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07/10/2011

Qui colporte les rumeurs notamment du 11 septembre 2001 ???

Les théories du complot du 11-Septembre sont nées avant le 11-Septembre. Le 25 juillet 2001, au cours d’un épisode de deux heures et demie de son programme Infowars, sur une chaîne locale de «public access», Alex Jones retrace ce qu’il estime être l’histoire des attaques sous faux pavillon planifiée par le gouvernement, de l’incident du Golfe du Tonkin utilisé par Lyndon Johnson pour intensifier l’implication américaine dans la guerre du Vietnam, au premier attentat contre le World Trade Center en 1993 en passant par l’attentat d’Oklahoma City de 1994, qui selon Jones est un acte de terrorisme d’Etat orchestré en vue de permettre à Bill Clinton de remonter dans les sondages et restreindre les libertés individuelles. Tout en rapprochant Oklahoma City et l'incendie du Reichstag, Jones fait clignoter à l’écran les numéros des standards téléphoniques du Congrès et de la Maison Blanche. «Appelez la Maison Blanche et dites-leur que nous savons que le gouvernement est derrière le terrorisme», lance-t-il. «“Ben Laden” [il dessine des guillemets avec les doigts] est l’épouvantail dont ils ont besoin dans ce schéma de duperie orwellien.»

 

http://mimmoc.labo.univ-poitiers.fr/IMG/arton83.jpghttp://www.horaz.com/horazyclopedia/Photos/Septembre_11_2001/01_STD/010911_11.jpg


Six semaines plus tard, le jour où s’écroulent les tours jumelles, Jones démarre son émission en déclarant que, comme il l’avait annoncé, l’administration Bush était complice d’une mise en scène terroriste. «Je vais vous dire de quoi il retourne, lance Jones. Il y a 98% de chances pour que ceci soit un attentat contrôlé orchestré par le gouvernement.»


Des fadaises auxquelles on croit
La théorie de la démolition contrôlée reste l’un des grands dogmes unificateurs pour tous les «truthers» (comme ils se baptisent eux-mêmes) du 11-Septembre.


Immédiatement après les attaques, c’était un point de vue difficile à tenir. Dans le mois qui suivit le 11-Septembre, les prêches résolus de Jones selon lesquels le 11-Septembre était un coup monté de l’intérieur allaient lui coûter plus de 70 de ses 100 et quelques stations de radio partenaires. Puis, à l’inverse, ses prises de position précoces lui ont conféré une certaine crédibilité quand, au fil de la décennie, a grandi le désenchantement vis-à-vis de la gauche comme de la droite. Aujourd’hui Jones est de retour sur plus de 60 stations radio, avec un auditoire historique de 3 millions d’auditeurs quotidiens, et il revendique son rôle dans la diffusion de la théorie du complot du 11-Septembre:


«C’est moi qui suis à l’origine de tout le toutim.»


La popularité de la théorie du complot du 11-Septembre ne s’explique pas uniquement par l’enthousiasme des «premiers adeptes». Les premières allégations —des fadaises apparemment sans conséquences, qui circulaient sur le Web peu après les attentats— ont également joué un rôle majeur. Avant qu’on ait pu les démonter, la théorie qu’elles soustendaient avait déjà rencontré une large adhésion. Le premier panneau routier qu’on remarque lorsqu’on entre dans Sebastopol, Californie, petite ville située à deux heures au nord de San Francisco, est une publicité pour le cartomancien local. En descendant la rue principale, on est tout aussi frappé par la succession de magasins bio alterno-hippie et par les pancartes publicitaires annonçant un dîner/jeu de rôles interactif avec meurtre à résoudre. Il est presque cliché de constater que c’est ici, au bout d’une petite route, que vit un autre des fondateurs de la théorie du complot du 11-Septembre, Michael Ruppert. Mais Ruppert correspond en bien des points au stéréotype du théoricien du complot à plein-temps.


Obsédé par la CIA
Dès mon arrivée dans sa propriété campagnarde —un peu moins d’un hectare— Ruppert me fait visiter son jardin personnel et sa cage à poule, m’offrant une framboise bio, un bout de laitue et une feuille de basilic en guise de cadeau de bienvenue. Au premier étage de la maison, le couloir et le bureau sont ornés de photos de collègues théoriciens du complot, parmi lesquels Cynthia McKinney, ancien membre démocrate du congrès et candidate du parti vert aux présidentielles de 2008. Ruppert a lui-même acquis une petite notoriété voici deux ans, en écrivant et en jouant dansCollapse, un documentaire salué par la critique, consacré à ses deux obsessions du moment, la crise économique et le pic pétrolier. Il se vante d’être grâce au film devenu l’ami de Mel Gibson et de Leonardo DiCaprio et se revendique avec fierté fumeur de marijuana («j’avais ma rubrique dans High Times!»). Il est enclin à se lancer dans d’étranges diatribesoù il estime avoir prédit la crise économique actuelle. «Je suis le Soljenitsyne de l’Amérique», affirme-t-il non sequitur. «Je suis dans un goulag. Pas comme lui, pas physiquement. Je suis dans un goulag d’invisibilité. Le gouvernement des Etats-Unis et la presse dominante n’osent pas mentionner mon nom. J’ai prédit ces événements, pas tous mais la plupart, avec une précision effrayante.» Avant le 11-Septembre, Ruppert travaillait sur d’autres théories du complot —sur un programme de superordinateur conçu par le gouvernement, sur des accusations de blanchiment d’argent par AIG, sur un trafic de drogue organisé par la CIA. Il est obsédé par la CIA et la drogue depuis que, selon lui, l’agence a tenté de le recruter par l’intermédiaire d’une ex-fiancée, «Teddy», à l’époque où il était agent des narcotiques de la police de Los Angeles, en 1976.
 

 

Le récit spectaculaire de sa chute, du flic promis à un bel avenir au paranoïaque professionnel, est retracé par Jonathan Kay dans un chapitre consacré à la psychologie des complotistes de son livre, Among the Truthers: «Deux ans après sa rencontre avec “Teddy”, Ruppert s’autointerne en hôpital psychiatrique, se plaignant de menaces de mort. Peu après, il quitte la police et se met à colporter auprès des journalistes assez crédules pour l’écouter, diverses versions de son histoire —et notamment que la CIA a tenté de le recruter pour protéger ses activités de trafic de drogue dans la région de Los Angeles.» C’est le site web de Ruppert, From the Wilderness, qui le premier remet en question la version officielle du 11-Septembre.


Le matin du 11 septembre 2001, Ruppert échangeait par e-mail avec son ex-femme, témoin des attaques depuis son appartement du 35e étage sur Battery Park. Tandis qu’elle regarde brûler la tour nord, Ruppert s’efforçant de lui tenir virtuellement la main, il voit en direct à la télévision le deuxième avion s’écraser dans la tour sud. «Dès l’impact du second avion, j’ai vu que quelque chose clochait», m’a-t-il raconté.«Je ne l’ai peut-être pas rapporté tout de suite, mais j’étais passé en mode investigation dès la seconde ou j’ai vu le deuxième appareil toucher la tour.» Alors, quand le Pentagone est heurté par le vol 77, c’est la confirmation que Rupert attend, celle d’une complicité du gouvernement. Ruppert marque une pause pour me montrer le placard où il range sa collection de couteaux et ses «provisions personnelles de survie en situation d’urgence». Il en sort un cadre photo montrant un pilote de l’Air Force, entouré d’une collection de médailles et de rubans.«C’est mon père», dit-il. «Il était officier d’interception radar à bord des F-89 et F-90 intercepteurs stationnés en Alaska, qui guettaient un possible survol du pôle par les bombardiers russes… J’ai été élevé dans cette culture.


Impossible, compte tenu des procédures de décollage d’urgence de l’Air Force et du Norad que cet avion ait pu heurter le Pentagone. C’est quelque chose auquel nous sommes préparés depuis les années cinquante.» Pour Ruppert, il est inconcevable que le système de défense aérienne le plus coûteux au monde ait pu échouer ce jour-là. Peu importe que ce fût un dispositif dont la mission première, quarante ans durant, était de se tenir prêt en cas de viol de l’espace aérien nord-américain par les Soviétiques, et qui au cours de la décennie postérieure à la guerre froide était toujours exclusivement orienté sur les menaces extérieures. Il aurait dû être prêt, et s’il ne l’était pas, c’était nécessairement en raison d’un sabotage intérieur. La chronologie officielle publiée par le commandement militaire à la suite des attaques était erronée, rendant le complot plus crédible. Initialement, le Norad affirmait que les chasseurs avaient été avertis du détournement du vol 77 et que des chasseurs avaient décollé en urgence en direction de Washington, ce qui aurait dû leur laisser suffisamment de temps pour intercepter le troisième avion avant qu’il ne frappe le Pentagone. Au final, usant de son pouvoir d’injonction, la commission du 11-Septembre fut en mesure d’établir la véritable chronologie des événements de la journée, démontrant que, contrairement aux affirmations antérieures, l’armée n’avait rien su des détournements avant qu’il soit trop tard pour faire quoi que ce soit. Bien que les officiels de l’armée aient été par la suite exonérés d’avoir intentionnellement induit en erreur la commission du 11-Septembre, certains membres du personnel de la commission ont ensuite évoqué des témoignages délibérément faux.

 

http://img10.hostingpics.net/pics/938330200901081630_zoom.jpghttp://geocities.ws/contrefeu/11septembre.jpg


La théorie qui a presqu'échoué
À la base d’une des théories clé du complot du 11-Septembre se trouve donc un mensonge diffusé par le gouvernement. Les enregistrements des événements de la journée provenant du quartier général pour le Nord-Est du Norad, mis finalement à disposition du public en 2007, ont prouvé que les chasseurs n’auraient pas pu faire grand-chose. Mais à ce moment-là, peu importait. Dès novembre 2001, Ruppert donnait une conférence devant mille personnes à l’université d’état de Portland, consacrée aux «Vérités et mensonges du 11-Septembre», qu’il allait enregistrer et mettre sur le marché. Il va ensuite compiler les articles de sa série From the Wilderness en un livre, Crossing the Rubicon: The Decline of the American Empire at the End of the Age of Oil, qui s’est vendu à plus de 100.000 exemplaires.


Dans les semaines et les mois qui ont suivi le 11-Septembre, Jones et Ruppert s’attelaient déjà à formuler une vaste théorie du complot qui allait plusieurs années plus tard atteindre son maximum de popularité.


Une autre théorie, toutefois, allait se répandre plus largement, avant de mourir rapidement, du moins en Occident. En tant que telle, elle peut être considérée comme leçon sur la façon dont fonctionnent les théories du complot, et où —sinon pourquoi: en prenant une bribe de vérité, et en l’enrobant de toute une mythologie. Il n’a pas fallu plus de 24 heures pour que de vagues théories attribuant les attaques à Israël se mettent à circuler. Quatre jours après le 11- Septembre, la première preuve de l’implication d’Israël dans les attaques était rapportée dans le quotidien syrien Al Thawra. Le quotidien gouvernemental indiquait que «4.000 juifs n’étaient pas à leur travail le jour des explosions», sous-entendant que les 4.000 juifs avaient été avertis des attentats par ses véritables organisateurs, juifs tout comme eux. La thèse allait se diffuser dans tout le Moyen-Orient. La source de ce chiffre précis de 4.000 personnes était le Jerusalem Post, qui rapportait le jour des attaques que «le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem dispose d’une liste de 4.000 noms de citoyens israéliens dont on pense qu’ils se trouvaient aux alentours du World Trade Center et du Pentagone au moment des attentats». Slate.com et le Snopes. com, le populaire site anti-rumeur, furent parmi les premiers médias à démonter la rumeur. Et pourtant, dix ans après, des versions modifiées de la fable des «juifs mis au courant» sont encore propagées par des extrémistes antisémites adeptes des théories du complot du 11-Septembre, parmi lesquels le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Si la théorie rencontre peu d’écho aux Etats-Unis, même dans les rangs des complotistes, elle reste populaire dans la rue arabe où, selon le New York Times, le fait que les juifs aient été invités à rester chez eux ce jour-là est une opinion couramment admise. Un sondage World public Opinion de 2008 faisait apparaître que 43% des Égyptiens interrogés rendaient Israël responsable des attentats du 11-Septembre, contre 31% des Jordaniens, et que 36% des Turcs les imputaient au gouvernement américain. Dans les territoires palestiniens, 27% des sondés pensaient que les Etats-Unis étaient responsables, et 19% qu’Israël avait mené les attaques. Les éditions en arabe des Protocoles des Sages de Sion, fable antisémite à l’origine de la théorie du complot juif ont été des succès d’édition en Syrie et au Liban, et cette contrefaçon célèbre a été adaptée en 2002 à la télévision égyptienne sous la forme d’une «dramatique historique» en 41 épisodes.


Au Moyen-Orient, indique Charles Hill, qui compte 32 ans de carrière dans la diplomatie, il existe un profond courant de pensée selon lequel tout ce qui se passe dans le monde –en bien comme en mal— s’explique par un complot juif mondial piloté par les Américains.
 

 

«L’Amérique est assimilée aux juifs au sens large car “les juifs contrôlent les médias, ils contrôlent les commissions du congrès et ils contrôlent les universités” et ainsi de suite», di-til.


Dans le cas de la rumeur des 4.000 juifs, selon Hill, la précision de l’accusation est ce qui lui confère sa crédibilité —quand bien même elle a également permis de la démonter rapidement. Les complotistes aiment les faits «concoctés de façon à être plausible, car extrêmement précis», poursuit Hill. «Du fait qu’ils sont extrêmement précis, et qu’ils ont été, selon eux, mis au jour, en dépit du fait qu’on les a camouflés, conçus pour être dissimulés, et révélés à la suite d’une erreur, ou par quelqu’un qui est tombé dessus par hasard, cela prouve, ou confère de la crédibilité à la thèse d’ensemble.»

 

D’où viennent les théories du 11 septembre ?
Source, journal ou site Internet : slate
Date : 13 septembre 2011
Auteur : Jeremy Stahl

12:32 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : world trade center, 11 sept 2001, cia, mensonge, complot | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/06/2011

Les révolutions arabes vues par le renseignement, que d'illusions!!

De retour d'une mission d'étude en Tunisie, en Egypte et en Libye, Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), ancien du renseignement livre une lecture nuancée des événements du début d'année. Sans nier les aspirations des populations, il relativise l'ampleur du changement des équipes dirigeantes. Un prélude à de grandes déceptions.

 

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Quelle lecture faites-vous du « printemps arabe » ?
Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l'égide d'ONG américaines, comme Freedom House, l'International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l'URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.


Mais pourquoi ont-elles éclaté en 2011 ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l'armée et la police. Pour la première fois, l'armée s'est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d'Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l'essentiel du financement de l'armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.


Ces révoltes seraient donc des coups d'État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n'avaient pourtant pas l'air manipulés ?


En êtes-vous si sûre ? Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C'est bien l'indice d'une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d'état-major de l'armée ainsi que l'ancien chef du service des renseignements, et s'est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.


Et en Tunisie ?
Le ras-le-bol face face à l'avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l'ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu'aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés.


C'est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu'en Égypte, où les événements se sont, pour l'essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l'ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s'est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime.


L'imminence d'un coup d'État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi
n'est-il pas approprié de parler de « révolution ». L'Iran, en 1979, et l'URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.


Rien de tel dans les événements récents. Il s'agit d'un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l'accord de Washington, organisé des coups d'État « en douceur », en profitant d'une vague de contestation populaire qu'elles ont intelligemment exploitée.

 

Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d'une grande légitimité et donne le sentiment d'une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente.


D'ailleurs, pour Washington, c'est un « changement dans la continuité » modifiant peu l'équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu'elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c'est-à-dire qu'elles n'occupent pas le pouvoir - sauf cas de force majeure - mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l'islamisme, qu'elles contribuent à la stabilité régionale et qu'elles ne manifestent pas d'hostilité réelle à l'égard d'Israël.


Comment lisez-vous la situation actuelle ?
Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l'armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l'ordre - surtout en Tunisie - en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à
l'équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu'elle a été flouée.


D'où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là. Enfin, les islamistes se sont pour l'instant montrés plutôt discrets. Mais jusqu'à quand ?

 

Les révolutions arabes ne sont que des coups d’Etat militaires masqués.
Source, journal ou site Internet : la Tribune
Date : 2 juin 2011
Auteur : Eric Dénécé, propos recueillis par Valérie Segond

13/05/2011

Le débat du mois de mai sur L&L: Les finances publiques, quelle stratégie?

Cet article prend appui sur leur contribution à l'ouvrage « Quelles réformes pour sauver l'Etat ? », sous ladirection de Benoît Coeuré et Jean-Paul Betbèze, PUF Descartes.

 

http://www.lepoint.fr/content/system/media/2/20090630/2009-06-30T135439Z_01_APAE55T12N500_RTROPTP_2_OFRBS-FRANCE-DETTE-PUBLIQUE-20090630.JPG

 

Depuis trente ans, la France n'a pas su gérer ses finances publiques. Le ratio de dette n'a presque jamais cessé d'augmenter, la politique budgétaire a souvent été à contretemps de la stabilisation conjoncturelle et le pays a gaspillé sa crédibilité vis-à-vis de ses partenaires à force d'engagements non tenus. L'échéance cependant est venue et la prochaine élection présidentielle sera dominée par la question budgétaire.

 

http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r1155-3.gif

 

Pour deux raisons, interne et externe.

La première est que, pour reprendre la maîtrise de ses finances publiques, la France va devoir dès la prochaine mandature procéder à un ajustement sans précédent de l'ordre de 4 points de PIB (80 milliards).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Dette_publique_france_%25_du_PIB.png


La deuxième est qu'à la demande des pays créanciers, qui ne veulent plus tolérer les déficits permanents de leurs partenaires, la surveillance budgétaire européenne va être bien plus prégnante.

Cette double contrainte s'imposera à tous les candidats. Ceux-ci n'auront pas vraiment le choix de l'objectif, seulement ceux du rythme et des moyens. Il est donc souhaitable que le débat électoral porte sur la stratégie de redressement, c'est-à-dire sur l'équilibre entre ajustement par les recettes et/ou par les dépenses, et surtout sur la nature des mesures de recettes et de dépenses. Il est donc temps de changer de méthode : de distinguer ce qui relève des disciplines inévitables et ce qui ressort du choix politique ; de mettre la politique budgétaire en état de servir les objectifs économiques ; et de regagner une crédibilité perdue.

 

http://www.kyxar.fr/~jalac/FRANCEDETTE03.gif

 

Le projet de réforme présenté par le gouvernement vise à inscrire les décisions budgétaires annuelles dans des lois-cadres fixant des orientations pluriannuelles pour les finances publiques. Le contenu des lois-cadres, la période qu'elles couvrent et la manière dont leurs dispositions s'imposent aux lois de Finances devraient faire l'objet d'une loi organique. Ce projet offre l'occasion d'une réflexion trop longtemps retardée sur une définition nationale de la responsabilité budgétaire.

Certes, le moment choisi, à l'approche d'une échéance nationale, n'est pas le meilleur. Mais la question ne va pas disparaître avec l'élection et il serait dommage que le débat de fond soit occulté par les préoccupations tactiques. Inspiré du rapport Camdessus, le projet corrige plusieurs défauts des pratiques budgétaires passées, mais doit être amendé sur plusieurs points.

En premier lieu, il ne fixe pas l'horizon auquel une situation financière stable doit être atteinte. Le risque est que cela aboutisse à un déficit contrôlé a minima et à une dette publique maintenue à un niveau durablement élevée.

Au-delà des cycles politiques, la France devrait se doter d'un objectif de dette publique à un horizon de vingt ans, suffisamment éloigné pour ne pas pénaliser la croissance le temps de l'ajustement.

En second lieu, il faut préciser l'horizon temporel de la programmation pluriannuelle qui, dans le projet de loi, est laissé dans le flou. Le rapport parlementaire publié le 15 avril suggère un cadre de trois ans. La programmation devrait plutôt être calée sur le mandat législatif et présidentiel de cinq ans. La loi de programmation votée en début de législature déterminerait ainsi les grands paramètres de la politique budgétaire et fiscale sur la mandature. Cela faciliterait l'évaluation par les citoyens de l'action budgétaire de chaque président. Se pose en troisième lieu la question de la correction des écarts passés. Dérapages et bonnes surprises peuvent conduire sur cinq ans à des écarts de trajectoire considérables. Il est donc indispensable d'instituer un compte de contrôle afin qu'audelà d'un certain seuil les écarts en exécution soient rattrapés au cours des années ultérieures.

 

http://www.alternatives-economiques.fr/pics_bdd/article_options_visuel/1237298742_graph%20bouclier_zoom.jpg

 

Une telle procédure offrirait de la flexibilité par rapport au cycle, mais éviterait les dérapages persistants. Enfin, la réforme devrait s'accompagner de la mise en place d'un Conseil des finances publiques indépendant chargé non de prendre des décisions, mais de fixer des hypothèses économiques, d'effectuer des projections budgétaires et de procéder à des évaluations. Cela garantirait la sincérité des prévisions et évaluations ; permettrait d'alimenter le débat public en évaluations impartiales ; et assurerait la cohérence entre décisions annuelles et objectif de long terme.


Il est temps de repenser le cadre de notre politique budgétaire : c'est la clef pour retrouver l'indépendance économique nécessaire pour faire de vrais choix politiques.

 

Finances publiques : le vrai débat
Source, journal ou site Internet : Les Echos
Date : 5 mai 2011
Auteur : Laurence Boone et Jean Pisani-Ferry, membres du cercle des économistes

14:58 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : finance, public, budget, économie, politique, etat-providence, état, dette, mensonge | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/05/2011

Grèce - Euro(pe) - Dette - Mensonge

En se réunissant secrètement pour parler de la crise grecque, le 6 mai, certains ministres des Finances de l’Union européenne ont donné le coup de grâce à la confiance que les citoyens avaient placée dans leurs gouvernements. Ce n’est pas comme cela que nous sauverons l’euro, prévient la Süddeutsche Zeitung. Rarement les responsables politiques européens se seront comportés de manière aussi peu responsable que vendredi 6 mai.

 

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À Berlin, Bruxelles, Rome, Paris et Luxembourg, on s’est tu, on a trompé le monde, quand on n’a pas ouvertement menti. Et tout cela, dans le seul but de garder secrète une réunion de quelques ministres des finances, pendant laquelle – comme on l’apprendra par la suite – on n’aura pris aucune décision et l’on n’aura fait qu’échanger quelques vues sur la situation de la Grèce, qui n’en finit plus de s’enfoncer dans la crise. En l’espace de quelques heures, les gouvernements des pays de la zone euro sont parvenus à ruiner le peu de confiance que les citoyens plaçaient encore dans leurs plans de sauvetage. Qui croira désormais les déclarations selon lesquelles les Grecs n’ont aucune envie de sortir de l’union monétaire, quand on sait que c’est le président de l’Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui était à la tête de cette duperie ? Il commence par nier par écrit que les ministres des finances se sont réunis à Luxembourg. Puis il proclame publiquement sa confiance envers la Grèce. Et enfin, l’on apprend qu’il a invité personnellement les ministres en question. Tout citoyen qui s’intéresse un tant soit peu à l’Union se demandera désormais, avec étonnement ou agacement, quel est le degré de gravité réel de la crise grecque. Le pays est-il à deux doigts de la faillite en dépit de toutes les aides et des discours discordants ? Cela voudrait dire qu’une autre promesse des gouvernants a fait long feu :
celle qui voulait que les Hellènes remboursent l’intégralité des crédits qui leur ont été accordés, intérêts compris. Or, s’ils ne paient pas, c’est le contribuable [européen] qui couvrira les dégâts.

 

http://collectioneuro.free.fr/images/2euro_grece.jpg

 

On a menti à dessein au grand public
Ce n’est pas la première fois que les citoyens se sentent floués. Déjà, voilà un an, alors que la crise de la dette se faisait de plus en plus menaçante en Grèce et que tout portait à croire qu’Athènes avait besoin de l’aide étrangère, les responsables politiques de Berlin, Bruxelles, et d’autres capitales minimisaient la gravité de la situation. In extremis, ils ont garanti une enveloppe de 110 milliards d’euro de crédits. Le sauvetage de l’Irlande a suivi le même type de scénario. Pour commencer, les grands pays de la zone euro n’ont pas voulu admettre que le gouvernement de Dublin n’était plus capable de gérer seul la situation. Et puis, tout à coup, on a entrepris de négocier un plan de sauvetage. Enfin, cela a été le tour du Portugal. Le pays se serre la ceinture, le pays réforme, la situation est tendue, certes, mais non désespérée, nous a-t-on servi une fois de plus. Et puis l’on a appris que Lisbonne n’était même pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires – et le pays s’est abrité derrière l’aide internationale.


Un mensonge sans explication ni excuses
Pour être honnêtes, reconnaissons que les pays de la zone euro, la Banque centrale européenne et la Commission ont été – au début de la crise tout au moins – dépassés par les événements, et ont peut-être longtemps cru, en effet, que ces pays s’en sortiraient sans aide extérieure. Mais, depuis le 6 mai, les choses ont changé. Ce vendredi là, on a menti à dessein au grand public. On en a la preuve, pour la première fois. Et deux jours plus tard, toujours ni explication, ni excuses pour ce mensonge. Les responsables politiques concernés gardent le silence. S’ils sortent indemnes de cette affaire, l’union économique et monétaire en sortira en revanche affaiblie. Car cette tromperie apporte de l’eau au moulin de tous ceux qui aimeraient se débarrasser de l’euro. Et enflamme l’imagination des contribuables qui doutent de revoir un jour la couleur de l’argent qu’ils ont prêtés. La scène politique peut peut-être ignorer encore les états d’âmes des citoyens, mais les responsables ne pourront pas échapper à la loi des marchés. Pendant la grossière erreur de communication du 6 mai, l’euro perdait encore jusqu’à deux centimes sur le dollar, et les investisseurs se réfugiaient sur les valeurs américaines. Une chose est sûre : pour faire revenir la confiance, la duperie délibérée du 6 mai doit avoir des conséquences.


Vu d'Athènes. Gardons notre sang froid
À Athènes, les signes d’une nouvelle période de turbulences financières étaient évidents depuis quelques temps . "On pouvait le lire dans la presse internationale et on le comprenait en suivant la pression constante des marchés : le problème grec serait revenu sur le devant de la scène et il aurait demandé des décisions politiques et économiques radicales, bien plus fortes que celles adoptées il y a un an, avec le plan de rigueur", écrit ainsi Antonis Karakousis dans le quotidien To Vima. "Rien que la publication, le 6 mai aprèsmidi sur le site du magazine allemand Der Spiegel, d'un article expliquant que la Grèce allait demander sa sortie de la zone euro, a suffi à placer le pays en état d'urgence. Tout montre que nous avons atteint un point de non retour et que la suite des évènements dépendra de la capacité du gouvernement, de la classe politique en général et de la société, à se tenir prêts a affronter la situation. L'attaque du magazine allemand et ses allégations révèlent les intentions de certains Etats membres en ces heures cruciales. Les deux prochains mois seront sans doute marqués par la pression. Il faudra faire preuve de calme, de force et de sérénité".

 

Grèce : les mensonges vont tuer l’euro
Source, journal ou site Internet : Süddeutsche Zeitung
Date : 9 mai 2011
Auteur : Gerstin Gammelin

12:48 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, ue, europe, eurocrates, politique, finance, déficit, dette, junker, mensonge | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/07/2010

Cooptation, Népotisme, les privilèges de nos gouvernances, c'est...

...La paralysie française !


par Claude Reichman,(bio wikibérale)

 

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Deux scandales, deux réactions identiques. Ou plutôt même absence de réaction. Des ministres abusent de leur fonction, s’attribuant des avantages indus ou illégaux : le président de la République, au lieu de les renvoyer sur le champ ou de remplacer tout le gouvernement promet un remaniement … à l’automne. L’équipe de France de football se déshonore au Mondial : les dirigeants de la Fédération, au lieu de démissionner collectivement, se disputent pour savoir qui doit partir et qui doit rester. La France est devenue un pays où aucune décision collective ne peut être prise. Cette paralysie est le signe le plus évident du déclin national.

 

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A quoi peut-on attribuer ce mal sournois, qui nous conduit à l’abîme ? Au manque de renouvellement des élites dans notre pays. Partout on se coopte, partout on édifie des barrages contre le renouvellement. Et comme personne ne peut entrer, personne ne sort !


La politique est le meilleur exemple de ce mode d’organisation délétère. Les partis en place s’attribuent tout le financement public et réduisent à sa plus simple expression le financement privé. A moins d’être investi par un parti dominant, il n’est pas possible de se faire élire au parlement. Or qui investit les candidats ? Les énarques qui dirigent le gouvernement, l’administration, les partis politiques et la majorité des grandes entreprises.

Toute la société subit ce mode de direction. Pour une simple raison : rien ne peut se faire en France sans l’aval de l’Etat, sauf les révolutions ! Jamais cette alternative n’a été aussi évidente dans notre pays que dans les années que nous vivons. Et jamais la certitude d’un bouleversement majeur n’a été aussi forte. Antonio Gramsci, qui n’est pas notre maître à penser mais à qui il arrivait de voir clair, a dit :

 

« La crise, c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître. »

 

Nous y sommes.


Reste à savoir ce que peut être, en France, l’issue de la crise. Je ne vois que deux hypothèses : la première, la plus probable, verra des affrontements sociaux ou ethniques dégénérer au point que le gouvernement et les partis du système seront débordés et disparaîtront de la scène publique, laissant le champ libre à l’émergence d’un nouveau pouvoir politique, dont rien ne garantit qu’il sera démocratique. La seconde se produira à la suite de l’effondrement financier du pays et conduira à la panne générale des grands systèmes étatiques comme la Sécurité sociale ou l’Education nationale. Rien de tel pour créer un indescriptible désordre que des retraites non versées, des hôpitaux fermés, des écoles désertes faute d’enseignants payés. Le chaos ainsi créé peut donner lieu non plus forcément à l’émeute mais au développement d’initiatives privées qui parviendront à réanimer le pays et à installer un nouveau pouvoir politique qui s’attachera à le réorganiser selon des principes conformes aux exigences modernes de compétitivité.


Ces hypothèses ne sont pas des cas d’école que l’on examinerait dans le calme du cabinet, mais au contraire des mouvements en marche dans la société française actuelle. La paralysie institutionnelle du pays démontre que les classes dirigeantes n’ont plus la moindre capacité à y faire face. Ils vont donc poursuivre leur course de vitesse et rien ne dit qu’ils ne finiront pas par provoquer une explosion simultanée.


Devant de telles perspectives, on peut se réfugier dans la contemplation de la télévision, comme une majorité de Français, ou rejoindre les groupes de citoyens lucides qui appellent, comme nous, au rassemblement des patriotes pour le salut du pays. Déjà, les médias du système, pris de peur face au résultat des dérives que leur désinformation a permises, s’ouvrent - timidement encore – à l’expression des idées jusque là jugées « incorrectes ». Encore un effort, Mesdames et Messieurs de la presse. Vous savez bien que, comme le disait

 

Victor Hugo, « rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ».


Porte-parole de la Révolution bleue.

Claude Reichman

 
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