Avertir le modérateur

13/08/2011

Livre #3: Philippe Nemo et la pensée unique....le livre de l'été!

CONTRE LA PENSEE UNIQUE ET LA POLICE DE LA PENSEE 

Moins d’une centaine de pages pour dénoncer la pensée unique qui règne en France. Philippe Nemo gagne son pari dans cet essai brillant et pédagogique : La régression intellectuelle de la France (Texquis, 2011).

Philippe Nemo analyse la situation de la France d’un point de vue philosophique, juridique et anthropologique. Il soutient à juste titre que si le pays se trouve dans cette situation ce n’est pas seulement la cause d’une économie défaillante et d’un Etat omnipotent mais aussi le résultat de l’emprise d’une « pensée  unique » de nature gauchisante  qui phagocyte les débats sur l’école, les médias, la famille, les moeurs, etc… Ce n’est plus le vrai ou le bien qui comptent mais l’idéologiquement  correct. La loi Gayssot, la loi sur la HALDE, le « devoir de mémoire » et autres commémorations  habilement manipulées ne sont que les excroissances d’une plaie terrible qui ronge la vie intellectuelle française.

Son incursion dans le monde de la pensée correcte commence avec la loi Pleven du 1er juillet 1972 dont le principe était l’application à la France de la « Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de racisme ». La loi instituait des mesures plus répressives pour les actes et comportements racistes. Elle allait tellement loin que la liberté d’expression était touchée. Des notions comme « provocation à la haine » et « provocation à la discrimination » représentaient un danger supplémentaire dans les débats. La loi Pleven, écrit justement Nemo, punissait des propos n’ayant encore causé de mal à personne. On assistait aux débuts de la police de la pensée. Parallèlement, cette loi permettait aux associations de porter plainte au nom d’un tiers en matière de racisme et d’antisémitisme.

La loi Gayssot de 1990 en rajoute une couche. Elle introduit une forme de censure idéologique car on ne peut plus aborder certains sujets historiques sous peine de risquer une condamnation au tribunal. C’est l’opinion qui est visée, quels que soient les arguments apportés. De plus, une amnésie idéologique est en train de s’abattre sur le débat intellectuel. Il vaut mieux éviter de parler des crimes communistes car ainsi on risque de sous-estimer – voire de nier – les crimes nazis. « L’horreur absolue » ne se trouve que du côté du nazisme. La droite n’a pas eu le courage d’abroger la loi Gayssot qui servira de modèle pour d’autres lois dites « mémorielles ». La loi Taubira de 2001 culpabilise le blanc face au noir alors que l’esclavagisme a été pratiqué (et continue d’ailleurs) aussi par les Arabes et les Africains. La loi sur la HALDE de 2004 réprime les discriminations à l’embauche ou dans l’octroi des logements. De nombreuses dérives ont été recensées suite à cette loi, de nombreuses personnes ayant porté plainte contre des patrons d’entreprises après un refus à l’embauche. Tous les prétextes sont bons pour contester la décision de l’employeur. De même, un sujet comme l’homosexualité est tabou. Un député français a été condamné deux fois pour avoir fait des déclarations considérées comme « homophobes ». Il n’a pas bénéficié de l’immunité parlementaire dont profitent de nombreuses autres personnalités politiques pour des faits infiniment plus graves… Philippe Nemo a raison de le souligner : l’idéologie remplace la justice et le droit pénal. On ne condamne plus les actes mais les propos. Ne pas entrer dans le moule idéologique vous marginalise et toute affirmation « différente » est sévèrement condamnée. Il s’agit bien du « délit d’opinion » qui régit de plus en plus notre droit pénal.

Avec de nombreux exemples à l’appui, Philippe Nemo décrit brillamment cette terrible dérive dans une société de plus en plus aveugle.

Bogdan Calinescu

Le 1er Juillet 2011

source ALEPS avec leur remerciement

15:33 Écrit par HUMANITAS dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, pensée unique, socialisme, philippe nemo, régression, enseignement, école, halde | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/02/2011

Géostratégie - Révoltes du Monde Arabe.

A l’heure où de nombreux pays arabes sont marqués par d’importants bouleversements politiques, l’influence américaine n’échappe à personne.

 

http://3.bp.blogspot.com/_5Dvdo6a5iBU/TUG8ER1KaPI/AAAAAAAAQJo/FT2rxsoaDqo/s1600/Yemen%2B1.jpg


La déferlante de révoltes populaires qui a déjà poussé à la sortie l’ex-chef d’Etat tunisien et, fort probablement, le président égyptien et qui s’étend à d’autres pays ayant la particularité d’être gouvernés par d’inamovibles dictateurs, est interprétée par certains prospectivistes comme le point de départ d’un profond remodelage du monde arabo-musulman. Un remodelage souhaité de longue date par les Américains, mais qui n’a réellement pris corps que sous la présidence de Georges Bush qui a trouvé, dans les attentats du 11 septembre 2001, un excellent motif de mise en oeuvre de cette manoeuvre à grande échelle, aujourd’hui connue sous le nom de projet du Grand Moyen-Orient. En 2004, ce projet change de dénomination pour prendre celle de «Partenariat pour le progrès et un avenir commun avec le Moyen-Orient élargi et l’Afrique du Nord». Le changement a, sans doute, été décidé pour susciter l’adhésion des pays concernés, dont bon nombre, à l’instar de ceux du G8, de l’Algérie, la Jordanie, le Yémen, la Turquie, Bahreïn et l’Afghanistan, pour ne citer que ceux-là, avaient du reste officiellement adopté ce partenariat, en juin 2004, à l’occasion du sommet de Sea Island. Si cette initiative avait recueilli sur le fond l’adhésion des membres de l’Union européenne, soucieux de voir s’inscrire la démocratie dans les pays de la rive Sud de la Méditerranée, elle risquait néanmoins de perturber un partenariat euroméditerranéen déjà en vigueur depuis plus d’une décennie durant, rien de fondamental n’a été entrepris pour aider à la démocratisation des pays concernés, et notamment, ceux du Maghreb qui en avaient le plus besoin. Les Européens et la France en particulier, continuent de ce fait à s’inquiéter de l’intrusion des Etats-Unis dans certaines zones (Maghreb et Sahel notamment) que l’Hexagone considère comme sa chasse gardée. Les déclarations maladroites du président français Nicolas Sarkozy concernant les derniers événements de Tunisie et d’Algérie traduisent, on ne peut mieux, ce malaise.

 

http://alliancegeostrategique.org/wp-content/uploads/2011/01/gameover_benali_tunisia.jpg


L’Effet contagion
A l’heure où de nombreux pays de ce grand espace géographique (Tunisie, Egypte, Algérie, Jordanie, Yémen, Soudan, Syrie, etc.) sont marqués — ou, commencent à l’être — par d’importants bouleversements politiques dont il est encore difficile de déterminer les évolutions, l’influence américaine n’échappe à personne. La discrétion n’est même plus de mise, puisque les plus hauts dirigeants américains, à commencer par le président Obama, n’hésitent pas à apprécier publiquement les événements dans un sens favorable aux aspirations démocratiques et émancipatrices des peuples concernés. Si durant l’administration Bush, le projet de remodelage n’a été appliqué qu’à la carte (Irak, Afghanistan) et de manière autoritaire avec les résultats désastreux qu’on connaît, sous la présidence d’ Obama, le remodelage en question a la particularité d’être beaucoup plus large (plus d’une dizaine de pays sont atteints par le vent des révoltes populaires) et plus «soft» dans la mesure où ce sont les peuples concernés qui réclament des changements politiques profonds allant dans le sens des ouvertures, notamment démocratiques, prônées par le projet américain du Grand Moyen-Orient.La mise en oeuvre du projet sera, disent certains spécialistes de la prospective, pragmatique.


Le souci de ménager les intérêts sécuritaires, stratégiques et économiques américains continuera à primer, même si la volonté de propager la démocratie par un «effet domino» partant de pays judicieusement choisis, est clairement affirmée. Ce projet d’une immense portée, puisqu’il couvre une zone comprenant environ 22 pays allant de l’Afghanistan à la Mauritanie, ne résulte évidemment pas d’un subit élan philanthropique visant à tirer les peuples concernés des griffes de leurs dictateurs, à promouvoir la démocratie et le bien être
économique et social.

 

http://www.partiantisioniste.com/images/stories/images/thumbs/cartes_dictateurs_arabes_300.jpg

 

Divorce peuple-pouvoir
Il est le résultat de profondes réflexions prospectives de dirigeants et intellectuels américains sur les meilleures conditions de maintien d’une nation qui compte garder encore très longtemps son leadership sur le monde, mais aussi et surtout, donner un coup fatal au terrorisme islamiste qui continue à menacer ses intérêts, en dépit de la présence de régimes autoritaires qui prétendent pratiquement tous faire de la lutte antiterroriste, leur principale préoccupation. De par leur nature dictatoriale, ces régimes ont en réalité produit le contraire. Pour rester longtemps au pouvoir, les dirigeants des pays musulmans ont pratiquement tous
encouragé la propagation du salafisme et, dans certains cas, du wahhabisme, qui constituent comme on le sait les matrices du terrorisme islamique. La lutte armée contre ce fléau est de ce fait chaque fois compromise par l’arrivée massive de nouvelles recrues, adeptes de ces idéologies extrémistes et, de surcroît, victimes expiatoires (chômeurs, exclusion scolaire, mal logés, sans perspectives d’avenir etc.) de la mauvaise gouvernance de leurs pays. L’Amérique d’Obama, lit-on dans une revue de prospective, semble avoir enfin compris que ces régimes, aussi autoritaires et bien armés soient ils, ne constituent assurément pas les meilleurs remparts contre le terrorisme islamiste inspiré par ces doctrines que les gouvernements concernés ne sont pas enclins à combattre pour la simple raison qu’elles servent leurs intérêts. De ce fait, le maintien de régimes autoritaires pour faire barrage au terrorisme islamiste ne semble plus faire recette chez les Américains qui amorcent, à travers le projet de Grand Moyen-Orient, une nouvelle façon de combattre l’intégrisme en répondant, notamment, favorablement aux aspirations démocratiques des peuples concernés et en les aidant par des moyens multiformes à réduire les fractures économiques et sociales générées par la gouvernance désastreuse d’inamovibles dictateurs. Il reste à savoir, si les Etats-Unis, qui ne sont pas encore tout à fait sortis d’une crise économique qui les a considérablement affaiblis, sont financièrement prêts à se doter des moyens requis (investissements financiers, aides à la consolidation des nouvelles démocraties etc.) pour mener à bien une nouvelle politique internationale aussi vaste et ambitieuse.

 

Révoltes populaires sur fond de luttes géostratégiques : vers un remodelage du monde arabe.
Source, journal ou site Internet : El Watan
Date : 7 février 2011

 

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2011/01/fmi1.png

 

Entre la peste des dictatures corrompues et le choléra de l'islamisme radical, doit-on forcément choisir?


D’après le philosophe tunisien Mezri Haddad, les révolutions arabes seront récupérées par les islamistes, notamment les Frères musulmans, les plus populaires auprès des pauvres qu’ils secourent souvent mieux que l’Etat. Et ils seront soutenus par les opposants démocrates, surtout depuis que leur discours plus modéré s’inspire de celui des islamistes turcs. Pour beaucoup, ces révolutions déboucheront sur un Moyen Orient islamiste, car l’opposition verte a le vent en poupe et est la mieux organisée. Signes avant-coureurs, le nouvel homme fort de l’Egypte, le vice-résident Omar Suleiman, invite les Frères Musulmans au dialogue et le porte-parole de l’opposition, Mohammed ElBaradei, ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, connu pour avoir minimisé le programme nucléaire militaire iranien, s'est allié aux Frères musulmans et est proche de l’Iran. Il est vrai que les révolutions arabes servent la stratégie révolutionnaire de l’Iran, qui contrôle déjà l’Irak, le Liban et Gaza. Mais est-on condamné à soutenir des dictateurs pour barrer la route aux islamistes ? En réalité, il faut sortir des oppositions simplistes (dictateurs laïcs contre islamistes), car comme le rappelle le grand intellectuel égyptien Tarek Haggy, anti-islamiste et laïque, depuis des années, la menace islamiste a trop servi de prétexte pour justifier les répressions. Et depuis des années 70, ce sont les dictateurs « anti-islamistes » (Nasser et ses successeurs Anouar-Al-Sadate et Moubarak en Egypte ; Hafez al- Assad et son fils Bachar en Syrie ; ou la junte militaire du FLN en Algérie) qui ont réislamisé radicalement leur pays, fait de la charià la source des lois, sponsorisé avec des pétrodollars saoudiens des écoles et centres distillant un islam rétrograde, puis anéanti la liberté religieuse et rendu impossible la vie des non-musulmans ou des laïques. Ils récoltent aujourd’hui ce qu’ils ont semé. Et les jeunes épris de liberté ne veulent plus continuer à exonérer des despotes corrompus qui n’ont aucune leçon de morale laïque à donner.

 

Les révolutions arabes profitent-elles aux ismalistes ?
Source, journal ou site Internet : France Soir
Date : 7 février 2011
Auteur : Alexandre Del Valle

12/09/2010

RETRAITES: ENFIN DE NOUVELLES PROPOSITIONS, Pétition a disposition, lire les objections svp

Alternative Libérale publie son plaidoyer en faveur de l'épargne personnelle et lance une pétition en ligne

Logo AL D&L.pnghttp://www.liberal.ca/wp-content/themes/Liberal.ca/images/issues/related-retraite-et-pensions.jpg

 


Alors qu'une énième réforme des retraites par répartition est en discussion au Parlement, et que les syndicats y répondent à nouveau par une grève générale, Alternative Libérale démontre qu'un autre choix est possible et invite les Français à s'exprimer sur leur avenir.


Grèves chez les enseignants, dans les transports, dans la fonction publique : la rentrée commence par une épreuve de force. Mais le vrai débat sur l'avenir des retraites a-t-il eu lieu ? Tout le monde s'accorde pour vouloir "sauver notre système de retraite par répartition". La réforme qu'on nous propose vise cet objectif ... jusqu'en 2018.


Face à la faillite annoncée du système, une alternative existe, plus efficace, plus équitable, qui ouvre des espaces de liberté et s'appuie sur la responsabilité de chacun.


Alternative Libérale publie aujourd'hui son plaidoyer pour l'épargne personnelle, une idée neuve en France mais déjà pratiquée avec succès dans 28 pays à travers le monde. Ce dossier démonte une à une les idées reçues qui persistent sur les systèmes de retraite par répartition et par capitalisation.


Pour le télécharger : Retraites : la solution de l'épargne personnelle.pdf


Face à un pouvoir sans vision ni courage, et face au chantage de la rue, nous vous invitons également à faire entendre votre voix.

 

Signez notre pétition en ligne en cliquant ici.

 

 

Le dossier d'Alternative Libérale: en lecture globale ci-dessous, autrement cliquez au-dessus en pdf la globalité avec annexes

 

Retraites :
La solution de l'épargne personnelle
Septembre 2010


Face aux risques et aux injustices du système actuel de retraite par répartition,
l'épargne personnelle préserve notre pouvoir d'achat futur, nous rend la maîtrise
de nos choix de vie et nous responsabilise.

 

 

MOT D'INTRODUCTION

 

Madame, Monsieur,
Le système des retraites par répartition est, avec l’assurance maladie et l’Education Nationale, l’un des trois symboles majeurs d’un Etat-Providence aujourd’hui moribond.
Après la publication du « Manifeste Educatif d’Alternative Libérale » en juin dernier, nous souhaitons avec ce dossier « Retraites : la solution de l’épargne personnelle », faire la preuve qu’en ce domaine, aussi, une alternative existe :


Une alternative qui a été mise en oeuvre avec succès dans près d’une trentaine de pays à travers le monde, y compris en Europe ;


Une alternative qui répond à la fois aux enjeux financiers et démographiques des retraites mais également à l’inefficacité économique, aux injustices et à l’immoralité inhérentes au système par répartition ;


Une alternative, enfin, qui met chacun d’entre-nous devant ses responsabilités et nous rend la maîtrise de nos choix de vie.


Alors que le Gouvernement s’apprête à perpétuer la fiction du système par répartition dans lequel la paix sociale est achetée à court terme au détriment des générations futures, Alternative Libérale appelle donc à une vraie réforme des retraites, lisible, équitable et pérenne.
A l’égoïsme intergénérationnel et au triomphe des corporatismes, Alternative Libérale oppose la raison et les principes de liberté, de responsabilité et d’égalité qui prévalent dans une authentique démocratie libérale, et propose ainsi :


La création immédiate d’un régime de retraite unique pour tous les salariés du public comme du privé,
Le basculement progressif vers le système d’épargne personnelle au-delà d’un minimum vieillesse ;
La liberté de choix, à terme, de son âge de départ à la retraite.


Librement,


Louis-Marie Bachelot
Président d’Alternative Libérale

 

 

NOTRE CONSTAT:  UNE FAILLITE INÉLUCTABLE

 

Nous vivons plus longtemps, nos choix de vie évoluent et notre retraite est devenue un enjeu majeur.
Cesser de travailler le jour où on le désir, garantir ses revenus, se prémunir contre le risque de dépendance, telles sont les préoccupations de nos contemporains à l'approche de la vieillesse.
En France, les retraites sont gérées par la Sécurité Sociale. C'est un système par répartition, ce qui veut dire que
les cotisations des actifs sont immédiatement reversées aux retraités sous forme de pensions.
Chacun le sait, l'évolution de la démographie menace de faillite ce système.
Le sujet des retraites est très technique, mais s'il n'y a qu'un seul chiffre à retenir celui du rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités:

 

En 1970, il y a 40 ans, on comptait 3 cotisants pour un retraité,


Aujourd'hui en 2010, on compte 2 cotisants pour un retraité,


Et dans 40 ans, en 2050, si rien n'est fait, il n'y aura qu'un seul cotisant pour chaque retraité1. (1 Rapports du Conseil d'Orientation des Retraites : 1er rapport (2001) et 8ème rapport (2010))

 

En effet, une "chaîne de Ponzi" est une escroquerie qui fait miroiter à ses futures victimes des gains importants s'ils y participent, à condition de rémunérer les participants précédents, et en se rémunérant sur les participants suivants. Comme le nombre de participants atteint vite ses limites naturelles, une chaine de Ponzi est une bonne affaire pour les tous premiers participants et un désastre pour les suivants.


Un exemple récent de chaîne de Ponzi est le "système Madoff", mis en place par Bernard Madoff aux USA. Il s'agissait d'une société d'investissement qui rémunérait les premiers investisseurs grâce aux avoirs confiés par les suivants.


A bien des égards, et au risque de choquer, le système français de retraite par répartition est comparable au système Madoff. Il y a certes des différences importantes, mais qui rendent notre système de retraite encore plus néfaste et pernicieux, comme le montre le tableau ci-dessous : notre système de retraite fonctionne à grande échelle, il défavorise les plus modestes comme on va le voir, il est obligatoire, étatique et centralisé, mais est présenté de façon très hypocrite comme un système vertueux.

Voir le tableau dans l'annexe pdf

 

Pour finir, rappelons que ce système de retraite par répartition ne s'applique pas à tous. Certaines catégories, on le sait, disposent de régimes spéciaux, ce sont par exemple les salariés de certaines entreprises publiques ou semi-publiques. Les fonctionnaires ont également un régime particulier, qui est financé par l'impôt. Les élus disposent aussi d'une retraite plus que généreuse (voir ci-dessous).


La retraite des élus : charité bien ordonnée


- Après un seul mandat de 5 ans, un député a droit à une retraite de 1 550 euro par mois, équivalente à la retraite moyenne d'un salarié du privé qui a travaillé 40 ans,


- Pour chaque euro de cotisation versé, un député perçoit 6 euros de retraite. Pour le même euro versé, un salarié touche 0,87 à 1,51 euro de retraite, et un fonctionnaire 1,75 à 2,40 euros.


- 88% de ces charges de retraite sont financés par les contribuables,


- Les élus français, on le sait, aiment cumuler les mandats. En cas de cumul, la somme de leurs rémunérations est plafonnée, mais il n'y a aucun plafonnement pour leurs retraites, qui peuvent ainsi monter très haut.

 

DES EXEMPLES HORS DE NOS FRONTIÈRES

 

En rupture radicale avec les régimes de retraite par répartition, des systèmes de retraite par épargne personnelle ont été introduits dans 28 pays, sur tous les continents, au nord comme au sud, comme le montre la carte qui suit (voir doc pdf ou la source: Cette carte ainsi que les informations de ce chapitre sont disponibles sur www.josepinera.com)


Les pays qui ont introduit un système d'épargne personnelle obligatoire


Le Chili est le premier pays à s'être lancé dans une telle réforme dans les années 80. Les salariés chiliens ont eu le choix : rester dans le système actuel par répartition, ou opter pour le nouveau système d'épargne personnelle (ce qu'ils ont fait presque tous). Les résultats ne se sont pas fait attendre : un retour moyen sur investissement de leur épargne de 10,7% par an pendant 21 ans("Empowering workers : the privatization of social security in Chile", José Piñera, Cato Institute, 2002), et une croissance économique de 7,1% de 1990 à 1997 (Liberating workers : the world pension revolution", José Piñera, Cato Institute, 2001).


Les succès du Chili ont donné des idées à ses voisins d'Amérique Latine dans les années 1990 : 10 d'entre eux ont réformé leur système de retraite en introduisant l'épargne personnelle.


Une seconde vague de réformes gagne les ex-pays communistes d'Europe de l'Est et d'Asie Centrale à la fin du XXème siècle : ils sont aujourd'hui 13 à avoir adopté un tel système.


Même la Suède, pays emblématique de la social-démocratie, a réformé en 2001 son système de retraite en permettant aux salariés d'affecter une partie de leurs cotisations salariales à des fonds de pension.


Plusieurs pays développés bénéficient par ailleurs de systèmes de retraite privés très importants qui coexistent avec un système étatique de retraite par répartition : le Japon, les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse.

 

 

NOTRE VISION: DES INDIVIDUS ACTEURS DE LEURS RETRAITES

 

Nous voulons en finir avec l'hypocrisie d'un système prétendument solidaire et pérenne, son déséquilibre chronique et ses multiples passe-droits.


Nous voulons que chacun puisse choisir les conditions de sa future retraite, et surtout puisse s'en donner les moyens.


Nous voulons que chacun retrouve confiance en son avenir, et réalise que cet avenir dépend de lui.


Le seul moyen d'y parvenir est de favoriser l'épargne. L'épargne est l'acte par lequel l'être humain se projette dans l'avenir, c'est aussi la condition de l'investissement, principal moteur de la croissance.


Mais comme nous croyons aussi au respect de la parole donnée, il faudra également assumer – dans la mesure du possible ! – les engagements implicites pris par la puissance publique, même quand il s'agit de promesses démagogiques. A la condition expresse, naturellement, que ces engagements soient conformes au principe de l'égalité en droit de tous les citoyens, principe mis à mal aujourd'hui par les différents statuts et régimes spéciaux.

 

NOS PROPOSITIONS:

 

 

· Abolir tous les régimes spéciaux


Ces régimes spéciaux concernent certains salariés d'entreprises publiques ou semi-publiques : SNCF, RFF, RATP, EDF, La Poste, … Ils concernent également d'autres catégories comme par exemple les élus.
Ces régimes spéciaux sont une injustice pour tous les autres salariés qui doivent les financer, il faut y mettre fin.


· Reporter à 65 ans l'âge légal de départ en retraite


Le gouvernement a décidé de reporter cet âge légal de 60 ans à 62 ans. C'est notoirement insuffisant pour assurer l'équilibre du régime, nous proposons de le reporter à 65 ans. Cet âge légal ne s'appliquera qu'au régime actuel de retraite par répartition, et non au futur système d'épargne personnelle que nous présentons plus loin.


Naturellement, cette mesure n'a de sens que si l'emploi des seniors s'améliore sensiblement, grâce à d'autres mesures spécifiques : assouplissement du droit du travail et baisse des charges. L'emploi des plus de 50 ans est bien plus élevé dans les pays de tradition libérale comme par exemple le Royaume-Uni.


· Convertir les cotisations de retraite en points de rente


Il s'agit d'une mesure de transparence. La valeur du point de rente étant la même pour tous, cela permettra de comparer les retraites de chacun. Il sera également possible d'agir sur le déséquilibre du système en ajustant la valeur du point de rente.


· Mettre en place un système d'épargne personnelle


C'est notre principale proposition.
Le système de retraite par répartition n'est pas le seul système de retraite possible. Un autre système existe également : le système dit par capitalisation, dans lequel chaque travailleur épargne régulièrement une partie de ses revenus, et les place sur un compte d'épargne, chez un gestionnaire de fonds de pensions. Dans ce qui suit nous l'appelons système d'épargne personnelle.
Ce compte est alimenté par les sommes épargnées, mais également par les revenus que cette épargne génère, et qui sont réinvestis.


Ce système diffère donc du système de retraite par répartition sur deux points majeurs : d'une part chacun constitue lui-même sa propre retraite, au lieu de compter sur les autres pour l'assurer, d'autre part les sommes versées ne sont pas immédiatement dépensées, mais sont investies sur une longue durée.


Ce système n'est pas nouveau : les principales caisses de retraite d'avant-guerre fonctionnaient déjà sur ce principe. Le système de retraite par épargne personnelle est également en vigueur (ou a été redécouvert) dans une trentaine de pays avec succès, comme on l'a vu plus haut dans le chapitre "Des exemples hors de nos frontières".


Nous proposons de remplacer une partie des versements de cotisations de retraite des travailleurs par des versements à un fonds d'épargne personnelle. Cette partie, faible au départ afin de préserver les retraites actuelles, sera amenée à croître progressivement. A leur départ en retraite, les salariés bénéficieront à la fois de la retraite de la Sécurité Sociale et de la retraite issue de leur épargne personnelle.

 

L'activité de gestionnaire de fonds de pension fera l'objet d'un agrément, de manière à garantir leur qualité et leur sécurité.

 

Chacun choisira librement le gestionnaire de fonds auquel il souhaite confier ses avoirs, et sera libre d'en changer.
Les versements à ces fonds d'épargne seront libres, cependant il y a aura obligation de verser un montant minimum, proportionnel au salaire (ou au revenu d'activité dans le cas des travailleurs non salariés), et de bloquer ces fonds pendant une durée minimale.


Pour ceux qui le désirent, il sera même possible de quitter entièrement le système actuel de retraites par répartition, moyennant l'attribution d'une compensation pour les cotisations déjà versées.


A l'issue de la durée minimale de blocage des fonds, chacun sera libre de continuer à travailler (donc à alimenter son compte), de récupérer son capital, de le transformer partiellement ou totalement en rente, et même de cumuler emploi et retraite.


Pour ceux qui sont déjà en retraite, rien ne change : ils continuent à percevoir leurs pensions comme précédemment.
Pendant une période de transition, qui peut durer quelques décennies, les deux systèmes (répartition et épargne personnelle) vont cohabiter. A l'issue de cette période le système d'épargne personnelle remplacera intégralement le système de retraite par répartition, qui aura vécu.

 

LES AVANTAGES DU SYSTÈME D'ÉPARGNE PERSONNELLE

 

 

Un système de retraite par épargne personnelle est bien plus efficace qu'un système de retraite par répartition.
Contrairement aux idées reçues, il est également plus équitable. Enfin il rend les individus libres et responsables.


L'efficacité
· Un système plus rentable
· Un système plus sûr
· Un moteur pour la croissance économique
· Une concurrence qui profite aux clients


L'équité
· L'équité entre générations
· L'équité entre riches et pauvres
· L'équité entre statuts
· Un système simple et transparent


La liberté
· Le pouvoir rendu aux citoyens
· La liberté de choix
· Un véritable droit de propriété


La responsabilité
· Un lien direct entre l'effort et sa rétribution
· Une cohésion sociale renforcée

 

· Un système plus rentable
Prenons un exemple.(Cet exemple est inspiré de l'article "les retraites par répartition, un luxe inabordable", publié dans
www.quelleretraite.com, 1er août 2007.)


Pierre touche 2 000 euros net par mois (le salaire moyen du privé), il travaille depuis l'âge de 20 ans, il en a 60 aujourd'hui et veut partir en retraite. Lui et son employeur ont versé en cotisations de retraite 320 000 euros en 40 ans (670 euros/mois x 12 mois/an x 40 ans). Dans le système actuel, Pierre a droit grâce à ses cotisations à une retraite de 1 750 euros bruts par mois. S'il vit jusqu'à 75 ans il touchera donc au total 315 000 euros en pensions (1 750 euros/mois x 12 mois x 15 ans). On voit que le rendement du système de retraite par répartition est nul, et même négatif.


Dans un système d'épargne personnelle, tel que nous le proposons, ces 320 000 euros de cotisation alimentent progressivement le compte personnel de Pierre pendant 40 ans. Ils sont placés à bon escient et produisent des revenus d'environ 7% par an (le taux de rendement d'un portefeuille actions français observé sur les 40 dernières années). Pierre disposera à son départ en retraite d'un capital très appréciable de 1,8 millions d'euros.


S'il choisit de vivre des intérêts de son capital sans l'entamer, il en retire deux bénéfices :
- d'une part il vivra avec une rente de 3 000 euros par mois, bien supérieure à son salaire d'activité (en tablant sur un rendement de l'épargne de 2% net d'inflation),
- d'autre part il transmettra intégralement son capital à ses enfants, alors que dans le système actuel il ne peut rien transmettre.


On a supposé que l'épargne personnelle de Pierre est investie en actions. Si l'on prend maintenant l'hypothèse d'une épargne diversifiée (en actions, obligations et produits monétaires) dont le rendement est de 5% par an, le capital de Pierre a sa retraite s'élèvera quand même à 1 millions d'euros. C'est un capital qu'il pourra soit conserver et transmettre (en disposant alors d'un revenu équivalent à celui dont il disposait en répartition), soit dépenser et transformer en rente viagère réversible (5 200 euros mensuels, trois fois plus qu'en répartition).


D'un côté un rendement négatif avec la répartition, de l'autre un capital d'un million d'euros avec l'épargne personnelle : ce n'est pas un miracle, c'est le résultat de la nature viciée du système de répartition, comme on l'a vu précédemment, et aussi de la méconnaissance qu'en ont les citoyens : peu de gens savent qu'ils dépensent le tiers de leur salaire net pour payer leur retraite.


· Un système plus sûr
L'épargne personnelle est placée en produits financiers tels que les obligations et les actions.
Certains de ces produits sont à faible risque (produits monétaires et obligations), d'autres (les actions) sont beaucoup plus volatils à court terme. N'oublions pas cependant que l'épargne retraite est une épargne à très long terme (40 ans). Sur cette durée, les actions ont une stabilité équivalente à celle des autres produits financiers.


Les portefeuilles d'épargne retraite en tiennent compte. Investis majoritairement en actions en début de carrière, ils évoluent progressivement vers des placements à faible risque (monétaires, obligations) en fin de carrière.


De plus, les fonds de pension "à prestations définies" amortissent les chocs démographiques ou économiques en ajustant les cotisations en fonction des pensions à servir. Dans un régime par répartition, de telles décisions sont plus difficiles à prendre : elles dépendent des syndicats et des hommes politiques soumis à des pressions à court terme, telles que les prochaines échéances électorales. Ces responsables politiques et syndicaux préfèrent laisser filer le déficit du régime, qu'il faudra bien rembourser un jour, et au prix fort.

 

Enfin, les régimes par répartition subissent les aléas politiques et économiques nationaux. A l'inverse, les fonds de pension répartissent leurs risques sur l'ensemble de l'économie mondiale.
Le régime actuel de retraite par répartition, tel qu'il existe aujourd'hui en France, est également très sûr. De faire faillite.


· Un moteur pour la croissance économique
Les cotisations des régimes par répartition sont reversées sous forme de pensions. Elles sont donc consommées immédiatement et non investies. Elles s'apparentent ainsi à une taxe sur les revenus du travail.


A l'inverse, l'épargne personnelle est investie dans l'économie, elle stimule le développement des entreprises, l'innovation, les infrastructures, les services d'éducation et de santé. Elle prépare l'avenir.
C'est ainsi qu'au Chili, le passage d'un système par répartition à un système d'épargne personnelle a contribué significativement à l'hyper-croissance économique de 7,1% par an que ce pays a connu entre 1990 et 1997 (Liberating workers : the world pension revolution", José Piñera, Cato Institute, 2001). Le Chili est aujourd'hui le pays le plus riche d'Amérique Latine, en termes de PNB par habitant.


· Une concurrence qui profite aux clients
En passant du système par répartition à un système d'épargne personnelle, on passe également d'un monopole, celui de la Sécurité Sociale, à une situation de concurrence entre plusieurs fonds de pension, entre lesquels chacun sera libre de choisir.


Ces fonds de pension vont se battre pour attirer les clients, par des coûts de gestion plus faibles, par une offre plus souple et plus diversifiée, par de nouveaux services. Cette concurrence profitera à tous.


· L'équité entre générations
Un système de retraite par répartition, comme celui qui a cours aujourd'hui en France, favorise par nature certaines générations, celles qui bénéficient d'un environnement démographique favorable, au détriment des autres.


En effet, la rentabilité d'un tel système dépend du rapport entre cotisants et retraités, et ce chiffre, on l'a vu, peut varier du simple au triple en l'espace de quelques générations.
Ainsi, ceux qui sont partis en retraite dans les années 50 à 80 ont bénéficié d'un rapport très favorable entre les cotisations qu'ils ont versées et les pensions qu'ils ont reçues. Ceux qui ont pris leur retraite depuis n'ont pas eu cette chance, les cotisations ont augmenté bien plus vite que les pensions. Quant aux actifs d'aujourd'hui, leur avenir est encore moins assuré.


Rien de tel avec un système d'épargne personnelle, sa rentabilité dépend en gros de la moyenne de la croissance économique mondiale sur la durée d'une carrière. Elle est donc beaucoup plus stable que la rentabilité d'un système par répartition, qui dépend du rapport entre cotisants et retraités.


· L'équité entre riches et pauvres
Prenons encore un exemple. Pierre est cadre supérieur et touche 7000 euros par mois. Paul est ouvrier et gagne 1500 euros par mois.

 

Tous deux cotisent au régime de retraite par répartition. Mais Pierre, grâce à ses revenus, épargne de plus 2000 euros par mois, qu'il peut placer au mieux en prévision de sa retraite, en immobilier ou en produits financiers, avec un rendement de 5% et plus. Paul n'a par contre aucune capacité d'épargne, ou plus précisément ce qu'il pourrait épargner est siphonné par les cotisations qu'il verse au système de retraite par répartition, dont le rendement est négatif ou proche de zéro.


Dans un système d'épargne personnelle, Paul pourrait bénéficier du même rendement que Pierre pour les sommes qu'il consacre à préparer sa retraite. Il sera surtout propriétaire d'un capital au lieu d'être titulaire de faux droits. Le système d'épargne personnelle réduit les inégalités de patrimoine.

A cette inégalité s'en ajoute une autre. Pierre, en tant que cadre supérieur, a une meilleure espérance de vie que Paul qui est ouvrier, selon les statistiques. Paul touchera sa retraite bien moins longtemps que Pierre.


Dans un système d'épargne personnelle, Pierre et Paul disposeront à leur départ en retraite d'un capital qui ne dépendra que des sommes qu'ils auront épargné, et non de leur espérance de vie. C'est un capital qu'ils pourront à leur gré transformer ou non en rente. Si Paul décède pendant sa vie active, le capital qu'il a constitué ne sera pas perdu, il sera transmis à ses enfants.


· L'équité entre statuts
Le système que nous proposons est le même pour tous. C'en est fini des écarts entre le public et le privé, entre lesrégimes spéciaux et le régime général, entre les retraites des élus et celles des simples citoyens.
Ce sera vrai pour ce qui est du nouveau régime d'épargne personnelle, ce sera vrai également pour le régime actuel par répartition tant qu'il sera maintenu : il devra offrir les mêmes droits à tous. Rappelons que si les retraites du privé sont financées par la répartition, celles du public sont actuellement toujours financées par l'impôt, c'est-à-dire par tous. Le pseudo-alignement public-privé du projet Woerth est une douce illusion.


· Un système simple et transparent
Le système français de retraite est particulièrement complexe et opaque : à côté du régime général qui est celui des salariés du secteur privé, coexistent environ 130 régimes différents. Le seul régime général comprend plus de 20 000 règles de droit ("L'information des assurés sur leurs droits à la retraite", Maud Vialettes et Gérard Garnier, Rapport remis au Conseil d'Orientation des Retraites, avril 2003.).
Certains de ces régimes sont des régimes par répartition, d'autres sont des régimes d'épargne personnelle, d'autres encore comme celui des fonctionnaires sont financés par l'impôt c'est-à-dire par tous.

Personne ne les maîtrise complètement, personne ne sait dire exactement qui paye pour qui et combien, et cette opacité permet de perpétuer une multitude de petits privilèges.


A l'inverse, le système d'épargne personnelle que nous préconisons est bien plus simple : il s'adresse à tous, et chacun cotise pour lui-même.


Connaissez-vous seulement le montant de votre future retraite?

Avec le système d'épargne personnelle, vous pourrez l'estimer très à l'avance, grâce à votre épargne déjà accumulée.
Quant au régime par répartition, la réforme que nous préconisons, qui consiste à convertir les droits à la retraite de ce régime en "points de rente", permettra de comparer aisément les retraites de chacun.

 

· Le pouvoir rendu aux citoyens
Notre système actuel de retraite est soumis à de multiples aléas.
Il est d'abord soumis aux décisions des hommes politiques, qui en manipulent les règles à leur convenance pour satisfaire leurs clientèles attitrées, et dont l'horizon se limite à celui des prochaines échéances électorales.


C'est ainsi que le gouvernement, par la voix d'Eric Woerth, prétend financer les retraites jusqu'en 2018.
Prendrez-vous votre retraite après 2018 ? Alors inquiétez-vous.
Les politiques savent cependant se montrer prévoyants et soucieux du long terme dès qu'il s'agit de gérer leur propre retraite, voir l'encadré sur la retraite des élus.


Notre système actuel de retraite est également sous la coupe des syndicats, qui gèrent paritairement avec le patronat les principaux régimes de retraite. Ceci leur permet d'accroitre leur pouvoir, d'employer des permanents, et de maintenir le statu quo sur certains privilèges.


Avec un système d'épargne personnelle, le pouvoir de décision n'appartient plus aux hommes politiques, il n'appartient plus aux responsables syndicaux ni au Medef. Il appartient aux citoyens, tout simplement, c'est-àdire à vous.


· La liberté de choix
Vous choisissez vous-même le prestataire qui gèrera votre épargne, et vous pouvez ultérieurement décider d'en changer. Vous choisissez librement le montant de vos cotisations, au-delà d'un minimum obligatoire. Vous décidez vous-même de partir en retraite à 50 ans, 60 ans, 70 ans, ou à l'âge que vous désirez, après une durée minimale de blocage de vos fonds. Vous pouvez alors choisir entre le versement d'un capital ou d'une rente.
Vous pouvez même décider de cumuler emploi et retraite.


· Un véritable droit de propriété
Vous êtes vous-même propriétaire du capital que vous épargnez. A l'inverse des "droits à la retraite" du système actuel, ce capital existe réellement, vous décidez de ce que vous en faites : vous pouvez le dépenser, le conserver en en percevant les revenus, le transformer totalement ou partiellement en rente, le convertir en bien immobilier, l'utiliser pour réaliser un projet qui vous tient à coeur, le transmettre à vos héritiers. Même si votre gestionnaire de fonds fait faillite, votre capital est conservé.


· Un lien direct entre l'effort et sa rétribution
Dans le système actuel le lien entre l'effort et sa rétribution est peu visible. D'abord chaque génération compte sur les efforts de la suivante. Ensuite vous gagnez peu à travailler au-delà de l'âge légal, par contre vous perdez beaucoup si vous vous arrêtez un peu avant l'âge légal. Enfin vous aurez cotisé à fonds perdus si vous décédez pendant votre vie active ou peu après votre départ en retraite.


Dans un système d'épargne personnelle, l'accroissement de votre capital dépend directement de votre effort d'épargne. En ce sens, ce système encourage l'effort et repose sur la responsabilité de chacun.


· Une cohésion sociale renforcée
Le système que nous proposons met fin aux conflits catégoriels. Il est fréquent aujourd'hui de voir des membres de certaines catégories manifester pour défendre "leur" régime spécial de retraite, ou leurs avantages spécifiques.
Mais ces régimes spéciaux, comme tous les avantages acquis, sont injustes pour tous les autres travailleurs qui doivent le financer. L'Etat apparait ainsi, comme le disait Frédéric Bastiat, comme "cette grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde".

 

Lorsque l'une de ces catégories obtient gain de cause, elle affirme avoir remporté une "grande victoire contre le gouvernement". C'est en fait une grande victoire contre tous ceux qui ne sont pas des leurs, c'est-à-dire qui n'appartiennent pas à leur caste ou corporation.
C'est sans doute aussi une grande victoire contre leurs propres enfants. L'intérêt du système d'épargne personnelle est aussi de prévenir les conflits entre générations, qui ne manqueront pas de survenir quand des choix difficiles devront être faits. Il faut noter que des partis de retraités sont très actifs dans onze pays européens (L'Agefi, 17 mai 2007), ainsi qu'en Israël où l'un d'eux a gagné 7 sièges aux législatives de 2006.


En plus des conflits catégoriels et générationnels, il faut parler de la thématique marxiste de l'opposition entre capital et travail, qui inspire en France de nombreux partis de gauche.
Pour Karl Marx, ceux qui n'ont aucun accès au capital, et qui ont uniquement leur force de travail à vendre, resteront en position de faiblesse face aux capitalistes. Marx a vu juste en identifiant le pouvoir que confère la propriété du capital, c'est-à-dire de l'outil de travail. Mais il s'est lourdement trompé en prédisant une concentration puis une appropriation collective de ce capital qui mettrait fin aux inégalités sociales. Le communisme a été avec le fascisme l'une des deux grandes tragédies du XXème siècle.


A l'inverse, avec un système d'épargne personnelle, chaque travailleur devient propriétaire d'un capital, qui peut se monter à un million d'euros pour un salaire moyen (l'équivalent du cumul de ses cotisations retraites actuelles, si elles étaient placées et capitalisées, comme on l'a vu dans le chapitre "un système plus rentable"). D'une part cela réduit fortement les inégalités de patrimoine, d'autre part chacun se sent concerné par la bonne santé des entreprises, puisqu'il en est actionnaire. Au Chili, où un tel système a été adopté, les travailleurs suivent avec grand intérêt les indicateurs économiques, les profits des entreprises et leurs cours de bourse. C'est d'ailleurs ce qui met en fureur les mouvements d'obédience marxiste.


L'objectif du système d'épargne personnelle, que nous préconisons, n'est pas de favoriser les "capitalistes" aux dépens des "travailleurs". Il n'est pas non plus de favoriser les travailleurs aux dépens des capitalistes. L'objectif de ce système est de donner aux travailleurs la propriété de l'outil de travail. Dit autrement, il est de faire de tous les travailleurs des capitalistes.

 

RÉPONSES À QUELQUES OBJECTIONS

 

"Ce n'est pas pour moi"
· J'ai 25 ans, et la retraite c'est encore bien loin pour moi
· J'ai 40 ans et je ne veux pas perdre mes "droits" à la retraite
· J'ai 65 ans, je suis retraité et je ne veux pas qu'on touche à ma pension


Idées reçues sur le système de retraite actuel
· La retraite par répartition est une grande conquête sociale de la Libération
· La retraite par répartition c'est la solidarité
· La retraite par répartition c'est un droit
· La retraite par répartition, c'est pour tout le monde
· Mes cotisations sont en partie payées par mon employeur, c'est très avantageux


Des fausses solutions
· "Y a qu'à" taxer les revenus du capital
· "Y a qu'à" partir en retraite plus tard


Idées reçues sur le système d'épargne personnelle
· La transition vers ce système serait un chantier très coûteux
· Ce système va affaiblir le système actuel de retraite par répartition
· Je ne veux pas jouer ma retraite en bourse, c'est trop hasardeux
· A l'étranger, certains salariés ont beaucoup perdu dans les fonds de pension
· Rien ne m'empêche aujourd'hui d'épargner pour compléter ma retraite
· Tout le monde n'a pas la discipline nécessaire pour épargner
· Et si un gestionnaire de fonds de pension fait faillite ?
· Si ce système était si intéressant, ça se saurait

 

· J'ai 25 ans, et la retraite c'est encore bien loin pour moi
Et vous avez tort. Le système actuel fait que les plus lésés demain sont aussi les plus insouciants aujourd'hui.
Rappelez-vous ce chiffre : en 2050 il n'y aura qu'un seul cotisant pour chaque retraité. Quel âge aurez-vous en 2050 ? Pensez-vous sérieusement que les actifs de demain accepterons de bonne grâce de supporter chacun la charge d'un retraité ? Que le salaire moyen sera amputé de l'équivalent d'une pension moyenne, sans dommage pour le niveau de vie ni pour la cohésion sociale ? Et que vous n'aurez pas versé pendant 40 ans 320 000 euros de cotisation (pour un salaire moyen) … à fonds perdus ?


Dans un système d'épargne personnelle, vous gardez la propriété pleine et entière de ces 320 000 euros versés.
Cette somme sera investie et deviendra un million d'euros à votre départ en retraite (comme on l'a vu plus haut, dans le chapitre "un système plus rentable"). Ce capital sera à vous, vous n'aurez pas à le réclamer à ceux qui ne pourront pas ou ne voudront pas vous le payer.


· J'ai 40 ans et je ne veux pas perdre mes "droits" à la retraite
C'est compréhensible mais ces droits sont illusoires, voyez ci-dessous la réponse à l'objection "la retraite par répartition c'est un droit".
Nous vous proposons de remplacer une partie de vos versements de cotisations de retraite par des versements à un fonds d'épargne personnelle. Cette partie, faible au départ afin de préserver les retraites actuelles, sera amenée à croître progressivement. Vous bénéficierez à la fois de la retraite de la Sécurité Sociale et de la retraite issue de votre épargne personnelle.
Nous vous proposons même de pouvoir quitter complètement, si vous le désirez, le système actuel de retraites par répartition, moyennant l'attribution d'une compensation pour les cotisations déjà versées.
De cette façon, nous maintenons la viabilité du système actuel pendant la période de transition, et vous remplacez vos faux droits par de véritables droits de propriété.


· J'ai 65 ans, je suis retraité et je ne veux pas qu'on touche à ma pension
C'est parfaitement légitime. Dans les pays qui ont mis en place un système de retraite par épargne personnelle, le montant des retraites déjà servies a été maintenu. Il en sera de même en France avec la réforme que nous proposons.
C'est pourquoi le passage d'un système par répartition à un système d'épargne personnelle ne pourra être que très progressif, afin de continuer à financer le niveau de vie des actuels retraités.


· La retraite par répartition est une grande conquête sociale de la Libération
On ne voit pas en quoi l'argument est pertinent mais il est de toute façon faux. La retraite par répartition est une grande conquête du régime de Vichy.
C'est un décret-loi de l'État français du 14 mars 1941 qui "réforme" l'assurance-vieillesse en imposant le système de la répartition à la place des systèmes d'épargne-retraite personnelle par capitalisation qui existaient précédemment. Ce décret-loi créée une allocation aux vieux travailleurs salariés (l'AVTS), indépendante des cotisations versées. Les fonds des caisses vieillesse privées (20 milliards de francs de l'époque) sont confisqués pour financer immédiatement l'allocation.
A la Libération, le général de Gaulle entérine les choix de Vichy, et dans ce but met en place la Sécurité Sociale avec l'aide de ses alliés communistes.

 

· La retraite par répartition c'est la solidarité
C'est archi faux. Il s'agit en fait d'une solidarité à rebours : les pauvres payent pour les riches, les jeunes payent pour les plus âgés, la société civile paye pour le monde politique, et ceux qui sont exposés au risque du chômage payent pour ceux qui ont la garantie de l'emploi. Et le comble de l'injustice : ceux qui meurent jeunes payent pour ceux qui ont la chance de vivre vieux. Relisez les arguments "L'équité entre riches et pauvres", "L'équité
entre générations" et "L'équité entre statuts".


A titre personnel, le fait de promouvoir un système tel que la répartition, qui défavorise nos enfants par rapport à nous, qui nous conduit à vivre à leurs dépens, est-il conforme à votre conception de la solidarité, de l'éthique et de la responsabilité ? En tout cas ce n'est pas la nôtre.


· La retraite par répartition c'est un droit
J'ai acquis des "droits à la retraite", on ne peut pas y toucher.
Au risque de vous choquer ces droits n'ont aujourd'hui aucune réalité matérielle ni légale, quelle que soit la justification qu'on leur donne, en effet :


"J'y ai droit car c'est ma retraite". Ce serait alors un droit de propriété. Mais il n'existe nulle part de compte alimenté par les cotisations que vous versez, et qui attendrait sagement votre départ en retraite pour vous être soldé. Vous ne pouvez être propriétaire d'un bien inexistant.


"J'y ai droit car on me le doit". Ce serait un droit-créance. Mais une créance envers qui ? Envers des plus jeunes que vous, à qui on n'a pas demandé leur avis, qui ne se sont engagés à rien, et dont certains ne sont pas encore nés ? Quelle légitimité accorder à une telle créance ?
"J'y ai droit car l'Etat s'y est engagé". Il est exact que les hommes de l'Etat nous promettent régulièrement de "sauver les retraites". Mais avez-vous vu un seul homme politique poursuivi pour n'avoir pas tenu ses engagements ? Quand de plus il s'agit d'une promesse faite pour le demi-siècle à venir, on peut toujours rêver.


Pour eux par contre tout va bien, voyez l'encadré sur la retraite des élus.
Le caractère factice des droits à la retraite apparait au grand jour, par exemple en 1993 quand Edouard Balladur décide, du jour au lendemain, de calculer les retraites sur les 25 meilleures années de cotisation au lieu des 10 meilleures années, ou encore en 2007 lorsque Nicolas Sarkozy cède aux syndicats pour financer les retraites des salariés d'EDF avec les cotisations du secteur privé, en échange de la semi-privatisation de leur entreprise.


De telles manipulations politiques et syndicales seraient impossibles avec de véritables droits de propriété.


· La retraite par répartition c'est pour tout le monde
C'est faux, le système de retraite par répartition s'applique essentiellement aux salariés du secteur privé, et aux professions indépendantes.
Les fonctionnaires et agents de l'Etat, ceux des collectivités territoriales, les salariés de certaines entreprises publiques ou semi-publiques (SNCF, RFF, RATP, EDF, La Poste, …), les élus, bénéficient de "régimes spéciaux", leurs retraites sont financées soit par l'impôt, soit par les clients des entreprises publiques ou semipubliques citées, soit même par un système de capitalisation analogue au système d'épargne personnelle que nous préconisons.
Il est ainsi amusant de constater que les fonctionnaires peuvent bénéficier d'un régime de retraite par capitalisation – Préfon Retraite – créé et géré par des syndicats qui se déclarent par ailleurs officiellement très hostiles à tout système de retraite par capitalisation. Cherchez l'erreur.
Il est moins amusant de noter que les provisions pour les futures retraites des fonctionnaires ne sont pas prises en compte dans le chiffre officiel de la dette publique. Si elles l'étaient, comme le souligne le rapport Pébereau, ce chiffre passerait de 1000 à 2000 Milliards d'euros (Rapport sur la dette publique, Michel Pébereau, 2005). Pour chacun des 20 millions de foyers fiscaux, cela représente plus de 100 000 Euro de dette par foyer. Une dette que vous devrez forcément payer un jour.


· Mes cotisations sont en partie payées par mon employeur, c'est très avantageux
Cette répartition entre cotisations salariales et cotisations patronales est une fiction de plus.


Prenons l'exemple d'un salarié, Pierre, payé 1600 Euro net.
Tous les mois, son employeur lui verse 1600 Euro (son salaire net) et verse 1400 Euro à l'Urssaf et à divers organismes (500 Euro de cotisations salariales et 900 Euro de cotisations patronales, pour la retraite la maladie et le chômage).
Pierre coûte donc au total 3000 Euro par mois à son employeur. Son employeur a bien sûr tenu compte de ce coût total quand il l'a embauché.
Ce chiffre, 3000 Euro, est le véritable prix de Pierre sur le marché du travail. C'est à ce prix qu'il serait rémunéré sur un marché du travail libre dans lequel la couverture sociale des salariés serait entièrement à leur charge.


Alternative Libérale préconise d'ailleurs la mise en place du "salaire complet", qui consiste pour l'employeur à verser directement ces 3000 Euro à Pierre, à charge pour ce dernier de financer sa protection sociale obligatoire.
Quoi qu'il en soit, on voit que pour un salaire net de 1600 Euro (autrement dit pour un coût sur le marché du travail de 3000 Euro), il importe peu que les 1400 Euro de cotisations sociales soient arbitrairement réparties entre part salariale et part patronale. Cette répartition qui est aujourd'hui 500 Euro / 900 Euro pourrait aussi bien être 900 / 500, 0 / 1400 ou 1400 / 0, sans changement pour le pouvoir d'achat de Pierre. Au final, c'est bien Pierre qui supporte la charge de l'ensemble de ses cotisations sociales, même si c'est son employeur qui les soustrait du prix de son travail pour ensuite les payer à sa place.


· "Y a qu'à" taxer les revenus du capital
C'est ce que propose le Parti Socialiste et d'autres partis de gauche. Mais si on compte sur cette mesure pour restaurer l'équilibre des retraites, il faudrait taxer les revenus du capital – en faisant l'hypothèse théorique qu'ils restent les mêmes qu'aujourd'hui - à hauteur de 51%(Bertrand Nouel, "Taxer le capital, "la" solution pour financer les retraites ?", IFRAP, 21 avril 2010) ! Hypothèse très théorique, car il est évident qu'à un tel taux, tous les investissements vont fuir la France, ou seront abandonnés car non rentables, entraînant l'effondrement des recettes fiscales correspondantes, et surtout l'effondrement de notre économie !


L'idée qu'il existe quelque part une cagnotte dans laquelle il suffirait de puiser est une idée persistante dans l'esprit de beaucoup de gens, mais hélas illusoire.


· "Y a qu'à" partir en retraite plus tard
C'est ce que propose le gouvernement. A court terme c'est indispensable, et c'est d'ailleurs ce qu'ont fait la plupart des pays d'Europe.


Mais ce sera très insuffisant pour rétablir durablement l'équilibre du régime. De plus c'est une mesure collective et autoritaire qui ne tient pas compte des situations personnelles de chacun, chaque individu ayant des attentes différentes en termes de travail, de revenu, et de temps libre. C'est pourquoi nous proposons une telle mesure, afin de permettre d'apurer les comptes, mais uniquement pour la retraite du régime actuel de répartition, et pendant la période transitoire de coexistence des deux systèmes.

 

· La transition vers ce système serait un chantier très coûteux
Il convient de préciser d'abord ce qu'on entend par "chantier très coûteux".


Par exemple, le chantier de la construction d'une autoroute est un chantier économiquement coûteux car il nécessite des ressources naturelles, du capital industriel et beaucoup de travail humain. Ce n'est pas le cas avec le chantier de la transition vers un nouveau système de retraite, qui ne consomme pas de telles ressources.


Il y a cependant un coût très important, qui n'est pas un coût économique mais un coût budgétaire, et qui est lié au fait que des dettes implicites sont rendues explicites, et immédiatement exigibles. Les travailleurs en activité devront à la fois financer les pensions des retraités actuels et se préparer à financer leurs propres pensions. Il faut donc assurer la coexistence de deux systèmes pendant cette période de transition.


Par ailleurs ce qui importe, plus que le coût, c'est le rapport coût / bénéfice. L'épargne personnelle procure un bien meilleur niveau de vie lors de la cessation d'activité (voir plus haut : "un système plus rentable"), et surtout elle permet de doper la croissance économique grâce à une épargne abondante (voir "un moteur pour la croissance économique"). Ces bénéfices quantitatifs, à eux seuls, permettent déjà de justifier la transition vers un système d'épargne personnelle, en dépit du besoin de trésorerie qu'elle nécessite.


Mais les bénéfices les plus importants sont peut-être les bénéfices d'ordre qualitatif : le retour à une certaine vision de l'éthique, de l'équité et de la responsabilité, la cohésion sociale maintenue, et la maîtrise retrouvée de ses choix de vie.


Il reste vrai que dans la situation actuelle des comptes publics que nous connaissons, le financement de cette transition n'est pas un problème simple. Ce financement devra vraisemblablement s'étaler sur plusieurs décennies.


· Ce système va affaiblir le système actuel de retraite par répartition
Ce qui importe pour nous, en tant que libéraux, ce ne sont pas les systèmes mais les individus.


Ce n'est pas le système de retraites qu'il faut préserver, c'est le niveau de vie des retraités actuels et futurs, et la maîtrise de leurs choix de vie.
Si cette préservation doit passer par la mort lente du système de retraite par répartition, alors il faut savoir en faire le deuil.


· Je ne veux pas jouer ma retraite en bourse, c'est trop hasardeux
Votre objectif de sécurité est tout à fait légitime. Mais la bourse n'est pas un casino, on n'y "joue" pas, on y investit pour financer le développement des entreprises, et certains investissements sont en effet plus incertains que d'autres, parce que l'avenir est incertain.


L'épargne personnelle peut être très sûre quand elle respecte certaines règles, en tout cas plus sûre que la retraite par répartition. Pour savoir pourquoi, voyez plus haut l'argument "un système plus sûr".
La métaphore du jeu est en revanche appropriée pour désigner les manipulations politiques des hommes de l'Etat. Ces hommes "jouent" avec votre retraite chaque fois qu'ils prennent à son sujet des décisions hasardeuses, incohérentes ou spoliatrices, sans vous demander votre avis.
C'est le cas quand on change sans cesse les règles du système, quand par exemple le Président Mitterrand abaisse l'âge de la retraite à 60 ans, et que le président Sarkozy la relève ensuite à 62 ans, ou quand on favorise certaines catégories grâce aux cotisations des autres.

 

· A l'étranger, certains salariés ont beaucoup perdu dans les fonds de pension
C'est exact mais ces systèmes n'ont rien à voir avec l'épargne retraite que nous proposons.
Parmi ces systèmes, il y a d'abord l'investissement dans les actions de l'entreprise qui emploie ces salariés. Le placement en actions d'une seule entreprise est contraire au principe de l'épargne retraite qui nécessite d'être diversifiée sur plusieurs supports.


Il y a également l'épargne exposée de façon excessive aux marchés actions. Nous avons expliqué précédemment (cf. "un système plus sûr") que cette exposition doit diminuer quand l'échéance de la retraite se rapproche.


Il y a enfin les cas de malversation pure et simple de l'employeur, comme dans le cas de l'affaire Enron. Ces cas sont extrêmement rares. Nous proposons d'ailleurs que l'épargne retraite ne soit pas gérée par l'employeur, mais reste sous la maîtrise des salariés, qui décideront eux-mêmes à quel gestionnaire de fonds ils souhaitent confier leurs avoirs.


Naturellement, un gestionnaire de fonds peut lui-même être indélicat, comme dans l'affaire Madoff, où les versements des nouveaux venus servent à rémunérer les premiers clients. Heureusement, ce type d'escroquerie reste lui aussi tout à fait exceptionnel. Rappelons tout de même que ce principe employé par Madoff est celui adopté à grande échelle par le système français de retraite par répartition de la Sécurité Sociale, et que c'est cela qui devrait vous scandaliser.


· Rien ne m'empêche aujourd'hui d'épargner pour compléter ma retraite
C'est vrai si vous avez une bonne capacité d'épargne, autrement dit des revenus corrects.


Un smicard, par exemple, n'a pas cette capacité à épargner, ou plus exactement ce qu'il pourrait épargner est siphonné par le système de retraite par répartition. Dans un système d'épargne personnelle, il reprend la maîtrise des sommes qu'il verse pour sa retraite, sans diminuer son salaire net, et en bénéficiant du même rendement que vous lorsque vous vous constituez un complément de retraite par votre épargne.


· Tout le monde n'a pas la discipline nécessaire pour épargner
L'épargne personnelle est une solution alternative au régime obligatoire de la retraite par répartition. Cela ne veut pas dire que les cotisations deviennent facultatives. Chacun garde l'obligation de verser une cotisation minimale, proportionnelle à son salaire, mais peut librement verser plus. De même, les fonds épargnés doivent être bloqués pendant une durée minimale, mais il est possible de les conserver plus longtemps.


L'objectif de cette obligation minimale n'est pas de protéger certains contre leur propre imprévoyance, ce qui serait une vision paternaliste de l'action politique, mais d'éviter que lors de leurs vieux jours ils ne deviennent une charge pour leurs proches et pour la société.


· Et si un gestionnaire de fonds de pension fait faillite ?
Quand une banque fait faillite, ses clients peuvent perdre leurs dépôts en compte courant car les banques utilisent ces dépôts pour leurs propres opérations, par exemple de crédit.
Mais dans un système d'épargne personnelle, une société de gestion se contente d'investir au mieux les fonds que vous lui confiez, sans les utiliser elle-même, et se rémunère uniquement en commissions de gestion.


De cette façon, même si elle fait faillite, vous gardez la propriété pleine et entière de vos avoirs, que vous pouvez confier à un autre gestionnaire de fonds. Vos avoirs ne peuvent pas être saisis pour payer son passif car ils ne lui appartiennent pas.

 

Il reste les cas de faillites frauduleuses avec détournement des actifs gérés. Pour se protéger de ces pratiques très rares – car très risquées pour ceux qui s’en rendraient coupables – il suffit de mettre en place un système d’assurance contre le vol.


· Si ce système était si intéressant, ça se saurait
C'est une bonne question, le sujet des fonds de pension est quasi-absent du débat sur l'avenir des retraites en France.


Ce débat est présenté sous la forme suivante : "comment garantir l'avenir du système actuel de retraite par répartition ?" La question étant mal posée (voir la réponse à l'objection "ce système va affaiblir le système actuel de retraite par répartition"), les réponses sont forcément biaisées.


Il y a aujourd'hui un consensus qui va de le Pen à Besancenot pour maintenir ce système en l'aménageant, même si les façons de l'aménager diffèrent selon les partis.


On peut se demander s'il n'en est pas ainsi parce que ce système arrange beaucoup de monde : les hommes politiques pour qui c'est une source de pouvoir, les syndicats qui en vivent, et tous ceux que le système favorise d'une façon ou d'une autre, en particulier les hauts revenus. A l'inverse, ceux qui ont le plus à perdre dans ce système, c'est-à-dire les jeunes et les bas salaires, en sont également moins conscients, ou se font moins facilement entendre dans les médias.


Alternative Libérale est l'un des seuls partis politiques à défendre le système de retraite par épargne personnelle.
Si vous pensez que notre voix mérite d'être entendue, aidez-nous en nous soutenant et en relayant nos idées.


 

"C'est fini," merci pour vos commentaires, il faut en débattre; Mais lire et relire ce texte, et ces objections

Bien librement, je remercie l'équipe d'AL, notamment Robert C pour ce dossier pas facile , laborieux, voire tabou

Un débat est ouvert sur L&L, cliquez ci-dessous

Dossier complet des retraites AL

http://www.lumieres-et-liberte.org/article-info-al-petiti...
Lire et relire le texte, voir notamment les objections possibles, je m'aperçois que beaucoup.........
ne lisent pas tout, et la critique arrive vite sans fondement,
dommageable. Ouvrez votre esprit, une suggestion pour votre
avenir, au moins celui de vos enfants....Pensez y! Nous libéraux, ne
cherchons ni pouvoir, ni privilèges de quel que sorte que ce soit, nous
revenons sur le devant de la scène quand des décisions (crises) sont
devant nous. Pas de politique politicienne, de dogme, de parti
pris.....Libre et égaux en droit
Faisons ensemble la liberté, la Liberté fera le reste
Merci
AL'ain Genestine

24/03/2010

Une essayiste et journaliste: Florence Guernalec et le libéralisme! Un éclairage audacieux sur “la pensée unique” en France

Jacques de Guénin nous avant-propos par les éditions Coquelin le livre de Florence Guernalec

 

voir son blog

 

Nous avons tous vécu l’expérience suivante : le public applaudit longuement la fin d’un spectacle. Au début, chacun applaudit à son rythme, dans un certain brouhaha. Au bout d’un moment, le rythme s’uniformise, et tous applaudissent à l’unisson. Il en résulte un bruit cadencé, comme la marche au pas des militaires, mais à la différence des soldats, personne dans le public n’a conscience d’avoir été contraint.

Avec une échelle de temps très différente, notre société, prétendument si individualiste, s’est peu à peu uniformisée dans sa façon de penser et de se comporter, sans qu’aucune autorité ne l’y ait forcé, contrairement à ce qui s’est passé dans les régimes totalitaires. On appelle souvent « pensée unique », ou « politiquement correct », le résultat de cette évolution. Florence Guernalec l’appelle « la Norme », vocable plus précis et plus adapté au travail d’entomologiste auquel elle s’est livré.

 

La diversité était-elle plus grande autrefois, c’est à dire avant la guerre ? Sans aucun doute, puisque la famille cultivait alors l’effort, et l’école la compétition, que nous n’approuvons plus aujourd’hui que dans le sport. L’enseignement secondaire cultivait aussi l’esprit critique, et donnait pour modèle des héros positifs, sources de différenciations.

 

L’évolution s’est faite insensiblement, sous l’effet progressif de réformes que nous avons tous perçu sans être vraiment capables de les dater : pas de grandes révolutions; de simples points d’inflexion dont la cohérence et l’enchaînement ont fini par former une société complètement différente. Il y eut d’abord la suppression des compositions, des classements, des examens de passage, l’abandon de l’orthographe – en dehors des dictées de Pivot, assimilables au sport -, celui de l’arithmétique appliquée, des repères en Histoire et Géographie. Il y eut ensuite, l’invention du « collège unique », effort louable pour uniformiser l’enseignement par le haut, mais qui a rapidement abouti à l’uniformiser par le bas, sans qu’aucun gouvernement n’ait eu le courage d’inverser la tendance, ayant depuis longtemps abandonné le pouvoir aux idéologues et à la syndicratie.

 

On a assisté à une dérive lente vers le harcèlement des gens qui entreprennent, accompagnée d’une grande sollicitude pour les gens peu enclins à travailler. Cette dérive a été couronnée par un passage brutal aux 35 heures, mesure de pure démagogie qu’aucune analyse économique ne justifiait. La philosophie politique dominante est devenue une philosophie d’égalité forcée des niveaux de vie, opérée par la redistribution, bien loin de l’égalité devant la loi et de la récompense de l’effort et de la raison qui firent longtemps la gloire de notre République. Les écoles normales d’instituteurs, qui avaient tant contribué à faire jaillir les élites des classes populaires, ont dû céder la place aux médiocres Instituts universitaires de formation des maîtres, aggravant ainsi le clivage entre ceux qui sont nés dans les familles instruites et les autres.

 

Toutes les têtes qui dépassent doivent désormais être coupées – sauf celles des hommes de pouvoir – et il faut constamment se battre pour conserver les rares choses qui marchent encore dans notre pays : les grandes écoles, les concours anonymes, les entreprises multinationales, les scientifiques de talent.

 

Florence Guernalec nous a décrit avec lucidité le résultat de cette convergence vers la pensée unique : l’homme de la Norme. Elle nous livre chapitre après chapitre ce qu’il pense sur le libéralisme, le pouvoir, la société de consommation, le sexe, la morale, les inégalités, les injustices sociales, la pauvreté. L’échec patent de ses années de pouvoir aurait dû discréditer la Norme. En trois chapitres, le livre explique comment elle a réussi à survivre : par le mensonge organisé, la promotion des acquis, et l’Europe.

 

Florence Guernalec a fait un travail méticuleux et complet, écrit dans un style alerte avec un humour grinçant. On le lit en souriant, mais avec une légère inquiétude lorsqu’on se demande si cette description est applicable à soi-même.

 

D’aucuns trouveront cette description pessimiste. Ce n’est pas mon avis. C’est seulement grâce à la prise de conscience que permet ce livre qu’un sursaut pourra naître. Le dernier chapitre tente d’ailleurs de répondre à l’interrogation « Comment sortir de la Norme ? » Il rejoint ainsi le message qu’Ayn Rand, la grande philosophe et romancière américaine, délivre à la fin du paragraphe dont nous avons donné le début plus haut : Cependant quelques uns tiennent bon et vont de l’avant, sachant qu’ils ne doivent pas trahir leur feu sacré, apprenant à lui donner une forme, un but et une réalité. (1)

 

C’est pour encourager ceux-là que Florence Guernalec a écrit son livre.

 

Jacques de Guenin

 

Dans la continuité Jacques de Guenin nous livre le:

Portrait de « l’Homme de la Norme »

 

Il est contre la peine de mort et pour l’avortement.

 

Il soutient les sans-papiers et les mal-logés.

 

Il milite pour la protection de l’environnement.

 

Il défend les droits des femmes et des minorités.

 

Il s’oppose à la répression policière et encourage la prévention de la délinquance.

 

Il se bat pour la retraite à 60 ans et rejette les fonds de pension.

 

Il est très attaché à l’État providence, aux services publics et à l’école laïque.

 

Il réclame l’annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Il s’élève contre les licenciements et les délocalisations. Il approuve toutes les grèves par principe.

 

Il refuse la mondialisation néolibérale, craint le pouvoir des multinationales et des « gros actionnaires ».

 

Il déteste l’argent et la spéculation financière.

 

Il est très critique à l’égard de l’Amérique. Il rejette sa puissance économique et militaire, et son industrie du divertissement.

 

L’ « Homme de la Norme » a des valeurs et aime le faire savoir : il répète partout qu’il défend l’égalité des chances et les libertés individuelles ; il prône la solidarité entre les citoyens et combat les « injustices sociales ». Normal, il est dans la Norme et vote pour la Norme, le parti des progressistes.

 

Dans la vie courante,

 

Tous ses vêtements et tout son électroménager ont été fabriqués dans le Tiers-monde par des ouvriers payés une poignée de dollars et non syndiqués.

 

Il manifeste contre les démocraties à chaque sommet du G8 et de l’OMC, il ne s’oppose jamais aux violations des droits de l’Homme dans les dictatures.

 

Il ne fréquente que les cliniques et hôpitaux privés, ses enfants ont une nounou à demeure, sont inscrits dans une école privée et feront leurs humanités dans une université américaine.

 

En ville, il ne se déplace qu’en voiture. Il déteste le vélo et encore plus les transports en commun à cause de la foule et des odeurs.

 

Ses revenus mensuels lui assurent le strict minimum : un bel appartement dans un immeuble bourgeois sans immigrés et situé dans un quartier tranquille, une femme de ménage non déclarée, des vacances hors de prix dans un pays pauvre…

 

Il a de l’argent en bourse, très peu en réalité : son entreprise l’a obligé à investir.

 

A son travail, le tutoiement est de rigueur. Il fait en sorte d’être copains-copains avec ceux qui sont moins bien payés que lui mais ne déjeune jamais avec eux.

 

 

Ces petites contradictions n’ébranlent pas sa bonne conscience, l’ « Homme de la Norme » est une heureuse nature : il est sincèrement persuadé d’être un « mec bien ». Et à vrai dire, rien, ni personne ne peuvent entamer l’odeur de sainteté qui plane sur l’« Homme de la Norme ». Ses idées généreuses et altruistes le préservent de toute critique. Il fait partie de la caste des intouchables. D’ailleurs, l’ « Homme de la Norme » jouit d’une bonne image dans les médias : ce qu’il fait bénéficie toujours d’un a priori positif. Et il passe même pour une autorité intellectuelle : ses propos sont parole d’évangile.

 

Le soir, l’ « Homme de la Norme » s’endort sans états d’âme… Et il se lève le matin, le cœur léger car il appartient à la Norme et pour lui, c’est l’essentiel.

 

 

 

Florence GUERNALEC est journaliste et essayiste. Son récent ouvrage “Panorama de la pensée unique” humain, caustique et lucide, décrit avec perspicacité la pensée unique qui encombre les esprits en France. L’essai en analyse les porteurs, les valeurs, les fondements, les ornières, les suffisances, les auto-satisfactions.

Nous étudierons le compromis médian porté par la pensée unique entre libéralisme et socialisme. Nous nous interrogerons aussi sur le fait que la pensée unique se soit généralisée en France à la Chute du Mur au son de ” toutes les idéologies sont mortes ” alors qu’en réalité, une seule idéologie venait de mourir : le communisme.

 

 

On trouvera une présentation de Florence GUERNALEC et de son ouvrage sur le site Crackers où elle écrit régulièrement.

 

http://www.crackersandco.com/bio.htm

 

http://www.crackersandco.com/lanorme/portraitnorme.htm

 

Cet ouvrage est publié par les éditions Charles COQUELIN :

 

www.freewebs.com/institutcharlescoquelin

 

Voici donc le texte de Florence Guernalec,

issu du chapitre premier:

Ce que pense la Norme…

Sur le Libéralisme

 

Il aime tout et tout le monde sans nuance – excepté la guerre, l’argent, le pape, le Sida, Hitler, l’Amérique, les licenciements et le verglas sur les routes. Il se donne des airs « cool », ne dit jamais « je » mais « nous » : il croit sincèrement parler au nom de tous et a l’assurance de ceux qui s’imaginent avoir forcément raison. Touchez à un de ses cheveux et vous en ferez un martyr… Le militant altermondialiste est une espèce protégée. Tout le monde l’aime, personne n’ose le critiquer. C’est un saint ! Restait à lui trouver un ennemi crédible : le rôle du méchant a été attribué à l’unanimité au Libéralisme. Il lui aura suffit d’un slogan publicitaire – « Le monde n’est pas une marchandise » – pour rendre son cri audible. Aujourd’hui, nul besoin d’échafauder de grandes idées pour être pris au sérieux et faire l’ouverture du journal de 20 heures… Le Libéralisme sera donc « sauvage » ou ne sera pas. Et la société capitaliste sera soumise à la « Loi de la jungle » et à la « Loi du plus fort ». Dans Le « petit Libéralisme illustré » de la Norme, l’image du « renard libre dans le poulailler libre » charrie tous les fantasmes et les peurs des contes pour enfants : les proies faciles symbolisent ici les « honnêtes travailleurs » ; et les prédateurs, les capitalistes. Le prêt-à-penser de la Norme compile un ensemble de formules chocs, faciles à retenir et à emporter partout. A répéter sans réfléchir… Dans cette parodie de procès, ne manquent que les preuves et les éléments à charge. Mais pour l’« Homme de la Norme », l’affaire est entendue, inutile de se justifier : le Libéralisme traîne avec lui une odeur de soufre qui a pour noms, « plans sociaux », « chômage », « précarité », « sans-abri », « injustices sociales »… Conspué et décrié de toute part, le Libéralisme est donc condamné à la peine capitale : dans les réquisitoires, les mots « nazisme » et « fascisme » sont employés comme des injures pour qualifier l’ « horreur » attribuée au Libéralisme et à ses complices. Idéologie et démagogie sont les deux mamelles qui nourrissent les pages Débats des quotidiens et toute une littérature de gare toujours prompte à dénoncer les méfaits de la « bête immonde ».

 

Que savent ces maîtres à penser sur le Libéralisme ? Strictement rien. Ceux qui croient appartenir à l’élite de la France et qui se pressent sur tous les plateaux de télévision pour participer au lynchage, jouent aux économistes comme les enfants jouent au docteur… Parmi ceux qui font le plus de tapage médiatique et vendent le plus de livres, aucun n’a étudié les Sciences Economiques, ni même l’Histoire économique car au fond, aucun ne s’y intéresse vraiment, même entre la poire et le fromage. Aucune de ces « consciences » n’est capable de définir le mot « Libéralisme » encore moins d’en dessiner les contours. Au pays de l’ignorance, ils sont les rois. Et en tant que tel, ils règnent sans partage sur leurs sujets, l’Homme de la rue : ces personnalités médiatiques entretiennent le fantasme que ceux qui dirigent le monde, « veulent la peau » du peuple. Il aura donc suffit que ces maîtres à penser se présentent comme des esprits cultivés, dotés d’une grande intelligence, pour que personne n’ose émettre de doutes sur la probité et la pertinence de leur discours.

 

Si la Norme s’intéressait réellement à l’Histoire, elle saurait que le Libéralisme n’est pas une idéologie : personne n’a inventé le « laisser-faire » – ni la Bourgeoisie, ni des pseudo-économistes à la solde des capitalistes. Lorsqu’il y a 3000 ans avant J-C, les Phéniciens quittaient les rives de Byblos pour vendre leurs marchandises en Méditerranée – déjà les prémices de la mondialisation – ils étaient sans le savoir des libéraux comme Monsieur Jourdain déclamait de la prose. Le Libéralisme s’est naturellement imposé comme LE mode de développement du commerce et des échanges. Autrement dit, le Libéralisme est aussi vieux que l’Economie car le Libéralisme, c’est l’Economie – et inversement. Au début de l’industrialisation au XVIIIe siècle, les penseurs commencent à s’intéresser aux pratiques et usages en cours dans le commerce : ils découvrent alors les « lois naturelles » de l’économie à savoir la libre circulation des Hommes et des biens, le libre-échange des marchandises et la liberté des prix. Pour qu’il y ait transaction sur un marché, vendeurs et acheteurs doivent s’entendre sur le prix. Les premiers économistes mettent ainsi en évidence que le prix de vente d’une marchandise est déterminé par sa valeur d’échange (et non par sa valeur d’usage). Et ce prix évolue en fonction de la loi de l’offre et de la demande. Le revenu d’un individu et par extension la richesse des nations, proviennent donc de la vente de biens et de services. Par leur commerce, les entrepreneurs contribuent au développement économique de la société et au progrès car non seulement, ceux-ci retirent un salaire de leur activité mais ils enrichissent indirectement les différents agents économiques – ménages, entreprises, Etat – par leur consommation et les impôts prélevés sur leurs revenus.

 

La Norme se moque pas mal des « lois naturelles » de l’économie. Elle préfère s’enflammer pour des idéologies échafaudées par des esprits révoltés et utopiques. Les différents courants antilibéraux qui fleurissent en France à partir de la fin du XVIIIe, remettent en cause la Révolution industrielle comme source de progrès. Les premiers Socialistes proposent de remplacer la société capitaliste par une « société harmonieuse » au service de tous qui supprimera la concurrence entre les producteurs et les rapports de force entre les classes sociales. Ainsi naît l’idée d’une économie planifiée, débarrassée de la propriété privée et de capitalistes accusés d’être à l’origine des inégalités sociales. Pour la Norme, l’économie doit être contrôlée et orientée par l’idéologie, et les libertés du commerce, restreintes.

 

En Russie, les Communistes mettent en œuvre ce programme révolutionnaire en collectivisant les moyens de production. Le patronat est remplacé par une superstructure politique qui fixe les orientations et objectifs des entreprises sans consulter le peuple. Dans cette société planifiée, l’offre est donc totalement déconnectée de la demande : en clair, les producteurs ne tiennent pas compte des désirs des consommateurs et les prix ne sont pas fixés par le marché. Résultat la majeure partie des marchandises produites ne trouve pas acheteur. Sans ventes, l’argent nécessaire pour faire fonctionner les chaînes de production et payer les travailleurs, fait défaut. Et comme les entreprises sont en situation de monopole, elles ne sont pas incitées à fabriquer de nouveaux produits susceptibles d’intéresser les consommateurs, ni même à améliorer la qualité des biens qu’elles produisent. Enfin, les individus ne retirent aucun bénéfice personnel de leurs efforts : dans ce système, les ouvriers ne peuvent, en effet, espérer de meilleurs salaires et une amélioration de leur niveau de vie puisque les résultats financiers de leur usine comme ceux de l’ensemble de l’économie nationale, sont médiocres. Bref, l’idéologie socialiste « marche sur la tête » car elle défie toutes les « lois naturelles » de l’économie.

 

La Norme française ne retient pas les leçons de l’Histoire. Elle s’obstine à faire une lecture idéologique des événements au lieu d’examiner les faits : ainsi, les hommes politiques attribuent la crise économique des années 70 au Libéralisme qui fait une fois encore figure de coupable idéal. Or le ralentissement de la croissance ne provient pas de la dérégulation des marchés et de la mondialisation comme elle l’affirme mais du déclin du secteur industriel qui détruit désormais plus d’emplois qu’il n’en crée. La Norme oublie que pendant les trente glorieuses (1945-1975), le Libéralisme est synonyme de plein-emploi, de progrès social et d’augmentation constante et significative du niveau de vie des ménages. Et pourtant, tous les hommes politiques français militent pour moins de Libéralisme et plus de sociale-démocratie. La version imaginée par Valery Giscard d’Estaing s’apparente à un cocktail exotique composé d’un tiers de Libéralisme, un tiers de Communisme et un tiers d’improvisation : en clair, le secteur privé est étroitement encadré par un Etat omnipotent qui pèse sur tous les rouages de la vie économique et sociale, et le barman Giscard jongle maladroitement avec les deux liqueurs. Cette politique marque l’apogée de l’Etat providence cher aux partis de la Norme qui vont se succéder aux affaires. Au final, le cocktail magique concocté par la Droite a un goût amère puisque la pression fiscale augmente lourdement, le chômage aussi. Et rien n’est fait pour favoriser l’émergence de nouveaux secteurs économiques créateurs d’emplois.

 

Mai 81 sonne l’heure de la « rupture avec le Capitalisme ». Après 23 ans d’opposition, la Gauche a les mains libres pour mettre en œuvre la « troisième voie » (ni Libéralisme, ni Communisme) - il ne s’agit en réalité que d’une radicalisation de la politique social-démocrate de Giscard d’Estaing. Le nouveau pouvoir politique rejette l’économie de marché au profit d’un Etat entrepreneur : avec les nationalisations des banques et des principaux groupes industriels du pays, François Mitterrand entend ainsi contrôler l’économie libérale. Le gouvernement espère relancer la consommation et faire baisser le chômage en augmentant les dépenses publiques. La France allait ainsi passer des « ténèbres à la lumière » dixit Jack Lang. L’aventure tourne vite court car le bilan économique et social de cette politique socialo-communiste est désastreux : avec une inflation à deux chiffres, plusieurs dévaluations du Franc, un déficit public et commercial creusés, le pouvoir d’achat des français régresse, le chômage continue de grimper et la France voit apparaître les premiers SDF. Un an après son arrivée triomphale au pouvoir, François Mitterrand est contraint de stopper net l’expérience de la « troisième voie » et de mettre en place une politique de rigueur pour combler les déficits. Les alternatives au Libéralisme meurent jeune…

 

En désaccord avec les nouvelles orientations de la Gauche, le Parti Communiste (PC) claque la porte du gouvernement au début des années 80. Le PC met ainsi fin à la collaboration entamée avec les Socialistes en 1972, avec la signature du « Programme commun ». Au sein de la Norme française, le Communisme jouit toujours du bénéfice du doute, en particulier chez les « mal comprenants ». Malgré la multiplication des témoignages sur la réalité du système, ses plus fervents supporters affirment même que l’URSS est un modèle de société. Officiellement, la vie des soviétiques est un long fleuve tranquille : le pays ne connaît pas le chômage, ni la pauvreté. Les conflits sociaux n’existent pas… Et pourtant, la Norme va se prendre une bonne claque dans la figure : l’histoire commence comme un mauvais jeu de rôles - un pays est partagé en deux, la partie située à l’Ouest est libérale ; celle située à l’Est, communiste. Après quarante ans de ce jeu de massacre, les « joueurs » constatent que l’économie de l’Ouest s’est développée tandis que celle de l’Est restait bloquée au moment où le « jeu » a débuté : le tissu industriel de l’Ouest s’est modernisé et le pouvoir d’achat de ses habitants a augmenté tandis que les conditions de vie de la population de l’Est ont stagné voire régressé au fil des ans… S’agit-il d’une mauvaise science-fiction ou d’un délire imaginé par les libéraux ? Ni l’un, ni l’autre. C’est en fait l’expérience qu’a vécue l’Allemagne de 1949 à 1989. Le mur du Berlin ne permet plus de cacher ce que les esprits libres et clairvoyants savaient déjà depuis longtemps : le Libéralisme, c’est la gestion de l’abondance ; le Communisme, la gestion de la pénurie. Mais pour la Norme française, l’expérience allemande comme toutes les autres vécues dans les pays de l’Est et le tiers-monde, ne prouve rien : selon elle, l’idéal socialiste a partout été dévoyé par une poignée de réactionnaires, rien ne permet de remettre en cause cette idéologie. En France, le Communisme demeure étrangement inattaquable…

 

Les années 80 auront provisoirement mis fin aux illusions des nouilles qui croyaient encore aux « lendemains qui chantent ». Partout où le Communisme a régné, il a échoué lamentablement. Partout où un gouvernement a mis en place une « troisième voie », il s’est pris les pieds dans le tapis : le PIB par habitant des pays libéraux comme les Etats-Unis est plus élevé et augmente plus vite que celui des pays sociaux-démocrates comme la France. Ce résultat n’est pas surprenant puisque les économies libérales enregistrent de meilleurs taux de croissance que les économies administrées, et un taux de chômage inférieur. Rattrapée de plein fouet par la réalité, la Norme française est contrainte d’adapter son discours à défaut de changer radicalement de politique, elle se livre alors à quelques contorsions intellectuelles censées lui éviter de « perdre la face » et de faire son mea culpa : la Norme persiste à condamner fermement le « Libéralisme sauvage » (ou ultra-libéralisme), et invente l’expression de « Libéralisme tempéré » (ou régulé) qui a ses faveurs mais qui ne s’affirme que du bout des lèvres et sur la pointe des pieds pour ne pas effrayer une partie de son électorat. Ainsi, après avoir dénoncé les terribles ravages causés par le Capitalisme, la Norme nous apprend sans crainte du ridicule, qu’il y a désormais un « bon » et un « mauvais » Libéralisme. La bonne blague peut se résumer par la formule du social-libéral Lionel Jospin : « oui à l’économie de marché, non à la société de marché ». Ces acrobaties de langage ne parviennent pas à cacher l’essentiel : par ce demi-aveu, la Norme donne entièrement raison aux adeptes du Libéralisme, même un idiot l’aurait compris. Et les travailleurs réalisent un peu tard qu’on les a trompés, que les manifestations et grèves qu’ils ont organisées contre le système capitaliste, n’ont servi à rien ! Le Libéralisme a gagné la partie sans même avoir eu besoin de se défendre : ses adversaires se sont disqualifiés tout seul.

 

Florence Guernalec

 

Pour lire la suite achetez son bouquin, vous y trouverez:

 

Sur le pouvoir

. Sur la société de consommation

. Sur le sexe

. Sur la morale

. Sur les inégalités et les injustices sociales

. Sur la pauvreté

 

Seconde partie :

Comment survit la Norme

 

. Le mensonge organisé

. La promotion des acquis

. L’utopie européenne

 

. Sortir de la Norme

 

Télécharger le bon de commande

Envoyez votre chèque d’un montant de 12 euros

(10 euros + 2 euros de frais de port)

à l’ordre de CEFGEC Institut Charles Coquelin

CEFGEC

75 rue Claude Bernard

75005 Paris

17:28 Écrit par HUMANITAS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : de guénin, f. guernalec, pensée unique, totalitarisme, libéralisme, communisme, socialisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu