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14/12/2010

WikiLeaks une aubaine pour l’État hébreu??

Moyen-Orient. Beaucoup des documents révélés par WikiLeaks sont une aubaine pour l’État hébreu.

 

http://magzweb.info/mgzinfo_01/wp-content/uploads/2010/12/219461-site-internet-wikileaks.jpghttp://a7.idata.over-blog.com/468x307/0/41/73/87/Mes-images-9/20070815.FIG000000103_25342_1.jpg


Du propre aveu de Benyamin Nétanyahou, les révélations de WikiLeaks et les vives craintes exprimées par le monde arabe sur le programme nucléaire iranien sont « bonnes pour Israël ». Le chef du gouvernement israélien est l’un des rares dirigeants à se réjouir ouvertement des retombées de cette affaire : «Depuis des années, nous savons que ces télégrammes ont des chances d’être divulgués, a-t-il expliqué. Nous nous sommes par conséquent adaptés à cette réalité. Aucun document confidentiel israélien n’a été révélé. » Il pourrait y avoir des surprises, car la plupart des 250 000 documents secrets promis par WikiLeaks attendent encore d’être rendus publics, mais Israël a déjà une excellente raison de se réjouir : ces fuites confirment le consensus sur la menace iranienne, surtout dans le monde arabe (voir notre numéro du 2 décembre). On y voit l’Arabie Saoudite appeler à « couper la tête du serpent » et l’Égypte prévenir qu’elle développera à son tour un programme nucléaire si une “bombe chiite” voit le jour. « Pour la première fois dans l’histoire moderne, Israël, l’Europe et les pays du Moyen-Orient conviennent que la principale menace vient de l’Iran, de ses projets expansionnistes et de son armement », dit Nétanyahou. L’État hébreu veut profiter de ces révélations pour justifier ce que WikiLeaks présente comme les « cinq piliers de la stratégie israélienne » face à l’Iran, en s’appuyant sur un mémo de 2007 rédigé à l’issue d’une rencontre entre Nicholas Burns, sous-secrétaire d’État américain, et Meir Dagan, chef du Mossad (de 2002 au 29 novembre 2010). Israël juge l’approche politique insuffisante : elle passe par le transfert du dossier iranien au Conseil de sécurité et par des sanctions. Le Mossad se prononce plutôt en faveur du renversement du régime des mollahs, avec le soutien du mouvement étudiant d’opposition et des minorités azérie, kurde et baloutche. Il se dit favorable à des “actions clandestines”, comme l’assassinat de scientifiques et diverses actions de sabotage. L’actualité vient peut-être de confirmer le passage à l’acte de “spécialistes” dans ce domaine : le 29 novembre, à Téhéran, deux attaques simultanées à la bombe ont visé deux scientifiques iraniens responsables du programme nucléaire (l’un a été tué, l’autre blessé).

 

http://www.adjete.com/photo/art/default/2364748-3310111.jpg?v=1289456897


L’hypothèse d’une attaque contre l’Iran fin 2010…
WikiLeaks rapporte aussi de sérieuses divergences entre Israéliens et Américains quant à l’état de la menace iranienne. Selon plusieurs sources à Washington, Israël surestime l’avancée du programme nucléaire de Téhéran et chercherait à créer un “sentiment d’urgence”, comme en témoignent les déclarations du général Amos Yadlin, le chef des renseignements militaires israéliens. En 2009, il avertit le Pentagone qu’il n’est « pas question de subir une surprise égale à celle du 11-Septembre ». L’état-major de Tsahal est alors très près de déclencher des frappes préventives contre l’Iran. Plus précisément, il pense utiliser 48 bombes antibunker, dont la moitié sont équipées de pénétrateurs BLU-109 à guidage laser pouvant causer des dégâts irrémédiables aux centrales de Natanz, Arak et Ispahan. Le secrétaire d’État à la Défense Robert Gates s’oppose à toute action israélienne, estimant qu’elle ne retarderait que de quelques mois le programme iranien. Les documents montrent que le temps presse pour l’État hébreu. Une dépêche révèle une confidence du ministre de la Défense, Ehud Barak, à une délégation parlementaire américaine de passage à Jérusalem : la fenêtre d’opportunité pour une éventuelle attaque contre l’Iran se refermerait fin 2010. Fin 2010… Nous y sommes, alors qu’éclate la bombe WikiLeaks ! À défaut de pouvoir imposer encore plus de fermeté internationale sur ce dossier, Israël pourrait être maintenant tenté d’agir seul, sans le feu vert des États-Unis.


En septembre 2007, son aviation avait bombardé et détruit le réacteur syrien d’Al-Kibar. Deux mois plus tôt, le chef du Mossad s’était formellement engagé auprès des Américains à ne pas intervenir.

De Jérusalem, Maxime Pérez

Israël servi par WikiLeaks
Source, journal ou site Internet : Enjeux avec Valeurs actuelles
Date : 9 décembre 2010
Auteur :Maxime Perez

30/08/2010

What's Really Wrong with the Middle East, de Brian Whitaker (en français)

Moyen-Orient.

Un journaliste britannique juge sans concession les pays de la région.

 

Expert du Moyen-Orient au quotidien britannique The Guardian, Brian
Whitaker publie Ce qui va vraiment mal au Moyen-Orient (non encore
traduit en français). Cet essai sans concession passe en revue les
faiblesses et les contradictions du monde arabe contemporain. « Le
problème avec le Moyen-Orient, c’est que c’est toujours la faute de
quelqu’un d’autre », prévient l’auteur dès la première page, avant de
décrire « une atmosphère abrutissante, où le changement, l’innovation,
la créativité, la pensée critique, le questionnement, la résolution des
problèmes… sont tous découragés ». Nous l’avons rencontré à Londres.

 

http://images.huffingtonpost.com/2010-03-03-BrianWhitaker.jpg

cliquez lire bio


Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

J’avais l’impression d’un sérieux
manque de compréhension des problèmes majeurs de la région,
particulièrement de la part des responsables politiques des pays
occidentaux.


Par exemple ?

Lorsque l’administration de George W. Bush a décidé de promouvoir des élections
libres dans certains pays arabes, c’était une erreur. La démocratie n’est pas adaptée au Moyen-Orient,
à moins de changements sociétaux radicaux. La société elle-même est autoritaire. Instaurer plus de
liberté dans un pays ne doit pas se limiter à la politique. Il faut aussi tenir compte du droit des
individus, de la discrimination…


En quoi ces sociétés sont-elles si autoritaires ?

Elles le sont, tout autant que leurs gouvernements, à
cause de toutes les discriminations fondées sur l’ethnie, la religion, le genre, l’orientation sexuelle ou
les antécédents familiaux. Elles le sont par l’inégalité des chances, l’opacité de la bureaucratie,
l’application arbitraire de la loi et le manque de transparence au sein des exécutifs. À cela s’ajoutent
la corruption et le système d’influence et de relations.


Vous évoquez aussi le rôle particulier de l’éducation…

Elle est au coeur des problèmes, car, dans
cet univers, les jeunes apprennent les choses par coeur, à partir de ce qu’on leur dit, plutôt que de
rechercher par eux-mêmes ou de poser des questions. Cette absence de dialogue libre ne favorise pas
l’éveil de la conscience ou la démarche exploratoire. Elle ferme la porte à la liberté de penser et de
critiquer. Les programmes scolaires semblent plutôt encourager la soumission, l’obéissance, la
subordination et la complaisance.


Ce système est-il figé ?

Au Moyen-Orient, la société fonctionne sur un mode paternaliste, à l’école,
dans la famille, au travail, en politique. Les individus doivent toujours obéir à un chef – la maîtresse
d’école, le père, le patron, le monarque –, sans jamais pouvoir le questionner. Ces sociétés n’ont pas
réussi à résoudre le conflit entre la liberté de pensée et une société harmonieuse.


Quel rôle joue l’islam ?

Il freine le développement de la société arabe. La séparation claire entre la
religion et l’État n’existe pas et le pouvoir séculier est peu soutenu, pas seulement chez les
extrémistes, mais par la population en général. Les interdits de l’islam réduisent la souveraineté du
peuple et son évolution. Selon la règle édictée par le Coran, le chef de l’État doit être musulman et
même, dans certains cas, un “bon musulman”. Le président arabe sera donc toujours musulman. Je
pense que ce manque de débat public sur le religieux a aidé la montée de l’extrémisme.


Pourquoi ?

Les questions touchant la religion sont tellement taboues, surtout dans les médias, que
l’on n’ose même pas aborder ce sujet de l’islamisme. Les islamistes ont pu accéder aux mosquées et
développer leur influence. Leurs idées extrémistes circulent et il n’existe aucun moyen de les
contredire en public.


Les choses peuvent-elles changer ? Oui, grâce à la mondialisation, à Internet, à la télévision par
satellite. Les gens sont beaucoup plus informés de ce qui se passe dans le reste du monde. Les
attitudes se modifient, petit à petit. Certains pays évoluent vite : au Koweit, la monarchie cohabite
avec un Parlement; en Égypte, la diversité politique existe depuis longtemps ; au Maroc, on a pu
observer de nombreux changements depuis l’arrivée de Mohamed VI au pouvoir, en 1999.

 

Propos recueillis par Valentine Piédelièvre
What's Really Wrong with the Middle East, de Brian Whitaker, Saqi Books, Londres, 384 pages.

 

Source IHEDN

Ce que pense le monde arabe
Source journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 26 août 2010
Auteur : Valentine Piède

 

Hamas supporters at a rally in Gaza City Hamas supporters at a rally in Gaza City. Photograph: Mahmud Hams/AFP/Getty Images

The problems of the Middle East are always somebody else's fault. Arabs blame their problems on centuries of foreign interference; their critics retort that the Arabs must shoulder responsibility for their own failures. The argument is about the allocation of blame: no one denies that the problems of the Arab world are deeply rooted and pervasive. As for the causes, both sides have a case: the problems of the region are the product of a unique combination of internal and external factors.

  1. What's Really Wrong with the Middle East
  2. by Brian Whitaker
  3. Buy it from the Guardian bookshop

Brian Whitaker's book is very wide in scope: it ranges over the entire area from the Persian Gulf to North Africa but without sacrificing the distinctiveness and idiosyncrasy of individual countries. The purpose of the book is not to suggest what the west should do but to set out the "Middle East problem" in terms that go beyond common perceptions of the region. He focuses his attention on actual concerns expressed by the Arabs (such as despotism, patriarchy, tribalism, corruption, and inequality), rather than the concerns of western governments.

One of the many merits of this book is that it tries, as far as possible, to let the Arabs provide the narrative. The narrative comes partly from Whitaker's encounters as a traveller interested in the Middle East and later as a journalist reporting for the Guardian newspaper; partly from written sources; and also from a series of lengthy interviews conducted especially for this book. Listening to the Arabs makes a refreshing change from the all too common habit of western pundits of pontificating about the Middle East and lecturing to the Arabs.

There are, of course, deep historical reasons for what is sometimes called "the Arab malaise". Wherever they are and however wealthy they might be, the Arab people are haunted by a sense of powerlessness. Recent Arab history, from the victors' peace that followed the first world war, through the nakba,or catastrophe, of 1948 and the numerous wars involving foreign powers, has left a deep mark.

Whitaker is not oblivious to the part played by foreign powers in supporting tyrants and in deterring democracy in the region. His argument is that if positive change is to come, the overhanging cloud of fatalism and resignation needs to be blown away. He knows that to be aware of the past has value when considering the present. His argument is that "to analyse the past endlessly and blame the Other (often with good reason), as the Arabs tend to do, merely reinforces the sense of powerlessness and adds to the malaise rather than addressing it".

Whitaker considers that in order to take charge of their predicament, the Arabs must stop asking "How did we get here?" and instead say: "This is where we are. How can we move forward?" The advice is well-intentioned but utterly unrealistic. Had the Arabs been capable of stepping outside their history or of coping collectively with their predicament, they would surely have done so long ago. The persistence of the predicament suggests that preoccupation with the past is by no means the only obstacle to change.

Whitaker writes with empathy and insight about the many ills that afflict Arab society, especially in the realm of education. Education may not be the most obvious of the region's problems, yet in many ways it is central. The curricula taught in Arab countries tend to encourage submission, obedience and compliance, rather than critical thinking. Law students at Cairo University, for example, can buy a cheap 20-page summary instead of reading the lecturer's textbook. Over the years this has become known as ra'i al-ductoor – the doctor's opinion. This is what students have to memorise because that has to be their opinion too if they want to get high marks.

Education in the Arab countries, Whitaker concludes, is where the paternalism of the traditional family structure, the authoritarianism of the state and the dogmatism of religion all meet. The result is to discourage critical thought and analysis, to stifle creativity and to instil submissiveness. Education thus serves to buttress the status quo instead of shaking it. It makes young Arabs well-equipped to survive in an authoritarian system but it does not prepare them to be active citizens and to contribute to their countries' development.

Of all the problems that afflict their society, corruption is probably the one that Arabs complain about most. There is no doubt in the minds of most Arabs that corruption is rife. More than 90% of the participants in a survey for the Arab Human Development Report believed it to be pervasive. The report noted that in the five countries surveyed, "politicians, businessmen and high-ranking officials head the list in the spread of corruption".

In practical terms, as Whitaker observes, corruption has many harmful effects. It is intrinsically unfair, undermines democratic processes, denies equality of opportunity, and in general creates obstacles to progress. Resentment of official corruption has become a galvanising factor for opposition movements, especially Islamist ones, providing them with opportunities to claim the moral high ground. Rampant corruption in the Palestinian Authority, for example, was a significant factor behind the unexpected victory of Hamas in the January 2006 elections.

Whitaker has given us a lively, highly readable and illuminating survey of the countless things that are wrong with the Middle East today. What emerges clearly from his survey is that the root problem, at least in the Arab world, is the lack of freedom. He concludes that in order to achieve peace, prosperity and full participation in the global economy, the Arabs should embrace far-reaching social, economic and political reform. Few would disagree with this conclusion but one has to be an incorrigible optimist to expect real change to take place in the foreseeable future.

Even if the unelected and unloved rulers of the Arab world fall, they are most likely to be replaced by Islamists who are no friends of freedom. So the Arab world is caught in a vicious circle. It is difficult to see how it might turn the corner because there are no corners in a vicious circle.

Avi Shlaim's Israel and Palestine: Reappraisals, Revisions, Refutations is published by Verso.

 
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