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03/06/2011

le «bébé» de M. Sarkozy et «l'Islam de France» made in morocco !!

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), le «bébé» de M. Nicolas Sarkozy depuis la
période où il officiait à l'Intérieur, censé aboutir à un «Islam de France», est en crise.


L'attitude du ministre français de l'Intérieur qui fait la sourde oreille discrédite une structure de plus en plus réduite à être un relais du gouvernement marocain. Le boycott des élections
du CFCM a une explication simple et compréhensible. Il se résume au rejet d'un système assez bizarre retenu pour désigner les grands électeurs : la surface des mosquées. Ainsi, plus la mosquée est grande - et peu importe sa fréquentation-, plus elle donnera d'électeurs. La communauté turque, relativement peu nombreuse en France, se retrouve ainsi sur-représentée du fait de la taille de ses mosquées. Mais cela n'est qu'un exemple, les Turcs n'étant pas – pour l'instant du moins – en compétition pour la représentation du culte musulman.

 

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Le CFCM est d'abord une création du gouvernement français qui cherche, même contre les évidences, à le maintenir tel quel et à favoriser pour des raisons politiques une prééminence des Marocains sur le culte musulman. C'est que «l'Islam de France» ne se décrète pas et les mosquées en France continuent d'être marquées par les appartenances au pays d'origine. Le critère du mètre carré ne permet pas de prendre en compte la représentativité effective. Du coup, les grandes mosquées et les fédérations les plus connues, dont celle de la mosquée de Paris, la mosquée de Lyon, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), vont bouder le vote prévu le 5 juin prochain pour renouveler les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) et le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui représentent les musulmans en France. Le refus de la Grande-Mosquée de Paris de participer aux élections était prévisible et il n'est pas nouveau. Celui de l'UOIF (FM) que dirige le franco-marocain Fouad Alaoui a été un peu moins attendue, même s'il ne cachait plus sa déception à l'égard d'un CFCM devenu un «outil pour exacerber les particularismes » ethnico-culturels. «Nous refusons de participer à un processus qui creuse le fossé entre les musulmans et les responsables de mosquées». Lui également critique une représentation au m² qui «sème «la zizanie et les conflits » dans les lieux de culte et crée «un état de division sans précédent» de la communauté musulmane.

 

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Un CFCM marocain
Ces défections des grandes organisations musulmanes qui veulent un changement dans les
statuts auraient dû, par souci de crédibilité, entraîner un report des élections. Or, le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a assuré qu'il fera l'impossible pour que les élections des instances nationales et régionales du Conseil français du culte musulman (CFCM), prévues les 5 et 19 juin prochain, aient lieu. «La politique du ministère de l'Intérieur qui est la mienne, est de tout faire pour que cette élection ait lieu même si elle est imparfaite», a-t-il dit, insistant sur le fait qu'«il est extrêmement important que le culte musulman soit représenté d'une façon suffisamment unitaire dans le respect des diversités». En réalité, la seule organisation en lice est le Rassemblement des musulmans de France (Maroc) et cela semble apparemment avoir les faveurs du gouvernement français. «Ce sera un CFCM croupion?», a déclaré Kamel Kabtane, recteur de la Grande-Mosquée de Lyon. Et il a les chiffres pour lui.


Dans la région Rhône-Alpes où résident 600.000 musulmans, seuls 35 lieux de culte sur 225 comptent voter. Autant dire que l'élection du CFCM sera pratiquement réduite aux mosquées marocaines. Cela permettra de reconduire Mohammed Moussaoui (marocain) à la tête d'un CFCM qui pourra difficilement parler au nom des musulmans de France. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) devra s'ajouter un autre «M» pour devenir Le Conseil français du culte musulman marocain (CFCMM). «Ce qui est sûr, c'est que le CFCM va partir à vide et donc il fonctionnera à vide. Par conséquent, il n'aura plus la même force ni la même crédibilité. Partant de là, il risque de mourir de sa belle mort», a souligné Kamel Kabtane dans une déclaration à un journal lyonnais.

 

Les élections du Conseil français du culte musulman boudées : une structure qui ne représente plus que les Marocains
Source, journal ou site Internet : Le Quotidien d’Oran
Date : 2 juin 2011
Auteur : Salem Ferdi

19:25 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musulman, islam, religion, sarkozy, culture, cfcm, maroc, mosquée, uoif, moussaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

La galanterie mesdames, connaissez-vous?

Allez en ce jour férié, un peu d'histoire, un peu de légèreté en photo. Tenez, DSK était-il galant?

 

Périodiquement, la presse remonte à la lumière des affaires de moeurs qui impliquent des gouvernants. Il est vrai que le pouvoir attise les passions mais le survol de l'Histoire montre
que ce phénomène a beaucoup évolué selon l'époque et le lieu, des temps préhistoriques à nos jours...

 

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le goujat, lol


Se battre pour des femmes
Sexualité et le pouvoir sont liés depuis la nuit des temps comme nous le rappellent Claude Lévi-Strauss et ses confrères anthropologues. Dans les sociétés paléolithiques comme dans les dernières communautés de chasseurs-cueilleurs, en Amazonie et en Papouasie, les guerres étaient motivées avant toute chose par le souci de s'approvisionner en femmes.

 

Ces guerres étaient au demeurant bien moins meurtrières que celles de notre Néolithique finissant. Elles permettaient aux groupes nomades de se mélanger et, d'une certaine manière, de se rapprocher. On en retrouve la trace dans les mythes qui s'attachent à la fondation de Rome, avec le rapt des Sabines par les compagnons de Romulus. Les jeunes filles ayant eu le loisir d'apprécier les charmes de leurs ravisseurs, elles vont négocier une alliance entre leurs pères et leurs amants. Ce sera le début de la prodigieuse expansion de Rome.


Épouses et mères : Un autre mythe témoigne du chemin accompli par les rudes Romains.
C'est celui de Lucrèce, l'épouse vertueuse d'un jeune patricien. Elle est violée par le fils du roi Tarquin et se suicide après avoir révélé son déshonneur. D'indignation, son époux et ses amis se soulèvent contre le régime, chassent le roi et installent la République.


- Turpitudes romaines : À la fin de la République et sous l'Empire, cette nostalgie d'un Âge d'Or fondé sur la vertu conjugale se confronte à la réalité d'une oligarchie richissime et toutepuissante.


Le grand Jules César suscite l'ironie de son entourage et de ses soldats par ses moeurs bisexuelles dissolues. Ses successeurs ne lui seront pas inférieurs en matière de luxure.


La cour impériale est le lieu de scandales sans nombre au 1er siècle de notre ère. C'est le vieux Tibère nageant avec ses mignons dans la grotte bleue de Capri ; c'est Messaline, épouse de l'empereur Claude, se prostituant dans les bouges de Rome ; c'est Néron tuant d'un coup de pied son épouse Poppée, enceinte... Dans les derniers siècles de Rome, les chroniqueurs s'attardent moins sur les turpitudes des puissants ; ce n'est pas qu'elles soient moindres... Il n'est que de lire Le Satiricon, un roman sans doute écrit à la fin du IIe siècle.

 

Les classes moyennes romaines se montrent plus respectueuses de la tempérance prônée par les philosophes : les chroniques et les stèles funéraires attestent de l'amour conjugal.

 

Celui-ci n'exclut toutefois pas les amours ancillaires (relations sexuelles avec les servantes et les esclaves), jugées comme allant de soi.


- L'amour chevalier : Au tournant de l'An Mil, après les invasions barbares et les violences de la société féodale, l'Église prend les choses en main. Elle stigmatise les mariages forcés et la répudiation ainsi que le goût des seigneurs féodaux pour une polygamie de fait. Elle condamne aussi la consanguinité et l'inceste (cette notion est très large au Moyen Âge).

 

Deux rois capétiens, Robert II et son petit-fils Philippe 1er, font les frais de cette sévérité et sont excommuniés par le pape.


Aux XIIe et XIIIe siècles, les moeurs communes demeurent d'une grande brutalité (lire le roman de Ken Follett : Les Piliers de la Terre). Beaucoup de seigneurs et maîtres ne se privent pas de forcer servantes et paysannes, mais en-dehors de toute légalité. Le «droit de cuissage» est une pure invention des historiens républicains du XIXe siècle Un changement s'amorce en ce qui concerne le regard porté par les nobles et les bourgeois sur les femmes de leur classe. Les troubadours inventent un sentiment nouveau, l'amour. Celui-ci, à leurs yeux, n'a pas grand-chose à voir avec le mariage. C'est ce qui fait son charme. Dans les légendes du roi Arthur, il rapproche une reine et un chevalier servant, Guenièvre et Lancelot, Iseut et Tristan. Il n'empêche que les rois capétiens, sermonnés par l'Église, préfèrent chercher la félicité auprès de leur épouse unique et légitime. En 1226, Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste, rentre d'une expédition contre les gens du Midi. Il tombe malade de dysenterie sur le retour et les médecins lui suggèrent comme remède, à défaut de mieux, l'étreinte d'une vierge. Le roi refuse avec tout ce qui lui reste d'énergie et meurt l'âme en paix.


Son fils Louis IX (futur Saint Louis) est un souverain joyeux et plein de vie. Marié à 20 ans à
Marguerite de Provence, il lui fait onze enfants et lui sera toujours fidèle, n'ayant de cesse de lui rendre hommage, malgré les remontrances de sa mère, la pieuse Blanche de Castille.

 

Tout aussi fidèles en mariage seront ses descendants, notamment Philippe IV le Bel, époux de Jeanne de Navarre et Charles V le Sage, époux de Jeanne de Bourbon.

 

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L'Église et le sexe

À la faveur du concile Latran IV (1215), l'Église rappelle solennellement sa doctrine en matière de mariage :
- les époux doivent exprimer leur engagement en public, preuve que leur union est volontaire et non contrainte,
- le mariage est indissoluble sauf en cas d'inceste ou d'impuissance masculine ; c'est une façon d'affirmer le devoir d'assistance entre les époux et d'empêcher les répudiations de convenance.
Contrairement à une idée convenue et à l'exception de quelques théologiens obtus, l'Église se montre compréhensive à l'égard des relations sexuelles. Elle condamne les relations hors mariage, pour protéger les filles contre la violence masculine et les grossesses non désirées.


Elle condamne de même l'adultère. Les personnes concernées, en état de péché mortel, peuvent toutefois obtenir le pardon en confessant leur faute et en faisant pénitence.

 

L'adultère, en particulier, ne justifie en aucune façon la rupture du mariage et du projet familial qu'il sous-tend. Après le scandale de la tour de Nesle, les brus du roi Philippe le Bel, convaincues d'adultère, seront enfermées dans un couvent mais sans que leur époux puisse se remarier. En France, il faudra attendre une loi républicaine de 1886 autorisant le divorce pour «faute» pour que soit sacralisé le lien entre mariage et fidélité.

 

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Maîtresses et concubines

Les moeurs changent au XIVe siècle, chez les Français comme chez leurs cousins anglais, à l'époque de la guerre de Cent Ans. Des femmes sont à l'origine des premiers scandales sexuels : les brus de Philippe le Bel, on l'a vu, mais aussi sa propre fille Isabelle, surnommée la «Louve de France». Mariée au roi anglais Édouard II qui la néglige au profit de ses mignons, elle le fait emprisonner et tuer en 1327 avec l'aide de son amant Mortimer. Son fils Édouard III vengera l'honneur familial.


Près d'un siècle plus tard, une autre reine fait jaser. Il s'agit d'Isabeau de Bavière, épouse du roi de France Charles VI le Fou. La rumeur lui prête - sans doute bien à tort - de nombreux amants dont son beau-frère Louis d'Orléans. Accablé par les malheurs de sa famille et du royaume, son fils a triste mine quand il monte sur le trône sous le nom de Charles VII.


Heureusement, il est soutenu par sa belle-mère Yolande d'Aragon et rencontre Jeanne d'Arc, qui va lui redonner courage et énergie. Dans ses vieux jours, le roi retrouve enfin le sourire avec une jeune amante, Agnès Sorel. C'est la première d'une longue série de maîtresses officielles. 1492. L'année se signale par la découverte de l'Amérique mais aussi par l'accession à la papauté d'un certain Rodrigo Lançol y Borgia, sous le nom d'Alexandre VI Borgia. À côté de ce pape tourné plus que quiconque vers le péché de chair, les rois font figure d'enfants de coeur, y compris François 1er, premier roi de France à collectionner les maîtresses officielles :
Françoise de Châteaubriant et Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, sans compter la Belle Ferronnière... Son fils et successeur Henri II est plus sage et se satisfait de Diane de Poitiers, à côté de son épouse Catherine de Médicis. Il n'empêche que «la magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second», dixit Mme de Lafayette (La princesse de Clèves). Ce jugement est corroboré par Les vies des dames galantes, un recueil plaisant de Brantôme.


Les moeurs ne se dissipent pas seulement à la cour des Valois. À la cour des Habsbourg, une bourgeoise de Ratisbonne donne à Charles Quint un bâtard talentueux qui sera légitimé par l'empereur, Don Juan d'Autriche. À la cour des Tudor, de l'autre côté de la Manche, les scandales s'enchaînent sous le règne du roi Henri VIII, six fois marié, comme sous celui de sa fille Elizabeth 1ère. La rumeur prête à la «reine-vierge» des liaisons clandestines mais rien de comparable à sa cousine Marie Stuart. Veuve du roi de France François II, celle-ci se remarie avec un lord écossais sur un coup de tête, prend un amant italien que son mari exécute sous ses yeux, puis ordonne elle-même le meurtre de son mari avec l'aide d'un nouvel amant, écossais celui-là. Au XVIIe siècle, Henri IV inaugure en beauté la dynastie des Bourbons, avec des maîtresses par dizaines. Il y gagne même le surnom de «Vert-Galant». Tout cela ne prête pas à conséquence, sauf la tentation du roi d'épouser l'intrigante Gabrielle d'Estrées. Celle-ci étant morte en couches, le roi devra se satisfaire d'un mariage plus politique avec Marie de Médicis. Louis XIII, son fils et successeur, se montre à l'inverse d'un naturel timoré et très réservé à l'égard des femmes, y compris de la sienne, Anne d'Autriche. C'est à Louis XIV, leur fils, que reviendra l'honneur de restaurer la tradition galante. On lui connaît de nombreuses favorites, de Mlle de la Vallière à Françoise de Montespan et Angélique de Scorraille, duchesse de Fontanges. Il a le bon goût de légitimer ses bâtards et envisage même un moment de laisser le trône à l'aîné de la Montespan, le duc du Maine.

 

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il y a pas à dire, ils sont galants ces hommes, lol


Ramenons les écarts du Roi-Soleil à leur juste mesure : de sa vingtième année à son remariage avec Mme de Maintenon, en 1683, à l'âge de 45 ans, Louis XIV n'aura vécu qu'un tiers de sa vie «dans le stupre». Il a ensuite renoncé aux écarts et s'est satisfait des charmes mûrs de sa deuxième épouse. Faut-il l'en féliciter ? Notons que les meilleurs moments du règne concernent la période où il a vécu dans les plaisirs, au milieu de ses maîtresses et favorites. Quand il y a renoncé, le royaume est entré dans une période sombre :
révocation de l'Édit de Nantes, dévastation du Palatinat, guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, famines et révolte des Camisards... N'y voyons qu'une coïncidence.


À la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, un renouveau politique et religieux prépare un changement de cap en matière de moeurs. Celui-ci prendra toute son ampleur au XIXe siècle...

 

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trop fort le mec...

 

Les femmes sont l'avenir de l'Europe

Les guerriers qui ont bâti l'Europe au Moyen Âge et aux Temps modernes ont eu le souci de mélanger leur sang, comme les chasseurs du Paléolithique. Sur les ruines de l'empire carolingien émergent les premiers États modernes.


Leurs souverains, en guerre les uns contre les autres, prennent l'habitude de conclure ces guerres par des alliances matrimoniales, avec l'espoir de préserver ainsi la paix pendant quelque temps. Très vite les dynasties européennes s'imbriquent les unes dans les autres de sorte que, sur le conflit perpétuel, se construit une identité commune. Louis XIV est l'expression de ce paradoxe. Plus attaché que quiconque à la grandeur de son royaume, il a
deux arrière-grands-parents français (ou navarrais), deux italiens, deux espagnols et deux allemands. Son lointain descendant Louis XVI compte quant à lui parmi ses ascendants les plus proches des Polonais, des Saxons, des Danois... Ce phénomène est propre à l'Europe dynastique. Dans l'empire ottoman voisin, construit par des Turcs nomades, rien de semblable: les sultans sont mis au monde par des concubines de toutes provenances comme la célèbre Roxelane. Ainsi les sujets ottomans sont-ils «esclaves de fils d'esclaves» ! Même chose dans la Chine des empereurs mandchous. Dans le bassin méditerranéen, où est apparu le Néolithique, avec une agriculture fondée sur la possession du sol, les populations privilégient depuis plusieurs millénaires les mariages entre proches cousins.

 

C'est tout le contraire des souverains européens. C'est qu'il leur importe avant tout de ne pas disperser les héritages. Ce phénomène, qui perdure dans les sociétés islamiques, a été analysé par Germaine Tillion (Le harem et les cousins, 1966).

 

la naissance de la galanterie
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 23 mai 2011
Auteur : André Larané

12:22 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galanterie, dsk, femmes, guerre, histoire, moeurs, sexe, église, pape, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/03/2011

Islam, Laïcité, et alors que faisons-nous?

Depuis une génération, les fondements de notre société subissent une pression religieuse sans précédent. L’islam frappe à toutes les portes de la République et s’efforce de pénétrer notre arsenal juridique pour obtenir un droit de cité de plus en plus large. Nous aurions tort de ne pas prendre garde à ce phénomène, car son développement risque de bouleverser ce qui fait l’essence de la France.

 

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À l’époque gallo-romaine, le christianisme a supplanté les vieilles croyances païennes, mais cette évolution spirituelle s’est faite de l’intérieur, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui. La deuxième religion de France est totalement importée. Pour des raisons historiques, d’abord, du fait de la décolonisation ; par maladresse, ensuite, en accordant la nationalité française selon des procédures automatiques aux enfants de parents étrangers nés sur notre sol ; par la mise en place, enfin, de politiques d’immigration qui ont facilité l’accès à notre territoire de populations en majorité musulmanes. L’effet de masse a fait le reste. Des revendications inconnues jusqu’ici se manifestent, les unes derrière les autres, jamais en bloc. Elles ne procèdent probablement pas d’une manoeuvre délibérée, mais leur succession constitue un piège qui fonctionne à merveille, car il nous contraint à réagir au coup par coup. On mesure bien la fragilité de la riposte, qui s’exprime par des mesures d’interdiction, souvent difficilement applicables. Si l’école a su faire respecter la réglementation du port du voile, c’est parce que l’opposition à cette marque ostentatoire de religion a fait l’objet d’un large consensus, notamment au sein du monde enseignant, vigilant gardien de la laïcité. D’autres sujets, comme le port de la burqa ou la construction de lieux de culte, sont sources de débats et il faudra du temps pour que la justice dégage une jurisprudence qui s’imposera à tous les tribunaux, lesquels tranchent aujourd’hui dans des sens divers. Si nous pensons faire front en élevant des barrières juridiques chaque fois que nos fondements culturels et politiques sont menacés, nous échouerons, car elles sauteront toutes les unes après les autres, par difficulté à les faire appliquer. Nous serons victimes de nos propres règles, tout bonnement parce que la pratique de l’islam, si éloignée de nos moeurs enracinées dans la morale judéo-chrétienne, exigera, au nom des libertés fondamentales, le droit à la nourriture halal, le droit à la pratique traditionnelle du culte à l’école et sur les lieux de travail, le droit pour un musulman d’obtenir la garde d’un enfant issu d’un couple mixte, conformément à la loi musulmane, etc. On commence à faire appel à un islam de France, en se fondant sur l’organisation cultuelle mise en place ces dernières années. Idée cartésienne bien de chez nous, mais sans efficacité et sans avenir. L’influence du Conseil français du culte musulman sera toujours limitée, puisque l’islam, échappant à toute structuration hiérarchisée, est étranger à nos formes d’organisation. Rien ne garantit en outre son invulnérabilité à des idéologies venues de l’extérieur. Pendant ce temps, la charia gagne du terrain dans les banlieues, dans certains milieux éducatifs, dans l’entreprise, dans le commerce, avec ces chaînes de distribution et d’alimentation qui s’adaptent à la demande d’une clientèle musulmane, quand elles ne la précèdent pas. On ne sert plus de porc dans les avions, car il est plus simple de procéder ainsi que de proposer deux menus. On tend à banaliser la pratique d’exception, par commodité, sans s’apercevoir qu’elle devient la norme. Qui peut croire que nous pouvons continuer sur cette voie sans dommage pour l’équilibre de notre société ? Il faudra bien dire que ces dérives sociales ne sont pas compatibles avec l’ordre public français, celui qui exprime l’état de nos moeurs, en évolution constante et dont il revient au juge de préciser le contenu. Rôle redoutable, confié aux magistrats, alors que le bloc de l’institution judiciaire montre des fissures qui ne doivent s’élargir à aucun prix. Alors, que faire ? Commençons par faire preuve de lucidité. Notre politique de la ville est un désastre qui a englouti des milliards d’euros. Des associations ont alimenté avec l’argent du contribuable un esprit communautariste au lieu de favoriser l’intégration, à défaut de l’assimilation. Nous voilà avec des centaines de milliers de Français malgré eux, qui, à ce titre, présentent une force revendicative que nous aurons du mal à contenir, et une immigration clandestine dont le poids est à redouter. Un coup d’arrêt s’impose pour dire clairement que la charia est incompatible avec nos principes républicains et notre culture héritée de deux mille ans d’histoire. Sans doute faudra-t-il préciser, en ranimant les vertus de la laïcité, les conditions dans lesquelles la religion musulmane peut être pratiquée sur le sol national. Tâche délicate, mais si nous ne le faisons pas, nous devrons vivre dans une autre France, et nombreux seront ceux qui ne l’accepteront pas. Il sera alors trop tard pour le regretter.

 

Claude Valleix, préfet honoraire, et Pierre Mérand, procureur général e.r.

 

Islam et laïcité
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 3 mars 2011
Auteur : Claude Valleix et Pierre Mérand

28/02/2011

GEOPOLITIQUE DE LA CULTURE

Il fut un temps où tout paraissait clair : les défenseurs de la laïcité, de la République et de la société ouverte étaient les héritiers des Lumières. La xénophobie, le racisme, l'antisémitisme, bref la peur de l'autre, c'était l'extrême droite. Mais, par-delà les discours dénonçant le racisme et l'antisémitisme, c'est une victimisation sélective qui s'est imposée.

 

La tolérance a été érigée en absolu, alors que les actes antisémites se multiplient et qu'un nombre croissant d'enseignants renoncent à enseigner la Shoah en raison des pressions qu'ils subissent. L'assimilation républicaine a été largement abandonnée. Les appartenances ethniques ou religieuses, que l'antiracisme avait initialement pour projet de rendre invisibles, sont désormais valorisées.

 

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Par une sorte de manichéisme inversé, certains en sont venus à penser que l'autre avait toujours raison. Ce faisant, ils ont confondu les hommes et leurs idéologies, aussi réactionnaires et antidémocratiques soientelles.


Le succès du discours sur l'islamophobie, impulsé par l'imam Khomeyni, n'a pas d'autre origine.


Qu'importe alors que les islamistes soient hostiles à la laïcité, aux droits des femmes ou des homosexuels...


Ils sont d'origine étrangère. De surcroît, eux ou leurs parents ou grands-parents viennent d'anciens pays colonisés. Cela doit suffire. Ainsi, un vrai piège est tendu visant à dissuader quiconque de se prononcer, sans outrance mais également sans nier les problèmes, sur l'islam et ses débordements. Dès lors que l'on identifie tout examen critique à une manifestation de "national-populisme", voire pire, la conclusion s'impose : celui qui s'y risque fournit, de ce fait même, la preuve de ses penchants malsains. Au cas où cette logique ne serait pas suffisante pour annihiler toute velléité de débat, on peut toujours dénoncer un supposé "intégrisme laïque". On suggère par là qu'en prônant la résistance à des exigences qui n'ont été satisfaites pour aucune autre religion, la laïcité se montre aussi obtuse, pour ne pas dire totalitaire, que les intégrismes religieux. Il est étonnant que personne encore n'ait songé à parler d'un "intégrisme démocratique" pour stigmatiser ceux qui dénoncent les mouvements qui entendent placer la politique sous la domination du religieux. Enfin, dernière parade pour tuer le débat, on tente de mettre la démocratie libérale en contradiction avec elle-même en prétendant qu'au nom même de la tolérance dont elle se réclame, elle devrait accepter toutes les conceptions, y compris celles qui travaillent à sa perte.


Usage politique d'une religion
Pourtant, même si certains combattent l'islamisme pour des mauvaises raisons, cela n'absout en rien ceux qui le soutiennent, tout en se réclamant de la gauche. Ceux-là s'opposent de facto à ses valeurs fondamentales et n'en gardent que l'étiquette. Cette confusion s'explique, semble-t-il, par le refus de voir que l'altérité, généralement perçue comme une source d'ouverture des esprits, peut également être le vecteur de l'intégrisme, de l'obscurantisme, de la fermeture. On nous rétorquera qu'il est impossible de séparer les individus de leur religion et que la plupart des personnes d'origine musulmane ne sont ni fondamentalistes ni extrémistes. C'est exact. Pour les uns, la religion est un guide de vie personnel, qui ne devrait pas les empêcher de respecter les règles républicaines et d'accepter un examen critique, fût-il sévère, de leur religion. Pour d'autres, il s'agit de remettre en cause la laïcité, voire d'introduire les règles de la charia dans les pays dans lesquels ils vivent. L'islam se transforme alors en islamisme. La religion devient idéologie.

 

Cette conception gagne du terrain moins par des actes de violence, que, petit à petit, patiemment, en arrachant une concession après l'autre. C'est bien à ce processus qu'il convient de résister pour préserver notre modèle de société. On ne peut accepter, sous prétexte de respect des minorités, que des communautés soient soumises aux préceptes inspirés par l'usage politique d'une religion, ni que des mouvements intégristes parviennent à imposer à l'ensemble de la société une autocensure, synonyme de régression du droit d'expression et donc de critique. L'ouverture à l'autre sera d'autant mieux acceptée qu'elle n'apparaîtra pas comme le support d'une idéologie hostile aux principes démocratiques et républicains. De ce point de vue, ceux qui stigmatisent toute critique de l'islam et de ses dérives rendent un bien mauvais service aux musulmans qui n'adhèrent pas aux discours des radicaux. Les concessions faites à ces derniers apparaissent comme une trahison de ceux qui viennent en Europe pour fuir l'obscurantisme liberticide de leur pays d'origine. On ne définira pas une stratégie claire en la matière en alternant une politique de l'autruche et des discours sans lendemain sur l'"islam en France" et l'"islam de France". En refusant le débat, ceux qui devraient être les plus ardents défenseurs de la laïcité et des valeurs républicaines renoncent à les défendre et laissent la voie libre à la confusion et aux extrémistes de tous bords.

 

S’ouvrir à l’autre : oui. A son idéologie, non.
Source, journal ou site Internet : Le Monde
Date : 25 février 2011
Auteur : André Grjebine, directeur de recherche à Sciences-Po - Centre d’études et de
recherches.

16:45 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lumières, racisme, antisémitisme, xénophobie, islamisme, religion, musulman | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/01/2011

L'Europe ne s'est-elle pas formée de pierre en pierre depuis des millénaires?

Pour la plus grande joie des eurosceptiques, l'Union européenne connaît actuellement ses heures les plus sombres. Mais à l'image des cathédrales, notre identité commune est solidement ancrée et devrait nous permettre de résister aux assauts du temps, explique un journaliste du Guardian.

 

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Si vous voulez savoir pourquoi les Européens font partie d'une seule et même communauté, il vous suffit de visiter n'importe laquelle des grandes cathédrales médiévales d'Angleterre. De déambuler dans les cloîtres de Gloucester ou d'admirer le travail de Guillaume de Sens, l'architecte français de Cantorbéry. Ou de simplement tapoter du doigt les pierres de ce chef-d'oeuvre : elles viennent de Caen, en France.

 

Le rêve moderne de l'union politique européenne entre dans ses jours les plus sombres. Les eurosceptiques disent qu'il n'y a rien d'étonnant à cela, et ils sont réalistes, mais rien n'est plus irréel que l'illusion qu'un pays européen, et encore moins le nôtre, peut revendiquer une histoire davantage centrée sur lui-même, en marge de la grande histoire du continent.


Car l'Europe se construit une culture commune depuis au moins mille ans.


Une histoire culturelle commune
La première Union européenne se donna le nom de "Chrétienté" et créa au XIe siècle un style d'art, d'architecture et de philosophie commun qui dépassait les frontières des Etats naissants. L'architecture se déploya comme une rosace depuis sa source à Paris et irradia dans toute l'Europe. Qu'est-ce qui est plus réel gothiques de la cathédrale d'York ? Les anecdotes des politiques nationales que les eurosceptiques tiennent pour la véritable histoire de notre île sont bien fades comparées aux splendeurs toujours vivantes de notre histoire culturelle européenne. La révolution culturelle européenne qui suivit, la Renaissance, fut encore plus cosmopolite. Aux XVe et XVIe siècles, les intellectuels européens redécouvrirent un patrimoine grécoromain classique commun. La Renaissance se répandit comme une traînée de poudre dans toute la région. A l'abbaye de Westminster, un sculpteur florentin, Pietro Torrigiano, mettait des chérubins dorés sur le tombeau d'Henri VII pendant qu'à l'autre bout de l'Europe, le roi de Hongrie Mathias Corvin recevait en cadeau un buste d'Alexandre le Grand provenant de Florence. Un voyageur comme Erasme pouvait aller à Rome, Bâle et Londres et trouver partout des amis qui comprenaient ses plaisanteries.

 

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Un tableau résume tout cela : le chef-d'oeuvre de Titien, l'Enlèvement d'Europe, une vision du mythe qui a donné son nom à l'Europe, peint à Venise pour le roi d'Espagne. L'Union européenne actuelle ne parvient pas à se laisser porter par l'énergie de cette histoire culturelle commune. Le site Web de l'UE s'appelle bien Europa, mais au lieu du tableau de Titien, sa page d'accueil offre un néant de banalité bleue. Pourquoi ne puisons-nous pas davantage dans l'unité culturelle de l'Europe ? Peut-être parce que le vin de Bacchus qui peut nous faire parler avec enthousiasme de notre identité commune est aussi dangereux. Pour être juste, toute célébration des joyaux esthétiques de l'Europe doit inclure le patrimoine musulman, qui dialogue avec les sources chrétiennes et classiques de l'art européen depuis le début du Moyen Age. Les voûtes en éventail des cathédrales gothiques anglaises, par exemple, ont été influencées par les mathématiques arabes, ainsi que la découverte de la perspective à la Renaissance. Tout cela peut sembler trop beau pour être vrai. Comme si, sous la violence sanglante qui marque le quotidien du passé européen, sous les divisions de la Réforme et la montée du nationalisme, le continent n'avait cessé de construire une communauté culturelle secrète. Une rose secrète qui, miracle des miracles, embrasse également toutes les autres cultures. C'est pourtant la réalité historique. Pour chaque force politique de division apparue dans l'histoire de l'Europe, il y a eu une force culturelle unificatrice.

 

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La pluralité dans l'unité
Tous les mouvements européens en art et en architecture que nous chérissons aujourd'hui et qui alimentent nos musées, nos collections et nos salles de concert sont justement cela : des mouvements européens. Les styles baroque et rococo, les révoltes néo-classique et romantique, le réalisme au XIXe siècle et le modernisme à l'aube du XXe ont jeté des ponts entre les artistes, les intellectuels et les publics de la Pologne au Danemark. Même l'engouement du XIXe siècle pour l'identité nationale n'a pu mettre un terme à l'histoire de la culture commune de l'Europe, puisque le nationalisme lui-même est une idée européenne commune, et le goût romantique de cette période pour le paysage et la poésie s'est répété d'une capitale à une autre aussi inexorablement que les mythes classiques s'étaient propagés dans l'Europe de la Renaissance. Cette culture commune est peut-être aujourd'hui à deux doigts de faire sa plus grande avancée depuis Copernic (qui vivait en Europe centrale et dont les observations ont été mises à l'épreuve par Tycho Brahe à Copenhague, défendues par Galilée à Rome et confirmées par la Société royale d'Angleterre), lorsque le Grand collisionneur de hadrons du Cern fera une découverte majeure. Les Européens qui croient en une identité commune vont d'ici peu devoir se lever et célébrer la richesse et l'ouverture uniques de notre culture, cette "pluralité dans l'unité" qui fait qu'une église baroque en Sicile est différente d'une église baroque en Bavière.


En Grande-Bretagne, The Art Fund fait campagne pour qu'un tableau de Bruegel demeure dans le pays.
Pourquoi ? Parce qu'il fait partie de notre patrimoine. Parce que nous sommes Européens.
Si l'euroscepticisme laissait partir tous les Bruegel et tous les Titien, il réduirait la National Gallery à une salle de portraits anglais du XVIIIe siècle et sa stupidité serait alors évidente. Croire en l'Europe n'est pas de l'idéalisme, et encore moins une abstraction bureaucratique. Si l'on regarde l'histoire dans ses couleurs vivantes, on voit à quel point nous sommes Européens et combien les racines de cette identité commune sont profondes.

 

l’Europe est gravée dans nos pierres
Source, journal ou site Internet : The Guardian
Date : 4 janvier 2011
Auteur : Jonathan Jones

12:37 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, europe, patrimoine, angleterre, grande-bretagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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