Avertir le modérateur

03/06/2011

La galanterie mesdames, connaissez-vous?

Allez en ce jour férié, un peu d'histoire, un peu de légèreté en photo. Tenez, DSK était-il galant?

 

Périodiquement, la presse remonte à la lumière des affaires de moeurs qui impliquent des gouvernants. Il est vrai que le pouvoir attise les passions mais le survol de l'Histoire montre
que ce phénomène a beaucoup évolué selon l'époque et le lieu, des temps préhistoriques à nos jours...

 

http://blog.deluxe.fr/wp-content/uploads/2007/07/galanterie-01.jpg

le goujat, lol


Se battre pour des femmes
Sexualité et le pouvoir sont liés depuis la nuit des temps comme nous le rappellent Claude Lévi-Strauss et ses confrères anthropologues. Dans les sociétés paléolithiques comme dans les dernières communautés de chasseurs-cueilleurs, en Amazonie et en Papouasie, les guerres étaient motivées avant toute chose par le souci de s'approvisionner en femmes.

 

Ces guerres étaient au demeurant bien moins meurtrières que celles de notre Néolithique finissant. Elles permettaient aux groupes nomades de se mélanger et, d'une certaine manière, de se rapprocher. On en retrouve la trace dans les mythes qui s'attachent à la fondation de Rome, avec le rapt des Sabines par les compagnons de Romulus. Les jeunes filles ayant eu le loisir d'apprécier les charmes de leurs ravisseurs, elles vont négocier une alliance entre leurs pères et leurs amants. Ce sera le début de la prodigieuse expansion de Rome.


Épouses et mères : Un autre mythe témoigne du chemin accompli par les rudes Romains.
C'est celui de Lucrèce, l'épouse vertueuse d'un jeune patricien. Elle est violée par le fils du roi Tarquin et se suicide après avoir révélé son déshonneur. D'indignation, son époux et ses amis se soulèvent contre le régime, chassent le roi et installent la République.


- Turpitudes romaines : À la fin de la République et sous l'Empire, cette nostalgie d'un Âge d'Or fondé sur la vertu conjugale se confronte à la réalité d'une oligarchie richissime et toutepuissante.


Le grand Jules César suscite l'ironie de son entourage et de ses soldats par ses moeurs bisexuelles dissolues. Ses successeurs ne lui seront pas inférieurs en matière de luxure.


La cour impériale est le lieu de scandales sans nombre au 1er siècle de notre ère. C'est le vieux Tibère nageant avec ses mignons dans la grotte bleue de Capri ; c'est Messaline, épouse de l'empereur Claude, se prostituant dans les bouges de Rome ; c'est Néron tuant d'un coup de pied son épouse Poppée, enceinte... Dans les derniers siècles de Rome, les chroniqueurs s'attardent moins sur les turpitudes des puissants ; ce n'est pas qu'elles soient moindres... Il n'est que de lire Le Satiricon, un roman sans doute écrit à la fin du IIe siècle.

 

Les classes moyennes romaines se montrent plus respectueuses de la tempérance prônée par les philosophes : les chroniques et les stèles funéraires attestent de l'amour conjugal.

 

Celui-ci n'exclut toutefois pas les amours ancillaires (relations sexuelles avec les servantes et les esclaves), jugées comme allant de soi.


- L'amour chevalier : Au tournant de l'An Mil, après les invasions barbares et les violences de la société féodale, l'Église prend les choses en main. Elle stigmatise les mariages forcés et la répudiation ainsi que le goût des seigneurs féodaux pour une polygamie de fait. Elle condamne aussi la consanguinité et l'inceste (cette notion est très large au Moyen Âge).

 

Deux rois capétiens, Robert II et son petit-fils Philippe 1er, font les frais de cette sévérité et sont excommuniés par le pape.


Aux XIIe et XIIIe siècles, les moeurs communes demeurent d'une grande brutalité (lire le roman de Ken Follett : Les Piliers de la Terre). Beaucoup de seigneurs et maîtres ne se privent pas de forcer servantes et paysannes, mais en-dehors de toute légalité. Le «droit de cuissage» est une pure invention des historiens républicains du XIXe siècle Un changement s'amorce en ce qui concerne le regard porté par les nobles et les bourgeois sur les femmes de leur classe. Les troubadours inventent un sentiment nouveau, l'amour. Celui-ci, à leurs yeux, n'a pas grand-chose à voir avec le mariage. C'est ce qui fait son charme. Dans les légendes du roi Arthur, il rapproche une reine et un chevalier servant, Guenièvre et Lancelot, Iseut et Tristan. Il n'empêche que les rois capétiens, sermonnés par l'Église, préfèrent chercher la félicité auprès de leur épouse unique et légitime. En 1226, Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste, rentre d'une expédition contre les gens du Midi. Il tombe malade de dysenterie sur le retour et les médecins lui suggèrent comme remède, à défaut de mieux, l'étreinte d'une vierge. Le roi refuse avec tout ce qui lui reste d'énergie et meurt l'âme en paix.


Son fils Louis IX (futur Saint Louis) est un souverain joyeux et plein de vie. Marié à 20 ans à
Marguerite de Provence, il lui fait onze enfants et lui sera toujours fidèle, n'ayant de cesse de lui rendre hommage, malgré les remontrances de sa mère, la pieuse Blanche de Castille.

 

Tout aussi fidèles en mariage seront ses descendants, notamment Philippe IV le Bel, époux de Jeanne de Navarre et Charles V le Sage, époux de Jeanne de Bourbon.

 

http://blog.deluxe.fr/wp-content/uploads/2007/07/galanterie-03.jpg

 

L'Église et le sexe

À la faveur du concile Latran IV (1215), l'Église rappelle solennellement sa doctrine en matière de mariage :
- les époux doivent exprimer leur engagement en public, preuve que leur union est volontaire et non contrainte,
- le mariage est indissoluble sauf en cas d'inceste ou d'impuissance masculine ; c'est une façon d'affirmer le devoir d'assistance entre les époux et d'empêcher les répudiations de convenance.
Contrairement à une idée convenue et à l'exception de quelques théologiens obtus, l'Église se montre compréhensive à l'égard des relations sexuelles. Elle condamne les relations hors mariage, pour protéger les filles contre la violence masculine et les grossesses non désirées.


Elle condamne de même l'adultère. Les personnes concernées, en état de péché mortel, peuvent toutefois obtenir le pardon en confessant leur faute et en faisant pénitence.

 

L'adultère, en particulier, ne justifie en aucune façon la rupture du mariage et du projet familial qu'il sous-tend. Après le scandale de la tour de Nesle, les brus du roi Philippe le Bel, convaincues d'adultère, seront enfermées dans un couvent mais sans que leur époux puisse se remarier. En France, il faudra attendre une loi républicaine de 1886 autorisant le divorce pour «faute» pour que soit sacralisé le lien entre mariage et fidélité.

 

http://www.humour.com/images/images/galanterie.jpg


Maîtresses et concubines

Les moeurs changent au XIVe siècle, chez les Français comme chez leurs cousins anglais, à l'époque de la guerre de Cent Ans. Des femmes sont à l'origine des premiers scandales sexuels : les brus de Philippe le Bel, on l'a vu, mais aussi sa propre fille Isabelle, surnommée la «Louve de France». Mariée au roi anglais Édouard II qui la néglige au profit de ses mignons, elle le fait emprisonner et tuer en 1327 avec l'aide de son amant Mortimer. Son fils Édouard III vengera l'honneur familial.


Près d'un siècle plus tard, une autre reine fait jaser. Il s'agit d'Isabeau de Bavière, épouse du roi de France Charles VI le Fou. La rumeur lui prête - sans doute bien à tort - de nombreux amants dont son beau-frère Louis d'Orléans. Accablé par les malheurs de sa famille et du royaume, son fils a triste mine quand il monte sur le trône sous le nom de Charles VII.


Heureusement, il est soutenu par sa belle-mère Yolande d'Aragon et rencontre Jeanne d'Arc, qui va lui redonner courage et énergie. Dans ses vieux jours, le roi retrouve enfin le sourire avec une jeune amante, Agnès Sorel. C'est la première d'une longue série de maîtresses officielles. 1492. L'année se signale par la découverte de l'Amérique mais aussi par l'accession à la papauté d'un certain Rodrigo Lançol y Borgia, sous le nom d'Alexandre VI Borgia. À côté de ce pape tourné plus que quiconque vers le péché de chair, les rois font figure d'enfants de coeur, y compris François 1er, premier roi de France à collectionner les maîtresses officielles :
Françoise de Châteaubriant et Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, sans compter la Belle Ferronnière... Son fils et successeur Henri II est plus sage et se satisfait de Diane de Poitiers, à côté de son épouse Catherine de Médicis. Il n'empêche que «la magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second», dixit Mme de Lafayette (La princesse de Clèves). Ce jugement est corroboré par Les vies des dames galantes, un recueil plaisant de Brantôme.


Les moeurs ne se dissipent pas seulement à la cour des Valois. À la cour des Habsbourg, une bourgeoise de Ratisbonne donne à Charles Quint un bâtard talentueux qui sera légitimé par l'empereur, Don Juan d'Autriche. À la cour des Tudor, de l'autre côté de la Manche, les scandales s'enchaînent sous le règne du roi Henri VIII, six fois marié, comme sous celui de sa fille Elizabeth 1ère. La rumeur prête à la «reine-vierge» des liaisons clandestines mais rien de comparable à sa cousine Marie Stuart. Veuve du roi de France François II, celle-ci se remarie avec un lord écossais sur un coup de tête, prend un amant italien que son mari exécute sous ses yeux, puis ordonne elle-même le meurtre de son mari avec l'aide d'un nouvel amant, écossais celui-là. Au XVIIe siècle, Henri IV inaugure en beauté la dynastie des Bourbons, avec des maîtresses par dizaines. Il y gagne même le surnom de «Vert-Galant». Tout cela ne prête pas à conséquence, sauf la tentation du roi d'épouser l'intrigante Gabrielle d'Estrées. Celle-ci étant morte en couches, le roi devra se satisfaire d'un mariage plus politique avec Marie de Médicis. Louis XIII, son fils et successeur, se montre à l'inverse d'un naturel timoré et très réservé à l'égard des femmes, y compris de la sienne, Anne d'Autriche. C'est à Louis XIV, leur fils, que reviendra l'honneur de restaurer la tradition galante. On lui connaît de nombreuses favorites, de Mlle de la Vallière à Françoise de Montespan et Angélique de Scorraille, duchesse de Fontanges. Il a le bon goût de légitimer ses bâtards et envisage même un moment de laisser le trône à l'aîné de la Montespan, le duc du Maine.

 

http://www.scot-nordisere.fr/IMG/jpg/DSCF3653.jpg

il y a pas à dire, ils sont galants ces hommes, lol


Ramenons les écarts du Roi-Soleil à leur juste mesure : de sa vingtième année à son remariage avec Mme de Maintenon, en 1683, à l'âge de 45 ans, Louis XIV n'aura vécu qu'un tiers de sa vie «dans le stupre». Il a ensuite renoncé aux écarts et s'est satisfait des charmes mûrs de sa deuxième épouse. Faut-il l'en féliciter ? Notons que les meilleurs moments du règne concernent la période où il a vécu dans les plaisirs, au milieu de ses maîtresses et favorites. Quand il y a renoncé, le royaume est entré dans une période sombre :
révocation de l'Édit de Nantes, dévastation du Palatinat, guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, famines et révolte des Camisards... N'y voyons qu'une coïncidence.


À la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, un renouveau politique et religieux prépare un changement de cap en matière de moeurs. Celui-ci prendra toute son ampleur au XIXe siècle...

 

http://www.portugal-tchat.com/host_mes_images/image/11051.jpeg

trop fort le mec...

 

Les femmes sont l'avenir de l'Europe

Les guerriers qui ont bâti l'Europe au Moyen Âge et aux Temps modernes ont eu le souci de mélanger leur sang, comme les chasseurs du Paléolithique. Sur les ruines de l'empire carolingien émergent les premiers États modernes.


Leurs souverains, en guerre les uns contre les autres, prennent l'habitude de conclure ces guerres par des alliances matrimoniales, avec l'espoir de préserver ainsi la paix pendant quelque temps. Très vite les dynasties européennes s'imbriquent les unes dans les autres de sorte que, sur le conflit perpétuel, se construit une identité commune. Louis XIV est l'expression de ce paradoxe. Plus attaché que quiconque à la grandeur de son royaume, il a
deux arrière-grands-parents français (ou navarrais), deux italiens, deux espagnols et deux allemands. Son lointain descendant Louis XVI compte quant à lui parmi ses ascendants les plus proches des Polonais, des Saxons, des Danois... Ce phénomène est propre à l'Europe dynastique. Dans l'empire ottoman voisin, construit par des Turcs nomades, rien de semblable: les sultans sont mis au monde par des concubines de toutes provenances comme la célèbre Roxelane. Ainsi les sujets ottomans sont-ils «esclaves de fils d'esclaves» ! Même chose dans la Chine des empereurs mandchous. Dans le bassin méditerranéen, où est apparu le Néolithique, avec une agriculture fondée sur la possession du sol, les populations privilégient depuis plusieurs millénaires les mariages entre proches cousins.

 

C'est tout le contraire des souverains européens. C'est qu'il leur importe avant tout de ne pas disperser les héritages. Ce phénomène, qui perdure dans les sociétés islamiques, a été analysé par Germaine Tillion (Le harem et les cousins, 1966).

 

la naissance de la galanterie
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 23 mai 2011
Auteur : André Larané

12:22 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galanterie, dsk, femmes, guerre, histoire, moeurs, sexe, église, pape, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/03/2011

La propriété de son corps et la prostitution (post relooké et débat à suivre sur L&L)

Un débat se situe sur L&L, lire les 106 commentaires
http://www.lumieres-et-liberte.org/article-14692107-6.html#anchorComment


Sexe en location : Dans la morale du consentement qui est la nôtre au XXIe siècle, il n'est plus possible de condamner la prostitution. Sauf à souhaiter une pure et simple restauration de l'ordre qui prévalait avant la révolution sexuelle.

L'image “http://www.madinin-art.net/images/marcela_tacub.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

cliquez l'image: lire "l'homme n'a pas d'avenir"


Par :

Marcela Iacub

On aurait pu croire qu'avec la révolution sexuelle, tous les stigmates frappant la sexualité multiple ou hors mariage des femmes disparaissant, la prostituée connaîtrait la même promotion sociale que la fille-mère. De femme salie par une activité réprouvée, elle deviendrait une travailleuse ni plus ni moins honorable que les postières ou les écrivaines.


La révolution sexuelle n'a-t-elle pas imposé le principe selon lequel le caractère licite d'un rapport sexuel ne dépend que du respect du consentement des partenaires ?

 

Et la prostitution n'est-elle pas une activité sexuelle où le consentement s'exerce à son état le plus pur ?

 

A tel point qu'on négocie les tarifs, on choisit ses clients, on fixe d'avance ce qu'on fera ensemble, toutes choses que les gens éperdus de passion ne sauraient faire. Et pourtant, les détracteurs de cette activité s'acharnent désormais à nous montrer que les prostituées ne sont pas vraiment consentantes.

 

Car quel autre type d'argument serait-il légitime d'avancer qui soit compatible avec une morale du consentement ?


http://www.emarrakech.info/photo/203156-267226.jpg


La manière la plus répandue de mettre en cause le consentement des personnes qui se prostituent est de faire l'amalgame avec celles qui sont contraintes par des trafiquants à entretenir des rapports sexuels contre de l'argent que par ailleurs elles ne touchent pas.

 

Mais devrait-on appeler "prostituées" ces victimes de la criminalité organisée ?

 

Peut-on dire que les anciens esclaves américains étaient des agriculteurs lorsqu'ils récoltaient du coton ?

 

On disait d'eux qu'ils étaient des esclaves.


Une femme qui est forcée de se prostituer est une esclave, et non pas une prostituée. Ce qui est criminel, c'est l'esclavage, et peu importe la tâche à laquelle la victime est vouée.


D'ailleurs, ce n'est pas parce qu'un domaine d'activité humaine est gangrené par des esclavagistes qu'on y renonce : on pourchasse les criminels, et on crée un cadre légal pour les autres.

 

Ainsi, le fait qu'il existe en France des ateliers clandestins de couture rend-il les employés des industries textiles qui respectent le code du travail eux aussi des travailleurs forcés ?


"Arguments fallacieux, criera-t-on. Celui ou celle qui travaille dans la couture vend sa force de travail, tandis que la prostituée, elle, vend son corps, elle se vend donc elle-même, tout comme ceux qui vendent leurs organes."


Pourtant, la prostituée n'aliène rien d'elle-même définitivement. De même que la personne qui invente des logiciels informatiques loue son cerveau ou vend un service intellectuel, celle qui se prostitue loue ses organes sexuels, vend un service sexuel, et non pas un organe sexuel. Elle fait un métier tout à fait comparable à celui d'un masseur. Mais on dit que le sexe n'est point comme le cerveau ou la main, que rendre un service sexuel est un acte très intime, très personnel, que la froideur de l'argent ne lui convient pas. Donner son sexe, entend-on souvent, c'est se donner tout entier, de sorte qu'on ne pourrait le louer sans se vendre soi-même : comme un esclave !


http://medias.lepost.fr/ill/2007/09/10/h-3-1015367.jpg

-

Il s'agit là d'une conception de la sexualité tout à fait respectable, et que beaucoup d'entre nous partagent, mais qui n'en reste pas moins une parmi d'autres.

 

Avons-nous le droit de l'imposer à tout le monde ?

 

Un Etat pluraliste, qui fait sienne une morale du consentement et non pas de la vertu, ne saurait imposer une conception unique de la sexualité à tout un chacun : il cherche à faire respecter les différentes significations et valeurs que les citoyens peuvent attribuer à cette activité.

 

Et d'ailleurs, si l'on voulait imposer que toute sexualité soit intime, personnelle, ne devrait-on pas interdire, par exemple, les partouzes et les activités sexuelles de ce genre ?


Hélas, raisonner sur ces questions agace. On en vient rapidement à entendre des arguments plus émotionnels. On dit :

 

"N'avez-vous jamais parlé à des prostituées ?

 

N'avez-vous pas entendu qu'en général elles ne font pas cela de gaieté de coeur, mais parce qu'elles y sont contraintes par la nécessité et la misère ?

 

Quelle femme, en vérité, pourrait apprécier de se vendre ainsi ?"


Certes, on se prostitue pour de l'argent, et non pas, par définition, gratuitement ; mais si tous ceux qui sont poussés à travailler parce qu'ils ont besoin de gagner leur vie étaient considérés comme des esclaves, il ne resterait que quelques rentiers pour se prévaloir du statut d'hommes libres. Je suis, pour ma part, assez favorable à l'idée de revenu universel inconditionné. Mais il est curieux qu'on ne se montre jamais aussi furieusement anticapitaliste qu'avec la prostitution...


Au fond, les détracteurs de la prostitution veulent dire que la morale du consentement ne s'adresse qu'à ceux qui cherchent à assouvir leurs désirs ou à éprouver du plaisir dans la réciprocité. Il leur paraît scandaleux qu'on l'utilise pour des relations unilatérales comme la relation prostitutionnelle.

 

Mais pourquoi serait-il illégitime de consentir à un rapport sexuel pour une autre raison que le désir irrésistible qui nous y pousse ou pour le plaisir délicieux qu'on y trouve ?


Il n'y a rien là qui aille contre les règles ordinaires du consentement.

 

A combien d'actes sexuels tant d'honnêtes gens consentent-ils tous les jours qui n'ont ni pour cause le désir, ni pour conséquence le plaisir, mais par exemple la générosité, la routine ou un certain sentiment du devoir ?

 

A l'opposé, ne peut-on aussi imaginer des actes sexuels non consentis mais que les victimes désirent ou dans lesquelles elles éprouvent du plaisir ?

 

De tels actes ne manqueraient pas pour autant d'être heureusement considérés comme des agressions sexuelles.


http://chrystellevincent.blogmilitant.com/images/insolite/051107073608.vjlgmdcg0_vitrine-o--se-tiennent-des-prostituees---amsterdamb.jpg

-

Il semble décidément difficile, dès lors qu'on se place dans le cadre d'une morale du consentement, de condamner la prostitution. Certes, il reste la solution de revenir, explicitement, à une morale de la vertu et des "bonnes moeurs". Mais, dans ce cas, si l'on ne veut pas être de nouveau incohérent, il faudrait aligner l'ensemble de la révolution sexuelle sur une telle morale, et dire aux gens l'usage de leurs organes sexuels qui plaît à l'Etat. Mais cela a un nom : c'est une Restauration.


L'incohérence, c'est-à-dire l'incapacité à aller jusqu'au bout de ses idées, n'est pas seulement un vice de la pensée : elle a parfois de fâcheuses conséquences politiques. Ne l'oublions pas.


http://i15.ebayimg.com/04/i/05/6c/1f/1e_10.JPG

DEBAT À SUIVRE ICI SUR L&L

http://www.lumieres-et-liberte.org/article-14692107-6.htm...

27/01/2011

Monique CANTO-SPERBER - L’université, l'embauche, les fonctionnaires - La critique de Médiapart!

L’université a besoin d’embaucher en CDI

 

L’accès aux Responsabilités et compétences élargies (RCE, ou plus simplement loi d’autonomie) permet aujourd’hui aux établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche de mener une politique ambitieuse en matière scientifique et pédagogique. Incités à se développer, ils sont amenés, en particulier, à recruter des personnels plus nombreux afin d’assurer les fonctions nécessaires à la vie scientifique et académique : tâches d’encadrement administratif, mais aussi tâches nécessaires à l’entretien des laboratoires et centres de recherche ou à la vie d’un campus universitaire.

 

http://mediatheque.francophonie.org/local/cache-gd2/e9593397143412cef50a8585324ae63e.jpg


Les emplois de fonctionnaires étant aujourd’hui à nombre constant, les universités, grandes écoles et grands établissements n’ont d’autre choix que de recruter des personnels contractuels qui sont assimilés aux trois catégories (A, B, C) de la fonction publique, selon les tâches qui leur sont confiées. Malheureusement, les dispositions législatives qui permettent ces recrutements contraignent ces établissements à maintenir la plupart de leurs personnels dans une situation d’incertitude et dans certains cas de précarité.


En effet, la loi sur l’emploi contractuel dans la fonction publique (article 4 et article 6-2 de la loi du 11 janvier 1984) n’autorise à proposer à des personnels contractuels que des contrats à durée déterminée (dix mois), et seulement pour des emplois saisonniers ou à temps partiel. Or, la plupart des tâches sur lesquelles sont employés ces personnels, dans un établissement d’enseignement supérieur et de recherche correspondent à un besoin permanent et qui doivent être remplies par un employé travaillant à temps complet. En conséquence, les responsables d’établissement public n’ont d’autre choix que de faire comme si des emplois saisonniers pouvaient s’enchaîner sans interruption et se répéter chaque année, ce qui leur permet de proposer à leurs employés contractuels des contrats de dix mois, renouvelés à échéance, parfois plusieurs années de suite.


Le contrat à durée indéterminée, qui est dans le secteur privé le contrat de droit commun, n’existe quasiment pas dans le secteur public, - c’est seulement depuis juillet 2005, en raison de la transposition de la directive européenne 1999/70/CEE, que des personnels de catégorie A qui ont plus de six ans d’ancienneté peuvent prétendre à un CDI, mais non les personnels assimilés aux catégories B et C.


A l’heure où l’on se soucie de la précarité des emplois, ne faut-il pas se pencher sur les conditions de l’emploi précaire dans la fonction publique ? A l’heure où l’on demande aux universités d’être au sens plein les employeurs de leurs personnels, avec les responsabilités afférentes, à l’heure où on les incite à mener une politique de ressources humaines, ne faut-il leur donner les moyens de proposer à ces personnels des conditions d’emploi dignes de leur engagement au service de l’institution ?


Lors de sa prise de fonction il y a quelques semaines, le ministre de la Fonction publique annonçait un projet de loi sur la résorption progressive des situations précaires chez les employés de l’Etat. Avoir les moyens d’offrir un contrat à durée indéterminée, un CDI, sous certaines conditions, à leurs personnels permettrait aux établissements d’enseignement supérieur de reconnaître la contribution de leurs personnels contractuels et d’assumer pleinement leurs responsabilités d’employeur.


Une communauté universitaire ne peut se développer sans un engagement de tous : c’est là une condition de nature humaine qui a trait aussi à la vie des personnes, et elle est, dans une institution où l’on transmet des savoirs et où l’on mène des recherches, non moins nécessaire que les conditions matérielles. De nombreux responsables d’établissement public ont alerté le législateur sur l’impossibilité où ils se trouvaient face à des personnels qui ont fait preuve d’un dévouement sans faille, lorsqu’ils ne peuvent rien leur proposer d’autre qu’un emploi indéfiniment précaire, sans perspective de carrière. L’insécurité de l’emploi n’a jamais été une condition favorable où chacun peut donner le meilleur de lui-même en s’associant à un projet commun.

 

Par MONIQUE CANTO-SPERBER directrice de l’Ecole normale supérieure (ENS)

Source : Libération du 15 décembre 2010, rubrique Socièté

 

http://farm1.static.flickr.com/220/492420447_e4b8d7fbfd.jpg

 

La critique de Médiapart

 

L'Université a besoin de fonctionnaires

 

Réponse à Monique Canto-Sperber, directrice de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, par le Comité de mobilisation des élèves, étudiants et personnels de l'ENS. Mis en place à l'automne, le comité coordonne le mouvement social en cours dans l'établissement.

 

Jeudi 16 décembre, dans une tribune publiée dans Libération, Monique Canto-Sperber en appelait à une loi pour recruter en CDI les salariés indispensables au bon fonctionnement des établissements publics comme l'Ecole normale supérieure (ENS), afin de les faire sortir de la précarité. Les personnels précaires, très nombreux, enchaînent en effet CDD sur CDD depuis parfois plus de dix ans et pour un salaire de misère malgré la pénibilité de leur travail, voire un véritable harcèlement de leurs chefs.

Mme Canto-Sperber est en poste depuis cinq ans, cinq ans durant lesquels la précarité s'est considérablement aggravée à l'ENS. Si elle se soucie soudainement du sort des personnels, ce n'est pas sans raison. Ce qu'elle omet de dire dans son article, c'est que depuis plus de deux mois, une mobilisation sans précédent, unissant étudiants et salariés, se déroule à l'ENS.

Suite au mouvement national pour la défense des retraites, la mobilisation, loin de faiblir, s'est transformée en lutte locale, organisée par des assemblées générales de personnels et d'élèves, avec l'appui de syndicats locaux. Des revendications claires ont été portées à la Direction et adressées à Mme Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur : titularisation des personnels précaires et dans l'immédiat des CDI, augmentations des salaires, embauches supplémentaires et amélioration des conditions de travail, parfois révoltantes dans une Ecole qui a d'importants moyens et se veut « prestigieuse ». Les principaux services de l'ENS (restaurant, bibliothèque, administration, logistique, ménage, travaux, jardin...) ont été bloqués par des étudiants ou fermés en raison de la grève de plusieurs dizaines de salariés précaires et titulaires.

© DR

En réponse à cette mobilisation, Mme Canto-Sperber, qui n'avait d'abord réagi que par une sévère répression (emploi de vigiles, menaces d'appel à la police contre les blocages et de sanctions disciplianires, fermetures administratives), continue d'affirmer qu'elle n'a pas la possibilité légale d'embaucher en CDI les précaires assimilés aux catégories B et C de la fonction publique, ni ceux employés depuis moins de 6 ans par l'Ecole.  Elle refuse cependant de demander au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche des postes qui permettraient de titulariser ces personnels. Ainsi, la tribune qu'elle a signée n'est que de la poudre aux yeux : elle peut accorder les CDI demandés, cela se fait déjà dans d'autres établissements publics comme à l'université Pierre et Marie Curie, dont le Président, M. Pomerol, a dû céder face à une mobilisation similaire et embaucher des précaires en CDI. A l'Université d'Evry, des titularisations ont même été obtenues par un mouvement social du même type.

Quoi qu'il en soit, les contrats à durée déterminée existants sont déjà illégaux et résultent d'une magouille bien connue, comme l'explique elle-même la directrice : les personnels sont employés sur des emplois dits « saisonniers » alors que leur fonction est bien entendu permanente. Pourtant, le cadre de la fonction publique est clair : tout poste permanent doit être pourvu par un fonctionnaire, sauf rares exceptions qui n'ont rien à voir avec la situation. Ce sont les politiques gouvernementales - non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et loi sur la responsabilité des universités (LRU) - qui obligent à remplacer les fonctionnaires par des contrats de type CDD ou CDI. Cela conduit à briser le service public, régi par le statut général de la Fonction publique, en une multitude d'établissements autonomes fonctionnant comme des entreprises privées, sans même être soumis aux contraintes du droit du travail privé, qui interdit les CDD à répétition.

Mme Canto-Sperber se sert du mouvement en cours à l'ENS pour argumenter en faveur de la casse de la fonction publique, conformément à ses choix politiques à l'Ecole, où elle entend réserver le statut de fonctionnaire aux seuls enseignants, chercheurs ou autres personnels de catégorie A et l'interdire à tous les autres employés qui font vivre l'ENS. Elle instrumentalise un mouvement qui exige avant tout des titularisations pour tenter de justifier un pré-projet de loi gouvernemental, récemment présenté aux syndicats, visant à généraliser les CDI dans la Fonction publique. Elle tente ainsi de faire passer une position politique assumée et catastrophique pour le service public pour une « question d'éthique » dont elle se dit, comme chacun sait, spécialiste.

Cependant, la mobilisation à l'ENS est loin d'être terminée, le conseil d'administration a été bloqué par des étudiants et des salariés de l'Ecole avant Noël, empêchant ainsi le vote d'un budget qui reconduisait la précarité pour un an. Après avoir fait plusieurs journées de grève, les personnels ont déposé un préavis de grève reconductible pour la rentrée de janvier. Cette détermination et la solidarité exemplaire entre étudiants et salariés peuvent nous permettre d'obtenir une victoire. Cela contribuerait à la nécessaire construction d'un mouvement d'ensemble contre la précarité à l'Université et dans la Fonction publique en général, pour la défense du statut, l'augmentation des salaires et l'embauche des personnels nécessaires au service public.

 

 

Source: Jeu.27Janv.

MEDIAPART

26/01/2011

Débat #2, avec Marcela IACUB, la "libertaire"

Juriste philosophe, en quelque sorte, mais aussi féministe d’un nouveau style. Elle trouve les Chiennes de garde (et le féminisme en général), trop moralisantes sur les questions sexuelles, notamment celle de la prostitution (cliquez, voir la vidéo). Elle voudrait, comme le philosophe Michel Foucault, l’un de ses maîtres, « faire du sexe une liberté comme la liberté du commerce ». Où le consentement de chacun prévaut.

 

http://www.metrofrance.com/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$e674980pmyao2hjjyarku8givmogt5p.jpeg


Où l’Etat n’intervient pas.
Son approche provocatrice – mais toujours argumentée – lui vaut beaucoup d’inimitiés. Certains lui reprochent de trop jouer avec les paradoxes et la mauvaise foi. De ne pas respecter une certaine forme de sacré qui entoure encore les questions biologiques et sexuelles en France.


Mais il faut reconnaître à Marcela Iacub un véritable génie pour convaincre. Avec humour et créativité. Enfin, elle n’est pas seulement une obsédée juridico-sexuelle ! Elle s’intéresse aussi aux animaux et à leurs droits. Elle vit d’ailleurs avec… un perroquet ! L’histoire ne dit pas s’il a le même accent que sa maîtresse.


Consentir pour être libre.
Mai 68 n’est pas terminé. Un peu comme le philosophe Michel Onfray, Marcela Iacub pense que la révolution sexuelle est tombée en panne au milieu du chemin. Il faudrait la relancer sur bien des aspects. Celui des corps, notamment. De l’usage que l’on en fait. Sa grande bataille reste la notion de « consentement ». Si deux personnes consentent à un rapport sexuel, marchand, voire violent, il n’y a aucune raison que la loi, l’Etat, la société viennent y mettre leur grain de sel. Or, la répression de la prostitution et des crimes sexuels s’est durcie. Le symptôme pour elle d’un « nouvel ordre moral et sexuel », qui criminalise a priori le corps et la sexualité. En oubliant le libre arbitre des individus.

 



Désacraliser l’instinct maternel
Il faut libérer les femmes (mais aussi les hommes) de la « surpuissance procréatrice » que la société a accordée à la mère. « Le désir d’enfant des femmes qui ne peuvent pas en porter se trouve criminalisé », explique-t-elle. Autrement dit, tous ceux qui, homosexuels ou couples stériles, sont obligés de procréer via les mères porteuses, par exemple, ne sont pas légalement ou socialement soutenus. « L’instinct maternel » est devenu un inattaquable totem, ce qu’elle appelle L’Empire du ventre, titre d’un de ses ouvrages. Selon elle, la maternité est une construction historique qui, de la louve romaine à la Vierge Marie, empêche des femmes de devenir mères non biologiques.


Libérer (encore) la sexualité des femmes
Pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas prétendre à une sexualité débridée, sans forcément désirer procréer avec leur partenaire ? Telle est la question gênante que pose Marcela Iacub. « Au lieu de lutter pour l’égalité des sexes, et notamment faire en sorte que les femmes puissent avoir un rapport à la sexualité aussi libre, multiple et pluriel que les hommes, on tente en ce moment de civiliser la sexualité masculine […], écrit-elle. Au lieu de dire que les femmes peuvent avoir envie de consommer les hommes comme les hommes ont envie de consommer les femmes. »

 

"J'aimerais faire du sexe une liberté comme la liberté du commerce".  Un livre.

 

 

 


Extrait :

Dans Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? (Flammarion, 2002. Extrait du chapitre « Les prostituées sont-elles libres ? »), Marcela Iacub met en scène une sorte de « double », Louise Tugènes, personnage faussement candide qui pointe les contradictions de nos mœurs. " On n’hésite pas à condamner d’une manière très sévère aussi bien le système de la prostitution que les gens qui font appel à des prostituées.Cette condamnation est d’ailleurs de moins en moins anodine ou symbolique. […] La raison pour laquelle j’ai toujours eu du mal à comprendre ces interdictions, c’est que les femmes qui s’y livrent sont consentantes. Moi, j’avais appris depuis ma jeunesse que la seule chose qui compte en matière de sexe (je veux dire la seule chose qui compte pour que la police ne vienne pas vous dire que vous avez commis un crime ou que vous en avez été victime), c’est le consentement, du moins lorsque l’on a plus de 15 ans. Il me semblait donc que, dans ce domaine, il fallait revenir à ces évidences premières.


Nos mères ne se sont-elles pas justement battues contre ceux qui forçaient les femmes à avoir des rapports sexuels ? Je dis bien “forcer”, car échanger un consentement à un rapport sexuel contre de l’argent n’est pas, que je sache, forcer. Celle qui dit “oui” parce qu’elle est payée est libre de ne pas le faire. […] Mais quand je leur dis cela, les féministes bondissent aussitôt et à peine ai-je prononcé le mot “désir” qu’elles s’emportent : “Décidément vous ne comprendrez jamais rien ! La prostitution est mauvaise parce que, au moment où elles s’y livrent, les femmes ne désirent pas. Seul le client a du désir, la prostituée est objet, et non sujet. On ne doit faire l’amour que quand on a du désir, vous comprenez, […] sinon ce n’est pas de l’amour, c’est du viol, un viol déguisé en accord contractuel.” […]


Cette explication m’a mise très mal à l’aise. Car je me suis dit que si telle était la vérité, il y avait deux choses que je n’arrivais pas à comprendre. D’abord, une femme qui est violée par un homme que par ailleurs elle désire, ou qui ressent du plaisir au moment d’un acte sexuel imposé, ne devrait pas, selon cette explication, être considérée comme victime d’un crime. Pourtant, ce qui compte pour qu’il y ait viol, ce n’est ni le désir ni le plaisir mais l’absence de consentement, et c’est heureux. Le second point est encore plus gênant. Je me souviens des confessions intimes de ma sœur aînée et de l’une de mes cousines, à l’époque où j’étais encore une toute jeune fille et qu’elles s’étaient mises en tête de faire mon éducation sexuelle. Elles ne cessaient de me dire qu’elles couchaient parfois avec leurs maris sans désir parce qu’il faut bien avoir des rapports plus ou moins réguliers avec son époux.


Or il se trouve que le mari de ma sœur m’a un jour confié la même chose. […] Son aveu m’avait beaucoup touchée. »

 

Marcela Iacub

Source:

Le sexe en toutes libertés

Juriste spécialisée en bioéthique, Marcela Iacub est une fine observatrice des mœurs contemporaines. Libertaire, provocatrice pour les uns, choquante pour les autres, elle défend toutes les formes de sexualité et dénonce avec force leur encadrement légal. Seules les sonorités de son accent, et de son prénom, trahissent ses origines sud-américaines. L’Argentine, précisément, où elle est née il y a quarante-trois ans. Cette précoce juriste y a exercé la profession d’avocate dès l’âge de 21 ans. « J’étais trop jeune, c’était un peu ridicule », confessera-t-elle plus tard. Pour le reste, Marcela Iacub présente tous les attributs typiques de « l’intellectuel à la française » : prises de positions tonitruantes, passes d’armes avec des hommes politiques ou des chercheurs, chroniques régulières dans les journaux, production littéraire riche et surprenante… Et un parcours universitaire sans fautes. Sa marque de fabrique ? Observer nos mœurs à travers le droit.

 

Voir ici les posts de ce même auteur sur L&L:

 

La propriété de son corps et la prostitution

La propriété de son corps et la prostitution

article - 17/12/07 - Cliquez l'image: lire "l'homme n'a pas d'avenir" Par : Marcela iacub On aurait pu croire qu'avec la révolution sexuelle, tous les stigmates frappant la…

Madame bovary ou les vertus de la pornographie

article - 18/12/07 - sexe explicite, demain peut-être certaines représentations des femmes ­ mais toujours la volonté entêtée, indifférente aux résultats, de faire de l'esprit un espace d'intervention …


13:12 Écrit par HUMANITAS dans Liberté individuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iacub, lacub, femmes, prostitution, liberté, sexe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/11/2010

Le Judaïsme libéral français

Le Judaïsme mondial est actuellement traversé par des courants variés qui, malgré un ensemble de caractères communs, entraînent pour ses différentes fractions une grande diversité de nuances.
L'exposé suivant résume la position que prend actuellement le Judaïsme libéral français et qui se retrouve également dans de nombreuses fractions du Judaïsme libéral anglo-saxon.

Le Judaïsme libéral se consacre au renouveau de la spiritualité juive et permet le retour aux valeurs authentiques du Judaïsme prophétique et à la tradition mystique et hassidique. Il n'est pas une dissidence mais une réaction salutaire contre deux phénomènes opposés : une assimilation destructrice des valeurs propres au Judaïsme et un sectarisme contraire à l'universalisme juif.

 

http://schlomoh.blog.lemonde.fr/files/2008/11/centenaire-judaisme-liberal.1225965969.png

 

Le Judaïsme libéral propose une méthode d'enseignement et d'éducation religieuse, capable de répondre aux besoins et aux exigences de la vie et de la pensée moderne.
Le but de la méthode libérale est triple :

  • provoquer le réveil à l'amour de Dieu et de sa Tora ;
  • développer en chacun le sens de la "Communauté s'Israël ;
  • inspirer la vocation ardente de "peuple missionnaire"

La base d'enseignement du Judaïsme libéral est le "Chema" (Deuter. 6 4-9) qui forme, sans nul doute, le paragraphe de la Tora le plus complet et le plus émouvant dont se dégage toute sa philosophie religieuse :

  • Dieu est l'Etre des êtres. Il est Unique. Il est notre Seigneur.
  • Les fils d'Israël sont reliés à Dieu par amour, dans leur coeur, dans leur pensée, leurs actes et en leurs enfants.
  • Le monde créé par Dieu est l'ensemble des choses apparemment inertes, et indifférentes, qui, par notre obéissance et notre amour, reprennent vie et conscience sur le plan de l'éternité.

Aussi bien, le Judaïsme libéral actuel n'est-il plus exactement ce qu'il fut aux XVIIIe et XIXe siècle, à époque de la Réforme de Moïse Mendelssohn, de Geiger ou de Philippson, mais il en est la suite, corrigée et plus ouverte.
Dans l'étude des textes sacrés, le Judaïsme libéral préconise la libre interprétation et ne rejette pas plus la science que l'histoire, dont il admet l'importance quels que soient les résultats auxquels celles-ci aboutissent, car le seul postulat valable est l'unité du monde spirituel dans toutes ses manifestations et sur tous les plans.
Or, la Bible ne prétend pas être un livre de mathématique, de physique ou de biologie. Elle est le guide de la sainteté et de la spiritualité par excellence. En rien, elle ne s'opposerait à la recherche, ni à la critique scientifique, historique ou philosophique.
Ce qui est permanent et supérieur demeure la connaissance, l'amour, la charité et la paix. Ainsi se sont toujours exprimés nos Sages.
Le Judaïsme libéral proclame avec force qu'il n'y a pas de dogme dans le Judaïsme, mais une certitude : Dieu, le Père Unique de tous les hommes. Il affirme, en outre, conformément à la tradition, que la seule autorité valable est celle de l'ensemble de la Communauté d'Israël, gardienne de la Tora, qui décide des usages et des rites à maintenir ou à remettre en valeur en leur insufflant un sens et un esprit nouveaux.
Pour que la Communauté puisse assumer ce rôle, il lui faut développer, parmi ses membres, l'instruction religieuse et la vie religieuse familiale et communautaire qui constitueront le terrain sur lequel son autorité se fondera.

 

Dans ses rapports avec les antres confessions religieuses, le judaïsme libéral enseigne la fraternité réelle et l'amour de "l'étranger". Il entend que le Christianisme et l'Islam sont des religions monothéistes et qu'il y a paganisme dans les idoles du coeur autant que dans le fétichisme ou l'adoration des images. Il professe que le peuple juif doit être le "royaume de pontifes et la nation saint", chargés d'apporter "la bénédiction à toutes les familles de la terre".
Il conçoit le Christianisme et l'Islam comme deux religions, issues de la Tora, l'une pour le monde des "Gentils" gréco-romain occidental, l'autre pour le monde des "Gentils" sémite oriental arabe ; l'une et l'autre, capables de permettre à leurs adeptes la connaissance et l'amour de Dieu.
Quant aux religions asiatiques, le judaïsme libéral voit également des pratiques et des conceptions particulières de l'adoration de Dieu.
Il semble évident que les différentes religions de l'humanité correspondent à la diversité des peuples et des hommes, mais nul n'a le droit de déclarer que sa religion est la religion supérieure et la seule valable, et qu'en dehors d'elle, il n'y a point de salut. Les seules valeurs humaines que Dieu estime sont la vérité, la charité, la justice et l'humilité. Chacun doit s'efforcer d'en faire ses principes de vie, et d'élever ainsi au plus haut degré son amour de Dieu.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41Bua3lC0LL._SL500_AA300_.jpg

 

Le judaïsme libéral, jusqu'à la création de l'État d'Israël, avait pu passer pour une forme de Judaïsme intéressant seulement la Diaspora ; il avait même négligé, et parfois écarté, l'enseignement liturgique sur le retour à Sion.
Un peu avant, et depuis la restauration de l'Etat d'Israël dans la Terre des Ancêtres le Judaïsme libéral a révisé ses positions pour mieux assimiler, à la lumière du miracle historique auquel le monde vient d'assister, ce même enseignement sur le retour à Sion, des exilés de Jacob.
Le Judaïsme libéral enseigne qu'il n'y a pas double allégeance, mais il envisage la nouvelle Iérusalem comme le sanctuaire spirituel de tous les Juifs du monde, celui qui, demain, sera "la maison de prières pour toutes les nations".
Il soutient et encourage tous les rescapés du grand massacre ainsi que tous ceux d'entre les Juifs qui désirent avec eux, aller reconstruire la Terre des Promesses. En outre, depuis la création de l'État d'Israël, le judaïsme libéral croit de plus en plus urgente la nécessité d'instaurer dans le jeune Etat la méthode libérale d'éducation religieuse, afin d'écarter toutes formes de fanatisme religieux et de sectarisme, avec le seul souci de continuer la tradition des Prophètes et d'accomplir les promesses de Dieu. Il souhaite ardemment voir s'établir dans l'Etat d'Israël des rabbins missionnaires qui sauront redonner une foi religieuse ardente à la majorité de la population, actuellement abandonnée à l'indifférence religieuse, et si pleine cependant du désir de retrouver et d'aimer Dieu.

 

Il est trop tôt maintenant pour se prononcer sur l'avenir de l'État d'Israël, mais on se souviendra seulement de l'enseignement de nos Sages et de nos Prophètes qui avaient vu, pour la fin des Temps, affluer toutes les nations vers Jérusalem et y adorer le Dieu Unique de Justice et de Miséricorde en venant se réconcilier dans la Ville Sainte, après avoir aboli l'art dès combats et supprimé tous les instruments forgés pour la destruction.
L'humanité semble voir l'aube de cette ère messianique, bien qu'elle gémisse encore seps le poids de la peur et de l'orgueil. Le Judaïsme libéral enseigne, conformément à la pure tradition d'Israël que les jours messianiques viendront où Dieu sera reconnu le Roi Unique de tous les hommes, l'époque où les peuples et les individus se retrouveront unis dans le même amour fraternel, dans la même pratique de la vérité, du bien et de la justice.
Ces Jours messianiques annoncés par les Prophètes coïncideront avec la restauration glorieuse d'Israël dans la splendeur de la Terre sanctifiée par les promesses faites à Abraham lsaac et Jacob.

 

Par son extrême efficacité, la méthode du Judaïsme libéral permet le développement spirituel et l'élévation religieuse de la jeunesse. Les moyens à sa disposition sont multiples pour intéresser la jeune génération à la tradition de nos pères. Les plus essentiels sont l'enseignement vivant, suivant les méthodes modernes (chants, histoire, contes et légendes, Midrach et langue hébraïque) et le culte fervent, intelligible et joyeux (offices des jeunes, Kiddouch du sabbat, Havdala, Seder, Soukka, Hanuka, Pourim, lectures bibliques et cantilation des Psaumes, en groupe).
La méthode libérale se propose avant tout de créer d'une part, auprès des jeunes comme auprès des adultes, un climat favorable pour l'étude et la connaissance des sciences juives par ses cercles d'études, et, d'autre part, grince à la ferveur de ses offices et à ses réunions de prières et de méditation, de susciter en chacun le désir de communion avec toutes les grandes âmes religieuses de l'histoire du peuple juif.
Sur ce point, elle se rapproche beaucoup de la méthode hassidique qui enseigne le Judaïsme par la joie en Dieu. Le judaïsme libéral permet ainsi le renouvellement du Judaïsme et devient par cela même la religion de l'avenir.

 

http://compilhistoire.pagesperso-orange.fr/images/EtoileDavid.jpg

 

Les pratiques qui suscitent le dynamisme religieux, amour pur de Dieu et dévouement au prochain et à la communauté, doivent être encouragées et observées, en premier lieu.
En conséquence, un des critériums de la pratique rituelle, d'après la méthode libérale, est l'enthousiasme au sens grec du mot. C'est dans la mesure où telle pratique religieuse, qui n'est jamais qu'un moyen et non une fin, sera animée d'un esprit élevé, et douée d'une énergie spirituelle profonde, qu'elle sera proposée et observée dans le culte communautaire et familial, aussi bien que dans le culte individuel.
D'une façon générale, le ritualisme sera présenté, non comme une obligation aveugle susceptible d'étouffer l'élan religieux, mais comme un moyen de continuer la tradition, d'une manière vivante et intelligente.

 

http://www1.alliancefr.com/bqimages/rabbinfemme.jpg

 

Une des implications de la méthode libérale est l'émancipation religieuse de la femme.
Se référant au "Chema" (Deutéronome 6. 4-7) et à Deut. 29.1 0, le Judaïsme libéral considère que l'Alliance qui unit Dieu à Israël a engagé, depuis Moïse, la collectivité entière du Peuple Témoin, et qu'il est injuste et contraire à l'esprit de la Tora, de maintenir l'infériorité civile ou religieuse de la femme (divorce, lévirat, miniane) sur la seule interprétation de quelques termes ou expressions scriptuaires (Deux. 24) alors que la femme Juive joue un rôle un rôle primordial dans l'éducation, l'instruction religieuse et l'enseignement de l'hébreu à ses enfants (Pro. 31 et Deut. 6-7).
C'est là, entre autres, que ses compétences doivent être suffisantes car le judaïsme libéral tient à ce que la mère juive complète l'enseignement du maître et du rabbin. Aussi le libéralisme a-t-il émancipé la femme juive en lui accordant au moins autant de droits et de devoirs religieux qu'à l'homme, en raison des nécessités du monde moderne qui ne laisse plus à ce dernier le temps d'instruire ses enfants dans la vie juive.
C'est la femme qui est "la maison" suivant le mot de nos Sages. C'est elle qui fait la beauté du foyer où ses enfants, comme le père, doivent trouver un Judaïsme vivant, intelligent et joyeux. Le Mouvement libéral veut aider de toutes ses forces les maisons juives à retrouver la tradition familiale dans toute sa pureté, notamment celle du sabbat, le vendredi soir, par les chants et les études bibliques, le samedi par la prière, la sanctification du repos et la Havdala, moments solennels que l'on rehaussera particulièrement à l'intention de la jeunesse, afin de conférer à la vie juive le respect religieux et la joie de sainteté dont le monde a tant besoin.

 

La célébration du culte libéral obéit à deux principes talmudiques :

  • Mieux vaut peu avec conviction que beaucoup sans conviction.
  • L'essentiel est de comprendre et d'aimer le culte que l'on offre à Dieu, en quelque langage que ce soit.

Il s'ensuit que la prière classique sera écourtée, élaguée et enrichie des textes les plus édifiants de la Tora, des Prophètes, des Psaumes et de la littérature post-biblique. La structure traditionnelle de l'office est généralement maintenue en hébreu. (Chema, Amida, lecture de la Loi, Kaddich, Alénou).
Les traductions dans la langue du pays sont usitées dans une large mesure pour les parties mobiles de l'office. Les répons de l'assemblée sont alternés avec les versets lus par le récitant, de manière à obtenir une participation effective de tous les fidèles, aussi bien des adultes que des jeunes.
Hommes et femmes sont assis côte à côte ; le silence et le plus grand recueillement sont observés.
Le chant de l'officiant et du choeur comptera pour une grande part dans la célébration du culte public ; là aussi, il est bon d'obtenir la participation des fidèles de façon que l'heure de la prière soit un hymne joyeux rendu à Dieu par toute la communauté.
La prédication comportera des sujets religieux les plus variés. Ils seront traités alternativement sous forme de sermons, de causeries, d'allocutions ou d'entretiens familiers, de manière man aux que soit retrouvée la forme authentique de la prière juive qui comportait toujours un enseignement, une partie didactique. Le fidèle a besoin moins d'une consolation ou d'un réconfort que d'un éveil à la vie spirituelle pure qui est toute joie.
Le rabbin ne doit en outre jamais perdre de vue la réalité et l'actualité au cours de ses explications ou de ses causeries religieuses. Il apportera ainsi constamment des outres neuves au même vin vieux.

 

http://www.decitre.fr/gi/51/9782848351551FS.gif

 

Dans ses rapports avec les autres communautés, la communauté libérale fait preuve de compréhension et d'esprit fraternel. De plus, par son action, elle leur indique l'importance de sa propre mission à l'intérieur du Judaïsme moderne. Cette mission s'adressera au grand nombre de Juifs détachés de la religion ou indifférents à la spiritualité, aux athées et aux incroyants qu'elle se propose de faire revenir au Judaïsme.
Elle s'adresse aussi à ceux qui, troublés par l'inquiétude spirituelle, se sont trouvés attirés vers d'autres disciplines religieuses, par suite d'une connaissance insuffisante ou nulle des valeurs spirituelles de la religion et de la vie juives.
Cette mission est pleinement justifiée du fait que nombreux sont les hommes de bonne volonté qui désirent connaître les valeurs permanentes de notre tradition religieuse à condition toutefois qu'elles leur soient présentées d'une manière vivante et actuelle et suivant les méthodes les plus adaptées à la vie moderne.
Grâce à notre méthode libérale, des centaines de jeunes ont appris l'hébreu et ont retrouvé le caractère authentique, joyeux et sacré de la prière et de la vie juives.
Un nombre de fidèles de plus en plus grand, de tous âges et de toutes cultures participent avec ferveur et recueillement à cette glorification infinie de Dieu que surent chanter nos prophètes, nos rois et nos poètes.
Notre méthode nous a permis d'obtenir de tels résultats qu'il ne fait aucun doute qu'elle soit bonne et la mieux adaptée à la génération actuelle. Se généralisant non seulement dans les pays de la Diaspora, mais aussi en Israël, elle permettra le grand retour au Judaïsme de tous nos frères égarés.
Avec ce "retour", le peuple missionnaire sera prêt à convertir le monde à Dieu.

 

Source:

Judaïsme libéral

 

par le Rabbin André Chalom ZAOUI

Extrait de la REVUE DE LA PENSÉE JUIVE, N° 7 - Avril 1951

Le rabbin André C. ZAOUI

 

Voir aussi: [PDF]

Le judaïsme libéral en Israël

14:07 Écrit par HUMANITAS dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, israël, juifs, judaïsme, libéralisme, tora, femmes, émancipation, zaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu