, un étudiant, Dimitri Karakosov, tire sur Alexandre II et le manque de peu.

 

Cet attentat contre la personne sacrée du tsar suscite la consternation dans le pays. C'en est désormais fini des réformes libérales. Le tsar, aigri, cherche une consolation dans les bras d'une jeune fille de 30 ans sa cadette, Catherine Dolgorouki, dite Katia, dont il aura trois enfants au grand scandale de la Cour. Le 1er juin 1867, Alexandre II arrive à Paris, à l'occasion d'une Exposition universelle. Il veut renouer des liens avec Napoléon III après la brouille occasionnée quelques années plus tôt entre les deux pays par la répression d'une insurrection en Pologne. Mais voilà que sur l'hippodrome de Longchamp, un réfugié polonais tire sur le tsar.


Ce nouvel attentat est lourd de conséquences pour la France. Il fait échouer le rapprochement entre la France et la Russie et le soutien du tsar fera cruellement défaut à Napoléon III lors de son affrontement avec la Prusse en 1870. Alexandre garde toutefois de son séjour à Paris le souvenir délicieux de ses retrouvailles avec sa chère Katia... Il l'épouse en secret après son veuvage, soit quelques mois avant sa propre mort (un film, Katia, avec l'inévitable Romy Schneider dans le rôle titre, retrace leur amour romanesque et tragique).

 

Visées impérialistes
Déçu par l'accueil que reçoivent ses réformes, le tsar se consacre désormais à la grandeur de son empire. Ses armées soumettent le Turkestan, aux portes de la Chine, ainsi que les peuples insoumis du Caucase, y compris un célèbre chef tchétchène du nom de Chamil. Alexandre II vend aux États-Unis l'Alaska dont il n'a que faire mais reporte ses visées sur Constantinople, ville glorieuse de l'orthodoxie, capitale d'un empire turc en pleine décomposition. En 1878, le vieux tsar engage une guerre meurtrière et brouillonne contre les troupes du sultan. Celui-ci signe des préliminaires de paix à San Stefano, aux portes d'Istamboul (Constantinople). Mais la menace d'une intervention anglaise contre la Russie oblige toutefois cette dernière à renoncer à la plupart de ses avantages chèrement gagnés. La déception est grande dans le peuple russe, avide de gloires militaires plus que de démocratie.

 

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Agitation anarchiste
Bakounine et Pierre-Joseph Proudhon, prône dans son Catéchisme révolutionnaire l'anéantissement de l'État et l'assassinat des opposants. Beaucoup de jeunes bourgeois se proposent d'aller vers les moujiks des campagnes afin de les inviter à se soulever contre le régime. Cette «Marche vers le peuple» finit en mascarade. Il n'empêche que naissent différentes organisations secrètes dont certaines, comme «Narodnaïa Volia» (La Volonté du Peuple), se donnent pour but d'assassiner le tsar en personne et multiplient les attentats contre sa personne. Par un décret du 12 février 1880, Alexandre II confie des pouvoirs dictatoriaux au comte Loris-Mélikov, héros de la guerre contre la Turquie, avec mission d'éradiquer le nihilisme et d'achever la réforme des institutions.

 

Jours sombres
Le 18 juillet 1880, le tsar épouse en secret sa jeune maîtresse. Dans son désir de la faire couronner impératrice, il songe à une grande réforme qui lui vaudrait l'indulgence de son peuple. Il s'apprête donc à renouer avec le libéralisme de sa jeunesse en instituant des commissions de notables pour préparer l'avènement d'une monarchie constitutionnelle. Las, les anarchistes qui le traquent depuis plusieurs années ont finalement raison de lui et l'assassinent le 13 mars 1881. Prenant le contre-pied de son père, le nouveau tsar, Alexandre III (36 ans), renonce à publier le manifeste convoquant les commissions de notables, contre l'avis de Loris-Mélikov. Il abroge la plupart des réformes libérales, il tente de russifier par la force les provinces périphériques de l'Empire, il encourage aussi l'émergence de nouveaux démons tels que l'antisémitisme pour détourner la colère du peuple. C'est le retour à l'autocratie. Les étudiants révolutionnaires issus de la petite bourgeoisie y voient un encouragement à étendre leur action. En Russie comme dans l'ensemble de l'Europe continentale, un vent mauvais se lève dans les années 1880, où se mêlent les idées anarchistes, socialistes, nationalistes, antisémites, colonialistes, racistes et antireligieuses.

 

Alexandre II Romanov (1818 - 1881) : de l’espoir à la tragédie
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 13 mars 2011
Auteur : André Larané

17:40 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre ii, russie, anarchiste, autoritarisme, serf, tsar, libéralisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/03/2011

La Géorgie enclin à la révolution ?

Sous l'impact des révolutions arabes, de plus en plus de partis d'opposition se rallient à l'idée que seule une révolution chassera Mikheïl Saakachvili du pouvoir.

 

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La vague de protestation qui déferle sur le monde arabe a réveillé la scène politique géorgienne. Tout le monde parle de d'"égyptisation" et de "moubarakisation". Le Parti géorgien [dans l'opposition] a développé une rhétorique particulièrement vive en parallèle à ce qui se passe en Egypte et en Lybie. Selon son dirigeant, Levan Gatchétchiladzé, candidat à la présidentielle de 2008, la Géorgie doit se préparer au "scénario cairote", et le gouvernement s'employer à remédier de toute urgence à une série de problèmes clé [économiques et politiques], faute de quoi le Parti géorgien lui-même sonnera le début de la révolution.


Autre dirigeant de ce parti, Erossi Kitsmarichvili, ancien ambassadeur de Géorgie en Russie, pose la question. "Allons-nous renverser ce régime par des élections anticipées ou par la révolution ? C'est à Mikheïl Saakachvili de trouver la réponse, c'est-à-dire de créer les conditions favorables au développement de l'initiative économique privée, favoriser l'indépendance de la Justice, dépolitiser la police, lever les pressions sur les médias. Si ce n'est pas fait, les actions de protestation deviendront l'unique voie du changement". Au fur et à mesure que la vague de révolutions arabes progresse, la parole de l'ex-présidente du parlement, dirigeante du parti Mouvement démocratique [et ancien bras droit de Saakachvili] Nino Bourdjanadzé est de plus en plus directe. "L'essentiel est d'obtenir le départ de Saakachvili par la révolution et d'organiser les élections véritablement démocratiques", a-t-elle déclaré en février dans une interview au média ukrainien korespondent.net. Elle a été encore plus franche le 2 mars, dans une interview à un site géorgien, où elle a critiqué vertement cette partie de l'opposition qui milite pour le dialogue avec le pouvoir.

 

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"En Géorgie, la bonne voie est la voie de la révolution pacifique. Lorsque nous affirmions qu'il n'y aurait pas de changement de pouvoir sans manifestations, de nombreux opposants nous traitaient de 'radicaux' et nous accusaient d'aspirer au pouvoir au prix de la destruction du pays. Aujourd'hui, ils nous ont tous emboîté le pas. Hélas, dans notre pays, les événements évolueront selon un scénario révolutionnaire, puisque Saakachvili a éliminé la possibilité de tout autre scénario". Le 1er mars, dans une interview au journal géorgien Resonansi, le dirigeant du parti d'opposition Démocrates libres Irakli Alassania [ancien ambassadeur de Géorgie à l'ONU] a estimé qu'organiser des manifestations sur des problèmes sociaux [hausse considérable du prix des denrées de première nécessité, chômage endémique, paupérisation galopante] était un "devoir". "La situation sociale se dégrade de jour en jour, a-t-il souligné. Il faut protester massivement sur des sujets concrets, pour obliger le pouvoir à changer sa politique économique abherrante". Le dirigeant du parti Géorgie libre, Kakha Koukava, note un autre aspect important de la situation délétère : la méfiance et le nihilisme [des électeurs] à l'égard du système électoral géorgien. Pour lui, "une révolution populaire" aura lieu en Géorgie. De nombreux experts indépendants ne croient pas non plus en la possibilité de changement par les élections et évoquent la nécessité de la révolution. Irakli Sessiachvili n'y va pas par quatre chemins : "Pour se débarraser de ce régime, la seule voie est la révolution, ce qui sous-entend prendre des risques". Pour les autorités, la Géorgie a déjà fait sa révolution [des Roses] en 2003. Néanmoins, des appels au dialogue avec l'opposition se multiplient depuis plusieurs jours. "Nous sommes prêts à dialoguer sur les problèmes qui inquiètent notre population", a annoncé le président du Parlement David Bakradzé. Quant au principal intéressé, Mikheïl Saakachvili, il a fait ce commentaire : "Au Moyen-Orient, les gens sont civilisés, ils sauront trouver la bonne voie. La liberté est toujours porteuse de risques, mais l'absence de liberté engendre un risque de déflagration. Ces révolutions portent des noms de plantes : jasmin, cèdre... C'est la Géorgie qui a créé cette sorte de label, en 2003. La révolution ne signifie pas agiter des drapeaux. La principale révolution, nous l'avons entamée après la révolution des Roses. Notre programme de modernisation stabilisera nos succès et je dirai alors que notre révolution a définitivement gagné".

 

Géorgie : en route vers la révolution
Source, journal ou site Internet : Sakartvelos Respoublika
Date : 8 mars 2011
Auteur : Manama Abachidzé

12:01 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géorgie, arabe, révolution, saakachvili, gatchétchiladzé, russie, démocratie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/02/2011

Europe: Ou en sommes nous avec "Le triangle de Weimar"

Réunis à Varsovie le 7 février, les dirigeants polonais, allemands et français ont convenus de renforcer leur coopération trilatérale. Il était temps, écrit Gazeta Wyborcza, pour contrer les craintes d'une UE à deux vitesses. Les vingt années de l'existence du triangle de Weimar sont avant tout une histoire de déceptions.

 

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Jusqu'ici, Varsovie, Paris et Berlin n'ont pas réussi à forger une alliance durable, susceptible de devenir le moteur d'une Europe élargie. Il n'est toutefois pas exclu qu'elles y parviennent à l'avenir. Les échecs essuyés par le passé tiennent d'une part aux ambitions politiques excessives de la Pologne, et d'autre part à la vision à court terme et au manque d'intérêt de la part des dirigeants allemands et français, qui nous ont longtemps considérés comme des parents pauvres. Berlin et Paris gardent bien en mémoire qu'en 2003, ils ont essayé en vain de convaincre Varsovie de refuser de soutenir l'invasion américaine en Irak. Le triangle n'a pas non plus fonctionné quand l'Europe occidentale et la Russie se sont entendues sur la construction du gazoduc Nord Stream contournant la Pologne [en 2005]. Il n'a pas eu non plus d'effet fédérateur pendant le conflit entre la Géorgie et la Russie [en 2008], lorsque les présidents polonais et français ont chacun essayé d'arriver à Tbilissi avant l'autre.

 

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Des discussions désormais régulières
Le Triangle était uniquement un cadre informel de rencontres et de prises de paroles, dont la mise en oeuvre dépendait de la bonne volonté des politiques. Cette dernière a manqué de manière évidente en 2006, quand Lech Kaczynski, offusqué d'avoir fait l'objet d'une caricature publiée par un journal allemand, a tout simplement annulé le sommet de Weimar.

 

En réunissant à Varsovie Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, le président polonais Bronisław Komorowski a montré que la plate-forme de discussion polono-germanofrançaise doit gagner en importance, surtout dans le contexte actuel difficile pour l'UE, où l'Europe craint une division entre les pays de la zone euro et les autres. Selon les souhaits des trois dirigeants, les rencontres dans le cadre du Triangle devraient désormais être régulières. Il est également prévu d'organiser une réunion conjointe avec le président russe Dmitri Medvedev. Ce qui laisse présager que la réanimation du triangle peut être couronnée de succès. Cette coopération dans ce cadre ne devrait surtout pas être réduite à un rendez-vous annuel dans un joli palais, restreint au cercle des plus importants hommes politiques polonais, allemands et français. L'action du triangle devrait s'étendre à l'ensemble de la classe politique des trois pays, et à la coopération entre les scientifiques, les élus locaux, ainsi qu'à des échanges de jeunes.

 

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Une coopération qui résiste aux changements politiques
Osons imaginer la situation où, pendant que les hommes politiques des trois pays négocient les termes d'une stratégie commune pour la politique énergétique de l'UE, les directeurs des instituts de recherche et les maires signent des accords de coopération trilatérale. Ou un autre scénario: l'UE adopte des sanctions contre le régime d'Alexandre Loukachenko, tandis que les universités polonaises, allemandes et françaises ouvrent leurs portes aux étudiants biélorusses. Comme le montre si bien l'exemple de la coopération francoallemande de ces 50 dernières années, une fois mise en place et ancrée, une coopération perdure et résiste aux changements politiques. Dans cette hypothèse, une réanimation du triangle ne serait plus que jamais nécessaire.


Vu d'Allemagne
Ne pas tomber dans la facilité


Le bilan du triangle de Weimar depuis sa création en 1991 est proche de zéro, estiment les politologues Daniela Schwarzer et Kai Olaf-Lang dans Die Zeit. La France a fait preuve d'anémie, d'incompréhension et parfois d'arrogance, tandis que l'Allemagne se concentrait sur le partenariat franco-allemand et que la Pologne était prise dans "l'effet Kaczynski“. Mais "pour l'Allemagne, confrontée a des attentes accrues de la part de ses vingt-six partenaires européens“, le triangle offre "un complément propice au partenariat intense avec la France“, estime les chercheurs. Mais si "Paris, Berlin et Varsovie continuent à sauter de sommet en sommet sans traverser les vallées ensemble“, le triangle restera sans importance politique. "Cela ne serait pas grave. Mais dans ce cas, il faudrait dire adieu à cette nouvelle d'un trio à l'importance européenne.“

 

Le triangle de Weimar sort de l’oubli
Source, journal ou site Internet : Gazeta Wyborcza
Date : 8 février 2011
Auteur : Bartosz T. Wielinski

23:39 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, europe centrale, pologne, allemagne, france, triangle de weimar, russie, coopération | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/02/2011

Regard sur la Russie...Le nationalisme s'affiche!

La Russie connaît un nombre croissant d'actes xénophobes et racistes. Récemment, plusieurs villes ont été le théâtre de pogroms anti-Causasiens. Alors que se profilent des échéances électorales, cette résurgence de l'ultra- nationalisme a de quoi inquiéter.

 

http://www.dna.fr/fr/images/8f484d04-587f-4706-bd31-dc3f78f537eb/DNA_02/Les-incidents-de-samedi-soir-certains-groupes-de-supporters-sont-tres-lies-aux-mouvements-nationalistes-radicaux.-(Photo-AFP).jpg


Alors que la Russie entre en période électorale avec les élections à la Douma, en novembre, et la présidentielle, en avril 2012, la montée des pulsions xénophobes et racistes entretenues par les mouvements nationalistes et qui va, à coup sûr, être exploitée par les différents partis en campagne, constitue un danger réel pour l'avenir du pays. La Fédération de Russie n'a pas de parti nationaliste. Le Parti national libéral de Vladimir Jirinovski, qui fait dans l'anti-occidentalisme et le populisme primaire, a été créé en 1991 par le KGB pour tenter, avec l'aide de cette «pseudo-opposition de droite», de canaliser à la fois les mécontentements et les pulsions nationalistes.

 

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Cyber-nationalisme
Cette initiative n'a pas empêché la constitution d'un mouvement nationaliste, qui compte plusieurs milliers - 40.000 selon une source du FSB (Service fédéral de sécurité) qui désire demeurer dans l'anonymat - de groupuscules proférant une idéologie nationaliste, voire nationale-socialiste. Ces formations, constituées de quatre ou cinq personnes, sont autonomes, sans autorité supérieure et professent une idéologie ultranationaliste, voire pour certains ouvertement fascisante. Leurs membres vivent dans la clandestinité parfois complètement coupés de leur famille, communiquant entre eux sur internet ou par SMS. Ils n'ont pas d'état d'âme, bien entraînés, souvent armés, et décidés à en découdre avec «les ennemis de la nation russe».


Le mouvement nationaliste n'est pas homogène, loin s'en faut, il compte dans ses rangs des personnes très différentes : skinheads, anciens criminels reconvertis, chrétiens orthodoxes, athées et même des groupuscules qui se réclament ouvertement du paganisme estimant que le «christianisme et la religion juive ont détruit la force du peuple russe en y introduisant des éléments qui lui étaient étrangers et en particulier la compassion».

 

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Une autre vision de l'Histoire
Reste que, pour le moment, ces différences passent au second plan, «certes, il existe de nombreuses différences entre nous, mais ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous divise. Nous en avons assez d'être considérés comme des citoyens de seconde zone dans notre propre pays et d'être les cibles de terroristes que nous subventionnons», résume Igor avant d'ajouter : «Il faut renvoyer chez eux tous les émigrés en situation irrégulière dans leur pays d'origine et instituer un système de visas avec les pays de l'ex- Union soviétique.» Oleg, lui, revient sur l'Histoire qu'il interprète à sa façon : «La révolution a été faite par des étrangers, juifs, baltes, polonais, ils ont tué le tsar russe et ont mis leurs hommes à la place des nôtres... et le comble, c'est que nous sommes toujours dans ce schéma.»


«La Russie pour les Russes»
Les pogroms anti-Caucasiens qui se sont produits le 11 décembre à Moscou et dans plusieurs autres grandes villes, à la suite du meurtre d'un jeune supporter du club Spartak par les Daghestanais, témoignent du haut degré de préparation des nationalistes et de la redoutable efficacité de leur propagande et de leurs méthodes ; en moins de deux heures, dix à quinze mille jeunes, hurlant des slogans fascistes, se sont retrouvés sur la place du Manège, située à deux pas du Kremlin. Des jeunes Kirghizes, qui se trouvaient sur la place pour déblayer la neige, ont été sauvagement tabassés sous les yeux de la police. Quant à la population, elle soutient les revendications des nationalistes même si elle n'approuve pas toujours leurs méthodes, selon un sondage de l'institut Levada, effectué avant l'attentat de Domodedovo, 55 % des personnes interrogées ont répondu qu'elles étaient d'accord avec le slogan «La Russie pour les Russes».

 

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Le DPNI, un parti néo-nazi sans complexes
Mouvement-phare du nationalisme russe, le Parti contre l'émigration clandestine (en russe DPNI) qui s'est illustré pendant les émeutes du 11 décembre sur la place du Manège à Moscou, est une organisation néonazie.
Son idéologie s'apparente à celle du troisième Reich adaptée à la situation de la Russie actuelle.
1.600 membres actifs
Créé en 2002, à Moscou, par une poignée d'activistes, le parti compte à l'heure actuelle 1.600 membres actifs, en majorité des hommes âgés de 18 à 50 ans recrutés par les activistes et sur internet. Son fondateur, Alexandre Belov-Potkine, est un ancien dirigeant de «Pamiat», association ultra-orthodoxe inspirée dans les années 90 par le KGB pour contrôler les mouvances religieuses. Par ailleurs, selon le site «kompromat.ru», généralement très bien informé, Alexandre Belov-Potkine aurait été très proche du Kremlin au moment de la fondation de son parti... Contrairement à l'autre parti ultranationaliste, «l'Union slave», le DPNI n'est pas seulement une organisation paramilitaire. Si les deux organisations se préparent «pour un scénario à l'égyptienne» que le président du DPNI, Vladimir Ermolaev, juge «inévitable», le DPNI mène également le combat sur le plan politique et ne néglige pas l'aspect social en apportant une aide tant juridique que matérielle aux Russes victimes des violences perpétrées par les Caucasiens.

 

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Des symboles hitlériens
Le DPNI emploie, sans état d'âme, la symbolique nazie. «Hitler n'a pas fait que du mal, il a rendu à l'Allemagne humiliée par les forces alliées et le Traité de Versailles (1919) son honneur et sa grandeur, nous voulons faire la même chose pour la Russie, c'est la raison de notre attachement à ces symboles», déclare Vladimir Ermolaev, probablement victime d'amnésie sélective. Et d'ajouter : «Si le gouvernement faisait ce qu'il doit pour le pays, nous n'aurions pas besoin d'avoir recours à des symboles appartenant à d'autres nations.» En ce qui concerne la «gangrène caucasienne» qui, selon lui, commence lentement à pourrir le reste du pays, le DPNI se prononce pour une thérapie de choc : l'abandon pur et simple des six petites républiques du Caucase qu'il ressent comme un «nid de terroristes» et «un puits sans fond sur le plan financier». «La Russie a très bien vécu sans le Caucase. La région a été conquise par l'armée impériale avec de grandes difficultés au XIXe siècle, à la suite d'une guerre sanglante», déclare le président du DPNI, qui veut ignorer les conséquences géopolitiques que l'abandon du Caucase ne manquerait pas d'avoir non seulement pour la Russie mais pour la stabilité de l'ensemble de la région.

 

Russie - la dangereuse montée du nationalisme
Source, journal ou site Internet : Le télégramme
Date : 6 février 2011
Auteur : Nathalie Ouvaroff

 
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