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13/09/2011

L'Iran contrôle t-il le Proche Orient et ses révolutions?

Commentaires de JN Ferret menbre IHEDN:


Exemple d'un article qu'il faut lire pour suivre l'évolution de la situation au Proche Orient Par contre, il faut intégrer la personnalité de l'auteur Jacques Bénillouche, journaliste d'origine tunisienne, particulièrement productif dans les médias francophones pro-israléliens, en remarquant curieusement qu'aucune biographie approfondie le concernant n'est accessible sur leNet. Dans l'article je relève une information surprenante à propos du tir de trois missiles Scud par le hezbollah irakien en direction du Koweit. Cela impliquerait que des missiles " Scud" de Saddam Hussein auraient été récupérés avant l'invasion américaine. Les Israéliens parlent de 250 missiles Scud, ce qui compte tenu de l'encombrement, de la maintenance depuis 2003 et de la mise en oeuvre de tels engins apparaît tout de même farfelu . Si un tir semble bien avoir été effectué le 26 août dernier, il me semble plus logique de supposer qu'il s'agit en réalité tout simplement de missiles iraniens Grad d'une portée de 30 à 50 km et largement disséminés par les Iraniens au Proche Orient ( Liban, Sinaï....) ; Une telle imprécision, volontaire ou non, est regrettable pour la véracité et la pertinence de l'article; Cela indique aussi une certaine légèreté du contrôle effectué par la rédaction du site Slate.fr qui par ailleurs diffuse tout de même des informations intéressantes.

 

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En alimentant en missiles la bande de Gaza et le Hezbollah, en soutenant à bout de bras le régime de Bachar el-Assad en Syrie, l'Iran met le feu au Proche-Orient pour avoir le temps de se doter d'un arsenal d'armes nucléaires.


Pendant que les regards sont tournés vers les champs de bataille de Libye et de Syrie, l’Iran
poursuit tranquillement son programme nucléaire et sa politique d’ingérence dans les affaires de la région. Téhéran manipule et fournit en missiles les islamistes de Gaza et se trouve manifestement derrière les attaques planifiées depuis Gaza et exécutées en territoire égyptien, au Sinaï, où les terroristes affichent leur présence ouvertement. Le Djihad islamique a été mandaté pour agir en son nom en procédant à des tirs de missiles contre Israël tandis que le Hamas, «trop prudent», est même mis à l’écart en étant privé de contacts à haut niveau avec les autorités de Damas et de Téhéran.


Grogne de Tsahal
Une mauvaise humeur inhabituelle commence à s’exprimer parmi les officiers généraux de Tsahal qui se sentent enchaînés par la politique indécise du gouvernement israélien qui ne trouve pas sa voie pour résoudre les crises sociales et sécuritaires. Les services de renseignements ont mis l’accent sur le transfert continu par les Iraniens, à la barbe des Egyptiens, des Israéliens et des Américains, de plus de 10.000 missiles destinés au Djihad islamique, bras armé iranien à Gaza. Des fusées Grad de 30 kms de portée mettent à présent la septième ville d’Israël, Beer-Shev’a, et ses 200.000 habitants dans leur ligne de tir. Les Iraniens équipent massivement en armement de contrebande la bande de Gaza avec la seule intention de mettre le feu à tout le Moyen-Orient et d'abord au Sinaï. L’Iran poursuit plusieurs objectifs. Il n’a pas renoncé à sauver le régime syrien de Bachar el-Assad qui constitue pour lui son principal allié au Proche-Orient et un appui indispensable pour avoir la mainmise sur le Liban voisin via le Hezbollah. Il agit en sous-main à Gaza pour soulager le régime de Bachar el-Assad et détourner l’attention des massacres perpétrés sur la population civile. Il délègue des sous-traitants pour ouvrir des seconds fronts et essaye dans le même temps d’isoler Israël de ses alliés dans la région. Il a déjà réussi en parvenant à briser l'alliance entre Israël et la Turquie, même si Ankara se mord aujourd'hui les doigts d'avoir trop misé sur la Syrie et l'Iran. Il arrive à Erdogan de commettre des erreurs. L’Iran n’apprécie pas, par ailleurs, le comportement des nouvelles autorités égyptiennes qui n’ont pas modifié la stratégie de collaboration avec Israël, héritée de Hosni Moubarak. Il estime nécessaire d’empêcher les militaires égyptiens de reprendre le contrôle de la péninsule du Sinaï où sont installés les groupes qui agissent en son nom en toute impunité. Il veut aussi briser les velléités de Mahmoud Abbas de déclarer son Etat palestinien indépendant le 20 septembre.


Les solutions diplomatiques n’entrent pas dans la stratégie de l’Iran. L’objectif des attentats a pour but de remettre en cause une décision politique qui ne doit pas trouver preneur parmi les membres de l’ONU.


Le danger du Sinaï
Hillary Clinton avait évalué le danger potentiel de l’action des terroristes dans le Sinaï et s’était entretenue à ce sujet le 20 août avec le maréchal égyptien Tantawi pour le mettre en garde et pour le dissuader de rappeler son ambassadeur en Israël. Elle a informé les Egyptiens que la réunion du cabinet de sécurité israélien, constitué des huit principaux ministres, planchait sur les mesures militaires à prendre pour mettre fin aux tirs de missiles palestiniens.


Elle craignait que toute opération visant à éradiquer al-Qaida et le Djihad islamique du Sinaï
soit prétexte à l’Iran pour lancer une agression. Les hautes autorités militaires israéliennes ont du mal à cerner avec précision les vrais responsables. La volonté de désigner le Hamas comme responsable est une pure rhétorique car les Israéliens savent qu’il est à présent totalement dépassé et phagocyté par les nébuleuses islamiques qui détiennent la réalité du pouvoir militaire dans la bande de Gaza. Tant que l’ordonnateur des troubles n’a pas été désigné avec précision, les Israéliens resteront dans l’incertitude d’une démarche militaire.
 

 

Mais le danger sécuritaire qui se développe aux portes d’Israël risque de pousser le pays à anticiper une attaque dans le cadre de sa politique de guerre préventive, toujours appliquée, sauf à l’occasion de la guerre du Kippour. Cette guerre, qui entraînera certainement une déflagration dans tout le Moyen-Orient, est du goût des dirigeants de l’armée qui s’élèvent contre la passivité à l’égard des extrémistes palestiniens. Ils s’inquiètent de le voir impunément stocker des armes sophistiquées aux portes d’Israël. La passivité américaine les déconcerte encore plus. La seule inconnue reste la date à laquelle les Iraniens décideront de provoquer le feu dans la région. Les services de renseignements sont mobilisés pour déterminer les ordres précis qui ont été transmis aux marionnettes de l’Iran à Gaza.


Extension à l’Irak
La capacité de nuisance de l’Iran ne s’exerce pas uniquement à l’égard d’Israël ou du processus de paix israélo-palestinien. Les Iraniens tiennent dès à présent à occuper le vide en Irak, après le départ des troupes américaines, et lorgnent sur un territoire soumis aux convoitises des chiites. Ils n’ont jamais caché leurs prétentions à prendre leur revanche après la guerre mal terminée en 1988 qui a fait plus d’un million de morts. Alors, ils préparent la prise de contrôle du pays en s’appuyant aussi sur une nouvelle élite chiite irakienne sensible à leurs thèses et sur le rôle du Hezbollah libanais fer de lance des chiites arabes (les Iraniens sont des perses). La crainte d’une attaque de leurs installations nucléaires pousse aussi les Iraniens à planifier une vague de terrorisme à la fois en Afghanistan et en Irak pour tenter de dissuader Israël et les Etats-Unis d’intervenir. Le Hezbollah agit en Irak à travers deux associations chiites irakiennes qui lui servent de camouflage: la Ligue des croyants (Asaib Al- Haq) et les brigades Hezbollah (Kataïb). La Ligue des croyants a été entraînée durant quatre ans dans une base iranienne des Gardiens de la Révolution par des officiers du Hezbollah. Des militants de la Ligue ont ensuite été envoyés, déguisés en pèlerins chiites, dans des villes du sud de l’Irak pour s’attaquer à des cibles américaines. Hassan Nasrallah a aussi été chargé de ce projet d’ingérence en Irak. Il a fait part de ses intentions à ses militants à l’occasion de plusieurs discours où il a martelé plusieurs fois le nom de l’Irak dans ses propos: «La résistance irakienne avait surpris l'occupant américain… L’axe englobant la Palestine, le Liban, la Syrie, l'Irak et l'Iran a fait échouer le projet américain visant à diviser la région et à y liquider la résistance… le retrait américain de l'Irak est un échec et une défaite.» Cet appui à la résistance irakienne préfigure le combat que le Hezbollah entend mener en Irak pour aider l’Iran à s’y implanter en force. En utilisant son sous-traitant islamiste armé par ses soins, l’Iran veut contrôler Kerbala avec les sanctuaires chiites de Najaf. Il veut imposer un gouvernement irakien, à sa solde. Il vise aussi les champs pétrolifères du sud afin de gérer l’approvisionnement mondial en pétrole et de se doter d’une nouvelle capacité de raffinage qui fait défaut en Iran.


Provocation au Koweit
La provocation s’étend à présent à d’autres horizons. Trois missiles Scud ont été lancés à destination du Koweït le 26 août par les Kataïb d’Irak soutenus par le Hezbollah. C’est la première fois qu’un groupe terroriste utile ce type de missiles. L’Iran veut lancer un avertissement au Koweït pour qu’il arrête la construction du grand port Moubarak sur la côte irakienne. Le Koweït a pris la menace au sérieux puisqu’il a massé sur l’île Boubiyan des troupes chargées de défendre cette construction dont le coût s’élève à plus d'un milliard de dollars. Les unités mobilisées sont composées de la police militaire du groupe de défense Amoun, des unités des services de renseignements et de la défense aérienne, de la 35e compagnie, de la 6e brigade et des forces navales. L’Irak craint que cette nouvelle construction n’entrave les opérations du port de Bassorah qui représente la principale ouverture du Golfe Persique pour les exportations de son pétrole. Le gouvernement irakien a menacé d’intervenir. Mais les menaces de l’Irak ont été émises par le groupe radical Kataïb, bras armé de la brigade al-Qods des Gardes Révolutionnaires iraniens. Des informations parvenues à l’Iran lui font craindre en effet que ce nouveau port serve à accueillir les flottes du Koweït, des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite. Il pourrait même ravitailler en secret les unités maritimes israéliennes qui patrouillent dans le Golfe Persique.

 

Les Israéliens suivent avec intérêt le déroulement des évènements car ils sont persuadés que les 250 missiles Scud de Saddam Hussein, qui avaient disparu avant l’invasion américaine, ont été récupérés par les Kataïb d’Irak. Le projet de construction dans l’île Boubiyan pourrait servir d’alibi aux Iraniens pour organiser des manifestations à la frontière irano-koweïtienne avec des risques militaires. La situation dans la région pourrait alors se détériorer parce qu’il est dans l’objectif des Iraniens de susciter des troubles, une façon d'assurer la poursuite en toute quiétude de leur programme nucléaire.

 

l’Iran met le feu au Proche Orient
Source, journal ou site Internet : slate
Date : 5 septembre 2011
Auteur : Jacques Benillouche

07/05/2011

Histoire d'un homme: Al Qaîda n’existe plus depuis 2002, et Ben Laden depuis...

«Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie» André Malraux


«Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al Qaîda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al Qaîda: justice est faite.»

 

http://www.lasalle.aw/interessant/taliban/ben_laden2.jpg

 

C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak:«Nous l’avons eu» quand Saddam, aux abois, a été arrêté: Lorsque Barack Obama emploie le mot «justice», il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine. De quoi s’agit-il en fait? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....Pour cet exploit, le président des Etats-Unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles «actions unilatérales non autorisées» ne devraient pas se reproduire. Les Etats-Unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays «aurait pu alerter» le chef d’Al-Qaîda de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.


La carrière de Ben Laden
Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du shah d’Iran vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se
verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980. Selon Zbigniew Brzezinski, le président Carter aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée «Bureau des services». Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al Qaîda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les «infidèles» à «souiller le sol sacré» de l’Arabie Saoudite...Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA; nom de code «Tim Osman». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al Qaîda serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)


Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes «laïcs» et «impies» protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré: «Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien.» Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la «liberté» du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite, Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.


Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01; CNN, 17/09/01; Washington Post, 17/09/01), il déclare: «Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...]». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme: «Les Etats-Unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait.» (Reuters, 16/09/01; Daily Telegraph, 16/09/01; The Independent, 16/09/01; BBC News, 16/09/01; CBS, 16/09/01; Guardian, 17/09/01; Le Monde, 18/09/01). Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est «pas impliqué dans les attentats du 11 septembre». Il précise: «Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein» (Ummat, 28/09/01). La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux «vidéosconfession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.


L’homme aux plusieurs vies
De plus, et selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al Qaîda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues: «Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaîda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002.»(2) A l’instar de highlander, le chef d’Al Qaîda a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était «probablement plus de ce monde». En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée «confidentiel-défense» de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde. Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme «qui a tué Oussama Ben Laden». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)


Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Ecoutonsle:
«De quoi avaient-ils peur? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible: un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la soi-disant organisation Al Qaîda, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés.


L’exécution extra- judiciaire des «injusticiers» surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà.


Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants? Que nenni, il en savait trop ce «héros!»(...)


Pourquoi a-t-on fait taire Ben Laden maintenant?
Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup!), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...)»(3)


Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990: Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux Etats-Unis. Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...Sommes-nous dans la logique de «oeil pour oeil, dent pour dent»...Est-ce la fin de l’Histoire? pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ou est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Ecoutons-le: «Sans doute le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenezvous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(4) Nous l’espérons.


1.Oussama Ben Laden Encyclopédie Wikipédia
2.http://nemesisnom.info/conspirations/al-qaida-n%E2%80%99existe-plus-selon-la-dgse/
3.Robert Bibeau: www.legrandsoir.info/L-assassinat-extra-judicaire de -Ben Laden.html
4.Paul Craig Roberts: La seconde mort d’Oussama Ben Laden. Alterinfo.net 2 mai 2011

 

Mort de Ben Laden : est-ce la fin de l’histoire ?
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 5 mai 2011
Auteur : Pr Chems Eddine Chitour

 

Tel Aviv embarrassé par la mort de Ben Laden


Obama, auréolé de son succès, est en position de force pour exiger de l’Etat hébreu plus de concessions.


Dans la "situation room", le président et son équipe ont suivi le déroulement de l'opération qui a conduit à l'élimination d'Oussama Ben Laden - Crédit : Pete Souza United States Government Work Oussama Ben Laden était l’homme le plus haï des Américains, le mal incarné dans toute sa splendeur. Le traumatisme qu’il a causé a déclenché une guerre en Afghanistan qui est toujours en cours et une autre en Irak qui n’est pas davantage près de se terminer. Il ne fait aucun doute que sa liquidation est un succès pour les Etats-Unis et pour Obama. La liquidation de Ben Laden envoie aux groupes extrémistes qui s’en inspirent un message aussi cinglant que celui généralement délivré par Israël en pareilles circonstances : même si cela doit nous prendre du temps, nous avons le bras long et nous finissons toujours par vous rattraper. Durant les trois premières années du mandat d’Obama, les Etats-Unis avaient perdu beaucoup de leur superbe au Moyen- Orient.

 

Jusqu’ici, Obama n’avait réussi à atteindre aucun des objectifs ambitieux qu’il avait lui-même placés en tête de ses priorités. Pour ses ennemis comme pour ses amis, il passait pour un dirigeant faible et inexpérimenté qui ne savait trop où il menait les Etats-Unis. Ces doutes n’avaient fait que se renforcer ces derniers mois, alors que sa diplomatie multipliait les décisions contradictoires envers les révoltes qui touchent les Etats arabes. La liquidation de Ben Laden lui donne maintenant l’opportunité de restaurer le statut des Etats-Unis et de mettre à profit ce retour à une position de leadership. Encore faut-il qu’il démontre sa capacité à saisir cette opportunité. Dans son discours le 2 mai, Obama a réitéré la distinction entre, d’une part, l’islam violent et extrémiste représenté par Ben Laden et qui doit être combattu par la force, et, d’autre part, l’islam modéré, avec lequel il entend coopérer. Cette distinction, il l’avait déjà soulignée au début de son mandat, lors des discours du Caire et d’Ankara. Jusqu’à présent, cette stratégie n’a pas été payante. Les sondages d’opinion réalisés dans le monde arabe témoignent au contraire d’une large et profonde hostilité envers les Etats-Unis. Il n’est pas sûr que la liquidation de Ben Laden et la distinction d’Obama entre islam extrémiste et islam modéré parviennent à susciter la coopération à laquelle il aspire. Il est même probable que l’hostilité antiaméricaine au Moyen-Orient ira s’aggravant. Obama risque également de croire qu’il est désormais davantage en mesure d’exercer des pressions sur plusieurs acteurs du Moyen-Orient qui, jusqu’à présent, boudaient ou sabordaient les initiatives de Washington. C’est ainsi qu’Obama risque de faire pression pour qu’Israël reprenne les négociations avec les Palestiniens. Lors de son prochain voyage à Washington, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou risque donc fort de se retrouver face à un président américain beaucoup moins accommodant. Bref, la liquidation de Ben Laden risque d’avoir des conséquences cruciales pour le Moyen-Orient et tout particulièrement pour Israël.

 

Source, journal ou site Internet : Yediot Aharonot (Courrier international)
Date : 5 mai 2011
Auteur : Eytan Gilboa

15/04/2011

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen par "The New York Times"

En appelant à une intervention militaire en Libye, Nicolas Sarkozy a "réveillé l'Américain" qui sommeillait en lui et éclipsé Barack Obama, analyse The New York Times. Le quotidien s'amuse de cette inversion des rôles entre le locataire de la Maison-Blanche et le président français.

 

http://europeorient.files.wordpress.com/2009/04/nicolas-sarkozy-et-barak-obama.jpg

 

En France, cela fait longtemps qu'on le surnomme "Sarko l'Américain". Il aura toutefois fallu l'aide du locataire de la Maison-Blanche et le spectre d'un massacre en Libye pour permettre à Nicolas Sarkozy de révéler l'Américain qui sommeille en lui. En appelant à l'action militaire contre le colonel Kadhafi et en s'empressant de reconnaître et d'armer les rebelles libyens, Sarkozy s'est donné l'image d'un chef d'Etat d'envergure internationale, même s'il ressemble moins à un nouveau de Gaulle qu'à un Reagan à la française.


D'une certaine manière, Nicolas Sarkozy a également rendu service à Barack Obama. En poussant ainsi la France en avant, le président français a permis à son homologue américain de présenter de manière crédible l'intervention en Libye comme un modèle de coopération multilatérale, et non comme le théâtre de la troisième opération américaine dans un pays musulman en moins de dix ans. Entraîné à contrecoeur dans ce conflit et sur l'insistance des Européens et des dirigeants arabes - Sarkozy se montrant le plus pressant de tous -, Barack Obama aurait presque fait figure d'Européen. C'est un tandem géopolitique bien improbable que forment ces deux hommes. Jugés tous les deux comme des francs-tireurs, ils ont en commun d'avoir pris le risque de prendre leur pays respectif à rebrousse-poil. Mais l'apparition de ce duo a également de plus amples répercussions au sens où il augure d'un monde nouveau dans lequel les Etats-Unis, militairement et économiquement à bout, ne joueraient plus seuls le rôle de gendarme du monde. "Il est tentant de dire que Sarko l'Américain va de pair avec Obama l'Européen, mais c'est faux", explique Dominique Moïsi, fondateur de l'Institut français de relations internationales (IFRI).

 

Il s'agit plutôt, pour l'un comme pour l'autre, d'un "mariage de raison". Cette alliance s'inscrit également dans la lignée de convictions clairement affichées.


Lors de son discours à Berlin, en juillet 2008, Barack Obama s'est présenté aux Européens en tant que "citoyen du monde". Ce discours, prononcé dans les derniers jours de la présidence de George W. Bush, a notamment marqué les esprits par sa mention des "fardeaux de la citoyenneté globale". Enumérant les dangers de la prolifération nucléaire, de la culture de la drogue en Afghanistan, de la violence en Somalie et du génocide au Darfour, Obama avait déclaré qu'aucun pays, pas même les Etats-Unis, n'avait les moyens de répondre seul à ces menaces. Il s'agissait d'une rupture avec les politiques unilatérales de l'administration Bush, mais également d'un défi lancé à l'Europe. De son côté, Nicolas Sarkozy n'a jamais caché son admiration pour les Etats-Unis. En 2009, il a fait revenir la France au sein du commandement intégré de l'OTAN, une mesure essentiellement symbolique, mais qui l'a néanmoins aidé pour en appeler ensuite aux forces de l'Otan contre la Libye. Avant l'élection de Sarkozy, aucun pays occidental ne divergeait davantage des Etats-Unis que la France. En 2003, à la veille de la guerre en Irak, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, avait déclaré que l'opposition de la France à l'invasion américaine relevait d'un choix entre "deux visions du monde" : la frappe "immédiate et préventive" des Etats-Unis, d'une part, et la patience diplomatique de la France, d'autre part.

 

Cette fois-ci, c'est Nicolas Sarkozy qui a prôné une intervention militaire immédiate pour éviter un massacre à Benghazi, en Libye. Et c'est Barack Obama qui a traîné les pieds, arguant que cela risquait de réveiller le sentiment antiaméricain dans le monde musulman.

 

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Alors que s'annonçait un bras de fer à propos du vote du budget, et tandis que Washington s'efforce de rappeler ses soldats d'Irak et d'Afghanistan, Obama n'était guère enclin à déployer des troupes et à engager des dépenses pour un pays qui, d'après les termes mêmes du ministre de la Défense, Robert Gates, ne représente pas un intérêt vital pour les Etats-Unis. Les volontés conjuguées de Sarkozy et du Premier ministre britannique, David Cameron, ont toutefois changé les termes de l'équation en permettant au président Obama d'annoncer une intervention militaire de durée limitée et dont l'essentiel des opérations serait confié à une coalition de l'OTAN. De toute évidence, Nicolas Sarkozy agit en fonction de motivations propres. A la traîne dans les sondages, il risque de ne pas être réélu. Ses adversaires, notamment de droite, jouent sur les craintes des Français d'assister à un afflux de réfugiés libyens et d'Afrique du Nord. La réaction de son gouvernement face à la révolte tunisienne a été plus que tardive et on lui a reproché d'entretenir des liens un peu trop étroits avec le tyran déchu, Ben Ali. Pour Dominique Moïsi, il serait toutefois injuste de ne voir qu'un calcul politique de la part du président français. Sarkozy veut également devenir une figure historique et se fait une grande idée de la place de la France dans le monde. A l'instar des Etats-Unis, l'identité de la France est fondée, entre autres, sur le principe des droits universels. Dans une certaine mesure, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a d'ailleurs permis de justifier la défense de Benghazi. Et c'est au nom de ces mêmes idéaux que la France est intervenue également en Côte d'Ivoire, autre ancienne colonie, où les forces françaises de maintien de la paix opèrent sous un mandat des Nations unies. Toutes ces opérations représentent un risque pour Sarkozy. L'aventure libyenne pourrait s'enliser et tomber dans une impasse entre les rebelles et les forces du colonel Kadhafi. La reconnaissance précipitée des rebelles pourrait également avoir un effet boomerang, compte tenu du peu d'informations dont l'on dispose sur leurs motivations.

 

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Sarkozy pourrait également se voir reprocher d'avoir laissé les Etats-Unis se décharger trop lourdement sur les épaules de la France. Barack Obama n'est pas non plus à l'abri d'un risque. Ses opposants au Congrès l'accusent d'avoir embarqué les Etats-Unis dans une entreprise à l'objectif mal défini. En dépit de tous ses discours sur ses partenaires et le multilatéralisme, l'armée américaine constitue toujours l'essentiel des forces combattantes de l'OTAN, ce qui en fait une pièce maîtresse du dispositif libyen. Sans Obama à ses côtés, Sarkozy perdrait vite de sa superbe. Enfin, l'idée qu'une opération militaire ne soit pas placée sous le commandement des Etats-Unis ne plaît guère à certains républicains. Mais les deux présidents sont surtout un concentré de contradiction : les Européens s'étonnent de voir un président américain réticent à s'engager dans un conflit, tandis que les Américains, se souvenant de la guerre en Irak, ne savent vraiment pas quoi penser d'un soldat français. Se pourrait-il que les frites méritent véritablement leur appellation de "freedom fries" ? [littéralement "frites de la liberté" : nom ironiquement donné aux "french fries" à l'époque du refroidissement des relations franco-américaines, au moment du déclenchement de la guerre en Irak, en 2003].

 

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen
Source, journal ou site Internet : The New York Times
Date : 13 avril 2011
Auteur : Marl Landler

09:49 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, obama, libye, irak, militaire, guerre, ifri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/01/2011

Afghanistan: Renforcement militaire US et en Irak retour de Moqtada-al-Sadr qui appelle à la « résistance par tous les moyens. »

Afghanistan (Faisant suite au débat sur fb, un post s'imposait ici avec commentaires reproduits)

 

Ces renforts pourraient arriver dès la mi-janvier, avant le printemps qui est propice à la reprise des combats à grande échelle.

 

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Les Etats-Unis ont décidé jeudi d’envoyer 1400 Marines supplémentaires en Afghanistan, qui seront déployés dans le sud du pays, dans le cadre de l’offensive contre les taliban, pour «consolider les progrès déjà réalisés», avant une réduction programmée des forces américaines. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a «approuvé l’envoi de Marines en renforts dans le sud de l’Afghanistan afin de tirer profit des progrès réalisés et de les consolider, et de mettre l’ennemi sous pression durant la campagne d’hiver», a expliqué le colonel Dave Lapan, un porte-parole du Pentagone. Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables américains, ces renforts pourraient arriver dès la mi-janvier, avant le printemps qui est propice à la reprise des combats à grande échelle. Ce déploiement de «court-terme» doit être réalisé «pour la campagne d’hiver», a confirmé le Commandement central de l’armée américaine (Centcom) dans un communiqué. Les renforts seront déployés dans le sud-ouest, dans la province du Helmand, un des principaux foyers de l’insurrection taliban où les Américains considèrent avoir repris l’initiative en 2010, selon le Centcom. Les renforts sont constitués de la 26e unité expéditionnaire des Marines (MEU), qui est intervenue au Pakistan après les inondations de juillet et dont les hommes sont actuellement à bord du navire d’assaut amphibie Kearsarge dans l’océan Indien. «L’idée est de tirer parti des progrès que nous avons faits sur le terrain au cours des derniers mois et de renforcer notre pression sur l’ennemi au moment où il est déjà sous notre feu», a déclaré au quotidien le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell. Le président Barack Obama avait indiqué, en décembre, que le conflit en Afghanistan restait une entreprise «très difficile», mais que les Etats-Unis étaient sur le bon chemin pour parvenir à leurs objectifs. M.Obama avait reçu un rapport d’étape sur la nouvelle stratégie qu’il avait annoncée il y a un an, portant le contingent américain en Afghanistan à 97.000 hommes, soit le triple du nombre de soldats se trouvant dans ce pays lorsqu’il avait pris ses fonctions début 2009. Les renforts de Marines constituent une surprise au vu des préparatifs pour un retrait progressif d’Afghanistan des forces américaines et de leurs alliés qui devrait commencer en juillet.


L’ampleur du début de retrait des forces américaines n’a cependant pas encore été fixée et dépendra «de la situation sur le terrain», a rappelé lundi le général allemand Josef Blotz, porte-parole de la force de l’Otan en Afghanistan (Isaf). Le transfert de la responsabilité de la sécurité aux forces afghanes doit être achevé en 2014. La coalition internationale en Afghanistan menée par les Etats-Unis, forte de quelque 140.000 soldats au total, combat l’insurrection aux côtés des forces afghanes depuis fin 2001 et la chute du régime taliban.

 

La coalition a subi en neuf ans près de 2300 morts, dont environ les deux tiers sont américains.
Selon le site indépendant icasualties.org, les opérations en Afghanistan ont coûté la vie à 711 soldats étrangers en 2010, année de loin la plus meurtrière pour les forces de la coalition.

 

Conflit en Afghanistan : les Etats-Unis renforcent leur présence militaire
Source, journal ou site Internet : l’Expression
Date : 8 janvier 2010
Auteur : RI

 

 

 

Irak

 

Le chef radical chiite Moqtada Al-Sadr a appelé ses partisans à "résister par la résistance militaire et par tous les moyens" aux forces américaines lors d'un discours prononcé, samedi 8 janvier, devant près de 20 000 partisans dans la ville sainte de Najaf. Il s'agit de sa première prise de parole publique depuis son retour en Irak d'un exil volontaire de quatre ans.

 

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Dans le même temps, Al-Sadr a exhorté ses fidèles à ne pas s'en prendre aux Irakiens et appelé à l'unité.

 

"Notre bras ne touchera aucun Irakien. Nous viserons seulement l'occupation, par tous les moyens de résistance. Nous sommes un peuple, et nous ne sommes pas d'accord avec les groupes responsables de meurtres", a-t-il ajouté. "Il faut tourner pour toujours la page du conflit entre les frères, et vivre dans la paix et la sécurité", a-t-il dit, faisant reprendre à la foule les slogans "Oui, oui à l'Irak", "Oui, oui à la paix", puis "Non, non à l'Amérique", "Non, non à Israël".

 

S'il a mis un terme en 2008 aux activités militaires de sa milice, l'Armée du Mahdi, Al-Sadr demeure à la tête d'un puissant courant politique qui a joué un rôle crucial dans le processus de formation du nouveau gouvernement d'union nationale. Samedi, il a réaffirmé qu'il se tiendrait personnellement à l'écart de la politique. Les sadristes comptent 39 députés (sur 352) et ont obtenu un des deux postes de vice-président du Parlement. Six membres de ce courant siègent en outre au sein du gouvernement irakien.

 

De retour en Irak, Moqtada-al-Sadr appelle à la « résistance par tous les moyens. »
Source, journal ou site Internet : Le monde.fr
Date : 8 janvier 2011

Par AL de Bx

Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /2011 19:53

19:15 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irak, afghanistan, guerre, usa, militaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/01/2011

Les occidentaux désemparés devant les drames chrétiens!

Analyse

Tout appui trop voyant de la part de l'Occident envers les minorités chrétiennes dans les pays arabes risque de se retourner contre elles, relèvent des experts.

 

http://www.aed-france.org/dl/2011/01/img_606x341_egypt-bomb-church-0101.jpg


Les Occidentaux semblent dépourvus de moyens efficaces pour défendre les minorités chrétiennes menacées par el-Qaëda dans le monde musulman. Depuis les massacres à deux mois d'intervalle dans des églises de Bagdad (46 morts le 31 octobre) et d'Alexandrie en Égypte (21 morts le 31 décembre), l'urgence s'est cependant imposée de répondre à une tragédie longtemps minimisée par rapport à d'autres fractures - juivearabe et chiite-sunnite - de la région.Joseph Maïla, directeur de la prospective et spécialiste des religions au ministère français des Affaires étrangères, avait accusé en novembre el-Qaëda de « nettoyage ethnique ».


« C'est la diversité qu'on tue », avait-il aussi dénoncé alors que, selon plusieurs spécialistes, l'hostilité antichrétienne s'étend bien au-delà d'el-Qaëda. Pour les Occidentaux, toute intervention est toutefois délicate.

 

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/aef_43_large/article/image/irak-chretiens_0.jpg

 

« Le chemin de sagesse est de faire confiance aux gouvernements locaux. Si les chrétiens bénéficient d'un appui trop voyant, ils seront perçus encore plus comme vecteurs de l'influence étrangère », estime Denis Bauchard, de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Selon Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes, toute critique sur ce sujet d'un gouvernement occidental à l'égard d'un régime ami de la région « rend celui-ci critiquable par ses oppositions et ses extrémismes ». À l'exception de la Jordanie, les réponses des gouvernements, de l'Égypte à l'Algérie et à la Turquie, sont souvent ambiguës, note encore Denis Bauchard. Sous pression d'une opinion de plus en plus tentée par les idées fondamentalistes, les autorités égyptiennes manifestent ainsi des réticences face à la construction d'églises. Des mouvements islamistes comme le Hamas et les Frères musulmans peuvent aussi tenir un double langage, se montrant officiellement solidaires des chrétiens persécutés, mais réceptifs dans le même temps à l'aversion de leur
base.

 

http://img.over-blog.com/500x391/0/56/18/16/JPG4/egypte-2.jpg


À chaque remarque, le pays critiqué répond souvent par une pique contre l'Occident coupable de mal intégrer les musulmans. Après la tuerie de la cathédrale de Bagdad, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait ainsi demandé au pape Benoît XVI qu'« il ne laisse pas l'Orient se vider de ses chrétiens, ni l'Occident se vider de ses musulmans ». En Égypte, le ministre des Affaires étrangères Ahmad Aboul Gheit a déclaré hier que la protection des lieux de culte, « notamment les églises coptes », relève de la « responsabilité
exclusive » du gouvernement et de l'État (égyptiens). « L'objectif d'el-Qaëda et des islamistes radicaux, c'est de provoquer une confrontation entre le monde arabe et l'Occident », a estimé cette semaine Michèle Alliot-Marie, la ministre française des Affaires étrangères. Dans une lettre à la Haute représentante de l'Union européenne, Catherine Ashton, elle a demandé une action concertée des 27. Elle suggère un soutien à la région autonome kurde du nord de l'Irak qui a accueilli 20 000 chrétiens irakiens depuis 2003. Les Occidentaux veulent surtout éviter un exode des 20 millions de chrétiens d'Orient, que redoutent les chefs de ces Églises et les dirigeants modérés de la région. Après l'attentat de Bagdad, la France avait recueilli des blessés et leurs proches. Michèle Alliot-Marie, sans fermer la porte, affirme que la logique voudrait qu'ils retournent dans leur pays. Pour ne pas faire gagner el-Qaëda. Alors que ces minorités sont assimilées aux « croisés », surtout depuis l'intervention américaine de 2003 en Irak, leur rôle modérateur, par exemple dans le foyer de crise Israël-Palestine-Liban, est apprécié des Occidentaux. Souvent culturellement modernes, influentes économiquement et jalousées, à l'instar des coptes en Égypte, elles ont été parfois dominantes comme au Liban. Elles ont en outre été choyées par les nationalismes arabes laïcs, avant que la montée d'un « islam politique » influencé par le rigorisme wahhabite ne rogne leurs droits, explique Denis Bauchard.

 

Les occidentaux impuissants à défendre les chrétiens d’Orient
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 6 janvier 2011

 
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