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04/06/2011

Les révolutions arabes vues par le renseignement, que d'illusions!!

De retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.

 

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Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.


Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.


Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?


En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.


Et en Tunisie ?
Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés.


C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime.


L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi
n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.


Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée.

 

Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente.


D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.


Comment lisez-vous la situation actuelle ?
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à
l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée.


D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?

 

Les révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués.
Source, journal ou site Internet : la Tribune
Date : 2 juin 2011
Auteur : Eric Dénécé, propos recueillis par Valérie Segond

23/09/2010

Académie du renseignement pour une "communauté d'esprit"

Le Premier ministre a inauguré la première session de ce centre de formation très spécial dont un des objectifs est de favoriser la coopération entre services. François Fillon a également rappelé les actions du gouvernement pour renforcer le contrôle démocratique du renseignement.


« Mesdames et messieurs, nous avons créé l’Académie du renseignement dont nous inaugurons aujourd’hui la première session»


, a déclaré le Premier ministre, François Fillon, devant une assemblée de membres des services de renseignement, lundi 20 septembre à l’Ecole militaire à Paris.

 

http://www.diagorapress.fr/wp-content/uploads/cache/15000_NpAdvHover.jpghttp://www.theatrum-belli.com/media/00/01/815959482.jpg


La création de l’Académie (cliquez le lien) , officielle depuis le 13 juillet dernier, est une des mesures emblématiques du renforcement du renseignement en France et dont le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale , publié en 2008, a été l’élément fondateur.


« Parce que l’identification même des menaces est devenue cruciale, jamais le renseignement n’a été pour notre pays une priorité stratégique aussi haute »

 

, a rappelé le chef du gouvernement.


L’objectif de l’académie est de créer « une communauté d’esprit » entre les différentes agences de renseignement françaises. Elle s’adresse à des cadres déjà expérimentés. « Face [aux] menaces, la différence entre l’intérieur et l’extérieur n’est plus aussi tranchée qu’auparavant. Entre le policier et le militaire, les missions sont de plus en plus complémentaires », a expliqué François Fillon.


Entre la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM), la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), le Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (Tracfin) et la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), « le temps des rivalités est révolu », a souligné le Premier ministre.

François Fillon a d'ailleurs noté ces dernières années qu'« une véritable évolution des esprits a accompagné les évolutions institutionnelles ».
Le chef du gouvernement a également rendu hommage aux femmes et aux hommes qui, dans le secret exigé par leur mission, mobilisent chaque jour des qualités telles que « la culture ; le sens des évolutions historiques ; la faculté d’anticiper ; la rigueur intellectuelle ; l’expertise technologique ; l’adaptation permanente », au service de la sécurité des français.

 

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L’exigence déontologique
Dans son discours, le Premier ministre a fortement insisté sur « la rigueur déontologique » imposée par « l’idéal démocratique ».
« Entre démocratie et renseignement, l’histoire nous apprend que les relations n’ont pas toujours été sereines », a rappelé François Fillon, notant que le gouvernement avait apporté une réponse « dès octobre 2007, avec le vote de la loi portant création d’une délégation parlementaire au renseignement ». « C’est une contrepartie légitime aux pouvoirs particuliers dévolus aux services », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a toutefois précisé que:


« le secret a sa légitimité. La transparence absolue est impossible ».

 

Environ 12.000 hommes et femmes sont chargés de la collecte du renseignement ou du contre-espionnage français.

 

Académie du renseignement : « former une communauté d’esprit »
Source journal ou site Internet : portail du gouvernement
Date : 22 septembre 2010
Auteur : Laurent Bastide

 

Va remplacé à terme:

 

En attendant la création de l’Académie du renseignement préconisée par le Livre blanc sur la défense, le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) propose pour cette année le premier diplôme privé d’études supérieures de Management des services de renseignement et de sécurité, le DPES Mars, correspondant à un 3e cycle universitaire (bac+5/mastère).

Programme MARS 2010-1

.

Éric Denécé, directeur du CF2R, présente la finalité de cette formation professionnelle diplômante un peu particulière:
« Qu’est-ce que le renseignement ? À quoi sert-il ? Dans quel but fait-on appel aux services ? Comment s’organise la profession?
Dans le monde francophone, le renseignement reste perçu négativement, victime d’une large méconnaissance et d’idées reçues.
Cette formation permettra la découverte de ses diverses finalités et applications, de ses différents métiers et services, et présentera les nouveaux défis qu’elle doit relever, parce que le renseignement est un métier d’avenir.
L’objectif est que les participants soient capables de diriger, de gérer ou de contrôler efficacement les services, de s’y intégrer avec succès, ou de travailler efficacement avec eux.
»

.

Qualité des intervenants et programme 

Cet enseignement de haut niveau sera dispensé par une quarantaine d’intervenants, anciens des renseignements français, belge, canadien, allemand, russe, israélien et américain, mais aussi consultants en intelligence économique, journalistes, chercheurs universitaires, policiers et militaires… une formation pluriculturelle donc, assez originale, proposée en deux formules, une session répartie sur l’année universitaire, l’autre regroupée en session estivale.
La liste des intervenants est plutôt alléchante…

Il n’y a pas de condition de nationalité à remplir pour suivre cette formation, dont le coût est de 15000 euros HT.

Vous voulez vous inscrire ? Les informations générales, programme et dossiers de candidature sur le diplôme 2010 sont disponibles ici.

11:41 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espionnage, renseignements, sécurité, services secret, dgse, drm, fillon, cf2r | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/09/2010

Mossad...

Israël.

Un ex-chef des services secrets israéliens ouvre ses dossiers.

 

http://4.bp.blogspot.com/_59-4lYwoho0/SLLCTpcFtFI/AAAAAAAAAnU/a4ORhQQv0ZU/s320/Mossad_seal.png

 

Dans les papiers du Mossad


Rencontre, à Tel-Aviv, avec Dany Yatom, l’ancien chef des espions israéliens. Son livre de souvenirs
dévoile certains dessous de l’histoire récente.


Auteur de Dans le secret de la Sayeret Matkal [une unité d’élite de Tsahal utilisée par le Mossad], un pavé
de 400 pages (bientôt traduit en anglais), Dany Yatom lève le voile sur différentes affaires sensibles qui
défrayèrent la chronique de la guerre secrète entre Israéliens et Palestiniens ou les coulisses des
négociations israélo-syriennes à la fin des années 1990, au cours desquelles Nétanyahou (aujourd’hui
premier ministre) aurait accepté, via son émissaire Ron Lauder, de restituer le Golan en échange d’une paix
avec Damas.


Yatom n’est pas le premier patron du Mossad à écrire ses Mémoires. En 2006, Ephraim Halevy, neuvième
directeur des services secrets israéliens, s’était déjà livré à l’exercice. Mais aucun responsable de
“l’Institution” ne peut se prévaloir de son parcours exceptionnel. Ex-secrétaire militaire de Yitzhak Rabin et
de Shimon Peres, patron du Mossad de 1996 à 1998, durant le premier mandat de Benyamin Nétanyahou,
Yatom fut le chef de cabinet d’Ehud Barak puis député travailliste à la Knesset avant de se retirer de la vie
politique en 2007. Notre correspondante a pu le rencontrer.


L’assassinat d’un chef du Hamas à Dubaï ne vous rappelle-t-il pas l’élimination ratée de Khaled
Mechaal à Aman, sous votre responsabilité de patron du Mossad ?

Je ne souhaite pas commenter l’épisode de Dubaï. En revanche, j’accorde beaucoup d’importance à cette affaire Mechaal. Les gens ont le droit de savoir ce qui s’est passé. Le Mossad est une agence performante mais comme ses opérations ont
vocation à rester secrètes, le public n’est pas censé connaître ses succès et on n’en connaît que les échecs. Ils
ont droit à une forte couverture médiatique parce que le Mossad n’agit que dans des pays tiers.


Conséquence ?

Lorsque quelque chose se passe mal, le Mossad n’a pas les moyens de le dissimuler. Le
Mossad étudie aussi les leçons du passé. La plupart des facteurs d’échec tiennent au fait que les agents, des
personnes très motivées et entraînées, ont tendance à penser – une fois sur le terrain – qu’elles en savent plus
que leurs supérieurs…


C’est ce qui s’est passé à Dubaï ?

No comment…

(cliquez lien ici +(pdf) sur ce que discerne les ssf: DUBAï/ISRAëL : RETOUR SUR L'OPÉRATION "HOMO" CONTRE UN RESPONSABLE DU HAMAS )


Quelles sont les priorités du Mossad ?

La priorité numéro un est de saper toute tentative iranienne d’acquérir des armes militaires non conventionnelles. La Syrie possède déjà une batterie de missiles et d’ogives chimiques. Mais Téhéran fait peser une menace existentielle sur nous. Le Mossad doit se consacrer davantage à la lutte antiterroriste, au côté du Shin Bet [les services secrets intérieurs] et de Tsahal, puisque l’essentiel des actions terroristes est amorcé en dehors de nos frontières.


Croyez-vous réaliste de relancer les négociations avec la Syrie qui vient de livrer des missiles au
Hezbollah libanais ?

Oui. Les dernières évolutions géopolitiques prouvent qu’Israël est plus isolé que jamais. Le temps joue contre nous.


Alors ?

Nous devons reprendre l’initiative.

 

http://belforum.net/img/depot20/e55b6cd94a0b10c11412f3f65a0589b3.jpg

cliquez l'image du siège du Mossad et lire bio


Pourquoi ?

La situation est sans précédent depuis la création de l’État hébreu. Nos liens avec l’Europe et la
Turquie se sont distendus, sans parler des tensions avec l’administration américaine. Israël me semble assez
solide pour prendre des risques calculés. Il faut avoir le courage de s’engager sur la voie des négociations, en
s’appuyant sur l’initiative de paix saoudienne. Cette base de discussions devrait s’appliquer sans plus
attendre au dossier syrien. Il y a beaucoup à gagner d’un accord avec Damas.


À quel prix ?

Certes, Israël paierait un prix élevé en cédant le Golan. Mais un tel accord pourrait affaiblir la
relation entre Damas et Téhéran, remettre en question les liens entre la Syrie et le Hezbollah, le Hamas
comme le Djihad islamique, et relancer les négociations avec les Palestiniens.


Vaste programme…

Mahmoud Abbas reste plus modéré qu’Arafat et use d’une bonne rhétorique. Mais il
ne contrôle ni le Hamas ni la bande de Gaza. Il ne représente que la moitié du peuple palestinien. Cela veut
dire qu’Israël n’a pas de partenaire pour un accord de paix permanent mais un interlocuteur pour des accords
d’intérim. C’est pourquoi il faut tout faire pour aider les Palestiniens à améliorer leurs forces de sécurité, afin
de leur permettre de lutter contre les bases terroristes. Nous devons les encourager dans leurs efforts pour
mettre en place des institutions civiles, comme prélude à la création d’un État palestinien.


Entre Jérusalem et Washington, cela ne va pas très fort…

Il faut des priorités. Notre principale préoccupation est de désamorcer la menace iranienne. Si le dossier des colonies devient une pomme de discorde, l’attention n’est plus centrée sur Téhéran. Il me paraît donc souhaitable d’appliquer le gel des colonies pendant un certain temps. Benyamin Nétanyahou a très mal commencé son mandat. Lors de sa
première rencontre avec Barack Obama, il s’est refusé à évoquer une solution à deux États, alors que le
président américain l’avait quasiment supplié de le faire.


L’Iran est-il vraiment le seul gros problème d’Israël ?

Un Iran nucléaire représente un problème pour le monde entier. Son arsenal de missiles de longue portée menace l’Arabie Saoudite, comme les puissances européennes. In fine, je pense qu’une opération militaire sera nécessaire mais elle ne devra se faire que dans le cadre d’une coalition menée par les États-Unis.


Que fait le travailliste Ehud Barak, dont vous êtes proche, dans l’actuel gouvernement de droite ?

J’ai démissionné de la Knesset au lendemain de la publication du rapport Winograd sur la seconde guerre du
Liban. À cette époque, j’estimais déjà que Barak n’avait rien à faire dans le gouvernement Olmert. Il en va
de même aujourd’hui. Le pays doit s’appuyer sur une coalition rassemblant les partis de droite Likoud, le
centre Kadima et les travaillistes.


Israël est sous le choc de l’affaire Anat Kamm, cette ex-soldate qui a volé des documents militaires
pour les transmettre à la presse. Qu’en pensez-vous ?

Cette affaire est extrêmement grave. Une soldate qui vole délibérément des documents secrets et les transmet à un journaliste ne doit en aucun cas rester impunie. Je n’ai pu publier mon livre et certains documents inédits qu’avec l’aval de la censure militaire et du Mossad. Certaines pages ont été éliminées. Personne ne peut me reprocher d’avoir utilisé des documents secrets à des fins personnelles.


Propos recueillis par Nathalie Harel
Jean-Claude Tourneur
Rédacteur en chef d'Enjeux
jeanclaude.tourneur@afnor.org
Tél: 01 41 62 82 53
Fax: 01 49 17 90 69
www.enjeux.org

 

Source IHEDN

RENSEIGNEMENTS EXTERIEURS - INTERIEURS - INTELLIGENCE ECONOMIQUE

Source journal ou site Internet Enjeux
Date : 2 septembre 2010

 

Le mossad recrute:

 

http://www.fas.org/irp/world/israel/mossad/mossad_ad.gif

18:33 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : mossad, espionnage, renseignements, israël, palestine, dany yatom, tsahal, golan, syrie, hamas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/08/2010

Linky, un espion bientôt au sein de notre maison?

Compteur électrique "intelligent" : on vous espionne ?

 

http://www.cleantechrepublic.com/wp-content/uploads/2009/05/corps_linky_090527.jpg


Sous le doux nom de projet "Linky", le nouveau compteur électrique "intelligent" est
présenté comme le remède pour alléger vos factures, mais à la condition de lui ouvrir
les portes de votre vie privée.

 

http://www.freenews.fr/local/cache-vignettes/L400xH364/linky-7906f.jpg

cliquez lire bio LInky

 

En passe de remplacer les boîtes bleues électromécaniques, les nouveaux
compteurs électriques sèment le doute. Alors qu'ils n'en sont qu'au stade
d'expérimentation, la Commission nationale de l’informatique et des libertés
(CNIL) s'inquiète déjà de leurs possibilités. Dans un rapport publié le 5 août dernier,
elle pose les risques d'un tel appareil dans vos maisons.


Le côté gênant du compteur "intelligent" vient de sa capacité à rendre des rapports
très détaillés sur votre consommation personnelle. Il connaît vos habitudes
quotidiennes comme les horaires de réveil, le moment où vous prenez votre
douche, ou lorsque vous utilisez certains appareils comme le four et le grille-pain.
Touts ces détails sont envoyés à votre fournisseur d'énergie toutes les 10 à 30
minutes.

 

http://www.cleantechrepublic.com/wp-content/uploads/2009/05/corps_linky3_090527.jpg

http://www.ginjfo.com/Publics/PhotoNews/Linky_01.gif

 

Autre problème : un employé peut interagir avec votre environnement, via une simple
interface internet. Il peut modifier la puissance de votre abonnement ou couper
votre alimentation à distance.


Sans être alarmante, la CNIL rappelle que ces possibilités devront être "parfaitement
sécurisées pour éviter toute utilisation frauduleuse".


L'avantage reste qu'en connaissant en détails votre consommation électrique, le
fournisseur d'énergie peut vous proposer des offres plus personnalisées. Le Linky
est aussi écologique car les fournisseurs peuvent réguler plus précisément leur débit
d'électricité. Ces appareils devraient commencer à être installés dans vos maisons
d'ici 2016. En attendant, la CNIL assure qu'elle suivra "avec attention le
développement de ces systèmes".

 

 

 

 

Source IHEDN

Renseignements extérieurs. – intérieurs.- Intelligence économique :
Source journal ou site Internet : S-Planet.fr
Date : 16 août 2010
Auteur : Fabien Navetat

21/08/2010

Liberté et Services secrets, en savoir plus.....à lire!

Il ne se passe une semaine sans que le public ne soit informé des turpitudes des services secrets, en particulier de celles « commises » par les Américains : transferts de prisonniers vers des pays tiers, espionnage des transactions financières internationales, enlèvements de terroristes supposés, etc. Les media montent en exergue ces affaires car, dès que l'on parle de services secrets, le taux de vente des périodiques (actuellement en crise) et l'audimat des journaux télévisés augmentent considérablement. C'est le syndrome de « James Bond » car ce type d'information a toujours intéressé les foules avides de romanesque et de sensationnel. Cependant, cet état de fait a des conséquences extrêmement dommageables, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale.

 

http://actualite.portail.free.fr/monde/26-07-2010/des-documents-revelent-que-les-services-secrets-pakistanais-aideraient-les-talibans-afghans/1144344_3_d0f2_des-soldats-americains-a-la-frontiere.jpg

Les conséquences néfastes d'une surmédiatisation des services

Le premier problème posé réside dans le fait que le monde politique s'empare de ces informations divulguées par la presse afin de prouver qu'il existe et qu'il a à cacher de nombreuses incuries. L'Union européenne, grande « donneuse de leçons de morale » à l'ensemble de la planète, et dont les représentants semblent avoir de piètres connaissances en Histoire, est d'ailleurs toujours très prompte à réagir, généralement en condamnant ces agissements, surtout quand ils sont imputés aux Américains. Des hommes politiques, notamment Allemands, sont en pointe dans ce processus. Par exemple, ils n'hésitent pas à mettre en cause l'action de leurs propres services lorsqu'ils sont soupçonnés d'avoir fourni des informations à leurs homologues américains lors de l'invasion de l'Irak, opération militaire, il est vrai, condamnée à l'époque par le gouvernement berlinois.


Le deuxième problème provient du fait que lorsqu'une action secrète est étalée au grand jour, elle ne peut plus se poursuivre, au moins durant une longue période.


La troisième conséquence, sans doute la plus tragique, est que parfois, la sécurité de membres des services secrets - et plus encore celle de leurs correspondants extérieurs - est mise en jeu. Cela peut aller jusqu'à leur élimination physique. Durant la Guerre froide, plusieurs affaires de ce genre ont coûté la vie à des agents recrutés dans les pays de l'Est. Actuellement, l'adversaire, qu'il soit terroriste ou criminel, ne fait pas non plus de cadeau à ceux qu'il considère comme des traîtres. La sanction est généralement la mort, précédée de tortures infligées « pour l'exemple ». Il est d'ailleurs curieux que les « intellectuels » si prompts à dénoncer les actions américaines ne se mobilisent pas de la même manière pour condamner ces crimes abominables. Un parallèle peut être fait avec les guerres révolutionnaires. Certaines élites se sont apitoyées, parfois à juste titre, sur le sort des victimes des forces colonialistes (selon ces mêmes élites, les Américains entrent aujourd'hui dans cette catégorie). Par contre, elles n'ont pas versé une larme pour les prisonniers français du vietminh - or, le pourcentage des survivants des camps de rééducation vietnamiens est inférieur à celui des camps de concentration nazi - ni pour ceux du FLN algérien - qui n'a jamais rendu un détenu français vivant, sans oublier le douloureux problème des Algériens qui avaient choisi la France. Pas de protestation non plus pour les soldats israéliens capturés par des groupes palestiniens - que l'Etat juif ne récupère, souvent après d'âpres négociations, que les pieds devant - ou pour les Américains faits prisonniers par la « résistance » irakienne qui les torture avant de leur trancher la gorge. Leur compassion ne va pas non plus aux millions de victimes des goulags soviétiques, des martyrs cambodgiens et des prisonniers politiques enfermés à Cuba, en République populaire de Chine, en Corée du Nord ou dans les jungles colombiennes1.


Si l'exploitation mercantile du filon que constituent les affaires d'espionnage est la motivation première des media, ce n'est bien sûr pas le cas de certains hommes politiques qui voient là une manière de participer à l'affaiblissement des Etats-Unis qu'ils considèrent, sans le dire ouvertement, comme leur véritable « ennemi ». Les terroristes de toutes obédiences recueillent toute leur « sympathie » car, s'ils en sont là, c'est bien sûr la faute à la mondialisation qui, selon eux, a poussé des peuples entiers dans la misère, creusant ainsi le lit de la « résistance à l'oppresseur », peu importe si celle-ci se traduit par des exactions qui devraient être condamnées par la communauté internationale.

 

http://www.lun-deux.fr/Lun_deux/Lun_deux_files/shapeimage_1.jpg

Mieux comprendre la spécificité des services secrets

Afin d'éclairer le public, il convient de revenir sur ce que sont réellement les services secrets.

Premier point fondamental, ce sont des organismes d'Etat qui obéissent au pouvoir politique en place et donc, n'agissent pas à leur guise. En conséquence, toute opération d'importance doit recevoir l'aval du pouvoir politique, souvent du plus haut niveau étant donné la sensibilité des sujets traités. Les « services » permettent aux gouvernants de s'affranchir des lois nationales et internationales qui deviennent de jour en jour plus contraignantes. La première mission de ces services est d'obtenir des renseignements, c'est-à-dire des informations secrètes. Au temps de l'Internet, d'aucuns s'imaginent que tout est connu, qu'il est impossible de cacher des informations aux journalistes, aux diplomates et autres observateurs de la scène internationale. Cela est vrai dans 90 % des cas, mais, ce qui est vraiment utile aux décideurs, ce sont les 10 % qui restent : l'information cachée : le renseignement.

http://cyberechos.creteil.iufm.fr/cyber20/Ailleurs/secrets.jpg

Afin d'obtenir ces renseignements, les services utilisent plusieurs moyens.

  • Les moyens techniques, qui sont constitués par les interceptions radioélectriques, les photos ou films pris à l'aide de satellites, d'avions espions ou de drones. Les progrès technologiques ont considérablement augmenté l'efficacité de ces méthodes, mais les spécialistes se sont vite rendu compte de leurs limites. Par exemple, afin de ne pas être repérés par les caméras infrarouges aéroportées, les Serbes déplaçaient leurs engins blindés en les attelant à chars à bœufs qui diffusent moins de chaleur que des moteurs tournant, même au ralenti. Une contre-mesure très efficace a également fait ses preuves. Il s'agit de la déception. Durant la Seconde Guerre mondiale, afin de faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, les Américains ont constitué une véritable armée fictive équipée de leurres (chars gonflables, campements inoccupés, réseau radio d'un véritable corps d'armée, etc.) que les services allemands pouvaient surveiller à loisir. Pour apporter une crédibilité supplémentaire, la direction de cette « Armée » avait été confiée au Général Patton, très estimé pour ses compétences militaires par le haut commandement allemand. Cette opération est connue sous le nom code de « Fortitude ». Aujourd'hui, il est probable que les Iraniens se livrent à ce même type de subterfuge afin de multiplier les cibles à atteindre en cas de frappe américaine. Enfin, la méthode de la saturation, notamment dans le domaine des écoutes radioélectriques, est aussi une contre-mesure très efficace. Les analystes ont le plus grand mal, malgré des moyens de sélection informatique performants, à sortir le renseignement exact et utile au milieu du fatras de retranscriptions d'enregistrements fantaisistes.

  • Les moyens humains consistent principalement à recruter des agents (leur motivation est la plupart du temps financière, mais il peut également s'agir d'opposants aux régimes ou mouvements espionnés) et des Honorables Correspondants (HC) qui sont en général des natifs du pays agissant.

    Ils comprennent également les moyens collaborationnels, c'est-à-dire les échanges de renseignements entre les services de différents pays dont les intérêts sont communs. Ces sujets d'intérêt commun sont prioritairement la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale. Par contre, dans le domaine de l'espionnage économique pudiquement désigné sous le vocable d'« intelligence économique », la coopération est exclue dans la plupart des cas, les intérêts nationaux restant bien sûr prépondérants.

  • Le débriefing de prisonniers qui peut fournir des renseignements utiles mais, défaut majeur, ces derniers datent toujours. Le plus intéressant consiste alors à tenter d'en retourner un certain nombre et à les réintroduire dans leur ancien milieu. Ils deviennent alors des agents. Cette manœuvre est particulièrement délicate, surtout pour la sécurité des intéressés. De plus, ils peuvent très bien trahir une seconde fois.

  • Les moyens opérationnels souvent popularisés au cinéma, qui consistent purement et simplement à voler les renseignements recherchés. Par exemple, dans les années 1990 , des hommes d'affaires participant à un congrès international en Chine ont pu constater que leurs ordinateurs portables avait été vidé de leur contenu. Cette action fut cependant un travail bâclé puisque le vol de données a pu être constaté. En effet, à la différence des voleurs, les membres des services secrets se livrant à ce type d'activité ne doivent en aucun cas laisser d'indice permettant de détecter leur opération.

  • La « diplomatie secrète ». Les services se doivent de maintenir le contact avec les gouvernements et les mouvements déclarés politiquement infréquentables, afin de continuer à recueillir des renseignements mais également, savoir qui est qui et avec qui discuter le jour où les sanctions ne sont plus de mise. C'est là une mission qui est interdite aux diplomates classiques qui reçoivent pour consigne de ne pas côtoyer ces « infréquentables ». Ce fut le cas de la Libye, de la Chine, de l'ex-Yougoslavie, aujourd'hui de la Biélorussie, de la Corée du Nord, etc. Pour ce qui est de la France, les diplomates de ces pays en poste dans des pays tiers sont alors « privés de petits fours », c'est-à-dire qu'ils ne sont plus invités aux réceptions données par l'ambassade de France et les diplomates hexagonaux ont ordre formel de ne pas se montrer en public avec leurs homologues considérés comme des pestiférés. Là, les membres des services ont un rôle à jouer. C'est également le cas avec des mouvements d'opposition, même s'ils sont violents. En effet, si d'aventure, ils parviennent au pouvoir, il faut connaître un tant soit peu ces nouveaux interlocuteurs.

    Les services ont une deuxième mission « action » qui permet aux dirigeants politiques d'agir là où leur pays d'origine ne doit pas apparaître. Elle peut revêtir différentes modalités :

  • L'action clandestine directe . Ces missions sont du ressort d'organismes spécialisés dont les opérations doivent rester cachées au grand public, car ces dernières pourraient créer des incidents diplomatiques graves, surtout en cas d'échec (cf. l'affaire Greenpeace qui a embarrassé la France pendant des années). C'est là que réside la différence fondamentale entre les forces spéciales et les services action. Même si les savoir-faire sont globalement les mêmes, les forces spéciales n'interviennent que là où leur Etat est officiellement engagé. Par exemple, en Afghanistan, les forces spéciales mènent des opérations tenues secrètes afin que les Taliban ne puissent trouver les parades efficaces. Mais pour mener une opération « homo » (neutralisation d'individus) ou « arma » (destruction de matériels) au Pakistan, c'est la CIA qui s'en charge car il y a alors indubitablement violation de la souveraineté pakistanaise.

  • L'assistance technique secrète. L'aide apportée à des mouvements d'opposition est également du domaine de l'action. On l'a bien vu avec le soutien que les Américains ont apporté à l'Alliance du Nord en Afghanistan. Le but consistait à faire renverser le pouvoir de Kaboul par les Afghans eux-mêmes.

  • L'intoxication et la désinformation peuvent également être classées dans ce type d'activité car elles ont toujours un objectif offensif. L'opération « Fortitude » citée plus avant, a largement utilisé ces moyens avec de faux agents envoyant de faux rapports à Berlin, des courriers soi-disant secrets découverts par « hasard » et plus terrible encore, des réseaux de résistants préparant le débarquement dans le Pas-de-Calais volontairement sacrifiés, etc. Les Soviétiques étaient passés maîtres dans ce domaine. Preuve en est, plus de quinze ans après l'effondrement du communisme soviétique, il y a encore des gens qui croient « aux petits matins qui chantent ». Beaucoup plus récemment, il semble que les services américains aient été la victime de ce type d'action de la part des Iraniens qui leur ont fait croire en l'existence d'armes de destructions massives en Irak, en particulier via des mouvements d'opposition à Saddam Hussein installés à l'étranger mais pénétrés par leur service de renseignement : le Vevak. Il convient de souligner que les Iraniens jouaient sur du velours, le gouvernement Bush n'attendant qu'un prétexte pour abattre Saddam Hussein. Les services iraniens le leur ont servi sur un plateau et de plus, leur ont fourni les renseignements opérationnels nécessaires qui ont permis aux forces américaines de prendre Bagdad en quelques jours. Quel était l'objectif de Téhéran ? Engager Washington dans un bourbier dont il mettrait des années pour s'en sortir, neutralisant par là même la menace militaire qui pesait sur l'Iran classé à l'époque comme un des principaux pays faisant partie de « l'axe du mal » en raison de sa volonté d'acquérir l'arme nucléaire. Il faut se faire une raison, tant que les forces américaines sont engluées en Irak, elles n'ont pas les moyens opérationnels suffisants pour lancer une offensive contre le régime des mollahs. Accessoirement, Téhéran s'est aussi débarrassé sans intervenir directement, de ses ennemis les plus proches géographiquement : Saddam Husseïn et les Taliban. Un jour, ces Covert Operations seront enseignées dans les écoles d'espionnage comme un modèle du genre.

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La responsabilité des dirigeants politiques

Les gouvernants connaissent tous les moyens décrits ci-dessus. C'est là où ils doivent savoir ce qu'ils veulent. Ou bien ils les emploient en acceptant les risques inhérents encourus, ou ils décident angéliquement de ne pas les utiliser et l'existence même de ces services secrets est alors à remettre en question, car ils ne présentent alors plus aucune utilité. En effet, certains beaux penseurs mettent en avant l'immoralité de telles activités. Cela est le cas en Europe avec l'espionnage industriel, les différents gouvernants ayant rendu hors-la-loi toute  rémunération d'agents destinée à obtenir des renseignements qui permettraient de conquérir certains marchés. Le résultat ne s'est pas fait attendre : de nombreuses officines privées ont vu le jour pour apporter aux différents acteurs économiques les renseignements qu'ils ne pouvaient plus obtenir par la voie gouvernementale.


A terme, il risque d'en être le même pour les autres types de renseignements car on assiste de plus en plus à une privatisation de la recherche secrète qui était auparavant une des missions régaliennes de l'Etat. Les conséquences peuvent être extrêmement néfastes. En premier lieu, l'Etat n'a plus aucun contrôle sur ce type d'activité et il est possible d'imaginer les dérapages qui pourraient en découler. L'efficacité de cette activité, alors devenue privée, risque aussi d'être fortement compromise. En effet, même si une grande partie des membres de ces sociétés spécialisées provient en général du monde du renseignement, ceux-ci ne bénéficient pas de la puissance étatique et, en particulier de la mémoire des services qui stockent les informations depuis des dizaines d'années. De plus, ces sociétés ne possèdent pas la puissance financière nécessaire à la réalisation d'opérations simultanées. Enfin et peut-être surtout, si de nombreuses personnes acceptent de collaborer avec un service officiel, en particulier les HC qui le font souvent par pur esprit patriotique, les informateurs de ces officines ne le feront que pour des raisons purement financières et n'hésiteront pas à vendre les renseignements qu'ils possèdent2. au plus offrant quand ce ne sera pas à plusieurs correspondants en même temps. Même si le renseignement est bon, il ne sera vraisemblablement pas exclusif.

Certains observateurs n'hésitent pas à gloser sur les différents fiascos des services. C'est la contrainte partagée par tous les organismes de renseignement et d'action clandestine : les échecs sont connus et largement exploités ; les succès doivent rester dans l'ombre de manière à ne pas compromettre les actions futures. Cependant, quelques exemples échappent à la règle, souvent dans un but de propagande : par exemple la mort d'Al-Zarqaoui ou des différents « présidents » indépendantistes tchétchènes, qui sont tous tombés les uns après les autres.


En conséquence, il semble évident que tout grand pays doit avoir des services secrets3 et les utiliser de manière adéquate tout un maintenant un strict contrôle sur ces activités de manière à éviter tout dérapage intempestif. Il convient de les utiliser pour les missions qui leur sont propres, et à ne pas de les employer dans des activités que couvrent déjà parfaitement les diplomates et les forces spéciales. Enfin, comme les Israéliens ou les Russes, il faut être prêt à assumer ou à nier, même contre l'évidence. C'est une question de volonté et de courage politique. Jusqu'à maintenant, les présidents G. W. Bush et Vladimir Poutine4 n'en manquent pas, ce qui, à l'évidence dérange nombre d'« imbéciles utiles » comme le disait Lénine lorsqu'il parlait de ce qui est devenu la « vieille Europe ».


Alain Rodier
Directeur de recherche au CF2R

 

  • 1Ou qu'ils ont inventé dans le but de se faire un peu d'argent, les « escrocs au renseignement » vont pulluler
  • 2Même le Japon, pays extrêmement pacifique depuis la fin de la seconde guerre mondiale, est en train de recréer une sorte de « CIA à la nippone ».
  • 3Il vient d'ordonner à ses services de « retrouver et de liquider les assassins des quatre diplomates russes » enlevés en Irak le 3 juin 2006.
  • 4L'auteur n'excuse en aucune manière les exactions commises par quelque partie que ce soit. Il note cependant que du côté occidental, il s'agit très souvent d'actes isolés (sauf dans le cas de la politique d'extermination décrétée par les Nazis) qui sont la conséquence de fautes de commandement impardonnables Ces manquements doivent être sanctionnés avec la plus grande sévérité car, pour tout Etat qui se dit démocratique, il convient de ne pas se placer au même niveau de délabrement moral que l'adversaire.
 
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