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06/09/2011

Livre #4: Le pouvoir et la Foi

"L'Américain Bernard Lewis estime que chrétiens et musulmans peuvent cohabiter. Mais il met en garde contre les dangers d'une islamisation progressive de l'Occident. Le choc des civilisations n'est pas une lubie d'idéologue mais une réalité qu'il convient d'analyser pour éviter d'en subir les conséquences. Telle est la thèse de l'historien américain Bernard Lewis dans Le Pouvoir et la Foi.

 

http://www.ac-orleans-tours.fr/hist-des-arts/couv-art-et-pouvoir.jpg

 

Questions d'islam en Europe et au Moyen-Orient , essai constitué d'un ensemble d'articles et de conférences réalisés ces dernières années. Professeur émérite à l'université de Princeton, superviseur d'une somme intitulée L'Islam, Bernard Lewis est un expert dont les travaux font depuis longtemps autorité. Pour comprendre les enjeux de l'actualité moyen-orientale, nous explique-t-il dans cet ouvrage dépourvu de langue de bois, il faut mettre celle-ci en perspective, et ce d'autant plus que les musulmans décryptent souvent les événements présents à l'aune d'un passé traumatique ou mythique. Par exemple, si l'on écoute la propagande islamiste, les États-Unis et Israël sont les successeurs des chrétiens qui se sont emparés, voici mille ans, de Jérusalem. Cette doxa est si bien étayée, en Occident même, qu'elle est parvenue à occulter l'essentiel: les fameuses croisades étaient une réaction historique à l'intrusion de l'islam jusqu'au coeur de l'Europe. «Il est aujourd'hui à la mode de présenter les croisades comme la première incursion violente de l'impérialisme occidental dans le tiers-monde.

 

Cette interprétation anachronique n'a aucun sens dans le contexte de l'époque. Avant tout, l'avancée des armées chrétiennes au XIe siècle avait pour but de desserrer l'étau des musulmans en Europe et de reconquérir les territoires perdus de la chrétienté. (…) Comme l'Espagne et le Portugal, la Syrie et la Palestine étaient de vieilles terres chrétiennes et il était du devoir des chrétiens de les reprendre, d'autant que c'est là qu'étaient situés les lieux saints du christianisme. » Selon Bernard Lewis, le conflit entre chrétienté et islam est un fait structurant aussi bien pour l'Europe, qui s'est construite en imposant des limites à l'islam, notamment en repoussant les Turcs à Vienne au XVIIe siècle, que pour des idéologues musulmans, qui n'ont pas renoncé à conquérir cette région du monde.

 

Enjeux démographiques aux yeux de Lewis, il est possible de cohabiter avec l'islam, à condition que celui-ci ne soit pas hégémonique.

 

«L'Europe sera-t-elle islamisée ou y apparaîtra-t-il un islam européanisé?»

 

se demande le philosophe syrien Sadik al-Azm. Pour Lewis, la question est à prendre au sérieux.

 

«Les musulmans ont la ferveur et la conviction qui fait défaut aux Occidentaux, qui se perdent en atermoiements et en autodénigrements (…), mais ils ont surtout des atouts démographiques : un mélange d'accroissement naturel de la population et de mouvements migratoires qui pourraient aboutir dans un avenir relativement proche à des populations majoritairement musulmanes dans certaines villes européennes et même dans certains pays»

 

, affirme l'historien, qui rejoint ici la thèse du journaliste américain Christopher Caldwell dans Réflexions sur une révolution européenne, livre qui a fait grand bruit aux États-Unis, et envisage la possibilité d'une islamisation progressive de l'Europe.


Le pouvoir et la foi. Questions d'islam en Europe et au Moyen-Orient
de Bernard Lewis, Odile Jacob, 268 p., 23,90 €.

 

Le pouvoir et la Foi
Source, journal ou site Internet : Odile Jacob edts (avec le Figaro Littéraire)
Date : 30 août 2011
Auteur : Bernard Lewis

18:28 Écrit par HUMANITAS dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, musulman, islam, islamisme, chrétiens, christiannisme, pouvoir, foi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/06/2011

le «bébé» de M. Sarkozy et «l'Islam de France» made in morocco !!

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), le «bébé» de M. Nicolas Sarkozy depuis la
période où il officiait à l'Intérieur, censé aboutir à un «Islam de France», est en crise.


L'attitude du ministre français de l'Intérieur qui fait la sourde oreille discrédite une structure de plus en plus réduite à être un relais du gouvernement marocain. Le boycott des élections
du CFCM a une explication simple et compréhensible. Il se résume au rejet d'un système assez bizarre retenu pour désigner les grands électeurs : la surface des mosquées. Ainsi, plus la mosquée est grande - et peu importe sa fréquentation-, plus elle donnera d'électeurs. La communauté turque, relativement peu nombreuse en France, se retrouve ainsi sur-représentée du fait de la taille de ses mosquées. Mais cela n'est qu'un exemple, les Turcs n'étant pas – pour l'instant du moins – en compétition pour la représentation du culte musulman.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/file/371166.jpg


Le CFCM est d'abord une création du gouvernement français qui cherche, même contre les évidences, à le maintenir tel quel et à favoriser pour des raisons politiques une prééminence des Marocains sur le culte musulman. C'est que «l'Islam de France» ne se décrète pas et les mosquées en France continuent d'être marquées par les appartenances au pays d'origine. Le critère du mètre carré ne permet pas de prendre en compte la représentativité effective. Du coup, les grandes mosquées et les fédérations les plus connues, dont celle de la mosquée de Paris, la mosquée de Lyon, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), vont bouder le vote prévu le 5 juin prochain pour renouveler les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) et le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui représentent les musulmans en France. Le refus de la Grande-Mosquée de Paris de participer aux élections était prévisible et il n'est pas nouveau. Celui de l'UOIF (FM) que dirige le franco-marocain Fouad Alaoui a été un peu moins attendue, même s'il ne cachait plus sa déception à l'égard d'un CFCM devenu un «outil pour exacerber les particularismes » ethnico-culturels. «Nous refusons de participer à un processus qui creuse le fossé entre les musulmans et les responsables de mosquées». Lui également critique une représentation au m² qui «sème «la zizanie et les conflits » dans les lieux de culte et crée «un état de division sans précédent» de la communauté musulmane.

 

http://www.bakchich.info/local/cache-vignettes/L460xH388/jpg_dessin-CFCM-e388f.jpg


Un CFCM marocain
Ces défections des grandes organisations musulmanes qui veulent un changement dans les
statuts auraient dû, par souci de crédibilité, entraîner un report des élections. Or, le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a assuré qu'il fera l'impossible pour que les élections des instances nationales et régionales du Conseil français du culte musulman (CFCM), prévues les 5 et 19 juin prochain, aient lieu. «La politique du ministère de l'Intérieur qui est la mienne, est de tout faire pour que cette élection ait lieu même si elle est imparfaite», a-t-il dit, insistant sur le fait qu'«il est extrêmement important que le culte musulman soit représenté d'une façon suffisamment unitaire dans le respect des diversités». En réalité, la seule organisation en lice est le Rassemblement des musulmans de France (Maroc) et cela semble apparemment avoir les faveurs du gouvernement français. «Ce sera un CFCM croupion?», a déclaré Kamel Kabtane, recteur de la Grande-Mosquée de Lyon. Et il a les chiffres pour lui.


Dans la région Rhône-Alpes où résident 600.000 musulmans, seuls 35 lieux de culte sur 225 comptent voter. Autant dire que l'élection du CFCM sera pratiquement réduite aux mosquées marocaines. Cela permettra de reconduire Mohammed Moussaoui (marocain) à la tête d'un CFCM qui pourra difficilement parler au nom des musulmans de France. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) devra s'ajouter un autre «M» pour devenir Le Conseil français du culte musulman marocain (CFCMM). «Ce qui est sûr, c'est que le CFCM va partir à vide et donc il fonctionnera à vide. Par conséquent, il n'aura plus la même force ni la même crédibilité. Partant de là, il risque de mourir de sa belle mort», a souligné Kamel Kabtane dans une déclaration à un journal lyonnais.

 

Les élections du Conseil français du culte musulman boudées : une structure qui ne représente plus que les Marocains
Source, journal ou site Internet : Le Quotidien d’Oran
Date : 2 juin 2011
Auteur : Salem Ferdi

19:25 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musulman, islam, religion, sarkozy, culture, cfcm, maroc, mosquée, uoif, moussaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/03/2011

Islam, Laïcité, et alors que faisons-nous?

Depuis une génération, les fondements de notre société subissent une pression religieuse sans précédent. L’islam frappe à toutes les portes de la République et s’efforce de pénétrer notre arsenal juridique pour obtenir un droit de cité de plus en plus large. Nous aurions tort de ne pas prendre garde à ce phénomène, car son développement risque de bouleverser ce qui fait l’essence de la France.

 

http://www.islamlaicite.org/IMG/jpg/copenhague.jpg


À l’époque gallo-romaine, le christianisme a supplanté les vieilles croyances païennes, mais cette évolution spirituelle s’est faite de l’intérieur, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui. La deuxième religion de France est totalement importée. Pour des raisons historiques, d’abord, du fait de la décolonisation ; par maladresse, ensuite, en accordant la nationalité française selon des procédures automatiques aux enfants de parents étrangers nés sur notre sol ; par la mise en place, enfin, de politiques d’immigration qui ont facilité l’accès à notre territoire de populations en majorité musulmanes. L’effet de masse a fait le reste. Des revendications inconnues jusqu’ici se manifestent, les unes derrière les autres, jamais en bloc. Elles ne procèdent probablement pas d’une manoeuvre délibérée, mais leur succession constitue un piège qui fonctionne à merveille, car il nous contraint à réagir au coup par coup. On mesure bien la fragilité de la riposte, qui s’exprime par des mesures d’interdiction, souvent difficilement applicables. Si l’école a su faire respecter la réglementation du port du voile, c’est parce que l’opposition à cette marque ostentatoire de religion a fait l’objet d’un large consensus, notamment au sein du monde enseignant, vigilant gardien de la laïcité. D’autres sujets, comme le port de la burqa ou la construction de lieux de culte, sont sources de débats et il faudra du temps pour que la justice dégage une jurisprudence qui s’imposera à tous les tribunaux, lesquels tranchent aujourd’hui dans des sens divers. Si nous pensons faire front en élevant des barrières juridiques chaque fois que nos fondements culturels et politiques sont menacés, nous échouerons, car elles sauteront toutes les unes après les autres, par difficulté à les faire appliquer. Nous serons victimes de nos propres règles, tout bonnement parce que la pratique de l’islam, si éloignée de nos moeurs enracinées dans la morale judéo-chrétienne, exigera, au nom des libertés fondamentales, le droit à la nourriture halal, le droit à la pratique traditionnelle du culte à l’école et sur les lieux de travail, le droit pour un musulman d’obtenir la garde d’un enfant issu d’un couple mixte, conformément à la loi musulmane, etc. On commence à faire appel à un islam de France, en se fondant sur l’organisation cultuelle mise en place ces dernières années. Idée cartésienne bien de chez nous, mais sans efficacité et sans avenir. L’influence du Conseil français du culte musulman sera toujours limitée, puisque l’islam, échappant à toute structuration hiérarchisée, est étranger à nos formes d’organisation. Rien ne garantit en outre son invulnérabilité à des idéologies venues de l’extérieur. Pendant ce temps, la charia gagne du terrain dans les banlieues, dans certains milieux éducatifs, dans l’entreprise, dans le commerce, avec ces chaînes de distribution et d’alimentation qui s’adaptent à la demande d’une clientèle musulmane, quand elles ne la précèdent pas. On ne sert plus de porc dans les avions, car il est plus simple de procéder ainsi que de proposer deux menus. On tend à banaliser la pratique d’exception, par commodité, sans s’apercevoir qu’elle devient la norme. Qui peut croire que nous pouvons continuer sur cette voie sans dommage pour l’équilibre de notre société ? Il faudra bien dire que ces dérives sociales ne sont pas compatibles avec l’ordre public français, celui qui exprime l’état de nos moeurs, en évolution constante et dont il revient au juge de préciser le contenu. Rôle redoutable, confié aux magistrats, alors que le bloc de l’institution judiciaire montre des fissures qui ne doivent s’élargir à aucun prix. Alors, que faire ? Commençons par faire preuve de lucidité. Notre politique de la ville est un désastre qui a englouti des milliards d’euros. Des associations ont alimenté avec l’argent du contribuable un esprit communautariste au lieu de favoriser l’intégration, à défaut de l’assimilation. Nous voilà avec des centaines de milliers de Français malgré eux, qui, à ce titre, présentent une force revendicative que nous aurons du mal à contenir, et une immigration clandestine dont le poids est à redouter. Un coup d’arrêt s’impose pour dire clairement que la charia est incompatible avec nos principes républicains et notre culture héritée de deux mille ans d’histoire. Sans doute faudra-t-il préciser, en ranimant les vertus de la laïcité, les conditions dans lesquelles la religion musulmane peut être pratiquée sur le sol national. Tâche délicate, mais si nous ne le faisons pas, nous devrons vivre dans une autre France, et nombreux seront ceux qui ne l’accepteront pas. Il sera alors trop tard pour le regretter.

 

Claude Valleix, préfet honoraire, et Pierre Mérand, procureur général e.r.

 

Islam et laïcité
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 3 mars 2011
Auteur : Claude Valleix et Pierre Mérand

02/02/2011

Emancipation du Monde arabe ??? reconnaitre Israël ???

«Quand trop de sécheresse brûle les coeurs; Quand la faim tord trop d’entrailles; Quand on rentre trop de larmes; Quand on bâillonne trop de rêves; C’est comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher; A la fin, il suffit du bout de bois d’un esclave; Pour faire, Dans le ciel de Dieu; Et dans le coeur des hommes le plus énorme incendie.»
Mouloud Mammeri

 

http://www.linternaute.com/science/science-et-nous/dossiers/07/science-arabe/quadrant4.jpg

 

Cette année 2011 est décidément une année arabe. Pour la première fois depuis plus d’un siècle, les peuples arabes s’émancipent à la fois de leurs dirigeants qui n’ont pas su et pour certains, pas pu les mener à bon port en les projetant dans le XXIe siècle. Il a fallu un espace virtuel Facebook, Twitter et plus généralement, les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour avoir eu raison de la chape de plomb des pouvoirs. Le régime tunisien fut balayé par l’Internet. Le régime du pharaon aux pieds d’argile comprit, mais trop tard, la nécessité d’étouffer le sang de l’information qui circulait sur la Toile. En voulant museler l’Internet, il constata que la révolution était déjà dans la rue. On apprend par ailleurs, que par mesure de précaution selon, The Guardian, qui cite Akhbar al-Arab, Gamal Moubarak, aurait quitté l’Égypte avec sa femme pour aller se réfugier à Londres.Pour beaucoup d’observateurs, écrit Hicham Hamza, l’armée détient aujourd’hui la clé de l’avenir politique de l’Egypte. Hosni Moubarak a ainsi désigné samedi, comme Premier ministre, Ahmed Chafik, ancien commandant de l’armée de l’air et ministre sortant de l’Aviation. Il est chargé de former un nouveau gouvernement. Le changement dans la continuité. Samedi, le président égyptien Hosni Moubarak a nommé au nouveau poste de la vice-présidence, un loyaliste par excellence, l’ancien général Omar Suleïman, chef des services secrets et candidat idéal à la succession pour les Etats- Unis. Proche des milieux d’affaires, Omar Suleïman est reconnu comme un partenaire estimable pour les Américains et les Israéliens. Ses accointances au sein de la classe politique israélienne sont également jugées rassurantes pa gouvernement de Benjamin Netanyahu. (..) l’enjeu sera de savoir si la tutelle de l’Occident sera maintenue ou bien si les aspirations démocratiques du peuple à l’autonomie pourront enfin s’exprimer.(1)


Le régime du Pharaon aux pieds d’argile Comment ce vent de révolte a-t-il soufflé? A côté du mimétisme de la révolte des jeunes Tunisiens, il ne faut pas négliger aussi le rôle de ferment joué par les câbles de wikiLeaks, et la crise des matières premières (on dit que l’Algérie et l’Egypte sont les deux premiers pays à acheter du blé aux pays qui le produisent, il y a au moins ce record que nous devons homologuer dans le livre des Guinness). Pour le reste, le Monde arabe est dernier partout et, notamment dans le domaine des sciences et de la technologie (500 université musulmanes, dans les dernières places, 5000 universités aux Etats-Unis Les 100 premières sont américaines et sur les 1000 premières universités mondiales 500 sont américaines. Le gap de plus en plus important entre les potentats installés dans les temps morts et un Occident exubérant d’initiative et de créativité. Un autre paramètre est la défaillance totale de tous les partis politiques ou supposés tels dans les pays arabes, alliés traditionnels du pouvoir, leur appel à mobilisation débouche sur des flops. On remarque que les tentatives de récupération en Algérie, Tunisie et Egypte se sont soldées par des échecs patents. Ajoutons le catalyseur et l’humiliation continuelle des Arabes à travers la politique d’apartheid d’Israël envers les Palestiniens et à son impunité imposée par un Occident qui développe justement, avec les potentats arabes qu’il soutient, des relations privilégiées. A titre d’exemple, l’Egypte est inféodée aux Etats-Unis, le prix de sa reddition en rase campagne est de 1,3 milliard de dollars.


Pierre Haski explique les analogies et les dissemblances des révolutions arabes d’avec celles des pays de l’Est en 1989. «Depuis le départ du président tunisien Ben Ali et la «contagion» dans d’autres pays arabes, la comparaison a souvent été faite avec la chute du mur de Berlin, en octobre 1989.(...) La principale différence, évidemment, tient au fait que les pays communistes d’Europe centrale et orientale appartenaient à un même «bloc», dont le centre de contrôle se trouvait à Moscou, au Kremlin. Lorsque ce dernier, sous la direction de Mikhaïl Gorbatchev, a laissé faire, la voie était soudain libre pour des changements historiques....Le Monde arabe n’a aucune de ces caractéristiques: ce n’est pas un bloc homogène. (...)»


L’Egypte est inféodée aux Etats-Unis Pierre Haski ajoute que l’Occident est inquiet et on le comprend: «Et le monde extérieur est partagé entre le soutien aux aspirations démocratiques des manifestants, et la peur de voir ces pays tomber entre les mains d’extrémistes religieux, et donc de devenir des foyers d’instabilité et potentiellement «ennemis».La Tunisie est un petit pays, sans enjeu stratégique majeur, et les événements ont pu suivre leur cours sans grande interférence extérieure. En revanche, ce qui est sûr, c’est que les grandes puissances de ce monde observent avec inquiétude ces événements, au lieu de se réjouir de voir un vent de demande de liberté souffler sur une partie du monde qui semblait condamnée pour longtemps à l’immobilisme, la médiocrité de despotes galonnés ou couronnés, et à la menace de l’obscurantisme politicoreligieux.


Cette inquiétude, perceptible de Washington à Paris, nul ne sait où va la révolution égyptienne en marche. Avec, évidemment, l’incertitude islamiste. Un renversement éventuel de Moubarak ouvrira-t-il la voie à une victoire des Frères musulmans, à l’histoire longue de près d’un siècle, et très enracinés en Egypte ou en Jordanie? Ce n’est pas ce que souhaitent les Américains, ou leurs voisins israéliens, une position qui agace les «dissidents» démocrates du Monde arabe qui n’en peuvent plus d’être confrontés à l’alternative, islamistes ou dictateurs...L’analyste conservateur, Robert, Kaplan écrivait dans le New York Times qu’il ne fallait pas trop se réjouir des événements du Monde arabe, car on finirait par regretter des «dirigeants avisés» comme le roi Abdallah de Jordanie, ou «stables» comme le président Moubarak. Et de rappeler que ce sont des élections démocratiques qui ont amené le Hamas au pouvoir à Ghaza. Ils ont fait voler en éclats le mur de Berlin dans leurs têtes, qui les empêchait jusque-là de contester des régimes autoritaires et largement corrompus, soutenus par les Occidentaux au nom de la lutte contre l’intégrisme religieux.»(2)

 

http://islamenfrance.fr/site/wp-content/uploads/2010/08/monde-arabe-islam-musulman-mosquee-halal-voile-islamique-coran-burqa-voile-integral-israel-palestine-cfcm-uoif-islamisme-islamiste-religion-laicite-chretien-juif-ump-ps-fn-islamophobie-racisme-ramadan-2010.jpeg


Alain Gresh rappelle, pour sa part, les causes structurelles voire le ferment des révoltes. Ecoutons-le:


«D’abord, le maintien de régimes autoritaires qui ne rendent jamais de comptes à leurs citoyens. S’il existe (ou plutôt existait) une «exception arabe», c’était bien celle-ci: ces régimes ont connu une longévité sans précédent, M.Moubarak est président depuis 1982, M.Ali Abdallah Saleh dirige le Yémen depuis 1978 et, à Amman, Abdallah II a succédé en 1999 à son père, qui, lui-même, avait accédé au pouvoir en 1952. Pour ne pas parler de la Syrie où Bachar El-Assad a remplacé son père qui avait pris le pouvoir en 1970, ou du Maroc où le roi Mohammed VI a remplacé son père en 1999, celui-ci ayant régné à partir de 1961, de la Libye où El Gueddafi sévit depuis 1969 et prépare son fils à lui succéder. Quant à M.Ben Ali, il présidait sans partage depuis 1989. (3)De plus, dans des conditions différentes selon chaque pays, les droits individuels, politiques et d’expression du citoyen sont bafoués. La publication par WikiLeaks des télégrammes venus de l’ambassade des Etats-Unis au Caire confirment ce que tout le monde savait. (...) Tous ces régimes ont accaparé non seulement le pouvoir politique, mais se sont imposés dans le domaine économique, agissant souvent en vrais prédateurs des richesses nationales, comme en Tunisie. (...) On peut noter aussi que la lutte contre Israël, qui offrait souvent aux régimes du Proche-Orient un argument pour maintenir leur emprise - au nom de l’unité contre l’ennemi sioniste -, ne semble plus suffire.(...) l’ensemble du Monde arabe semble bien incapable de réagir au lent écrasement des Palestiniens. (....) Et maintenant? Que feront les Frères musulmans, très réticents à entrer dans une confrontation avec le pourvoir et qui ont finalement décidé de se rallier au mouvement? Mohammed El-Baradeï, sera-t-il capable de fédérer les oppositions?


«Les Palestinian Papers (ie documents WikiLeaks - NdT) écrit Robert Fisk, sont aussi stupéfiants que la Déclaration de Balfour. L’ «Autorité» palestinienne était prête, et l’est encore, à abandonner le «droit au retour» de peut-être sept millions de réfugiés vers ce qui est actuellement Israël en échange d’un «Etat» qui ne couvrirait plus que 10% (au mieux) du territoire palestinien sous mandat britannique. Il se passe quelque chose d’exceptionnel dans le Monde arabe. (...) En Égypte, nous aimons la démocratie. Nous avons encouragé la démocratie en Égypte - jusqu’à ce que les Egyptiens décident de renverser la monarchie.

 

Alors, nous les avons mis en prison. Puis nous avons exigé encore plus de démocratie. C’est toujours la même histoire. Tout comme nous voulions la démocratie pour les Palestiniens à condition qu’ils votent pour les bons candidats, nous voulions aussi faire profiter de notre démocratie aux Égyptiens. Maintenant, au Liban, il apparaît qu’une «démocratie» libanaise va s’imposer. Et ça, nous n’aimons pas. Car, évidemment, nous voulons que les Libanais votent pour ceux que nous aimons, les partisans sunnites de Rafic Hariri dont l’assassinat - croyons nous - fut orchestré par les Syriens. Que se passe-t-il? Se pourrait-il que le Monde arabe décide de se choisir lui-même ses dirigeants? Se pourrait-il que nous assistions à l’émergence d’un Monde arabe qui ne serait plus contrôlé par l’Occident? En Égypte, l’avenir de Hosni Moubarak paraît encore plus compromis. Et les Égyptiens n’en veulent pas du fils de Hosni. Le chef de la sécurité de Hosni, un certain Suleïman, qui est très malade, n’est peut-être pas non plus l’homme qu’il faut. Et pendant ce
temps, à travers tout le Moyen-Orient arabe, nous attendons la chute des alliés de l’Amérique. En Égypte, M.Moubarak doit déjà être en train de se chercher une destination vers où s’envoler. Au Liban, les amis de l’Amérique s’effondrent. C’est la fin des «Démocrates» du Moyen-Orient arabe. Nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait. Seule l’histoire nous le dira.»(4)Pour Mohamed Tahar Bensaâda, l’alternative posée à l’Occident est simple: c’est soit les barbus soit les blindés. Cela nous rappelle la phrase de Moubarak à
l’Occident, c’est moi ou l’Algérie sous- entendu le chaos. «(...) Bien avant le soulèvement populaire, et comme l’ont si bien illustré les fuites de WikiLeaks, les Américains ont montré qu’ils étaient excédés par les pratiques maffieuses du clan Ben (...) Comme leurs porte-parole dans l’Hexagone, les diplomates israéliens n’ont pas hésité à regretter la chute du régime de Ben Ali et à pointer du doigt la «menace islamiste».

 

 

 

Ben Ali et Trabelsi en Suisse. 621 millions CHF. Publications du Centre Arabe de Recherches et d'Analyses


L’Egypte et la Jordanie, deux pays qui ne partagent pas seulement la proximité géographique avec l’Etat d’Israël. Tous les deux ont fait une «paix séparée» avec l’Etat hébreu. (...) Dans le Soudan voisin, (...) la manipulation israélo-occidentale de l’aspiration du Sud à l’autodétermination, à la liberté et au développement, a réussi, aidée en cela par l’irresponsabilité criminelle d’un pouvoir nordiste, sourd aux appels à la liberté, à la justice et à l’égalité des populations d’un Sud marginalisé et méprisé. (...)(5)


Que fera l’Occident qui avait, définitivement, misé sur «la fin de l’histoire des Arabes» réduits à des esclaves résignés avec un prévôt adoubé pour les maintenir en respect? Les peuples arabes lèvent la tête et s’interrogent sur l’avenir. Sans vouloir jouer les pythies, imaginons que les jeunes Arabes vont au bout de leurs rêves. Qu’ils arrivent à élire et à faire émerger en leur sein des guides capables de leur indiquer le chemin dans la dignité, l’espoir pour tous. Pourtant, on peut craindre que ce ras-le-bol soit une révolte malheureusement, non structurée qui risque de déboucher sur une anarchie nihiliste en l’absence d’alternatives crédibles comme c’est le cas en Tunisie où la contestation continue, pour continuer.


Les gouvernements arabes sont dociles C’est l’avis du journaliste britannique Robert Fisk, pour qui, le changement de régime en Tunisie n’annonce pas forcément l’avènement d’une démocratie. «Serait-ce la fin de l’âge des dictateurs dans le Monde arabe? s’interroge Robert Fisk. Tous ces cheikhs et ces émirs, ces rois (dont un très âgé en Arabie Saoudite et un jeune en Jordanie), ces présidents (là encore, un très âgé en Egypte et un jeune en Syrie) doivent sans aucun doute trembler dans leurs bottes, car les événements de Tunisie n’étaient pas censés se produire. (...)Si de tels événements peuvent se produire dans un pays touristique comme la Tunisie, ils peuvent survenir n’importe où....La vérité est que le Monde arabe est si sclérosé, si corrompu, si humilié et si impitoyable -et si incapable d’accomplir des progrès sociaux et politiques que les chances sont quasi nulles de voir émerger des démocraties viables dans le chaos qui règne dans le Monde arabe. Mais tous les dictateurs savent qu’ils courent de gros dangers quand ils libèrent leurs compatriotes de leurs chaînes. Et les Arabes n’ont pas dérogé à la règle. Non, tout bien considéré, je ne pense pas que le temps des dictateurs arabes soit révolu. Les Occidentaux y veilleront.»(6)
Il est vrai que les gouvernements arabes actuels n’intéressent l’Occident que dans la mesure où ils sont dociles et non pas en tant que valeur ajoutée issue d’un brain- storming mais en tant que dépositaires d’une rente et prévôts des peuples qu’ils sont chargés de mater, en respectant un vernis de démocratie. Les dirigeants arabes, pour la plupart mal élus, s’accrochent au pouvoir à l’instar d’un El Gueddafi qui est, à n’en point douter», un cas d’école tant il est vrai qu’il a réussi à casser le peuple libyen et surtout sa jeunesse.


Pourtant, le croyons-nous, quelque chose d’absolument nouveau a eu lieu, le temps travaille pour l’avenir des millions de jeunes Arabes. Nul doute que la géopolitique mondiale connaîtra un véritable séisme et ce sera véritablement le chaos si les nouveaux Arabes décidaient enfin, de ne plus prendre comme parole d’Evangile les injonctions de l’Occident. Peut-être que c’est aussi, l’occasion unique pour rendre justice au peuple palestinien si le Monde arabe, dans son ensemble, décidait de dire «ça suffit!» concernant les coupables complicités de l’Occident vis-à-vis d’Israël. Les peuples arabes s’émancipent, le mur de la peur est tombé.


(*) Ecole nationale polytechnique
1.Hicham Hamza: Le nouveau vice-président favori des Américains Oumma.com 29.01.2011
2.Pierre Haski: Le Monde arabe vit sa chute du mur de Berlin Rue89 29.01.2011
3.Alain Gresh:Le Monde arabe se révolte Monde diplomatique 28 janvier 2011
4.Robert Fisk: Une vérité émerge du Monde arabe http://www.independent.co.uk/opinio...
5.Mohamed Tahar Bensaâda Les barbus ou les blindés: l’Islam a bon dos. Quelles perspectives de
changement dans le Monde arabe? Oumma.com 27 janvier 2011
6.Robert Fisk. Le temps des dictateurs n’est pas révolu. The Independent dans Courrier international
29.01.2011.

 

Les peuples arabes s’émancipent : la chute du mur de la peur
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 31 janvier 2011
Auteur : Pr Chems Eddine Chitour (*)

10:55 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islamisme, israël, islam, révolution française, esclave, arabe, egypte, tunisie, jordanie, pétrole | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/01/2011

Les occidentaux désemparés devant les drames chrétiens!

Analyse

Tout appui trop voyant de la part de l'Occident envers les minorités chrétiennes dans les pays arabes risque de se retourner contre elles, relèvent des experts.

 

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Les Occidentaux semblent dépourvus de moyens efficaces pour défendre les minorités chrétiennes menacées par el-Qaëda dans le monde musulman. Depuis les massacres à deux mois d'intervalle dans des églises de Bagdad (46 morts le 31 octobre) et d'Alexandrie en Égypte (21 morts le 31 décembre), l'urgence s'est cependant imposée de répondre à une tragédie longtemps minimisée par rapport à d'autres fractures - juivearabe et chiite-sunnite - de la région.Joseph Maïla, directeur de la prospective et spécialiste des religions au ministère français des Affaires étrangères, avait accusé en novembre el-Qaëda de « nettoyage ethnique ».


« C'est la diversité qu'on tue », avait-il aussi dénoncé alors que, selon plusieurs spécialistes, l'hostilité antichrétienne s'étend bien au-delà d'el-Qaëda. Pour les Occidentaux, toute intervention est toutefois délicate.

 

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« Le chemin de sagesse est de faire confiance aux gouvernements locaux. Si les chrétiens bénéficient d'un appui trop voyant, ils seront perçus encore plus comme vecteurs de l'influence étrangère », estime Denis Bauchard, de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Selon Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes, toute critique sur ce sujet d'un gouvernement occidental à l'égard d'un régime ami de la région « rend celui-ci critiquable par ses oppositions et ses extrémismes ». À l'exception de la Jordanie, les réponses des gouvernements, de l'Égypte à l'Algérie et à la Turquie, sont souvent ambiguës, note encore Denis Bauchard. Sous pression d'une opinion de plus en plus tentée par les idées fondamentalistes, les autorités égyptiennes manifestent ainsi des réticences face à la construction d'églises. Des mouvements islamistes comme le Hamas et les Frères musulmans peuvent aussi tenir un double langage, se montrant officiellement solidaires des chrétiens persécutés, mais réceptifs dans le même temps à l'aversion de leur
base.

 

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À chaque remarque, le pays critiqué répond souvent par une pique contre l'Occident coupable de mal intégrer les musulmans. Après la tuerie de la cathédrale de Bagdad, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait ainsi demandé au pape Benoît XVI qu'« il ne laisse pas l'Orient se vider de ses chrétiens, ni l'Occident se vider de ses musulmans ». En Égypte, le ministre des Affaires étrangères Ahmad Aboul Gheit a déclaré hier que la protection des lieux de culte, « notamment les églises coptes », relève de la « responsabilité
exclusive » du gouvernement et de l'État (égyptiens). « L'objectif d'el-Qaëda et des islamistes radicaux, c'est de provoquer une confrontation entre le monde arabe et l'Occident », a estimé cette semaine Michèle Alliot-Marie, la ministre française des Affaires étrangères. Dans une lettre à la Haute représentante de l'Union européenne, Catherine Ashton, elle a demandé une action concertée des 27. Elle suggère un soutien à la région autonome kurde du nord de l'Irak qui a accueilli 20 000 chrétiens irakiens depuis 2003. Les Occidentaux veulent surtout éviter un exode des 20 millions de chrétiens d'Orient, que redoutent les chefs de ces Églises et les dirigeants modérés de la région. Après l'attentat de Bagdad, la France avait recueilli des blessés et leurs proches. Michèle Alliot-Marie, sans fermer la porte, affirme que la logique voudrait qu'ils retournent dans leur pays. Pour ne pas faire gagner el-Qaëda. Alors que ces minorités sont assimilées aux « croisés », surtout depuis l'intervention américaine de 2003 en Irak, leur rôle modérateur, par exemple dans le foyer de crise Israël-Palestine-Liban, est apprécié des Occidentaux. Souvent culturellement modernes, influentes économiquement et jalousées, à l'instar des coptes en Égypte, elles ont été parfois dominantes comme au Liban. Elles ont en outre été choyées par les nationalismes arabes laïcs, avant que la montée d'un « islam politique » influencé par le rigorisme wahhabite ne rogne leurs droits, explique Denis Bauchard.

 

Les occidentaux impuissants à défendre les chrétiens d’Orient
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 6 janvier 2011

 
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