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18/06/2011

Coffee shop: Des nouvelles des Pays-Bas

Tandis que le débat sur la dépénalisation du cannabis s’installe en France ou au Royaume- Uni, les Pays-Bas, précurseurs en la matière, font marche arrière et s’apprêtent à durcir les règles.

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2008/11/13/h_4_ill_1118286_rtr1ouj2.jpg


Juste devant la porte du Fly’n High, un coffee shop du centre de Breda [dans le sud du pays], est garée une grande Volvo noire immatriculée en Belgique. De nombreux Belges et Français viennent en voiture dans la région pour y acheter du hasch ou de l’herbe. Mais, après l’été 2011, ils pourront s’épargner le voyage. Dès que le “passe cannabis” sera introduit, les touristes étrangers ne seront plus les bienvenus dans les quelque 660 coffee shops que comptent les Pays-Bas. Cela vaut donc aussi pour les hordes de touristes à Amsterdam qui considèrent les coffee shops comme une attraction à ne pas manquer. Les points de vente de cannabis vont devenir des clubs fermés. La mesure avait déjà été annoncée dans le programme du gouvernement [de droite], cependant, depuis la fin mai, elle est officielle. Les ministres Ivo Opstelten (Sécurité et Justice, membre du parti libéral VVD) et Edith Schippers (Santé publique, aussi membre du VVD) ont rendu public leur rapport tant attendu sur les drogues. Le projet propose essentiellement que les fumeurs de haschisch deviennent désormais membres d’un coffee shop. Pour obtenir un passe cannabis, il faudra avoir plus de 18 ans et demeurer aux Pays-Bas. Sur ce dernier point, le Conseil d’Etat doit encore se prononcer [en juillet]. Le Conseil se penche sur la question de savoir s’il est possible de refuser l’accès d’un coffee shop à un non-résident. La Cour européenne de justice a déjà fait savoir qu’un tel refus n’est pas contraire au droit européen.

 

http://www.coffeeshop.freeuk.com/ShopPics/GreenHN.jpghttp://www.lalsace.fr/fr/images/get.aspx?iMedia=9717207

 

Un coffee shop ne pourra désormais avoir qu’un nombre limité de membres. On n’en connaît pas encore le nombre exact. Selon Ivo Opstelten, il devrait se situer entre 1 000 et 1 500 personnes. Mais les maires pourront toujours réviser ce nombre à la baisse, a souligné le ministre. Il n’est pas inconcevable que certains coffee shops n’aient que quelques dizaines de membres. Enfin, le gouvernement veut réduire la visibilité des coffee shops pour les élèves. Actuellement, un coffee shop ne peut pas se situer à moins de 250 mètres d’un établissement scolaire. Cette distance sera portée à 350 mètres. Ces propositions suscitent beaucoup de critiques. Les grandes villes, dont Amsterdam, Maastricht et Bois-le-Duc, se sont prononcées ces derniers mois contre l’introduction du passe. Si les clients ne peuvent plus avoir accès à un coffee shop, craignent-elles, le trafic se déplacera dans la rue. Et d’autres problèmes se poseront certainement. De riantes perspectives s’ouvrent pour les dealers. Bien que les ministres Schippers et Opstelten aient promis d’être vigilants vis-à-vis de tels effets indésirables, ils partent du principe que les touristes étrangers intéressés par la consommation de drogues ne viendront plus. Car l’intérêt, pour beaucoup d’entre eux, est de pouvoir se tourner vers des marchés illégaux qui existent dans leur voisinage direct, écrivent-ils dans leur document. Cela suscite les rires moqueurs des intervenants dans le secteur du cannabis. Il est naïf de croire que les Belges et les Français ne vont plus venir, estime Rick Brand, propriétaire du De Baron, à Breda, et président de l’association Actieve Bredase Coffeeshops [les coffee shops actifs de Breda]. Si la police de Breda se lance dans une chasse aux narcotouristes, ils iront retrouver un dealer à Oosterhout [à une dizaine de kilomètres de Breda]. Mais ils continueront de venir : la qualité du cannabis ici, aux Pays-Bas, est nettement supérieure.

 

http://web.nmsu.edu/~andreag/MUN/FinlandGallery/Images/9.jpg


Il indique un autre risque associé au trafic à l’extérieur des coffee shops : la distinction entre drogues douces et drogues dures s’estompe. Quand on veut acheter pour 20 euros de cannabis et qu’on voit chez un dealer de la poudre et toutes sortes de cachets posés sur la table, on est tenté de goûter à autre chose. C’est aussi simple que ça. Mais Rick Brand se dit moins inquiet du passe cannabis que du nouveau critère de la distance. La discussion ne porte à présent pratiquement que sur le passe, mais l’application de la règle des 350 mètres est bien plus dangereuse. Elle va permettre à Ivo Opstelten, en termes de fermeture d’établissements, d’obtenir vraiment des résultats. A l’issue d’un récent inventaire dans 14 municipalités néerlandaises, qui comptent au moins une dizaine de coffee shops, il s’avère que près de 60 % des points de vente vont devoir fermer lors de l’application de ce nouveau critère. A Amsterdam, sur un total de 223 coffee shops, 187 sont concernés. Les ministres Edith Schippers et Ivo Opstelten espèrent qu’à la fin de l’été les mesures seront effectives dans le sud du pays. Le reste des Pays-Bas suivra.

 

Pays-Bas : coup de hache sur le hasch
Source, journal ou site Internet : NRC Handelsblad
Date : 11 juin 2011
Auteur : Barbara Rijlaarsadam

01/06/2011

Les polonais pour la légalisation de la marijuana!

Aussitôt après le départ de Varsovie du président américain Barack Obama, plus de 5.000 personnes, selon la police, ont manifesté dans le centre de la capitale en faveur de la légalisation de la marijuana en Pologne.

 

http://www.radio-canada.ca/par4/images/pot_joint_fum%C3%A9e.jpg

 

Réunis à l'initiative d'une organisation "Le cannabis libre", les manifestants ont brandi des slogans réclamant la dépénalisation de cette drogue, et l'amnistie pour tous ceux qui ont été condamnés pour sa possession. Début avril, le parlement polonais avait légèrement libéralisé la loi anti-drogue très stricte dans ce pays, en laissant désormais à la justice le choix entre poursuivre ou non le possesseur d'une petite quantité de stupéfiants.


Auparavant, une enquête était lancée automatiquement à l'égard de chaque personne en possession de la moindre quantité de drogues. La loi continue néanmoins de considérer comme illégale la possession de tout stupéfiant, indépendamment de la quantité. En même temps, le parlement a durci les peines à l'égard des dealers et des personnes en possession d'importantes quantités de drogues, qui passent respectivement de 10 à 12 ans et de 8 à 10 ans de prison.

 

5.000 manifestants à Varsovie pour légaliser la marijuana
Source, journal ou site Internet : 7 sur 7
Date : 29 mai 2011
Auteur :Belga

12/05/2011

Les Etats face à la drogue, a quand la dépénalisation, la légalisation du cannabis?

Pourquoi la guerre antidrogue lancée dans les années 1970 est-elle un échec ?

Le nombre de consommateurs et la production ont augmenté. Or, les dirigeants mondiaux n'ont jamais tenté de changer de stratégie. C'est inédit. On dépense des milliards dans un plan qui ne marche pas. La prohibition de la cocaïne, par exemple, alimente l'activité des mafias et des guérillas meurtrières dans les pays producteurs.

 

Législation du cannabis thérapeutique dans le monde en 2006


Depuis 2001, consommer une drogue dure ou en détenir une petite quantité n'est plus un délit au Portugal.
Quels sont les résultats?
Globalement la situation sanitaire s'est améliorée. Le nombre d'overdoses a diminué. La consommation n'a pas connu le boom auquel on aurait pu s'attendre. Enfin, la criminalité liée aux drogues a reculé. C'est positif pour les Portugais. Mais il s'agit d'une initiative isolée qui ne résout rien au niveau mondial.


Comment résoudre ce problème planétaire?
La dépénalisation prend seulement en compte l'aspect consommateur, et non les problèmes qui concernent les pays producteurs. Elle ne considère pas le trafic de drogue dans son ensemble. C'est pourquoi il faut une révision mondiale des politiques antidrogue et pas seulement des ajustements au cas pas cas. C'est d'ailleurs ce que préconisent les signataires de l'appel de Vienne lancé fin juin 2010, parmi lesquels figurent des prix Nobel et trois anciens présidents d'Amérique Latine, le Colombien César Gaviria, le Mexicain Ernesto Zedillo, le Brésilien Fernando Enrique Cardoso.


A quoi ressemblerait ce nouveau modèle de régulation des drogues ?
On peut imaginer des solutions différentes selon les pays et selon les types de drogue. Un système souple pour le cannabis, de type coffee shop, comme aux Pays-Bas. Pour les drogues dures, un système un peu plus verrouillé de type pharmaceutique, où les produits seraient vendus par des pharmacies labellisées qui effectueraient un accompagnement du consommateur. La publicité de ces produits serait évidemment interdite et les doses strictement régulées par l'Etat. A ce jour, 180 à 250 millions de consommateurs ont essayé ces substances alors qu'elles sont interdites et dangereuses. Dans un système légalisé et contrôlé, la pression sociale pèserait sur le consommateur. La légalisation de la drogue mérite au moins qu'on y réfléchisse. Mais le sujet reste tabou. En France, l'idée d'une dépénalisation ou d'une légalisation des drogues fait peur. Pourtant, le nombre de consommateurs de psychotropes remboursés est très important dans notre pays. Il y a une schizophrénie. Le débat est nettement plus avancé aux Etats-Unis ou en Angleterre, et je ne parle pas du Portugal et des Pays-Bas. Il faut appliquer à la drogue les méthodes que l'on emploie dans la lutte contre l'alcoolisme : légalisation accompagnée de prévention et d'éducation. Pour le moment, la lutte antidrogue est aussi inefficace que la Prohibition dans les années 1930 aux Etats-Unis.

 

La lutte contre la drogue est un échec mondial
Source, journal ou site Internet : L’Express
Date : 10 mai 2011
Auteur : Jules Giraudat

 

Législation du cannabis thérapeutique en Europe en 2006

 

 

Par ailleurs, voir ici les différents dossiers se référant de la drogue; Aussi une nouvelle étude démontrant que le cannabis non seulement ne permet pas le cancer du poumon, mais pourrait plutôt le guérir.. source:

Marijuana cuts lung cancer tumor growth in half, Harvard study shows

 

The active ingredient in marijuana cuts tumor growth in common lung cancer in half and significantly reduces the ability of the cancer to spread, say researchers at Harvard University who tested the chemical in both lab and mouse studies.

They say this is the first set of experiments to show that the compound, Delta-tetrahydrocannabinol (THC), inhibits EGF-induced growth and migration in epidermal growth factor receptor (EGFR) expressing non-small cell lung cancer cell lines. Lung cancers that over-express EGFR are usually highly aggressive and resistant to chemotherapy.

THC that targets cannabinoid receptors CB1 and CB2 is similar in function to endocannabinoids, which are cannabinoids that are naturally produced in the body and activate these receptors. The researchers suggest that THC or other designer agents that activate these receptors might be used in a targeted fashion to treat lung cancer.

 

Le cannabis existe sous plusieurs formes médicales, dont la disponibilité dépend de la législation du pays où il est autorisé :

  • Bedrocan (18% dronabinol) Bediol (11%) et Bedrobinol (6% + 7,5% CBD): formes naturelles disponibles en pharmacie depuis 2005 (Hollande et pays importateurs : Espagne, Italie, finlande par exemple) et délivrés sur prescription médicale ;
  • Marinol (dronabinol) : prescrit par exemple pour le traitement des nausées et des vomissements liés à la chimiothérapie, ainsi que pour l'amélioration de l'appétit chez les malades atteints du sida. Il est autorisé dans la plupart des pays européens, comme par exemple l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni ;
  • Cesamet (nabilone) : voir Marinol ;
  • Sativex : prescrit par exemple pour le traitement des douleurs associées à la sclérose en plaques. Il est autorisé au Canada depuis 2005.
  • Aujourd'hui, les applications thérapeutiques du cannabis sont de plus en plus reconnues. Les applications thérapeutiques connues sont répertoriées par l'Association Internationale pour le Cannabis Médical:

  • Nausées et vomissements
  • Anorexie et cachexie
  • Spasmes
  • Troubles du mouvement
  • Douleurs
  • Glaucome
  • Épilepsie
  • Asthme
  • Dépendance et état de manque
  • Symptômes psychiatriques
  • Maladies auto-immunes et inflammations
  • Divers, syndromes variés

Les connaissances scientifiques dans ce domaine ne cessent de progresser, comme le montre l'évolution exponentielle du nombre d'études réalisées ces dernières années (Graphe). Durant la dernière décennie, ce nombre a plus que doublé, élevant le nombre total de publications à plus de 8000 entre 1990 et 2000. Le nombre de maladies, pathologies ou troubles traitables s'élève à plus de 200[8],[9],[10]

  • Il est question de propriétés scientifiquement reconnues :
    • analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques résistantes aux traitements traditionnels ;
    • relaxantes et somnifères : malades en phase terminale, troubles du sommeil ;
    • anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;
    • anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d'autres traitements lourds ;
    • stimulant l'appétit et redonnant l'envie de manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;
    • broncho-dilatatrices : asthme ;
    • anti-inflammatoires : le cannabinol CBD (voir Cannabinoïde) non psychoactif est connu pour ses affinités avec les récepteurs CB2 situés sur les cellules immunitaires T.
    • anti-psychotiques [2] : traitement alternatif de la Schizophrénie[11] ;
    • anti-depresseur[12] ;
    • anxyolitiques ;
    • sédatives[13] ;
    • vaso-dilatatrices : glaucome, migraines.
  • Depuis les années 90, le cannabis et les cannabinoïdes qu'il contient suscitent un engouement croissant de la part des laboratoires de recherche. Entre 2000 et 2007, plus de 9000 articles scientifiques ont été publiés [14]. Ce nombre a plus que doublé en dix ans. Ainsi, ces études, répertoriées sur la base de données scientifique de IACM, suggèrent que le cannabis pourrait être utilisé à des fins thérapeutiques dans un grande diversité de maladies et de pathologies[15]:
    • une alternative efficace pour le traitement des symptômes chroniques (impulsivité, anxiété, distractibilité, ...) du Trouble Déficit de l'Attention / Hyperactivité (TDAH) (modulation de la Dopamine par le système endocannabinoique, ciblé par les phytocannabinoides du cannabis) ;
    • une alternative efficace pour le prurit cholostatique réfractaire ;
    • un agent thérapeutique contre des maladies neuro-dégénératives et la dystonie (perturbation du tonus musculaire), la paraplégie, l'hyperkinésie,
    • un agent thérapeutique pour le traitement de la maladie de Parkinson,
    • un agent thérapeutique pour la réduction des tics liés au syndrome de Tourette [16],
    • un agent thérapeutique pour le traitement des maladies auto-immune comme la Sclérose en Plaques,
    • un agent anti-prolifératif : rémission de tumeurs cancéreuses au cerveau (ainsi que ralentissement de la progression de certains cancers du poumon, sein et de la leucémie) ;
    • un agent inhibant les sécrétions d'acide gastrique et pouvant jouer un rôle favorable sur la prévention des ulcères, des diarrhées ;
    • un agent améliorant les troubles comportementaux des patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'Autisme ;
    • une alternative pour le traitement de la dépression passagère ou chronique (implication CB1 dans la modulation de la Sérotonine, des troubles de l'humeur, des angoisses et des Troubles Post-Traumatiques ;
    • une alternative pour le traitement des troubles du sommeil et de l'anxiété ;
    • un agent de substitution pour le traitement des dépendances à l'alcool, aux opiacés (Héroïne), aux stimulants (Cocaïne) et aux somnifères (Benzodiazépine).


Aujourd'hui il existe un seul ouvrage↑ (Ref: Docteur en Médecine Franjo Grotenhermen - Cannabis en Médecine : Un guide pratique des applications médicales du cannabis et du THC, 2009, Editions Indica) qui répertorie l'ensemble des conditions traitables par les cannabinoides, écrit par un médecin et recemment traduit en français (www.editionsindica.com) il parcourt l'ensemble des capacités médicinales de cette plante et certains de ces usages. Par ailleurs de nombreux ouvrages existent en langues étrangères (anglais, allemand,espagnol, ...).

20/12/2010

Cannabis news: Des infos négatives pour un débat s/L&L

Lobby. Avec le soutien de Besancenot ou d'Eva Joly, ils s'activent pour la dépénalisation
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 16 décembre 2010
Auteur : Arnaud Folch

Les réseaux procannabis
Nombreux sont ceux qui prônent la “dépénalisation”. Les Français, eux, y sont de plus en plus hostiles. Tout un symbole : lorsqu’on tape le mot “cannabis” sur Google, c’est le site Cannabizz.com qui arrive en tête. « Bienvenue à toi, visiteur, décontracte-toi et prend (sic) un peu de ton temps sur mon site, annonce sa page et de nombreux ustensiles ainsi qu’une sélection de graines de cannabis qui t’accompagneront tous les jours dans ta vie de fumeur… » Si le site reconnaît, page suivante, que la consommation de haschich ou d’herbe « affecte l’esprit et la volonté », ses « effets » sont ainsi décrits : «Un sentiment de douceur, de calme intérieur et de bien-être, une tendance à rire, une prise de recul sur l’environnement. » Les sites comme celui-ci se comptent par centaines sur la Toile : des forums de discussion entièrement consacrés à la promotion de ce produit pourtant proscrit et dangereux jusqu’aux portails des dizaines d’associations militant pour sa légalisation, tel celui d’Asud (Autosupport des usagers de drogue), expliquant aux internautes comment cultiver soi-même sa drogue : « Si vous respectez bien nos conseils, promet le site, vous obtiendrez un minimum de 100 grammes de fleurs par plant. La Walliser Queen de la société suisse Valchanvre peut même donner un kilo par plante ! Waloo, tu te cultives une plante et tu smokes gratos toute l’année ! »

 

http://vulgariz.com/wp-content/uploads/2009/02/cannabis.jpg


De Cohn-Bendit à Eva Joly, en passant par Daniel Vaillant
Derrière le ton joyeusement soixante-huitard des pourfendeurs de la « répression » se cache un véritable lobby, influent et bénéficiant d’importants relais au sein de la classe politique. Plus ancienne et plus puissante association réclamant « le retrait du cannabis et de ses dérivés du tableau des stupéfiants », le Circ (Collectif d’information et de recherche cannabique) organise chaque année, depuis 1993, l’“Appel du 18joint” au parc de la Villette, à Paris. Les Verts Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot, Dominique Voynet, les trotskistes Olivier Besancenot et Alain Krivine ou encore le socialiste Razzy Hamadi y ont, tour à tour, défendu la dépénalisation du cannabis au milieu des effluves de “pétards”. L’occasion, aussi, de célébrer le premier “Appel”, publié en 1976 dans Libération, visant à autoriser « son usage, sa possession, sa culture ou son introduction sur le territoire français ». Parmi les 150 signataires de l’époque : Isabelle Huppert, Bernadette Lafont, André Glucksmann, Philippe Sollers, Bertrand Tavernier, mais aussi Alain Geismar, aujourd’hui au PS, et Bernard Kouchner. L’hebdomadaire branché les Inrockuptibles, qui a publié il y a deux mois une pétition pour réclamer à son tour « la révision de la loi de 1970 » (proscrivant l’usage du cannabis), en dressait cependant le constat : les politiques sont devenus « frileux » sur la question. Seuls Europe Écologie-Les Verts et le Mouvement des jeunes socialistes ont accepté de cautionner leur initiative. Il est vrai qu’un sondage BVA commandé par le même journal fait apparaître que les Français sont de moins en moins favorables à un “adoucissement” de la loi. À la question (pourtant tendancieuse) sur la « dépénalisation des drogues douces comme le haschich », 66 % s’y déclarent « hostiles », contre 64 % en 2001. Seuls 30 % des 18-34 ans y sont « favorables », contre 53 % en 2001. Il n’empêche : même s’il n’a pas signé la pétition, le NPA de Besancenot continue de prôner la liberté de consommer du cannabis, tout comme l’eurodéputé bayrouiste Jean-Luc Bennahmias – membre du comité de soutien du Circ. C’est aussi le cas de Patrice Bessac, porte-parole du PC, et d’Eva Joly, future candidate écologiste à la présidentielle de 2012, qui le reconnaissait en septembre dans le Monde : « Je suis pour la dépénalisation. » Idem, côté socialiste, pour le député Julien Dray et l’ancien ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant, tous deux favorables à la création, comme au Pays-Bas, d’une structure de type “régie française du cannabis”, contrôlant la libre distribution de l’herbe et du haschich. En “oubliant”, comme le rappelle Serge Lebigot, que « c’est dans les pays qui ont légalisé que la consommation de cocaïne, et d’autres drogues, a le plus augmenté ».

 

http://www.asud.org/documents/marche_mondiale_cannabis.gif

Cannabis : les parents en première ligne
Source, journal ou site Internet : Valeurs actuelles
Date : 16 décembre 2010
Auteur : Arnaud Folch

Une campagne du gouvernement et un livre choc mettent en avant le rôle primordial des parents pour lutter contre le cannabis. Vérités et mensonges sur une drogue nullement “douce”. Pourtant défendue par un influent lobby.


Le constat de Serge Lebigot est implacable : « 10 % des personnes qui essaient le cannabis développerontune dépendance, et 70 % d’entre elles l’auront développée avant l’âge de 18 ans », relève en effet le président de l’association Parents contre la drogue et auteur de l’ouvrage Cannabis : ce que les parents doivent savoir (lire aussi pages 16 et 18). Et pour la première fois, depuis le 13 décembre, une campagne de communication du gouvernement sur la lutte contre l’usage des drogues s’adresse aux parents et met en avant leur rôle primordial dans la prévention, auprès de leurs enfants. Trois spots télévisés, diffusés jusqu’au 3janvier, invitent les parents à dialoguer avec leurs adolescents sur le thème de la drogue. Le premier met en scène Brigitte, la mère de Marion, une jeune consommatrice de cannabis. La jeune fille est de plus en plus isolée et rate ses examens. Brigitte réagit en demandant de l’aide à Drogues info service, en appelant le 0800 23 13 13. « La parole des parents compte beaucoup, insiste Nora Berra, secrétaire d’État à la Santé. Ils sont les acteurs naturels de la prévention. Mais leur rôle est difficile, surtout avec des ados. Face aux drogues, ils se sentent perdus et impuissants. Il y a un double risque, de banalisation ou de surdramatisation, qui peut faire perdre le contact avec l’adolescent. » Les psychiatres sont unanimes sur ce point : la drogue est un problème complexe devant lequel les parents sont terriblement démunis. « Bien souvent, ils ont des comportements inadéquats, note la psychiatre Sylvie Angel, auteur du livre les Toxicomanes et Leur famille.


Leur premier réflexe, quand ils ont un doute et craignent d’avoir un enfant qui fume, est d’aller fouiller dans sa chambre, dans ses affaires. Plus les parents fouillent, plus les jeunes deviennent méfiants et se cachent.


Les ados n’ont plus aucune confiance en leurs parents et l’on voit s’installer des situations qui peuvent devenir très conflictuelles. Les parents punissent, adoptent des comportements répressifs qui les éloignent de tout dialogue avec l’enfant. Le premier point, essentiel, qu’il faut comprendre est que l’usage de produits toxiques, autorisés ou non, alcool ou drogue, est le symptôme d’un malaise, d’un mal-être de l’ado, une réponse à une souffrance : anxiété, an goisse ou même dépression, poursuit la psychiatre. Et c’est là qu’il faut agir. » Comment ? Ce n’est pas simple. « Petits, tous les enfants sont les premiers à dire que se droguer, ou même fumer, c’est mal », note le pédopsychiatre Stéphane Clerget, spécialiste de l’adolescent. Et pourtant les consommations de drogue, malgré toutes les campagnes de prévention, ne diminuent pas. Celle du cannabis n’a régressé qu’à la marge. Un ado sur cinq de 17 ans fume au moins dix fois dans l’année et un jeune de 18 ans sur deux a déjà expérimenté l’usage du cannabis. Un article paru dans le Parisien en mars 2008 indiquait que 300 000 enfants de 12 à 15 ans avaient déjà fumé un joint. « Les consommateurs réguliers savent que c’est nocif mais ils y ont pris goût et ne peuvent plus s’en passer, ajoute Stéphane Clerget. Et il ne faut pas croire que le phénomène ne concerne que les milieux défavorisés et les familles en grande difficulté. Le “mal-être” de l’ado qui peut le conduire à la drogue touche tous les milieux, toutes les familles. »


Comment les parents doivent-ils agir ? « Pour prévenir le risque d’une personnalité dépendante, susceptible d’être tentée par la drogue, les parents doivent déjà favoriser l’autonomie de leurs enfants, leurs prises d’initiatives, leurs activités extrascolaires, la diversité de leurs centres d’intérêt », poursuit Stéphane Clerget.


21 % des parents ne parlent jamais des dangers de la drogue
« L’idée selon laquelle un jeune peut commencer à se droguer uniquement à cause de mauvaises fréquentations est un mythe, ajoute Sylvie Angel. La prise de drogue est une conduite volontaire, un choix individuel. » En premier lieu, les parents doivent être capables d’aborder le sujet avec leurs enfants. Une étude anglaise a montré que 50 % des jeunes en école secondaire aimeraient que leurs parents soient leur principale source d’information sur les drogues. Néanmoins, en France, 21 % des parents ne parlent jamais des dangers liés à la consommation de drogue et 22 % ne rappellent pas non plus que c’est interdit. Il apparaît que ce déficit de communication est en partie dû au fait qu’ils manquent de confiance en eux pour aborder le sujet. Alors que plusieurs études prouvent que communiquer sa désapprobation envers les drogues est fortement associé à un moindre usage chez les enfants. Le silence est pire que tout, martèlent les psys, jusqu’à Marcel Ruffo pour qui « une parole, même maladroite, vaut mieux que pas de parole du tout ». C’est la force des liens avec les parents qui permet aux adolescents de devenir autonomes. « Contrairement aux idées reçues, plus ce lien est fort, plus il permet à l’enfant de s’émanciper », ajoute Nora Berra. « Dès le collège, il est nécessaire d’avoir des discussions avec les enfants sur les produits toxiques en général, conseille Stéphane Clerget. Pour toucher un ado, on peut lui expliquer que toute prise de drogue, au-delà de sa nocivité, va briser sa liberté. Même si les ados n’en consomment pas, les parents doivent savoir que de la drogue va leur être proposée. » Jusque dans les établissements les mieux cotés et dans les soirées organisées
dans les beaux quartiers. De surcroît, aucun adolescent n’est à l’abri d’un passage à vide. « Depuis une dizaine d’années, les jeunes que je vois en consultation me donnent l’impression de subir de plus en plus de pression sur leurs résultats scolaires, poursuit le pédopsychiatre. Et ils sont très angoissés. C’est – peut-être – une des causes de la fuite dans la drogue, ressentie comme un moyen de s’apaiser, de se détendre. Comme une automédication. » Comment reconnaître les signes qui doivent alerter ? Les plus immédiats, pour commencer : l’ado qui a consommé du cannabis a les yeux rouges, il est légèrement euphorique. Si sa consommation est régulière, il risque de se replier sur lui-même, peut aller jusqu’à voler de l’argent pour financer sa consommation. Il rencontre également des difficultés de concentration. En fumant, il cherche à se détendre, à calmer une angoisse. Le consommateur régulier va adopter des comportements à risque :
relations sexuelles non protégées, accidents de la circulation s’il roule en deux-roues. « Dès que les parents ont un doute, il faut impérativement qu’ils en parlent avec leur ado, conseille Stéphane Clerget. Calmement, en lui disant qu’il est évident que quelque chose ne va pas. Il ne faut pas hésiter à dire à son enfant : “je vois bien que tu consommes de la drogue”. S’il nie, il faut insister, lui parler de ces signes qui ne trompent pas.


Lui dire que s’il a besoin de fumer, c’est qu’il ne va pas bien et a besoin d’aide. Lui demander quelle est la fréquence de sa consommation, quel type de produit il prend. L’informer, à nouveau, des risques qu’il encourt, lui rappeler la loi, l’interdit, dire qu’il risque de se retrouver devant un tribunal et avec une obligation de soins, voire une hospitalisation. Même si c’est difficile, il ne faut surtout pas s’énerver, crier.


L’ado ne se confiera qu’aux adultes en qui il a confiance. Un jeune qui consomme de la drogue, même occasionnellement, ne doit plus utiliser de deux-roues. Il faut poser cet interdit pour le protéger, en le lui expliquant : chaque année, plus de deux cents morts sur la route sont imputées à la prise de cannabis.


Ensuite, il faut évidemment s’adresser à des psys spécialisés dans la dépendance, engager une psychothérapie. » Souvent, et c’est un réflexe légitime, face à une difficulté, à un malaise, qu’il y ait ou non un problème de consommation de drogue, les parents ont le réflexe de surprotéger leur adolescent. « Cette réaction, aussi compréhensible soit-elle, n’est pas adéquate. C’est au contraire en favorisant l’autonomie du jeune que l’on va réussir à l’aider à régler son problème », expliquent encore les spécialistes. Le problème est complexe : être parent n’est pas facile, particulièrement pendant l’adolescence. Mais il n’y a pas de situation désespérée : « Les parents doivent le savoir, insiste Étienne Apaire, président de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie), l’usage de la drogue est évitable et la dépendance se soigne. Et le premier agent de la prévention contre la drogue, c’est l’adulte. »

 

Les différents post de L&L sur ce théme:

 

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article - 16/05/07 - Le cannabis, les conseils et le blog du fonctionnaire - MARSEILLE (Reuters) - Six mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre d'un …

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Aujourd'hui vous êtes libre de ne pas fumer, même à l'extérieur. A quand une journée du cannabis ?

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article - 31/05/07 - Aujourd'hui vous êtes libre de ne pas fumer, même à l'extérieur. A quand une journée du cannabis ? - Pour des espaces 100% sans tabac ! C'est aujourd'hui la Journée mondiale sans…

11:58 Écrit par HUMANITAS dans Liberté individuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drogues, lobbying, besancenot, cannabis, dépénalisation, parents | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/12/2010

Afghanistan, un narco-État corrompu, une narco-économie/USA, La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial !! Un dossier décapant!

L’important article d’Alfred McCoy paru sur TomDispatch, le 30 mars 2010 [1], aurait dû inciter le Congrès à se mobiliser pour procéder à une véritable réévaluation de l’aventure militaire états-unienne totalement inconsidérée en Afghanistan. La réponse à la question que pose son titre - « Quelqu’un est-il en mesure de pacifier le plus grand narco-État au monde ? - trouve facilement sa réponse dans l’article : c’est un « Non ! » retentissant.... sauf à modifier fondamentalement les objectifs et les stratégies définis, aussi bien à Washington qu’à Kaboul. McCoy démontre clairement que : l’État Afghan de M. Hamid Karzai est un narco-État corrompu, auquel les Afghans sont forcés de payer des pots-de-vin à hauteur de 2,5 milliards de dollars chaque année, soit un quart de l’économie du pays. l’économie afghane est une narco-économie : en 2007, l’Afghanistan a produit 8 200 tonnes d’opium, représentant 53 % du PIB et 93 % du trafic d’héroïne mondial.

 

http://www.reopen911.info/News/wp-content/uploads/PDS_carteAfghanistanOpium.JPG

http://fonzibrain.files.wordpress.com/2010/05/46304402_afghan_opium_2009_466.gif

 

Carte de l’Afghanistan montrant les plus grands champs de pavot, et l’intensité du conflit en 2007 et 2008 et plus.

 

Les options militaires pour faire face au problème sont au mieux inefficaces, et au pire contre-productives :
McCoy avance que le meilleur espoir réside dans la reconstruction des campagnes afghanes jusqu’à ce que les cultures vivrières deviennent une alternative viable à celle de l’opium, un processus qui pourrait prendre de 10 à 15 ans, voire plus. (J’argumenterai plus tard en faveur d’une solution intermédiaire : que l’International Narcotics Board accorde une licence à l’Afghanistan afin que ce pays puisse vendre son opium légalement). L’argument de McCoy le plus fort est qu’à son pic de production, la cocaïne colombienne ne représentait qu’environ 3 % de l’économie nationale, et pourtant, les FARC comme les escadrons de la mort de droite, tout deux largement financés par la drogue, continuent à se développer dans ce pays. Éradiquer simplement la drogue, sans disposer au préalable d’un substitut pour l’agriculture afghane, nécessiterait d’imposer d’insupportables pressions à une société rurale déjà ravagée, et dont le seul revenu notable provient de l’opium. Pour s’en convaincre, il suffit de se souvenir de la chute des Talibans en 2001, qui fit suite à une réduction draconienne de la production de drogue en Afghanistan sous l’impulsion de ces mêmes Talibans (de 4 600 tonnes à 185 tonnes), laquelle transforma le pays en une coquille vide. À première vue, les arguments de McCoy semblent indiscutables, et devraient, dans une société rationnelle, provoquer un débat posé suivi par un changement majeur de la politique militaire états-unienne. McCoy a présenté son étude avec un tact et une diplomatie considérables, afin de faciliter un tel résultat.

 

 

 


La responsabilité historique de la CIA dans le trafic de drogue mondial
Malheureusement de nombreux facteurs font qu’une issue positive de ce type a peu de chances de voir le jour dans l’immédiat. Il existe de nombreuses raisons pour cela, parmi lesquelles des réalités désagréables que McCoy a soit oublié, soit minimisé dans son essai – par ailleurs brillant – et qui doivent être abordées si nous souhaitons vraiment mettre en place des stratégies sensées en Afghanistan. La première réalité est que l’implication grandissante de la CIA, et sa responsabilité dans le trafic de drogue mondial est un sujet tabou dans les cercles politiques, les campagnes électorales, et les médias de masse. Ceux qui ont cherché à briser ce tabou, comme le journaliste Gary Webb, ont souvent vu leurs carrières détruites. Alors qu’Alfred McCoy s’est impliqué plus que quiconque pour faire prendre connaissance au public de la responsabilité de la CIA dans le trafic de drogue au sein des zones de guerres états-uniennes, je me sens gêné de devoir affirmer qu’il minimise ce phénomène dans son article. Il est vrai qu’il écrit que « l’opium émergea comme une force stratégique dans le milieu politique afghan durant la guerre secrète de la CIA contre les Soviétiques », et il ajoute que cette dernière « fut le catalyseur qui transforma la frontière pakistano-afghane en la plus importante région productrice d’héroïne au monde ». Mais, dans une phrase très étrange, M. McCoy suggère que la CIA fut entraînée passivement dans des alliances impliquant la drogue au cours des combats contre les forces soviétiques en Afghanistan dans les années 1979-88, alors que la CIA a précisément créé ces alliances
pour combattre les Soviétiques : Dans un des ces accidents historiques teintés d’ironie, la frontière sud de la Chine communiste et de l’Union Soviétique coïncidèrent avec la zone asiatique de production d’opium, le long d’une chaîne de montagne, attirant la CIA dans des alliances pleines d’ambigüité avec les chef tribaux des hauts plateaux de la région. Il n’y eut pas de tel « accident » en Afghanistan, où les premiers barons de la drogue d’envergure internationale – Gulbuddin Hekmatyar et Abou Rasul Sayyaf – furent en fait projetés sur la scène internationale grâce au soutien massif et mal avisé de la CIA, en collaboration avec les gouvernements du Pakistan et d’Arabie Saoudite. Alors que d’autres forces de résistance locales furent considérées comme des forces de seconde classe, ces deux clients du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, précisément en raison de leur manque de soutien au niveau local, furent des pionniers dans l’utilisation de l’opium et de l’héroïne comme moyen de bâtir leur force de combat et de créer une ressource financière [2].


De plus, tous deux devinrent des agents de l’extrémisme salafiste, s’attaquant à l’islam soufi endogène à l’Afghanistan. Finalement, tous deux devinrent des agents d’Al-Qaïda [3]. L’implication de la CIA dans le trafic de drogue durant le conflit soviéto-afghan n’était pas une première. D’une certaine manière, la responsabilité de la CIA dans le rôle dominant que joue aujourd’hui l’Afghanistan dans le trafic mondial d’héroïne, est une réplique de ce qui arriva plus tôt en Birmanie, au Laos, et en Thaïlande entre la fin des années 1940 et les années 1970. Ces pays sont aussi devenus des acteurs majeurs du trafic de drogue grâce au soutien de la CIA (et des Français, dans le cas du Laos), sans quoi ils n’auraient été que des acteurs locaux. On ne peut parler d’« accident ironique » dans ce cas non plus. McCoy lui-même a montré comment, dans tous ces pays, la CIA a non seulement toléré mais aussi soutenu la croissance des actifs des forces anticommunistes financées par la drogue, afin de contenir le danger représenté par une intrusion de la Chine communiste en Asie du Sud-Est. Des années 1940 aux années 1970, et comme en Afghanistan aujourd’hui, le soutien de la CIA participa à transformer le Triangle d’Or en un fournisseur majeur d’opium au niveau mondial. Durant cette même période, la CIA recruta des collaborateurs tout au long des routes de contrebande de l’opium asiatique, de même que dans des pays comme la Turquie, le Liban, la France, Cuba, le Honduras, et le Mexique. Ces collaborateurs comprenaient des agents gouvernementaux comme Manuel Noriega au Panama ou Vladimiro Montesinos au Pérou, souvent des personnalités expérimentées appartenant aux services de police soutenus par la CIA ou aux services de renseignement. Mais des mouvements insurrectionnels en faisaient aussi partie, des Contras du Nicaragua dans les années 1980 (selon Robert Baer et Seymour Hersh) au Jundallah [4], affilié à Al-Qaïda et opérant aujourd’hui en Iran et au Baloutchistan [5].

 

http://www.reopen911.info/News/wp-content/uploads/PDS_carte2.JPG

 

Carte de la CIA montrant les routes de l’opium de l’Afghanistan à destination de l’Europe, en 1998. Selon
les informations de la CIA, mises à jour en 2008 : « La plus grande partie de l’héroïne en provenance de
l’Asie du Sud-Est est acheminée par voie terrestre, à travers l’Iran et la Turquie, jusqu’en Europe via les
Balkans. » En fait, la drogue est également convoyée à travers les États de l’ancienne Union soviétique, le
Pakistan et Dubaï.


Le gouvernement Karzai, et non les Talibans, domine l’économie de la drogue afghane
Le meilleur exemple d’une telle influence de la CIA sur les trafiquants de drogue aujourd’hui se trouve sans doute en Afghanistan, où le propre frère du président Karzai, Ahmed Wali Karzai (un collaborateur actif de la CIA) [6], et Abdul Rashid Dostum (un ancien collaborateur de l’Agence) comptent parmi ceux qui sont accusés de trafic de drogue [7]. La corruption liée à la drogue au sein du gouvernement afghan doit être en partie attribuée à la décision des États-Unis et de la CIA de lancer, en 2001, une invasion avec le soutien de l’Alliance du Nord, un mouvement dont Washington savait qu’il était corrompu par la drogue [8]. De cette manière, les USA ont consciemment recréé en Afhanistan la situation qu’ils avaient créée précédemment au Vietnam. Au Vietnam aussi (comme Ahmed Wali Karzai un demi siècle après), le frère du président, Ngo Dinh Nhu, utilisait la drogue pour financer un réseau privé lui permettant de truquer les élections en faveur de Ngo Dinh Diem [9]. Thomas H. Johnson, coordinateur des études de recherche anthropologique à la Naval Postgraduate School, montra l’improbabilité du succès d’un programme de contre-insurrection quand ce programme soutient un gouvernement local qui est de manière flagrante l’objet de dysfonctionnements et de corruption [10]. Ainsi je m’oppose à McCoy quand celui-ci, à l’image des médias de masse US, dépeint l’économie de la drogue afghane comme étant dominée par les Talibans. (Selon les propres termes de McCoy : « Si les insurgés prennent le contrôle de cette économie illégale, comme l’ont fait les Talibans, alors la tâche deviendra presque insurmontable. ») La part des Talibans sur le marché de l’opium afghan est estimée en général entre 90 et 400 millions de dollars. Or l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) estime que le total des revenus issus du commerce de l’opium et de l’héroïne est de l’ordre de 2,8 à 3,4 milliards de dollars [11]. Clairement, les Talibans n’ont pas fait main basse sur cette économie, dont la plus grande partie est contrôlée par les partisans du gouvernement Karzai. En 2006, un rapport de la Banque Mondiale avançait « qu’au plus haut niveau, 25 à 30 trafiquants majeurs, la majorité d’entre eux basés au sud de l’Afghanistan, contrôlent les transactions et les transferts majeurs, travaillant étroitement avec des soutiens occupant des positions politiques et gouvernementales au plus haut niveau » [12]. Les médias états-uniens ne se sont pas intéressés à cette réalité factuelle, pas plus qu’à la manière dont cela a influé sur les stratégies politiques de leur pays en Afghanistan, en matière de guerre et de trafic de drogue.


L’administration Obama semble avoir pris ses distances d’avec les programmes d’éradication peu judicieux de la période Bush, qui ne rencontreront jamais l’adhésion « coeur et âme » de la paysannerie afghane. Elle préfère mettre en place une politique d’interdiction sélective du trafic, en ne s’attaquant de manière explicite qu’aux trafiquants qui aident les insurgés [13]. Reste à savoir si cette politique sera efficace pour affaiblir les Talibans. Mais cibler ce qui constitue au plus un dixième du trafic total ne permettra clairement jamais d’en finir avec la position actuelle de l’Afghanistan comme le principal narco-État. Cela ne permettra pas non plus d’en finir avec l’actuelle épidémie mondiale de consommation d’héroïne ayant commencée à la fin des années 1980, qui a déjà créé 5 millions de toxicomanes au Pakistan, plus de 2 millions en Russie, 800 000 aux États-Unis, plus de 15 millions à travers le monde, dont un million en Afghanistan même. La politique d’interdiction sélective du gouvernement Obama aide aussi à expliquer son refus de considérer la solution la plus humaine et la plus raisonnable à l’épidémie mondiale d’héroïne afghane. Il s’agit de l’initiative « poppy for medicine » (Opium pour la médecine) de l’International Council on Security and Development (ICOS, autrefois connu comme le Senlis Council), qui vise à établir un programme délivrant des autorisations, permettant ainsi aux agriculteurs de vendre leur opium pour permettre la production de médicaments essentiels et très demandés comme la morphine ou la codéine [14]. La proposition a reçu le soutien des parlements européen et canadien ; mais il fut l’objet de sévères critiques aux USA, principalement parce que cela pourrait engendrer une augmentation de la production d’opium. Cependant, cela fournirait une réponse à moyen terme à l’épidémie d’héroïne qui dévaste l’Europe et la Russie – situation qui ne sera pas réglée par l’alternative présentée par McCoy de substituer d’autres cultures durant les 10 ou 15 prochaines années, et encore moins par le programme d’élimination sélective de fournisseurs d’opium conduit par l’administration Obama. Une conséquence rarement citée de l’initiative « poppy for medicine » serait de réduire les recettes engendrées par le trafic illicite qui permet de soutenir le gouvernement Karzai. Pour cette raison, ou simplement car tout ce qui se rapproche d’une légalisation des drogues reste un sujet tabou à Washington, l’initiative « poppy for medicine » a peu de chance d’être soutenue par l’administration Obama.

 

http://www.mecanopolis.org/wp-content/uploads/2009/11/CIA.pnghttp://mecanoblog.files.wordpress.com/2010/07/050608_opium_marines_8001.jpg


L’héroïne afghane et la connexion mondiale de la drogue de la CIA
Il y a un autre paragraphe dans lequel McCoy, de manière erronée à mon avis, concentre son attention sur l’Afghanistan comme noeud du problème plutôt que sur les États-Unis eux-mêmes :
Lors d’une conférence sur la drogue à Kaboul ce mois-ci, le chef du Federal Narcotics Service russe a estimé la valeur actuelle de la culture de l’opium en Afghanistan à 65 milliards de dollars. Seulement 500 millions de dollars vont aux fermiers afghans, 300 millions aux Talibans, et les 64 milliards restant à la « mafia de la drogue », lui garantissant de vastes fonds pour corrompre le gouvernement Karzai (souligné par l’auteur) dans un pays où le PIB est de seulement 10 milliards de dollars [15]. Ce paragraphe oublie d’évoquer un fait pertinent et essentiel : selon l’ONUDC, seulement 5 à 6 % de ces 65 milliards de dollars, soit de 2,8 à 3,4 milliards, restent en Afghanistan [16]. Environ 80 % des bénéfices issus du trafic de drogue proviennent des pays de consommation – dans ce cas la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ainsi, nous ne devrions pas croire un instant que le seul pays corrompu par le trafic de drogue afghan est le pays d’origine. Partout où le trafic est devenu important, même dans les lieux de transit, il a survécu en étant protégé, ce qui en d’autres termes, s’appelle de la corruption. Il n’existe aucune preuve montrant que l’argent de la drogue gagné par les trafiquants alliés à la CIA ait grossit les comptes bancaire de la CIA ou ceux de ses officiers, mais la CIA a indirectement profité du trafic de drogue, et a développé au fil des ans une relation très proche avec celui-ci.


La guerre secrète de la CIA au Laos fut un cas extrême. Durant celle-ci, l’Agence mena une guerre en utilisant comme principaux alliés l’Armée Royale Laotienne du général Ouane Rattikone et l’Armée Hmong du général Vang Pao, toutes deux en grande partie financées par la drogue. L’opération massive de la CIA en Afghanistan dans les années 1980 fut un autre exemple d’une guerre en partie financée par la drogue. [17].

 

Une protection pour les trafiquants de drogue aux États-Unis
Dès lors, il n’est pas surprenant que, les années passant, le gouvernement états-unien, suivant la voie tracée par la CIA, aient protégé des trafiquants de drogue contre les poursuites judiciaires dans le pays. Par exemple, aussi bien la CIA que le FBI sont intervenus en 1981 contre l’inculpation (pour vol de voiture) du trafiquant de drogue mexicain et tsar des renseignements Miguel Nazar Haro, affirmant que Nazar était « un contact essentiel, je répète, un contact essentiel pour le bureau de la CIA à Mexico », sur les questions de « terrorisme, renseignement, et contre-renseignement » [18]. Lorsque le procureur général associé Lowell Jensen refusa de donner suite à l’inculpation de Nazar, le procureur de San Diego, William Kennedy, exposa publiquement l’affaire. Il fut rapidement viré pour cela [19]. Un exemple récent et spectaculaire d’une implication de la CIA dans le trafic de drogue fut l’affaire concernant un collaborateur vénézuélien de la CIA, le général Ramon Guillén Davila. Comme je l’explique dans mon livre, Fueling America’s War Machine (à paraître) [20] : Le général Ramon Guillén Davila, chef de l’unité anti-drogue créée par la CIA au Venezuela, fut inculpé à Miami pour avoir fait entrer une tonne de cocaïne aux États-Unis. Selon le New York Times, « la CIA, malgré l’objection de la Drug Enforcement Administration, approuva l’envoi d’au moins une tonne de cocaïne pure vers l’aéroport international de Miami comme moyen d’obtenir des informations sur les cartels de la drogue colombiens ». Le magazine Time rapporta qu’une seule cargaison représentait 450 kilos, et était précédée d’autres « pour un total d’environ une tonne » [21]. Mike Wallace confirma que « l’opération secrète de la CIA et des gardes nationaux rassembla rapidement cette cocaïne, plus d’une tonne et demie, qui fut introduite clandestinement de Colombie vers le Venezuela » [22]. Selon le Wall Street Journal, la quantité totale de drogue introduite clandestinement par le général Guillén serait de plus de 22 tonnes [23]. Mais les États-Unis n’ont jamais demandé au Venezuela l’extradition de Guillén afin de le juger ; et, en 2007, lorsqu’il fut arrêté au Venezuela pour conspiration de meurtre à l’encontre du président Hugo Chavez, son inculpation était toujours quelque part à Miami [24]. Pendant ce temps-là,
l’agent de la CIA Mark McFarlin, que Bonner, le chef de la DEA, souhaitait également inculper, ne le fut jamais, et dut simplement démissionner [25]. Pour résumer, il n’arriva rien aux acteurs principaux de cette affaire, qui n’a probablement fait surface dans les médias qu’en raison des protestations générées à la même époque par les articles de Gary Webb parus dans le San Jose Mercury au sujet de la CIA, des Contras et de la cocaïne.


Les banques et le blanchiment de l’argent de la drogue
D’autres institutions ont un intérêt direct dans le trafic de drogue, dont les grandes banques, qui effectuent des prêts à des pays comme la Colombie et le Mexique, sachant pertinemment que le flot de drogue aidera à garantir le remboursement de ces prêts. Plusieurs de nos plus grandes banques, comme City Group, Bank of New York et Bank of Boston, ont été identifiées comme participant au blanchiment d’argent, mais n’ont jamais subi de pénalités assez importantes pour les obliger à changer de comportement [26]. En bref, l’implication des États-Unis dans le trafic de drogue rassemble la CIA, des intérêts financiers majeurs et des intérêts criminels dans ce pays et à l’étranger. Antonio Maria Costa, chef de l’ONUDC, a déclaré que « l’argent de la drogue, représentant des milliards de dollars, a permis au système financier de se maintenir au plus haut de la crise financière ». Selon l’Observer de Londres, Costa déclara avoir vu des preuves que les recettes du crime organisé étaient « le seul capital d’investissement liquide » disponible pour certaines banques au moment du krach de l’année dernière. Il affirma qu’une majorité des 352 milliards de dollars de profits liés à la drogue furent ainsi absorbés par le système économique. Costa déclara que les preuves montrant une absorption de l’argent illégal par le système financier lui furent soumises par des agences de renseignement et des procureurs il y a 18 mois environ. « Dans de nombreux cas, l’argent de la drogue était le seul capital d’investissement liquide. Durant la seconde moitié de 2008, la liquidité était le problème majeur du système bancaire, ainsi le capital liquide devînt un facteur important, » dit-il [27]. Un exemple frappant de l’importance de la drogue à Washington fut l’influence exercée dans les années 1980 par la Bank of Credit and Commerce International, banque pratiquant le blanchiment de l’argent de la drogue. Comme je l’explique dans mon livre, parmi les personnes haut placées profitant des largesses de la BCCI, ses propriétaires, et ses affiliés, nous trouvons James Baker, secrétaire au Trésor sous Ronald Reagan, qui refusa d’enquêter sur la BCCI [28] ; le sénateur démocrate Joe Bidden et le sénateur républicain Orrin Hatch, et plusieurs membres importants du Comité Judiciaire du Sénat, lequel refusa d’enquêter sur la BCCI [29].


Finalement, ce ne fut pas Washington qui agit en premier afin de mettre un terme aux activités bancaires de la BCCI et de ses filiales illégales aux États-Unis, mais deux personnes déterminées, l’avocat de Washington Jack Blum et le procureur de Manhattan Robert Morgenthau [30].

 

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Conclusion : la source du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington


Je comprends pourquoi McCoy, dans son désir de changer une politique vouée à l’échec, prend plus de précautions que moi-même lorsque j’évoque à quel point certaines institutions états-unienne puissantes – gouvernement, renseignements et finance – et pas seulement le gouvernement Karzai, ont été corrompues par l’omniprésent trafic de drogue. Mais je pense que son approche pleine de tact se montrera contre-productive.


La source principale du problème mondial qu’est la drogue n’est pas à Kaboul, mais à Washington. Mettre fin à ce scandale demandera la divulgation de faits que McCoy ne désire pas aborder dans son article.Dans son ouvrage magistral, The Politics of Heroin [31], McCoy parle de l’histoire de Greg Musto, expert en drogues à la Maison Blanche sous Carter. En 1980, Musto dit au Strategy Council on Drug Abuse de la Maison Blanche que « nous allions en Afghanistan afin de soutenir les cultivateurs d’opium dans leur rébellion contre l’Union Soviétique. Ne pourrions-nous pas éviter de faire ce que nous avons déjà fait au Laos ? » [32]. Se voyant refuser l’accès par la CIA à des données auxquelles il avait légalement accès, Musto fit part de son inquiétude en public en mai 1980, notant, dans un éditorial du New York Times, que l’héroïne en provenance du Croissant d’Or était déjà (et pour la première fois) en train de causer une crise médicale à New York. Et il avertit, avec prescience, que « cette crise est amenée à s’aggraver » [33]. Musto espérait qu’il pourrait contribuer à un changement de politique en mettant le problème sur la place publique, et en
l’accompagnant d’un avertissement fort au sujet d’une aventure en Afghanistan financée par la drogue qui pourrait se révéler désastreuse. Mais ses mots emplis de sagesse furent sans pouvoir contre l’implacable détermination de ce que j’appelle la machine de guerre US au sein de notre gouvernement et de notre économie politique. Je crains que le message sensé de McCoy, en étant bienséant là où il est justement nécessaire de ne pas l’être, subira le même sort. Article original en anglais, Opium and the CIA: Can the US Triumph in the Drug-Addicted War in Afghanistan?, publié le 5 avril 2010. Peter Dale Scott est docteur en sciences politiques et ancien diplomate canadien. American War Machine : Deep Politics, the CIA Global Drug Connection, and the Road to Afghanistan est le dernier livre de Peter Dale Scott récemment publié chez Rowman & Littlefield. On compte parmi ses livres précédents, Drugs Oil and War, The Road to 9/11, and The War Conspiracy: JFK, 9/11, and the Deep Politics of War.

 

Son site web est http://www.peterdalescott.net. En français : La Route vers le Nouveau Désordre Mondial, 50 ans
d’ambitions secrètes des États-Unis, éditions Demi Lune


Notes
[1] « Can Anyone Pacify the World’s Number One Narco-State ? The Opium Wars in Afghanistan », par Alfred W. McCoy
[2] Éventuellement, les États-Unis et leurs alliés accordèrent à Hekmatyar, qui pour un temps fut sans conteste le plus grand
trafiquant de drogue au monde, plus d’un milliard de dollars en armement. C’est plus qu’aucun autre client de la CIA a jamais
reçu, avant ou depuis.
[3] Peter Dale Scott, The Road to 9/11, p.74-75 (paru en français sous le titre La Route vers le Nouveau
Désordre Mondial (Demi-Lune, Paris, 2010) : “Khalid Sheikh Mohammed, que la Commission d’enquête
sur le 11-Septembre considère comme le véritable auteur du complot du 11/9, commença à concevoir son
plan quand il était en lien avec Abdul Sayyaf, un dirigeant avec lequel ben Laden était encore en délicatesse.
[9/11 Commission Report, p.145-50]. Au même moment, plusieurs des hommes condamnés pour l’attentat
contre le World Trade Center en 1993, et la “journée de la terreur” New York en 1995, s’étaient entraînés ou
avaient combattu avec Gulbuddin Hekmatyar, ou collecté de l’argent pour lui. [Tim Weiner, “Blowback
from the Afghan Battlefield”, New York Times, 13 mars 1994].
[4] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidin du Peuple, Réseau Voltaire, 13 juin 2009.
[5] Seymour Hersh, New Yorker, 7 juillet 2008.
[6] « Hamed Wali Karzai chargé de négocier avec les Talibans », Réseau Voltaire, 14 mai 2010.
[7] New York Times, 27 octobre 2009.
[8] Steve Coll, Ghost Wars : The Secret History of the CIA, Afghanistan, and Bin Laden, from the Soviet Invasion to September
10, 2001, (Penguin Press, New York, 2004), p.536. Slon Ahmed Rashid, au début de l’offensive US en 2001 : “Le Pentagone
disposait d’une liste d’au moins 25 laboratoires de drogues et d’entrepôts en Afghanistan, mais ils refusèrent de les bombarder car
certains appartenaient aux nouveaux alliés de la CIA, au sein de la NA [Northern Alliance / l’Alliance du Nord]”, (Ahmed Rashid,
Descent into Chaos : The United States and the Failure of Nation Building in Pakistan, Afghanistan, and Central Asia, [Viking,
New York, 2008], p.320).
[9] Stanley Karnow, Vietnam : A History (Penguin, New York, 1997), p.239. Cf. New York Times, 28 octobre, 2009.
[10] Thomas H. Johnson & M. Chris Mason, “Refighting the Last War : Afghanistan and the Vietnam Template”, Military
Review, Novembre-Décembre 2009, p.1.
[11] Le lecteur vigilant aura noté que même 3,4 milliards USD ne représentent pas 53 % des 10 milliards estimés dans le
paragraphe précédent comme le PIB afghan. Ces estimations en provenance de sources diverses ne sont pas extrêmement précises,
et ne donnent donc pas un résultat mathématiquement parfait. Au demeurant, il s’agit de la valeur des drogues en gros en
Afghanistan et non pas de leur valeur au détail dans les pays consommateurs.
[12] Afghanistan : Drug Industry and Counter-Narcotics Policy]. En 2007, le Daily Mail de Londres rapporta que « les quatre
acteurs principaux du trafic de l’héroïne étaient tous des membres hauts placés du gouvernement afghan » [[London Daily Mail.
21 juillet 2007. En décembre 2009, Harper’s publia une longue enquête sur le colonel Abdul Razik, “le maître de Spin Boldak,”
un trafiquant de drogue et un allié de Karzai dont l’ascension fut “encouragée par un cercle d’officiels corrompus à Kaboul et à
Kandahar, et aussi parce que les commandants de l’OTAN, déployés sur un trop vaste territoire, trouvèrent utiles le contrôle qu’il
exerçait sur une ville frontalière essentielle dans leur guerre contre les Talibans”, (Matthieu Aikins, “The Master of Spin Boldak”,
Harper’s Magazine, décembre 2009).
[13] James Risen, “U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban”, New York Times, 10 août 2009 : ”Le commandement
militaire US dit au Congrès que … seuls ces [trafiquants de drogue] qui apportent de l’aide aux insurgés devraient être pris pour
cible.”
[14] Corey Flintoff, “Combating Afghanistan’s Opium Problem Through Legalization”, NPR, 22 décembre 2005.
[15] Devant d’autres auditoires, les responsables russes de la lutte anti-drogues ont explicitement évoqué l’OTAN. Voir « Pavot :
la Russie met en cause la responsabilité de l’OTAN », Réseau Voltaire, 3 mars 2010. Off, les responsables poutiniens ont
également évoqué un pot de vin d’1 milliard de dollars annuels versés par l’OTAN avec l’argent des drogues au président
Medvedev en échange du droit de passage des GI’s sur le territoire russe. Ndlr.
[16] CBS News, 1er avril 2010.
[17] Voir le livre de Peter Dale Scott, La Route vers le Nouvel Ordre Mondial. NdT.
[18] Des câbles de Gordon McGinley, l’attaché légal du FBI à Mexico City, au Département de la Justice, voir Scott & Marshall,
Cocaine Politics, p.36.
[19] Scott, Deep Politics, p.105 ; citation du San Diego Union, 26 mars 1982.
[20] Fueling America’s War Machine : Deep Politics and the CIA’s Global Drug Connection, (à paraitre à l’automne 2010 chez
Rowman & Littlefield).
[21] Time, 29 novembre 1993 : “Les expéditions continuèrent, toutefois, jusqu’à ce que Guillen tente d’envoyer 3 373 livres de
cocaïne en une seule fois. La DEA, (Drug Enforcement Agency), vigilante, l’arrêta et s’en saisit.” Cf. New York Times, 23
novembre 1996 (“one ton”).
[22] CBS News Transcripts, 60 Minutes, 21 novembre 1993.
[23] Wall Street Journal, 22 novembre 1996. Je soupçonne la CIA d’avoir approuvé l’importation de cocaïne moins "comme un
moyen de rassembler de l’information" que dans le but de redistribuer des parts de marché dans le trafic global de cocaïne, dans
son pays d’origine, la Colombie. Dans les années 1990, la CIA et le JSOC furent impliqués dans l’élimination du baron colombien
de la drogue Pablo Escobar, un exploit rendu possible grâce à l’aide du Cartel de Cali et des escadrons de la mort terroristes de
l’UAC de Carlos Castaño. Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War, p.86-88.
[24] Chris Carlson, “Is The CIA Trying to Kill Venezuela’s Hugo Chávez ?” Global Research, 19 avril 2007.
[25] Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The People, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (TrineDay,
Springfield, 2009), 400 ; Time, 23 Novembre 1993. McFarlin avait collaboré avec des forces anti-guérilla au Salvador dans les
années 1980. Jim Campbell, le chef de station de la CIA au Venezuela.
[26] La Bank of Boston procéda au blanchiment d’au moins 2 millions de dollars au profit du trafiquant Gennaro Angiulo, et fut
pour cela condamnée à payer une amende de 500 000 dollars, (New York Times, 22 Février 1985 ; Eduardo Varela-Cid, Hidden
Fortunes : Drug Money, Cartels and the Elite Banks [El Cid Editor, Sunny Isles Beach, 1999]). Cf. Asad Ismi, “The Canadian
Connection : Drugs, Money Laundering and Canadian Banks”, Asadismi.ws : “91 % des 197 milliards USD dépensés en cocaïne
aux USA restent dans ce pays, et les banques états-uniennes blanchissent 100 milliards USD provenant de la drogue chaque année.
Parmi les banques connues pour ce genre de pratiques, on trouve la Bank of Boston, la Republic National Bank of New York, la
Landmark First National Bank, la Great American Bank, la People’s Liberty Bank and Trust Co. of Kentucky, et la Riggs National
Bank of Washington. Citibank aida Raul Salinas (le frère de l’ancien président du Mexique Carlos Salinas) à déplacer des millions
de dollars hors du Mexique, à destination de comptes secrets détenus en Suisse sous de fausses identités.”
[27] Rajeev Syal, “Drug money saved banks in global crisis, claims UN advisor”, Observer, 13 décembre 2009.
[28] Jonathan Beaty & S.C. Gwynne, The Outlaw Bank : A Wild Ride into the Secret Heart of BCCI, (Random House, New York,
1993), p.357.
[29] Peter Truell & Larry Gurwin, False Profits : The Inside Story of BCCI, the World’s Most Corrupt Financial Empire,
(Houghton Mifflin, Boston, 1992), p.373-77.
[30] Truell & Gurwin, False Profits, p.449.
[31] Disponible en français sous le titre : La politique de l’heroine. L’implantation de la CIA dans le trafic des drogues [Editions
du Lézard, 1998].
[32] Alfred W. McCoy, The Politics of Heroin (Lawrence Hill Books/ Chicago Review Press, Chicago, 2003), p.461 ; citant une
interview avec le Dr David Musto.
[33] David Musto, New York Times, 22 mai 1980 ; cité dans McCoy

 

L’Opium, la CIA et l’administration Karzaï
Source, journal ou site Internet : Mondialisation.ca
Date : 15 décembre 2010
Auteur : Peter Dale Scott

14:50 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : opium, drogues, cannabis, pavot, usa, cia, espionnage, corruption, afghanistan, guerre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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