Avertir le modérateur

19/04/2011

Inde. Yunus dérangerait-il certains pouvoirs en place?

En décembre 2010, Muhammad Yunus, pionnier du microcrédit, fondateur de la Grameen Bank et lauréat du prix Nobel de la paix, s’est vu traiter de “sangsue” par Sheikh Hasina, le Premier ministre du Bangladesh.

 

http://www.limonphotography.com/blog/images/yunus/11.jpg


Elle l’a accusé de s’enrichir sur le dos des pauvres en les enfermant dans l’endettement. Le réquisitoire sans nuances de Madame le chef du gouvernement contre la plus grande célébrité du pays a été déclenché par un documentaire, Fanget I Mikrogjeld [Prisonnier du microcrédit], diffusé en Norvège le 30 novembre 2010. Le microcrédit en tant que modèle de lutte contre la pauvreté y était durement critiqué. Les autorités locales ont donc décidé de prendre des mesures. Le 2 mars, la banque centrale a publié une lettre par laquelle Yunus est tout simplement congédié de son poste de directeur général de la banque. Yunus a saisi la Haute Cour de Dacca pour obtenir l’annulation de cette décision, mais celle-ci a été maintenue au motif que l’intéressé avait dépassé la limite d’âge de 60 ans prévue par le droit bancaire [Yunus a fait appel le 9 mars auprès de la Cour suprême du Bangladesh. Celle-ci a rejeté la requête et confirmé son limogeage le 5 avril]. Ces attaques contre Yunus ont plusieurs conséquences qui vont bien au-delà de sa personne. Que va-t-il advenir de la Grameen Bank ? Va-t-elle être entièrement nationalisée ? La Grameen Bank est une institution unique en son genre, dans la mesure où elle appartient à ses 8,3 millions d’emprunteurs, qui sont ses actionnaires et ont 9 représentants siégeant au conseil d’administration, lequel compte 12 membres. Il est à craindre qu’après le renvoi de Yunus le gouvernement ne mette la Grameen Bank sous tutelle et ne détruise par conséquent ce qui fait sa réussite. Avec 8,3 millions d’emprunteurs pauvres, dont 95 % de femmes, et avec chaque mois une mise à disposition de 10 milliards de takas [95 millions d’euros] de prêts, cette banque est une institution gigantesque. Reste la grande question de l’avenir du microcrédit lui-même. Si, comme l’affirme le Premier ministre Sheikh Hasina, le microcrédit n’aide pas les pauvres mais les entraîne plus avant dans la spirale de l’endettement, que vont devenir les autres institutions de microfinance ? Le gouvernement de Sheikh Hasina va-t-il à terme imposer des taux d’intérêt plus faibles au microcrédit ? Le problème des taux d’intérêt élevés est l’un des sujets favoris de ceux qui veulent dénigrer Yunus et la Grameen Bank. Loin de faire l’objet d’une vraie réflexion, la question des taux d’intérêt a donné lieu à des débats populistes. En fait, l’un des “crimes” dont on accuse Yunus est de ne pas afficher son soutien à tel ou tel parti politique, et même d’être “hostile” à l’actuel gouvernement. Une chose est sûre, le Pr Yunus restera à jamais dans le coeur des Bangladais comme l’homme qui a enthousiasmé la planète entière par son action dans la lutte contre la pauvreté et comme celui qui a valu à son pays le plus grand respect et le plus grand honneur.


CONTEXTE
Le microcrédit, innovation majeure en termes de lutte contre la pauvreté, a été fortement critiqué ces derniers mois. Les deux plus grosses institutions de microfinance d’Inde, SKS et Spandana, ont été accusées de pratiquer des taux d’intérêt “usuraires”, qui vont de 24 % à 40 %. Les taux d’intérêt élevés ne sont pas non plus une pratique étrangère à la Grameen Bank, la première banque à avoir accordé des prêts aux plus pauvres. Mais il faut également rappeler que les usuriers dans les villages pratiquent des taux d’intérêt bien plus élevés, allant jusqu’à 100 %. La Grameen Bank compte aujourd’hui plus de 100 millions de clients dans les pays les plus pauvres de la planète.

 

Bengladesh : qui veut la peau de Yunus ?
Source, journal ou site Internet : The Indian Express
Date : 14 avril 2011
Auteur : Mahfuz Anam

12/10/2010

Nobel d'économie: « plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche [d'emploi] est longue ».

Incroyable ces prix nobels, presque déroutant pour des socialistes

 

Les lauréats du prix Nobel d'économie 2010 Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides

Photo: AFP/nobelprize.org

Les lauréats du prix Nobel d'économie 2010 Peter Diamond, Dale Mortensen et Christopher Pissarides

 

Le prix Nobel d'économie 2010 a été attribué lundi à deux Américains, Peter Diamond et Dale Mortensen, ainsi qu'à un chercheur anglo-chypriote, Christopher Pissarides, pour leurs travaux sur la manière dont le chômage, l'emploi et les salaires peuvent être affectés par la politique économique.


Les chercheurs se sont affairés à déterminer notamment ce qui fait en sorte que dans une économie, il est possible de retrouver un nombre important de chômeurs alors qu'existent de de nombreuses offres d'emploi.

Leurs travaux démontrent notamment, selon le comité, que

 

« plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche [d'emploi] est longue ».


La théorie élaborée par le trio peut aussi s'appliquer à l'étude du marché immobilier et aux finances publiques.


Peter Diamond, 70 ans, économiste à l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT), est un expert sur les questions de sécurité sociale, de pensions et d'imposition.


Le président Barack Obama l'avait d'ailleurs nommé pour occuper un poste au sein de la Réserve fédérale américaine. Toutefois, le Sénat n'a pas pu entériner cette décision avant les élections de mi-mandat.


Dale Mortensen, âgé de 71 ans, enseigne l'économie à l'Université Northwestern, en Illinois. Pissarides, âgé de 62 ans, est professeur à la London School of Economics, au Royaume-Uni.


Officiellement dénommé « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel », le Nobel d'économie est le seul non prévu dans le testament du philanthrope suédois Alfred Nobel.


Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins comme les autres prix avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (1,5 million de dollars).

 

La polémique, biensûr. A qui gêne ces prix?

Un vrai prix Nobel?

Le prix Nobel d'économie est le seul qui n'a pas été créé par l'inventeur et industriel suédois Alfred Nobel dans son testament de 1895.

 

Il a été lancé en 1968 par la Banque centrale de Suède pour lui rendre hommage. La Fondation Nobel en fait mention, aux côtés des prix Nobel « conventionnels » (chimie, physique, médecine, littérature et paix).

Des voix s'élèvent contre le prix de la Banque royale de Suède en sciences économiques. En 2004, le quotidien suédois Dagens Nyheter publiait une lettre ouverte du mathématicien suédois Peter Jager, membre de l'Académie royale des sciences, de l'ancien ministre de l'Environnement Mans Lonnroth, et de l'économiste Johan Lonnroth, qui démontraient que plusieurs récipiendaires du prix de la Banque de Suède avaient créé des modèles de dynamiques sociales irréalistes, en faisant un mauvais usage des mathématiques.

En février 2005, Le Monde diplomatique publiait un article dans lequel Peter Nobel, un des héritiers d'Alfred Nobel, soulignait que « Jamais, dans la correspondance d'Alfred Nobel, on ne trouve la moindre mention concernant un prix en économie ». Il ajoutait que la « Banque royale de Suède a déposé son oeuf dans le nid d'un autre oiseau, très respectable, et enfreint ainsi la marque déposée Nobel. Les deux tiers des prix de la Banque de Suède ont été remis aux économistes américains de l'école de Chicago, dont les modèles mathématiques servent à spéculer sur les marchés d'actions, à l'opposé des intentions d'Alfred Nobel, qui entendait améliorer la condition humaine. »

08/10/2010

Un libéral nobelisé en litterature, l' humaniste Mario Vargas LLOSA

Le prix Nobel de littérature 2010

a été décerné jeudi au romancier et essayiste

Mario Vargas Llosa

 

http://fr.beta.rian.ru/images/18758/05/187580544.jpg

cliquez l'image lire biosur wikibéral

 

Mario Vargas Llosa, ancien candidat à la présidence du Pérou et chroniqueur des luttes humaines face aux pouvoirs autoritaires d'Amérique latine.
Mario Vargas Llosa est récompensé "pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses représentations incisives de la résistance, de la révolte et de la défaite de l'individu", dit un communiqué du comité suédois.


L'auteur de "La Ville et les chiens" et de "Conversation à 'La Cathédrale'" est le premier écrivain latinoaméricain couronné par le Nobel de littérature depuis son attribution au Mexicain Octavio Paz en 1990.
Le Colombien Gabriel Garcia Marquez l'avait reçu en 1982.


"Cela fait des années que je n'ai pas pensé au prix Nobel. On ne me citait pas, alors je n'y comptais pas", a déclaré le lauréat selon la radio colombienne. "C'est une surprise, très agréable, mais néanmoins une surprise."


Lors d'une conférence de presse à New York, il a déclaré: "J'espère que ce prix m'a été attribué pour mon oeuvre littéraire, et non en raison de mes opinions politiques.


"Je crois que la littérature latino-américaine parle du pouvoir et de politique, et c'est inévitable. EnAmérique latine, nous n'avons pas résolu des questions de base comme la liberté. La littérature est une expression de la vie et on ne peut pas éliminer la politique de la vie".


Aux yeux du président péruvien Alan Garcia, la récompense était attendue de longue date. "C'est un grand jour, car le monde reconnaît l'intelligence visionnaire de Mario Vargas Llosa, ses idéaux libertaires et démocratiques", a-t-il dit.

 

 

 


Vargas Llosa, qui possède les nationalités péruvienne et espagnole, est né le 28 mars 1936 à Arequipa.
Il a acquis sa renommée internationale au milieu des années 1960 et a puisé dans son expérience du Pérou des deux décennies précédentes.
Pour "La Ville et les chiens", il s'est notamment inspiré de son passage dans une école militaire durant son adolescence.
Sa critique des intolérances religieuses et militaires est illustrée par le roman "Pantaléon et les visiteuses".
Dans "La Fête au bouc", une femme de 49 ans revient en République dominicaine, hantée par les souvenirs d'enfance que lui a laissés la dictature brutale de Rafael Trujillo.


CANDIDAT LIBÉRAL À LA PRÉSIDENCE
Le romancier s'est aussi attelé à des sujets tels que l'épopée socio-politique de Canudos, située dans le Brésil de la fin du XIXe siècle, dont il a tiré en 1982 "La Guerre de la fin du monde", ambitieux roman qui rencontra un large succès en Amérique latine et ailleurs.


Tenté par le communisme dans sa jeunesse mais déçu par la révolution cubaine, Mario Vargas Llosa s'en détourne ensuite. Il fera des études à Madrid avant de s'installer à Paris au début des années 1960.


En 1990, il est candidat de centre droit à la présidence péruvienne et milite pour un programme néo-libéral.
Il sera battu par Alberto Fujimori, lequel devra ultérieurement fuir le pays et sera jugé coupable d'une série de délits.
Le nom de Vargas Llosa est lié à une querelle restée fameuse. En 1976, il avait décoché en public un coup de poing à Garcia Marquez, son ami et confrère. Les deux hommes rompirent toute relation et la raison de leur bagarre demeura un mystère. Un photographe a laissé entendre en 2007 qu'elle pouvait être liée à l'épouse de Vargas Llosa.

 

 

 


Figure du "boom" littéraire latino-américain des années 1960 et 1970, qui produisit ce qu'on a nommé le "réalisme magique", Mario Vargas Llosa a enseigné ou donné des conférences dans des universités d'Amérique latine, des Etats-Unis et d'Europe.


Le comité Nobel a pris contact avec l'écrivain jeudi avant l'aube aux Etats-Unis. "Il a un engagement de deux mois pour enseigner à Princeton, j'étais donc gêné de lui téléphoner aussi tôt. Mais il était debout depuis cinq heures et préparait une conférence", a rapporté Peter Englund, membre du comité. "Il était euphorique et très, très ému."


"Il a écrit des chefs-d'oeuvre de narration parce qu'il s'agit essentiellement d'un narrateur. C'est un conteur, et quel conteur !", a ajouté Englund.
Vargas Llosa est aussi un essayiste et un journaliste réputé à qui l'on doit "L'Orgie perpétuelle (Flaubert et Madame Bovary)", "Le Langage de la passion. Chronique de la fin du siècle" et une autobiographie, "Le Poisson dans l'eau".


La distinction dont il est l'objet, dotée d'un prix de dix millions de couronnes suédoises (1,07 million d'euros), est le quatrième prix Nobel attribué cette semaine après ceux de médecine, de physique et de chimie.

 

Le Nobel de littérature attribué au Péruvien Mario Vargas Llosa
Source journal ou site Internet : Le Point
Date : 7octobre 2010
Auteur : Simon Johnson et Adam Cox

 

 

 

 

Hommage de blogueurs:

Sur le blog de Damien T (Nicomaque)

Mario Vargas Llosa à l'honneur

sur Mauvais Esprit,

une excellente thématique sur le personnage

Aussi un entretien avec mon ami Michel Faure du ML-G:


LIBERTÉ, J'ÉCRIS TON NOM ...

08:59 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mario vargas llosa, nobel, littérature, pérou, libéralisme, liberté, libéraux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/09/2010

Hommage à Georges CHARPAK.

Spécialiste de recherche nucléaire, Georges Charpak d'origine polonaise (Ancien resistant, il avait été déporté à Dachau en 1943.) avait été récompensé par la plus prestigieuse des distinctions pour l'invention et le développement des détecteurs de particules.
Ses travaux ont notamment permis d'améliorer les techniques de radiographie.

Georges Charpak, lauréat du prix Nobel de physique en 1992, est mort mercredi à l'âge de 86 ans. Désireux de vulgariser la science, ce professeur émérite s'était fait connaître du grand public grâce à plusieurs ouvrages visant à rendre son domaine accessible au plus grand nombre.

 

 

 

http://olivier.roller.free.fr/charpak.jpg

cliquez l'image lire bio

-

Les réactions:

Décès du prix Nobel de physique Georges Charpak- nouvelobs.com
La mort du physicien Georges Charpak- Le Figaro
Réactions à la mort de Georges Charpak, un "homme engagé" selon ...- AFP

-

 

Résultat de ses travaux de recherche, l'avènement par exemple de ce type de projet sur l'imagerie médicale

 

 

 

Charpak : ''Je cherche des milliardaires prêts à investir'' dans l'école

 

Interview du Figaro de 2007 lors du 10ème anniversaire

Comment vous est venue l'idée de « La main à la pâte » ?

 

Ce programme entend stimuler l'enseignement des sciences, trop souvent le parent pauvre de l'Éducation nationale en primaire. Aujourd'hui, environ 2 000 classes bénéficient directement du programme - en partie financé par l'Éducation nationale - et une classe sur deux utilise certains de ses concepts. En clair : réaliser des expériences concrètes pour répondre à des hypothèses scientifiques. Face à la désaffection des études scientifiques, « La main à la pâte » fait consensus jusque dans les pays étrangers. Georges Charpak, Prix Nobel de physique en 1992, l'un des fondateurs du programme, se passionne plus que jamais pour le sujet.

 

Georges CHARPAK. - C'est en allant dans des quartiers défavorisés de Chicago, en 1995, que j'ai découvert une méthode d'enseignement des sciences fondée sur la manipulation. Enseignants et élèves avaient l'air ravis. En rentrant en France, nous avons rencontré le ministre de l'Éducation d'alors, très intéressé. Puis quelques centaines d'instituteurs se sont lancés dans le projet. C'est une vraie révolution car seuls 5 % des enseignants utilisaient à l'époque des activités d'éveil, contre près de la moitié aujourd'hui ! L'idée est d'utiliser le moment où, encore tout jeune, l'enfant est émerveillé par tout ce qui l'entoure. Comme le chercheur scientifique, l'instituteur part d'une question des enfants choisie à l'intérieur du programme scolaire puis il leur fait réaliser une expérience conçue pour donner la réponse à la question posée. Il les incite alors à revenir aux idées initiales et à éliminer les hypothèses erronées. Il ne s'agit pas de recettes toutes faites à ingurgiter mais d'une méthode active par laquelle les enfants recherchent la vérité eux-mêmes.


Avez-vous rencontré des réticences ?
Certains disent que l'éducation se résume à lire, écrire, compter. Même au sein de l'Académie des sciences, on trouve des arriérés ! Nous pensons que l'éducation, c'est aussi apprendre à raisonner, dans une démarche de recherche scientifique. Nous avons mis suffisamment de projets en place pour emporter un consensus mais l'édifice reste un peu fragile. Tout cela doit peu à des directives ministérielles, beaucoup au terrain. Je continue à m'investir car, pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression de faire de la politique intéressante. Je cherche des milliardaires prêts à investir intelligemment leur argent dans l'éducation, à l'image de ce que font George Soros et de Bill Gates ! Faites-le savoir...

 

Biensur nous sommes dans un pays libéral,

innovant tel le Costa-Rica


Quels sont vont prochains projets ?
Nous aimerions introduire « La main à la pâte » au collège. Au niveau international, plus d'une vingtaine de pays l'ont déjà intégré dans leurs programmes scolaires. En ces temps de désaffection pour les sciences dans les pays industrialisés, tout le monde se passionne pour le sujet. D'autant plus que les enfants qui suivent ces enseignements sont souvent enthousiastes à l'idée de s'engager dans une carrière scientifique...

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu