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19/05/2011

Recherche - Entreprises - Pôle de compétitivité: Les IRT labellisés

Les premiers projets lauréats de ces futurs pôles associant recherche supérieure, entreprises et pôles de compétitivité ont été choisis. Matériaux, nano-électronique, aéronautique, ferroviaire et infectiologie sont au programme. Le gouvernement a annoncé les six premiers projets retenus comme « instituts de recherche technologique » (IRT), dans le cadre de l’appel à projet lancé en juillet 2010, une action dotée de deux milliards d’euros (investissements d’avenir, ex-grand emprunt). Les montants consacrés aux premiers lauréats seront annoncés plus tard, en fonction notamment des engagements des industriels.

 

Photo : AFP

cliquez l'image voir source gouvernementale

 

Ces IRT sont en effet basés sur des partenariats de long terme entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche et entreprises, qui doivent soutenir « une stratégie industrielle de conquête sur les marchés porteurs, afin de créer sur la durée des emplois dans notre pays », commente le gouvernement.


Les six premiers labellisés et leurs domaines scientifiques sont:
IRT NanoElec à Grenoble, pour la nano-électronique (avec ST-Microelectronics, Soitec…): circuits électroniques plus compacts et plus complexes, et puces dotées de nouvelles fonctionnalités et aux propriétés thermiques améliorées.


• IRT AESE à Toulouse, sur l’aéronautique, l’espace et les systèmes embarqués (Airbus, Astrium, Safran, Latecoere…): les capteurs et les actionneurs utilisant les nanotechnologies, les nouvelles architectures matérielles et logicielles plus compactes, reconfigurables et présentant une meilleure fiabilité, les matériaux et les structures pour améliorer l’aérodynamique, la gestion de l’énergie embarquée.


IRT LyonBiotech à Lyon avec une antenne à Paris, sur l’infectiologie (Biomérieux, Sanofi, Danone, Institut Pasteur): nouvelles approches thérapeutiques, nouveaux vaccins, nouvelles générations de biomarqueurs pour le diagnostic en temps réel.


IRT M2P à Metz, avec des sites secondaires à Belfort-Montbéliard et Troyes, sur les matériaux, la métallurgie et les procédés (Saint-Gobain, Arcelor-Mittal, PSA…): synthèse et transformation des matériaux avec des enjeux de fiabilité, de réduction de la consommation énergétique et de la pollution, métrologie de caractérisation de matériaux multi-échelles et multi fonctionnels, simulation numérique et modélisation.


IRT Railenium à Valenciennes avec un site secondaire à Villeneuve-d’Ascq, sur les infrastructures ferroviaires (RFF, Alstom, SNCF…): connaissance des propriétés des matériaux et en particulier leur fiabilité, et sur la réduction de l’empreinte carbone. Propriétés systémiques avec des architectures plus sécurisées, moins consommatrice en énergie et ayant de nouvelles fonctionnalités (communication, maintenance intégrée). Avancées dans le domaine de la simulation numérique et des modèles avec une réduction des coûts de R&D.


IRT Jules Verne à Nantes, sur les matériaux composites (Airbus, STX, DCNS, Alstom, Segula…): synthèse de matériaux composites multidimentionnels, assemblage et compréhension de la micromécanique, simulation, technologies liées à l’acoustique.


Les deux projets classés 7e et 8e (sur les 15 projets candidats) par le jury ont été recommandés par le président du jury pour faire l’objet d’un examen spécifique. Ils devront être revus et seront à nouveau soumis à l’approbation du jury.


Il s’agit des projets:
• SystemX à Saclay sur l’ingénierie numérique des systèmes
• B-COM à Rennes sur les réseaux et infrastructures numériques


Les IRT renforceront le transfert des connaissances vers les entreprises en raison des partenariats. Pour le gouvernement:

 

« Les étudiants pourront se former sur des plates-formes de haut niveau au plus près des besoins identifiés par les entreprises. Par leurs actions, les IRT contribueront au développement de nouveaux produits innovants et à l’insertion professionnelle des étudiants, tisseront des partenariats et augmenteront l’attractivité de la France pour les entreprises et les meilleurs chercheurs internationaux. »

 

Les six premiers instituts de recherche technologique choisis
Source, journal ou site Internet : smartplanet.fr
Date : 12 mai 2011
Auteur : Thierry Noisette

22:47 Écrit par HUMANITAS dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : recherche, pôles de compétitivité, irt, développement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/12/2010

Chine et prospective, environ 20% de chercheurs du total mondial

Le pays le plus peuplé du monde devient aussi l’un de ses principaux laboratoires, assure un rapport de l’Unesco
La Chine paraît bien être désormais le pays qui compte le plus de chercheurs au monde.

 

C’est «pratiquement certain», estime Luc Soete, professeur d’économie internationale à l’université de Maastricht et rédacteur du premier chapitre du «Rapport de l’Unesco sur la science 2010». Et c’est là le point le plus marquant du document par rapport à sa précédente édition, en 2005.

 

http://medias.lepost.fr/ill/2010/03/03/h-20-1968325-1267611596.jpghttp://1.bp.blogspot.com/_GAGgcGbzFpk/R1LMMTDLv-I/AAAAAAAADDI/Z-P6s7-aPu0/s1600-R/hiv-lymphe.jpghttp://www.yunnan.fr/images/carte-chine.png

 

Le capital humain
Le rapport s’appuie sur des statistiques datant de 2007. La Chine comptait 1,423 million de chercheurs – soit 19,7% du total mondial. Elle talonnait, en termes de capital humain consacré à la recherche et développement (R & D), les Etats-Unis et l’Europe. «Mais la crise de 2008-2009 a conduit les pays développés à un ralentissement que n’a pas connu la Chine dans les recrutements de chercheurs», estime Luc Soete. Les statistiques chinoises évoquent 1,592 million de chercheurs, en 2008.


Ces chiffres ne font pas pour autant de la Chine le leader mondial de la recherche. En nombre de chercheurs par million d’habitant (1070), elle se situe dans la moyenne mondiale, loin derrière le Japon (5573), l’Amérique du Nord (4624) ou l’Union européenne (2936).


Les investissements
Si l’on prend maintenant en compte les investissements, le champion incontesté reste les Etats-Unis, qui totalisaient, en 2007, près d’un tiers des dépenses intérieures brutes en recherche et développement (DIRD), devant l’Union européenne (23,1%). Mais la Chine, avec 8,9%, revient sur le Japon (12,9%). Et elle distance les principaux pays européens comme l’Allemagne (6,3%) et la France (3,7%).


La Chine consacrait, en 2008, 1,54% de sa richesse à la recherche et développement, soit moins que la moyenne mondiale (1,7%) et bien moins que la Corée du Sud (3,37%). Mais elle a progressé de 50% depuis 2002. La comparaison avec 2002 est éclairante: pour les pays que l’Unesco assemble sous la dénomination «triade» (Etats-Unis, Union européenne, Japon), la période écoulée a vu leur part mondiale dans la DIRD diminuer suivant la même pente que leur part dans le produit intérieur brut mondial. A l’inverse, la Chine et, dans une moindre mesure, d’autres émergents comme l’Inde, le Brésil et la Turquie ont vu cette part progresser. Au total, l’Asie est passée de 27 à 32% des DIRD mondiales entre 2002 et 2007.


Production scientifique Outre le capital humain et l’investissement, plusieurs critères permettent d’apprécier le phénomène. La répartition des publications scientifiques est révélatrice: la part de la Chine a doublé sur la période, passant à 10,6% du total mondial, tandis que le Brésil tirait la performance de l’Amérique latine. En revanche, la part des pays développés s’érode, de 84%, en 2002 à 75% en 2008. Cet indicateur mérite d’être affiné: le taux de citations, qui indique l’intérêt remporté par un article auprès de la communauté scientifique internationale et constitue un repère qualitatif, reste beaucoup plus faible en Chine que dans la «triade». Mais la récente irruption du pays dans le top 10 des supercalculateurs et ses investissements massifs en génomique, par exemple, prouvent qu’il est en mesure de chambouler les hiérarchies tant dans les sciences fondamentales que dans les sciences appliquées – au-delà de ses succès dans ce secteur stratégique qu’est le
spatial.


Les moteurs
Cette coupure avec les modes de production de connaissance et de richesse prévalant au XXe siècle tient à plusieurs phénomènes, dont le plus saillant est l’avènement de l’Internet à haut débit, qui a fortement progressé dans les pays en développement.


L’autre moteur, c’est l’intégration des nouveaux acteurs dans la mondialisation en général. L’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce, fin 2001, lui a ainsi donné accès à des transferts de technologies et à plus d’investissements étrangers.


Le secteur privé
Les entreprises des pays émergents, et de la Chine en particulier, ont aussi profité de la crise pour réduire leur retard par rapport à leurs concurrentes des pays développés. Alors que les dépenses des entreprises en recherche et développement ont globalement baissé de 1,9% dans le monde, en 2009, selon le cabinet de conseil en stratégie Booz & Company et la Commission européenne, la dépense de recherche privée chinoise a augmenté de 40%. Celle-ci reste néanmoins faible en valeur absolue. Elle représenterait moins de 1% de la recherche privée mondiale. Ce qui explique que seules 21 entreprises chinoises figurent au palmarès des 1400 entreprises dépensant le plus en recherche et développement, établi par la Commission européenne.


Mais elles n’étaient que quinze un an avant. Un tiers des entreprises chinoises «championnes» appartiennent au secteur des technologies de l’information et de la communication: des composants aux équipements de télécommunications. En revanche, on ne note aucune entreprise pharmaceutique dans ce classement, alors que la pharmacie est le secteur le plus dépensier en matière de recherche, au sein de l’Union européenne.


La formation
«L’Asie a compris que le développement passe désormais par l’enseignement supérieur et la recherche, témoigne Christian Koenig, directeur du campus singapourien de l’école de commerce Essec. Singapour ou la Chine investissent massivement. Ils n’ont pas encore obtenu de Nobel, mais la croissance de la production scientifique est forte.» Arnould de Meyer, président de la Singapour Management University, fait le même constat: «Il y a désormais en Chine, en Inde et à Singapour une très grande demande de la classe moyenne pour les formations de haut niveau.» Et si possible au pays.

 

: La Chine, grande puissance scientifique
Source, journal ou site Internet : Enjeux
Date : 7 décembre 2010
Auteur : Philippe Jacqué, Annie Kahn et Hervé Morin

 

http://andreserra.blogauteurs.net/blog/files/2010/04/cn-chercheurs.jpg

19:46 Écrit par HUMANITAS dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, chine, usa, japon, recherche, unesco, investissements, développement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/11/2010

Question d'innovation, le dossier (1/3)

En 1943, l'universitaire et sinologue britannique Joseph Needham (1900-1995) et son équipe de collaborateurs internationaux commencèrent à rédiger un ouvrage monumental qui s'est imposé au nombre des œuvres érudites les plus marquantes du XXe siècle. Paru sous le titre de « Science et civilisation en Chine », cet ouvrage explore ce qu'on finira par appeler « la question de Needham » : pourquoi la Chine, qui fut à de nombreux égards la civilisation la plus avancée au monde, a-t-elle été dépassée par l'Occident dans le domaine de la science et de la technologie ?

 

http://www.business-strategy-innovation.com/uploaded_images/Breakthrough-Innovation-799877.jpg


Dan Diner, pour prendre l'exemple d'un autre érudit, a posé le même genre de questions au sujet de la civilisation islamique, elle aussi fleuron mondial de la culture à une certaine époque mais pas aujourd'hui, comme le démontrent les Rapports arabes sur le développement humain concernant une région du monde à prédominance musulmane.

Certes, la notion du déclin présent ou imminent des États-Unis est une constante dans le monde des idées. Ce ne sont pas les nouveaux livres qui manquent pour dénoncer les résultats relativement médiocres des élèves américains en mathématiques et en sciences, et ces ouvrages condamnent souvent le pays à subir le sort qu'ont connu Rome, la Grande-Bretagne ou toute autre puissance dont l'influence s'est estompée au fil du temps.

 

Qu'est-ce que l'innovation ?

Les gouvernements et les sociétés peuvent-ils encourager l'innovation ?

En quoi l'apparition d'ordinateurs alimentés par des semi-conducteurs et les technologies de la communication basées sur l'Internet affectent-elles l'équation ?

L'innovation, qu'est-ce que c'est ?

 

Innover, c'est inventer et introduire, et il apparaît de plus en plus clairement que ce phénomène revêt une importance cruciale tant pour les économies que pour les gouvernements. Ce n'est pas en produisant toujours la même chose en plus grande quantité que les économies prennent de l'expansion ; c'est en mettant sans cesse sur le marché des produits nouveaux et dotés d'une valeur supplémentaire. David Nordfors est cofondateur et directeur exécutif du centre de recherche VINNOVA-Stanford du journalisme d'innovation à l'université Stanford.

David Nordfors

 


À notre époque, l'innovation est le moteur le plus important de la croissance économique. Pour s'épanouir, elle a besoin d'un climat social favorable à l'entrepreneuriat, au sein d'une culture de liberté économique et intellectuelle. Les décideurs sages comprennent la nécessité d'encourager ce type d'« écosystème de l'innovation ».

L'invention crée quelque chose de nouveau. L'innovation fait plus encore : elle introduit quelque chose de nouveau. Innover, c'est inventer et introduire. Introduire une nouveauté n'est pas chose aisée. Quiconque a jamais eu une idée de génie pour améliorer son lieu de travail le sait bien. Les gens plaident pour le progrès, mais ils rechignent à changer.

Dans bien des cas, la résistance au changement se révèle plus poussée parmi les collectivités et les organisations que parmi les individus. Même si tous les membres d'une organisation souhaitent un changement, la culture de l'organisation peut l'entraver.

Faire en sorte qu'une innovation se produise tient de l'art et de l'artisanat ; comprendre comment elle se produit relève de la science. L'innovation est ancrée aussi profondément dans la psychologie et la culture que dans la science et la technologie.

Or, nous devenons de meilleurs innovateurs et les produits, services et processus qui découlent de nos efforts jouent un rôle croissant dans des endroits toujours plus nombreux du monde. De vastes parties du globe se sont ralliées à l'économie de l'innovation ; le reste se met rapidement à la page.

Dans une économie traditionnelle, c'est-à-dire orientée sur la production, la croissance provient de l'augmentation de la production de biens qui sont toujours les mêmes. On produit de la richesse en cultivant plus de blé, en construisant plus de logements classiques et en ouvrant plus d'usines classiques cette année que la précédente. Dans l'économie de l'innovation, ce qui fait progresser l'économie, c'est de faire plus de choses nouvelles que l'année précédente. C'est un changement fondamental, parfaitement visible au quotidien par les habitants du monde entier.

 

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Cibler les succès à court terme

La propagation fulgurante des téléphones portables illustre la manière dont fonctionne le processus de l'innovation et dont il modifie notre culture mondiale. Le premier appel à l'aide d'un portable a été effectué en avril 1973. Dix ans plus tard seulement, les premiers réseaux de la téléphonie mobile faisaient leur apparition en Suède et en Finlande. À la fin de l'année 2008, le nombre d'abonnements à un service de téléphonie mobile dépassait les quatre milliards, selon l'Union internationale des télécommunications. C'est plus de la moitié de la population mondiale ! Prenez l'alphabétisme à titre de comparaison : l'invention de l'écriture remonte à des milliers d'années, mais ce n'est que depuis quelques décennies que plus de la moitié des habitants de la planète savent lire et écrire. Les portables se sont propagés cent fois plus vite que l'alphabétisme !

Comment un changement peut-il se produire aussi rapidement ? Il faut innover au lieu de produire toujours la même chose en plus grande quantité - voilà la réponse.

Si les fournisseurs de services de téléphonie mobile ne s'efforçaient pas constamment de prendre de l'avance sur leurs concurrents en offrant telle ou telle innovation, les portables seraient, aujourd'hui encore, des appareils coûteux, encombrants et vite déchargés - autrement dit un luxe réservé aux plus fortunés. Les propriétaires de portables ne seraient pas nombreux aujourd'hui.

La concurrence qui fait rage pour la prochaine grande innovation est en train de démanteler les structures classiques de l'entreprise. Le temps n'est plus où une société prospère séparait la recherche et développement (R-D) de son plan de développement commercial. Les entreprises sous pression doivent se garder de se lancer dans des recherches coûteuses qui ne sont pas étayées par un plan commercial. La décision d'investir de grosses sommes dans le développement de technologies qui ne vont pas avoir une incidence favorable sur le chiffre d'affaires peut sonner le glas de l'entreprise. Il faut mener de pair le développement des technologies et le plan commercial. De nos jours, technologues et mercaticiens travaillent en équipe. Au moule de la pensée analytique classique, selon lequel chaque groupe d'experts fonctionne indépendamment de l'autre et communique le fruit de ses travaux sous la forme d'un rapport, peut se substituer une approche conceptuelle fondée sur la participation de plusieurs catégories d'experts qui mettent en commun leur empathie, leur créativité et leur sens de la réalité pour répondre aux besoins des usagers et promouvoir la réussite de l'entreprise.

On le constate de plus en plus souvent dans le domaine de l'informatique. L'ordinateur, le téléphone portable ou tout autre produit de ce genre dont nous nous servons aujourd'hui sera probablement détrôné sur le marché d'ici un an ou deux. Ce même phénomène vaut tout aussi bien pour les marchandises traditionnelles dont la durée utile prévue est nettement plus longue, par exemple dans le secteur alimentaire et l'industrie du papier. Selon des chercheurs de la société d'experts-conseils McKinsey & Company, le cycle de vie d'un produit est aujourd'hui le tiers de ce qu'il était il y a quarante ans. Cette observation reflète l'évolution de l'économie, laquelle passe du stade « toujours plus de la même chose » à celui de « l'introduction de nouveautés ».


De la vision à la réalité

Si dans l'imagination du public l'innovation est souvent liée aux progrès de la technologie, le fait est que des techniques novatrices sont à l'origine d'améliorations dans des domaines aussi divers que le microprêt facilitant la création de petites entreprises dans les économies en développement, l'organisation de l'entreprise ou l'acquisition de connaissances.

Le mot « innovation » peut s'appliquer non seulement à une nouveauté (un nouveau gadget, par exemple), mais aussi au processus qui a permis de créer la nouveauté. Il peut s'agir d'un aspect principalement commercial - « la chaîne de la création et de la mise sur le marché d'une nouvelle valeur au profit des clients », comme l'ont suggéré Curtis Carlson et Bill Wilmot, de l'organisme de recherche SRI International - ou d'un aspect induit en totalité ou en partie par des besoins d'ordre social. Ces deux formes d'innovation, l'une sociale et l'autre commerciale, s'encouragent souvent mutuellement. À preuve, la création des microprêts et la production de logiciels libres et gratuits par le secteur non lucratif, tels le système d'exploitation Linux ou le fureteur Firefox.

 

Nombreux sont ceux qui associent la notion d'innovation aux économies riches du monde, mais de nos jours les innovations peu coûteuses se multiplient, ce qui permet à l'économie de l'innovation de se propager dans pratiquement le monde entier. Les étudiants de l'université Stanford qui ont lancé Yahoo ! Et Google l'ont fait avec de tout petits moyens. Les gros investissements sont venus une fois que ces sociétés ont réussi à s'implanter. Dans certains domaines, dont la fourniture de services Internet, il ne faut pas beaucoup d'argent pour créer une entreprise novatrice. En principe, il y a suffisamment de capitaux dans bien des régions du monde pour mettre en route ce genre de société.

Plus l'usage de l'Internet se répand et plus la communication s'améliore, plus les marchés mondiaux se montrent réceptifs. On a aujourd'hui moins de mal dans les sociétés traditionnelles à persuader les gens de remplacer leurs outils et leurs méthodes d'antan par des moyens et des procédés nouveaux. Les nouvelles pompes à eau bon marché, de nouvelles formules économiques pour améliorer l'agriculture traditionnelle, de nouvelles manières d'organiser les soins médicaux dans les villages : voilà autant de domaines importants dans lesquels l'innovation s'annonce prometteuse et bon marché.

Prenons l'exemple de la « Silicon Valley » (« vallée du silicium »), en Californie - l'écosystème de l'innovation le plus réussi des temps modernes et particulièrement tributaire de la pollinisation croisée des idées parmi ses nombreuses innovations techniques et autres. Là, en 1968, Doug Engelbart fit la démonstration du premier prototype du micro-ordinateur individuel. À cette occasion, il présenta au public la première souris d'ordinateur. Sa démonstration fit découvrir le principe du texte interactif, de la vidéoconférence, de la téléconférence, de la messagerie électronique et de l'hypertexte. (Cette démonstration est accessible sur YouTube ; saisissez les termes « the mother of all demos ».)

Doug Engelbart n'avait pas donné à sa démonstration le titre de « nouveau système de micro-ordinateur individuel ». Il avait choisi celui, curieux, de « centre de recherche pour accroître l'intelligence humaine ». Son dispositif ne visait pas à rendre les ordinateurs plus intelligents ; il était destiné à rendre les gens plus intelligents. Qui plus est, ces micro-ordinateurs individuels étaient censés se connecter les uns aux autres pour permettre à leurs usagers de collaborer à la recherche de solutions. Ensemble, ils formeraient une intelligence collective qui serait capable de résoudre des problèmes trop complexes pour être résolus par des individus privés du bénéfice d'un réseau d'ordinateurs. C'était une idée démente à l'époque. Peu de gens la comprenaient. Aujourd'hui, avec l'Internet, les téléphones portables faisant fonction de micro-ordinateurs individuels et les applications de réseautage social, cette vision est devenue réalité.


Les liens humains

Nous commençons à comprendre que l'innovation et l'intelligence collective vont de pair. Une personne intelligente et créatrice peut avoir l'esprit d'invention ; collectivement, les communautés intelligentes peuvent faire preuve d'innovation.

Mais il ne suffit pas d'être connectés. La dissémination de l'information sur la manière dont l'innovation se produit tient une place fondamentale. À cet égard, les journalistes peuvent jouer un rôle important. S'ils donnent à leurs lecteurs ne serait-ce qu'une petite idée de la façon dont l'innovation se produit, notre compréhension collective de ce phénomène pourrait progresser. Mais si les journalistes eux-mêmes ne le comprennent pas, ils risquent d'en présenter une image déformée dans la tribune publique. Ceci aurait probablement pour effet de décourager les innovateurs ou alors de les encourager à suivre des pistes non constructives. Le centre de recherche VINNOVA-Stanford of Innovation Journalism, à l'université Stanford, a invité des journalistes et des chercheurs de plusieurs pays à Stanford pour se perfectionner dans le domaine de la couverture médiatique de l'innovation. Cette formation aidera les journalistes à accroître dans leur pays l'intelligence collective au sujet des écosystèmes de l'innovation.

L'innovation a besoin de créateurs, lesquels ont besoin d'un environnement favorable : un « écosystème de l'innovation » composé de personnalités du monde des affaires et de la finance, d'éducateurs et de responsables de la réglementation, lesquels s'emploient ensemble à créer un climat dans lequel les entreprises, nouvelles ou bien établies, peuvent innover et s'épanouir. Dans un bon système d'innovation, les entrepreneurs qui ont de bonnes idées peuvent trouver des investisseurs et des partenaires, monter leurs entreprises et, dans certains cas, construire des sociétés multinationales à partir de débuts très modestes.

Dans la « Silicon Valley », c'est le rêve de tout le monde. L'innovation est la principale industrie de la région. En Suède, autre fleuron de l'économie de l'innovation, il y a même un organisme public qui a pour mission de développer de bons systèmes d'innovation. Ce qui est révélateur, c'est qu'il s'emploie avant tout à renforcer un environnement propice à l'innovation, et non à appuyer telle ou telle innovation.


Dangers cachés

Dans les économies de type « toujours davantage de la même chose » - la norme dans la plupart des sociétés jusqu'à présent - l'innovation n'est pas une activité professionnelle désirable, que l'on se place dans le domaine des produits ou celui des idées. Le risque d'échec est élevé. On peut facilement se mettre dans une situation difficile en essayant de faire quelque chose de nouveau. La plupart des gens préfèrent ne pas essayer.

Un médecin hongrois, le docteur Ignaz Semmelweis, découvrit en 1847 que le nombre de cas de fièvre puerpérale affichait une baisse spectaculaire quand le médecin accoucheur s'était lavé les mains. Ce médecin réussit à éliminer presque totalement cette affection dans les établissements où plus d'une femme sur dix mourait en couches ; il produisit des statistiques prouvant sans l'ombre d'un doute que le fait de se laver les mains sauvait des vies. Mais la communauté médicale rejeta ses idées ; parce qu'il avait fait cette découverte avant que Louis Pasteur ne prouve l'existence des microbes, ses résultats n'étaient étayés par aucune théorie. Il y avait des médecins qui s'offusquaient de s'entendre dire qu'ils devaient se laver les mains. Le docteur Semmelweis réussit à braquer ses confrères, qui firent de lui un objet de ridicule. Il y perdit son emploi et sa place dans la société.

Le danger que courent les innovateurs dans une économie de ce type menace aussi bien les dirigeants politiques. Dans son livre publié en 1513 sous le titre Le Prince, Nicolas Machiavel décrit les méthodes que peut appliquer un prince pour monter sur le trône ou, s'il est déjà au pouvoir, pour conserver sa place. Voilà ce qu'il a à dire sur les innovateurs :

« L'on doit remarquer qu'en effet il n'y a point d'entreprise plus difficile à conduire, plus incertaine quant au succès, et plus dangereuse que celle d'introduire de nouvelles institutions. Celui qui s'y engage a pour ennemis tous ceux qui profitaient des institutions anciennes, et il ne trouve que de tièdes défenseurs dans ceux pour qui les nouvelles seraient utiles. Cette tiédeur, au reste, leur vient de deux causes : la première est la peur qu'ils ont de leurs adversaires, lesquels ont en leur faveur les lois existantes ; la seconde est l'incrédulité commune à tous les hommes, qui ne veulent croire à la bonté des choses nouvelles que lorsqu'ils en ont été bien convaincus par l'expérience. De là vient aussi que si ceux qui sont ennemis trouvent l'occasion d'attaquer, ils le font avec toute la chaleur de l'esprit de parti, et que les autres se défendent avec froideur, en sorte qu'il y a du danger à combattre avec eux. »

L'attachement désespéré aux normes et aux habitudes d'antan qui étouffent l'innovation ne conduit plus au succès politique ou économique. La société qui censure la libre circulation de l'information ou qui empêche la population - hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes - de contribuer pleinement à la vie civique, sociale et économique n'exploite pas toute la capacité à sa disposition pour se disputer la faveur des consommateurs dans l'économie mondiale de l'innovation. Beaucoup comprennent qu'il vaut mieux encourager les cultures et les systèmes qui adoptent et maîtrisent l'innovation. La Corée du Sud, l'Inde et Israël comptent au nombre croissant des économies qui appliquent cette stratégie avec succès.


Maîtriser le changement

Le passage d'une économie traditionnelle à une économie de l'innovation exige un changement social réel, une ouverture aux nouvelles pratiques optimales et la volonté de développer toute la gamme des compétences indispensables à la création d'une société riche en innovateurs.

Jusqu'à présent, l'école apprend aux enfants à résoudre des problèmes connus à l'aide de méthodes connues, ce qui les encourage à épouser un raisonnement classique. Or de nos jours, l'école doit au contraire les encourager à maîtriser le changement, à découvrir de nouveaux problèmes et à concevoir des solutions d'un genre nouveau.

Au lieu d'inciter à l'uniformité, l'économie de l'innovation encourage la diversité et la créativité. Les banques et les investisseurs doivent redéfinir les risques de manière à évaluer avec une plus grande précision le projet qui sortira des sentiers battus. Les décideurs du secteur public dont le rôle consiste à réglementer les entreprises qui produisent toujours la même chose en plus grande quantité doivent changer de cap et réfléchir aux moyens de retirer de plus gros avantages en favorisant le remplacement de ce qui est ancien par du neuf. Ce qui compte, c'est de porter son regard vers l'horizon à la recherche de la prochaine grande nouveauté au lieu de faire plus sans innover.

 

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Les quatre secrets de l'innovation

Améliorer l'innovation, c'est accroître notre intelligence collective. C'est une occasion incomparable pour tous les décideurs, qu'ils soient créateurs d'entreprises ou dirigeants politiques à la tête de pays.


Les chercheurs et les hommes d'affaires apprennent plus que jamais à s'allier pour innover. Alex Soojung-Kim Pang est directeur de recherche à l'Institute for the Future (l'Institut du futur), maître de conférence à la Said Business School (l'école de commerce Said) qui dépend de l'université d'Oxford et chercheur invité à l'université de Stanford dans le cadre du programme relatif à l'histoire et à la philosophie des sciences et techniques.

Alex Soojun-Kim Pang


À  notre époque où l'économie mondiale se caractérise par une forte intensité de savoir et une obsession pour l'innovation, il est sans doute étonnant de constater que même si le monde scientifique et celui des affaires coexistent depuis très longtemps, ils n'ont quasiment jamais rien eu en commun. Quiconque aurait dit à un orfèvre de la Chine ancienne, au capitaine d'un navire marchand spécialisé dans le commerce des épices à l'époque des grandes découvertes, ou à un brasseur quaker de Philadelphie au XVIIIe siècle que la science pouvait faire progresser le commerce serait passé pour un fou. Aujourd'hui encore, il est difficile non seulement de décrire la relation qui lie le monde scientifique à celui des affaires mais également de savoir ce qu'on devrait faire pour servir les intérêts de la science et de la politique industrielle.

Deux facteurs rendent cette tâche difficile. Primo, le monde scientifique et celui des affaires sont des secteurs en évolution. De ce fait, ce qui est valable pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre : ainsi, les grands laboratoires de recherche et développement d'entreprise (R&D) qui apportent des améliorations progressives dans des secteurs traditionnels risquent d'échouer dans de nouveaux marchés en pleine expansion. Secundo, les idées scientifiques et les talents des chercheurs se distinguent des autres intrants économiques, en ce qu'il est difficile de les gérer et de les monopoliser. De ce fait, les relations entre la science et l'industrie échappent à toute définition précise et les bienfaits économiques de la science sont plus difficiles à quantifier qu'on ne pourrait le penser.

Il est vrai qu'il existe d'innombrables exemples de découvertes scientifiques qui ont eu des retombées économiques - comme le télescope de Galilée ou le paratonnerre de Benjamin Franklin - mais il faut reconnaître que la science, avant l'avènement des industries électrique et chimique du XIXe siècle, n'a que peu contribué à la vie des affaires. Ce sont ces deux premiers secteurs qui permirent aux scientifiques, par le biais d'expérimentations et de nouvelles théories, d'y contribuer de manière plus significative que ne l'avaient fait les ouvriers qualifiés travaillant à l'aveuglette et de manière empirique. À la fin du XIXe siècle, quelques sociétés - comme DuPont, AEG, General Electric - s'étaient dotés de laboratoires de R&D pour stimuler le perfectionnement de nouveaux produits et résoudre les problèmes découlant de systèmes technologiques en constante évolution. La production de pénicilline et la construction de radars, d'avions à réaction et de la bombe atomique pendant la Deuxième Guerre mondiale ont apporté la preuve incontestable que la science pouvait être utilisée aux fins d'avantages concurrentiels. Après la guerre, la majorité des grandes sociétés s'équipèrent de laboratoires dont certains, comme ceux de la société Bell, employaient des milliers de personnes.

Toutefois, même à l'âge d'or de la recherche et développement, il ne fut pas toujours aisé de déterminer dans quelle mesure la science contribuait aux résultats financiers d'une entreprise. Les laboratoires avaient certes besoin de jouir d'un minimum d'autonomie pour mener à bien la recherche mais il leur était toujours difficile d'intégrer ces découvertes dans les lignes de produits. Si l'on examine quelques cas célèbres, on s'aperçoit que certaines sociétés ont privilégié la recherche de pointe classique mais n'ont pas réussi à la mettre à profit : le centre de recherche de Xerox à Palo Alto (« Xerox's Palo Alto Research Center », ou PARC) mit au point les premiers ordinateurs individuels, mais comme Xerox ne savait pas quoi en faire, de nombreux chercheurs émérites du PARC partirent chez Apple pour travailler sur le projet du Macintosh. (La société Xerox eut cependant le mérite de miser gros sur l'imprimante laser conçue à la même époque au PARC, et l'exploitation de cette technologie lui rapporta des milliards de dollars.)

En fait, l'ordinateur personnel contribua à l'inauguration d'une ère nouvelle à la fois dans le monde scientifique et dans le domaine de l'innovation d'entreprise. De même que l'Internet, les capteurs bon marché, les logiciels libres, les microfluidiques dont on se sert dans les systèmes de « laboratoire sur puce » ainsi que d'autres technologies, l'ordinateur individuel a lui aussi fait baisser le coût des techniques de pointe. Il a permis à des entreprises embryonnaires de faire de la recherche de pointe et a insufflé à la science une puissance commerciale débridée que ni l'État ni les stratégies d'entreprise n'avaient le moyen de contrôler. Les exemples comme celui du PARC prouvent que les sociétés auraient tout à gagner à promouvoir des projets appliqués plus étroits plutôt que d'encourager une recherche sans limites qui pourrait en fin de compte profiter aux concurrents. Ce qui est vrai pour les sociétés l'est également pour les pays : la Chine dépense bien moins en recherche et développement que les États-Unis ; pourtant, les multinationales américaines s'emploient frénétiquement à installer des laboratoires de R&D en Chine.

Il semblerait donc que nous soyons à l'aube d'une ère nouvelle où la science jouera plus que jamais un rôle déterminant en matière d'innovation, quoique plus imprévisible encore et plus incertain sur le plan des avantages commerciaux. À une époque où on attache énormément d'importance aux innovations, les grandes entreprises et les pays ont des difficultés toujours plus considérables à encourager les avancées scientifiques et à en tirer des bénéfices.

Cela sonne-t-il pour autant le glas de toute politique commerciale fondée sur la science ? Absolument pas. En fait, certains pays et certaines régions ont découvert plusieurs secrets qui leur ont assuré un succès commercial retentissant.


Les facteurs culturels

Le premier et le plus grand de ces secrets est qu'il n'existe pas de relation linéaire simple entre la science et les affaires. L'idée reçue qui consiste à penser que les découvertes scientifiques pures induisent inévitablement les progrès en science appliquée qui sont à l'origine de nouvelles technologies et de débouchés commerciaux est erronée. Le transfert d'idées des laboratoires aux foyers n'est pas un processus mécanique mais bien humain. Il exige des « transformateurs », des intermédiaires capables d'aider les concepteurs et les sociétés à appréhender le potentiel commercial des nouvelles idées. Il faut souvent que les investisseurs et les entrepreneurs qui sont en mesure de créer des associations encouragent la recherche portant sur les technologies de pointe et sur l'innovation de produits. Il faut également que les sociétés puissent fabriquer, distribuer et commercialiser de nouveaux produits. De nombreux pays ont investi dans des universités et dans la recherche fondamentale, s'attendant à des résultats directs ; en fait, les responsables politiques doivent garder à l'esprit la nécessité de bâtir des infrastructures et des cultures.


Or, une culture d'innovation bien structurée ne se contente pas de promouvoir l'innovation ; elle en constitue les fondements. C'est le deuxième secret : s'il est vrai que les connaissances scientifiques sont « mobiles », les entreprises à forte composante scientifique plongent leurs racines dans un tissu local culturel et artisanal complexe. Les régions qui exploitent le talent des plus grands chercheurs n'aspirent pas seulement à créer des centres de recherche sans égal en nanotechnologie, en énergies alternatives ou en informatique quantique ; non seulement ces initiatives peuvent se révéler extrêmement coûteuses, mais les groupes de recherche qui emploient des scientifiques éminents peuvent se laisser séduire par une meilleure offre d'emploi. Au lieu de mettre en œuvre un modèle générique fondé sur le talent de grands chercheurs, les décideurs avisés font de plus en plus des paris ciblés qui associent la recherche de pointe et le savoir-faire local.

Le Danemark, par exemple, est en passe de devenir l'un des grands pôles mondiaux de l'informatique appliquée. Pourquoi ? L'emploi généralisé de l'informatique - c'est-à-dire la science qui étudie dans quelle mesure les ordinateurs peuvent devenir encore plus utiles s'ils sont incorporés dans les objets quotidiens - se situe au carrefour de l'électronique, des logiciels, de la psychologie et de l'ergonomie. C'est un domaine qui exige de sérieuses connaissances sur la façon dont les personnes se servent des nouvelles technologies, et les scientifiques danois ont puisé ce savoir profond au sein même de leur société, dans le milieu exceptionnellement avancé du design.

De même, Silicon Valley est en train de se réinventer pour devenir un grand centre d'énergies alternatives grâce à sa solide expérience portant sur la conception de batteries. Cela n'a rien de très tape-à-l'œil mais les connaissances requises pour faire fonctionner un portable une demi-heure de plus donnent à la jeune pousse Tesla Motors, spécialisée dans la construction de voitures électriques, un avantage décisif. Pour les responsables politiques, cela prouve bien qu'il est primordial d'encourager les industries à se servir des compétences disponibles. Non seulement cela assurera aux nouvelles entreprises des caractéristiques plus distinctives et plus difficiles à contrefaire, mais cela peut également profiter aux industries existantes.


Bien plus que le laboratoire

Le troisième secret est que le pouvoir de convertir des découvertes scientifiques en produits demande un véritable talent. La science et le secteur des affaires sont des activités très différentes, caractérisées par des compétences et des motivations diverses. Si ces deux domaines d'activité sont amenés à coopérer de façon satisfaisante, chacun aura besoin de conserver son indépendance. Un chercheur émérite qui excelle à obtenir des subventions et à constituer des groupes de recherche ne réussira pas forcément aussi bien sur la place du marché. D'ailleurs, la persévérance requise pour travailler pendant des années sur des problèmes complexes est différente des aptitudes intellectuelles exigées pour fonder une société.

Trop souvent cependant, nous avons du mal à comprendre qu'une découverte ne débouche pas toujours sur de nouveaux produits. Par exemple, les concepteurs de « technologies propres » à succès sont en train de se rendre compte que l'invention d'une nouvelle turbine éolienne ou d'un matériau photovoltaïque hyper-efficace ne changera vraiment le monde que s'ils parviennent à rendre ces découvertes indispensables aux sociétés de distribution d'énergie déjà en place, que si ces produits répondent aux exigences des organismes chargés d'appliquer les normes de sécurité, que si les coûts de fabrication baissent et que le consommateur soit convaincu que le passage à une nouvelle technologie en vaut la peine. Ce type d'activité transformatrice, de systémisation, est un talent en soi. Le monde de la science et le monde des affaires a besoin de traits d'union, de personnes aptes à reconnaître les occasions et à établir les réseaux qui transforment les idées en technologies novatrices.

Le quatrième secret est que les liens entre le domaine scientifique et le monde des affaires sont en train de prendre de l'ampleur. Jusqu'à présent, la science a eu un impact considérable sur la conception et la fabrication de produits mais celui-ci a été beaucoup plus variable dans certains domaines comme les ressources humaines. On constate actuellement que la science commence à s'étendre à de nouveaux secteurs. De nouveaux outils en neuroscience - en particulier la technologie de l'imagerie optique du cerveau comme l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMF) - nous permettent d'étudier le cerveau au moment où il prend des décisions, regarde une publicité, ou réagit à une stimulation.

La multitude de données recueillies par l'activité des internautes sur des sites comme Amazon.com permettent aux scientifiques de modéliser de façon plus juste les comportements et les goûts des personnes. Wall Street connaît un afflux de physiciens et de mathématiciens chevronnés qui appliquent des théories scientifiques complexes pour minimiser les risques financiers. La mise au point de nouveaux modèles climatiques et d'outils comptables visant à évaluer les coûts et les avantages des programmes de pérennisation des activités des entreprises permet à ces dernières de mieux apprécier dans quelle mesure le recours à la technologie propre aura un impact sur leurs résultats financiers.

Enfin, notons que quelques entreprises sont sur le point de mettre au point des processus novateurs fondés sur la façon dont la science s'applique. Le mouvement dit de l'innovation ouverte - qui met l'accent sur le partage des ressources intellectuelles fondamentales, renforce la collaboration entre des partenaires qui n'ont rien en commun et récompense de manière informelle les participants - a toutes les caractéristiques d'une communauté scientifique.


Une relation complexe

Ainsi, le défi pour les entreprises comme pour les nations consiste à investir dans des activités commerciales qui allient technologie de pointe et ressources culturelles locales, à nouer des liens entre le monde scientifique et le monde des affaires tout en les laissant prospérer, et à profiter des nouvelles sciences qui peuvent aider les industries à mieux comprendre les comportements humains, à saisir l'impact à long terme des règlements et des stratégies et à mettre au point de nouveaux processus économiques.

La relation entre le monde scientifique et le monde des affaires n'a jamais été simple. Aujourd'hui cette relation et en train de devenir plus complexe et multidimensionnelle ; ce faisant, elle est plus rentable quand on en connaît les secrets.

 

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L'indice international de l'innovation : l'ordre des pays en 2009

 

Les États-Unis arrivent au huitième rang mondial en matière d'innovation sur les 110 pays analysés par le Boston Consulting Group (BCG) et la National Association of Manufacturers (NAM) dans le rapport 2009 du BCG.

1. Singapour
2. Corée du Sud
3. Suisse
4. Islande
5. Irlande
6. Hongkong
7. Finlande
8. États-Unis
9. Japon
10. Suède
11. Danemark
12. Pays-Bas
13. Luxembourg
14. Canada
15. Royaume-Uni
16. Israël
17. Autriche
18. Norvège
19. Allemagne
20. France
21. Malaisie
22. Australie
23. Estonie
24. Espagne
25. Belgique
26. Nouvelle-Zélande
27. Chine
28. Chypre
29. Portugal
30. Qatar
31. Hongrie
32. République tchèque
33. Slovénie
34. Afrique du Sud
35. Bahreïn
36. République slovaque
37. Chili
38. Italie
39. Malte
40. Lituanie
41. Tunisie
42. Grèce
43. Lettonie
44. Thaïlande
45. Maurice
46. Inde
47. Koweït
48. Croatie
49. Russie
50. Arabie saoudite
51. Trinité-et-Tobago
52. Pologne
53. Bulgarie
54. Philippines
55. Oman
56. Jordanie
57. Mexique
58. Turquie
59. Lesotho
60. Kazakhstan
61. Roumanie
62. Costa-Rica
63. Panama
64. Ukraine
65. Égypte
66. Botswana
67. Albanie
68. Azerbaïdjan
69. Sri Lanka
70. Maroc
71. Indonésie
72. Brésil
73. Vietnam
74. Colombie
75. Arménie
76. Macédoine
77. Géorgie
78. Éthiopie
79. Jamaïque
80. Salvador
81. République kirghize
82. Honduras
83. Moldavie
84. Pakistan
85. Algérie
86. Paraguay
87. Mongolie
88. Nigéria
89. Uruguay
90. Ouganda
91. Burkina Faso
92. Argentine
93. Tadjikistan
94. Guatémala
95. Kenya
96. Bolivie
97. Syrie
98. Népal
99. Sénégal
100. Pérou
101. Namibie
102. Équateur
103. Madagascar
104. Nicaragua
105. Zambie
106. Bénin
107. Cameroun
108. Vénézuéla
109. Burundi
110. Zimbabwe

Source : The Boston Consulting Group et la National Association of Manufacturers

15/09/2010

L'industrie française, bilan et perspectives

Manque de spécialisation, structure inadaptée, coût du travail prohibitif... L'industrie française ne bénéficie pas vraiment des meilleures conditions pour surpasser ses concurrents internationaux. Mais, la France peut développer une politique industrielle, capable de la relancer cette vieille machine, selon le patron d'EADS, Louis Gallois qui s'exprimait à la Fondation Res Publica.

 

http://webmsi.free.fr/Web-0601-GRB/entreprise.jpg

 

La France est engagée dans un processus de dés-industrialisation extrêmement inquiétant. Ce secteur
représentait 22% de la valeur ajoutée en 1998, contre 16% en 2008. Alors qu'en Allemagne, la part de
l’industrie dans la valeur ajoutée globale a augmenté, l'Hexagone a lui connu la plus forte baisse (6%) de
l'ensemble de l'Union Européenne (3% en moyenne), au point d'être actuellement au niveau de la Grande-
Bretagne dont on considère qu’elle a laissé filer son industrie.


Les causes de l'essoufflement de l'industrie française


- L'industrie française ne peut se vanter d'une spécialisation internationale prestigieuse. Hormis quelques
domaines de haute technologie -dont l'aéronautique-, les activités industrielles, très sensibles aux variations
de prix, restent directement impactées par la surévaluation de l'euro. La France, tout comme l'Espagne et
l'Italie, est donc confrontée à un double obstacle. La monnaie unique pénalise les exportations françaises
hors de l'Europe, tout en réorganisant le paysage industriel européen au bénéfice de ceux qui ont une
spécialisation internationale beaucoup moins sensible aux prix -notamment l’Allemagne-.


- Une structure de coût, peu avantageuse, pénalise les entreprises industrielles. Le temps de travail annuel
n’est pas actuellement adapté, tandis que la durée de vie active des Français (en nombre d’heures de travail)
reste la plus courte d’Europe, peut-être même du monde : ils rentrent plus tard que les autres salariés sur le
marché du travail et en sortent plus tôt.


- La fiscalité des entreprises doit aussi être mise en cause. Si les multinationales peuvent optimiser leur
fiscalité, l’essentiel du tissu industriel français, lui, subit un niveau de prélèvements -fiscalité et charges
sociales- désavantageux, en particulier en ce qui concerne les prestations sociales, financées sur le facteur
travail dans les entreprises. Un problème majeur!


- La structure des entreprises se révèle inadaptée. La France compte 4 000 entreprises de 500 à 5 000
employés, l’Allemagne en a près de 16 000. Dans la décennie 80, la génération de ceux qui avaient construit
l’industrie française après guerre a disparu, sans être remplacée. Au point qu'on peut parler aujourd'hui d’un
capitalisme sans capital : les moyennes entreprises sont sous-capitalisées, incapables d’investir et donc
asphyxiées. Le patron d’un des plus grands distributeurs français m’a avoué acheter des biscuits allemands,
non pas en raison d’une qualité supérieure mais parce que les usines allemandes, automatisées, modernisées,
offrent des coûts de production inférieurs à ceux de leurs concurrents français. Des concurrents incapables de
faire de tels investissements parce qu’ils sont complètement sous-capitalisés.


- Une recherche publique et une recherche privée qui sont déconnectées l'une de l'autre. À l’inverse des
autres pays (Allemagne, États-Unis, etc.), la France est dotée d'une recherche publique assez puissante, mais
d'une recherche privée plutôt faible. De plus, elle pâtissent d’une relation insuffisante entre elles. La
recherche publique peut mener un dialogue d’égal à égal avec l’industrie sans s’y perdre, ce qui n'est pas le
cas actuellement.
Ces remarques structurelles sur l’industrie française et son évolution se trouvent bousculées par la nouvelle
donne engendrée par la crise, qui, d’ailleurs, avait été anticipée.


Malgré une désindustrialisation massive, les États-Unis, eux, continuent de dominer le secteur des hautes
technologies grâce à des programmes gouvernementaux extrêmement puissants, des universités et des
centres de recherche remarquablement financés, capables d’attirer les meilleurs scientifiques du monde
entier. Pas un chercheur qui n’ait envie d’aller passer quelques années aux États-Unis.


La poussée des pays émergents doit également être mise dans la balance. La Chine certes, mais aussi la
Corée, qui fait preuve d’un dynamisme et d’un volontarisme incroyables. Les Coréens avaient décidé de
devenir leaders dans l’automobile, Hyundai est maintenant devant Toyota en termes de qualité. Ils avaient
souhaité être présents dans le secteur des biens de consommation électroniques, Samsung et LG sont devenus
les deux premiers leaders mondiaux devant Sony. Ils prévoient d’entrer dans dix ans dans le G7 de
l’aéronautique et de l’espace, ils y seront. Les pays émergents, comme le Brésil et bientôt le Vietnam, la
Russie et le Mexique, ont une ambition extraordinaire et n'interviennent pas uniquement dans des secteurs
ayant un coût du travail attractif. La Chine, qui est actuellement l’atelier du monde, deviendra le laboratoire
du monde. Troisième puissance mondiale en termes d’effort de recherche, elle est en train de s’équiper dans
tous les domaines et lance des programmes à jet continu. Elle a été capable d'envoyer un homme dans
l’espace tandis que les États-Unis renonçaient à aller sur la lune. Croire que les hautes technologies sont un
secteur protégé est une erreur, car il sera également attaqué par les pays émergents, forts d’un énorme
dynamisme et de l’action puissante des États.


Une politique industrielle à la française
L'industrie française ne part pas de zéro, des outils existent : les machines à fonds propres (type Oséo), le
Fonds stratégique industriel, le crédit d’impôt-recherche, les pôles de compétitivité... La France a aussi la
capacité de gérer et de mener de grands programmes, qui ont porté une partie de l’appareil industriel
français, comme l’aéronautique, le nucléaire, les télécommunications... Mais il y a urgence à dépasser ce
stade : c'est une priorité absolue. Sans industrie, sans usines, notre pays perd des emplois qualifiés mais aussi
son indépendance, sa marge de manoeuvre et sa capacité de développement. Les services ne prendront pas le
relais. La crise nous a appris que l’économie réelle, la fabrication des produits étaient essentielles.
Je ne suis pas contre un certain nombre de délocalisations : j’en fais moi-même, parce qu’il faut aller
chercher les marchés. EADS installe une ligne d’assemblage d’Airbus en Chine, un centre de recherches à
Bangalore, car elle ne trouve pas en Europe les ingénieurs dont elle a besoin. Alors que l’industrie
aéronautique recherche près de 12 000 ingénieurs par an, le marché du travail européen n'en propose que 9
000. À Supaéro, certaines années, le nombre d’ingénieurs se spécialisant dans l’aéronautique se compte sur
les doigts de la main, les autres se dirigent dans la banque. Dans cette école supérieure d’aéronautique,
l’option prioritaire n'est autre que... les Finances. Peut-être que les grandes entreprises ont leur part de
responsabilité, mais le fait qu’on détourne les gens de l’industrie pour les inciter à faire des produits
financiers structurés pose un grave problème !


Toutes les politiques doivent être jugées à l’aune de leurs impacts sur la compétitivité industrielle. La
politique fiscale et sociale doit être examinée, et la question du financement des prestations sociales par les
cotisations des salariés et des entrepreneurs doit être posée : selon moi, celles-ci devront être fiscalisées. Une
TVA sociale ne peut donc être mise en place, dès lors qu'un pays est capable d’établir un système fiscal
globalement plus équitable, plus juste.


L'allongement de la durée du travail tout au long de la vie active doit enfin être envisagé, non pour entrer en
compétition avec les Chinois ou les Indiens mais pour nous rapprocher du standard européen. On ne peut pas
comparer le travail en Allemagne au servage dans la Russie du XIXème siècle ! Les Allemands entrent sur le
marché de l'emploi plus tôt et en sortent plus tardivement que les Français, tout en accumulant un nombre
d'heures de travail annuel légèrement plus important. Ce choix impliquerait de développer l’apprentissage,
l’alternance et l’emploi des seniors, ce qui aura peut-être quelques impacts sur la réforme des retraites et sur
la durée annuelle du travail.


Les États généraux de l’industrie ont aussi abordé la politique des filières, qui requière un effort concerté des
maîtres d’oeuvre, de la sous-traitance ainsi qu'un effort concerté éducation-recherche-industrie et bien sûr
formation-éducation-recherche. L'idée de progrès technique et scientifique doit être valorisée pour remettre
au goût du jour la culture de l’innovation.

 

http://lavieenvert.romandie.com/get/13214/368745-000entreprise.jpg

 

Aujourd’hui, le mot « industrie » rime avec « pollution », « conditions de travail inacceptables » et suscite
des interrogations sur la capacité de l'industrie française à faire face aux pays émergents. Autant de
préoccupations auxquelles il faudra répondre. En outre, sans industrie, il n’y aura pas d’économie verte. Les
conditions de travail ne sont plus celles du 19ème siècle, et sans progrès technique et scientifique, le progrès
tout court demeure inaccessible, y compris pour l’économie verte.


La dépense publique doit donc être orientée vers la préparation de l’avenir. Je crois à l’État amorceur, aux
grands programmes, au grand emprunt. Selon Jean-Michel Quatrepoint, cet emprunt national aurait dû être
réalisé autrement, mais il constitue une bouffée d’oxygène : il favorisera la remise à niveau des universités
ainsi que le lancement d'un certain nombre de démonstrateurs technologiques, permettant ainsi la
transformation de la recherche en produits. Ce qui s'avère essentiel.


Des relais européens s'imposent comme une nécessité
Le Président de la République a affirmé qu’il centrerait le G20 -qu’il présidera en 2011- sur les problèmes
monétaires. Il y a urgence! Il est à regretter que l’Europe, qui est la principale intéressée dans cette affaire, ne
prenne aucune initiative, alors même que l’euro est aujourd’hui la variable d’ajustement du système
monétaire mondial.


La politique de concurrence, telle qu’elle est menée par Bruxelles, est fondée strictement sur des critères
juridiques, sans possibilité d’appel à qui que ce soit. Selon moi, il faut créer un appel au niveau du conseil
européen. On ne peut pas laisser la commission de Bruxelles décider si le rapprochement Schneider-Legrand
est bon ou mauvais pour l’Europe. A un moment donné, un jugement politique doit intervenir. Si on avait
suivi la commission de Bruxelles, Alstom n’existerait plus. Quant à Péchiney, on lui a refusé une alliance
d’égal à égal avec Alcan alors que trois ans plus tard, Péchiney a été revendu à l’encan à Alcan.
Je ne remettrai pas en question le libre-échange et je tiendrai les propos convenus sur l’ouverture des
frontières. Mais cet échange doit être équitable. Des règlementations, qui ne s'appliquent pas aux biens
importés, ne doivent pas pénaliser les produits européens. En outre, l'Europe ne doit pas être ouverte à tous
vents à des pays qui se ferment. Une réciprocité est indispensable. Ce terme de « réciprocité », totalement
proscrit jusqu’à une date récente, commence aujourd’hui à réapparaître.


Il y a eu un emprunt national, pourquoi n’y aurait-il pas un emprunt européen finançant de grands projets
européens ? Cela est tout à fait essentiel.
Rien n’est possible sans l’adhésion du corps social. Après les états généraux de l’industrie, une conférence
nationale de l’industrie va s’ouvrir. Un débat public se révèle en effet nécessaire, car il s'agit d'une question
centrale pour l’avenir du pays. Les forces sociales devront être partie prenante dans ce débat public qui va
poser des interrogations très lourdes, telles que les rapports entre le capital et le travail. Il faut un équilibre :
les salariés et les actionnaires doivent s’y retrouver, car l'économie de marché ne peut pas vivre sans
actionnaires. Cela ne sera possible que si nous sommes capables de mener ce débat dans la clarté et si celuici
débouche sur un compromis social inévitablement transitoire. Puisqu’on demande des efforts aux salariés
(durée du travail, mobilité...), il faudra proposer des discussions sur la pénibilité, la « flexisécurité » (la
sécurité en cas de mobilité). La question des droits des personnels à l’intérieur des entreprises et le partage
de la valeur ajoutée sera également à aborder. Il ne s’agit pas de spolier les actionnaires : ils mettent leur
argent dans une entreprise et ont donc droit à une rémunération. Il faut donc qu’un équilibre soit assuré dans
la clarté et dans le débat. Sans cela, le corps social n'adhérera pas à une politique industrielle qui sera
obligatoirement une politique de l’effort. Même si elle sera mobilisatrice puisqu'elle sera la preuve d'une
véritable ambition.

 

Industrie française : pour Louis Gallois, rien n'est perdu !
Source journal ou site Internet : Marianne2
Date : 13 septembre 2010
Auteur : Louis Gallois

 
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