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03/06/2011

La galanterie mesdames, connaissez-vous?

Allez en ce jour férié, un peu d'histoire, un peu de légèreté en photo. Tenez, DSK était-il galant?

 

Périodiquement, la presse remonte à la lumière des affaires de moeurs qui impliquent des gouvernants. Il est vrai que le pouvoir attise les passions mais le survol de l'Histoire montre
que ce phénomène a beaucoup évolué selon l'époque et le lieu, des temps préhistoriques à nos jours...

 

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le goujat, lol


Se battre pour des femmes
Sexualité et le pouvoir sont liés depuis la nuit des temps comme nous le rappellent Claude Lévi-Strauss et ses confrères anthropologues. Dans les sociétés paléolithiques comme dans les dernières communautés de chasseurs-cueilleurs, en Amazonie et en Papouasie, les guerres étaient motivées avant toute chose par le souci de s'approvisionner en femmes.

 

Ces guerres étaient au demeurant bien moins meurtrières que celles de notre Néolithique finissant. Elles permettaient aux groupes nomades de se mélanger et, d'une certaine manière, de se rapprocher. On en retrouve la trace dans les mythes qui s'attachent à la fondation de Rome, avec le rapt des Sabines par les compagnons de Romulus. Les jeunes filles ayant eu le loisir d'apprécier les charmes de leurs ravisseurs, elles vont négocier une alliance entre leurs pères et leurs amants. Ce sera le début de la prodigieuse expansion de Rome.


Épouses et mères : Un autre mythe témoigne du chemin accompli par les rudes Romains.
C'est celui de Lucrèce, l'épouse vertueuse d'un jeune patricien. Elle est violée par le fils du roi Tarquin et se suicide après avoir révélé son déshonneur. D'indignation, son époux et ses amis se soulèvent contre le régime, chassent le roi et installent la République.


- Turpitudes romaines : À la fin de la République et sous l'Empire, cette nostalgie d'un Âge d'Or fondé sur la vertu conjugale se confronte à la réalité d'une oligarchie richissime et toutepuissante.


Le grand Jules César suscite l'ironie de son entourage et de ses soldats par ses moeurs bisexuelles dissolues. Ses successeurs ne lui seront pas inférieurs en matière de luxure.


La cour impériale est le lieu de scandales sans nombre au 1er siècle de notre ère. C'est le vieux Tibère nageant avec ses mignons dans la grotte bleue de Capri ; c'est Messaline, épouse de l'empereur Claude, se prostituant dans les bouges de Rome ; c'est Néron tuant d'un coup de pied son épouse Poppée, enceinte... Dans les derniers siècles de Rome, les chroniqueurs s'attardent moins sur les turpitudes des puissants ; ce n'est pas qu'elles soient moindres... Il n'est que de lire Le Satiricon, un roman sans doute écrit à la fin du IIe siècle.

 

Les classes moyennes romaines se montrent plus respectueuses de la tempérance prônée par les philosophes : les chroniques et les stèles funéraires attestent de l'amour conjugal.

 

Celui-ci n'exclut toutefois pas les amours ancillaires (relations sexuelles avec les servantes et les esclaves), jugées comme allant de soi.


- L'amour chevalier : Au tournant de l'An Mil, après les invasions barbares et les violences de la société féodale, l'Église prend les choses en main. Elle stigmatise les mariages forcés et la répudiation ainsi que le goût des seigneurs féodaux pour une polygamie de fait. Elle condamne aussi la consanguinité et l'inceste (cette notion est très large au Moyen Âge).

 

Deux rois capétiens, Robert II et son petit-fils Philippe 1er, font les frais de cette sévérité et sont excommuniés par le pape.


Aux XIIe et XIIIe siècles, les moeurs communes demeurent d'une grande brutalité (lire le roman de Ken Follett : Les Piliers de la Terre). Beaucoup de seigneurs et maîtres ne se privent pas de forcer servantes et paysannes, mais en-dehors de toute légalité. Le «droit de cuissage» est une pure invention des historiens républicains du XIXe siècle Un changement s'amorce en ce qui concerne le regard porté par les nobles et les bourgeois sur les femmes de leur classe. Les troubadours inventent un sentiment nouveau, l'amour. Celui-ci, à leurs yeux, n'a pas grand-chose à voir avec le mariage. C'est ce qui fait son charme. Dans les légendes du roi Arthur, il rapproche une reine et un chevalier servant, Guenièvre et Lancelot, Iseut et Tristan. Il n'empêche que les rois capétiens, sermonnés par l'Église, préfèrent chercher la félicité auprès de leur épouse unique et légitime. En 1226, Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste, rentre d'une expédition contre les gens du Midi. Il tombe malade de dysenterie sur le retour et les médecins lui suggèrent comme remède, à défaut de mieux, l'étreinte d'une vierge. Le roi refuse avec tout ce qui lui reste d'énergie et meurt l'âme en paix.


Son fils Louis IX (futur Saint Louis) est un souverain joyeux et plein de vie. Marié à 20 ans à
Marguerite de Provence, il lui fait onze enfants et lui sera toujours fidèle, n'ayant de cesse de lui rendre hommage, malgré les remontrances de sa mère, la pieuse Blanche de Castille.

 

Tout aussi fidèles en mariage seront ses descendants, notamment Philippe IV le Bel, époux de Jeanne de Navarre et Charles V le Sage, époux de Jeanne de Bourbon.

 

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L'Église et le sexe

À la faveur du concile Latran IV (1215), l'Église rappelle solennellement sa doctrine en matière de mariage :
- les époux doivent exprimer leur engagement en public, preuve que leur union est volontaire et non contrainte,
- le mariage est indissoluble sauf en cas d'inceste ou d'impuissance masculine ; c'est une façon d'affirmer le devoir d'assistance entre les époux et d'empêcher les répudiations de convenance.
Contrairement à une idée convenue et à l'exception de quelques théologiens obtus, l'Église se montre compréhensive à l'égard des relations sexuelles. Elle condamne les relations hors mariage, pour protéger les filles contre la violence masculine et les grossesses non désirées.


Elle condamne de même l'adultère. Les personnes concernées, en état de péché mortel, peuvent toutefois obtenir le pardon en confessant leur faute et en faisant pénitence.

 

L'adultère, en particulier, ne justifie en aucune façon la rupture du mariage et du projet familial qu'il sous-tend. Après le scandale de la tour de Nesle, les brus du roi Philippe le Bel, convaincues d'adultère, seront enfermées dans un couvent mais sans que leur époux puisse se remarier. En France, il faudra attendre une loi républicaine de 1886 autorisant le divorce pour «faute» pour que soit sacralisé le lien entre mariage et fidélité.

 

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Maîtresses et concubines

Les moeurs changent au XIVe siècle, chez les Français comme chez leurs cousins anglais, à l'époque de la guerre de Cent Ans. Des femmes sont à l'origine des premiers scandales sexuels : les brus de Philippe le Bel, on l'a vu, mais aussi sa propre fille Isabelle, surnommée la «Louve de France». Mariée au roi anglais Édouard II qui la néglige au profit de ses mignons, elle le fait emprisonner et tuer en 1327 avec l'aide de son amant Mortimer. Son fils Édouard III vengera l'honneur familial.


Près d'un siècle plus tard, une autre reine fait jaser. Il s'agit d'Isabeau de Bavière, épouse du roi de France Charles VI le Fou. La rumeur lui prête - sans doute bien à tort - de nombreux amants dont son beau-frère Louis d'Orléans. Accablé par les malheurs de sa famille et du royaume, son fils a triste mine quand il monte sur le trône sous le nom de Charles VII.


Heureusement, il est soutenu par sa belle-mère Yolande d'Aragon et rencontre Jeanne d'Arc, qui va lui redonner courage et énergie. Dans ses vieux jours, le roi retrouve enfin le sourire avec une jeune amante, Agnès Sorel. C'est la première d'une longue série de maîtresses officielles. 1492. L'année se signale par la découverte de l'Amérique mais aussi par l'accession à la papauté d'un certain Rodrigo Lançol y Borgia, sous le nom d'Alexandre VI Borgia. À côté de ce pape tourné plus que quiconque vers le péché de chair, les rois font figure d'enfants de coeur, y compris François 1er, premier roi de France à collectionner les maîtresses officielles :
Françoise de Châteaubriant et Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, sans compter la Belle Ferronnière... Son fils et successeur Henri II est plus sage et se satisfait de Diane de Poitiers, à côté de son épouse Catherine de Médicis. Il n'empêche que «la magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second», dixit Mme de Lafayette (La princesse de Clèves). Ce jugement est corroboré par Les vies des dames galantes, un recueil plaisant de Brantôme.


Les moeurs ne se dissipent pas seulement à la cour des Valois. À la cour des Habsbourg, une bourgeoise de Ratisbonne donne à Charles Quint un bâtard talentueux qui sera légitimé par l'empereur, Don Juan d'Autriche. À la cour des Tudor, de l'autre côté de la Manche, les scandales s'enchaînent sous le règne du roi Henri VIII, six fois marié, comme sous celui de sa fille Elizabeth 1ère. La rumeur prête à la «reine-vierge» des liaisons clandestines mais rien de comparable à sa cousine Marie Stuart. Veuve du roi de France François II, celle-ci se remarie avec un lord écossais sur un coup de tête, prend un amant italien que son mari exécute sous ses yeux, puis ordonne elle-même le meurtre de son mari avec l'aide d'un nouvel amant, écossais celui-là. Au XVIIe siècle, Henri IV inaugure en beauté la dynastie des Bourbons, avec des maîtresses par dizaines. Il y gagne même le surnom de «Vert-Galant». Tout cela ne prête pas à conséquence, sauf la tentation du roi d'épouser l'intrigante Gabrielle d'Estrées. Celle-ci étant morte en couches, le roi devra se satisfaire d'un mariage plus politique avec Marie de Médicis. Louis XIII, son fils et successeur, se montre à l'inverse d'un naturel timoré et très réservé à l'égard des femmes, y compris de la sienne, Anne d'Autriche. C'est à Louis XIV, leur fils, que reviendra l'honneur de restaurer la tradition galante. On lui connaît de nombreuses favorites, de Mlle de la Vallière à Françoise de Montespan et Angélique de Scorraille, duchesse de Fontanges. Il a le bon goût de légitimer ses bâtards et envisage même un moment de laisser le trône à l'aîné de la Montespan, le duc du Maine.

 

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il y a pas à dire, ils sont galants ces hommes, lol


Ramenons les écarts du Roi-Soleil à leur juste mesure : de sa vingtième année à son remariage avec Mme de Maintenon, en 1683, à l'âge de 45 ans, Louis XIV n'aura vécu qu'un tiers de sa vie «dans le stupre». Il a ensuite renoncé aux écarts et s'est satisfait des charmes mûrs de sa deuxième épouse. Faut-il l'en féliciter ? Notons que les meilleurs moments du règne concernent la période où il a vécu dans les plaisirs, au milieu de ses maîtresses et favorites. Quand il y a renoncé, le royaume est entré dans une période sombre :
révocation de l'Édit de Nantes, dévastation du Palatinat, guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, famines et révolte des Camisards... N'y voyons qu'une coïncidence.


À la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, un renouveau politique et religieux prépare un changement de cap en matière de moeurs. Celui-ci prendra toute son ampleur au XIXe siècle...

 

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trop fort le mec...

 

Les femmes sont l'avenir de l'Europe

Les guerriers qui ont bâti l'Europe au Moyen Âge et aux Temps modernes ont eu le souci de mélanger leur sang, comme les chasseurs du Paléolithique. Sur les ruines de l'empire carolingien émergent les premiers États modernes.


Leurs souverains, en guerre les uns contre les autres, prennent l'habitude de conclure ces guerres par des alliances matrimoniales, avec l'espoir de préserver ainsi la paix pendant quelque temps. Très vite les dynasties européennes s'imbriquent les unes dans les autres de sorte que, sur le conflit perpétuel, se construit une identité commune. Louis XIV est l'expression de ce paradoxe. Plus attaché que quiconque à la grandeur de son royaume, il a
deux arrière-grands-parents français (ou navarrais), deux italiens, deux espagnols et deux allemands. Son lointain descendant Louis XVI compte quant à lui parmi ses ascendants les plus proches des Polonais, des Saxons, des Danois... Ce phénomène est propre à l'Europe dynastique. Dans l'empire ottoman voisin, construit par des Turcs nomades, rien de semblable: les sultans sont mis au monde par des concubines de toutes provenances comme la célèbre Roxelane. Ainsi les sujets ottomans sont-ils «esclaves de fils d'esclaves» ! Même chose dans la Chine des empereurs mandchous. Dans le bassin méditerranéen, où est apparu le Néolithique, avec une agriculture fondée sur la possession du sol, les populations privilégient depuis plusieurs millénaires les mariages entre proches cousins.

 

C'est tout le contraire des souverains européens. C'est qu'il leur importe avant tout de ne pas disperser les héritages. Ce phénomène, qui perdure dans les sociétés islamiques, a été analysé par Germaine Tillion (Le harem et les cousins, 1966).

 

la naissance de la galanterie
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 23 mai 2011
Auteur : André Larané

12:22 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galanterie, dsk, femmes, guerre, histoire, moeurs, sexe, église, pape, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/05/2011

Les Etats face à la drogue, a quand la dépénalisation, la légalisation du cannabis?

Pourquoi la guerre antidrogue lancée dans les années 1970 est-elle un échec ?

Le nombre de consommateurs et la production ont augmenté. Or, les dirigeants mondiaux n'ont jamais tenté de changer de stratégie. C'est inédit. On dépense des milliards dans un plan qui ne marche pas. La prohibition de la cocaïne, par exemple, alimente l'activité des mafias et des guérillas meurtrières dans les pays producteurs.

 

Législation du cannabis thérapeutique dans le monde en 2006


Depuis 2001, consommer une drogue dure ou en détenir une petite quantité n'est plus un délit au Portugal.
Quels sont les résultats?
Globalement la situation sanitaire s'est améliorée. Le nombre d'overdoses a diminué. La consommation n'a pas connu le boom auquel on aurait pu s'attendre. Enfin, la criminalité liée aux drogues a reculé. C'est positif pour les Portugais. Mais il s'agit d'une initiative isolée qui ne résout rien au niveau mondial.


Comment résoudre ce problème planétaire?
La dépénalisation prend seulement en compte l'aspect consommateur, et non les problèmes qui concernent les pays producteurs. Elle ne considère pas le trafic de drogue dans son ensemble. C'est pourquoi il faut une révision mondiale des politiques antidrogue et pas seulement des ajustements au cas pas cas. C'est d'ailleurs ce que préconisent les signataires de l'appel de Vienne lancé fin juin 2010, parmi lesquels figurent des prix Nobel et trois anciens présidents d'Amérique Latine, le Colombien César Gaviria, le Mexicain Ernesto Zedillo, le Brésilien Fernando Enrique Cardoso.


A quoi ressemblerait ce nouveau modèle de régulation des drogues ?
On peut imaginer des solutions différentes selon les pays et selon les types de drogue. Un système souple pour le cannabis, de type coffee shop, comme aux Pays-Bas. Pour les drogues dures, un système un peu plus verrouillé de type pharmaceutique, où les produits seraient vendus par des pharmacies labellisées qui effectueraient un accompagnement du consommateur. La publicité de ces produits serait évidemment interdite et les doses strictement régulées par l'Etat. A ce jour, 180 à 250 millions de consommateurs ont essayé ces substances alors qu'elles sont interdites et dangereuses. Dans un système légalisé et contrôlé, la pression sociale pèserait sur le consommateur. La légalisation de la drogue mérite au moins qu'on y réfléchisse. Mais le sujet reste tabou. En France, l'idée d'une dépénalisation ou d'une légalisation des drogues fait peur. Pourtant, le nombre de consommateurs de psychotropes remboursés est très important dans notre pays. Il y a une schizophrénie. Le débat est nettement plus avancé aux Etats-Unis ou en Angleterre, et je ne parle pas du Portugal et des Pays-Bas. Il faut appliquer à la drogue les méthodes que l'on emploie dans la lutte contre l'alcoolisme : légalisation accompagnée de prévention et d'éducation. Pour le moment, la lutte antidrogue est aussi inefficace que la Prohibition dans les années 1930 aux Etats-Unis.

 

La lutte contre la drogue est un échec mondial
Source, journal ou site Internet : L’Express
Date : 10 mai 2011
Auteur : Jules Giraudat

 

Législation du cannabis thérapeutique en Europe en 2006

 

 

Par ailleurs, voir ici les différents dossiers se référant de la drogue; Aussi une nouvelle étude démontrant que le cannabis non seulement ne permet pas le cancer du poumon, mais pourrait plutôt le guérir.. source:

Marijuana cuts lung cancer tumor growth in half, Harvard study shows

 

The active ingredient in marijuana cuts tumor growth in common lung cancer in half and significantly reduces the ability of the cancer to spread, say researchers at Harvard University who tested the chemical in both lab and mouse studies.

They say this is the first set of experiments to show that the compound, Delta-tetrahydrocannabinol (THC), inhibits EGF-induced growth and migration in epidermal growth factor receptor (EGFR) expressing non-small cell lung cancer cell lines. Lung cancers that over-express EGFR are usually highly aggressive and resistant to chemotherapy.

THC that targets cannabinoid receptors CB1 and CB2 is similar in function to endocannabinoids, which are cannabinoids that are naturally produced in the body and activate these receptors. The researchers suggest that THC or other designer agents that activate these receptors might be used in a targeted fashion to treat lung cancer.

 

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :

  • Bedrocan (18% dronabinol) Bediol (11%) et Bedrobinol (6% + 7,5% CBD): formes naturelles disponibles en pharmacie depuis 2005 (Hollande et pays importateurs : Espagne, Italie, finlande par exemple) et délivrés sur prescription médicale ;
  • Marinol (dronabinol) : prescrit par exemple pour le traitement des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour l'amélioration de l'appétit chez les malades atteints du sida. Il est autorisé dans la plupart des pays européens, comme par exemple l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni ;
  • Cesamet (nabilone) : voir Marinol ;
  • Sativex : prescrit par exemple pour le traitement des douleurs associées à la sclérose en plaques. Il est autorisé au Canada depuis 2005.
  • Aujourd'hui, les applications thérapeutiques du cannabis sont de plus en plus reconnues. Les applications thérapeutiques connues sont répertoriées par l'Association Internationale pour le Cannabis Médical:

  • Nausées et vomissements
  • Anorexie et cachexie
  • Spasmes
  • Troubles du mouvement
  • Douleurs
  • Glaucome
  • Épilepsie
  • Asthme
  • Dépendance et état de manque
  • Symptômes psychiatriques
  • Maladies auto-immunes et inflammations
  • Divers, syndromes variés

Les connaissances scientifiques dans ce domaine ne cessent de progresser, comme le montre l'évolution exponentielle du nombre d'études réalisées ces dernières années (Graphe). Durant la dernière décennie, ce nombre a plus que doublé, élevant le nombre total de publications à plus de 8000 entre 1990 et 2000. Le nombre de maladies, pathologies ou troubles traitables s'élève à plus de 200[8],[9],[10]

  • Il est question de propriétés scientifiquement reconnues :
    • analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques résistantes aux traitements traditionnels ;
    • relaxantes et somnifères : malades en phase terminale, troubles du sommeil ;
    • anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
    • anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d'autres traitements lourds ;
    • stimulant l'appétit et redonnant l'envie de manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;
    • broncho-dilatatrices : asthme ;
    • anti-inflammatoires : le cannabinol CBD (voir Cannabinoïde) non psychoactif est connu pour ses affinités avec les récepteurs CB2 situés sur les cellules immunitaires T.
    • anti-psychotiques [2] : traitement alternatif de la Schizophrénie[11] ;
    • anti-depresseur[12] ;
    • anxyolitiques ;
    • sédatives[13] ;
    • vaso-dilatatrices : glaucome, migraines.
  • Depuis les années 90, le cannabis et les cannabinoïdes qu'il contient suscitent un engouement croissant de la part des laboratoires de recherche. Entre 2000 et 2007, plus de 9000 articles scientifiques ont été publiés [14]. Ce nombre a plus que doublé en dix ans. Ainsi, ces études, répertoriées sur la base de données scientifique de IACM, suggèrent que le cannabis pourrait être utilisé à des fins thérapeutiques dans un grande diversité de maladies et de pathologies[15]:
    • une alternative efficace pour le traitement des symptômes chroniques (impulsivité, anxiété, distractibilité, ...) du Trouble Déficit de l'Attention / Hyperactivité (TDAH) (modulation de la Dopamine par le système endocannabinoique, ciblé par les phytocannabinoides du cannabis) ;
    • une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
    • un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire), la paraplégie, l'hyperkinésie,
    • un agent thérapeutique pour le traitement de la maladie de Parkinson,
    • un agent thérapeutique pour la réduction des tics liés au syndrome de Tourette [16],
    • un agent thérapeutique pour le traitement des maladies auto-immune comme la Sclérose en Plaques,
    • un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
    • un agent inhibant les sécrétions d'acide gastrique et pouvant jouer un rôle favorable sur la prévention des ulcères, des diarrhées ;
    • un agent améliorant les troubles comportementaux des patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'Autisme ;
    • une alternative pour le traitement de la dépression passagère ou chronique (implication CB1 dans la modulation de la Sérotonine, des troubles de l'humeur, des angoisses et des Troubles Post-Traumatiques ;
    • une alternative pour le traitement des troubles du sommeil et de l'anxiété ;
    • un agent de substitution pour le traitement des dépendances à l'alcool, aux opiacés (Héroïne), aux stimulants (Cocaïne) et aux somnifères (Benzodiazépine).


Aujourd'hui il existe un seul ouvrage↑ (Ref: Docteur en Médecine Franjo Grotenhermen - Cannabis en Médecine : Un guide pratique des applications médicales du cannabis et du THC, 2009, Editions Indica) qui répertorie l'ensemble des conditions traitables par les cannabinoides, écrit par un médecin et recemment traduit en français (www.editionsindica.com) il parcourt l'ensemble des capacités médicinales de cette plante et certains de ces usages. Par ailleurs de nombreux ouvrages existent en langues étrangères (anglais, allemand,espagnol, ...).

15/04/2011

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen par "The New York Times"

En appelant à une intervention militaire en Libye, Nicolas Sarkozy a "réveillé l'Américain" qui sommeillait en lui et éclipsé Barack Obama, analyse The New York Times. Le quotidien s'amuse de cette inversion des rôles entre le locataire de la Maison-Blanche et le président français.

 

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En France, cela fait longtemps qu'on le surnomme "Sarko l'Américain". Il aura toutefois fallu l'aide du locataire de la Maison-Blanche et le spectre d'un massacre en Libye pour permettre à Nicolas Sarkozy de révéler l'Américain qui sommeille en lui. En appelant à l'action militaire contre le colonel Kadhafi et en s'empressant de reconnaître et d'armer les rebelles libyens, Sarkozy s'est donné l'image d'un chef d'Etat d'envergure internationale, même s'il ressemble moins à un nouveau de Gaulle qu'à un Reagan à la française.


D'une certaine manière, Nicolas Sarkozy a également rendu service à Barack Obama. En poussant ainsi la France en avant, le président français a permis à son homologue américain de présenter de manière crédible l'intervention en Libye comme un modèle de coopération multilatérale, et non comme le théâtre de la troisième opération américaine dans un pays musulman en moins de dix ans. Entraîné à contrecoeur dans ce conflit et sur l'insistance des Européens et des dirigeants arabes - Sarkozy se montrant le plus pressant de tous -, Barack Obama aurait presque fait figure d'Européen. C'est un tandem géopolitique bien improbable que forment ces deux hommes. Jugés tous les deux comme des francs-tireurs, ils ont en commun d'avoir pris le risque de prendre leur pays respectif à rebrousse-poil. Mais l'apparition de ce duo a également de plus amples répercussions au sens où il augure d'un monde nouveau dans lequel les Etats-Unis, militairement et économiquement à bout, ne joueraient plus seuls le rôle de gendarme du monde. "Il est tentant de dire que Sarko l'Américain va de pair avec Obama l'Européen, mais c'est faux", explique Dominique Moïsi, fondateur de l'Institut français de relations internationales (IFRI).

 

Il s'agit plutôt, pour l'un comme pour l'autre, d'un "mariage de raison". Cette alliance s'inscrit également dans la lignée de convictions clairement affichées.


Lors de son discours à Berlin, en juillet 2008, Barack Obama s'est présenté aux Européens en tant que "citoyen du monde". Ce discours, prononcé dans les derniers jours de la présidence de George W. Bush, a notamment marqué les esprits par sa mention des "fardeaux de la citoyenneté globale". Enumérant les dangers de la prolifération nucléaire, de la culture de la drogue en Afghanistan, de la violence en Somalie et du génocide au Darfour, Obama avait déclaré qu'aucun pays, pas même les Etats-Unis, n'avait les moyens de répondre seul à ces menaces. Il s'agissait d'une rupture avec les politiques unilatérales de l'administration Bush, mais également d'un défi lancé à l'Europe. De son côté, Nicolas Sarkozy n'a jamais caché son admiration pour les Etats-Unis. En 2009, il a fait revenir la France au sein du commandement intégré de l'OTAN, une mesure essentiellement symbolique, mais qui l'a néanmoins aidé pour en appeler ensuite aux forces de l'Otan contre la Libye. Avant l'élection de Sarkozy, aucun pays occidental ne divergeait davantage des Etats-Unis que la France. En 2003, à la veille de la guerre en Irak, le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, avait déclaré que l'opposition de la France à l'invasion américaine relevait d'un choix entre "deux visions du monde" : la frappe "immédiate et préventive" des Etats-Unis, d'une part, et la patience diplomatique de la France, d'autre part.

 

Cette fois-ci, c'est Nicolas Sarkozy qui a prôné une intervention militaire immédiate pour éviter un massacre à Benghazi, en Libye. Et c'est Barack Obama qui a traîné les pieds, arguant que cela risquait de réveiller le sentiment antiaméricain dans le monde musulman.

 

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Alors que s'annonçait un bras de fer à propos du vote du budget, et tandis que Washington s'efforce de rappeler ses soldats d'Irak et d'Afghanistan, Obama n'était guère enclin à déployer des troupes et à engager des dépenses pour un pays qui, d'après les termes mêmes du ministre de la Défense, Robert Gates, ne représente pas un intérêt vital pour les Etats-Unis. Les volontés conjuguées de Sarkozy et du Premier ministre britannique, David Cameron, ont toutefois changé les termes de l'équation en permettant au président Obama d'annoncer une intervention militaire de durée limitée et dont l'essentiel des opérations serait confié à une coalition de l'OTAN. De toute évidence, Nicolas Sarkozy agit en fonction de motivations propres. A la traîne dans les sondages, il risque de ne pas être réélu. Ses adversaires, notamment de droite, jouent sur les craintes des Français d'assister à un afflux de réfugiés libyens et d'Afrique du Nord. La réaction de son gouvernement face à la révolte tunisienne a été plus que tardive et on lui a reproché d'entretenir des liens un peu trop étroits avec le tyran déchu, Ben Ali. Pour Dominique Moïsi, il serait toutefois injuste de ne voir qu'un calcul politique de la part du président français. Sarkozy veut également devenir une figure historique et se fait une grande idée de la place de la France dans le monde. A l'instar des Etats-Unis, l'identité de la France est fondée, entre autres, sur le principe des droits universels. Dans une certaine mesure, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen a d'ailleurs permis de justifier la défense de Benghazi. Et c'est au nom de ces mêmes idéaux que la France est intervenue également en Côte d'Ivoire, autre ancienne colonie, où les forces françaises de maintien de la paix opèrent sous un mandat des Nations unies. Toutes ces opérations représentent un risque pour Sarkozy. L'aventure libyenne pourrait s'enliser et tomber dans une impasse entre les rebelles et les forces du colonel Kadhafi. La reconnaissance précipitée des rebelles pourrait également avoir un effet boomerang, compte tenu du peu d'informations dont l'on dispose sur leurs motivations.

 

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Sarkozy pourrait également se voir reprocher d'avoir laissé les Etats-Unis se décharger trop lourdement sur les épaules de la France. Barack Obama n'est pas non plus à l'abri d'un risque. Ses opposants au Congrès l'accusent d'avoir embarqué les Etats-Unis dans une entreprise à l'objectif mal défini. En dépit de tous ses discours sur ses partenaires et le multilatéralisme, l'armée américaine constitue toujours l'essentiel des forces combattantes de l'OTAN, ce qui en fait une pièce maîtresse du dispositif libyen. Sans Obama à ses côtés, Sarkozy perdrait vite de sa superbe. Enfin, l'idée qu'une opération militaire ne soit pas placée sous le commandement des Etats-Unis ne plaît guère à certains républicains. Mais les deux présidents sont surtout un concentré de contradiction : les Européens s'étonnent de voir un président américain réticent à s'engager dans un conflit, tandis que les Américains, se souvenant de la guerre en Irak, ne savent vraiment pas quoi penser d'un soldat français. Se pourrait-il que les frites méritent véritablement leur appellation de "freedom fries" ? [littéralement "frites de la liberté" : nom ironiquement donné aux "french fries" à l'époque du refroidissement des relations franco-américaines, au moment du déclenchement de la guerre en Irak, en 2003].

 

Sarkozy l’Américain et Obama l’Européen
Source, journal ou site Internet : The New York Times
Date : 13 avril 2011
Auteur : Marl Landler

09:49 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sarkozy, obama, libye, irak, militaire, guerre, ifri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/04/2011

Usa/Guerre de sécession, 150ème anniversaire...abolition de l'esclavage!!

Alors que les Etats-Unis fêtent les 150 ans de la Guerre civile, l’écrivain Tony Horwitz explique la fascination des Américains pour cette période de leur histoire.


Tony Horwitz est l’auteur d’un excellent livre de reportage sur les traces de la guerre de Sécession (1861- 1865), Confederates in the Attic (les Confédérés au grenier), dont les Américains vont commémorer, à compter de mardi, le 150e anniversaire du déclenchement des affrontements. Ancien journaliste, Tony Horwitz a accompagné des «reconstitueurs» qui se déguisent en soldats de l’Union ou de la Confédération.

 

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Et tenté d’éclairer ce que signifie cette guerre aujourd’hui encore aux Etats-Unis. Dans sa vie de reporter de guerre, Tony Horwitz a couvert le conflit du Golfe ou ceux de l’ex-Yougoslavie pour le Wall Street Journal.


Il est l’auteur de livres de voyage à travers l’histoire, commeA Voyage Long and Strange (l’épopée des premiers explorateurs européens de l’Amérique). Son prochain ouvrage, à paraître aux Etats-Unis en octobre, reviendra sur l’un des déclencheurs de la guerre de Sécession, le «terroriste» John Brown qui prônait l’insurrection armée contre l’esclavage.


Pourquoi la guerre de Sécession reste-t-elle aussi présente aux Etats-Unis ?
Pour beaucoup d’Américains, c’est surtout un sujet sur lequel ils doivent plancher au lycée. Pour ceux qui s’y intéressent, il y a plusieurs raisons : d’abord l’ampleur de la guerre et de ses massacres dépasse de très loin tout autre conflit de l’histoire américaine. Trois jours de combat à Gettysburg ont tué plus d’Américains que les huit dernières années de guerre en Irak. Dans les rangs confédérés, près d’un soldat sur trois est mort.


Rapportés à la population actuelle des Etats-Unis, les 620 000 tués de la guerre de Sécession équivaudraient à 6 millions de morts. L’Europe a connu un certain nombre de guerres de cette ampleur, mais pas l’Amérique du Nord. Une autre raison est que cette guerre s’est déroulée sur le sol américain, à moins d’une journée de route de là où habite aujourd’hui près de la moitié de la population américaine. Chacun peut mettre sa famille dans une voiture et aller voir les champs de bataille ou d’autres sites historiques. La plupart de ces sites sont pratiquement préservés dans l’état où ils étaient dans les années 1860, avec clôtures en bois, chemins défoncés et champs de maïs. Cela ramène les Américains à une époque à échelle humaine, avant que les lotissements, les mégacentres commerciaux et les autoroutes uniformisent tout le pays, et menacent d’ailleurs les sites historiques. Il y a très peu de limites à ce que les propriétaires privés peuvent faire dans ce pays, particulièrement dans les Etats du Sud. Enfin, dernière raison, la guerre de Sécession est un coffre à trésors de mots et d’images. Les soldats ont écrit des milliers de lettres non censurées par l’armée, qui nous donnent une image très poignante de cette guerre. Et les dirigeants de l’époque, Lincoln en particulier, avaient une éloquence qu’on n’imagine plus aujourd’hui.


Son célèbre discours de Gettysburg n’a pourtant duré que deux minutes…
Il ne compte que 270 mots, mais chacun d’eux est mémorable. Lincoln est notre Shakespeare. A l’heure où la plupart des déclarations publiques sont faites de vide précieusement emballé, de diatribes télévisées ou de messages Twitter, Lincoln et les autres écrivains ou orateurs de cette époque, William Tecumseh Sherman, Frederick Douglass ou Mary Chestnut, nous ramènent à l’essentiel, à la richesse du caractère américain et de la langue anglaise. Il reste aussi de merveilleuses photos de cette guerre. Nous regardons dans les yeux de ces jeunes engagés aux visages enjoués et nous y voyons les reflets passés de nous-mêmes. Et puis nous les voyons morts et estropiés sur le champ de bataille. De nos jours, l’horreur de la guerre est atténuée par la censure militaire et la sensibilité des rédacteurs en chef.

 

http://www.atlas-historique.net/cartographie/1815-1914/grand_format/UsaSecessionGF.gif


La célébration de ce 150e anniversaire sera-t-elle très différente du 100e anniversaire, en 1961 ?
En 1961, on était en plein dans le mouvement des droits civiques, qui a pris une formidable ampleur. Au début, les comités commémoratifs ont tenté de l’ignorer, certains se sont même réunis dans des hôtels qui maintenaient la ségrégation. Les gens voulaient entretenir la fiction selon laquelle on peut honorer le courage, le sacrifice et l’héroïsme des soldats sans aborder les enjeux de cette guerre et la façon dont ils résonnaient encore dans l’Amérique des années 60. Du coup, il y eut des protestations, des scissions et nombre d’événements prévus n’ont pas eu lieu. Cette fois, je pense que tout sera beaucoup plus atténué, simplement parce que cette guerre est maintenant plus éloignée qu’elle ne l’était en 1961.

 

Aujourd’hui aussi, hormis quelques irréductibles néoconfédérés, chacun sait que la question de la race et de l’esclavage doit être au centre de toute discussion sur la guerre de Sécession.


La fascination pour cette guerre s’est vraiment développée à la fin des années 1800 et au début des années 1900, lorsque les vétérans ont commencé à mourir. Deux films, qui ont eu un énorme impact au XXe siècle, Naissance d’une nation et Autant en emporte le vent (1), ont créé une vision romantique et erronée du «Vieux Sud» et de la «Cause perdue», qui perdure. Aux Etats-Unis, il y a toujours des milliers de reconstitueurs, même si le nombre a diminué cette dernière décennie. Il est en effet plus difficile de romancer et rejouer une guerre historique lorsque des guerres réelles sont en cours.

 

http://www.astrosurf.com/luxorion/Sciences/banniere-union-1861.jpg


On entend souvent aux Etats-Unis, particulièrement ces dernières années, sous la présidence Obama, que la guerre de Sécession n’est pas terminée. Qu’en est-il ?
Les questions centrales de ce conflit ne sont toujours pas résolues. L’esclavage a pris fin mais pas la séparation entre les races, l’inégalité et l’injustice. Les «droits des Etats», base légale de la Confédération, sont une doctrine très en vogue depuis des décennies, surtout dans le Sud. D’une façon plus générale, les Etats-Unis restent un pays divisé, selon des lignes qui ne sont pas entièrement différentes de 1861. Si vous prenez une carte politique, les anciens Etats confédérés sont dans un camp et l’Union dans un autre. On les appelle aujourd’hui des Etats bleus et rouges, au lieu de bleus et gris (2). Mais il peut être aussi dangereux d’exagérer cela et négliger les progrès très réels que ce pays a faits. A l’étranger, on est particulièrement enclin à voir les Etats-Unis à travers le prisme de vieux stéréotypes.

 

On peut toujours s’emparer d’exemples grotesques de comportements racistes et réactionnaires, particulièrement dans le Sud, comme les médias le font souvent, pour suggérer qu’il n’y a pas eu beaucoup de changements. Mais dans son ensemble, le pays est plus intégré et tolérant qu’il ne l’était il y a une génération, et la transformation est particulièrement frappante au Sud. De fait, le Sud est aujourd’hui davantage intégré que le Nord, on y compte beaucoup plus de Noirs dans la fonction publique. Les chiffres du dernier recensement montrent que les Noirs retournent en grand nombre vers le Sud, et les mariages interraciaux n’y sont plus rares.

 

 

photo

 


Les Noirs sont-ils aussi intéressés que les Blancs par cette guerre de Sécession ?
Il semble bien que les Noirs s’y intéressent moins que les Blancs. Mais cela change avec la prise de conscience, ces vingt dernières années, du rôle des soldats et matelots noirs dans cette guerre, avec l’aide, notamment, du film Glory (3). Quelque 200 000 Noirs se sont battus pour l’Union. Lors des reconstitutions, beaucoup participent au sein des célèbres unités noires, comme le 55e Massachusetts.


D’autres pays commémorent-ils leur histoire de cette façon ?
Il y a des analogies entre les souvenirs cultivés par les Blancs du sud des Etats-Unis et ceux d’autres peuples qui ont subi des défaites historiques comme les catholiques d’Irlande du Nord, les Palestiniens des territoires occupés ou différents groupes dans les Balkans. Ils ont en commun de s’éterniser sur l’histoire, tandis que les «vainqueurs» tournent plus vite la page. Les perdants ont un sens plus développé de l’identité et une vision des choses fondamentalement tragique. Cela me rappelle un peu l’Australie aussi, où j’ai vécu plusieurs
années. En Amérique, mis à part le Sud, on célèbre nos victoires. En Australie, l’événement formateur et le plus célébré est la désastreuse bataille des Dardanelles, quand les généraux britanniques ont envoyé des milliers d’Australiens face aux mitraillettes turques. Ce fut un peu comme la charge de Pickett à Gettysburg, une vaillante défaite, du moins dans l’imaginaire australien.


(1) «The Birth of A Nation» (1915), de D. W. Griffith; «Gone with the Wind» (1939), de Victor Fleming. (2)
Aux Etats-Unis, le bleu est aujourd’hui la couleur du Parti démocrate, le rouge celle du Parti républicain. A
l’époque de la guerre de Sécession, le bleu était la couleur de l’Union, le gris celle des Confédérés. (3)
«Glory» (1989), de Edward Zwick.

 

Guerre de Sécession : « l’esclavage a pris fin, pas l’injustice »
Source, journal ou site Internet : Libération
Date : 9 avril 2011
Auteur : recueilli par Lorraine Millot

10:45 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, hommage, guerre, racisme, noirs, esclavage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/04/2011

Richard Goldstone honte à lui...היט ישראל ס אומרעכט

Son auteur a déclaré avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils lors de l'opération Plomb durci.

 

http://www.avmaroc.com/images/actualite/aid-164589_0.jpghttp://undhimmi.com/wp-content/uploads/2009/10/richard_goldstone.jpg


Israël a réclamé dimanche l'annulation du rapport Goldstone l'accusant de "crimes de guerre" durant son offensive contre Gaza à l'hiver 2008/2009, après que son auteur a reconnu avoir affirmé à tort que l'État hébreu avait visé intentionnellement des civils. "J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'Histoire", a affirmé le Premier ministre Benyamin Netanyahou, dans le cadre d'une offensive médiatique et diplomatique destinée à rehausser l'image internationale d'Israël. En face, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s'est déclaré "choqué par la position du juge", alors que le groupe radical Jihad islamique dénonçait "la reculade du juge Richard Goldstone", lui reprochant d'"avoir cédé aux pressions du lobby sioniste". Dans une tribune publiée samedi par le Washington Post, Richard Goldstone a écrit que de nouveaux éléments apparus après la publication de son rapport fin 2009 montraient qu'Israël n'avait pas visé "de manière intentionnelle" des civils.

 

Selon lui, son rapport évoquant de possibles crimes de guerre voire de crimes contre l'humanité de la part d'Israël comme des groupes armés palestiniens à Gaza, pendant l'opération Plomb durci, aurait été "un document différent" aujourd'hui.

 

http://maierovitch.blog.terra.com.br/files/2009/09/a-gazatragedia.jpg


Enquêtes
"Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m'y employer", a souligné le ministre de la Défense Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de "publier ses conclusions actuelles" sans se contenter d'un simple article de presse. Le président israélien Shimon Peres a appelé pour sa part le juge "à s'excuser, pour avoir accusé Israël de crimes de guerre et ignoré que l'offensive d'autodéfense Plomb durci avait été lancée en riposte à des milliers de roquettes tirées (depuis Gaza) contre des civils innocents". L'ancien ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Gillerman, s'est félicité à la radio militaire de la nouvelle prise de position du juge Goldstone, soulignant qu'elle venait après une série d'interventions israéliennes pour le faire changer d'avis. Tous les journaux israéliens ont consacré dimanche leur première page aux "regrets" du magistrat sud-africain. La dévastatrice offensive israélienne avait coûté la vie à 1 400 Palestiniens, en majorité des civils, et à 13 Israéliens, pour la plupart des militaires. À la publication du rapport, les autorités israéliennes, qui avaient refusé de collaborer avec l'enquête de l'ONU, s'étaient déchaînées contre son auteur, accusé de faire le jeu du Hamas. Un rapport présenté en mars au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, reconnaissait qu'Israël avait dédié d'"importantes ressources pour enquêter sur plus de 400 allégations de mauvaises conduites opérationnelles à Gaza" tout en regrettant qu'aucune enquête n'eût visé les responsables de l'opération. Suite à ces enquêtes, trois actes d'accusation ont été lancés contre des militaires israéliens, selon des sources judiciaires. Le rapport s'alarmait du fait que le Hamas n'avait pas pour sa part mené d'enquêtes sur le lancement d'attaques à la roquette et au mortier contre Israël. En mars 2010, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait créé un comité pour assurer le suivi du rapport du juge Goldstone. Le magistrat sud-africain avait recommandé la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye si les autorités israéliennes et palestiniennes refusaient d'ouvrir des enquêtes crédibles sur les "crimes de guerre" afin de punir les coupables.

 

Israël réclame l’annulation du rapport Goldstone
Source, journal ou site Internet : Le point
Date : 3 avril 2011

11:20 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, goldstone, guerre, onu, netanyahou, hamas, islamisme, palestine, droit de l(homme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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