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07/02/2011

Regard sur la Russie...Le nationalisme s'affiche!

La Russie connaît un nombre croissant d'actes xénophobes et racistes. Récemment, plusieurs villes ont été le théâtre de pogroms anti-Causasiens. Alors que se profilent des échéances électorales, cette résurgence de l'ultra- nationalisme a de quoi inquiéter.

 

http://www.dna.fr/fr/images/8f484d04-587f-4706-bd31-dc3f78f537eb/DNA_02/Les-incidents-de-samedi-soir-certains-groupes-de-supporters-sont-tres-lies-aux-mouvements-nationalistes-radicaux.-(Photo-AFP).jpg


Alors que la Russie entre en période électorale avec les élections à la Douma, en novembre, et la présidentielle, en avril 2012, la montée des pulsions xénophobes et racistes entretenues par les mouvements nationalistes et qui va, à coup sûr, être exploitée par les différents partis en campagne, constitue un danger réel pour l'avenir du pays. La Fédération de Russie n'a pas de parti nationaliste. Le Parti national libéral de Vladimir Jirinovski, qui fait dans l'anti-occidentalisme et le populisme primaire, a été créé en 1991 par le KGB pour tenter, avec l'aide de cette «pseudo-opposition de droite», de canaliser à la fois les mécontentements et les pulsions nationalistes.

 

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Cyber-nationalisme
Cette initiative n'a pas empêché la constitution d'un mouvement nationaliste, qui compte plusieurs milliers - 40.000 selon une source du FSB (Service fédéral de sécurité) qui désire demeurer dans l'anonymat - de groupuscules proférant une idéologie nationaliste, voire nationale-socialiste. Ces formations, constituées de quatre ou cinq personnes, sont autonomes, sans autorité supérieure et professent une idéologie ultranationaliste, voire pour certains ouvertement fascisante. Leurs membres vivent dans la clandestinité parfois complètement coupés de leur famille, communiquant entre eux sur internet ou par SMS. Ils n'ont pas d'état d'âme, bien entraînés, souvent armés, et décidés à en découdre avec «les ennemis de la nation russe».


Le mouvement nationaliste n'est pas homogène, loin s'en faut, il compte dans ses rangs des personnes très différentes : skinheads, anciens criminels reconvertis, chrétiens orthodoxes, athées et même des groupuscules qui se réclament ouvertement du paganisme estimant que le «christianisme et la religion juive ont détruit la force du peuple russe en y introduisant des éléments qui lui étaient étrangers et en particulier la compassion».

 

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Une autre vision de l'Histoire
Reste que, pour le moment, ces différences passent au second plan, «certes, il existe de nombreuses différences entre nous, mais ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous divise. Nous en avons assez d'être considérés comme des citoyens de seconde zone dans notre propre pays et d'être les cibles de terroristes que nous subventionnons», résume Igor avant d'ajouter : «Il faut renvoyer chez eux tous les émigrés en situation irrégulière dans leur pays d'origine et instituer un système de visas avec les pays de l'ex- Union soviétique.» Oleg, lui, revient sur l'Histoire qu'il interprète à sa façon : «La révolution a été faite par des étrangers, juifs, baltes, polonais, ils ont tué le tsar russe et ont mis leurs hommes à la place des nôtres... et le comble, c'est que nous sommes toujours dans ce schéma.»


«La Russie pour les Russes»
Les pogroms anti-Caucasiens qui se sont produits le 11 décembre à Moscou et dans plusieurs autres grandes villes, à la suite du meurtre d'un jeune supporter du club Spartak par les Daghestanais, témoignent du haut degré de préparation des nationalistes et de la redoutable efficacité de leur propagande et de leurs méthodes ; en moins de deux heures, dix à quinze mille jeunes, hurlant des slogans fascistes, se sont retrouvés sur la place du Manège, située à deux pas du Kremlin. Des jeunes Kirghizes, qui se trouvaient sur la place pour déblayer la neige, ont été sauvagement tabassés sous les yeux de la police. Quant à la population, elle soutient les revendications des nationalistes même si elle n'approuve pas toujours leurs méthodes, selon un sondage de l'institut Levada, effectué avant l'attentat de Domodedovo, 55 % des personnes interrogées ont répondu qu'elles étaient d'accord avec le slogan «La Russie pour les Russes».

 

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Le DPNI, un parti néo-nazi sans complexes
Mouvement-phare du nationalisme russe, le Parti contre l'émigration clandestine (en russe DPNI) qui s'est illustré pendant les émeutes du 11 décembre sur la place du Manège à Moscou, est une organisation néonazie.
Son idéologie s'apparente à celle du troisième Reich adaptée à la situation de la Russie actuelle.
1.600 membres actifs
Créé en 2002, à Moscou, par une poignée d'activistes, le parti compte à l'heure actuelle 1.600 membres actifs, en majorité des hommes âgés de 18 à 50 ans recrutés par les activistes et sur internet. Son fondateur, Alexandre Belov-Potkine, est un ancien dirigeant de «Pamiat», association ultra-orthodoxe inspirée dans les années 90 par le KGB pour contrôler les mouvances religieuses. Par ailleurs, selon le site «kompromat.ru», généralement très bien informé, Alexandre Belov-Potkine aurait été très proche du Kremlin au moment de la fondation de son parti... Contrairement à l'autre parti ultranationaliste, «l'Union slave», le DPNI n'est pas seulement une organisation paramilitaire. Si les deux organisations se préparent «pour un scénario à l'égyptienne» que le président du DPNI, Vladimir Ermolaev, juge «inévitable», le DPNI mène également le combat sur le plan politique et ne néglige pas l'aspect social en apportant une aide tant juridique que matérielle aux Russes victimes des violences perpétrées par les Caucasiens.

 

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Des symboles hitlériens
Le DPNI emploie, sans état d'âme, la symbolique nazie. «Hitler n'a pas fait que du mal, il a rendu à l'Allemagne humiliée par les forces alliées et le Traité de Versailles (1919) son honneur et sa grandeur, nous voulons faire la même chose pour la Russie, c'est la raison de notre attachement à ces symboles», déclare Vladimir Ermolaev, probablement victime d'amnésie sélective. Et d'ajouter : «Si le gouvernement faisait ce qu'il doit pour le pays, nous n'aurions pas besoin d'avoir recours à des symboles appartenant à d'autres nations.» En ce qui concerne la «gangrène caucasienne» qui, selon lui, commence lentement à pourrir le reste du pays, le DPNI se prononce pour une thérapie de choc : l'abandon pur et simple des six petites républiques du Caucase qu'il ressent comme un «nid de terroristes» et «un puits sans fond sur le plan financier». «La Russie a très bien vécu sans le Caucase. La région a été conquise par l'armée impériale avec de grandes difficultés au XIXe siècle, à la suite d'une guerre sanglante», déclare le président du DPNI, qui veut ignorer les conséquences géopolitiques que l'abandon du Caucase ne manquerait pas d'avoir non seulement pour la Russie mais pour la stabilité de l'ensemble de la région.

 

Russie - la dangereuse montée du nationalisme
Source, journal ou site Internet : Le télégramme
Date : 6 février 2011
Auteur : Nathalie Ouvaroff

10/01/2011

Quant bien même le socialisme national fit fructifié la G.M.

A l’heure où, après avoir tenté de revendre sans succès sa filiale Opel, le groupe General Motors ferme une usine de la marque allemande à Anvers, l’historien Jacques Pauwels revient sur les relations certes lucratives mais peu honorables du géant automobile américain avec l’Allemagne nazie. En 1929, GM achète Opel et réalise rapidement de plantureux bénéfices sous le régime hitlérien.

 

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Qualifié de « miracle du 20ème siècle » par les patrons de l’entreprise automobile US, le Führer mène en effet une politique de réarmement, de lutte contre les syndicats et de bas salaires pour de longues heures de travail qui profite directement à GM via sa filiale Opel.

 

Mais qu’advient-il de ses relations fructueuses lorsque les Etats-Unis s’engagent dans le conflit contre l’Allemagne ? « Business as usual » comme nous l’explique Jacques Pauwels... (Investig'Action)


Déjà en 1929, c’est-à-dire voici environ quatre-vingts ans, l’entreprise américaine General Motors (GM) achetait le plus important fabricant automobile allemand, Adam Opel AG, dont la principale usine se trouvait (et se trouve toujours) à Rüsselsheim, près de Francfort-sur-le-Main. Toutefois, en cette même année 1929, éclatait la grande crise économique internationale qui allait frapper l’Allemagne avec une sévérité particulière. Le marché automobile allemand s’effondrait et Opel subissait de lourdes pertes. Des bénéfices commencèrent cependant à rentrer après qu’Hitler fut venu au pouvoir, en 1933. À cela, deux raisons importantes. Primo, les nazis démantelèrent les syndicats et menèrent une politique de bas salaires et de longues heures de travail, ce qui fit que les coûts salariaux d’Opel – tout comme ceux des autres entreprises allemandes – baissèrent remarquablement[1]. Secundo, Hitler lança un programme à grande échelle de réarmement, de sorte qu’Opel reçut à la pelle des commandes de camions et autres véhicules militaires pour l’armée. La production atteignit des sommets et la filiale de GM devint extrêmement rentable. Pour 1938, par exemple, on nota des bénéfices de 35 millions de RM[2]. Fin 1939, la valeur d’Opel était estimée à 86,7 millions de dollars, soit plus du double de la valeur initiale des investissements allemands de General Motors, d’un montant de 33,3 millions de dollars[3].


Ne soyons donc pas étonnés si les patrons de GM aux États-Unis admiraient Hitler et le portaient aux nues en le qualifiant de « miracle du 20e siècle » (William Knudsen, président de General Motors de 1937 à 1940[4]) et de « dirigeant fort, occupé à sortir le peuple allemand du désert de son ancienne misère économique, non pas par la violence et la terreur, mais avec un planning intelligent et une façon fondamentalement saine de gouverner » (Alfred P. Sloan, président de General Motors de 1923 à 1937,) dans la revue General Motors World[5]). À l’instar de nombreux autres industriels américains, Sloan offrit d’énormes quantités d’argent aux groupements fascistes et quasi fascistes des États-Unis mêmes, par exemple, au Ku Klux Klan[6]. Et, en Allemagne même, Opel fit octroyer un soutien financier royal au parti d’Hitler, le NSDAP.

 

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Sous le régime hitlérien, Opel embraya sur la production exclusive de matériel destiné à l’armée allemande.
D’une part, les autorités nazies avaient insisté en ce sens mais, d’autre part, ce cours nouveau avait été activement recherché par les patrons d’Opel en Allemagne et de GM aux États-Unis et c’est pourquoi ils l’accueillirent avec enthousiasme. La production de matériel militaire assurait en effet des bénéfices qui, paraît-il, étaient de 40 pour 100 supérieurs aux bénéfices engendrés par le matériel civil[7].


Quelle sorte de matériel GM produisait-il pour Hitler en Allemagne ? Dans une nouvelle usine Opel fondée à Brandebourg, près de Berlin, il ne sortait rien d’autre de la chaîne que des camions de trois tonnes du modèle Blitz, « Éclair », destinés à la Wehrmacht. On les a décrits comme le moyen de transport par excellence des troupes allemandes durant la Seconde Guerre mondiale. Par contre, l’usine Opel de General Motors à Rüsselsheim – qui disposait de pas moins de 96 bandes courantes, d’une longueur totale de près de 12 km ! –
produisait pour la Luftwaffe des avions comme le JU-88, le cheval de trait de la flotte allemande de bombardiers, mais aussi des composantes de torpilles pour la marine de guerre allemande[8]. Soit dit en passant, les avions de la Luftwaffe pouvaient atteindre des vitesses élevées grâce à un ingrédient ajouté à leur carburant : le tétraéthyl synthétique. Cette composante était fabriquée par une firme du nom d’Ethyl GmbH, une filiale de GM en partenariat avec Standard Oil of New Jersey (aujourd’hui Exxon) et le partenaire allemand de Standard Oil, IG Farben[9]. Hitler était particulièrement satisfait de la contribution fournie par Opel à ses préparatifs de guerre et il le prouva en faisant décerner une distinction honorifique prestigieuse à James D. Mooney, le manager qui, chez General Motor, était chargé des exportations vers l’Allemagne et de la production en Allemagne[10].


Avec la production massive de camions et d’avions, GM contribua via Opel et Ethyl GmbH aux victoires d’Hitler dans sa « guerre éclair » en 1939 et 1940. Les patrons de GM n’en éprouvèrent toutefois pas le moindre sentiment de culpabilité. Au contraire, ils s’en enorgueillirent car, dans un certain sens, les victoires d’Hitler étaient également les leurs. Et, de toute façon, ils préféraient de loin les dictatures comme celle d’Hitler, de Mussolini, de Franco, etc. aux États démocratiques dans lesquels les socialistes et les syndicats pouvaient avoir leur mot à dire. En juin 1940, au moment de la chute de la France, Sloan fit ouvertement savoir qu’il se réjouissait des victoires du fascisme, avec ses « dirigeants forts, intelligents et agressifs », sur les démocraties européennes « décadentes », selon lui[11]. Quand les nazis fêtaient leurs triomphes, GM y participait. Le 26 juin 1940, le collègue de Sloan, Mooney, était présent – et bien en vue – lors d’une fête à l’hôtel Waldorf-Astoria où la communauté allemande locale de New York fêtait les victoires d’Hitler en Pologne et en Europe occidentale[12].

 

http://www.antifascistencyclopedia.com/wp-content/uploads/blogger/_mg7D3kYysfw/SboLnyJYk9I/AAAAAAAAMd0/d8UZAOh_U44/s400/Ford-motor-swastika-nazi-arms-arsenal-nazism.jpg

 

En 1940, les États-Unis étaient encore neutres et la production au profit de l’Allemagne nazie n’équivalait donc pas à une production au profit d’un ennemi de la patrie. Mais qu’advint-il d’Opel, après que, dans la foulée de Pearl Harbor, les États-Unis entrèrent en guerre contre l’Allemagne d’Hitler ? La réponse à cette question est simple : business as usual, les affaires, comme d’habitude !
Après Pearl Harbor, Opel ne fut pas confisquée mais resta entièrement la propriété de GM[13]. Les administrateurs délégués allemands en place – des hommes de confiance des patrons aux États-Unis – continuèrent à tenir les rênes, à diriger les firmes et, ce faisant, pensèrent surtout aux intérêts de la maison mère en Amérique. L’intervention des nazis dans la gestion journalière d’Opel resta minimale. Ce n’est que le 25 novembre 1942 que Berlin désigna pour Opel un « gestionnaire de propriété ennemie » (Feindvermögensverwalter), mais la signification de cette décision se révéla purement symbolique. Les nazis ne voulaient rien de plus que procurer « une image de marque allemande » à une firme qui était à cent pour cent la propriété de General Motors et qui le resta également durant toute la guerre[14].


Pourquoi les nazis furent-ils si tolérants ? Pour pouvoir continuer à faire la guerre après l’échec de leur stratégie de « guerre éclair » en Union soviétique et pour reporter le plus longtemps possible la défaite finale désormais inévitable, ils avaient un insatiable besoin d’avions, de camions et de chars et, en Allemagne, c’est par Opel et d’autres filiales des sociétés américaines – y compris la grande usine de Ford à Cologne - que ce matériel était produit le plus efficacement à grande échelle. Depuis qu’Henry Ford avait inventé la chaîne de production et autres méthodes « fordistes » d’accroissement de la productivité, les firmes
américaines étaient en effet les leaders incontestés dans le domaine de la production industrielle de masse.


Les planificateurs nazis comme Speer ne comprenaient que trop bien que des changements radicaux dans la gestion d’Opel à Brandebourg et Rüsselsheim pourraient déranger. Les administrateurs délégués existants purent continuer à prospérer parce qu’ils étaient habitués aux méthodes de production particulièrement efficaces des Américains ; c’était l’unique façon pour Opel de pouvoir continuer à produire un maximum.


Les quotas de production élevés qui avaient été définis par Berlin étaient même régulièrement dépassés, de sorte que les nazis décernèrent à la filiale allemande de General Motors le titre honorifique particulièrement clinquant de « firme exemplaire dans la production de matériel de guerre » (Kriegsmusterbetrieb)[15]. Pour les nazis, la production d’Opel n’était pas importante que sur le plan quantitatif, elle l’était aussi sur celui de la qualité. Du matériel militaire fabriqué par Opel pendant la guerre faisait également partie des armes d’excellente qualité, par exemple des camions munis d’un système de propulsion sur toutes les roues (allwheel-drive) qui se révélèrent particulièrement utiles dans la boue du front de l’Est et dans les sables du désert nord-africain, des trains d’atterrissage modernes pour les avions et, vers la fin de la guerre, des moteurs pour le flambant neuf Me-262, le tout premier chasseur à réaction[16]. La chercheuse allemande Anita Kugler en est venue à la conclusion qu’Opel « a entièrement mis sa production et sa recherche à la disposition des nazis et qu’objectivement, la firme les a aidés à prolonger la guerre durant un long laps de temps[17] ».


Après Pearl Harbor, Opel continua non seulement à produire à plein rendement en Allemagne nazie, mais aussi à enregistrer des bénéfices élevés. Un historien américain, Henry Ashby Turner, parle de « flux croissant des bénéfices » et, en résultante, « une réserve de capital de plus en plus importante qui, vers fin 1942, s’élevait à plus d’un quart de milliard de Reichsmark[18] ». Selon une autre source, les bénéfices d’Opel crevaient tellement le plafond que les nazis en interdirent la publication. Ils le firent afin d’éviter la colère du simple citoyen allemand à qui l’on demandait de plus en plus de se serrer la ceinture et qui se rendait sans doute compte que les bénéfices de cette filiale d’une entreprise américaine ne profitaient en aucun cas aux « camarades du peuple allemand » (Volksgenossen), pour utiliser la terminologie nazie[19].


Les bénéfices d’Opel pendant la guerre étaient dus à la production élevée et au fait que Berlin continuait à payer sans rechigner les factures pourtant salées, mais aussi à la politique de bas salaires des nazis déjà mentionnée. Pendant la guerre, il fallait travailler plus longtemps pour gagner moins, et il en allait de même dans les filiales allemandes des entreprises américaines. Chez Opel, dès mai 1940, les travailleurs furent mis au travail au moins 60 heures par semaine et, dans un même temps, leurs salaires furent diminués. À Rüsselsheim, la semaine de travail devint de plus en plus longue, de sorte que, fin 1942, les travailleurs devaient s’échiner 66 heures par semaine[20]. Durant la guerre, chez Opel, les coûts salariaux purent cependant encore être réduits grâce à l’incorporation de travailleurs forcés, surtout des prisonniers de guerre et des déportés, y compris des femmes et des enfants, en provenance de l’Union soviétique. La mise au travail de ces « esclaves » allait de pair, semble-t-il, avec « une exploitation maximale, les plus mauvais traitements possibles et même… la peine de mort dans le cas de petits larcins[21] ». (Il y a une dizaine d’années, Opel décida volontairement de cotiser au fonds créé par le gouvernement allemand pour dédommager quelque peu les travailleurs forcés étrangers qui, pendant la guerre, avaient trimé dans les usines allemandes et parmi lesquels relativement peu avaient survécu. Félicitons ici la firme pour ce geste[22].)


Les bénéfices accumulés par Opel en Allemagne durant la guerre s’élevaient à la fin du conflit à 22,4 millions de RM. Après la guerre, GM reprit officiellement possession d’Opel et, en 1951, l’entreprise fit main basse sur ce petit pactole qui, entre-temps, vu les réformes monétaires de l’après-guerre, avait fondu et ne représentait « plus que » 261.061 dollars. Or, le fait d’avoir réclamé cette somme relativement modeste suffit, comme le fait remarquer Turner, « à considérer General Motors coupable d’avoir réalisé des bénéfices en utilisant des travailleurs forcés pour la production de matériel de guerre au profit du IIIe Reich[23] ».

 

Une part considérable des bénéfices d’Opel avait toutefois déjà été réinvestie en Allemagne même, au cours de la guerre, par exemple dans l’extension des équipements de production mêmes et dans la reprise (en 1942) d’une fonderie de Leipzig qui, depuis longtemps, produisait des blocs moteurs pour Opel[24].


Pendant la guerre, GM engrangea également de faramineux bénéfices aux États-Unis mêmes. Une vague de commandes de matériel militaire de la part de l’État, pour une valeur de 13,4 milliards de dollars, rapporta à l’entreprise un bénéfice de 673 millions de dollars[25]. Il fut particulièrement utile qu’au lendemain de Pearl Harbor, le gouvernement américain confia à d’innombrables représentants du big business des postes importants à Washington, ce dont ces hommes d’affaires tirèrent parti pour enlever dans la foulée de lucratives commandes d’État et, bien sûr aussi, pour prendre à coeur dans la mesure du possible les intérêts des filiales de firmes américaines en Allemagne – tout en s’arrangeant pour qu’aux États-Unis mêmes, le public n’en sût pas grand-chose, voire rien du tout. William S. Knudsen qui, en 1937, avait succédé à Alfred P. Sloan comme président de General Motors et avait conservé ce poste jusqu’en 1940, devint directeur du fameux Office of Production Management, une sorte de ministère supervisant la fabrication et l’achat de matériel de guerre en tout genre, y compris les sortes de véhicules produits par hasard par General Motors.


(Le fait que, dans les années trente, Knudsen passait pour un admirateur inconditionnel d’Hitler et un ami de Göring, n’avait manifestement pas la moindre importance.)
L’influence du big business dans les hautes sphères gouvernementales de Washington explique aussi pourquoi les filiales allemandes des entreprises américaines ne furent jamais les objectifs des bombardements systématiques des Alliés et ce, malgré le fait que leur production était d’une importance plus que capitale pour la machine de guerre nazie. Bernard Baruch, un conseiller haut placé du président Roosevelt, avait donné l’ordre de ne pas bombarder – ou très, très superficiellement – certaines usines en Allemagne. Nous ne sommes donc guère surpris de retrouver sur sa liste les filiales des sociétés américaines.


Contrairement à l’importante usine de Ford à Cologne, celle d’Opel à Rüsselsheim fut bel et bien bombardée, mais cela n’eut lieu que très tard dans la guerre, le 20 juillet 1944, et, à l’époque, les principaux équipements de production avaient déjà été transférés depuis longtemps à la campagne, dans ce qu’on appelait une Auslagerung (un dépôt à l’extérieur)[26]. Le bombardement fit d’ailleurs relativement peu de dégâts et on prétend que dix pour cent à peine de l’infrastructure fut détruite. En tout cas, la production battait toujours son plein lorsque, le 25 mars 1945, les soldats américains atteignirent Rüsselsheim[27].

 

Toutefois, après la guerre, GM exigea sans vergogne et avec succès des compensations de l’État américain pour les dommages subis par Opel lors des bombardements anglo-américains. L’entreprise reçut 33 millions de dollars, en partie sous forme de crédits d’impôt. En parlant de crédits d’impôt, en 1941, GM était parvenu à déclarer perdus ses investissements en Allemagne, c’est-à-dire Opel, ce qui lui avait rapporté un crédit d’impôt d’environ 23 millions de dollars. En théorie, ceci conférait au gouvernement américain le droit de confisquer Opel après la guerre. En lieu et place, en 1948, General Motors se vit très gentiment proposer la possibilité de récupérer ses investissements en Allemagne en échange d’un paiement de 1,8 million de dollars, ce qui revenait à un crédit d’impôt de près de 21 millions de dollars.[28]


De nos jours, les affaires de GM ne tournent pas très bien en Allemagne. Entre 1933 et 1945, d’autre part, grâce à Hitler et grâce à la guerre déclenchée par celui-ci, GM put faire des affaires en or de l’autre côté du Rhin. Pour la plupart des Européens, l’époque du nazisme se résuma à des années très pénibles mais, pour GM, elle ne fut rien d’autre que the good old days – « le bon vieux temps » !


Notes :
[1] Reinhold Billstein, Karola Fings, Anita Kugler & Nicholas Levis, Working for the Enemy : Ford,
General Motors, and Forced Labor during the Second World War, New York et Oxford, 2000, p. 25.
[2] Billstein et al., p. 24 ; Stephan H. Lindner, Das Reichskommissariat für die Behandlung feindlichen
Vermögens im Zweiten Weltkrieg : Eine Studie zur Verwaltungs-, Rechts- en Wirtschaftsgeschichte des
nationalsozialistischen Deutschlands, Stuttgart, 1991, p. 121.
[3] Edwin Black, IBM and the Holocaust : The Strategic Alliance between Nazi Germany and America's
Most Powerful Corporation, Londres, 2001, pp. 76-77, 86-87, 98, 119-21, 164-98, 222 ; Henry Ashby
Turner, Jr., General Motors and the Nazis : The Struggle for Control of Opel, Europe’s Biggest Carmaker,
New Haven/CT et Londres, 2005, p. 12.
[4] La citation de Knudsen est tirée de Charles Higham, Trading with the Enemy : An Exposé of The Nazi-
American Money Plot 1933-1949, New York, 1983, p. 163 ; voir également Volker Berghahn, « Writing the
History of Business in the Third Reich : Past Achievements and Future Directions », dans : Francis R.
Nicosia et Jonathan Huener (éd.), Business and Industry in Nazi Germany, New York et Oxford, 2004, pp.
142 et ss.
[5] Edwin Black, Nazi nexus : America's corporate connections to Hitler's Holocaust, Washington/DC, 2009,
pp. 101-02.
[6] Black, 2009, pp. 109-10.
[7] Black, 2009, pp. 104.
[8] Billstein et al., p. 25 ; Black, 2009, pp. 104-05 ; Anita Kugler, « Das Opel-Management während des
Zweiten Weltkrieges. Die Behandlung ‘feindlichen Vermögens’ und die ‘Selbstverantwortung’ der
Rüstungsindustrie », dans : Bernd Heyl et Andrea Neugebauer (éd.), « …ohne Rücksicht auf die
Verhältnisse » : Opel zwischen Weltwirtschaftskrise und Wiederaufbau, Francfort-sur-le-Main, 1997, pp.
35-38, 40 et ss. ; Anita Kugler, « Flugzeuge für den Führer », Deutsche « Gefolgschaftsmitglieder » und
ausländische Zwangsarbeiter im Opel-Werk in Rüsselsheim 1940 bis 1945 », dans : Bernd Heyl et Andrea
Neugebauer (éd.), « …ohne Rücksicht auf die Verhältnisse » : Opel zwischen Weltwirtschaftskrise und
Wiederaufbau, Francfort-sur-le-Main, 1997, pp. 69-92 ; Helms, Hans G. « Ford und die Nazis », dans :
Komila Felinska (éd.), Zwangsarbeit bei Ford, Keulen, 1996, p. 113 ; Turner, 2005, pp. 41 et ss., 92-99 ;
Philipp Gassert, « Handel mit Hitler », Die Zeit, mars 1999, http://images.zeit.de/text/1999/03/....
[9] Walter Hofer et Herbert R. Reginbogin. Hitler, der Westen und die Schweiz 1936–1945, Zürich, 2002, p.
589 ; Agostino von Hassell et Sigrid MacRae, avec Simone Ameskamp, Alliance of Enemies : The Untold
Story of the Secret American and German Collaboration to End World War II, New York, 2006, p. 223 ;
Anthony C. Sutton, Wall Street and the Rise of Hitler, Seal Beach/CA, 1976, pp. 53-54 ; citation tirée de
Black, 2009, pp. 107-08.
[10] Description de Mooney en tant que « ministre des Affaires étrangères », dans von Hassell et MacRae, p.
67.
[11] Black, 2009, p. 115.
[12] Higham, pp. 97, 171 ; Ed Cray, Chrome Colossus : General Motors and its Times, New York, 1980, p.
315 ; Anthony Sampson, The Sovereign State of ITT, New York, 1973, p. 82 ; Charles Whiting, Hitler’s
Secret War : The Nazi Espionage Campaign against the Allies, Londres, 2000, pp. 43-44.
[13] Helms, p. 114 ; Billstein et al., pp. 74, 141.
[14] Billstein et al., p. 61. Plus sur Opel dans Turner, 2005, pp. 127 et ss.
[15] Billstein et al., p. 81 ; Kugler, « Das Opel-Management », pp. 52, 61 et ss., 67 ; Kugler, « Flugzeuge »,
p. 85 ; Turner, 2005, p. 142.
[16] Snell, « General Motors and the Nazis », Ramparts, 12 juin 1974, pp. 14-15 ; Kugler, « Das Opel-
Management », pp. 53, 67 ; Kugler, « Flugzeuge », p. 89 ; Higham, pp. 175-76 ; Friedman, John S. «
Kodak's Nazi Connections », The Nation, 26 mars 2001, http://thenation.com/doc/20010326/f....
[17] Cité dans Billstein et al., p. 81.
[18] Turner, 2005, pp. 146-47.
[19] Billstein et al., p. 73 ; Kugler, « Das Opel-Management », pp. 55, 67 ; Kugler, « Flugzeuge », p. 85.
[20] Turner, 2005, p. 144 ; Kugler, 1997b, pp. 71, 86 ; Billstein et al., pp. 45-46. À propos du sort des
travailleurs allemands pendant la guerre en général, voir Harald Focke et Uwe Reimer, Alltag unterm
Hakenkreuz : Wie die Nazis das Leben der Deutschen veränderten, Reinbek bei Hamburg, 1979, pp. 166-69.
[21] Kugler, « Das Opel-Management », p. 57 ; Kugler, « Flugzeuge », pp. 72-76, citation de p. 76 ; Billstein
et al., pp. 53-55 ; Turner, 2005, pp. 145-46.
[22] Von Hassell et MacRae, p. 109.
[23] Turner, 2005, pp. 147-49, 158.
[24] Communication à l’auteur de la part de A. Neugebauer des Archives de la Ville de Rüsselsheim, 4
février 2000 ; Lindner, pp. 126-27. Voir également :
http://www.ebn24.info/functions/pri...;;sprach_id=2&link=page-3.id-116.sprach_id-.projekt-.land-.st_id-
.seite-2.set_lang-2 .
[25] David Farber, Sloan rules : Alfred P. Sloan and the Triumph of General Motors, Chicago et Londres,
2002, p. 223.
[26] Black, 2001, pp. 406-09.
[27] Billstein et al., pp 77-79 ; Heyl et Neugebauer, pp. 170-80.
[28] Billstein et al., pp. 73-75.

 

Pour aller plus loin lire l'article en anglais : The Myth of the Good War: America in World War II, 60 Years Ago, February 13-14, 1945: Why was Dresden Destroyed, publié le 9 février 2010.
Jacques Pauwels est historien est auteur du livre Le mythe de la bonne guerre dont une nouvelle édition
paraîtra bientôt chez les Editions Aden A Bruxelles. L'ouvrage a également fait l'object d'une adaption en film documentaire en français : A Good War.

 

Opel en Allemagne nazie : « le bon vieux temps »
Source, journal ou site Internet : mondialisation.ca
Date : 7 janvier 2011
Auteur : Jacques R Pauwels

27/06/2010

Hayek le génie du libéralisme, et l'erreur du socialisme!

Hayek et le "Socialisme"


cliquez ce lien: Télécharger (280 Ko) de Bruce Caldwell

Américain de Caroline du Nord

En cliquant l'image vous aurez un semblant de traduction du lien ci-haut fourni VO

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http://www.claudereichman.com/images/friedrich%20hayek.jpg


Notre ami Jaar nous invite sur une de ses nouvelles vidéos, qui concerne M. Hayek, en VO, mais sous-titré français. Merci...

 

 

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L’introduction la plus
accessible aux arguments de Hayek contre l’économie socialiste et contre
l’État-Providence est sans doute The Road to Serfdom, ouvrage publié en
1944 (Hayek 1944).
http://www.philo5.com/images/VraisPenseurs/HayekFriedrichVon200.jpg

Hayek a voulu procéder à une refondation du libéralisme comme
philosophie politico-économique. Cette réarticulation fondamentale du
libéralisme passe par une critique radicale du seul modèle d’économie
politique alternatif, à savoir le socialisme. Sur le plan politique, le nouveau
libéralisme hayékien prend appui sur un idéal de liberté redéployé : un
peuple libre est caractérisé comme un peuple de citoyens qui souffrent d’un
minimum de coercition et voient leur liberté garantie dans une constitution
et un régime juridique qui limitent le plus possible le pouvoir que l’État a
sur eux. Sur le plan économique, le nouveau libéralisme hayékien se fonde
sur l’idée que l’ordre économique et social le plus efficient est celui qui se
maintient et se développe spontanément dans un tel cadre juridicoconstitutionnel.

L’économie de marché est envisagée par Hayek comme une
« procédure de découverte de l’information » permettant aux acteurs
individuels de mieux se coordonner entre eux. Hayek envisage ce processus
d’ordre spontané comme en expansion constante. Cherchant à expliquer
cette dynamique apparemment sans limite assignable, Hayek met en
évidence que les acteurs économiques forment des groupes qui suivent des
règles de conduite et de perception conformes à des normes morales
traditionnelles profondément intériorisées par eux. De telles règles, toutes
négatives qu’elles soient, et si peu qu’elles soient conformes aux canons de
l’éthique philosophique basée sur l’idée de justice sociale, procurent aux
individus qui les suivent un avantage évolutif certain. Les groupes dont
ceux-ci font partie dominent l’économie dans un processus d’évolution
culturelle et de sélection des communautés d’individus les mieux adaptées.
Les groupes économiquement dominants tendent ainsi à croître et à
déloger les groupes d’individus dont la culture n’obéit pas aux mêmes règles
de conduite et de perception. À plus long terme, il est prévisible que
l’évolution favorisera nettement ces groupes dont l’expansion ne peut être
vue que comme inévitable et indéfinie. L’évolution culturelle est ainsi mue
par l’extension de la Catallaxie, de la Grande Société basée sur le moteur de
l’échange économique. Cette évolution manifeste la supériorité de
l’économie basée sur le mécanisme des prix de marché et assure la
prééminence du régime socio-politique qui peut parvenir à nourrir le plus
grand nombre d’êtres humains. Opérant comme un mécanisme de
renforcement, la domination mondiale de l’économie de marché force la
prédominance des moeurs libérales qui la rendent possible. L’observance des
règles tacites qui guide ces moeurs rend graduellement possible la
coordination de plus en plus de personnes.

En revanche, Hayek ne prétend pas que, dans la société de libre
marché, tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Il
n’affirme pas que ce type de société est la meilleure d’un point de vue
moral, qu’elle est un paradis terrestre d’où corruption des moeurs, pauvreté
et inégalités auront bientôt disparu. Il avance seulement que la théorie
économique permet de trancher le débat de savoir laquelle des deux
logiques économiques, celle basée sur la direction de la production par
l’État ou celle basée sur la libre coordination locale des acteurs individuels,
est la plus dynamique et la plus résiliente. C’est après avoir montré cela
qu’il soutient que cette logique catallactique est incompatible avec la quête
de « justice sociale » et la réalisation de l’« État-Providence ».

Ce n’est pas en adoptant a priori un point de vue éthique que
cette philosophie de l’économie politique pourrait être remise en question,
mais en critiquant son point de départ, qui se situe dans la théorie
économique. En effet, si les règles de conduite qui prévalent dans les
démocraties libérales peuvent néanmoins être dites « justes » pour Hayek,
c’est uniquement parce que le résultat économique d’ensemble, c’est-à-dire
le produit à partager entre tous les acteurs à proportion de l’apport de
chacun, est le plus grand qu’il soit possible humainement d’obtenir. Toute
la question est de savoir si Hayek a raison de prétendre qu’il n’y a aucune
autre voie que celle de l’économie de marché qui puisse donner lieu à une
meilleure coordination entre des acteurs maximalement libres.
Cette voie, il faut le dire en conclusion, n’est pas, pour Hayek, celle du « laissez-faire »
des libéraux classiques, puisqu’il la réoriente considérablement*1, mais celle
qu’il qualifie « d’État de droit » (Hayek 1938, p. 219). Ainsi, d’un point de
vue critique, la question fondationnelle n’est donc pas de savoir si la
doctrine de Hayek constitue, en tant que telle, une éthique économique et
sociale déficiente, mais celle de savoir s’il ne s’agit pas plutôt d’une
philosophie de l’économie politique qui a su mettre en lumière le génie du
libéralisme
.

*1Ainsi qu’il l’avoue lui-même, Hayek a voulu reformuler et rendre plus
cohérent les doctrines du libéralisme classique du XIXe siècle (The Road to Serfdom,
Préface à la 3ème édition de 1976, p. xx). Hayek écrit même que « (R)ien n’a sans doute
tant nui à la cause libérale que l’insistance butée de certains libéraux sur certains
principes massifs, comme avant tout la règle du laissez-faire » (Hayek 1944, p. 20). Et
c’est pour avoir pris conscience que plusieurs questions importantes restaient encore
sans réponse même après avoir écrit son ouvrage de 1944, que Hayek entreprit
d’écrire d’abord La Constitution de la liberté puis Loi, législation et liberté
.

Bref rappel vidéo du socialisme philosophique,
des socialismes politiques
-
-

Dans ce système que l'on persiste à appeler « démocratique », l'homme n'est plus le représentant de l'intérêt général. Il est devenu le gestionnaire d'un fonds de commerce : l'opinion publique est un marché sur lequel les partis cherchent à « maximiser » leurs voix par la distribution de faveurs. D'ailleurs, note Hayek, les partis modernes se définissent désormais par les avantages particuliers qu'ils promettent, et non par les principes qu'ils défendent.

La démocratie, selon Hayek, est devenue immorale, injuste et tend à devenir « totalitaire ». Les citoyens, dans les sociétés occidentales, ont cessé d'être autonomes : ils sont comme drogués, dépendants des bienveillances [ou des malveillances] de l'État. Cette perversion de la démocratie conduit à terme à l'appauvrissement général et au chômage.

La démocratie s'est pervertie parce que nous avons confondu idéal démocratique et tyrannie de la majorité [ou des minorités. Pour retrouver l'idéal démocratique, il faut désormais imaginer une organisation nouvelle qui limitera le pouvoir du gouvernement. C'est ce que Hayek appelle la Démarchie : du grec demos, le peuple, et archein, l'autorité. Ce nouveau nom permettra de préserver l'idéal sans employer un terme souillé par un abus prolongé.http://www.denistouret.net/ideologues/hayek.jpg

 

-

 

 

06/05/2010

Polska, Polska! Et maintenant entre efficience et ambivalence, quel avenir ?

La Pologne se bouge les fesses, quant bien même en Europe d'autre se complaisent dans la crise, les crises.


Trente ans après Solidarnosc, la Pologne est le tigre de l'Europe. Nulle part dans la région, je ne vais trouver pareil dynamisme, une volonté aussi carrée de hisser le pays au sommet. Varsovie, il y a vingt ans, m'était apparue comme une ville endormie, sombre, figée, triste. Aujourd'hui, les tours scintillent. On construit des «Platinium Towers». La radio dans les taxis hurle She Got It !. Les grandes surfaces commerciales sont plus nombreuses qu'en France. La transformation est ahurissante. Même dans la tourmente de la crise financière, le pays s'offre le luxe d'un taux de croissance toujours positif. Une performance unique, parmi les pays occidentaux.





La Pologne est pressée. «Pour rattraper l'Europe occidentale, nous devons afficher un taux de croissance deux fois supérieur à ceux de l'Allemagne ou de la France, c'est-à-dire un minimum de 3 %», m'explique Leszek Balcerowicz : l'ancien ministre des Finances qui fut en 1989 l'artisan de la «thérapie de choc», avant qu'il ne devienne le gouverneur de la Banque centrale. Il raconte comment les gens acceptent en Pologne les mesures douloureuses : «Notre problème numéro un a été celui de la réforme des retraites, commencée en 1999. On pousse les gens à travailler plus longtemps, ce qui amène l'État à dépenser moins. C'est crucial. Mais ces réformes sont passées sans problèmes sociaux, avec un large consensus. C'est exemplaire.» Pour Malek Ostrowski, l'un des rédacteurs en chef de la revue Politika, «il y a deux raisons à notre succès : d'abord, nous travaillons plus dur que les Hongrois. Ensuite nos banques ne se sont pas embarquées dans des affaires délicates, parce qu'elles ne les comprenaient pas.» Jan Winiecki, conseiller de la West LB Bank Polska et professeur d'université, constate : «Ces deux dernières décades ont été les plus dynamiques pour la Pologne, depuis quatre siècles.»





Presque tous les pays de la zone, il y a vingt ans, ont été fascinés par les États-Unis et ses gourous économiques, qui ont plongé le monde dans la crise financière dont nous sortons laborieusement. Ces pays ont adopté les théories économiques de Milton Friedman et des Chicago boys. Le dogme ? C'est à travers le marché libre que les citoyens pourront affirmer leur liberté individuelle de consommateurs. Cette liberté doit donc être la plus absolue possible. Les salaires minimums, les politiques visant à élargir l'accès à l'éducation, toutes ces théories keynésiennes, sont bonnes à jeter aux orties.


Le «néolibéralisme» va trouver son terrain d'expérimentation idéal en Europe centrale, puisqu'il faut profiter des crises, des attentats ou des révolutions, pour imposer ces thérapies de choc et purifier les économies des politiques sociales-démocrates européennes. Les dégâts seront considérables. Sauf en Pologne.





Comment l'expliquer ? Bastien Charpentier, le PDG de la banque Lukas, une filiale du Crédit agricole, constate que les Polonais «n'ont pas de moteur collectif, ils s'en tirent individuellement par leur courage au travail. Presque tous ont eu faim. Ceux qui font bouger les choses sont des jeunes cadres aux carrières fulgurantes, qui n'ont pas travaillé sous le communisme.» Andrej Klesyk a d'abord créé une banque d'Internet. Il l'a revendue. Il a ensuite dirigé PKDP, la plus grosse banque polonaise, avant de prendre en charge PZU, la compagnie d'assurance numéro un du pays, un monstre administratif qu'il réforme en profondeur, avec 16 000 employés. Son bénéfice en 2009 ? Un milliard d'euros. Il est un parfait exemple de ces cadres dont parle Charpentier. «Je suis le plus âgé des managers professionnels polonais, dit-il, et je suis arrivé au bon moment pour faire la Harvard Business School, puis mon apprentissage chez McKinsey. Dans ce pays, tous les «smart guys» (les gens intelligents, NDLR) sont allés vers les affaires. Le libéralisme a fonctionné en Pologne parce que la propriété privée n'a jamais vraiment été supprimée sous le communisme. Ils n'y sont pas arrivés.»


J'ai rendez-vous en face du ministère de la Défense, dans la superbe maison 1930 qu'habitait Lech Walesa lorsqu'il présidait le pays, entre 1990 et 1995. La villa abrite maintenant Lewiatan, l'association des PME-PMI polonaises, présidée par Henryka Bochniarz. Cette femme de fer défend le processus de privatisation de l'économie : «C'est un problème de responsabilité à assumer, dit-elle. Si l'argent sort de votre poche, vous raisonnez différemment !» Elle ajoute : «L'économie polonaise marche bien parce que tous les Polonais ont l'habitude de survivre dans des environnements hostiles. On ne peut compter sur personne, et surtout pas sur l'État. Cet esprit-là, c'est notre principal capital, et c'est pourquoi on a démarré au quart de tour au moment du changement de régime.»

Source partielle 12/2009 Le figaro: François Hauter


L’accident de Smolensk pourrait modifier constitution et diplomatie!


La Pologne a vécu un drame assez terrible, qui a soulevé une légitime émotion et un élan de sympathie dans tous les pays. Cette nation polonaise est celle dont est sortie la libération de 1989, ancrées dans leur foi catholique « les divisions du Pape » ont vaincu le communisme. Paradoxalement c’est en se rendant à Kattyn, lieu du massacre par Staline de milliers de soldats et officiers polonais, que l’accident s’est produit. La Pologne n’en finit plus de payer son tribut au totalitarisme.





Aux obsèques du Président Lech Kaczynski, le Président Russe Dimitri Medvedev aura été le principal chef d’Etat présent, puisque les Occidentaux ont annulé leur voyage pour cause d’insécurité aérienne. Faut-il y voir le signe d’un rapprochement entre Varsovie et Moscou, amorcé précisément par cette invitation à Kattyn et la reconnaissance des crimes de Staline ? Certains le pensent sérieusement. Il est vrai que Poutine et son gouvernement ne cessent de reconstituer, pièce par pièce, le puzzle de l’Empire éclaté, tantôt par la force et l’intimidation, comme en Géorgie, Tchétchénie, tantôt par la diplomatie, fût-elle musclée comme vis-à-vis des Ukrainiens.



La Pologne en quête de nouveaux dirigeants sélectionné dans Actualité et Actu Etranger


Toutefois, la disparition du Président n’est pas en soi facteur de révolution diplomatique, pour la bonne raison qu’en Pologne, comme en Allemagne ou en Italie, le Président n’a aucun pouvoir. Ce pouvoir appartient au Parlement, et surtout au premier ministre. Donald Tusk est l’homme fort de Varsovie. En matière économique il est plutôt libéral (bien qu’intéressé par les subventions agricoles de l’Union européenne). Il voudra accroître son pouvoir à l’occasion des nouvelles élections présidentielles qui auront lieu le 20 juin, en soutenant la candidature de Bronislaw Komorowski, appartenant à la Plate-Forme civique, aujourd’hui au pouvoir, parti sur lequel Tusk a la haute main. Tusk voudrait en profiter pour modifier la constitution, et limiter encore les attributions du Président pour les transférer au Premier Ministre.



http://www.rue89.com/files/u9918/20071022electionspologneinside.jpg

cliquez, lire: la Pologne une socièté ambivalente



Cela dit, il n’est pas dit que les sympathies de Donald Tusk aillent inconditionnellement à Moscou. Comme il est de tradition en Pologne, il se sent très atlantique et a choisi le bouclier de l’OTAN – ce qui avait rendu Poutine fou furieux, surtout à l’annonce d’installations de missiles sur le sol de Pologne. Mais la nouvelle stratégie militaire d’Obama pourrait inciter certains pays d’Europe Centrale à regarder de moins en moins à l’Ouest et de plus en plus à l’Est.




Le 28 Avril 2010, source de l'ALEPS

08/04/2010

Berlin - Les offensives géantes de l’Armée Rouge (12 janvier – 9 mai 1945)

Un pan majeur de l’histoire militaire soviétique présenté par Jean Lopez, spécialiste du conflit germano-soviétique.


Les stratégies et les tactiques : l’art opératif

 

Dans son ouvrage Berlin, les offensives géantes de l’Armée Rouge (12 janvier – 9 mai 1945), Jean Lopez se livre à l’analyse des grandes offensives de l’Armée Rouge qui aboutirent à la reddition de Berlin, le 2 mai 1945. Longtemps obscurcie par la propagande issue de la guerre froide, la pensée militaire de l’armée russe est ici enfin révélée. On découvre ainsi que les soviétiques furent les inventeurs de l’art opératif, véritable révolution stratégique que l’ouest mettra plus d’un demi-siècle à adopter !

http://4.bp.blogspot.com/_vW8FXbVhlic/S36ceAe_znI/AAAAAAAAOwg/Q4BMVlzxS8E/s400/blog+-pacte+germano-sovi%C3%A9tique_Caricature+polonaise+-Ribbentrop+baisant+main+Staline+dvt+Molotov.jpg

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Tout commence le 12 janvier 1945. Il s’agit de l’assaut final visant à achever le Reich. Pour arriver à leur but, les soviétiques ne lésinent pas sur les moyens. Le rapport de forces leur est largement favorable. Sur le front est, les Allemands disposent d’environ 500 000 hommes et d’à peine 1000 chars lorsque les deux « fronts » de Joukov et Koniev capitalisent plus de deux millions d’hommes et plus de 6000 chars. L’offensive débute sur la Vistule entre Varsovie et Cracovie, le but étant d’atteindre l’Oder et d’obtenir les conditions favorables pour asséner l’ultime coup sur Berlin. Les russes se sont fixé 45 jours pour prendre Berlin.

En trois jours, la défense allemande sur la Vistule est éventrée. Les "Fronts" de Joukov et de Koniev progressent de 300 à 600 kilomètres en dix-sept jours. L’opération Vistule-Oder est un succès énorme pour l’Armée Rouge, qui fait un sans-faute. La Ostheer est détruite à 75%, les pertes allemandes sont considérables. Les Russes sont à 65 kilomètres de Berlin. Que vont-ils faire ? Foncer sur Berlin ou renforcer leur position en Pologne par la conquête de nouveaux territoires ? Il faut préciser que cette question se pose alors qu’à Yalta, Churchill et Roosevelt remettent en cause la fixation de la frontière orientale de la Pologne. Staline, irrité, choisit alors de s’emparer du maximum de gages territoriaux. Voilà une des raisons qui l’amènent à porter la bataille en Prusse orientale et en Poméranie mais aussi en Silésie. Or, il faudra de longues semaines pour conquérir ces régions.

Pourquoi ces difficultés ? Tout d’abord, les soviétiques s’engagent dans une conquête plus importante avec moins de moyens mais surtout ils se heurtent à deux problèmes. Le premier constitue la faiblesse majeure de l’Armée Rouge : il s’agit de la dissolution morale de la troupe, une fois la frontière allemande franchie. On ne peut pas se battre, violer, piller et saccager en même temps. Le second problème est d’ordre logistique. Les Allemands détruisent ou occupent les principaux carrefours ferroviaires. Les Russes n’ont plus d’obus, de carburant… À ces deux raisons, il faut ajouter une résistance allemande surprenante renforcée par un sursaut exceptionnel de la Luftwaffe. Il ne s’agit là que d’obstacles retardant le succès de l’Armée Rouge, inévitable par les moyens engagés et l’état de décomposition de la Wehrmacht.


L’opération Prusse-Orientale


La conquête de la Prusse-orientale s’avère particulièrement atroce. La bataille de Königsberg, le 5 avril, illustre la violence et l’inhumanité de cette campagne. Les Russes engagent des moyens disproportionnés pour prendre cette ville de 372 000 habitants. Ils prévoient pas moins de deux armées aériennes, deux corps de chasseurs-bombardiers, soit au total près de 2500 appareils. Le 6 avril, les bombardements transforment la ville en mouroir de masse. Malgré une tentative de résistance, la ville est prise le 9 avril. Il s’agit du pire exemple de crémation complète et réfléchie. Le bilan de l’opération Prusse-Orientale est lourd. Les Russes ont réussi à détruire deux armées allemandes mais au prix de 200 000 tués et autant de prisonniers. Les pillages et bombardements laissent une contrée ruinée et vidée à 90% de sa population. Quant aux pertes soviétiques, elles aussi sont lourdes : plus de 126 000 tués, plus de 400 000 blessés, plus de 3500 chars détruits…


La course pour Berlin


Le « nettoyage des ailes » (Poméranie, Silésie, Prusse-Orientale) a quelque peu détourné les soviétiques de leur but initial qu’était Berlin. Alors que leurs forces sont encore éparpillées, les alliés franchissent le Rhin… Staline se sent menacé : les alliés ne vont-ils pas chercher à prendre Berlin les premiers ? Dès lors, Berlin redevient l’objectif suprême. Staline est prêt à tout pour arriver à ses fins. Il met en ligne trois fronts et n’hésite pas à jouer de la concurrence entre ses maréchaux, Koniev et Joukov : c’est à qui arrivera le premier !

L’opération Berlin se déroule en deux temps : la bataille pour Berlin puis la prise de la ville en elle-même. Les combats débutent le 16 avril, sur les hauteurs de Seelow. Cette bataille manque de tourner au fiasco, faute de préparation et d’information. Joukov a largement sous-estimé la résistance de la 9e armée allemande. Il faut dire que le sursaut allemand est remarquable. Malgré l’état de décomposition avancé du Reich, il arrive à mettre près d’un million d’hommes sur l’Oder et la Neisse. Ces hommes sont peu préparés mais assez bien équipés et permettent ainsi aux Allemands d’organiser une vraie défense. Se sachant perdus, leur but est de forcer les Russes à une coûteuse bataille d’attrition. Ils réussissent. L’avancée russe n’est pas aussi rapide que prévue et les pertes sont énormes (plus de 12000 tués en quatre jours).

Finalement, le 20 avril, les troupes soviétiques sont aux abords de Berlin. Sokolovsky arrive par le nord, et Koniev (qui venait de disperser le groupe d’armées du Centre) par le sud. Le 21 avril, la ville est complètement encerclée. Quant à Hitler, il se réfugie dans son bunker situé dans les jardins de la Chancellerie. Les forces allemandes à Berlin se résument à 300 000 soldats, mal équipés, ne disposant d’aucun engin lourd et de peu de munitions. Les renforts tant attendus n’arriveront jamais, car toutes les armées allemandes sont encerclées en différents points du front. Les combats dans la ville sont difficiles : les soldats allemands se battent pour chaque rue, chaque immeuble, chaque maison, avec acharnement. L’entrée en action de l’artillerie, des blindés et de l’aviation soviétique rend la résistance allemande vaine. Le 26, les russes prennent l’aéroport de Tempelhof, ce qui prive les troupes allemandes du peu de soutient que la Luftwaffe pouvait encore leur apporter. Le 30 avril 1945, Hitler et sa jeune épouse, Eva Braun, se suicident. Cette nouvelle n’ébranle pas les Berlinois qui continuent à défendre leur ville. Le soir même, les soldats de l’Armée rouge s’emparent du Reichstag et y plantent le drapeau soviétique. Le 1er mai 1945, le général Weidling (commandant de la garnison de Berlin) n’a plus d’autre choix que de capituler. Deux jours de combats sont toutefois encore nécessaires pour vaincre les dernières résistances.

L’opération Berlin est une des plus sanglantes de la guerre. On estime à un demi-million le nombre de tués, militaires et civils, pour l’ensemble de l’opération.


Que retenir de ces épisodes sanglants ?


Tout d’abord, l’ensemble de ces dernières opérations était-il vraiment nécessaire ? Oui, dans la mesure où Hitler a imposé l’anéantissement complet d’un des protagonistes pour arrêter la guerre. On peut donc estimer que la volonté d’Hitler est la cause de cette prolongation inutile. Mais Hitler est-il le seul responsable ? Non. Et c’est là un des enseignements majeurs du livre de Jean Lopez : les chefs de la Wehrmacht sont coresponsables. L’auteur de Berlin insiste sur leur faillite morale et professionnelle : « Aveuglés par un complexe de supériorité délirant, les chefs de la Wehrmacht se sont montrés incapables de protéger leur peuple, incapables de mettre fin à la guerre, comme ils se sont montrés incapables de rivaliser avec la pensée stratégico-opérative des soviétiques ». C’est là, le second point majeur mis en exergue par Jean Lopez : inventeurs de l’art opératif, les soviétiques sont de bons militaires. Leur victoire n’est pas le seul résultat de leur supériorité numérique, mais le fruit d’une pensée militaire en avance de cinquante ans sur le reste du monde. En effet, cette offensive géante de l’Armée rouge représente le modèle quasi-parfait de la « bataille en profondeur » théorisée par les soviétiques dès les années 1930 et mise en application pour la première fois.

 

http://www.annefrankguide.net/fr-FR/content/4-1.jpg

 
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