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22/06/2011

Europe - Grèce - Euro en danger!

Standard & Poor's vient une fois encore de s’en prendre à l’économie grecque, qui affiche désormais la note la plus basse du monde. Si l’on tient compte de l’histoire de la Grèce, connue pour son dysfonctionnement politique et économique, les seize autres pays de la zone euro sont eux aussi en danger, estime l'Irish Times. Encore un peu, et la Grèce ne sera plus qu’un Etat en déshérence. Sa société manque de cohésion, elle est profondément divisée. Son économie est en état de choc. Et à en juger par l’histoire du pays, nous sommes à l’aube de très graves ennuis. Il y a plus d’un an, quand la troïka des institutions qui supervisent aujourd’hui le renflouement de l’Irlande a débarqué à Athènes, d’aucuns espéraient que le pays le plus mal gouverné de l’Europe développée pourrait être ramené dans le droit chemin.

 

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La Grèce venait de se doter d’un nouveau gouvernement, dont les plus hauts responsables avaient l’air de vouloir vraiment mettre en place des réformes radicales. Nombre de Grecs, surtout les jeunes et les cadres, conscients du degré de dysfonctionnement de leur pays, étaient en faveur d’une rupture. Beaucoup disaient que cette crise était synonyme de chance.


La Grèce en défaut de paiement une année sur deux depuis 1820
Ce discours-là a vécu. Aujourd’hui, la crise n’est plus synonyme que de menaces et de risques. Ce qui, sous bien des aspects, n’a rien de surprenant. Le dysfonctionnement chronique de l’Etat hellène est établi depuis longtemps. Depuis l’indépendance, il y a presque deux cents ans, la Grèce a connu la guerre civile, des soulèvements, des déplacements massifs de population, des dictatures et le terrorisme. Rien ne reflète mieux l’échec de l’Etat que la question qui a propulsé le pays sous les feux de l’actualité internationale depuis dix-huit mois : le chaos budgétaire. D’après une étude menée par les historiens de l’économie Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, l’Etat grec s’est trouvé en défaut de paiement près d’une année sur deux depuis sa fondation dans les années 1820.

 

Se débattant sous le fardeau d’une dette publique qui est la deuxième du monde, il semble sur le point de renouer avec cette tradition.


L’incapacité de l’Etat grec à préserver sa solvabilité s’explique en partie par l’histoire. Ayant passé des siècles en tant que province dominée par l’empire ottoman, la Grèce a été coupée des changements progressifs qu’ont vécus la politique et la société en Europe occidentale.


Une des conséquences en a été une société civile faible et une tradition limitée dans le domaine de l’indépendance des institutions. En Grèce, les détenteurs du pouvoir politique en usent avec un degré d’absolutisme inhabituel dans le reste de l’Europe démocratique. Le fait que la Grèce ait joué le rôle de catalyseur dans la crise de la dette souveraine en Europe en est l’exemple le plus pertinent. Dans les pays où l’exercice du pouvoir se heurte à des limites, les statisticiens travaillent indépendamment sur leurs chiffres. En Grèce, au cours des dix dernières années, le gouvernement a obligé l’institut national des statistiques à communiquer des chiffres monstrueusement trafiqués, plaçant à sa tête des hommes de son choix pour veiller à ce qu’il en aille ainsi. C’est à l’issue d’un changement de gouvernement que l’on a pris toute la mesure de la fraude, à la fin de 2009. Pendant les premiers mois de 2010, le marché obligataire a peu à peu compris que l’Etat grec était ruiné. Et depuis, le monde subit les conséquences de la crise de la dette souveraine de la zone euro. Les dimensions de l’économie noire grecque sont le reflet non seulement de la faiblesse de l’Etat, incapable d’imposer la loi équitablement, mais aussi du manque de solidarité de sa société. Une étude réalisée par l’économiste allemand Friedrich Schneider montre qu’en 2010, l’économie parallèle de la Grèce représentait un quart de l’économie officielle. La Grèce, sur ce plan, arrivait en tête du classement des 21 pays développés pris en compte dans cette étude. La corruption généralisée de la vie publique est un autre facteur expliquant la faillite de l’Etat grec. D’après l’ONG Transparency International, la Grèce était l’Etat le plus corrompu des pays européens développés en 2009 et son indice de perception de la corruption la situait au 57e rang mondial (l’Irlande était 16e). Une fois entrée dans les moeurs, la corruption est une habitude très difficile à combattre. Elle a notamment pour effet de polariser la société. Ce n’est pourtant pas comme si la société grecque n’en avait pas souffert. Soumis à une dictature militaire jusqu’en 1974, les Grecs ont subi toutes les formes d’injustices associées à ce type de régime, des arrestations arbitraires à la torture en passant par les exécutions sommaires.


0,5 du PIB annuel grec consacré à la recherche
Tout cela après une guerre civile qui coûta la vie à près de 50 000 personnes au cours de la
deuxième moitié des années 40. La Grèce reste la société la plus militarisée d’Europe et affiche toujours les dépenses de défense les plus importantes du continent. Les violences de rue sont monnaie courante et le pays abrite toujours une nébuleuse de cellules terroristes, même si celles-ci sont moins actives depuis quelques années. Si la situation économique continue de se dégrader, certains milieux pourraient se radicaliser et en désespoir de cause se tourner vers la violence extrémiste. Il existe un risque de détérioration important. Les contraintes sociales et la corruption généralisée ne sont pas en elles-mêmes des facteurs de faiblesse économique – il suffit de regarder l’exemple de l’Inde et de la Chine – mais elles n’arrangent rien. Malheureusement pour la Grèce, même si ces deux problèmes disparaissaient du jour au lendemain, il est peu probable que cela suffise à enrayer son déclin économique. La Grèce exporte tellement peu qu’elle constitue l’économie la plus fermée des 27 pays membres de l’UE. Un petit pays de tout juste 10 millions d’habitants ne peut pas s’enrichir sans exportation. Aucun pays ne peut s’enrichir sans innovation. L’un des meilleurs indicateurs de la capacité d’un pays à innover se trouve dans le montant des dépenses de recherche et développement. En Grèce, l’Etat et les entreprises consacrent 0,5 % du PIB annuel à la recherche, soit moins d’un tiers de la moyenne européenne. Parmi les 15 membres historiques de l’UE, la Grèce a toujours affiché le budget de recherche le plus faible. La situation de la Grèce ne pousse guère à l’optimisme. L’économie, le système politique et la société sont en panne. Ce n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les Grecs mais aussi pour leurs 16 partenaires de la zone euro. Si la Grèce s’effondre, elle pourrait bien entraîner la monnaie unique dans sa chute.


Vu d'Athènes Le rééchelonnement ou la menace d'un suicide
Le débat fait rage sur la place de la Constitution où, depuis deux semaines, les "indignés" d’Athènes se rassemblent par milliers le soir pour manifester leur colère face à la situation économique et sociale du pays. Parmi eux, Yannis Varoufakis, professeur d'économie à l'Université d'Athènes, a envoyé une lettre au Premier ministre Georges Papandréou, rapporte dans To Vima Pantelis Kapsis, l'un des éditorialistes les plus influents du pays. Le professeur invite Papandréou à descendre sur la place pour "annoncer aux manifestants que l’heure est venue de redresser la tête et de voir les choses en face : nous ne recevrons plus un sou de l’Europe si nous n’appliquons pas les mesures qu’elle impose." Mais pour Kapsis, quand bien même le Premier ministre parviendrait ainsi à convaincre ses concitoyens du bien-fondé de l'austérité et des privatisations massives réclamées, "de toutes les façons, nous feront défaut – car il nous sera impossible de faire un nouveau prêt et de rembourser notre dette". "Le professeur Varoufakis n’est pas fou", poursuit l'éditorialiste. "Il sait aussi que l’Europe ne veut pas de la faillite grecque, d’où la nécessité de la réouverture du débat sur les eurobonds [titres européens de la dette]. Mais on sait que certains veulent écarter la Grèce de l’euro. Le rééchelonnement n’est qu’une pommade.

 

C’est comme menacer de nous suicider…reste à savoir si cela va arriver .

 

Pourquoi la Grèce va entraîner l’euro dans sa chute
Source, journal ou site Internet : The Irish Times
Date : 14 juin 2011
Auteur : Dan O’Brien

19:25 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : euro, europe, grèce, dette, faillite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/06/2011

Une vision "germanique" de l'Europe de demain!!

Au Nord, les riches régions industrielles alliées aux pays de l’arc alpin. Au Sud, une confédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants. Si elle se réinventait selon ce schéma, l’Union se porterait beaucoup mieux, assure le sociologue allemand Gunnar Heinsohn. En 2011, seuls 40% des Allemands voient leur avenir au sein de l’Europe, et seuls 25% ont encore confiance en leurs institutions. Ces résultats sont la réponse aux 25 milliards d’euros accordés par Berlin aux riches propriétaires des banques grecques, et non l’expression de l’étroitesse d’esprit du pays: le Sud de l’Allemagne, notamment, répugne tout autant à mettre la main à la poche pour ses compatriotes de Brême ou Essen que pour les étrangers d’Athènes, Dublin ou Lisbonne. Seul le spectre menaçant du nationalisme maintient encore l’Union européenne en vie. La ponction de nos ressources financières est de toute façon préférable à la guerre, nous serinent nos leaders.

 

http://samueljscott.files.wordpress.com/2009/07/future-europe.jpg?w=500&h=330

 

Et pourtant, pour la première fois depuis un demi-siècle, les Européens ont la possibilité de voir au-delà de l’Etat-nation. Depuis l’effondrement des taux de natalité, nous ne sommes de toute façon plus assez nombreux pour continuer à nous tomber mutuellement sur le râble. La construction européenne n’est pas un instrument conçu pour éviter la guerre, mais plutôt l’expression sympathique de notre incapacité à la faire. Le redécoupage de l’Europe porte l’espoir d’un avenir au-delà des nations, des religions et des traditions. C’est ainsi que, dès 2009, l’historien suédois Gunnar Wetterberg proposait de ressusciter l’Union de Kalmar [qui réunît entre 1397 et 1523 les trois royaumes scandinaves de Danemark, Suède et Norvège sous un même roi] dans les pays nordiques. Cette nouvelle union réunirait l’Islande, le Danemark, le Groenland, la Norvège, les îles Svalbard, la Suède, la Finlande et éventuellement l’Estonie. Cet espace de 3,5 millions de kilomètres carrés pour 26 millions d’habitants deviendrait la huitième puissance économique mondiale. Les Pays-Bas et la Flandre pourraient s’y rallier ultérieurement. Une alliance avec la Grande-Bretagne – détentrice de l’arme atomique – transformerait la mer du nord en Mare Nostrum et ouvrirait la porte d’un partenariat avec les Etats-Unis et le Canada qui rendrait l’Atlantique nord invulnérable.


La Suisse au coeur d'un nouvel espace économique et monétaire
Les regards sont tournés vers la Suisse, en tant que pays issu d’une volonté politique qui fonctionne: les Genèvois ne sont pas français, les Tessinois ne sont pas italiens et les Zurichois ne sont pas allemands. Les voisins qui ne veulent plus être voisins peuvent participer avec les Confédérés à la construction d’un espace économique et monétaire de premier plan qui résorbera le déficit des naissances en attirant une main d’oeuvre motivée du monde entier. Aucun système de transferts n’existe pour combler l’écart entre les régions
riches et les régions plus pauvres. Ainsi, tandis qu’à Brême ou à Berlin, les partisans des transferts financiers sont toujours en quête de nouveaux moyens de ponctionner les portefeuilles de leurs voisins, les cantons suisses n’ont d’autre choix que d’attirer des entreprises innovantes et une main d’oeuvre de qualité s’ils veulent accroître leurs revenus.

 

Or, ils parviennent eux aussi à aider les plus démunis et font d’ailleurs généralement mieux que les meilleurs élèves de l'Etat fédéral allemand. D’après l’OCDE, la Suisse était déjà en 2009 la championne du monde de l’innovation, et le pays décroche la première place de l’Indice de compétitivité mondiale pour l’année 2010-2011. Le Sud-Ouest de l’Allemagne rejoindrait ce nouvel espace, ainsi que le Nord de l’Italie, et l’on tendrait la main en direction de Florence et d’Urbino. A l’Est, la Slovénie déjà polyglotte complèterait la fédération. Avec 70 millions d’habitants sur 450 000 kilomètres carrés, l’ensemble occuperait la quatrième place mondiale en termes de puissance économique – derrière les Etats-Unis, la Chine et le Japon.


Une fédération méditerrannéenne au sud de l'Europe
La création d’une union nordique et d’une fédération alpine aurait également le mérite d’accorder une seconde chance aux régions jugées sans espoir. Au lieu de les perfuser à coups de milliards, on remettrait à ces pays des notices leur permettant de construire le matériel de pêche avec lequel chacun pourra ramener son propre poisson à terre. Après les dépôts de bilan auxquels ils ne pourront pas échapper, le Portugal, l’Espagne, le Sud de l’Italie, les pays slaves riverains de l’Adriatique et la Grèce pourraient constituer une fédération méditerranéenne de plus de 100 millions d’habitants, qui ferait toujours recette grâce à l’énergie solaire, aux produits biologiques et aux charmes de sa culture. En associant Israël au projet, la fédération s’adjoindrait un partenaire militaire utile au vu de la proximité immédiate de l’arc islamique. Les autres pays de la Baltique et la Pologne, associés à la Biélorussie et l’Ukraine – deux aspirants à l’entrée dans l’UE – forment un ensemble analogue en superficie au grand empire lituano-polonais qui fut partagé en 1795 entre Berlin, Vienne et Saint- Pétersbourg. Une nouvelle version de la Rzeczpospolita [la République des Deux nations qui entre 1569 et 1795 réunissait le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie], forte de quelque 110 millions d’âmes, n’aurait plus peur d’une Russie dont la population vieillit d’ailleurs encore plus vite. La France pourrait faire cavalier seul, ou bien, de conserve avec le reste de l’Allemagne, transformer cette Eurabie qui fait si peur en titre honorifique. Dans un pays comme dans l’autre, entre 20 et 25% des jeunes éprouveront des difficultés à se former et à recevoir une bonne instruction . Des super-crèches devront donc être créées pour remédier à ce problème dès le plus jeune âge. Si cette promesse de faire de tous les enfants des forts en math était honorée, l’axe Berlin-Paris entrerait dans l’Histoire. Placé sous la bannière rougeverte- rouge-verte fédérant marxistes, écologistes, socialistes et disciples du prophète, ce nouvel espace multiculturel high-tech deviendrait la lumière des peuples. Il ne faut plus malmener ceux qui n’y croient pas, car ils ont presque toutes les options devant eux. L’Etat-nation devrait être toutefois la dernière des solutions. Ceux qui se trouvent encore sous son emprise sont essentiellement des exaltés de droite comme de gauche, les uns rêvant d’une puissance révolue, les autres de transferts financiers ad vitam æternam.


Crise de l'euro Le schisme Nord-Sud
La crise de l’euro est également une crise entre l’Europe du Sud et l’Europe du Nordı, estime le Jyllands-Posten. Alors qu’en Grèce et en Espagne, les citoyens protestent contre l’absence de perspectives d’avenir, les Finlandais et les Allemands ont démontré lors des dernières élections qu’ils ne veulent plus payer pour les pays du Sud surendettés. C’est pourquoi, explique le quotidien danois "la crise de l’euro n’est plus juste une question de dette publique, mais elle révèle le schisme entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud – avec cette dernière dans le rôle du méchant". ıLa Grèce n’ayant pas été capable de respecter l’accord conclu avec l’Union européenne et le FMI sur la réduction de son déficit, il est difficile pour les gouvernements des pays du nord d’expliquer aux citoyens contribuables qu’ils doivent à la fois accepter des réductions budgétaires sévères et garantir des emprunts colossaus aux pays les plus endettés.ı C’est pourquoi la sortie de la Grèce de la zone euro, "même elle est officiellement politiquement inacceptable, pourraît être la solution la moins pire".

 

Osons l’Europe 2.0 !
Source, journal ou site Internet : die Welt
Date : 30 mai 2011
Auteur : Gunnar Heinsohn

19:23 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : allemagne, europe, etats-nations, suisse, euro, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2011

L'Europe fédérale se serait pour quand et avec qui?

Les plans de sauvetage européens ne fonctionnent pas, mais ils permettent à l’Union européenne d’asseoir un pouvoir centralisé au détriment des Etats-nations, écrit Anatole Kaletsky dans le Times.


Les années se suivent et se ressemblent : en 2011 comme en 2010, l’Europe se voit ébranlée par une collision dramatique entre politique et économie. Il y a tout juste un an, le lundi 10 mai 2010 à 1h du matin, les dirigeants de l’UE prenaient ce qui apparut alors comme la décision la plus audacieuse depuis le lancement de la monnaie unique en 1999.

 

http://www.cife.eu/UserFiles/Image/leurope%20sera%20federale.jpg

 

Un fonds de stabilisation de 750 milliards d’euros était créé, garanti collectivement par tous les contribuables européens, pour épargner à d’autres Etats européens le dilemme auquel était confrontée la Grèce cette nuit-là : quitter la zone euro ou se déclarer en faillite faute de pouvoir honorer sa dette.


Aujourd’hui, un an plus tard, le sauvetage de la Grèce est incontestablement un échec.

 

L’Europe a donc décidé de renouveler l’opération. La Grèce n’a pas atteint la plupart de ses objectifs économiques. Elle a dépensé 75 milliards d’euros sur les 110 milliards du prêt d’urgence et Athènes a reconnu la semaine dernière qu’un autre plan de grande envergure sera nécessaire pour qu’elle puisse assurer l’année prochaine le remboursement de sa dette.


Hostiles, des fonctionnaires allemands font courir dans les médias financiers la rumeur que la Grèce pourrait être exclue de la zone euro ou qu’elle s’apprête à faire faillite pour de bon.

 

De fait, pour les rares créanciers privés de la Grèce qui n’ont pas revendu leurs obligations à la Banque centrale européenne ou au fonds de stabilisation européen, le risque aujourd’hui de ne pas être remboursés atteint 60 à 75 %. Parallèlement pourtant, la BCE et la Commission européenne continuent d’écarter toute idée de faillite ou de restructuration, jugée aussi "impensable" qu’il y a un an.


Cependant, ce nouvel épisode du grand drame européen de la crise financière se distingue par quatreéléments nouveaux. Primo, ce sont aujourd’hui trois, peut-être quatre pays, au lieu de la Grèce seule, qui risquent la banqueroute ou l’expulsion de la zone euro : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, voire l’Espagne. Et il fait de moins en moins de doute qu’une dévaluation [via un retour à la drachme] ou une faillite en Grèce entraînerait une réaction en chaîne en Irlande et au Portugal, et que l’Espagne et l’Italie se retrouveraient extrêmement fragilisées une fois ces trois dominos tombés.


Secundo, le coût total du soutien apporté à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal pour les contribuables allemands et des autres pays créanciers sera largement supérieur aux estimations faites l’année dernière, puisqu’on a déjà amplement puisé dans les fonds d’aide de l’année dernière pour rembourser les créanciers privés de ces pays, ainsi que leurs banques insolvables.


Un vigoureux sentiment anti-européen
Tertio, l’opposition politique au déblocage de nouveaux fonds de sauvetage sera plus forte encore que l’année dernière, pas seulement en Allemagne, en Finlande, en Autriche et aux Pays-Bas, mais aussi dans les pays endettés eux-mêmes. Les sauvetages de 2010 ont attisé un vigoureux sentiment anti-européen, aussi bien dans les pays créanciers que dans ceux en difficulté.


Quatrièmement, il y a une bonne nouvelle – mais pas forcément pour les dirigeants européens et ceux de la Banque centrale : l’économie mondiale, bien plus solide aujourd’hui qu’il y a un an, pourrait probablement supporter une décote des dettes souveraines, surtout si elle se fait de façon ordonnée et avec une garantie conjointe, par les Etats de l’UE, de la dette ainsi réduite.


Mais pourquoi, alors, les dirigeants européens, politiques et financiers, se refusent-ils à ne serait-ce qu’envisager une restructuration de la dette et préfèrent-ils continuer à prêter à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal de l’argent qui part directement rembourser leurs créanciers privés ? Outre leur crainte de déclencher une crise bancaire à la Lehman Brothers (risque qui peut être facilement écarté par la création d’un fonds européen de garantie financière bien plus modeste que ceux affectés actuellement au renflouement des Etats), les banquiers de l’Europe ont tout intérêt à entretenir la peur autour de la seule idée de restructuration. La BCE elle-même, aujourd’hui principal détenteur d’obligations grecques, irlandaises et portugaises, enregistrerait des pertes colossales en cas de décote. Non contente de détenir directement 80 milliards d’euros de ces obligations, la BCE possède aussi, en effet, plus de 500 milliards de ces titres toxiques sous la forme de garantie des prêts qu’elle a accordés à des banques irlandaises, grecques et portugaises.

 

La plupart de ces banques se retrouveraient insolvables en cas d’importante restructuration des dettes, laissant la BCE avec des centaines de milliards d’euros d’obligations d’Etat sans valeur sur les bras.


Avec des capitaux totaux de seulement 11 milliards, la BCE elle-même ferait faillite, à moins que les Etats européens ne lancent un gigantesque renflouement. Ce sauvetage aurait évidemment lieu, mais avec pour contrepartie une influence politique accrue sur la Banque centrale.


Des travailleurs grecs et irlandais menés en bateau
Maintenir la pression de la dette sur la Grèce, l’Irlande et le Portugal a un intérêt politique plus évident encore. En faisant de ces pays les éternels débiteurs de la BCE et de divers fonds européens, Bruxelles et Francfort accroissent considérablement le pouvoir des institutions centrales de l’Europe, au détriment des Etats nations. Si cette surveillance inédite exercée par la BCE et la Commission sur la fiscalité, les dépenses et les politiques sociales nationales ne concerne pour l’heure que la Grèce, l’épisode du sauvetage a créé des précédents et donné aux institutions des prérogatives qui peuvent progressivement être étendues à toute l’Union. L’inévitable transition de l’Union monétaire au fédéralisme budgétaire et, à terme, à l’union politique complète, avait été annoncée tant par les eurosceptiques que les fédéralistes dès 1989, quand Jacques Delors avança pour la première fois l’idée de monnaie unique, et à nouveau en 1999, lors de la création de l’euro.

 

Le passage de la monnaie commune à un fédéralisme politique complet prend certes un chemin légèrement différent de celui attendu – mais au bout du compte, il se fait exactement dans les délais prévus. Reste à savoir si l’Europe arrivera à destination avant que les travailleurs grecs et irlandais, ou les contribuables allemands et finlandais, n’estiment qu’ils se sont fait mener en bateau.

 

le fédéralisme à coup de plans de sauvetage
Source, journal ou site Internet : The Times
Date : 12 mai 2011
Auteur : Anatole Kaletsky

10:23 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, ue, fédéralisme, économie, grèce, irlande, monnaie, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/03/2011

Europe de l'Est - Euro - Pacte économique?

A Bruxelles, les Vingt-Sept ont adopté le Pacte pour l’Euro censé agir comme une garantie collective pour la monnaie unique. Plusieurs pays qui ne sont pas membres de la zone euro ont adhéré à ce pacte. Reste donc à Bruxelles de trouver le courage et les moyens de le mettre en oeuvre, estime un ancien diplomate roumain.

 

http://europa.eu/newsletter/images/new/photo_stability-pact.jpg


Le "Pacte pour l'euro, la garantie collective pour la stabilité de la zone euro approuvé lors du Conseil européen des 24-25 mars, est la concrétisation longuement attendue des discussions commencées en 2008 et menées tout au long de la crise financière et économique mondiale. La Commission, le Parlement et les Etats membres doivent encore élaborer un plan pluriannuel de réduction des déficits nationaux, et il est nécessaire de l’accompagner par des réformes structurelles qui favorisent la croissance économique. Le Pacte et le Fonds européen de stabilisation financière, qui ont été au centre des discussions, sont interdépendants. C’est peut-être pour cette raison que neuf Etats membres (non-euro pour la plupart) ont envoyé une lettre conjointe aux présidents [du Conseil] Herman Van Rompuy et [de la Commission européenne], José manuel Barroso appelant l'UE à explorer et à indiquer des nouvelles directions de développement durable pour l’après-crise.


Ils affirment qu’à l’ère de la mondialisation, leur intérêt reste concentré sur les questions de compétitivité, mais demandent aussi que les institutions européennes tiennent compte des spécificités des Vingt-Sept. Le paquet de mesures économiques discuté à Bruxelles a fait l’objet d’un intense débat également au sein des Etats membres d’Europe centrale et orientale. Les dirigeants roumains et bulgares ont justifié l’association au pacte de l'euro par leur volonté d’adhérer à la zone euro. De son côté, le Premier ministre hongrois, Viktor
Orbán, en plaidant pour le maintien de la Hongrie à l'écart du pacte, a expliqué qu'il devait avant tout consulter l'opposition. En République tchèque, le choix du gouvernement de ne pas adhérer à ce pacte, par crainte d'éventuelles conséquences financières et économiques, a quant à lui été critiqué par l'opposition. Cette dernière estime que Prague s’exclut ainsi du processus relatif à l’avenir de l’Union Les conclusions du Conseil montrent que l’accent mis sur la compétitivité et la convergence devraient revitaliser l'"économie sociale de marché" de l'UE. Un engagement qui va de pair avec la promesse d’impliquer tous les partenaires sociaux dans l’élaboration et le soutien aux réformes structurelles qui permettront d’atteindre cet objectif.


Conseil européen Berlin dicte sa loi
"Rien de nouveau sous le soleil" : ainsi l’éditorialiste Joaquín Estefanía synthétise dans El País le résultat du Conseil européen des 24 et 25 mars, à Bruxelles. En matière économique, il se résume à l’attendu pacte pour l'euro, qui remplace le pacte pour la compétitivité et vient s’ajouter au pacte de stabilité et de croissance.


L’Europe économique et ses "avancées timides, fondées plûtot sur le contrôle des dépenses que sur l’harmonisation des recettes publiques, obéissent à la logique allemande", écrit Estefanía. Ce dernier explique que les 17 pays de l´euro pour lesquels "l’architecture du gouvernement économique est obligatoire" ont été rejoints volontairement par six autres pays : la Pologne, le Danemark, la Bulgarie, la Roumanie et la Lettonie. "Berlin a ouvert à nouveau une sorte de 'Checkpoint Charlie' pour que circulent dans une seule direction, d’une zone à l’autre, ceux qui pretendent travailler avec la monnaie unique et les régles du marché du travail et financières imposées par le pays le plus puissant (et le plus dynamique) du Vieux continent". Les mesures sur la gouvernance économique "sont largement élaborées pour fournir à la chancelière allemande Angela Merkel une couverture politique afin d’augmenter le soutien financier de son pays au Fonds européen de stabilisation financière", analyse pour sa part The Irish Times.

 

Pacte pour l’Euro : inutile pour l’Europe de l’Est ?
Source, journal ou site Internet : Adevarul
Date : 28 mars 2011
Auteur : Vasile Puscas

10:04 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe centrale, europe, euro, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

12/01/2011

Du keynésianisme pour l'Europe, pas croyable!!

Lancée fin 2010, l’idée de créer des obligations à l’échelle de l’Union fait son chemin.

 

Repoussée par l’Allemagne, elle apparaît comme une solution pour aider les pays endettés attaqués par les marchés. A l’heure où l’Europe est plongée dans une crise qui redéfinit à intervalles réguliers le possible et l’impossible en Europe, une idée récente apparaît de plus en plus comme la seule solution pour empêcher l’effondrement de la zone euro.

 

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L’émission d’obligations en euros, ou euro-obligations, pour remplacer les emprunts d’Etat de pays comme l’Espagne, devenus excessifs, pourrait être la seule manière de prévenir l’effet domino sur les marchés de la dette souveraine. Celui-ci a déjà atteint la Grèce et l’Irlande et menace maintenant le Portugal, après de fortes hausses des primes de risque sur la dette portugaise. "Le Portugal est de plus en plus favorable à l’émission d’euro-obligations", souligne José Reis, de l’université de Coimbra. "Ce serait le signal fort d’une volonté de gérer l’Union, assure de son côté Paul de Grauwe professeur d'économie à l’université de Louvain. Car on a le sentiment que la zone euro traverse une crise existentielle".

 

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Convertir la dette des pays en dette européenne
Lancée avant Noël par Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, et Giulio Tremonti, le ministre italien des Finances, l’idée de convertir une bonne partie de la dette des pays membres en dette européenne bénéficie du soutien de la direction du Parti social-démocrate allemand. "L’euro-obligation était encore une hérésie il y a quelques mois ; aujourd’hui, on peut dire qu’elle est l’option retenue officiellement par l’opposition allemande", explique Thomas Klau, du think tank européen Conseil européen des relations étrangères (ECFR). Comme il fallait s’y attendre, Angela Merkel a rejeté cette idée. A en croire la plupart des économistes, elle obligerait l’Allemagne à donner des garanties pour la dette émise et serait un premier pas vers une union budgétaire qui suscite tant de méfiance de la part de Berlin et de Francfort [le siège de la Banque centrale allemande]. Mais "l’opposition anti-Merkel grandit en Allemagne à mesure que la crise s’aggrave et qu’il devient de plus en plus évident qu’il faut choisir entre l’éclatement et une plus grande intégration, qui passerait notamment par l’émission d’euro-obligations", ajoute Klau.

 

Plusieurs propositions sont sur la table. Juncker et Tremonti, dans une tribune publiée par le Financial Times, prônent la création d’une agence européenne de la dette — un Fonds européen de stabilisation financière (FESF) nouvelle formule [créé en mai 2010, il dispose de 440 milliards d’euros pour soutenir les Etats qui ont besoin de se refinancer], qui émettrait de la dette à hauteur de 40 % du PIB de chaque Etat membre, le tout garanti par les Etats souverains (et de manière disproportionnée, il faut le dire, par l’Allemagne). Les économies en crise échangeraient une part de leur dette contre ces obligations européennes, ce qui permettrait de réduire considérablement leur coût de financement.


L’Institut Bruegel de Jean Pisani-Ferry fait une proposition similaire, qui consisterait à "européaniser" 60 % de la dette souveraine.


La création d'un New Deal européen
Les économistes Stuart Holland, professeur d'économie à l’Université de Coimbra, et Yanis Varoufakis, professeur à l’université d’Athènes, poussent quant à eux la logique un peu plus loin. Ils proposent que la BCE émette des obligations en euros de manière à ce que la dette souveraine représente 60 % du PIB, dans le cadre de ce qu’ils appellent un "New Deal européen", qui comprendrait la restructuration d’une partie de la dette souveraine, avec un allègement de la dette pour les banques."Le marché des euro-obligations rivaliserait avec le marché du Trésor américain et (…) ce serait un signal très fort de la volonté des pays de la zone euro de prendre leur destin en main à long terme", lit-on dans un rapport de l'ECFR. Il importe de distinguer ces propositions de la petite émission d’euro-obligations annoncée par le FESF pour financer une partie du sauvetage de l’Irlande. "Les euro-obligations du FESF concurrencent la dette souveraine ; notre proposition se substitue à la dette souveraine", commente Varoufakis. L’émission d’euro-obligations du FESF s’est accompagnée de fortes augmentations de la prime de risque de la dette périphérique, ce qui a inquiété les gouvernements concernés. Une étape intermédiaire pourrait être la création d’une sorte d’obligation européenne pour faciliter la restructuration de la dette dans des pays comme la Grèce et l’Irlande, soutient l'économiste Barry Eichengreen, de l’Université de Californie, à Berkeley. Afin de faciliter l’échange de la dette de ces pays contre de la dette à plus long terme, et ce à moindres coûts, le FESF pourrait garantir les nouvelles obligations qu’un pays insolvable — Irlande, Grèce — proposerait aux banques. Eichengreen pense que cette idée de l’euro-obligation en tant qu’allègement d’une restructuration de la dette est plus réalisable, dans la mesure où l’“européanisation” de la dette n’est pas pour demain.


"L’idée de Juncker et de Tremonti ne règle pas le problème immédiat [l’insolvabilité de l’Irlande et de la Grèce] et leurs propositions mettraient plus longtemps à appliquer", souligne Eichengreen. Toutefois, dans une telle crise, les propositions les moins faciles à mettre en oeuvre aujourd’hui peuvent être demain la seule alternative à l’effondrement de la zone euro.

 

Crise de la dette : l’Euro-obligation, remède à la crise ?
Source, journal ou site Internet : La Vanguardia
Date : 11 janvier 2011
Auteur : Andy Robinson

10:58 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurocrates, euro, europe, crise(s), keynésianisme, new deal, bce, dette | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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