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14/09/2011

La Cyberdéfense

Et si la réussite d’une opération extérieure dépendait non pas du nombre d’avions de chasse déployés mais d’une connexion en réseau sécurisée ? Moins onéreuses et moins risquées que les attaques traditionnelles, les attaques informatiques se multiplient. Les infrastructures vitales d’un Etat font partie des cibles civiles potentielles, car elles dépendent du monde informatique, de l’aiguillage des trains aux transferts d’argent dans une banque.

 

http://nanojv.files.wordpress.com/2010/10/stuxnet4.jpg

 

Les autres cibles principales sont les militaires et leurs systèmes d’armes embarqués 100% automatisés, leurs centres de commandement en réseau, leurs drones contrôlés à distance, etc. Un virus implanté dans le système d’information d’une centrale électrique pourrait impacter notamment le quotidien des civils ; un autre inséré dans l’ordinateur d’un commandant d’unité pourrait mettre en péril une mission. Comment faire face aux menaces de ce monde virtuel aux retombées bien réelles ? Comment garantir la réussite des missions lorsqu’elles dépendent de l’informatique ? Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, publié en juin 2008, atteste d’une prise de conscience de ce nouvel enjeu. Le document suggérait des mesures pour renforcer la cyberdéfense française. Certaines ont déjà été mise en place. Ainsi, une stratégie et une politique interministérielles en matière de cyberdéfense ont été élaborées par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information et rendues publiques en 2011.


En parallèle, le ministère de la Défense a développé des structures spécifiques pour protéger ses systèmes d’information. Le renforcement de la cyberdéfense est lancé.

 

Le renforcement de la Cyberdéfense est lancé
Source, journal ou site Internet : defense.gouv.fr
Date : 5 septembre 2011
Auteur : EMA

14/05/2011

Socièté du paraître et de la délation!

Derrière l’affaire du football, il y a des écoutes clandestines. Le scandale a éclaté sur le contenu des propos enregistrés et curieusement pas sur le fait même de l’enregistrement. C’est pourtant bien cette violation d’échanges privés, dans un cadre de travail, qui est scandaleuse. Les échanges en question avaient-ils donné lieu à une décision, à une annonce publiques méritant d’être condamnéesı? Nullement, à aucun moment.

 

http://www.lenouvelliste.ch/multimedia/images/img_traitees/2008/07/suisse_detail_popup.jpg

 

En revanche, la publication des enregistrements a permis d’installer le soupçon et la méfiance à la tête d’une organisation – en l’occurrence celle du football français. Il en a été de même dans l’affaire Bettencourtı: des enregistrements clandestins, une publication, quatre mois de scandale jusqu’au sommet même de l’État, et puis un discret accord entre avocats. Dans les deux cas, celui qui enregistre (ici un entraîneur, là un maître d’hôtel) le fait toujours au nom d’un “intérêt moral” (ici la lutte contre le racisme dans le sport, ailleurs la défense d’une vieille dame contre des requins), et le journal en ligne qui publie ces écoutes agit de son côté au nom de l’“intérêt général”. La réalité est hélas beaucoup plus sordide. Ce ne sont que règlements de comptes, surenchères, vengeances et négociations d’indemnités, associés à des leçons de vertu.

 

http://idisk.mac.com/dignaction-Public/Picts/ecoutes.jpg

 

Le règlement de comptes se conclut toujours par le règlement d’un chèque. Mais dans cette société de la délation, plus rien ni personne n’est à l’abri. C’était réservé aux temps de guerre et aux régimes policiersı: “Taisez-vousı! Méfiez-vousı! Les oreilles ennemies vous écoutent” (1915)ı; “Silence. L’ennemi guette vos confidences” (1939)ı; “Les murs ont des oreilles” (1940). Désormais, plus besoin d’agents rétribués, de milices de quartier, de comités d’immeuble ni de micros dissimulés sous les planches, tout est étalé. Chacun écoute l’autre en toute impunitéı; chacun dénonce l’autre dans l’immense “réseau social” de la communication instantanée. La lettre anonyme, honte des années noires, encombre la Toile dès l’âge où l’on est capable de taper sur un clavier. La vie privée, la vie intime et la pudeur disparaissent. L’extraordinaire outil Internet, inépuisable malle aux trésors, est aussi une gigantesque poubelle. Big Brother veille, la police de la pensée vous surveille. Vous savez que vous risquez la dénonciation devant les tribunaux, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et la mise au pilori médiatique.

 

La délation généralisée est destructrice de la société, de ses solidarités, de ses hiérarchies, du respect indispensable au “vivre ensemble”. On ne construit rien sur la méfiance de l’autre. Toute construction repose sur la confiance. Benjamin Constant le libéral le disait déjà, à l’issue de la pire période de l’expérience révolutionnaire, en 1797ı:

 

« Nul homme n’a droit à la vérité qui nuit aux autres. »

 

Procéder autrement, ajoutait-il, ce serait rendre toute vie en société impossible. L’enfant même a besoin de secret, protection de l’innocence. Le psychiatre Serge Tisseron, grand spécialiste de l’image et de l’enfance, l’a écrit (Secrets de famille mode d'emploi)ı:

 

« Le droit au secret de chacun, adulte ou enfant, est essentiel. Il permet de protéger son identité profonde des intrusions de l’environnement. Il est la première condition à la possibilité de penser soi-même et pour soi-même. »

 

En un motı: la première condition de la liberté. Avec son expérience de cinquante ans de journalisme, Jean Lacouture, le biographe du général de Gaulle et de Mendès France, a lumineusement résumé cela dans un petit essai paru en 2005 (Éloge du secret, Éditions Labor)ı: « Imaginez un groupe frappé d’absolue transparenceı; les vices de l’un, les erreurs de l’autre, les maladies de tel ou tel, le “tout savoir” de l’un sur l’autre, dans la famille, le cercle de travail, la société… La transparence, ce mot magnifique, aboutit à une absurdité totale, à la perversité, à l’effroi général. » Au contraire, écrit-il, « la dialectique du jour et de la nuit est fondamentale, elle est essentielle à a besoin d’ombre, de murs, de silence aussi ». La société est un « jeu d’ombre et de lumière ».

 

http://www.jp-petit.org/humour/dessins6/ecoutes_telephoniques.gif

 

Sous l’oeil universel et implacable de Big Brother et dans la crainte de la condamnation, les gens baissent la tête et ne disent rien en attendant que passe l’orage. Mais on n’a pas pu les priver de leur liberté de pensée. Alors, ils se saisissent de l’arme qui reste à leur disposition, qui est à la fois secrète, couverte par l’opacité d’une enveloppe, encouragée et protégée par la loi, au nom du devoir de la démocratieı: le bulletin de vote, qu’ils glissent dans l’urne et qui peut être le bulletin de la nausée.

 

La société de délation
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 12 mai 2011
Auteur : François d’Orcival, de l’institut

07/05/2011

Histoire d'un homme: Al Qaîda n’existe plus depuis 2002, et Ben Laden depuis...

«Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie» André Malraux


«Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al Qaîda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al Qaîda: justice est faite.»

 

http://www.lasalle.aw/interessant/taliban/ben_laden2.jpg

 

C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak:«Nous l’avons eu» quand Saddam, aux abois, a été arrêté: Lorsque Barack Obama emploie le mot «justice», il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine. De quoi s’agit-il en fait? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....Pour cet exploit, le président des Etats-Unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles «actions unilatérales non autorisées» ne devraient pas se reproduire. Les Etats-Unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays «aurait pu alerter» le chef d’Al-Qaîda de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.


La carrière de Ben Laden
Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du shah d’Iran vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se
verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980. Selon Zbigniew Brzezinski, le président Carter aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée «Bureau des services». Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al Qaîda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les «infidèles» à «souiller le sol sacré» de l’Arabie Saoudite...Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA; nom de code «Tim Osman». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al Qaîda serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)


Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes «laïcs» et «impies» protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré: «Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien.» Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la «liberté» du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite, Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.


Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01; CNN, 17/09/01; Washington Post, 17/09/01), il déclare: «Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...]». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme: «Les Etats-Unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait.» (Reuters, 16/09/01; Daily Telegraph, 16/09/01; The Independent, 16/09/01; BBC News, 16/09/01; CBS, 16/09/01; Guardian, 17/09/01; Le Monde, 18/09/01). Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est «pas impliqué dans les attentats du 11 septembre». Il précise: «Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein» (Ummat, 28/09/01). La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux «vidéosconfession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.


L’homme aux plusieurs vies
De plus, et selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al Qaîda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues: «Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaîda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002.»(2) A l’instar de highlander, le chef d’Al Qaîda a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était «probablement plus de ce monde». En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée «confidentiel-défense» de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde. Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme «qui a tué Oussama Ben Laden». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)


Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Ecoutonsle:
«De quoi avaient-ils peur? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible: un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la soi-disant organisation Al Qaîda, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés.


L’exécution extra- judiciaire des «injusticiers» surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà.


Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants? Que nenni, il en savait trop ce «héros!»(...)


Pourquoi a-t-on fait taire Ben Laden maintenant?
Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup!), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...)»(3)


Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990: Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux Etats-Unis. Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...Sommes-nous dans la logique de «oeil pour oeil, dent pour dent»...Est-ce la fin de l’Histoire? pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ou est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Ecoutons-le: «Sans doute le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenezvous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(4) Nous l’espérons.


1.Oussama Ben Laden Encyclopédie Wikipédia
2.http://nemesisnom.info/conspirations/al-qaida-n%E2%80%99existe-plus-selon-la-dgse/
3.Robert Bibeau: www.legrandsoir.info/L-assassinat-extra-judicaire de -Ben Laden.html
4.Paul Craig Roberts: La seconde mort d’Oussama Ben Laden. Alterinfo.net 2 mai 2011

 

Mort de Ben Laden : est-ce la fin de l’histoire ?
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 5 mai 2011
Auteur : Pr Chems Eddine Chitour

 

Tel Aviv embarrassé par la mort de Ben Laden


Obama, auréolé de son succès, est en position de force pour exiger de l’Etat hébreu plus de concessions.


Dans la "situation room", le président et son équipe ont suivi le déroulement de l'opération qui a conduit à l'élimination d'Oussama Ben Laden - Crédit : Pete Souza United States Government Work Oussama Ben Laden était l’homme le plus haï des Américains, le mal incarné dans toute sa splendeur. Le traumatisme qu’il a causé a déclenché une guerre en Afghanistan qui est toujours en cours et une autre en Irak qui n’est pas davantage près de se terminer. Il ne fait aucun doute que sa liquidation est un succès pour les Etats-Unis et pour Obama. La liquidation de Ben Laden envoie aux groupes extrémistes qui s’en inspirent un message aussi cinglant que celui généralement délivré par Israël en pareilles circonstances : même si cela doit nous prendre du temps, nous avons le bras long et nous finissons toujours par vous rattraper. Durant les trois premières années du mandat d’Obama, les Etats-Unis avaient perdu beaucoup de leur superbe au Moyen- Orient.

 

Jusqu’ici, Obama n’avait réussi à atteindre aucun des objectifs ambitieux qu’il avait lui-même placés en tête de ses priorités. Pour ses ennemis comme pour ses amis, il passait pour un dirigeant faible et inexpérimenté qui ne savait trop où il menait les Etats-Unis. Ces doutes n’avaient fait que se renforcer ces derniers mois, alors que sa diplomatie multipliait les décisions contradictoires envers les révoltes qui touchent les Etats arabes. La liquidation de Ben Laden lui donne maintenant l’opportunité de restaurer le statut des Etats-Unis et de mettre à profit ce retour à une position de leadership. Encore faut-il qu’il démontre sa capacité à saisir cette opportunité. Dans son discours le 2 mai, Obama a réitéré la distinction entre, d’une part, l’islam violent et extrémiste représenté par Ben Laden et qui doit être combattu par la force, et, d’autre part, l’islam modéré, avec lequel il entend coopérer. Cette distinction, il l’avait déjà soulignée au début de son mandat, lors des discours du Caire et d’Ankara. Jusqu’à présent, cette stratégie n’a pas été payante. Les sondages d’opinion réalisés dans le monde arabe témoignent au contraire d’une large et profonde hostilité envers les Etats-Unis. Il n’est pas sûr que la liquidation de Ben Laden et la distinction d’Obama entre islam extrémiste et islam modéré parviennent à susciter la coopération à laquelle il aspire. Il est même probable que l’hostilité antiaméricaine au Moyen-Orient ira s’aggravant. Obama risque également de croire qu’il est désormais davantage en mesure d’exercer des pressions sur plusieurs acteurs du Moyen-Orient qui, jusqu’à présent, boudaient ou sabordaient les initiatives de Washington. C’est ainsi qu’Obama risque de faire pression pour qu’Israël reprenne les négociations avec les Palestiniens. Lors de son prochain voyage à Washington, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou risque donc fort de se retrouver face à un président américain beaucoup moins accommodant. Bref, la liquidation de Ben Laden risque d’avoir des conséquences cruciales pour le Moyen-Orient et tout particulièrement pour Israël.

 

Source, journal ou site Internet : Yediot Aharonot (Courrier international)
Date : 5 mai 2011
Auteur : Eytan Gilboa

17/12/2010

Afghanistan, un narco-État corrompu, une narco-économie/USA, La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial !! Un dossier décapant!

L’important article d’Alfred McCoy paru sur TomDispatch, le 30 mars 2010 [1], aurait dû inciter le Congrès à se mobiliser pour procéder à une véritable réévaluation de l’aventure militaire états-unienne totalement inconsidérée en Afghanistan. La réponse à la question que pose son titre - « Quelqu’un est-il en mesure de pacifier le plus grand narco-État au monde ? - trouve facilement sa réponse dans l’article : c’est un « Non ! » retentissant.... sauf à modifier fondamentalement les objectifs et les stratégies définis, aussi bien à Washington qu’à Kaboul. McCoy démontre clairement que : l’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu, auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays. l’économie afghane est une narco-économie : en 2007, l’Afghanistan a produit 8 200 tonnes d’opium, représentant 53 % du PIB et 93 % du trafic d’héroïne mondial.

 

http://www.reopen911.info/News/wp-content/uploads/PDS_carteAfghanistanOpium.JPG

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Carte de l’Afghanistan montrant les plus grands champs de pavot, et l’intensité du conflit en 2007 et 2008 et plus.

 

Les options militaires pour faire face au problème sont au mieux inefficaces, et au pire contre-productives :
McCoy avance que le meilleur espoir réside dans la reconstruction des campagnes afghanes jusqu’à ce que les cultures vivrières deviennent une alternative viable à celle de l’opium, un processus qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, voire plus. (J’argumenterai plus tard en faveur d’une solution intermédiaire : que l’International Narcotics Board accorde une licence à l’Afghanistan afin que ce pays puisse vendre son opium légalement). L’argument de McCoy le plus fort est qu’à son pic de production, la cocaïne colombienne ne représentait qu’environ 3 % de l’économie nationale, et pourtant, les FARC comme les escadrons de la mort de droite, tout deux largement financés par la drogue, continuent à se développer dans ce pays. Éradiquer simplement la drogue, sans disposer au préalable d’un substitut pour l’agriculture afghane, nécessiterait d’imposer d’insupportables pressions à une société rurale déjà ravagée, et dont le seul revenu notable provient de l’opium. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la chute des Talibans en 2001, qui fit suite à une réduction draconienne de la production de drogue en Afghanistan sous l’impulsion de ces mêmes Talibans (de 4 600 tonnes à 185 tonnes), laquelle transforma le pays en une coquille vide. À première vue, les arguments de McCoy semblent indiscutables, et devraient, dans une société rationnelle, provoquer un débat posé suivi par un changement majeur de la politique militaire états-unienne. McCoy a présenté son étude avec un tact et une diplomatie considérables, afin de faciliter un tel résultat.

 

 

 


La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial
Malheureusement de nombreux facteurs font qu’une issue positive de ce type a peu de chances de voir le jour dans l’immédiat. Il existe de nombreuses raisons pour cela, parmi lesquelles des réalités désagréables que McCoy a soit oublié, soit minimisé dans son essai – par ailleurs brillant – et qui doivent être abordées si nous souhaitons vraiment mettre en place des stratégies sensées en Afghanistan. La première réalité est que l’implication grandissante de la CIA, et sa responsabilité dans le trafic de drogue mondial est un sujet tabou dans les cercles politiques, les campagnes électorales, et les médias de masse. Ceux qui ont cherché à briser ce tabou, comme le journaliste Gary Webb, ont souvent vu leurs carrières détruites. Alors qu’Alfred McCoy s’est impliqué plus que quiconque pour faire prendre connaissance au public de la responsabilité de la CIA dans le trafic de drogue au sein des zones de guerres états-uniennes, je me sens gêné de devoir affirmer qu’il minimise ce phénomène dans son article. Il est vrai qu’il écrit que « l’opium émergea comme une force stratégique dans le milieu politique afghan durant la guerre secrète de la CIA contre les Soviétiques », et il ajoute que cette dernière « fut le catalyseur qui transforma la frontière pakistano-afghane en la plus importante région productrice d’héroïne au monde ». Mais, dans une phrase très étrange, M. McCoy suggère que la CIA fut entraînée passivement dans des alliances impliquant la drogue au cours des combats contre les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1979-88, alors que la CIA a précisément créé ces alliances
pour combattre les Soviétiques : Dans un des ces accidents historiques teintés d’ironie, la frontière sud de la Chine communiste et de l’Union Soviétique coïncidèrent avec la zone asiatique de production d’opium, le long d’une chaîne de montagne, attirant la CIA dans des alliances pleines d’ambigüité avec les chef tribaux des hauts plateaux de la région. Il n’y eut pas de tel « accident » en Afghanistan, où les premiers barons de la drogue d’envergure internationale – Gulbuddin Hekmatyar et Abou Rasul Sayyaf – furent en fait projetés sur la scène internationale grâce au soutien massif et mal avisé de la CIA, en collaboration avec les gouvernements du Pakistan et d’Arabie Saoudite. Alors que d’autres forces de résistance locales furent considérées comme des forces de seconde classe, ces deux clients du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, précisément en raison de leur manque de soutien au niveau local, furent des pionniers dans l’utilisation de l’opium et de l’héroïne comme moyen de bâtir leur force de combat et de créer une ressource financière [2].


De plus, tous deux devinrent des agents de l’extrémisme salafiste, s’attaquant à l’islam soufi endogène à l’Afghanistan. Finalement, tous deux devinrent des agents d’Al-Qaïda [3]. L’implication de la CIA dans le trafic de drogue durant le conflit soviéto-afghan n’était pas une première. D’une certaine manière, la responsabilité de la CIA dans le rôle dominant que joue aujourd’hui l’Afghanistan dans le trafic mondial d’héroïne, est une réplique de ce qui arriva plus tôt en Birmanie, au Laos, et en Thaïlande entre la fin des années 1940 et les années 1970. Ces pays sont aussi devenus des acteurs majeurs du trafic de drogue grâce au soutien de la CIA (et des Français, dans le cas du Laos), sans quoi ils n’auraient été que des acteurs locaux. On ne peut parler d’« accident ironique » dans ce cas non plus. McCoy lui-même a montré comment, dans tous ces pays, la CIA a non seulement toléré mais aussi soutenu la croissance des actifs des forces anticommunistes financées par la drogue, afin de contenir le danger représenté par une intrusion de la Chine communiste en Asie du Sud-Est. Des années 1940 aux années 1970, et comme en Afghanistan aujourd’hui, le soutien de la CIA participa à transformer le Triangle d’Or en un fournisseur majeur d’opium au niveau mondial. Durant cette même période, la CIA recruta des collaborateurs tout au long des routes de contrebande de l’opium asiatique, de même que dans des pays comme la Turquie, le Liban, la France, Cuba, le Honduras, et le Mexique. Ces collaborateurs comprenaient des agents gouvernementaux comme Manuel Noriega au Panama ou Vladimiro Montesinos au Pérou, souvent des personnalités expérimentées appartenant aux services de police soutenus par la CIA ou aux services de renseignement. Mais des mouvements insurrectionnels en faisaient aussi partie, des Contras du Nicaragua dans les années 1980 (selon Robert Baer et Seymour Hersh) au Jundallah [4], affilié à Al-Qaïda et opérant aujourd’hui en Iran et au Baloutchistan [5].

 

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Carte de la CIA montrant les routes de l’opium de l’Afghanistan à destination de l’Europe, en 1998. Selon
les informations de la CIA, mises à jour en 2008 : « La plus grande partie de l’héroïne en provenance de
l’Asie du Sud-Est est acheminée par voie terrestre, à travers l’Iran et la Turquie, jusqu’en Europe via les
Balkans. » En fait, la drogue est également convoyée à travers les États de l’ancienne Union soviétique, le
Pakistan et Dubaï.


Le gouvernement Karzai, et non les Talibans, domine l’économie de la drogue afghane
Le meilleur exemple d’une telle influence de la CIA sur les trafiquants de drogue aujourd’hui se trouve sans doute en Afghanistan, où le propre frère du président Karzai, Ahmed Wali Karzai (un collaborateur actif de la CIA) [6], et Abdul Rashid Dostum (un ancien collaborateur de l’Agence) comptent parmi ceux qui sont accusés de trafic de drogue [7]. La corruption liée à la drogue au sein du gouvernement afghan doit être en partie attribuée à la décision des États-Unis et de la CIA de lancer, en 2001, une invasion avec le soutien de l’Alliance du Nord, un mouvement dont Washington savait qu’il était corrompu par la drogue [8]. De cette manière, les USA ont consciemment recréé en Afhanistan la situation qu’ils avaient créée précédemment au Vietnam. Au Vietnam aussi (comme Ahmed Wali Karzai un demi siècle après), le frère du président, Ngo Dinh Nhu, utilisait la drogue pour financer un réseau privé lui permettant de truquer les élections en faveur de Ngo Dinh Diem [9]. Thomas H. Johnson, coordinateur des études de recherche anthropologique à la Naval Postgraduate School, montra l’improbabilité du succès d’un programme de contre-insurrection quand ce programme soutient un gouvernement local qui est de manière flagrante l’objet de dysfonctionnements et de corruption [10]. Ainsi je m’oppose à McCoy quand celui-ci, à l’image des médias de masse US, dépeint l’économie de la drogue afghane comme étant dominée par les Talibans. (Selon les propres termes de McCoy : « Si les insurgés prennent le contrôle de cette économie illégale, comme l’ont fait les Talibans, alors la tâche deviendra presque insurmontable. ») La part des Talibans sur le marché de l’opium afghan est estimée en général entre 90 et 400 millions de dollars. Or l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) estime que le total des revenus issus du commerce de l’opium et de l’héroïne est de l’ordre de 2,8 à 3,4 milliards de dollars [11]. Clairement, les Talibans n’ont pas fait main basse sur cette économie, dont la plus grande partie est contrôlée par les partisans du gouvernement Karzai. En 2006, un rapport de la Banque Mondiale avançait « qu’au plus haut niveau, 25 à 30 trafiquants majeurs, la majorité d’entre eux basés au sud de l’Afghanistan, contrôlent les transactions et les transferts majeurs, travaillant étroitement avec des soutiens occupant des positions politiques et gouvernementales au plus haut niveau » [12]. Les médias états-uniens ne se sont pas intéressés à cette réalité factuelle, pas plus qu’à la manière dont cela a influé sur les stratégies politiques de leur pays en Afghanistan, en matière de guerre et de trafic de drogue.


L’administration Obama semble avoir pris ses distances d’avec les programmes d’éradication peu judicieux de la période Bush, qui ne rencontreront jamais l’adhésion « coeur et âme » de la paysannerie afghane. Elle préfère mettre en place une politique d’interdiction sélective du trafic, en ne s’attaquant de manière explicite qu’aux trafiquants qui aident les insurgés [13]. Reste à savoir si cette politique sera efficace pour affaiblir les Talibans. Mais cibler ce qui constitue au plus un dixième du trafic total ne permettra clairement jamais d’en finir avec la position actuelle de l’Afghanistan comme le principal narco-État. Cela ne permettra pas non plus d’en finir avec l’actuelle épidémie mondiale de consommation d’héroïne ayant commencée à la fin des années 1980, qui a déjà créé 5 millions de toxicomanes au Pakistan, plus de 2 millions en Russie, 800 000 aux États-Unis, plus de 15 millions à travers le monde, dont un million en Afghanistan même. La politique d’interdiction sélective du gouvernement Obama aide aussi à expliquer son refus de considérer la solution la plus humaine et la plus raisonnable à l’épidémie mondiale d’héroïne afghane. Il s’agit de l’initiative « poppy for medicine » (Opium pour la médecine) de l’International Council on Security and Development (ICOS, autrefois connu comme le Senlis Council), qui vise à établir un programme délivrant des autorisations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre leur opium pour permettre la production de médicaments essentiels et très demandés comme la morphine ou la codéine [14]. La proposition a reçu le soutien des parlements européen et canadien ; mais il fut l’objet de sévères critiques aux USA, principalement parce que cela pourrait engendrer une augmentation de la production d’opium. Cependant, cela fournirait une réponse à moyen terme à l’épidémie d’héroïne qui dévaste l’Europe et la Russie – situation qui ne sera pas réglée par l’alternative présentée par McCoy de substituer d’autres cultures durant les 10 ou 15 prochaines années, et encore moins par le programme d’élimination sélective de fournisseurs d’opium conduit par l’administration Obama. Une conséquence rarement citée de l’initiative « poppy for medicine » serait de réduire les recettes engendrées par le trafic illicite qui permet de soutenir le gouvernement Karzai. Pour cette raison, ou simplement car tout ce qui se rapproche d’une légalisation des drogues reste un sujet tabou à Washington, l’initiative « poppy for medicine » a peu de chance d’être soutenue par l’administration Obama.

 

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L’héroïne afghane et la connexion mondiale de la drogue de la CIA
Il y a un autre paragraphe dans lequel McCoy, de manière erronée à mon avis, concentre son attention sur l’Afghanistan comme noeud du problème plutôt que sur les États-Unis eux-mêmes :
Lors d’une conférence sur la drogue à Kaboul ce mois-ci, le chef du Federal Narcotics Service russe a estimé la valeur actuelle de la culture de l’opium en Afghanistan à 65 milliards de dollars. Seulement 500 millions de dollars vont aux fermiers afghans, 300 millions aux Talibans, et les 64 milliards restant à la « mafia de la drogue », lui garantissant de vastes fonds pour corrompre le gouvernement Karzai (souligné par l’auteur) dans un pays où le PIB est de seulement 10 milliards de dollars [15]. Ce paragraphe oublie d’évoquer un fait pertinent et essentiel : selon l’ONUDC, seulement 5 à 6 % de ces 65 milliards de dollars, soit de 2,8 à 3,4 milliards, restent en Afghanistan [16]. Environ 80 % des bénéfices issus du trafic de drogue proviennent des pays de consommation – dans ce cas la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ainsi, nous ne devrions pas croire un instant que le seul pays corrompu par le trafic de drogue afghan est le pays d’origine. Partout où le trafic est devenu important, même dans les lieux de transit, il a survécu en étant protégé, ce qui en d’autres termes, s’appelle de la corruption. Il n’existe aucune preuve montrant que l’argent de la drogue gagné par les trafiquants alliés à la CIA ait grossit les comptes bancaire de la CIA ou ceux de ses officiers, mais la CIA a indirectement profité du trafic de drogue, et a développé au fil des ans une relation très proche avec celui-ci.


La guerre secrète de la CIA au Laos fut un cas extrême. Durant celle-ci, l’Agence mena une guerre en utilisant comme principaux alliés l’Armée Royale Laotienne du général Ouane Rattikone et l’Armée Hmong du général Vang Pao, toutes deux en grande partie financées par la drogue. L’opération massive de la CIA en Afghanistan dans les années 1980 fut un autre exemple d’une guerre en partie financée par la drogue. [17].

 

Une protection pour les trafiquants de drogue aux États-Unis
Dès lors, il n’est pas surprenant que, les années passant, le gouvernement états-unien, suivant la voie tracée par la CIA, aient protégé des trafiquants de drogue contre les poursuites judiciaires dans le pays. Par exemple, aussi bien la CIA que le FBI sont intervenus en 1981 contre l’inculpation (pour vol de voiture) du trafiquant de drogue mexicain et tsar des renseignements Miguel Nazar Haro, affirmant que Nazar était « un contact essentiel, je répète, un contact essentiel pour le bureau de la CIA à Mexico », sur les questions de « terrorisme, renseignement, et contre-renseignement » [18]. Lorsque le procureur général associé Lowell Jensen refusa de donner suite à l’inculpation de Nazar, le procureur de San Diego, William Kennedy, exposa publiquement l’affaire. Il fut rapidement viré pour cela [19]. Un exemple récent et spectaculaire d’une implication de la CIA dans le trafic de drogue fut l’affaire concernant un collaborateur vénézuélien de la CIA, le général Ramon Guillén Davila. Comme je l’explique dans mon livre, Fueling America’s War Machine (à paraître) [20] : Le général Ramon Guillén Davila, chef de l’unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, fut inculpé à Miami pour avoir fait entrer une tonne de cocaïne aux États-Unis. Selon le New York Times, « la CIA, malgré l’objection de la Drug Enforcement Administration, approuva l’envoi d’au moins une tonne de cocaïne pure vers l’aéroport international de Miami comme moyen d’obtenir des informations sur les cartels de la drogue colombiens ». Le magazine Time rapporta qu’une seule cargaison représentait 450 kilos, et était précédée d’autres « pour un total d’environ une tonne » [21]. Mike Wallace confirma que « l’opération secrète de la CIA et des gardes nationaux rassembla rapidement cette cocaïne, plus d’une tonne et demie, qui fut introduite clandestinement de Colombie vers le Venezuela » [22]. Selon le Wall Street Journal, la quantité totale de drogue introduite clandestinement par le général Guillén serait de plus de 22 tonnes [23]. Mais les États-Unis n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén afin de le juger ; et, en 2007, lorsqu’il fut arrêté au Venezuela pour conspiration de meurtre à l’encontre du président Hugo Chavez, son inculpation était toujours quelque part à Miami [24]. Pendant ce temps-là,
l’agent de la CIA Mark McFarlin, que Bonner, le chef de la DEA, souhaitait également inculper, ne le fut jamais, et dut simplement démissionner [25]. Pour résumer, il n’arriva rien aux acteurs principaux de cette affaire, qui n’a probablement fait surface dans les médias qu’en raison des protestations générées à la même époque par les articles de Gary Webb parus dans le San Jose Mercury au sujet de la CIA, des Contras et de la cocaïne.


Les banques et le blanchiment de l’argent de la drogue
D’autres institutions ont un intérêt direct dans le trafic de drogue, dont les grandes banques, qui effectuent des prêts à des pays comme la Colombie et le Mexique, sachant pertinemment que le flot de drogue aidera à garantir le remboursement de ces prêts. Plusieurs de nos plus grandes banques, comme City Group, Bank of New York et Bank of Boston, ont été identifiées comme participant au blanchiment d’argent, mais n’ont jamais subi de pénalités assez importantes pour les obliger à changer de comportement [26]. En bref, l’implication des États-Unis dans le trafic de drogue rassemble la CIA, des intérêts financiers majeurs et des intérêts criminels dans ce pays et à l’étranger. Antonio Maria Costa, chef de l’ONUDC, a déclaré que « l’argent de la drogue, représentant des milliards de dollars, a permis au système financier de se maintenir au plus haut de la crise financière ». Selon l’Observer de Londres, Costa déclara avoir vu des preuves que les recettes du crime organisé étaient « le seul capital d’investissement liquide » disponible pour certaines banques au moment du krach de l’année dernière. Il affirma qu’une majorité des 352 milliards de dollars de profits liés à la drogue furent ainsi absorbés par le système économique. Costa déclara que les preuves montrant une absorption de l’argent illégal par le système financier lui furent soumises par des agences de renseignement et des procureurs il y a 18 mois environ. « Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Durant la seconde moitié de 2008, la liquidité était le problème majeur du système bancaire, ainsi le capital liquide devînt un facteur important, » dit-il [27]. Un exemple frappant de l’importance de la drogue à Washington fut l’influence exercée dans les années 1980 par la Bank of Credit and Commerce International, banque pratiquant le blanchiment de l’argent de la drogue. Comme je l’explique dans mon livre, parmi les personnes haut placées profitant des largesses de la BCCI, ses propriétaires, et ses affiliés, nous trouvons James Baker, secrétaire au Trésor sous Ronald Reagan, qui refusa d’enquêter sur la BCCI [28] ; le sénateur démocrate Joe Bidden et le sénateur républicain Orrin Hatch, et plusieurs membres importants du Comité Judiciaire du Sénat, lequel refusa d’enquêter sur la BCCI [29].


Finalement, ce ne fut pas Washington qui agit en premier afin de mettre un terme aux activités bancaires de la BCCI et de ses filiales illégales aux États-Unis, mais deux personnes déterminées, l’avocat de Washington Jack Blum et le procureur de Manhattan Robert Morgenthau [30].

 

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Conclusion : la source du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington


Je comprends pourquoi McCoy, dans son désir de changer une politique vouée à l’échec, prend plus de précautions que moi-même lorsque j’évoque à quel point certaines institutions états-unienne puissantes – gouvernement, renseignements et finance – et pas seulement le gouvernement Karzai, ont été corrompues par l’omniprésent trafic de drogue. Mais je pense que son approche pleine de tact se montrera contre-productive.


La source principale du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington. Mettre fin à ce scandale demandera la divulgation de faits que McCoy ne désire pas aborder dans son article.Dans son ouvrage magistral, The Politics of Heroin [31], McCoy parle de l’histoire de Greg Musto, expert en drogues à la Maison Blanche sous Carter. En 1980, Musto dit au Strategy Council on Drug Abuse de la Maison Blanche que « nous allions en Afghanistan afin de soutenir les cultivateurs d’opium dans leur rébellion contre l’Union Soviétique. Ne pourrions-nous pas éviter de faire ce que nous avons déjà fait au Laos ? » [32]. Se voyant refuser l’accès par la CIA à des données auxquelles il avait légalement accès, Musto fit part de son inquiétude en public en mai 1980, notant, dans un éditorial du New York Times, que l’héroïne en provenance du Croissant d’Or était déjà (et pour la première fois) en train de causer une crise médicale à New York. Et il avertit, avec prescience, que « cette crise est amenée à s’aggraver » [33]. Musto espérait qu’il pourrait contribuer à un changement de politique en mettant le problème sur la place publique, et en
l’accompagnant d’un avertissement fort au sujet d’une aventure en Afghanistan financée par la drogue qui pourrait se révéler désastreuse. Mais ses mots emplis de sagesse furent sans pouvoir contre l’implacable détermination de ce que j’appelle la machine de guerre US au sein de notre gouvernement et de notre économie politique. Je crains que le message sensé de McCoy, en étant bienséant là où il est justement nécessaire de ne pas l’être, subira le même sort. Article original en anglais, Opium and the CIA: Can the US Triumph in the Drug-Addicted War in Afghanistan?, publié le 5 avril 2010. Peter Dale Scott est docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien. American War Machine : Deep Politics, the CIA Global Drug Connection, and the Road to Afghanistan est le dernier livre de Peter Dale Scott récemment publié chez Rowman & Littlefield. On compte parmi ses livres précédents, Drugs Oil and War, The Road to 9/11, and The War Conspiracy: JFK, 9/11, and the Deep Politics of War.

 

Son site web est http://www.peterdalescott.net. En français : La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, 50 ans
d’ambitions secrètes des États-Unis, éditions Demi Lune


Notes
[1] « Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan », par Alfred W. McCoy
[2] Éventuellement, les États-Unis et leurs alliés accordèrent à Hekmatyar, qui pour un temps fut sans conteste le plus grand
trafiquant de drogue au monde, plus d’un milliard de dollars en armement. C’est plus qu’aucun autre client de la CIA a jamais
reçu, avant ou depuis.
[3] Peter Dale Scott, The Road to 9/11, p.74-75 (paru en français sous le titre La Route vers le Nouveau
Désordre Mondial (Demi-Lune, Paris, 2010) : “Khalid Sheikh Mohammed, que la Commission d’enquête
sur le 11-Septembre considère comme le véritable auteur du complot du 11/9, commença à concevoir son
plan quand il était en lien avec Abdul Sayyaf, un dirigeant avec lequel ben Laden était encore en délicatesse.
[9/11 Commission Report, p.145-50]. Au même moment, plusieurs des hommes condamnés pour l’attentat
contre le World Trade Center en 1993, et la “journée de la terreur” New York en 1995, s’étaient entraînés ou
avaient combattu avec Gulbuddin Hekmatyar, ou collecté de l’argent pour lui. [Tim Weiner, “Blowback
from the Afghan Battlefield”, New York Times, 13 mars 1994].
[4] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidin du Peuple, Réseau Voltaire, 13 juin 2009.
[5] Seymour Hersh, New Yorker, 7 juillet 2008.
[6] « Hamed Wali Karzai chargé de négocier avec les Talibans », Réseau Voltaire, 14 mai 2010.
[7] New York Times, 27 octobre 2009.
[8] Steve Coll, Ghost Wars : The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September
10, 2001, (Penguin Press, New York, 2004), p.536. Slon Ahmed Rashid, au début de l’offensive US en 2001 : “Le Pentagone
disposait d’une liste d’au moins 25 laboratoires de drogues et d’entrepôts en Afghanistan, mais ils refusèrent de les bombarder car
certains appartenaient aux nouveaux alliés de la CIA, au sein de la NA [Northern Alliance / l’Alliance du Nord]”, (Ahmed Rashid,
Descent into Chaos : The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, [Viking,
New York, 2008], p.320).
[9] Stanley Karnow, Vietnam : A History (Penguin, New York, 1997), p.239. Cf. New York Times, 28 octobre, 2009.
[10] Thomas H. Johnson & M. Chris Mason, “Refighting the Last War : Afghanistan and the Vietnam Template”, Military
Review, Novembre-Décembre 2009, p.1.
[11] Le lecteur vigilant aura noté que même 3,4 milliards USD ne représentent pas 53 % des 10 milliards estimés dans le
paragraphe précédent comme le PIB afghan. Ces estimations en provenance de sources diverses ne sont pas extrêmement précises,
et ne donnent donc pas un résultat mathématiquement parfait. Au demeurant, il s’agit de la valeur des drogues en gros en
Afghanistan et non pas de leur valeur au détail dans les pays consommateurs.
[12] Afghanistan : Drug Industry and Counter-Narcotics Policy]. En 2007, le Daily Mail de Londres rapporta que « les quatre
acteurs principaux du trafic de l’héroïne étaient tous des membres hauts placés du gouvernement afghan » [[London Daily Mail.
21 juillet 2007. En décembre 2009, Harper’s publia une longue enquête sur le colonel Abdul Razik, “le maître de Spin Boldak,”
un trafiquant de drogue et un allié de Karzai dont l’ascension fut “encouragée par un cercle d’officiels corrompus à Kaboul et à
Kandahar, et aussi parce que les commandants de l’OTAN, déployés sur un trop vaste territoire, trouvèrent utiles le contrôle qu’il
exerçait sur une ville frontalière essentielle dans leur guerre contre les Talibans”, (Matthieu Aikins, “The Master of Spin Boldak”,
Harper’s Magazine, décembre 2009).
[13] James Risen, “U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban”, New York Times, 10 août 2009 : ”Le commandement
militaire US dit au Congrès que … seuls ces [trafiquants de drogue] qui apportent de l’aide aux insurgés devraient être pris pour
cible.”
[14] Corey Flintoff, “Combating Afghanistan’s Opium Problem Through Legalization”, NPR, 22 décembre 2005.
[15] Devant d’autres auditoires, les responsables russes de la lutte anti-drogues ont explicitement évoqué l’OTAN. Voir « Pavot :
la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN », Réseau Voltaire, 3 mars 2010. Off, les responsables poutiniens ont
également évoqué un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels versés par l’OTAN avec l’argent des drogues au président
Medvedev en échange du droit de passage des GI’s sur le territoire russe. Ndlr.
[16] CBS News, 1er avril 2010.
[17] Voir le livre de Peter Dale Scott, La Route vers le Nouvel Ordre Mondial. NdT.
[18] Des câbles de Gordon McGinley, l’attaché légal du FBI à Mexico City, au Département de la Justice, voir Scott & Marshall,
Cocaine Politics, p.36.
[19] Scott, Deep Politics, p.105 ; citation du San Diego Union, 26 mars 1982.
[20] Fueling America’s War Machine : Deep Politics and the CIA’s Global Drug Connection, (à paraitre à l’automne 2010 chez
Rowman & Littlefield).
[21] Time, 29 novembre 1993 : “Les expéditions continuèrent, toutefois, jusqu’à ce que Guillen tente d’envoyer 3 373 livres de
cocaïne en une seule fois. La DEA, (Drug Enforcement Agency), vigilante, l’arrêta et s’en saisit.” Cf. New York Times, 23
novembre 1996 (“one ton”).
[22] CBS News Transcripts, 60 Minutes, 21 novembre 1993.
[23] Wall Street Journal, 22 novembre 1996. Je soupçonne la CIA d’avoir approuvé l’importation de cocaïne moins "comme un
moyen de rassembler de l’information" que dans le but de redistribuer des parts de marché dans le trafic global de cocaïne, dans
son pays d’origine, la Colombie. Dans les années 1990, la CIA et le JSOC furent impliqués dans l’élimination du baron colombien
de la drogue Pablo Escobar, un exploit rendu possible grâce à l’aide du Cartel de Cali et des escadrons de la mort terroristes de
l’UAC de Carlos Castaño. Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War, p.86-88.
[24] Chris Carlson, “Is The CIA Trying to Kill Venezuela’s Hugo Chávez ?” Global Research, 19 avril 2007.
[25] Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The People, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (TrineDay,
Springfield, 2009), 400 ; Time, 23 Novembre 1993. McFarlin avait collaboré avec des forces anti-guérilla au Salvador dans les
années 1980. Jim Campbell, le chef de station de la CIA au Venezuela.
[26] La Bank of Boston procéda au blanchiment d’au moins 2 millions de dollars au profit du trafiquant Gennaro Angiulo, et fut
pour cela condamnée à payer une amende de 500 000 dollars, (New York Times, 22 Février 1985 ; Eduardo Varela-Cid, Hidden
Fortunes : Drug Money, Cartels and the Elite Banks [El Cid Editor, Sunny Isles Beach, 1999]). Cf. Asad Ismi, “The Canadian
Connection : Drugs, Money Laundering and Canadian Banks”, Asadismi.ws : “91 % des 197 milliards USD dépensés en cocaïne
aux USA restent dans ce pays, et les banques états-uniennes blanchissent 100 milliards USD provenant de la drogue chaque année.
Parmi les banques connues pour ce genre de pratiques, on trouve la Bank of Boston, la Republic National Bank of New York, la
Landmark First National Bank, la Great American Bank, la People’s Liberty Bank and Trust Co. of Kentucky, et la Riggs National
Bank of Washington. Citibank aida Raul Salinas (le frère de l’ancien président du Mexique Carlos Salinas) à déplacer des millions
de dollars hors du Mexique, à destination de comptes secrets détenus en Suisse sous de fausses identités.”
[27] Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor”, Observer, 13 décembre 2009.
[28] Jonathan Beaty & S.C. Gwynne, The Outlaw Bank : A Wild Ride into the Secret Heart of BCCI, (Random House, New York,
1993), p.357.
[29] Peter Truell & Larry Gurwin, False Profits : The Inside Story of BCCI, the World’s Most Corrupt Financial Empire,
(Houghton Mifflin, Boston, 1992), p.373-77.
[30] Truell & Gurwin, False Profits, p.449.
[31] Disponible en français sous le titre : La politique de l’heroine. L’implantation de la CIA dans le trafic des drogues [Editions
du Lézard, 1998].
[32] Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin (Lawrence Hill Books/ Chicago Review Press, Chicago, 2003), p.461 ; citant une
interview avec le Dr David Musto.
[33] David Musto, New York Times, 22 mai 1980 ; cité dans McCoy

 

L’Opium, la CIA et l’administration Karzaï
Source, journal ou site Internet : Mondialisation.ca
Date : 15 décembre 2010
Auteur : Peter Dale Scott

14:50 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : opium, drogues, cannabis, pavot, usa, cia, espionnage, corruption, afghanistan, guerre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23/09/2010

Académie du renseignement pour une "communauté d'esprit"

Le Premier ministre a inauguré la première session de ce centre de formation très spécial dont un des objectifs est de favoriser la coopération entre services. François Fillon a également rappelé les actions du gouvernement pour renforcer le contrôle démocratique du renseignement.


« Mesdames et messieurs, nous avons créé l’Académie du renseignement dont nous inaugurons aujourd’hui la première session»


, a déclaré le Premier ministre, François Fillon, devant une assemblée de membres des services de renseignement, lundi 20 septembre à l’Ecole militaire à Paris.

 

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La création de l’Académie (cliquez le lien) , officielle depuis le 13 juillet dernier, est une des mesures emblématiques du renforcement du renseignement en France et dont le Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale , publié en 2008, a été l’élément fondateur.


« Parce que l’identification même des menaces est devenue cruciale, jamais le renseignement n’a été pour notre pays une priorité stratégique aussi haute »

 

, a rappelé le chef du gouvernement.


L’objectif de l’académie est de créer « une communauté d’esprit » entre les différentes agences de renseignement françaises. Elle s’adresse à des cadres déjà expérimentés. « Face [aux] menaces, la différence entre l’intérieur et l’extérieur n’est plus aussi tranchée qu’auparavant. Entre le policier et le militaire, les missions sont de plus en plus complémentaires », a expliqué François Fillon.


Entre la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM), la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), le Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (Tracfin) et la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), « le temps des rivalités est révolu », a souligné le Premier ministre.

François Fillon a d'ailleurs noté ces dernières années qu'« une véritable évolution des esprits a accompagné les évolutions institutionnelles ».
Le chef du gouvernement a également rendu hommage aux femmes et aux hommes qui, dans le secret exigé par leur mission, mobilisent chaque jour des qualités telles que « la culture ; le sens des évolutions historiques ; la faculté d’anticiper ; la rigueur intellectuelle ; l’expertise technologique ; l’adaptation permanente », au service de la sécurité des français.

 

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L’exigence déontologique
Dans son discours, le Premier ministre a fortement insisté sur « la rigueur déontologique » imposée par « l’idéal démocratique ».
« Entre démocratie et renseignement, l’histoire nous apprend que les relations n’ont pas toujours été sereines », a rappelé François Fillon, notant que le gouvernement avait apporté une réponse « dès octobre 2007, avec le vote de la loi portant création d’une délégation parlementaire au renseignement ». « C’est une contrepartie légitime aux pouvoirs particuliers dévolus aux services », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a toutefois précisé que:


« le secret a sa légitimité. La transparence absolue est impossible ».

 

Environ 12.000 hommes et femmes sont chargés de la collecte du renseignement ou du contre-espionnage français.

 

Académie du renseignement : « former une communauté d’esprit »
Source journal ou site Internet : portail du gouvernement
Date : 22 septembre 2010
Auteur : Laurent Bastide

 

Va remplacé à terme:

 

En attendant la création de l’Académie du renseignement préconisée par le Livre blanc sur la défense, le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) propose pour cette année le premier diplôme privé d’études supérieures de Management des services de renseignement et de sécurité, le DPES Mars, correspondant à un 3e cycle universitaire (bac+5/mastère).

Programme MARS 2010-1

.

Éric Denécé, directeur du CF2R, présente la finalité de cette formation professionnelle diplômante un peu particulière:
« Qu’est-ce que le renseignement ? À quoi sert-il ? Dans quel but fait-on appel aux services ? Comment s’organise la profession?
Dans le monde francophone, le renseignement reste perçu négativement, victime d’une large méconnaissance et d’idées reçues.
Cette formation permettra la découverte de ses diverses finalités et applications, de ses différents métiers et services, et présentera les nouveaux défis qu’elle doit relever, parce que le renseignement est un métier d’avenir.
L’objectif est que les participants soient capables de diriger, de gérer ou de contrôler efficacement les services, de s’y intégrer avec succès, ou de travailler efficacement avec eux.
»

.

Qualité des intervenants et programme 

Cet enseignement de haut niveau sera dispensé par une quarantaine d’intervenants, anciens des renseignements français, belge, canadien, allemand, russe, israélien et américain, mais aussi consultants en intelligence économique, journalistes, chercheurs universitaires, policiers et militaires… une formation pluriculturelle donc, assez originale, proposée en deux formules, une session répartie sur l’année universitaire, l’autre regroupée en session estivale.
La liste des intervenants est plutôt alléchante…

Il n’y a pas de condition de nationalité à remplir pour suivre cette formation, dont le coût est de 15000 euros HT.

Vous voulez vous inscrire ? Les informations générales, programme et dossiers de candidature sur le diplôme 2010 sont disponibles ici.

11:41 Écrit par HUMANITAS dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : espionnage, renseignements, sécurité, services secret, dgse, drm, fillon, cf2r | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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