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19/05/2011

L'Europe fédérale se serait pour quand et avec qui?

Les plans de sauvetage européens ne fonctionnent pas, mais ils permettent à l’Union européenne d’asseoir un pouvoir centralisé au détriment des Etats-nations, écrit Anatole Kaletsky dans le Times.


Les années se suivent et se ressemblent : en 2011 comme en 2010, l’Europe se voit ébranlée par une collision dramatique entre politique et économie. Il y a tout juste un an, le lundi 10 mai 2010 à 1h du matin, les dirigeants de l’UE prenaient ce qui apparut alors comme la décision la plus audacieuse depuis le lancement de la monnaie unique en 1999.

 

http://www.cife.eu/UserFiles/Image/leurope%20sera%20federale.jpg

 

Un fonds de stabilisation de 750 milliards d’euros était créé, garanti collectivement par tous les contribuables européens, pour épargner à d’autres Etats européens le dilemme auquel était confrontée la Grèce cette nuit-là : quitter la zone euro ou se déclarer en faillite faute de pouvoir honorer sa dette.


Aujourd’hui, un an plus tard, le sauvetage de la Grèce est incontestablement un échec.

 

L’Europe a donc décidé de renouveler l’opération. La Grèce n’a pas atteint la plupart de ses objectifs économiques. Elle a dépensé 75 milliards d’euros sur les 110 milliards du prêt d’urgence et Athènes a reconnu la semaine dernière qu’un autre plan de grande envergure sera nécessaire pour qu’elle puisse assurer l’année prochaine le remboursement de sa dette.


Hostiles, des fonctionnaires allemands font courir dans les médias financiers la rumeur que la Grèce pourrait être exclue de la zone euro ou qu’elle s’apprête à faire faillite pour de bon.

 

De fait, pour les rares créanciers privés de la Grèce qui n’ont pas revendu leurs obligations à la Banque centrale européenne ou au fonds de stabilisation européen, le risque aujourd’hui de ne pas être remboursés atteint 60 à 75 %. Parallèlement pourtant, la BCE et la Commission européenne continuent d’écarter toute idée de faillite ou de restructuration, jugée aussi "impensable" qu’il y a un an.


Cependant, ce nouvel épisode du grand drame européen de la crise financière se distingue par quatreéléments nouveaux. Primo, ce sont aujourd’hui trois, peut-être quatre pays, au lieu de la Grèce seule, qui risquent la banqueroute ou l’expulsion de la zone euro : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, voire l’Espagne. Et il fait de moins en moins de doute qu’une dévaluation [via un retour à la drachme] ou une faillite en Grèce entraînerait une réaction en chaîne en Irlande et au Portugal, et que l’Espagne et l’Italie se retrouveraient extrêmement fragilisées une fois ces trois dominos tombés.


Secundo, le coût total du soutien apporté à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal pour les contribuables allemands et des autres pays créanciers sera largement supérieur aux estimations faites l’année dernière, puisqu’on a déjà amplement puisé dans les fonds d’aide de l’année dernière pour rembourser les créanciers privés de ces pays, ainsi que leurs banques insolvables.


Un vigoureux sentiment anti-européen
Tertio, l’opposition politique au déblocage de nouveaux fonds de sauvetage sera plus forte encore que l’année dernière, pas seulement en Allemagne, en Finlande, en Autriche et aux Pays-Bas, mais aussi dans les pays endettés eux-mêmes. Les sauvetages de 2010 ont attisé un vigoureux sentiment anti-européen, aussi bien dans les pays créanciers que dans ceux en difficulté.


Quatrièmement, il y a une bonne nouvelle – mais pas forcément pour les dirigeants européens et ceux de la Banque centrale : l’économie mondiale, bien plus solide aujourd’hui qu’il y a un an, pourrait probablement supporter une décote des dettes souveraines, surtout si elle se fait de façon ordonnée et avec une garantie conjointe, par les Etats de l’UE, de la dette ainsi réduite.


Mais pourquoi, alors, les dirigeants européens, politiques et financiers, se refusent-ils à ne serait-ce qu’envisager une restructuration de la dette et préfèrent-ils continuer à prêter à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal de l’argent qui part directement rembourser leurs créanciers privés ? Outre leur crainte de déclencher une crise bancaire à la Lehman Brothers (risque qui peut être facilement écarté par la création d’un fonds européen de garantie financière bien plus modeste que ceux affectés actuellement au renflouement des Etats), les banquiers de l’Europe ont tout intérêt à entretenir la peur autour de la seule idée de restructuration. La BCE elle-même, aujourd’hui principal détenteur d’obligations grecques, irlandaises et portugaises, enregistrerait des pertes colossales en cas de décote. Non contente de détenir directement 80 milliards d’euros de ces obligations, la BCE possède aussi, en effet, plus de 500 milliards de ces titres toxiques sous la forme de garantie des prêts qu’elle a accordés à des banques irlandaises, grecques et portugaises.

 

La plupart de ces banques se retrouveraient insolvables en cas d’importante restructuration des dettes, laissant la BCE avec des centaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat sans valeur sur les bras.


Avec des capitaux totaux de seulement 11 milliards, la BCE elle-même ferait faillite, à moins que les Etats européens ne lancent un gigantesque renflouement. Ce sauvetage aurait évidemment lieu, mais avec pour contrepartie une influence politique accrue sur la Banque centrale.


Des travailleurs grecs et irlandais menés en bateau
Maintenir la pression de la dette sur la Grèce, l’Irlande et le Portugal a un intérêt politique plus évident encore. En faisant de ces pays les éternels débiteurs de la BCE et de divers fonds européens, Bruxelles et Francfort accroissent considérablement le pouvoir des institutions centrales de l’Europe, au détriment des Etats nations. Si cette surveillance inédite exercée par la BCE et la Commission sur la fiscalité, les dépenses et les politiques sociales nationales ne concerne pour l’heure que la Grèce, l’épisode du sauvetage a créé des précédents et donné aux institutions des prérogatives qui peuvent progressivement être étendues à toute l’Union. L’inévitable transition de l’Union monétaire au fédéralisme budgétaire et, à terme, à l’union politique complète, avait été annoncée tant par les eurosceptiques que les fédéralistes dès 1989, quand Jacques Delors avança pour la première fois l’idée de monnaie unique, et à nouveau en 1999, lors de la création de l’euro.

 

Le passage de la monnaie commune à un fédéralisme politique complet prend certes un chemin légèrement différent de celui attendu – mais au bout du compte, il se fait exactement dans les délais prévus. Reste à savoir si l’Europe arrivera à destination avant que les travailleurs grecs et irlandais, ou les contribuables allemands et finlandais, n’estiment qu’ils se sont fait mener en bateau.

 

le fédéralisme à coup de plans de sauvetage
Source, journal ou site Internet : The Times
Date : 12 mai 2011
Auteur : Anatole Kaletsky

10:23 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, fédéralisme, économie, grèce, irlande, monnaie, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/04/2011

Crise bancaire en Islande, confiance!: Un petit pays, le moins "con " d'Europe!

Eh oui biensûr cela courle de source.....ils ont des geysers lol

 

Alors que sur le continent, les pays européens victimes de la crise de la dette multiplient des plans d’austérité impopulaires, l’Islande, qui a fait le choix de laisser ses banques faire faillite, sort lentement de l’ornière.

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/01/28/5675c172-ed1f-11dd-977f-39012d3b984b.jpg

 

Et, lors du référendum du 9 avril, les Islandais pourraient refuser de rembourser les créditeurs internationaux de la banque Icesave. Impossible de le rater dans les rues de Reykjavik, tant le chantier est énorme, et détonne dans une capitale à l'architecture basse : une cathédrale de béton noir et de verre, recouverte d'alvéoles réfléchissantes, est en cours d'assemblage face à la mer. Le Harpa, imaginé par l'artiste vedette danois Olafur Eliasson, servira tout à la fois de salle d'opéra et de palais des congrès pour l'Islande. Malgré des craintes annonçant l'arrêt des opérations, le bâtiment sera finalement bien inauguré, le 4 mai prochain. Après l'effondrement bancaire de l'île, en octobre 2008, le groupe Portus, l'investisseur privé qui portait ce projet estimé à l'origine à 12 milliards de couronnes (74 millions d'euros), a dû appeler le gouvernement et la mairie de Reykjavik à l'aide pour que le chantier se poursuive. L'exécutif n'a pas bronché et ce fleuron architectural va donc voir le jour. Mais où est donc passée la crise islandaise? L'Islande, encore sonnée par sa quasifaillite, ne s'est pas lancée dans une austérité à tout crin. A rebours des tendances à l'oeuvre sur le continent, l'île a choisi de prendre un peu plus de temps que d'autres pour réaliser son "ajustement budgétaire". Si bien que des projets ici et là continuent d'avancer. Ses mesures d'économies portent sur 10% du Produit intérieur brut (PIB) en trois ans. Rien à voir avec une autre île à laquelle elle est souvent comparée, elle aussi durement frappée par la crise: l'Irlande prévoit, elle, de ramener son déficit de 32% à 9% au cours de la seule année 2011. Aujourd'hui, Reykjavik dit avoir renoué avec la croissance – attendue aux alentours de 3% cette année, et réduit sa dette sans trop forcer.

 

http://www.dinosoria.com/pays/islande17.jpg


Trois recettes pour remonter la pente
Comment cette minuscule économie (320 000 habitants) s'y est-elle prise, pour se sortir la tête de l'eau en deux ans? Les économistes avancent trois explications: La dévaluation de la couronne islandaise. La devise a dégringolé de 40% fin 2008, et les exportations d'aluminium et de poissons ont repris dans la foulée. Le principe du "too big to save" (trop gros pour être sauvé). C'est l'exact inverse du "too big to fail" (trop gros pour faire faillite), qui a prévalu aux Etats-Unis comme en Europe jusqu'à présent, obligeant les Etats à sauver les banques les plus importantes de leur système bancaire, pour éviter les faillites en chaîne. En Islande, les actifs des trois grandes banques de l'île étaient bien trop grands (jusqu'à dix fois le PIB en 2007...) pour être sauvés intégralement, et l'Etat s'est contenté de racheter les actifs «internes», c'est-à-dire les prêts des particuliers et des entreprises en Islande. Les actionnaires ont dû assumer les pertes sur les actifs étrangers, les plus nombreux. Une austérité moins sévère qu'ailleurs, décidée en accord avec les partenaires sociaux. Un pacte de "stabilité sociale" a été signé en 2009, censé éviter les coupes dans le secteur social. Si la reprise se profile, tirée par les exportations de cette économie très ouverte, les ménages endettés, eux, sont loin d'avoir repris leur souffle. La consommation patine, 20% en deçà de ses niveaux antérieurs. Le taux de chômage est retombé aux environs de 7%, après avoir grimpé jusqu'à 9,7%. Rien à voir avec l'Irlande, toutefois, dont le taux de chômage dépasse les 14%.

 

http://naturendanger.canalblog.com/images/Islande_Map_Top1.jpg


Fossé entre classe politique et population
Sigridur Gudmunsdottir fait partie de ces milliers d'Islandais victimes d'une crise qu'ils n'ont pas provoquée.
Elle avait autrefois un "2007 job",– un travail confortable et bien rémunéré, du temps de l'euphorie des années 2000. "On entend dire que l'on a trop fait la fête, que l'on a trop consommé, trop emprunté. Mais c'est faux: il n'y a qu'une infime partie d'Islandais qui en ont vraiment profité", s'énerve-t-elle. Licenciée au plus fort de la récession, Sigridur a depuis repris, à 50 ans, des études à l'université. "Cela me permet de toucher des aides d'étudiant, qui sont plus élevées que les indemnités chômage", explique-t-elle. Elle a contracté en 2006 un prêt immobilier de onze millions de couronnes (68.000 euros), pour s'acheter une maison. En partie indexé sur l'inflation, le prêt qu'elle a contracté a explosé après la crise, à 14 millions de couronnes (86.000 euros). Elle s'est trouvée prise en tenailles au fil des mois: d'un côté, le volume de son emprunt augmentait, tandis que de l'autre, la valeur réelle de sa maison s'effondrait. Aujourd'hui, Sigridur ne sait pas encore très bien comment elle va réussir à rembourser ses dettes, mais ne se plaint pas: "Certains Islandais connaissent des situations bien pires. Tous ceux qui avaient contracté des prêts en devises étrangères sont vraiment mal." En Islande, on ne râle pas. Après tout, la vie sur les îles a toujours été rude.


S'exiler comme tant d'autres? "C'est impossible, je suis trop attaché à mes racines islandaises." La reprise islandaise? "Demandez dans la rue, personne n'y croit, à la reprise..." A écouter les conversations dans Reykjavik, le fossé est immense, entre une classe politique convaincue que la page de la crise est tournée, et des citoyens piégés par la quasi-faillite de l'île, et qui peinent à se relancer. Dans l'Islande d'après le krach, on continue de parler PIB et déficit public, et d'en faire les seuls indicateurs pertinents des politiques en cours.


Ici comme ailleurs en Europe. Mais après avoir obligé certaines banques à la faillite, et adopté une austérité "adoucie", il va bien falloir que l'île se décide à adopter des instruments de mesure alternatifs du bien-être de sa population.


Référendum Vers une exclusion de la communauté internationale ?
Un acte "indigne d’un chef d’Etat dans une démocratie représentative" : Svenska Dagbladet est très remonté contre le président islandais Ólafur Ragnar Grímsson, qui a refusé pour la seconde fois de parapher l’accord de dédommagement de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas pour les millions que les deux pays ont dû verser aux épargnants de la banque en ligne ruinée Icesave. Résultat : un nouveau "référendum diviseur à l’issue hasardeuse" [le 9 avril], après le refus par plus de 90 % des Islandais du premier accord négocié l’année passée. Cependant, insiste le journal suédois, le gouvernement insulaire a "consacré toute son énergie, l’automne dernier, à la négociation d’un accord plus favorable à l’Islande, avec succès". En cas de victoire du "non", l’île se verrait confrontée à "deux scénarios draconiens : soit la menace d’une exclusion de la communauté internationale, soit une procédure judiciaire laborieuse avec la Grande-Bretagne et les Pays- Bas". Pour Die Presse, ce référendum "fait de l’ombre aux relations bilatérales" avec l’Union européenne, alors que les négociations d’adhésion ont débuté en juin 2010. Or, rapporte le quotidien viennois, "l'Islande veut remplacer le plus rapidement possible la couronne par l'euro". La monnaie unique "apporterait plus de stabilité" à une île qui oeuvre à retrouver sa prospérité passée.

 

A méditer!!!

 

Islande : sortie de crise en douceur
Source, journal ou site Internet : mediapart
Date : 8 avril 2011
Auteur : Ludovic Lamant

19:32 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, crise(s), banques, islande, dette, monnaie, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/03/2011

Les idées économiques de nos "eurocrates"

Les dirigeants de la zone euro ont décidé dans la nuit de vendredi à samedi d'augmenter à 440 milliards d'euros les ressources effectives de leur Fonds de secours financier, dans l'espoir de rassurer des marchés de nouveau préoccupés par l'Union monétaire. Le mécanisme permanent de crise qui lui succèdera à partir de mi-2013 sera doté en ce qui le concerne de 500 milliards d'euros, a annoncé le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy à l'issue d'un sommet extraordinaire à Bruxelles.

 

http://partipopulistegrandsud.hautetfort.com/media/02/02/402902628.2.jpg

 

"Concernant le volume, nous allons nous assurer que les montants soient pleinement disponibles, à savoir 440 milliards d'euros pour la Facilité (le Fonds de secours temporaire actuel, ndlr) et 500 milliards pour le mécanisme" permanent de crise

 

, a-t-il dit à la presse. Ce Fonds temporaire, mis en place l'an dernier au plus fort de la crise grecque, est déjà sur le papier doté de 440 milliards d'euros de garanties pour des prêts apportés par les différents Etats de l'Union. Mais dans les faits il ne peut prêter que 250 milliards d'euros car il doit conserver le reste en réserve, afin de pouvoir bénéficier des taux d'intérêt les plus avantageux sur les marchés financiers lorsqu'il lève des fonds. Autre nouveauté: les responsables ont décidé également d'élargir la palette d'outils des deux dispositifs d'aide, en leur permettant d'acheter directement de la dette publique émise par les Etats. Ce qui constituera une mini-révolution. En revanche, il n'est pas prévu, à ce stade en tout cas, qu'il le fasse sur le marché secondaire, c'est à dire lorsque les titres obligataires sont négociés entre investisseurs après les premiers achats lors de l'émission. Toutes ces mesures sont censées rassurer les marchés financiers à l'ouverture lundi, alors qu'ils s'inquiètent de nouveau de la santé de l'Union monétaire. Ils se demandent si la Grèce pourra un jour rembourser toutes ses dettes, et si le Portugal, voire l'Espagne, ne vont pas être les prochains pays à devoir faire appel à l'aide internationale. Pas de baisse des taux d'intérêts irlandais Les dirigeants européens ont accepté de faire un geste à l'égard de la Grèce, en réduisant de 5,2% en moyenne à 4,2% le taux d'intérêt des prêts européens accordés à Athènes dans le cadre du plan de sauvetage international et en allongeant de trois ans à sept ans et demi les délais de remboursement du pays.

 

"Nous avons décidé d'aligner les taux d'intérêt de prêt des deux mécanismes, avant 2013 et après 2013 sur ceux du FMI. En conséquence de quoi, et compte tenu des engagements pris par la Grèce et de la mise en oeuvre excellente de son programme, nous avons pris la décision de réduire de 100 points de base (1%, ndlr) les prêts à la Grèce, et d'allonger la maturité de ces prêts à 7 ans et demi"

 

, a dit le président français Nicolas Sarkozy.

 

En revanche, l'Irlande, qui espérait obtenir une baisse similaire de son taux d'intérêt qu'elle juge excessif, est repartie bredouille de Bruxelles. Dublin a refusé d'augmenter sa fiscalité sur les bénéfices des entreprises, comme le lui demandaient plusieurs pays. Ces avancées ont été rendues possibles par un accord de principe trouvé en parallèle sur un "pacte pour l'euro", exigé par l'Allemagne. Il prévoit que les pays de l'Union monétaire vont renforcer leur compétitivité en réformant leurs économies, en s'engageant à limiter déficits et dette et en prônant la modération salariale dans le secteur public.

11:56 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, europe, économie, monnaie, grèce, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/12/2010

Imaginons! Les allemands quittent l'Euro......!

Abandonner l’euro et revenir à la monnaie nationale : de plus en plus d’Allemands souhaitent cette option pour sortir de la crise. Une hypothèse risquée mais pas fantaisiste, si l’on en croit l’un des nombreux articles allemands sur le sujet. La majorité des Allemands est d’accord : nous aurions dû garder le deutsche mark !

 

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/.a/6a00d83451b56c69e20134859645c1970c-320wihttp://www.marianne2.fr/photo/927465-1099238.jpg?v=1290510221

 

D’après une récente étude, 57% des Allemands auraient préféré ne pas passer à l’euro. Et plus d’un tiers souhaitent aujourd’hui revenir au mark. Les nostalgiques ne sont plus les seuls à penser cela. De plus en plus d’adeptes des calculs froids viennent grossir les rangs des eurosceptiques parmi lesquels ont retrouve des économistes, des managers et des chefs d’entreprise. Pour Volker Nitsch, professeur à l’université technique de Darmstadt qui a étudié l’effondrement d’unions monétaires dans l’histoire, "la probabilité de voir un pays sortir prochainement de la zone euro est de 20%". Jusqu’à présent, seuls des étrangers osent publiquement parler du mark. Le célèbre économiste américain, Barry Eichengreen, a récemment déclaré que l’Allemagne faisait partie des rares pays européens pour lesquels la réintroduction de leur ancienne monnaie ne s’accompagnerait pas d’une catastrophe financière.


Des obstacles techniques surmontables
Que signifierait le retour du mark ? La première chose est de savoir si l’Allemagne pourrait prendre une telle décision. La question fait sourire Volker Nitsch. "Aucun problème. Il y a déjà eu suffisamment de violations des traités". Il suffirait d’une autorisation du Parlement ou du chef du gouvernement. Les obstacles techniques n’ont eux non plus rien d’insurmontables. Pour créer une nouvelle monnaie, il faut une banque d’émission et des machines pour imprimer les nouveaux billets et fabriquer les nouvelles pièces. Mais là n’est pas le problème. La véritable question concerne les conséquences économiques d’une sortie de l’euro.


L’évolution des taux de change joue un rôle primordial. Il est probable que dans un premier temps, le mark augmenterait sa valeur, environ le double. Les produits allemands seraient nettement plus chers à acheter pour les pays étrangers. A long terme, nous exporterions moins à nos voisins européens. Et l’histoire montre que la fin d’une union monétaire se traduit toujours par une réduction des échanges commerciaux entre anciens partenaires.

 

Mais est-ce problématique?

Premièrement, les exportations allemandes ne devraient pas diminuer trop longtemps. Lorsque notre monnaie est forte, les matières premières sont plus abordables.

Résultat, les produits allemands peuvent être fabriqués à moindre coût et vendus meilleur marché.
Deuxièmement, les exportations ne sont pas le seul objectif de notre économie. Le retour du mark aurait un effet positif sur la consommation, ce qui devrait également soutenir l’économie.


La fin de l'euro ou le début de la pire crise financière de l'histoire
D’autres aspects de cette décision pourraient néanmoins se révéler très coûteux. Les Allemands ont – souvent sans le savoir – une part important de leur patrimoine placée à l’étranger. Les assurances, les banques et les fonds d’investissements ont largement investi dans la zone euro. Reconvertis en mark, ces placements allemands à l’étranger perdraient 158 milliards d’euros de valeur, soit 7% du PIB. Voilà qui ne devrait pas ravir les épargnants allemands. Mais que nous coûtera l’euro si nous le conservons ? Et si de plus grands pays que la Grèce ou l’Irlande venaient à nous appeler à l’aide ? L’Allemagne pourrait se retrouver à devoir garantir des sommes de plus en plus inimaginables. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour comprendre qu’à terme le jeu n’en vaut pas la chandelle. Mais il y a un mais : que se passera-t-il à court terme si l’Allemagne quittait la zone euro ? Tous les scénarios sont unanimes : cela ne se passera pas en douceur. Il est à peu près certain que la réintroduction du mark et la dévaluation de l’euro privé de l’Allemagne marquerait le début d’un vaste mouvement des fonds à l’étranger. Les Grecs, les Espagnols et les Irlandais chercheraient immédiatement à déposer leur argent en Allemagne. Pour éviter cela, il faudrait recourir à des moyens radicaux : fermer les banques, limiter les transferts de capitaux, peut-être même fermer les frontières. Pour Barry Eichengree, la fin de l’euro sonnerait le début de "la pire crise financière de l’histoire".


Les union monétaires, une question toujours politique
Il n’est pas dit que la situation dérape à ce point. Toutefois, la peur d’un tel chaos social reste plus importante que la crainte de voir l’euro nous coûter toujours plus cher. Pour l’historien Michael Bordo, il y aurait toutefois une circonstance où l’Allemagne serait prête à accepter ce risque : "Si l’un des pays fondateurs de l’euro, l’Italie par exemple, se trouvait en situation d’urgence, cela pourrait inciter l’Allemagne à rompre les traités européens". A cela s’ajoute l’aspect politique de la question. Les – rares – travaux des économistes en matière d’union monétaire leur ont au moins appris une chose, explique Bordo : "Les unions
monétaires sont constituées pour des raisons politiques, elles sont approfondies pour des raisons politiques et elles finissent toujours par s’écrouler pour des raisons politiques".

 

La tentation du mark
Source, journal ou site Internet : Frankfurter Allgemeine (Sonntagzeitung)
Date : 14 décembre 2010
Auteur : Lisa Nienhaus

10:30 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, eurocrates, euro, allemagne, monnaie, mark, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/12/2010

Ah si l'Euro m'était conté! enfin compté. A quand...?

La monnaie unique peut-elle disparaître? Et si c'était le cas, que se passerait-il? Sean O'Grady, rédacteur en
chef des pages économiques du Independent, imagine le jour fatal où les Etats membres quittent le navire
euro. Berlin, 29 septembre 2013. Angela Merkel remporte haut la main les élections fédérales. “La femme
qui a sauvé l’Allemagne” triomphe devant ses partisans rassemblés à la porte Brandebourg. Après quelques
mots de remerciement pour sa victoire sans précédent, la chancelière retire de la poche de sa veste un billet
de 100 Nouveau mark et l’agite devant la foule en délire. Le cauchemar de l’euro est bel et bien terminé. Il
avait en réalité pris fin deux années auparavant. Les événements du 26 septembre 2011, “le jour où l’euro
est mort” n’avaient pas pu commencer de manière moins spectaculaire. Car le coup de grâce n’avait pas été
porté à la crédibilité de la monnaie lors d’un autre jour agité ou de quelque important sommet, mais par des
juges siégeant au Tribunal constitutionnel fédéral, à Karlsruhe. Ce jour-là, dans une salle de conférence mal
aérée, décorée d’un simple drapeau allemand, trois magistrats d’un certain âge ont décrété qu’il était
“inconstitutionnel” de la part du gouvernement allemand de continuer à financer le reste de l’Europe : “La
monétisation des instruments de la dette extraterritoriale enfreint la Loi fondamentale de la République
fédérale”. Par ces mots, ils ont sonné le glas de l’euro.

 

http://static-p4.fotolia.com/jpg/00/11/86/09/400_F_11860983_1GkVwT1HD6iqgg13P4bO3yqP2A89Cvu4.jpghttp://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/euro_sortir.jpg


Les plus grosses chutes des Bourses depuis les années 30
La cour constitutionnelle a prononcé son verdict à 11h11. A midi, toutes les banques ou presque de la zone
euro fermèrent leurs portes. Les distributeurs automatiques de billet furent bientôt à sec, les déposants pris
de panique tentant de récupérer les économies de toute une vie. A l’image d’un nouveau propriétaire
incapable d‘honorer les échéances de son crédit immobilier, les conseils d’administration des banques
remirent purement et simplement les clés de leurs institutions au Trésor national de leurs pays respectifs.
Encore une fois, c’était le problème de l’Etat. Sauf que les caisses de l’Etat étaient vides, elles aussi. Un peu
partout sur le continent, les rouages de la formidable machine monétaire internationale se grippèrent. Les
problèmes se multiplièrent pour toutes les opérations — mécanisme de paiements pour la compensation des
transactions par carte de crédit et de débit, prélèvements automatiques, virements automatiques et chèques –
à mesure que les banques refusaient d’honorer les paiements de leurs clients. Les Bourses de Paris, de
Francfort et de Londres, puis du reste du monde, enregistrèrent leurs plus grosses baisses depuis les années
1930. Une nouvelle crise économique profonde semblait inévitable. Les ventes massives d’euros des
semaines précédentes tournèrent à la débandade. La vérité éclata enfin au grand jour, même aux yeux de
ceux qui ne connaissaient rien à la finance, à savoir que l’euro ne valait rien, parce que sa valeur était
maintenant indéterminée.


On allait sauver quelque chose, lors de la reconversion de l’euro dans les monnaies nationales nouvellement
rétablies. Mais pour de nombreux épargnants dans l’Union européenne, ainsi que pour les détenteurs
d’obligations de banque ou d’Etat irlandaises, grecques, espagnoles et italiennes, il était impossible de
préciser à quelle hauteur. Sauf qu’il leur en resterait moins.


La note de la Grèce inférieure à celle du Malawi
La première fenêtre à céder se trouvait à Madrid, quelques minutes après le saccage du ministère espagnol
des Finances. Dans un premier temps, les policiers anti-émeutes et les militaires hésitaient sur l’action à
engager, mais quand ils virent les manifestants fourrer des fleurs dans le canon de leurs fusils, ils se
rangèrent aux côtés de la foule. Leurs familles avaient, elles aussi, pâti des mesures d’austérité inefficaces
des dernières années. L’Etat espagnol paraissait ébranlé. Le gouvernement de José Luis Zapatero s’engagea à
faire “tout ce qu’il faudrait” pour préserver l’unité de l’Espagne, malgré les troubles qui avaient éclaté dans
l’ensemble de la Catalogne. Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Gerry Adams, en mission “de
solidarité” à Barcelone, était visiblement mal à l’aise lors de la séance photo organisée dans une banque
vandalisée, lorsque l’explosion d’une bombe se fit entendre à l’extérieur. Les Catalans proclamèrent
unilatéralement leur indépendance. En fin d’après-midi, les Premiers ministres d’Estonie et du Portugal
annoncèrent leur démission. La note de solvabilité de la Grèce plongea en dessous de celle du Malawi.
Pourtant, les responsables politiques européens n’étaient pas totalement pris au dépourvu. Depuis la première
crise de la dette souveraine grecque en mai 2010, ils avaient commencé à “penser l’impensable”. Après les
renflouements successifs de l’Irlande en novembre 2011, du Portugal le mois suivant et de l’Espagne en
janvier 2012, le fonds d’aide de l’UE était à court d’argent quand Silvio Berlusconi lança un nouvel appel au
secours. Mais la Belgique fut le premier pays à essuyer un refus, au motif qu’elle n’avait pas de
gouvernement stable, et qu’elle risquait même de cesser d’exister bientôt. A l’instar des Catalans, les
séparatistes flamands saisirent leur chance.


Dans un premier temps, le nouvel euro remplace l'ancien
Maintenant, les dirigeants européens ont mis en place leur “Plan B”, sous la pression de la chancelière
Merkel, parce que “l’Allemagne était à bout de patience”. Dans un premier temps, le Nouvel euro a remplacé
l’ancien, dont il ne représentait plus que 80 % de la valeur. Toutes les dettes et épargnes seraient ajustées en
conséquence, valant désormais beaucoup moins. Mais les populations des économies les plus faibles n’ont
pas fini de souffrir. Car le nouvel euro ne servait qu’à faire la transition vers le rétablissement des anciennes
monnaies nationales. De fait, ce n’était rien d’autre qu’une “unité de compte”, un panier de monnaies
nationales qui reviendraient prochainement de plein droit, mais qui étaient pour l’instant intégrées dans la
nouvelle devise à une valeur fixe — mais dans de nombreux cas, à un taux inférieur qui serait sous peu revu
à la baisse. Lors de l’introduction de ces nouvelles nationales le 1er janvier 2012, le nouvel euro
s’échangeait librement contre le nouveau drachme, le nouvel escudo, le nouveau franc belge, la nouvelle
peseta, et ainsi de suite. L’ennui était que les citoyens des pays en cause se sont aperçus que les liasses de
billets qu’ils achetaient valaient encore moins que les euros, nouveaux comme anciens. Certains avaient
perdu au moins 50 % de leur pouvoir d’achat. En 2013, la Slovénie, la Slovaquie, Malte et la partie de
Chypre non occupée par la Turquie, étaient les seuls territoires où circulait encore le Nouvel euro, devenu
une curiosité financière plutôt qu’une monnaie de réserve internationale. Cependant, en Allemagne, en
Finlande, en Autriche, aux Pays-Bas et dans quelques autres pays, l’appauvrissement a cessé. Soudain, les
ménages y ont constaté une amélioration de leur sort quand ils dépensaient leurs nouveaux marks, marks
finlandais, schillings et florins.


"Les pédophiles imbéciles" ne pourront plus "taper sur Sarko"
Le “franc fort 2” de la France tentait de résister face au nouveau mark, avec des résultats mitigés. Lors de
“[ma] dernière conférence de presse” en mai 2012, un président Sarkozy à bout de forces a qualifié les
journalistes et les spéculateurs qui attaquaient la devise française de “pédophiles imbéciles”. “Messieurs,
vous ne pourrez plus taper sur Sarko”. Il avait été battu par Dominique Strauss-Kahn, l’ancien patron du FMI
rentré au pays pour briguer la présidence. DSK avait fait campagne en prenant pour slogan : “Je n’ai jamais
cru à l’euro”. Au Royaume-Uni, on assistait dans un splendide isolement à l’agonie de l’euro. Les
Britanniques enfin reconnaissants, remerciaient quelque peu les politiques qui avaient su préserver la livre
sterling. Une frêle Margaret Thatcher fut amenée dans sa chaise roulante au seuil de sa maison de Belgravia
[à Londres] pour qu’elle accepte les hommages d’une petite foule d’eurosceptiques. Peu après le lancement
de l’euro en 1999, un cambiste londonien l’avait surnommé “monnaie papier toilette”. Un peu plus d’une
décennie après, on a déjà tiré la chasse d’eau. La nouvelle a à peine fait la une des journaux de Delhi et de
Beijing.


Tendance
La conspiration du mark en pleine surchauffe
Les prophètes de la chute le savent déjà : le deutschemark est sur le point de revenir. "Ce n’est qu’une
question de quelques semaines“,rapportait récemment la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung qui a suivi
les activités de Walter K. Eichelburg. Dans ses séminaires et sur son forum Hartgeld.com, ce Viennois,
expert financier autoproclammé, "trouve un public attentif dans la communauté Internet en surchauffe
chronique depuis le premier sauvetage d'un Etat en Europe“. Eichelburg assure que des hauts responsables
politiques et financier lui ont confié que "depuis fin 2009, le chef de la Bundesbank [Axel Weber] a distribué
à son cercle de fidèles des marks en billets fraichement imprimés.“ Quant à Angela Merkel, en mai 2010 et
sous pression du président français, elle aurait été obligée de faire marche arrière et aurait donné l'ordre de
récupérer tous les billets déjà distribués pour les stocker en lieu sûr. Eichelburg conseille à ses clients
d'investir dans l'or et organise des stages de survie où ses disciples apprennent à fabriquer de la viande fumée
et à se débrouiller sans électricité. Le tout payé – toujours – en euro.

 

Le jour où l'euro est mort
Source, journal ou site Internet : The Independent
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Sean O’Grady

 

 

 

Alors que se succèdent renflouements et budgets d’austérité et que rien ne semble devoir tempérer
l’agressivité des marchés, nombreux sont ceux qui prédisent que les jours de la monnaie unique sont
comptés. Mais un effondrement de l’euro aurait des conséquences sans précédent en termes techniques,
économiques et politiques, prévient The Economist. Les marchés obligataires ont dédaigné le renflouement
de 85 milliards d’euros offerts à l’Irlande le 28 novembre dernier. Les taux d’intérêt ont augmenté non
seulement pour l’Irlande, mais aussi pour le Portugal, l’Espagne, l’Italie et même la Belgique. L’euro a repris
sa dégringolade. Pendant que les tentatives de sauvetage bâclées s’enchaînent, les dirigeants de l’Union
Européenne ont beau répéter qu’une dissolution de la monnaie unique est impensable et impossible, ils
peinent désormais à convaincre. Ce qui poussent beaucoup à se demander si l’euro peut en réchapper. Ses
adversaires l’affirment : les citoyens d’Europe ne peuvent plus vivre sous son joug. A la périphérie de
l’Union, certains espèrent se voir épargner les années d’austérité éprouvante qui pourraient être nécessaires
afin que salaires et prix deviennent compétitifs.


Quitter le navire pendant qu'il est encore temps ?
Plusieurs pays menés par l’Allemagne sont fatigués de devoir payer pour les autres et redoutent, en tant que
pays solvables, de souffrir si la Banque centrale européenne (BCE) choisit l’inflation pour apurer la dette des
pays à la traîne. Mais surtout ils craignent que la zone euro soit éternellement condamnée à vivre ce genre de
crise. Alors pourquoi ne pas quitter le navire tant qu’il est encore temps ? L’histoire de la finance est
jalonnée d’événements qui, après avoir longtemps paru impensables, ont pris du jour au lendemain un
caractère inévitable : la Grande-Bretagne a quitté l’étalon-or en 1931, l’Argentine a désindexé le peso du
dollar en janvier 2002. Un effondrement de l’euro aurait toutefois des coûts techniques, économiques et
politiques sans précédent. Un tel scénario pourrait se dérouler de deux manières. Première possibilité : un ou
plusieurs membres faibles (Grèce, Irlande, Portugal, peut-être l’Espagne) pourraient quitter la zone euro,
vraisemblablement pour dévaluer leurs propres nouvelles monnaies.


Deuxième éventualité : une Allemagne excédée, peut-être rejointe par les Pays-Bas et l’Autriche, pourrait
décider d’abandonner l’euro et de rétablir le deutschemark, qui alors s’apprécierait. Dans un cas comme dans
l’autre, les coûts seraient considérables. Pour commencer, il faut prendre en compte les difficultés techniques
liées à la réintroduction d’une monnaie nationale, à la reprogrammation des ordinateurs et des distributeurs
automatiques, à la fabrication des pièces et des billets (il a fallu trois années de préparation pour l’euro). Dès
qu’on apprendrait qu’un pays en difficulté est sur le point de quitter la zone euro, il se produirait une ruée
vers les dépôts, si bien que les banques, déjà à la peine, s’en trouveraient encore plus affaiblies. Il en
résulterait un contrôle des capitaux et peut-être un plafonnement des retraits bancaires, ce qui aurait pour
effet d’étrangler le commerce. Les pays ayant quitté la zone euro ne bénéficieraient plus des sociétés de
finance étrangère, peut-être pendant plusieurs années, ce qui asphyxierait encore davantage leurs économies.
Les exportateurs allemands, grands bénéficiaires de l'euro stable


Le calcul serait peut-être un peu plus judicieux si c’était l’Allemagne qui quittait l’euro. Mais une fois
encore, on verrait des paniques bancaires en Europe : les déposants fuiraient les pays affaiblis, entraînant un
rétablissement du contrôle des capitaux. Même si les banques allemandes gagnaient des dépôts, leurs
importants actifs libellés en euros perdraient de leur valeur. Car enfin, ne l’oublions pas, l’Allemagne est le
plus grand créancier de la zone euro. Enfin, les exportateurs allemands, après avoir été les grands
bénéficiaires d’une monnaie unique plus stable, pousseraient les hauts cris en se retrouvant une fois de plus
avec un deutschemark en forte hausse. S’il peut paraître douteux, sur le plan économique, de démanteler
l’euro, en termes politiques, cela pourrait déclencher une réaction en chaîne qui menacerait le tissu même du
marché unique, voire de l’UE. L’Union et l’euro ont été les points d’ancrage de l’Allemagne de l’aprèsguerre.
Si elle abandonnait la devise, à un coût énorme, et laissait le reste de la zone euro se débrouiller, cela
remettrait sérieusement en question son engagement vis-à-vis de l’UE. Si c’était un pays plus faible qui
quittait l’euro, il deviendrait un paria qui exporterait ses maux chez ses voisins. Une fois le contrôle des
mouvements de capitaux en place, les marchés financiers européens se retrouveraient en lambeaux et il serait
difficile de protéger le commerce transfrontalier européen. L’effondrement du marché unique, qui a tant fait
pour souder le continent, deviendrait alors une menace pour l’UE. Les Etats qui en sont membres peuvent
certes regretter d’avoir rejoint l’euro, mais il serait absurde de s’en détacher. Toutefois, ce n’est pas parce
qu’il devrait survivre qu’il y parviendra effectivement. Et à moins que les dirigeants européens n’aillent plus
loin et plus vite, il ne s’en tirera peut-être pas.


Un démantèlement serait trop coûteux
Les dirigeants européens ont réagi mollement aux pressions des marchés. La Grèce et ensuite l’Irlande ont
dû leur forcer la main pour obtenir un plan de sauvetage. Et c’est seulement tardivement qu’ils ont reconnu
que certains pays n’avaient pas simplement besoin d’un dépannage, mais seraient sans doute incapables de
rembourser leurs dettes. Et ce retard va maintenant se répercuter sur les porteurs d’obligations d’Etat. Si
l’euro doit survivre, les pays solvables devront apporter une aide plus importante aux pays en difficulté.
Cette aide pourra se faire directement ou par l’intermédiaire de la BCE qui pourrait fournir des liquidités aux
banques ou acheter des obligations d’Etat avant qu’elles ne chutent trop bas. La BCE a indiqué son intention
de poursuivre son rachat d’obligations publiques. L’Allemagne désapprouve fortement l’idée d’aider les
pays endettés – d’où ses tergiversations et sa détermination à pénaliser les porteurs d’obligations d’Etat. Si sa
réticence à financer les mauvais élèves est compréhensible ; l’alternative est bien pire. Le démantèlement de
la zone euro n’est pas impensable, seulement très coûteux. Mais parce qu’ils refusent d’envisager cette
éventualité, les dirigeants européens ne prennent pas les décisions qui s’imposent pour éviter le pire.

 

Ne tuez pas l’euro !
Source, journal ou site Internet : The Economist
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Presseurop

23:30 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, euro, allemagne, bourse, crise(s), monnaie, presse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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