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11/05/2011

Grèce - Euro(pe) - Dette - Mensonge

En se réunissant secrètement pour parler de la crise grecque, le 6 mai, certains ministres des Finances de l’Union européenne ont donné le coup de grâce à la confiance que les citoyens avaient placée dans leurs gouvernements. Ce n’est pas comme cela que nous sauverons l’euro, prévient la Süddeutsche Zeitung. Rarement les responsables politiques européens se seront comportés de manière aussi peu responsable que vendredi 6 mai.

 

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À Berlin, Bruxelles, Rome, Paris et Luxembourg, on s’est tu, on a trompé le monde, quand on n’a pas ouvertement menti. Et tout cela, dans le seul but de garder secrète une réunion de quelques ministres des finances, pendant laquelle – comme on l’apprendra par la suite – on n’aura pris aucune décision et l’on n’aura fait qu’échanger quelques vues sur la situation de la Grèce, qui n’en finit plus de s’enfoncer dans la crise. En l’espace de quelques heures, les gouvernements des pays de la zone euro sont parvenus à ruiner le peu de confiance que les citoyens plaçaient encore dans leurs plans de sauvetage. Qui croira désormais les déclarations selon lesquelles les Grecs n’ont aucune envie de sortir de l’union monétaire, quand on sait que c’est le président de l’Eurogroupe, le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui était à la tête de cette duperie ? Il commence par nier par écrit que les ministres des finances se sont réunis à Luxembourg. Puis il proclame publiquement sa confiance envers la Grèce. Et enfin, l’on apprend qu’il a invité personnellement les ministres en question. Tout citoyen qui s’intéresse un tant soit peu à l’Union se demandera désormais, avec étonnement ou agacement, quel est le degré de gravité réel de la crise grecque. Le pays est-il à deux doigts de la faillite en dépit de toutes les aides et des discours discordants ? Cela voudrait dire qu’une autre promesse des gouvernants a fait long feu :
celle qui voulait que les Hellènes remboursent l’intégralité des crédits qui leur ont été accordés, intérêts compris. Or, s’ils ne paient pas, c’est le contribuable [européen] qui couvrira les dégâts.

 

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On a menti à dessein au grand public
Ce n’est pas la première fois que les citoyens se sentent floués. Déjà, voilà un an, alors que la crise de la dette se faisait de plus en plus menaçante en Grèce et que tout portait à croire qu’Athènes avait besoin de l’aide étrangère, les responsables politiques de Berlin, Bruxelles, et d’autres capitales minimisaient la gravité de la situation. In extremis, ils ont garanti une enveloppe de 110 milliards d’euro de crédits. Le sauvetage de l’Irlande a suivi le même type de scénario. Pour commencer, les grands pays de la zone euro n’ont pas voulu admettre que le gouvernement de Dublin n’était plus capable de gérer seul la situation. Et puis, tout à coup, on a entrepris de négocier un plan de sauvetage. Enfin, cela a été le tour du Portugal. Le pays se serre la ceinture, le pays réforme, la situation est tendue, certes, mais non désespérée, nous a-t-on servi une fois de plus. Et puis l’on a appris que Lisbonne n’était même pas en mesure de payer les salaires de ses fonctionnaires – et le pays s’est abrité derrière l’aide internationale.


Un mensonge sans explication ni excuses
Pour être honnêtes, reconnaissons que les pays de la zone euro, la Banque centrale européenne et la Commission ont été – au début de la crise tout au moins – dépassés par les événements, et ont peut-être longtemps cru, en effet, que ces pays s’en sortiraient sans aide extérieure. Mais, depuis le 6 mai, les choses ont changé. Ce vendredi là, on a menti à dessein au grand public. On en a la preuve, pour la première fois. Et deux jours plus tard, toujours ni explication, ni excuses pour ce mensonge. Les responsables politiques concernés gardent le silence. S’ils sortent indemnes de cette affaire, l’union économique et monétaire en sortira en revanche affaiblie. Car cette tromperie apporte de l’eau au moulin de tous ceux qui aimeraient se débarrasser de l’euro. Et enflamme l’imagination des contribuables qui doutent de revoir un jour la couleur de l’argent qu’ils ont prêtés. La scène politique peut peut-être ignorer encore les états d’âmes des citoyens, mais les responsables ne pourront pas échapper à la loi des marchés. Pendant la grossière erreur de communication du 6 mai, l’euro perdait encore jusqu’à deux centimes sur le dollar, et les investisseurs se réfugiaient sur les valeurs américaines. Une chose est sûre : pour faire revenir la confiance, la duperie délibérée du 6 mai doit avoir des conséquences.


Vu d'Athènes. Gardons notre sang froid
À Athènes, les signes d’une nouvelle période de turbulences financières étaient évidents depuis quelques temps . "On pouvait le lire dans la presse internationale et on le comprenait en suivant la pression constante des marchés : le problème grec serait revenu sur le devant de la scène et il aurait demandé des décisions politiques et économiques radicales, bien plus fortes que celles adoptées il y a un an, avec le plan de rigueur", écrit ainsi Antonis Karakousis dans le quotidien To Vima. "Rien que la publication, le 6 mai aprèsmidi sur le site du magazine allemand Der Spiegel, d'un article expliquant que la Grèce allait demander sa sortie de la zone euro, a suffi à placer le pays en état d'urgence. Tout montre que nous avons atteint un point de non retour et que la suite des évènements dépendra de la capacité du gouvernement, de la classe politique en général et de la société, à se tenir prêts a affronter la situation. L'attaque du magazine allemand et ses allégations révèlent les intentions de certains Etats membres en ces heures cruciales. Les deux prochains mois seront sans doute marqués par la pression. Il faudra faire preuve de calme, de force et de sérénité".

 

Grèce : les mensonges vont tuer l’euro
Source, journal ou site Internet : Süddeutsche Zeitung
Date : 9 mai 2011
Auteur : Gerstin Gammelin

12:48 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grèce, ue, europe, eurocrates, politique, finance, déficit, dette, junker, mensonge | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/05/2011

L'Europe et sa dette, ou en sommes nous?

Si l'Europe ne réorganise pas de fonds en comble l'union monétaire, le Portugal aura été le dernier pays européen à pouvoir bénéficier d'un plan d'aide, estime Der Standard. En règle générale, les syndicats communistes, les défilés où l’on brandit des portraits de Che Guevara et les slogans socialistes ne sont pas associés à la droite.

 

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Au Portugal, c’est pourtant le cas, ces jours-ci. Quand on les interroge sur les causes des déboires financiers du Portugal, les camarades lisboètes de la confédération syndicale ouvrière CGTP et les députés conservateurs livrent la même réponse : c’est l’euro qui est la cause de tous nos maux. Avant l’introduction de la monnaie unique, en 2002, le pays pouvait surmonter ses mauvaises passes financières en dévaluant son escudo. La dévaluation permettait d’abaisser le prix d’une partie du service de la dette et d’améliorer la compétitivité du pays à l’international en proposant sur le marché des produits à prix réduits.


Des fados dédiés à l'escudo
Cette époque est révolue, et la situation du Portugal soulève enfin la question cruciale : une monnaie unique peut-elle fonctionner dans une communauté aussi hétérogène sur le plan économique ?

En Grèce, on a affirmé que les manipulations budgétaires avaient été responsables de la débâcle. En Irlande, les banques sont pointées du doigt. Au Portugal, aucun de ces faux-fuyants n’a été mis en avant. Les citoyens, l’Etat et les banques se sont trop endettés par rapport à leurs performances économiques. Depuis dix ans, le pays n’a guère enregistré de croissance. L’euro a apporté des taux d’intérêt bas, ce qui a conduit à l’expansion du crédit, et à un plan de sauvetage aujourd’hui. Vu sous cet angle, les Portugais vont encore dédier de nombreux fados à leur cher escudo. Les élites politiques, toutefois, se cramponnent encore à l’euro. Le problème de fond réside dans les déséquilibres économiques et sociaux. Les pays riches industrialisés comme l’Allemagne ou l’Autriche se retrouvent en situation de concurrence avec des pays qui exportent peu comme le Portugal et la Grèce, dans les mêmes conditions de marché. Jusqu’à présent, cela ne s’est pas bien passé. Si on veut que cela change, il faut changer d'approche.

 

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Un pacte trop évasif et unilatéral
Tout d’abord, les programmes d’austérité imposés par l’Union européenne et le Fonds monétaire international doivent être remaniés. Les mesures mises en oeuvre en Grèce et en Irlande n’ont fait qu’élargir les fossés, faisant plonger les deux pays dans la récession là où ils auraient eu besoin de croissance. Au Portugal, un premier redressement a eu lieu, grâce à des conditions plus clémentes. Toutefois, le pays ne pourra pas faire l’économie de coupes budgétaires et d'une pression fiscale accrue. Une récession se profile à l’horizon. Mais les mesures à court terme ne suffiront pas. Pour l’instant, la politique de la Banque centrale européenne (BCE) s’est résumée – conformément à sa mission – au contrôle de l’inflation. Les effets en ont été limités. Seul un défaut de surveillance a permis l’explosion du crédit qui a été fatale à l’Espagne et au Portugal. Des propositions comme celles de l’économiste américain Roman Frydman, qui réclame une ingérence plus ferme de la BCE pour freiner les octrois de crédits en période d’expansion, ont été jusqu’à présent écartées. Certes, ces questions seront traitées dans le cadre du nouveau pacte de compétitivité de l’UE. Mais ledit pacte est trop évasif et unilatéral. Il pénalise les Etats très déficitaires tout en poussant les pays affichant des excédents à l’exportation, comme l’Allemagne, à faire mieux – en stimulant leur demande intérieure, par exemple. La bonne nouvelle est que les idées de bon sens ne manquent pas. La mauvaise est que l’Europe semble suivre actuellement une toute autre orientation, comme le montre le succès électoral des “Vrais Finlandais”.

 

Crise de la dette : dernier sauvetage avant travaux
Source, journal ou site Internet : Der Standard
Date : 5 mai 2011
Auteur : Andras Szigetvar

19:31 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, eurocrates, portugal, grèce, keynésianisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/03/2011

Le Léviathan ou les "Eurocrates"!

Les institutions européenne sont une hydre de papier qui dévore les citoyens, affirme dans son dernier ouvrage l’essayiste allemand Hans-Magnus Enzensberger, qui exhorte les Européens à lui tenir tête.

 

Tandis que les peuples du monde arabe se soulèvent pour réclamer l'autodétermination et la démocratie, l'Europe sombre dans la dictature. Sa tradition démocratique est usée, anéantie, et ses citoyens sont brimés, mis sous tutelle. Le pouvoir délégué par le peuple à ses représentants a été transférée en catimini et s'est retranché dans un lieu inaccessible sur lequel nul n'a jamais posé les yeux.

 

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Qui tient réellement la barre ?

 

Qui tire les ficelles ? où ? et dans quel but ?

 

Nul ne sait. On promulgue lois et règlements, mais les habitants du Vieux Monde n'en comprennent plus les termes. C'est un peu comme si un peuple extraterrestre s'était posé à notre insu sur la Terre et, à peine arrivé, s'était mis à la solde de l’Union européenne, peut-être parce que ses occupants sont particulièrement prospères. Ce peuple, c'est celui des technocrates.

 


500 millions de veaux dans l'Union européenne
Cette description de l'asservissement de l'Europe par une puissance anonyme n'est pas tirée d'un roman d’anti-utopie, mais d'un essai. Ce n’est donc pas un texte de fiction, mais un texte qui prend son sujet dans la réalité, pour le décrire et l'analyser. Son auteur n'est pas un Hercule qui se serait donné pour mission de nettoyer les écuries d'Augias de l'Union européenne. Son seul objectif est de réveiller les veaux qui y séjournent. Lesquels sont nombreux, puisqu'on en recense à peu près 500 millions. C'est le nombre d'habitants que compte aujourd'hui l'Union européenne. Chacun d'entre eux devrait prendre le temps de lire les quelque 70 pages que vient de publier Hans Magnus Enzensberger sous le titre Sanftes Monster Brüssel oder Die Entmündigung Europas ["Le doux monstre Bruxelles ou la mise sous tutelle de l'Europe", non traduit en français]. L'ouvrage est le pendant allemand du pamphlet du Français Stéphane Hessel, Indignez vous!, qui a été tiré à un million d'exemplaires dans le pays natal du nonagénaire ancien résistant. Hans Magnus Enzensberger lui aussi cherche à réveiller l'indignation des citoyens. Il veut secouer le cocotier. Pour ce faire, il ne mise pas sur de grandes gesticulations, mais sur la force de l'argumentation. Enzensberger a mené des recherches approfondies. Il énumère patiemment les faits, répertorie les indices, comme dans une affaire criminelle. Son but n'est pas simplement de lancer une polémique sur l'Union européenne : il veut démasquer l'hydre qui s'étend inexorablement, mue par sa soif de pouvoir. Ce monstre a une histoire, mais peu de gens la connaissent. L'auteur commence par nous rappeler les bienfaits indubitables du processus d'intégration européenne. Il applaudit six décennies sans guerres – presque une vie – les vacances à l'étranger facilitées, la liberté de circulation, les actions entreprises contre "les cartels, les monopoles et les stratagèmes protectionnistes". Avant de se pencher sur le "vocabulaire officiel" d'une Union européenne "oublieuse de l'histoire", qui baptise ses hauts fonctionnaires du nom de "commissaires", comme si l'histoire européenne n'avait connu ni les commissaires du peuple, ni les commissaires du Reich. Puis il décrit la structure et le modus operandi des commissions, qui fixent par exemple des valeurs limites pour les "vibrations transmises au système bras-mains et à l'ensemble du corps" lors de travaux réalisés au marteau pneumatique, déterminent la longueur minimale des préservatifs européens, et nous imposeront bientôt d'utiliser une combinaison de 33 à 42 chiffres pour un simple virement bancaire.

 

À compter de 2013, en effet, la mention des codes BIC et IBAN sera obligatoire pour les virements nationaux. Sur la petite île de Malte, par exemple, le numéro IBAN se compose de 31 chiffres, si bien que les quelque 400 000 Maltais auront "3 100 000 000 000 000 000 000 000 000 000 numéros de compte à leur disposition, que viendront compléter 10 000 000 000 codes BIC".

 

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Grisée par son pouvoir, l'UE de plus en plus autoritaire
Il est facile de tourner en dérision ces inepties publiques, manigancées au nom de l'Europe par des bataillons de fonctionnaires en majorité grassement payés. En revanche, il est quasiment impossible de se retrouver dans la jungle des commissions, secrétariats, directions générales et autres institutions et organismes sans nombre qui se sont implantés et ont prospéré à Bruxelles ou au Luxembourg.

 

Qui connaît par exemple l'EUOSHA, chargée des questions liée à la sécurité et à la santé sur le travail ?

L'institution emploie 64 collaborateurs, dont les activités sont contrôlées par 84 conseillers d'administration. D'autres questions ?

 

Il est d'abord divertissant, puis assommant de recenser les absurdités d'une bureaucratie bruxelloise débridée.
Et cela ne nous avance guère. C'est pourquoi l'ouvrage creuse plus profond. Enzensberger se penche sur l'absence de légitimité d'une machine bureaucratique qui, pour et au nom des citoyens européens, promulgue des textes de loi et des règlements – qui doivent représenter quelque chose comme 150 000 pages à l'heure qu'il est – mais qui fait fi des règles de base de sa propre constitution, comme le montre régulièrement le traitement réservé au pacte de stabilité et de croissance.

 

La thèse centrale de Hans Magnus Enzensberger prend pour cible la conception bruxelloise de la démocratie : grisée par son pouvoir réglementaire, l'UE développe des caractéristiques de plus en plus autoritaires. Avec [l’essayiste autrichien] Robert Menasse, il
soulève enfin la question de savoir si la démocratie classique telle que la conçoit Bruxelles est encore un engagement ou bien si elle n'est plus considérée que comme un obstacle contre lequel il faut oeuvrer sans relâche. L'Union européenne est en passe de mettre ses citoyens sous tutelle. Et cela, seuls les Européens peuvent l'empêcher.


L'ouvrage de Hans Magnus Enzensberger sera publié en français par Gallimard dans le courant de l'année 2011.

 

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Vu de Suisse Qui aime bien châtie bien
Dans la Zeit, l’ancien membre du gouvernement suisse Moritz Leuenberger explique pourquoi le pamphlet d’Hans Magnus Enzensberger sera "une mine de citations pour pester contre la bureaucratie" et donnera des arguments aux anticapitalistes suisses, même si l’essayiste allemand y loue également la paix et le progrès que l’Union a apporté à ses citoyens. Leuenberger précise par ailleurs que le manque de démocratie de l’UE dénoncé par l'intellectuel allemand est valable pour tous les pays, tant au sein de l’UE qu’en dehors.

 

Il souligne enfin qu’à aucun moment, Enzensberger ne demande la dissolution de l’Union. Bien au contraire : il admet qu’à Bruxelles, il existe bel et bien un discours critique et éclairé vis-à-vis de l’UE. Et c’est précisément cette autocritique qui nourrit l’espoir d’un meilleur avenir pour l’Union : "Ceux qui aiment l’UE, la critiquent, comme le fait Hans Magnus Enzensberger", conclut-il.

 

Le Léviathan existe : il est à BRUXELLES
Source, journal ou site Internet : Frankfurter Allgemeine Zeitung
Date : 25 mars 2011
Auteur : Hubert Spiegel

18:09 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe centrale, eurocrates, europe, enzensberger, dictature, démocratie, ue | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/03/2011

Les idées économiques de nos "eurocrates"

Les dirigeants de la zone euro ont décidé dans la nuit de vendredi à samedi d'augmenter à 440 milliards d'euros les ressources effectives de leur Fonds de secours financier, dans l'espoir de rassurer des marchés de nouveau préoccupés par l'Union monétaire. Le mécanisme permanent de crise qui lui succèdera à partir de mi-2013 sera doté en ce qui le concerne de 500 milliards d'euros, a annoncé le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy à l'issue d'un sommet extraordinaire à Bruxelles.

 

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"Concernant le volume, nous allons nous assurer que les montants soient pleinement disponibles, à savoir 440 milliards d'euros pour la Facilité (le Fonds de secours temporaire actuel, ndlr) et 500 milliards pour le mécanisme" permanent de crise

 

, a-t-il dit à la presse. Ce Fonds temporaire, mis en place l'an dernier au plus fort de la crise grecque, est déjà sur le papier doté de 440 milliards d'euros de garanties pour des prêts apportés par les différents Etats de l'Union. Mais dans les faits il ne peut prêter que 250 milliards d'euros car il doit conserver le reste en réserve, afin de pouvoir bénéficier des taux d'intérêt les plus avantageux sur les marchés financiers lorsqu'il lève des fonds. Autre nouveauté: les responsables ont décidé également d'élargir la palette d'outils des deux dispositifs d'aide, en leur permettant d'acheter directement de la dette publique émise par les Etats. Ce qui constituera une mini-révolution. En revanche, il n'est pas prévu, à ce stade en tout cas, qu'il le fasse sur le marché secondaire, c'est à dire lorsque les titres obligataires sont négociés entre investisseurs après les premiers achats lors de l'émission. Toutes ces mesures sont censées rassurer les marchés financiers à l'ouverture lundi, alors qu'ils s'inquiètent de nouveau de la santé de l'Union monétaire. Ils se demandent si la Grèce pourra un jour rembourser toutes ses dettes, et si le Portugal, voire l'Espagne, ne vont pas être les prochains pays à devoir faire appel à l'aide internationale. Pas de baisse des taux d'intérêts irlandais Les dirigeants européens ont accepté de faire un geste à l'égard de la Grèce, en réduisant de 5,2% en moyenne à 4,2% le taux d'intérêt des prêts européens accordés à Athènes dans le cadre du plan de sauvetage international et en allongeant de trois ans à sept ans et demi les délais de remboursement du pays.

 

"Nous avons décidé d'aligner les taux d'intérêt de prêt des deux mécanismes, avant 2013 et après 2013 sur ceux du FMI. En conséquence de quoi, et compte tenu des engagements pris par la Grèce et de la mise en oeuvre excellente de son programme, nous avons pris la décision de réduire de 100 points de base (1%, ndlr) les prêts à la Grèce, et d'allonger la maturité de ces prêts à 7 ans et demi"

 

, a dit le président français Nicolas Sarkozy.

 

En revanche, l'Irlande, qui espérait obtenir une baisse similaire de son taux d'intérêt qu'elle juge excessif, est repartie bredouille de Bruxelles. Dublin a refusé d'augmenter sa fiscalité sur les bénéfices des entreprises, comme le lui demandaient plusieurs pays. Ces avancées ont été rendues possibles par un accord de principe trouvé en parallèle sur un "pacte pour l'euro", exigé par l'Allemagne. Il prévoit que les pays de l'Union monétaire vont renforcer leur compétitivité en réformant leurs économies, en s'engageant à limiter déficits et dette et en prônant la modération salariale dans le secteur public.

11:56 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, europe, économie, monnaie, grèce, sarkozy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/01/2011

Du keynésianisme pour l'Europe, pas croyable!!

Lancée fin 2010, l’idée de créer des obligations à l’échelle de l’Union fait son chemin.

 

Repoussée par l’Allemagne, elle apparaît comme une solution pour aider les pays endettés attaqués par les marchés. A l’heure où l’Europe est plongée dans une crise qui redéfinit à intervalles réguliers le possible et l’impossible en Europe, une idée récente apparaît de plus en plus comme la seule solution pour empêcher l’effondrement de la zone euro.

 

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L’émission d’obligations en euros, ou euro-obligations, pour remplacer les emprunts d’Etat de pays comme l’Espagne, devenus excessifs, pourrait être la seule manière de prévenir l’effet domino sur les marchés de la dette souveraine. Celui-ci a déjà atteint la Grèce et l’Irlande et menace maintenant le Portugal, après de fortes hausses des primes de risque sur la dette portugaise. "Le Portugal est de plus en plus favorable à l’émission d’euro-obligations", souligne José Reis, de l’université de Coimbra. "Ce serait le signal fort d’une volonté de gérer l’Union, assure de son côté Paul de Grauwe professeur d'économie à l’université de Louvain. Car on a le sentiment que la zone euro traverse une crise existentielle".

 

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Convertir la dette des pays en dette européenne
Lancée avant Noël par Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, et Giulio Tremonti, le ministre italien des Finances, l’idée de convertir une bonne partie de la dette des pays membres en dette européenne bénéficie du soutien de la direction du Parti social-démocrate allemand. "L’euro-obligation était encore une hérésie il y a quelques mois ; aujourd’hui, on peut dire qu’elle est l’option retenue officiellement par l’opposition allemande", explique Thomas Klau, du think tank européen Conseil européen des relations étrangères (ECFR). Comme il fallait s’y attendre, Angela Merkel a rejeté cette idée. A en croire la plupart des économistes, elle obligerait l’Allemagne à donner des garanties pour la dette émise et serait un premier pas vers une union budgétaire qui suscite tant de méfiance de la part de Berlin et de Francfort [le siège de la Banque centrale allemande]. Mais "l’opposition anti-Merkel grandit en Allemagne à mesure que la crise s’aggrave et qu’il devient de plus en plus évident qu’il faut choisir entre l’éclatement et une plus grande intégration, qui passerait notamment par l’émission d’euro-obligations", ajoute Klau.

 

Plusieurs propositions sont sur la table. Juncker et Tremonti, dans une tribune publiée par le Financial Times, prônent la création d’une agence européenne de la dette — un Fonds européen de stabilisation financière (FESF) nouvelle formule [créé en mai 2010, il dispose de 440 milliards d’euros pour soutenir les Etats qui ont besoin de se refinancer], qui émettrait de la dette à hauteur de 40 % du PIB de chaque Etat membre, le tout garanti par les Etats souverains (et de manière disproportionnée, il faut le dire, par l’Allemagne). Les économies en crise échangeraient une part de leur dette contre ces obligations européennes, ce qui permettrait de réduire considérablement leur coût de financement.


L’Institut Bruegel de Jean Pisani-Ferry fait une proposition similaire, qui consisterait à "européaniser" 60 % de la dette souveraine.


La création d'un New Deal européen
Les économistes Stuart Holland, professeur d'économie à l’Université de Coimbra, et Yanis Varoufakis, professeur à l’université d’Athènes, poussent quant à eux la logique un peu plus loin. Ils proposent que la BCE émette des obligations en euros de manière à ce que la dette souveraine représente 60 % du PIB, dans le cadre de ce qu’ils appellent un "New Deal européen", qui comprendrait la restructuration d’une partie de la dette souveraine, avec un allègement de la dette pour les banques."Le marché des euro-obligations rivaliserait avec le marché du Trésor américain et (…) ce serait un signal très fort de la volonté des pays de la zone euro de prendre leur destin en main à long terme", lit-on dans un rapport de l'ECFR. Il importe de distinguer ces propositions de la petite émission d’euro-obligations annoncée par le FESF pour financer une partie du sauvetage de l’Irlande. "Les euro-obligations du FESF concurrencent la dette souveraine ; notre proposition se substitue à la dette souveraine", commente Varoufakis. L’émission d’euro-obligations du FESF s’est accompagnée de fortes augmentations de la prime de risque de la dette périphérique, ce qui a inquiété les gouvernements concernés. Une étape intermédiaire pourrait être la création d’une sorte d’obligation européenne pour faciliter la restructuration de la dette dans des pays comme la Grèce et l’Irlande, soutient l'économiste Barry Eichengreen, de l’Université de Californie, à Berkeley. Afin de faciliter l’échange de la dette de ces pays contre de la dette à plus long terme, et ce à moindres coûts, le FESF pourrait garantir les nouvelles obligations qu’un pays insolvable — Irlande, Grèce — proposerait aux banques. Eichengreen pense que cette idée de l’euro-obligation en tant qu’allègement d’une restructuration de la dette est plus réalisable, dans la mesure où l’“européanisation” de la dette n’est pas pour demain.


"L’idée de Juncker et de Tremonti ne règle pas le problème immédiat [l’insolvabilité de l’Irlande et de la Grèce] et leurs propositions mettraient plus longtemps à appliquer", souligne Eichengreen. Toutefois, dans une telle crise, les propositions les moins faciles à mettre en oeuvre aujourd’hui peuvent être demain la seule alternative à l’effondrement de la zone euro.

 

Crise de la dette : l’Euro-obligation, remède à la crise ?
Source, journal ou site Internet : La Vanguardia
Date : 11 janvier 2011
Auteur : Andy Robinson

10:58 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, euro, europe, crise(s), keynésianisme, new deal, bce, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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