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07/10/2011

Et pendant ce temps là......"Avec le temps, va tout s'en va..."

On raconte qu’à Byzance, les courtisans débattaient du sexe des anges pendant que les Turcs assiégeaient la ville.

 

http://sergecar.perso.neuf.fr/Dessins/ruines.jpg

 

À lire les journaux, écouter la radio et regarder la télévision, ne croirait-on pas que l’Histoire
se répète ? DSK et le World Trade Center au coeur de l'actualité ; disparue, la Crise européenne ? Les Français ont eu droit pendant trois mois à l’étalage des frivolités de DSK, ex-futur Président de la République ; là-dessus sont venues la maladie et les déboires judiciaires et africains de Jacques Chirac, ex-Président de la République. En attendant l’heureux événement en préparation chez l’actuel Président de la République, les médias nous offrent un étourdissant retour sur le passé avec l’évocation des attentats du 11 septembre 2001. Par un excès de zèle, certains journalistes rappellent même un autre 11 septembre, celui qui a vu la mort du président Salvador Allende, au Chili en 1973. C’est ainsi que le vendredi 9 septembre 2011, la plupart des grands médias institutionnels rabâchaient ad nauseam l’effondrement du World Trade Center, avec à la clé interviews des rescapés, témoins, commentateurs, anonymes etc. Le même jour, les ministres des sept principaux États de la planète, le G7, se réunissaient à Marseille sans arriver à se mettre d’accord sur une solution à la crise gravissime qui frappe la Grèce. Le même jour encore, la démission du N°2 de la Banque Centrale Européenne, l’Allemand Jürgen Stark, manifestait le fossé qui s’est creusé entre l’Allemagne et ses partenaires européens, la première refusant de financer à fonds perdus la dette publique de la Grèce et des autres pays méditerranéens de la zone euro. Cette nouvelle étape de la Crise européenne est passée presque inaperçue dans les médias français.


Rideaux de fumée pour une faillite annoncée

Il devient de plus en plus clair que la Grèce quittera la zone euro dans les prochains mois, avec des conséquences imprévisibles pour l’Union européenne. Des dirigeants énergiques et lucides pourraient peut-être sortir l’Union de cette mauvaise passe avec des solutions innovantes et audacieuses. Force est de constater que ce n’est pas ce à quoi nous préparent les dirigeants actuels, dont l’action - ou plutôt l’inaction - est déterminée par les prochaines échéances électorales. Si ces dirigeants sont paralysés devant l’obstacle, c’est aussi que le franchissement de celui-ci nécessiterait qu’ils renient les principes néolibéraux qui les y ont conduits et ont fait faillite. Ainsi a fait faillite l’idée selon laquelle l’euro allait renforcer la convergence économique de l’Union européenne et rapprocher les différents pays. C’est le contraire qui s’est passé, les pays de l’ancienne zone mark gagnant en richesse ce que les pays méditerranéens ont perdu. Ainsi a également fait faillite le traité constitutionnel de 2005, rejeté par les citoyens français et néerlandais et néanmoins entré en vigueur sous le nom de traité de Lisbonne. Avec un Président coopté pour 30 mois et un Haut représentant pour les Affaires étrangères, on nous promettait une Union plus forte et en mesure de se faire mieux entendre. La crise des subprimes de 2008 a illustré son impuissance et, pire encore, son lâche alignement sur les intérêts boursiers. En sauvant les banques de la faillite sans contrepartie ni garde-fous, les dirigeants européens se sont comportés comme le crocodile de la fable... Celui-ci entend l’appel au secours d’un scorpion tombé dans la rivière. «Je veux bien te ramener sur la rive mais c’est à condition que tu ne me piques pas», dit-il. Promis, dit le scorpion. Mais à peine est-il monté sur l’échine du crocodile qu’il pique celui-ci. Au moment où l’un et l’autre vont se noyer, le crocodile gémit : «Tu avais promis de ne pas me piquer !». Je sais, mais c’est dans mes gènes, je n’ai pas pu m’en empêcher, répond le scorpion-banquier. Sans commentaires. Sans commentaires, c’est précisément le mot d’ordre implicite des médias français. On a beau tendre l’oreille, aucune personnalité politique ne se hasarde à mettre en cause le traité de Lisbonne et son passage en force.

 

 

 

 

 


Cassandre au Monde
Pour être juste, convenons que même un journal aussi conformiste que Le Monde peut parfois cacher des éclairs de lucidité. Ainsi lit-on le 12 septembre 2011, dans la page des marchés, sous la signature de Claire Gatinois : «De l'avis de la plupart des économistes, la crise actuelle est à bien des égards comparable à celle de 1929. Malheureusement, aux yeux du marché, personne n'a l'envergure d'un Franklin Delanoo Roosevelt pour redresser la situation. Ni aux États-Unis et encore moins en Europe. Au sein de l'Union monétaire frappée par une crise de surendettement public "chacun se demande même s'il y a un pilote dans l'avion", indique un opérateur. Et les choses ne s'arrangent pas...».


L'Europe et la rupture
Les rideaux de fumée que sont les reportages sur DSK et les célébrations mémorielles évitent aux dirigeants de la majorité d’avoir à s’expliquer sur leur impuissance comme à ceux de l’opposition sur leur absence d’alternative crédible. Ainsi marche-t-on d’un pas accéléré vers un séisme majeur comme l’Europe en a connu il y aura bientôt cent ans. Nos aïeux, il est vrai, ne furent guère plus perspicaces. Le 28 juillet 1914, soit trois jours avant la déclaration de guerre, les journaux parisiens faisaient leur Une sur l’acquittement de Mme Caillaux, meurtrière par amour du directeur du Figaro. Ainsi va l’Europe, dont l’Histoire connaît une rupture dans la deuxième décennie de chaque siècle. En 1815, le Congrès de Vienne mit un terme au séisme inauguré vingt ans plus tôt par la chute de la monarchie française. En 1713 prit fin la très meurtrière guerre de la Succession d’Espagne. En 1618 débuta la dramatique guerre de Trente Ans. En 1517, Luther brisa l’unité de la chrétienté occidentale. En 1415…

 

Le sexe des anges et le World Trade Center
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 12 septembre 2011
Auteur : Joseph Savès

12:24 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dsk, world trade center, chirac, crise(s), grèce, faillite, europe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/06/2011

Europe - Grèce - Euro en danger!

Standard & Poor's vient une fois encore de s’en prendre à l’économie grecque, qui affiche désormais la note la plus basse du monde. Si l’on tient compte de l’histoire de la Grèce, connue pour son dysfonctionnement politique et économique, les seize autres pays de la zone euro sont eux aussi en danger, estime l'Irish Times. Encore un peu, et la Grèce ne sera plus qu’un Etat en déshérence. Sa société manque de cohésion, elle est profondément divisée. Son économie est en état de choc. Et à en juger par l’histoire du pays, nous sommes à l’aube de très graves ennuis. Il y a plus d’un an, quand la troïka des institutions qui supervisent aujourd’hui le renflouement de l’Irlande a débarqué à Athènes, d’aucuns espéraient que le pays le plus mal gouverné de l’Europe développée pourrait être ramené dans le droit chemin.

 

http://collectioneuro.free.fr/images/2euro_grece.jpg

 

La Grèce venait de se doter d’un nouveau gouvernement, dont les plus hauts responsables avaient l’air de vouloir vraiment mettre en place des réformes radicales. Nombre de Grecs, surtout les jeunes et les cadres, conscients du degré de dysfonctionnement de leur pays, étaient en faveur d’une rupture. Beaucoup disaient que cette crise était synonyme de chance.


La Grèce en défaut de paiement une année sur deux depuis 1820
Ce discours-là a vécu. Aujourd’hui, la crise n’est plus synonyme que de menaces et de risques. Ce qui, sous bien des aspects, n’a rien de surprenant. Le dysfonctionnement chronique de l’Etat hellène est établi depuis longtemps. Depuis l’indépendance, il y a presque deux cents ans, la Grèce a connu la guerre civile, des soulèvements, des déplacements massifs de population, des dictatures et le terrorisme. Rien ne reflète mieux l’échec de l’Etat que la question qui a propulsé le pays sous les feux de l’actualité internationale depuis dix-huit mois : le chaos budgétaire. D’après une étude menée par les historiens de l’économie Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, l’Etat grec s’est trouvé en défaut de paiement près d’une année sur deux depuis sa fondation dans les années 1820.

 

Se débattant sous le fardeau d’une dette publique qui est la deuxième du monde, il semble sur le point de renouer avec cette tradition.


L’incapacité de l’Etat grec à préserver sa solvabilité s’explique en partie par l’histoire. Ayant passé des siècles en tant que province dominée par l’empire ottoman, la Grèce a été coupée des changements progressifs qu’ont vécus la politique et la société en Europe occidentale.


Une des conséquences en a été une société civile faible et une tradition limitée dans le domaine de l’indépendance des institutions. En Grèce, les détenteurs du pouvoir politique en usent avec un degré d’absolutisme inhabituel dans le reste de l’Europe démocratique. Le fait que la Grèce ait joué le rôle de catalyseur dans la crise de la dette souveraine en Europe en est l’exemple le plus pertinent. Dans les pays où l’exercice du pouvoir se heurte à des limites, les statisticiens travaillent indépendamment sur leurs chiffres. En Grèce, au cours des dix dernières années, le gouvernement a obligé l’institut national des statistiques à communiquer des chiffres monstrueusement trafiqués, plaçant à sa tête des hommes de son choix pour veiller à ce qu’il en aille ainsi. C’est à l’issue d’un changement de gouvernement que l’on a pris toute la mesure de la fraude, à la fin de 2009. Pendant les premiers mois de 2010, le marché obligataire a peu à peu compris que l’Etat grec était ruiné. Et depuis, le monde subit les conséquences de la crise de la dette souveraine de la zone euro. Les dimensions de l’économie noire grecque sont le reflet non seulement de la faiblesse de l’Etat, incapable d’imposer la loi équitablement, mais aussi du manque de solidarité de sa société. Une étude réalisée par l’économiste allemand Friedrich Schneider montre qu’en 2010, l’économie parallèle de la Grèce représentait un quart de l’économie officielle. La Grèce, sur ce plan, arrivait en tête du classement des 21 pays développés pris en compte dans cette étude. La corruption généralisée de la vie publique est un autre facteur expliquant la faillite de l’Etat grec. D’après l’ONG Transparency International, la Grèce était l’Etat le plus corrompu des pays européens développés en 2009 et son indice de perception de la corruption la situait au 57e rang mondial (l’Irlande était 16e). Une fois entrée dans les moeurs, la corruption est une habitude très difficile à combattre. Elle a notamment pour effet de polariser la société. Ce n’est pourtant pas comme si la société grecque n’en avait pas souffert. Soumis à une dictature militaire jusqu’en 1974, les Grecs ont subi toutes les formes d’injustices associées à ce type de régime, des arrestations arbitraires à la torture en passant par les exécutions sommaires.


0,5 du PIB annuel grec consacré à la recherche
Tout cela après une guerre civile qui coûta la vie à près de 50 000 personnes au cours de la
deuxième moitié des années 40. La Grèce reste la société la plus militarisée d’Europe et affiche toujours les dépenses de défense les plus importantes du continent. Les violences de rue sont monnaie courante et le pays abrite toujours une nébuleuse de cellules terroristes, même si celles-ci sont moins actives depuis quelques années. Si la situation économique continue de se dégrader, certains milieux pourraient se radicaliser et en désespoir de cause se tourner vers la violence extrémiste. Il existe un risque de détérioration important. Les contraintes sociales et la corruption généralisée ne sont pas en elles-mêmes des facteurs de faiblesse économique – il suffit de regarder l’exemple de l’Inde et de la Chine – mais elles n’arrangent rien. Malheureusement pour la Grèce, même si ces deux problèmes disparaissaient du jour au lendemain, il est peu probable que cela suffise à enrayer son déclin économique. La Grèce exporte tellement peu qu’elle constitue l’économie la plus fermée des 27 pays membres de l’UE. Un petit pays de tout juste 10 millions d’habitants ne peut pas s’enrichir sans exportation. Aucun pays ne peut s’enrichir sans innovation. L’un des meilleurs indicateurs de la capacité d’un pays à innover se trouve dans le montant des dépenses de recherche et développement. En Grèce, l’Etat et les entreprises consacrent 0,5 % du PIB annuel à la recherche, soit moins d’un tiers de la moyenne européenne. Parmi les 15 membres historiques de l’UE, la Grèce a toujours affiché le budget de recherche le plus faible. La situation de la Grèce ne pousse guère à l’optimisme. L’économie, le système politique et la société sont en panne. Ce n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les Grecs mais aussi pour leurs 16 partenaires de la zone euro. Si la Grèce s’effondre, elle pourrait bien entraîner la monnaie unique dans sa chute.


Vu d'Athènes Le rééchelonnement ou la menace d'un suicide
Le débat fait rage sur la place de la Constitution où, depuis deux semaines, les "indignés" d’Athènes se rassemblent par milliers le soir pour manifester leur colère face à la situation économique et sociale du pays. Parmi eux, Yannis Varoufakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes, a envoyé une lettre au Premier ministre Georges Papandréou, rapporte dans To Vima Pantelis Kapsis, l'un des éditorialistes les plus influents du pays. Le professeur invite Papandréou à descendre sur la place pour "annoncer aux manifestants que l’heure est venue de redresser la tête et de voir les choses en face : nous ne recevrons plus un sou de l’Europe si nous n’appliquons pas les mesures qu’elle impose." Mais pour Kapsis, quand bien même le Premier ministre parviendrait ainsi à convaincre ses concitoyens du bien-fondé de l'austérité et des privatisations massives réclamées, "de toutes les façons, nous feront défaut – car il nous sera impossible de faire un nouveau prêt et de rembourser notre dette". "Le professeur Varoufakis n’est pas fou", poursuit l'éditorialiste. "Il sait aussi que l’Europe ne veut pas de la faillite grecque, d’où la nécessité de la réouverture du débat sur les eurobonds [titres européens de la dette]. Mais on sait que certains veulent écarter la Grèce de l’euro. Le rééchelonnement n’est qu’une pommade.

 

C’est comme menacer de nous suicider…reste à savoir si cela va arriver .

 

Pourquoi la Grèce va entraîner l’euro dans sa chute
Source, journal ou site Internet : The Irish Times
Date : 14 juin 2011
Auteur : Dan O’Brien

19:25 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : euro, europe, grèce, dette, faillite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/12/2010

Fallait-il vraiment sauver les banques?

Bruxelles devait-elle soutenir le sauvetage des banques de la faillite ? Non, estime un juriste roumain, car le maintien de l'Etat providence est plus important. Et il cite l'exemple des Islandais, qui ont choisi de ne pas financer le sauvetage de leurs banques.

 

http://www.jdf.com/basemedias/2008/10/09/00687a00-963e-11dd-a38e-aa9adfc3d2d4.jpghttp://blogs.ionis-group.com/iseg/strasbourg/blog/media/stockxpertcom_id20749811_size1.jpg


Entre octobre 2008 et octobre 2010, la Commission européenne a approuvé des aides d'Etat pour les banques à hauteur de 4 589 milliards d'euros, soit le PIB de la Roumanie sur 45 ans. On ne sait pas combien parmi ces aides d'Etat sont passées inaperçues, car la Commission était (trop) généreuse avec ce type de financement. Mille milliards d'euros ont été dépensés pour sauver les banques en 2008 et 250 millions en 2009. Pour tous les autres secteurs économiques réunis, les aides d'Etat approuvées au cours de la même période s'élevaient à 73 milliards d'euros (soit 60 fois moins).


Les aides d'Etat représentent le soutien accordé aux entreprises par les autorités publiques, avec l’argent public. Elles sont octroyées sur des décisions de l'administration, des décisions fondamentalement anticoncurrentielles et opaques, et sur lesquelles les citoyens ne sont pas consultés. Sans le savoir, le contribuable européen est impliqué dans cet effort, à la limite de la légitimité, de sauvetage des banques de la faillite.


Le contribuable ne se limite pas à payer des impôts, c’est également un citoyen. Et le citoyen a des droits, et pas seulement des obligations. Avant de le rendre solidaire des banques endettées au bord de l'effondrement et avant de l'associer aux risques que comportent leurs combines, le citoyen doit d'abord avoir la certitude que ses droits sont garantis, ou du moins l'espoir légitime que tel sera le cas.


Le sauvetage des banques rend caduc le devoir de payer les impôts
Nous acceptons de payer des taxes et des impôts parce que nous nous attendons à ce que l'Etat finance correctement et à temps le système d'éducation, de santé, l'ordre public, la justice et la Défense. Les déficits majeurs de ces secteurs, parce que l'Etat a considéré comme prioritaire le sauvetage des banques de la faillite, rend caduc le devoir des citoyens de payer leurs impôts. Nous ne souhaitons pas payer des impôts pour que l’Etat les balance dans les trous noirs d'un système financier qui est (encore) guidé par le slogan "greed is good" (la cupidité est bonne).


Nous contribuons aux systèmes de sécurité sociale parce que nous nous attendons à ce que, lorsque nous en avons besoin, ces systèmes nous aident avec de l’argent et des prestations sociales qui nous permettent de sortir de l'impasse ou de mener une existence décente en cas d'invalidité, de maladie, de congé parental, d’accident, etc.


Ces prestations sociales, financées longtemps à l’avance par les cotisants, sont plus importantes que la nécessité de sauver un système financier responsable de sa propre crise et qui, dans son ensemble, fait de toute manière des bénéfices par diverses magouilles dans le trading, sur les marchés des changes, des aides d'Etat ou en jonglant avec l’argent virtuel.


Les banques et leurs créanciers, y compris les détenteurs d'obligations, doivent supporter le risque des mauvais investissements. Ce sont des professionnels du risque, qui savent évaluer le risque d'un investissement et les ressources nécessaires pour assumer ce risque. Ils spéculent même sur l'évolution des événements, acceptant à tout moment la possibilité de perdre, et donc ils ne peuvent pas et ne doivent pas être protégés.


Les particuliers, cependant, n'ont pas les mêmes moyens que les banques. C'est la raison pour laquelle ils sont les destinataires exclusifs des lois de protection (en tant qu'investisseurs, épargnants, consommateurs ou contribuables).


Les Islandais, eux, ne se sont pas laissés impressionnés
Les banques ne sont pas les seuls créanciers de l'Etat : les citoyens le sont également. En fait, les citoyens sont les créanciers les plus importants et les plus nombreux. Récapitulons : l'Irlande n'a pas accepté de laisser ses banques faire faillite ; elle les a sauvées, payant à leur place environ 60 milliards d'euro (ce qui a porté le déficit à 32% du PIB).


Maintenant, en tant qu'Etat, elle est en faillite, et sous le contrôle des créanciers financiers, et non plus des citoyens irlandais. En revanche, l'Islande a accepté de mettre toutes ses banques en faillite. Leurs dettes sont ainsi supportées par leurs créanciers. Les Islandais n'ont pas été directement affectés, même s’ils étaient de toute manière touchés par la crise.


L'Islande a même organisé un référendum, par lequel les citoyens ont rejeté le sauvetage des banques. Ils ne se sont pas laisser impressionner par des expressions telles que "too big to fail" (trop gros pour faire faillite), conçues pour manipuler les esprits.


Leur président, Ólafur Ragnar Grímsson avait dit à l’époque : "Comment pourrions-nous obliger les gens à payer pour les erreurs des banquiers ?" C'est une bonne question pour un président, pour un Premier ministre, pour un gouverneur. En Roumanie, comme ailleurs.

 

Mourir pour les banques ? Non merci
Source, journal ou site Internet : Romania Libera
Date : 10 décembre 2010
Auteur : Gheorghe Piperea

14:46 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : banques, crise(s), faillite, keynésianisme, etat-providence, islande, irlande, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/10/2010

Vaticangate?

L’ouverture d’une enquête du parquet de Rome au sujet de la banque du Vatican témoigne certes de la volonté de l’Etat de contrôler l’Eglise, mais elle révèle également un défi majeur que le Saint-Siège va devoir relever :

l’ouverture au monde moderne.

 

http://www.outlookindia.com/images/photoessays/pope_benedict_xvi_vatican_IPE_20070115.jpg

lire Economie du Vatican


Le Vatican s’est toujours considéré comme un Etat différent des autres, obéissant à d’autres lois. A ce titre,sa gestion des scandales pédophiles était déjà révélatrice. Cette fois-ci, c’est l’opacité de ses comptes qui esten cause puisque, pour la première fois, le Saint-Siège est prié de se plier aux normes très strictes de l’UE relatives au blanchiment d’argent.


Lorsque l’Europe s’est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale en équilibrant les pouvoirs grâce à des traités et des accords bancaires, le Vatican est resté une anomalie : la dernière monarchie absolue en Occident (!). Mais aujourd’hui, ses traditions se heurtent aux institutions laïques, qui considèrent de plus en plus l’Eglise catholique comme une multinationale ordinaire.


“Le Vatican doit comprendre que le monde a changé, lance Donato Masciandaro, directeur du département économie à l’université Bocconi de Milan et spécialiste des lois sur le blanchiment d’argent. Sans cela, il risque d’enfreindre constamment les directives sur le blanchiment d’argent.” Cette enquête est un coup dur non seulement pour le Vatican mais aussi pour l’Italie, écartelée entre ses engagements envers l’UE et son réseau bancaire noyauté par le pouvoir.


La déférence envers le Saint-Siège reste toutefois d’usage dans le pays : le contentieux entre l’Etat et l’Eglise que constitue l’ouverture de l’enquête du parquet, d’une ampleur sans précédent depuis au moins une dizaine d’années, n’a pas fait la une d’Il Sole 24 Ore. Le quotidien financier de référence en Italie a relégué l’information en page 18 avec un article complaisant sur la visite du pape en Grande-Bretagne.

 

 


La partie visible de l’iceberg
Tout a commencé le 20 septembre : le parquet de Rome a saisi 30 millions de dollars [22 millions d’euros] sur le compte du Vatican et ouvert une enquête mettant en cause Ettore Gotti Tedeschi, le président de l’IOR [Institut des oeuvres religieuses, la banque du Vatican] et son directeur général, Paolo Cipriani. La justice leur reproche de ne pas avoir justifié deux transferts de fonds réalisés à partir d’un compte d’une autre banque, le Credito Artigiano. Pour le Saint-Siège, cette enquête est un “malentendu”. Pour Gotti Tedeschi il s’agit d’une erreur de procédure montée en épingle par les médias. Pour d’autres, en revanche, ce n’est que la partie visible de l’iceberg et la fin de l’impunité du Vatican.


Le parquet a commencé à s’intéresser de près aux comptes du Vatican l’année dernière, à la demande de la Banque centrale italienne. Cette dernière avait déclaré pour la première fois que la banque du Vatican devait être traitée comme n’importe quelle autre banque extérieure à l’UE et donc soumise à une vigilance accrue selon les directives de 2007 contre le blanchiment d’argent. Déjà en 2003, dans le cadre d’une affaire relative à la nocivité des ondes électromagnétiques émises par Radio Vatican, la plus haute cour de justice italienne
avait pris ses distances avec le Saint-Siège. Elle avait reconnu à l’Etat italien le droit de protéger ses citoyens contre des actions menées par des individus travaillant pour le Vatican. Mais cette décision n’avait pas fait jurisprudence et, si un magistrat décidait aujourd’hui de poursuivre la banque du Vatican, il faudrait s’attendre à une longue bataille juridique. Premier mystère de cette affaire : pourquoi la banque du Vatican at- elle demandé au Credito Artigiano un transfert de 30 millions de dollars [22 millions d’euros] en provenance d’un compte gelé par décision de justice en avril pour défaut de transparence dans des transactions précédentes ?


Certains y voient une tentative délibérée de la part du Vatican. “Evidemment c’était un coup hasardeux”, estime Ignazio Ingrao, spécialiste du Vatican de l’hebdomadaire d’informations italien Panorama, qui a été le premier à révéler en décembre 2009 les enquêtes dont la banque du Vatican faisait l’objet. “Elle voulait lui forcer la main, en espérant que le Credito Artigiano l’aiderait.”
Mais ce dernier était tenu de signaler cette opération suspecte à la Banque d’Italie. Celle-ci venait en effet de rappeler – pour la deuxième fois de l’année – à toutes les banques italiennes que les transactions de la banque du Vatican devaient être passées au peigne fin, sous peine de poursuites.


Autre mystère : que s’est-il passé entre le 6 septembre, date de la demande de transfert, et le 14 septembre, date à laquelle le Credito Artigiano a alerté la Banque d’Italie ? Gotti Tedeschi a-t-il essayé de faire pression sur Giovanni De Censi, directeur de la société mère du Credito Artigiano, le Credito Valtellinese, également consultant pour la banque du Vatican ? De Censi s’est refusé à tout commentaire. Cette affaire intervient à un moment où le Vatican subit d’intenses pressions de la justice concernant de nombreuses affaires d’abus
sexuels, notamment en Belgique, où les autorités ont effectué des descentes de police dans plusieurs propriétés de l’Eglise. Les banques italiennes sont également sous le coup d’une tentative de prise de pouvoirpar la Ligue du Nord de l’establishment bancaire catholique.

 

L’IOR, banque ordinaire ?
De son côté, le Vatican avait nommé l’année dernière Gotti Tedeschi, banquier et professeur d’éthique de la finance à l’université catholique de Milan, pour réorganiser et rationaliser ses finances, gérées par des entités disparates souvent déconnectées. Le Vatican est également en pourparlers avec l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), qui fixe les normes de transparence, et le GAFI (Groupe d’action financière internationale), chargé d’organiser des mesures contre le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes. Le but étant pour le Saint-Siège de réintégrer la “liste blanche” des pays exemplaires en matière de transparence…
“Des discussions sont en cours”, reconnaît Jeffrey Owens, directeur du Centre pour la politique fiscale à l’OCDE. “Pour nous, le Vatican doit être traité comme n’importe quel autre Etat et se soumettre à la même surveillance. Le rythme des négociations dépend de lui.” Pourtant, avant de participer aux accords internationaux, le Saint-Siège devra résoudre une ambiguïté fondamentale concernant la définition de sa banque. Il maintient qu’il ne s’agit pas d’une banque ordinaire, mais plutôt d’une entité qui gère les biens de ses organisations religieuses, ce que récuse la Banque d’Italie. “Les enjeux de ce bras de fer sont particulièrement compliqués, estime M. Ignazio Ingrao. Et il risque de durer encore longtemps.”


L'auteur
D’abord journaliste au New York Observer puis à la New York Times Book Review, Rachel Donadio est depuis 2008 la correspondante en chef du New York Times à Rome. Elle livre ici un point de vue distancié sur les relations entre le Saint-Siège, l’Italie et l’Union européenne.


Repère
Surnommé “la banque des prêtres”, l’Institut des oeuvres religieuses (IOR) a été fondé en 1942 par Pie XII pour assurer l’administration des biens de l’Eglise catholique. Son histoire est émaillée de divers scandales.
L’un des plus retentissants, la faillite de la banque italienne Ambrosiano – dont l’IOR était le principal actionnaire –, remonte à 1982. L’enquête a montré que la banque Ambrosiano recyclait l’argent de la Mafia, mettant en cause le dirigeant de l’IOR à l’époque, Paul Marcinkus, dit “le banquier de Dieu”. Le patrimoine de la banque du Vatican est estimé à 5 milliards d’euros.

 

Source IHEDN

RENSEIGNEMENTS EXTERIEURS - INTERIEURS - INTELLIGENCE ECONOMIQUE
La finance, autre secret honteux du Vatican
Source journal ou site Internet : The New York Times
Date : 6 octobre 2010
Auteur : Rachel Donadio

18:41 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vatican, pape, banques, crise(s), finance, faillite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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