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15/12/2010

Le projet "Désertec" s'enrichit d'une nouvelle adhésion, l'Algerie.

En visite officielle en Allemagne, le président Abdelaziz Bouteflika a mis fin aux tergiversations quant à
l’adhésion de l’Algérie au mégaprojet Desertec visant à capter l’énergie solaire et éolienne en Afrique du
Nord et au Moyen-Orient, pour la distribuer dans de nombreux pays d’Europe sous forme d’électricité.

 

http://static.lexpansion.com/medias/9/parabole-solaire_510.jpghttp://www.lesafriques.com/images/stories/web/actu/desertec.jpg

 

Le gouvernement algérien n’avait à l’évidence maintenir aucune raison de rester à l’écart de ce gigantesque
projet derrière lequel se cachent de puissants industriels et banquiers allemands (nombreuses firmes de la
Bavière, Deutsche Bank), espagnol (Abengoa Solar) et algériens (Sonatrach, Cévital) qui n’ont pas
l’habitude d’échouer lorsqu’ils décident de livrer de tels challenges. C’est pourquoi d’aucuns parmi les
observateurs de la scène économique mondiale ont vite perçu le projet Desertec comme un pari ayant de très
bonnes chances d’être gagné, quand bien même le parcours serait encore long et difficile. Cinq ou six années
seraient, estime-t-on, nécessaires pour régler les nombreux prérequis juridico-politiques qui entravent
aujourd’hui la mise en oeuvre de ce gigantesque chantier qui empiètera, faut-il le rappeler, sur de nombreux
territoires, mobilisera d’énormes capitaux internationaux (400 milliards d’euros) et devra en conséquence
s’adapter aux diverses législations et réglementations locales. Tout est à faire, à titre d’exemple avec
l’Algérie, où il est prévu de réaliser en partenariat avec des firmes étrangères des panneaux et des centrales
thermosolaires couvrant des milliers de kilomètres carrés ainsi que des câbles sous-marins de transport
d’électricité. La législation en vigueur est pour l’instant incomplète et, parfois même contradictoire (cas de la
loi de finances complémentaire pour l’année 2009 qui fait obligation au partenaire algérien de détenir plus de
50% du capital du projet), d’où la nécessité de convaincre les autorités algériennes aujourd’hui récalcitrantes,
à effectuer les ajustements juridiques susceptibles de rendre possibles l’ancrage d’une partie non négligeable
du projet Desertec en Algérie. La visite du président Abdelaziz Bouteflika en Allemagne a, sans doute,
permis de lever bon nombre de ces obstacles et, mieux encore, de jeter les bases d’un environnement des
affaires beaucoup plus favorable au partenariat industriel algéro-allemand. Les promoteurs du projet
Desertec devront également convaincre le gouvernement français de les autoriser à installer les câbles de
transport d’électricité dirigés vers l’Allemagne en passant par le territoire français. Il faudrait pour ce faire
une nouvelle législation dont la procédure requiert beaucoup de temps. Autant de questions, et elles ne sont
certainement pas les seules, à résoudre dans le courant des cinq prochaines années pour donner un contenu
concret à ce projet, pour lequel il est vrai, toutes les parties prenantes ont beaucoup à gagner. A commencer
par l’Europe qui pourra tirer de cette réalisation pharaonique, pas moins de 15% de l’énergie qu’elle
consomme à l’horizon 2025, nonobstant les effets stimulants des budgets colossaux (environ 100 milliards
d’euros par an durant 40 ans) qui y seront investis. Même si elle a fait la fine bouche, sans doute pour
pouvoir négocier en position de force avec l’Allemagne, l’Algérie a, quant à elle, de bons motifs de bien
accueillir ce projet, qui arrive à point nommé pour renflouer sa production d’énergie qui risque de décliner
fortement à l’horizon 2025 s’il n’y a pas, comme le redoutent les experts de nouvelles et importantes
découvertes de gaz et de pétrole. Il est vrai, que si de nouvelles sources d’hydrocarbures ne sont pas mises en
service d’ici là, il est tout à fait improbable que nos réserves actuelles suffisent à honorer, à la fois, nos
engagements commerciaux internationaux et la demande locale en très forte évolution. L’apport énergétique
du projet Desertec pourrait ainsi contribuer à rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie qui a
de bonnes chances de se rompre à cette échéance. Autre avantage, et non des moindres, le projet Desertec
pousserait l’Algérie à entrer de plain-pied dans l’ère des énergies renouvelables.

 

http://lh5.ggpht.com/_onVdt24pCwM/TP_NlHhN9xI/AAAAAAABfv4/6vBFNB0wtm0/s160-c/desertec.jpg

 

Un pas gigantesque qu’elle n’aurait, sans doute, jamais eu l’audace de faire seule, confortée qu’elle a
toujours été d’être assise sur une intarissable rente d’hydrocarbures. Sur un autre registre, Desertec offrirait,
dès sa mise en chantier, l’avantage inestimable de booster nos exportations hors hydrocarbures, notamment,
à la faveur d’un développement sans précédent de l’industrie des composants de panneaux solaires portée par
la filière verre plat (float glass) du groupe algérien Cévital qui se prépare, d’ores et déjà, à ce challenge.

 

L’Algérie adhère enfin au projet Desertec
Source, journal ou site Internet : El Watan
Date : 14 décembre 2010

 

http://a35.idata.over-blog.com/400x298/0/28/20/84/Images.4/2009.5/6.2009/desertec_map_copie_1.jpg

11:13 Écrit par HUMANITAS dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : désertec, algérie, pholtaique, soleil, électricité, maghreb, allemagne, merkel, bouteflika | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/12/2010

Europe - Merkel - Allemagne; N'aurait-elle pas raison?

La chancelière allemande Angela Merkel continue de rejeter les eurobonds pour sauver les Etats économiquement faibles membres de l'UE.

 

http://laregledujeu.org/files/2010/07/merkel_reuters.jpg

lire bio

 

Dans le débat sur le sauvetage de l'euro, elle ne répond pas aux exigences de ce défi historique, critique le journal de centre-gauche Berliner Zeitung : "Qui se soucie vraiment de la première génération des véritables européens qui ne connaissent le continent que sans frontières, avec une monnaie unique et une mobilité importante ? Ceux qui étudient à Milan, Varsovie ou Barcelone, qui acceptent de travailler à Londres Stockholm ou Paris, qui voyagent à prix avantageux à travers l'Europe avec Easyjet et qui considèrent tout cela comme une évidence. Les enthousiasmer pour le projet Europe et leur faire comprendre que l'on ne peut pas se contenter de jouir de ses acquis mais qu'il faut également les défendre, serait une tâche gratifiante et facile finalement. … Qu'a fait la chancelière pour nommer de fortes personnalités à la tête des hautes administrations européennes ? Rien. …. Elle considère l'Europe uniquement comme un mal nécessaire. Elle ne fait plus rien pour continuer de faire évoluer l'Union."
http://www.berlinonline.de/berliner-zeitung/archiv/.bin/dump.fcgi/2010/1210/meinung/0009/index.html

 

L'Europe pour Merkel n'est qu'un mal nécessaire
Source, journal ou site Internet : Berliner Zeitung
Date : 10 décembre 2010

20:39 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : euro, europe, eurocrates, merkel, ue, keynésianisme, allemagne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/11/2010

Ou en sommes nous avec l'économie irlandaise?

Les ministres des Finances de l’UE se sont réunis le 16 novembre pour chercher une solution à la crise de la dette irlandaise. Mais, prévient l’éditorialiste irlandais Fintan O’Toole, le renflouement de l’économie du pays ne pourra fonctionner sans une reprise en main de ses institutions politiques.

 

http://formation.paris.iufm.fr/~archiv03/duvalv/public_html/pub%20irlandais.jpghttp://leprechaune.manticora.org/mimine/public/Ireland/3-10-03stpats_story.jpg

çà mousse fort en irlande, c'est le guiness book?


On ne sait pas encore quand il aura lieu, mais le renflouement de l’Irlande ne représente pas qu’un tournant dans notre histoire. C’est aussi un moment décisif pour l’Union européenne. Dans sa façon de gérer notre vilain petit Etat, l’UE va être mise à l’épreuve.


C’est là qu’elle va montrer si elle est encore un projet social et politique, bâti sur le legs de la Seconde Guerre mondiale, ou si elle n’est rien d’autre qu’un véhicule supplémentaire pour les intérêts étriqués des riches.


Quoi qu’en dise le gouvernement (du reste, qui peut croire tout ce qui nous parvient de cette source ?), la question essentielle au sujet du renflouement n’est pas de savoir s’il va se produire, mais dans quelles conditions. Quel est le taux d’intérêt ? Pendant combien de temps l’Irlande devra-t-elle rembourser, et quand devra-t-elle avoir atteint l’objectif mythique du déficit budgétaire de 3 % ?


Personne n'a intérêt à voir son voisin imploser
On pourrait considérer qu’il s’agit là de questions fiscales techniques. En réalité, elles sont aussi politiques que morales. Elles touchent au coeur même du projet européen. L’UE existe parce que nous avons appris une leçon de la plus horrible des façons, parce que nous avons vécu l’ascension de la barbarie et le conflit le plus destructeur de l’histoire de l’humanité. Cette leçon s’exprime en termes simples : l’intérêt national de chaque pays d’Europe est lié au bien-être de tous les autres. Et, en termes encore plus simples, il n’est dans l’intérêt de personne de voir son voisin imploser.


Trop fragiles pour subir la fessée
L’Etat qui en est le plus conscient est celui qui tient notre destin entre ses mains : l’Allemagne. Les Allemands ont connu deux expériences extrêmement contrastées de ce qu’il advient quand on adopte un mauvais comportement. A la fin de la Première Guerre mondiale, il avait été décidé de les châtier, de leur donner une leçon. Tout le monde connaît le résultat : une Allemagne dangereuse et qui a basculé dans la démence. Par conséquent, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’Allemagne s’était comportée de manière encore plus abominable, il aurait été tentant de la punir encore plus sévèrement. A l’origine, il avait été envisagé de la clouer au sol, réaction qui se justifiait pleinement. Mais la mémoire et la sagesse ont prévalu. Au lieu de cela, on a aidé l’Allemagne à se relever. Nous sommes trop fragiles pour qu’on nous administre la fessée. Nous n’avons pas besoin qu’on nous châtie, mais qu’on nous tende la main. Et l’Allemagne elle-même n’est pas tout à fait irréprochable. La crise est sans aucun doute née de nos propres idioties. Mais ce sont les banques allemandes qui ont été les plus enthousiastes quand il s’est agi de nous prêter dans les années de prospérité. Et Angela Merkel aurait pu nous éviter bien des ennuis si elle avait dit en septembre 2008 ce qu’elle a déclaré la semaine dernière au sujet des obligataires qui devaient récolter leur part du fardeau. Pour nous, c’est un peu tard que l’Allemagne découvre la folie de l’opération de sauvetage des banques.


Népotisme, ineptie et combines politiques
La question fondamentale dépasse cependant de loin la nécessité de pointer du doigt les responsables, et touche à la raison d’être de l’UE. Le socle même de l’Union est en jeu, les principes d’intérêt personnel éclairé, de solidarité, d’égalité et de justice. Il serait stupide sur le plan économique de punir le peuple irlandais, en particulier les plus vulnérables, qui seront les plus durement touchés par la destruction des services publics.


Mais l’autre partie de l’accord est tout aussi importante. Il ne sert à rien de nous renflouer si cela a seulement pour effet de maintenir en place les systèmes et la culture politique qui ont accouché de ce désastre.


L’UE aurait beau effacer toute notre dette d’un seul coup, dans dix ans, nous nous retrouverions encore en proie à la crise. Pour le dire crûment, nous sommes incapables de nous gouverner nous-mêmes avec nos institutions et nos attitudes actuelles.


Par conséquent, un renflouement équitable et rationnel, avec de faibles taux d’intérêt et un délai de dix ans, devrait s’accompagner d’une révolution dans nos institutions politiques, dans notre moralité publique et nos systèmes de gouvernance. Un contribuable allemand pourrait à juste titre conclure que si ceux que l’on sauve n’ont tiré aucune leçon des conséquences de leurs actes, ils vont croire qu’ils peuvent recommencer quand ils veulent.


Et voilà donc l’autre question que doit se poser l’UE : est-ce un pays que l’on renfloue, ou un système usé, où règnent népotisme, ineptie et combines politiques ? Dans le premier cas, l’UE aura passé un test vital.


Dans le deuxième, les Allemands auraient plutôt intérêt à garder leur argent dans leur tirelire.

 

Renflouez l'Irlande, pas ses élites
Source journal ou site Internet : The Irish Times
Date : 16 novembre 2010
Auteur : Fintan o’Toole

19:40 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irlande, dette, corruption, népotisme, allemagne, merkel, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/11/2010

Résumé de la conférence de W. Schäuble à la Sorbonne sur l' Europe)

Il a la réputation d'être le ministre le plus européen et le plus francophile d'Angela Merkel. Wolfgang Schäuble l'a confirmé, mardi soir, en exposant sa vision de l'Europe dans la langue de Molière dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne. Pendant près de trois quarts d'heure, le ministre allemand des Finances a expliqué devant quelque 550 personnalités et étudiants pourquoi, vingt ans après la réunification allemande, le projet d'intégration européenne conservait toute sa pertinence à l'heure de la mondialisation. Un autre grand Européen, l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, a plaidé à ses côtés pour l'approfondissement de la construction européenne.

 

http://www.zindamagazine.com/html/archives/2008/05.23.08/pix/schaeuble.jpg

cliquez lire bio

 

Les deux hommes avaient préalablement accordé des entretiens au "Fil de Paris", le journal de l'université Panthéon-Sorbonne, qui publie un numéro spécial sur l'Allemagne. La venue du ministre allemand à Paris, organisée par le CIDAL (Centre d'information et de documentation de l'ambassade d'Allemagne à Paris), marquait, en effet, un anniversaire : celui des vingt ans de la réunification allemande. Wolfgang Schäuble en fut l'un des principaux artisans, a rappelé l'ambassadeur d'Allemagne, Reinhard Schäfers. Il est, en outre, un Européen de conviction, qui joue un rôle actif en Europe depuis plus de vingt ans.


L'Union économique conduit à l'union politique
Devant les étudiants parisiens, le ministre allemand s'est référé à la vocation historique de la construction européenne pour en justifier l'approfondissement hier, aujourd'hui et demain. L'Europe est née de la volonté de rendre la guerre matériellement impossible sur le continent. Et elle demeure "avant tout le fruit d'un désir de paix", a-t-il souligné. La création de l'euro, par exemple, n'a "jamais été une 'contrepartie' à la réunification allemande", a-t-il affirmé. Ce fut "une étape délibérée et logique vers un approfondissement de l'intégration européenne". De la chute du mur de Berlin, "triomphe des idéaux européens", à l'euro, incarnation d'une "politique de paix par d'autres moyens", l'aspiration à la paix a ainsi maintes fois fait progresser l'intégration européenne.


"Les peuples sans mémoires n'ont pas d'avenir", a renchéri Jacques Delors. L'ancien président de la Commission a loué la nostalgie de 1989 : on doit à la sagesse des responsables politiques de l'époque d'avoir empêché que le choc de la chute du mur de Berlin ne débouche sur "une espérance" plutôt que sur de violents bouleversements. De même, il faut retrouver et conserver l'esprit des pères fondateurs de la construction européenne, car il est porteur de valeurs fondamentales.

 

 


Réformer l'Europe
Selon M. Schäuble, ce processus d'intégration doit se poursuivre. "Je considère que les défis actuels sont un chance supplémentaire d'approfondir le processus d'intégration. En effet, jusqu'à présent, l'intégration européenne est toujours sortie renforcée des crises", a-t-il dit au regard des difficultés économiques et financières. Car il faut garder à l'esprit que les avancées de la coopération économique ont, pour partie, une fonction politique. "Si nous ne sauvons pas l'euro pendant la crise, nous perdons l'Europe et l'idée européenne. Autrement dit : notre souci de l'euro est notre souci de l'Europe !", a-t-il explicité.


À court terme, la crise de l'euro a ainsi pointé la nécessité de réformer l'Union économique et monétaire. Elle a révélé des faiblesses structurelles graves dans certains États membres de la zone euro et l'incapacité de la surveillance macroéconomique à les enrayer, a exposé M. Schäuble. C'est pourquoi, il convient de réformer le Pacte de stabilité et de compléter la réglementation européenne. C'est ce que vient de décider le Conseil européen, sur la base d'un accord franco-allemand, a souligné le ministre avant d'entrer dans le détail de la réforme. Outre le renforcement du Pacte de stabilité, les 27 États européens souhaitent créer un mécanisme permanent de résolution des crises financières. "Si nous souhaitons un euro durablement fort et stable, nous devons être disposés à prendre de nouvelles mesures allant dans le sens de l'intégration de la zone euro", a plaidé M. Schäuble.


Approfondir l'intégration
À plus large échelle, toutefois, ces réformes ne seront pas suffisantes. "Les réformes économiques doivent aller plus loin", a plaidé Wolfgang Schäuble. Car le problème ne réside pas seulement dans "le manque de solidité des politiques budgétaires". Il tient aussi et surtout dans la divergence des niveaux de compétitivité entre les économies de la zone euro, a diagnostiqué le ministre. "Il s'agit, dès lors, de renforcer la compétitivité des États membres et de l'Union européenne dans son ensemble", a-t-il indiqué.


M. Delors a approuvé cette analyse : selon lui, depuis sa conception, l'Union économique et monétaire a "marché sur une seule jambe" en valorisant trop les aspects monétaires au détriment des aspects économiques. L'ancien président de la Commission a toutefois espéré que les réformes en cours permettent de rétablir un meilleur équilibre.


M. Schäuble, pour sa part, s'est prononcé concrètement en faveur "d'une coordination modérée dans le domaine fiscal afin d'éviter les distorsions de concurrence". Il est aussi revenu sur les excédents de la balance des paiements allemande, objet de vives controverses ces derniers mois. On pose mal la question, a-t-il estimé. La question devrait être la suivante : "l'Union européenne et ses entreprises sont-elles, dans l'ensemble, suffisamment compétitives, non seulement sur le marché mondial, mais aussi pour augmenter leurs parts de marché ?"


Force du modèle européen
Au total, "la fin de la guerre froide n'a pas supprimé la raison d'être de l'intégration européenne. Bien au contraire", a conclu M. Schäuble. Face aux bouleversements de la mondialisation, "l'Occident, et doncégalement l'Europe, doivent rester soudés".


En outre, le modèle européen de société est porteur de valeurs qui le rendent attractif ailleurs dans le monde : la paix durable, la liberté et la prospérité. "Depuis son unification pacifique, l'Union européenne, confiante en elle-même, peut influer sur l'évolution du monde et sur les dimensions sociale, économique et écologique de la mondialisation -et elle seule peut le faire !", a souligné le ministre. "Ainsi, les conditions qui permettraient à l'Europe de peser plus lourd au niveau mondial sont bien davantage réunies que beaucoup ne l'imaginent".


Mais l'Europe ne peut réaliser cette ambition qu'à certaines conditions, a tempéré M. Schäuble. "L'Europe doit comprendre qu'elle ne pourra jouer un rôle dans les conflits mondiaux de demain, qui sont en fait des luttes de répartition entre les grands espaces politiques, qu'à la double condition de s'exprimer d'une seulevoix et d'aborder ses problèmes structurels de manière crédible et visible".


L'Europe, emmenée par la dynamique franco-allemande, pourra alors espérer jouer le rôle d'agent stabilisateur dont l'économie mondiale a besoin, estime M. Schäuble. Berlin soutiendra ainsi Paris durant sa présidence du G20, en 2011. Mais la France et l'Allemagne doivent toutefois se soucier en permanence des intérêts de tous les États membres de l'Union européenne, a prévenu M. Schäuble. Car c'est ainsi que le moteur franco-allemand est utile à l'Europe

 

Wolfgang Schäuble expose sa vision de l'Europe à la Sorbonne
Source journal ou site Internet : cidal.diplo
Date : 5 novembre 2010

08:52 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, merkel, schäuble, ue, réformes, monnaie, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/11/2010

L’Europe fédérale ? Elle vient de naître...euh!!!

Felix Clouzot

Plus que la révision des traités réclamée par Angela Merkel ou les exigences budgétaires de David Cameron, le véritable événement du récent sommet de Bruxelles est le pas décisif de l'Europe vers l'avènement d'un super-Etat.


Pendant que la presse britannique se concentrait sur des enjeux nationaux, de véritables évènements historiques se produisaient en Europe. Le Royaume-Uni est peut-être dirigé par son premier gouvernement de coalition depuis 70 ans, mais l’Europe fait encore mieux.

 

L’Union européenne vient d'accomplir un pas décisif sur la voie de l’Etat unique en transférant les politiques budgétaires et fiscales du niveau national au niveau fédéral.

 

http://moutons.rebelles.free.fr/europe_federale/quilles_europe.jpg


Une décision prise en catimini
Le fait qu’une des décisions les plus controversées de l’histoire européenne moderne ait été prise dans une telle discrétion et presque sans débat n’est que la marque du style hiérarchique adopté par les élites politiques européennes. En dépit de tous ses défauts, la version européenne et élitiste de la démocratie représentative pourrait rester dans l’histoire comme une méthode bien plus efficace que les modèles américain et britannique, plus populistes, lorsqu’il s’agit de gérer les délicats compromis exigés par la nouvelle donne géopolitique mondiale.


L’histoire commence – comme la plupart des évènements récents – par la crise financière. Après la faillite de Lehman Brothers en 2008, il était presque inévitable que l’Europe soit gagnée par la panique et voit sa monnaie unique fortement menacée.


La théorie des dominos
La crise a frappé l’Europe à l’automne 2009 et a atteint son apogée durant le week-end du 8-9 mai 2010, lorsque le gouvernement grec s’est trouvé dans l’impossibilité de rembourser des crédits arrivant à échéance le lendemain. Les dirigeants européens ont compris que la faillite de l’Etat grec entraînerait dans sa chute toutes les banques du pays mais également celles d’Irlande, du Portugal, d’Espagne et d’Europe centrale. En l’espace de quelques jours, si ce n’est de quelques heures, les euros des banques grecques, espagnoles et italiennes ne vaudraient plus qu’une fraction de ceux des banques allemandes et néerlandaises. L’euro aurait de fait cessé d’exister.


Dans la nuit du 9 mai, l’Europe était au bord de l’abîme. Ses dirigeants ont toutefois mis au point un mécanisme financier d’un montant de 750 milliards d’euros afin d’aider les pays ne pouvant plus se refinancer auprès d’investisseurs privés. Plus important encore, Angela Merkel a fini par s’asseoir sur ses principes pour accepter la suspension de la "clause de non-renflouement", ajoutée in extremis dans le traité de Lisbonne afin de garantir aux Allemands qu’ils ne seraient pas financièrement responsables des largesses des gouvernements du "Club Med". Tout aussi incroyable, le Trésor britannique a accepté de participer au programme de crédit européen afin de contrôler les projets budgétaires depuis Bruxelles, créant de fait un budget fédéral européen. "Ça a vraiment été une nuit de miracles", reconnaît Emma Bonino, ancienne commissaire européenne italienne

 

http://www.gaucheliberale.org/public/ppf-europe-fed.jpg

 

Un renforcement du contrôle central
Le plan de sauvetage de l’euro n’avait aucune chance de survivre si les gouvernements ne s’étaient pas engagés un minimum à pérenniser les garanties collectives sur la dette des pays de la zone euro. Ces garanties n’auraient jamais pu fonctionner sans mécanisme de transfert budgétaire dans la zone euro, et ces transferts n’auraient jamais été acceptés par l’Allemagne et les autres Etats créanciers sans un renforcement du contrôle central sur les budgets nationaux, ce que personne n’avait encore suggéré.


Le principe de ces mécanismes a été approuvé la semaine dernière à Bruxelles. La plupart des journaux ont titré sur des questions secondaires comme la défense du rabais britannique par David Cameron ou l’insistance d’Angela Merkel à réviser les traités européens. Pourtant, la vérité est que l’Allemagne a cédé, une fois encore. Les gouvernements européens ont tous accepté l’idée qu’aucun pays ne pouvait être contraint de sortir de la zone euro pour défaut de paiement.


Tôt ou tard, l'union politique
Même si personne, pas même les dirigeants européens, ne peut préciser les termes de cet accord, il en résulte que l’UE devrait créer des mécanismes de soutien financier mutuels et permanents pour toute la zone euro et qu’ils figureront dans les prochains traités européens. Loin de protéger les contribuables allemands des déboires financiers de leurs partenaires, les demandes répétées d’Angela Merkel pour une révision des traités renforce l’engagement des pays européens sur de futurs renflouements. En modifiant explicitement la clause de non-renflouement, les révisions demandées par Angela Merkel permettront de doter le budget fédéral européen d’un statut légal irrévocable.


Pourquoi les Allemands accepteraient-ils de nouvelles obligations si coûteuses ?

 

Il y a deux raisons. La première est que les milieux industriels et financiers allemands dépendent fondamentalement de la stabilité et de la prospérité de la zone euro. La seconde est que l’union politique est un objectif que les élites politiques et économiques allemandes se croient destinées à accomplir depuis longtemps.


Les Allemands ne sont pas stupides. Ils n’accepteront pas de jouer les garants permanents des pays les plus imprudents sans un net renforcement du contrôle des finances. La création d’un budget fédéral nécessite un certain de degré de centralisation politique qui paraît peut-être encore difficile à imaginer mais semble de plus en plus inévitable.


Comment concevoir, par exemple, que des pays puissent présenter une telle disparité sur l’âge de leur retraite, leur niveau de pensions et leur système de sécurité sociale si les coûts de ces différentes politiques sont garantis conjointement ? D’un point de vue strictement économique, la convergence de l’âge de la retraite à 67 ans en Europe est donc l’une des conséquences les plus bienvenues de la crise financière.


L’intégration européenne a toujours progressé par à-coup et une grande avancée vers le fédéralisme politique et budgétaire est devenue irréversible après cette année de crise. C’est exactement ce que les artisans de l’euro avaient en tête.

 

L’Europe fédérale ? Elle vient de naître
Source journal ou site Internet : The Times
Date : 3 novembre 2010
Auteur : Anatole Kaletsky

16:37 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cameron, merkel, europe, fédéralisme, ue, euro, retraite, intégration | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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