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06/06/2011

Israël: « Dôme de fer » (« Kipat Barzel »)

Un « parapluie » antimissile pour se protéger des roquettes ennemies ? Tel est le projet israélien de « Dôme de fer » (« Kipat Barzel »), déjà opérationnel avec deux batteries déployées fin mars et début avril à Bersheeba et Ashkelon (1). Il est censé intercepter les missiles et roquettes de courte portée comme ceux qu’ont tirés des groupes palestiniens à partir de la bande de Gaza et le Hezbollah à partir du Liban. Développé par la société nationale Rafael Advanced Defence Systems, « Dôme de fer », le projet de bouclier antimissile israélien, recourt à de petits missiles guidés par radar, capables d’anéantir en plein vol non seulement des roquettes de portée très courte, de quatre à soixante-dix kilomètres, mais aussi des obus d’artillerie et de mortier. Il a déjà été testé avec succès contre des Katioucha et des roquettes de 122 mm de type Grad, de portée inférieure à 30 km, prises au Hezbollah.

 

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Title:  Israel Seems To Be Outfitting Her Tanks With Scalar Tesla Dome Shields! cliquez l'image


Selon le ministère de la défense, les deux premières batteries sont montées sur des camions et faciles à déployer le long de l’une ou l’autre des frontières israéliennes.

 

Repérant les seuls engins capables d’atteindre le sol israélien, le système pourrait en intercepter simultanément plusieurs. Une batterie isolée suffirait à défendre efficacement une ville du sud d’Israël comme Ashkelon (cent mille habitants). Premier objectif : déployer le dispositif à proximité de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas. Puis, l’installer face au Liban où, selon les estimations du renseignement militaire israélien, le Hezbollah aurait stocké un arsenal de quarante mille roquettes. Ce déploiement s’inscrit dans une démarche de protection « multicouches ». Un accord entre les Etats-Unis et Israël, signé à la fin du mois de septembre 2010, prévoit le développement d’un système de défense baptisé « Baguette magique » ainsi que de son missile « Fronde de David » (« Kala David »), une réponse aux missiles de courte portée (supérieure à 70 km mais inférieure à 250 km), aux roquettes de longue portée et gros calibres (les plus lourdes auraient des ogives d’une demi-tonne) et aux missiles de croisière.


L’accord porte également sur la mise au point de l’intercepteur « Stunner », conçu conjointement par l’Israélien Rafael et l’Américain Raytheon.

 

http://www.julianchurch.org/_images/israel_420.jpg

 

Opérationnel depuis 2000 (soit neuf ans après le début de son développement), le système « Arrow » (« La flèche » ou « Hetz » en hébreu) protège Israël des missiles balistiques d’une portée supérieure à 250 km. Washington en finance la moitié du coût annuel. Le programme Arrow II a été développé par Boeing et Israel Aerospace Industries (IAI), à partir de 1995 pour éliminer les missiles balistiques conventionnels à plus longue portée, en particulier iraniens (d’une portée de plus de 1 600 km). Enfin, Tel-Aviv, craignant une attaque nucléaire de Téhéran, a cherché à développer un intercepteur opérant à plus haute altitude et doté d’une portée plus longue : « Arrow III ». En octobre 2007, les Etats-Unis et Israël ont établi un comité mixte destiné à en assurer la conception, confiée à Israel Aerospace Industries et Boeing. Lancé en 2008, Arrow III pourrait être testé cette année, pour un déploiement en 2014. Au total, avec les différents programmes, près de 422,7 millions de dollars seront déboursés par le Pentagone pour l’ensemble des différents systèmes antimissiles d’Israël (2), qui s’ajoutent aux trois milliards de dollars d’aide militaire américaine annuelle. La guerre de l’été 2006 contre le Hezbollah et celle contre le Hamas dans la bande de Gaza en 2008-2009 ont fourni aux autorités israéliennes une justification à la mise au point de ces boucliers, notamment pour « Dôme de fer ». Pendant l’été 2006, les combattants chiites du Hezbollah ont tiré environ quatre mille roquettes contre le nord d’Israël, contraignant un million d’habitants à se protéger dans des abris ou à fuir vers le sud. Tandis que de Gaza, furent lancés plusieurs milliers de projectiles en 2008-2009, principalement des roquettes de type Qassam et de Katioucha fabriquées artisanalement à partir de produits simples – nitrate de potassium, sucre, engrais... – dans des ateliers clandestins. Néanmoins, un tel système de défense peut-il être efficace ? La question s’est déjà posée, aux Etats-Unis dans les années 1980, à propos de l’Initiative de défense stratégique (IDS), plus connue sous le nom de « guerre des étoiles » (3). La réponse pourrait être la même : il n’existe pas de système complètement étanche. De nombreux experts, israéliens notamment, estiment que la cuirasse de « Dôme de fer » a un défaut majeur : la proximité de villes comme Sderot de la frontière.


« Alors que les Qassam lancées sur Sderot étaient relativement lents, nous explique M. Reuven Pedazur, expert israélien en missiles balistiques, le Hamas a déjà lancé, notamment durant l’opération « Plomb durci » (la guerre israélienne contre Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009), des Qassam de troisième génération, et des Grad. Ceux-ci
sont trois ou quatre fois plus rapides que les anciens modèles ». Les premiers résultats montrent que le taux d’interception de roquettes ennemies est loin de 100 %. Le système est encore largement expérimental (4). Le directeur général du ministère de la défense israélien, Udi Shani, qui a indiqué début mai qu’Israël allait consacrer un milliard de dollars dans ce programme les prochaines années, a reconnu que ce n’est pas « un système qui peut assurer l’interception de chaque roquette dans toutes situations » (5).

 

http://www.factsofisrael.com/en/images/articles/israelmap-preview.jpg

 

Et avec les quarante mille roquettes et missiles dont disposerait le Hezbollah, un risque de saturation de la défense israélienne n’est pas à exclure. « C’est une réelle possibilité et c’est
tout le problème des systèmes antimissiles et anti-roquettes. En dépit des performances, le nombre est un avantage en soi et des interceptions par missile coûtent cher alors que les roquettes, qu’elles soient du Hezbollah ou des groupes combattants palestiniens, sont très abordables », nous affirme Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine de défense DSI, spécialiste des défenses antimissiles. Chaque engin Tamir, estime M. Pedazur, revient à 100 000 dollars, contre quelques centaines de dollars pour une roquette Qassam. Comme le rapporte le quotidien israélien Haaretz (6), « la décision de développer « Dôme de fer », semble être, depuis le début, une tentative pour maintenir l’emploi des scientifiques de Rafael et pour compenser le manque à gagner de l’arrêt des programmes de recherche et développement pour le système Arrow, mis au point par l’entreprise Israel Aerospace Industries. Une autre explication réside dans le fait que l’entreprise de défense Rafael n’a pas eu à investir en recherche et développement, parce qu’il est partiellement financé par un pays asiatique, dont le nom est secret ». Selon le site spécialisé Intelligence Online, il s’agirait de Singapour, ce que dément la direction de Rafael.


Mais l’argument pour développer un tel système est autant militaire que politique. Le ministre de la défense, M. Ehoud Barak, a estimé que « Dôme de fer » pourra être présenté comme une garantie aux Israéliens pour les rassurer en cas de retrait de Cisjordanie, dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec les Palestiniens. « En Israël, les tirs de roquettes sont devenus un véritable sujet de débat politique ces dernières années et les systèmes en question représentent une réponse naturelle (...) Le système n’est pas là tant pour « barricader » Israël que pour pouvoir mettre le pays dans une position de force. Comme pour dire : “regardez, avec ce système et les autres[blocus naval, mur, vidéosurveillance, etc.], vous ne pouvez plus rien nous faire. Maintenant, acceptez nos conditions” », indique Joseph Henrotin. « Toutefois, en bon général, Barak ne peut ignorer ce que le général Desportes qualifiait de “loi du contournement” : lorsque vous bloquez votre adversaire, qu’il ne peut plus utiliser ses moyens efficacement – en l’occurrence ses roquettes – il trouve d’autres modes d’action. La guerre est une dialectique et les Palestiniens aussi bien que le Hezbollah ont déjà montré leurs facultés d’adaptation tactique, opérationnelle et stratégique.

 

http://www.gatewaysmoving.com/images/about-moving-to-israel/2.jpg

 

Sauf en cas de solution politique, le problème se posera tout simplement ailleurs… », ajoute l’expert. Lors d’un discours à l’université de Haïfa, au début du mois de décembre dernier, Gadi Eizenkot, un responsable de l’armée israélienne, a même déclaré que ces « systèmes sont conçus pour protéger les bases militaires, même si cela signifie que les citoyens subissent des désagréments durant les premiers jours de la bataille (7) ». Mais la direction de Rafael, que nous avons contactée, précise que le système protégera aussi les civils.


D’autre part, la stratégie défensive du « Dôme » se heurte à une tendance de l’armée israélienne à chercher avant tout à développer ses capacités offensives, notamment celles visant à détruire les missiles ou roquettes de longue portée de ses ennemis – repérables à leur taille ou au moment de leur phase de lancement – au moyen de bombes de haute précision.


S’agissant des roquettes de courte portée, l’état-major privilégie également l’option offensive avec des raids terrestres ciblant les sites de lancement (8). La mise en place de « Dôme de fer » confirme aussi les contradictions de la politique de Washington. Alors même que les dissensions entre les deux capitales sur la colonisation s’accentuaient, le président Barack Obama a demandé au Congrès de débloquer la somme de 205 millions de dollars pour soutenir la mise en place du dispositif. La chambre des représentants a approuvé mercredi 8 décembre 2010 l’octroi de cette aide pour un programme qui aura déjà coûté 210 millions de dollars depuis 2007.

 

http://timesonline.typepad.com/photos/uncategorized/2008/05/19/obama_and_israel.jpg


Illustration du soutien sans failles des Etats-Unis à l’architecture de défense antimissile israélienne : le déploiement du radar à bande X AN / TPY-2, construit par Raytheon, à la fin 2008 en Israël. Non seulement, ce radar est plus performant que les radars locaux pour détecter les missiles ennemis, mais il est lié au réseau global de satellites dans le Defense Support Program, principale composante du système américain de détection avancée des tirs de missiles. Cette collaboration remonte à 1996. Les Etats-Unis et Israël ont financé un programme anti-roquettes baptisé « Tactical High Energy Laser (THEL) ». Mais après des investissements estimés entre 300 et 400 millions de dollars, le projet a été abandonné.


Pedazur estime pourtant qu’un tir de laser aurait coûté bien moins cher que les missiles tirés par « Dôme de fer » : seulement 3 000 dollars. Le programme a définitivement été abandonné en 2005, même si l’entreprise américaine Northrop Grumman a créé « Skyguard », une version améliorée de THEL, un an plus tard. Selon les autorités israéliennes, le dispositif n’était toujours pas assez efficace (9). « La technologie laser n’a pas encore atteint le stade qui lui permettrait de faire face à de mauvaises conditions météorologiques ou de traiter des objectifs multiples », assure un haut cadre de Rafael. Quelles sont les conséquences politiques « locales » et internationales de ce projet ? « Fondamentalement et à quelques nuances près, les pays arabes voisins perçoivent le développement de ce type de capacités comme moins dangereux car d’ordre défensif », indique M. Henrotin.

 

http://passport.bbyo.org/images/destinations/israel/trip_israel_family_journey.jpg

 

Pourtant, il ne dissuadera pas les adversaires d’Israël d’envoyer des roquettes sur les villes du nord comme Haïfa ou du sud comme Sderot. Il faut souligner que la paix ne se fonde pas sur une technologie militaire, même aussi sophistiquée que le « Dôme de fer ». Elle résulte de décisions et d’accords politiques. Avec la poursuite de la colonisation, Israël ne semble pas s’engager dans cette voie.

 

Israël se replie derrière un bouclier anti-missile
Source, journal ou site Internet : Le Monde diplomatique
Date : 3 juin 2011
Auteur : Laurent Checola et Edouard Pflimlin

22/12/2010

Défense commune: D'une OTAN à une Eur'Otan?

L'OTAN étant minée par une crise profonde, plusieurs voix prônent une "européanisation" progressive de l'Alliance pour instaurer une "hégémonie bienveillante" de l'Europe sur le monde. Mais pour se faire, encore faut-il que l'UE développe une véritable politique de défense commune, écrit un analyste polonais.


Aujourd'hui, c'est clairement en Afghanistan que les trajectoires des Européens et des Américains se séparent. La forme actuelle de l'OTAN empêche son développement et impose une réforme en profondeur.

 

http://www.comite-valmy.org/IMG/jpg/logo_ACT-18d83.jpg


Son principal défaut est le manque d'une vision claire de la menace commune, qui garantirait une raison d'être à l'union entre l'Amérique et l'Europe, comme au temps de la guerre froide. A présent, les alliés pourraient bien fonder leur alliance sur une vision commune d'un ordre mondial dans lequel les Etats-Unis détiendraient, par le biais de l'OTAN, le contrôle du monde occidental en lui fournissant la sécurité. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont cependant montré l'échec de la stratégie américaine consistant à utiliser unilatéralement l'alliance comme matraque de l'Occident dans la guerre mondiale contre le terrorisme islamique, guerre qui était censée donner un nouvel élan à l'OTAN.


Une hégémonie bienveillante de l'Europe
Une "européanisation" progressive de l'OTAN, allant de pair avec une émancipation militaire de l'Union européenne, pourrait constituer une remède à cette incompatibilité d'intérêts entre les alliés. L'espace ainsi libéré par le retrait américain pourrait donner lieu à une "hégémonie bienveillante" de l'Europe, qui utiliserait son potentiel pour établir la paix et un nouvel ordre moral dans le monde, à égalité avec les Etats-Unis. C'est une vision qui germe en Europe, comme le démontre le récent accord de coopération militaire francobritannique.


Cependant, le scénario d'un retrait rapide des Etats-Unis de l'OTAN a pour l'heure peu de chances de se produire. Un tel désengagement porterait un coup à la suprématie mondiale des Etats-Unis, serait nuisible pour l'équilibre mondial, et dangereux pour l'Europe qui a besoin de temps pour construire un pilier militaire afin d’exercer le rôle de leader mondial. Actuellement, l'hégémonie américaine dans le monde repose sur deux piliers, l'Europe et le Japon qui sont tous deux dépendants de l'économie américaine, dépendance trop bien illustrée et douloureusement ressentie à travers la crise financière. Aussi bien l'Union européenne que le Japon demeurent en outre sous le protectorat militaire des Etats-Unis, ce qui permet à Washington d'exercer une influence douce sur les processus décisionnels de ses protégés, notamment en brandissant la menace tantôt chinoise, tantôt russe (soviétique). Toute tentative d'émancipation militaire du Japon est rendue impossible par l'article 9 de la Constitution japonaise, qui interdit l'usage de la force comme moyen de règlement des différends internationaux et interdit l'établissement d'une force armée. Quant à la quête éventuelle d'autonomie militaire de la part de l'Union européenne, elle est bloquée par la structure même de l'OTAN, dominée par les Etats-Unis.


Sans défense commune, l'UE va errer sans direction politique
Aussi longtemps que l'OTAN existera dans sa forme actuelle et tant que l'Union européenne demeurera fragmentée militairement, elle ne pourra prétendre au statut de partenaire ni pour l'Amérique, ni pour la Russie, sans parler de la Chine. Car c'est bien la force militaire qui continue à faire partie intégrante de la politique étrangère menée par Washington et par le Kremlin, ce qui n'est malheureusement pas le cas de Bruxelles. Il est en effet frappant de voir comment la Russie, bien que plus faible économiquement que l'Union européenne, parvienne à peser diplomatiquement vis-à-vis de Bruxelles, rien qu'en évoquant l'épouvantail de ses forces armées et de son arsenal nucléaire. Sans armée et dépourvue d'une politique de défense commune, l'Union européenne va errer sans direction politique précise entre les Etats-Unis et la Russie, allant à la dérive, tel un naufragé. Aussi longtemps que cet état de choses persistera, les différents pays (comme la Pologne) chercheront des protecteurs en dehors du Vieux Continent. Une émancipation militaire de l'Europe et la construction d'une armée pouvant appuyer une "hégémonie européenne" créeraient une nouvelle division du monde occidental en deux puissances disposant de pouvoirs comparables. La civilisation occidentale, avec la puissance américaine contrebalancée par l'Union européenne, aurait ainsi toutes les chances de maintenir sa place dans la compétition pour le leadership mondial.

 

Vers une Eurotan ?
Source, journal ou site Internet : Rzeczpospolita
Date : 20 décembre 2010
Auteur : Artur Bilski

00:05 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, europe, pologne, otan, eur'otan, stratégie militaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/12/2010

Sarkozy "un doux" voyage en Asie, "In de" plus!

La visite de travail de Nicolas Sarkozy intervient près de trois ans après sa précédente venue ici, début 2008,
dans le cadre d'une visite d'Etat. Accompagné de sept ministres (Défense, Affaires étrangères, Economie,
Agriculture, etc.), il amène une importante délégation d'hommes d'affaires dont les patrons d'EADS, Alstom,
Areva, Dassault, MBDA, le CEA, Safran, Thales, le CNES, etc. Bref, le tout-Paris de la défense, du
nucléaire, de l'aéronautique et du spatial.

 

http://www.regis-sada.fr/media/02/00/1490282267.jpghttp://img.ozap.com/01515382-photo-nicolas-sarkozy-et-carla-bruni-dans-vanity-fair.jpg

 

La première escale de quelques heures, samedi, à Bangalore, sera consacrée à la coopération spatiale, et
notamment au développement conjoint de deux satellites consacrés à l'exploration des mers et à l'analyse du
climat, qui doivent être lancés fin 2011. Après un séjour privé au Taj Mahal, le chef de l'Etat aura lundi une
journée d'entretiens politiques à New Delhi, avec notamment le Premier ministre, Manmohan Singh. Au
menu : le partenariat stratégique entre les deux pays (qui recouvre des questions comme la lutte contre le
terrorisme, les questions de sécurité et de défense, et le nucléaire civil). Nicolas Sarkozy pourra présenter à
son interlocuteur ses idées sur la présidence française du G20 pour un an. Les deux chefs d'Etat et de
gouvernement recevront les membres du Conseil présidentiel franco-indien des entreprises, une organisation
qui regroupe des PDG de tout premier plan des deux pays, pour lesquels « le développement des relations
économiques entre l'Inde et la France est essentiel », comme l'explique par exemple Paul Hermelin, directeur
général de Capgemini et membre du Conseil. Ces entreprises devraient présenter à cette occasion leurs
premiers projets communs : une coopération entre Air Liquide et le groupe Tata dans les piles à hydrogène,
un projet EADS-Infosys pour développer les échanges d'étudiants entre les deux pays, un partenariat entre
Vinci et le groupe indien HCC (dont le joint-venture commun semble bien placé pour les contrats de
construction des centrales nucléaires d'Areva en Inde), etc.


Différents accords
La dernière journée du voyage, mardi, se passera à Bombay, la capitale financière du pays, avec une
conférence économique franco-indienne et un discours de Nicolas Sarkozy sur les questions économiques.
A défaut de signature de grands contrats en bonne et due forme, des progrès devraient être annoncés dans les
dossiers de la vente de deux EPR d'Areva à l'Inde et de la modernisation des Mirage de l'armée de l'air
indienne (voir « Les Echos » du 30 novembre). Pour le reste, différents accords et conventions pourraient
être paraphés dans des domaines aussi divers que les infrastructures, l'environnement ou l'éducation. Les
initiatives en Inde de l'Agence française de développement dans les énergies renouvelables devraient être
mentionnées, ainsi que les relations entre la France et l'Inde dans l'agroalimentaire.


Globalement, on se dit confiant, côté français, dans le fait que le voyage débouchera sur suffisamment
d'annonces concrètes pour être présenté comme un succès. Reste que, alors que l'Inde est actuellement
courtisée par toutes les grandes puissances mondiales, c'est sans doute la France qui est le plus demandeur
des deux, ce qui ne la met pas en position de force dans les négociations bilatérales

 

http://www.papermust.com/galleries/avions/mirage_2000_tigre_1440x900.jpg

 

Armement : les industriels français vont devoir encore attendre
Aucune signature de contrat n'est attendue ce week-end. Paris espère conclure la modernisation des Mirage
2000 indiens d'ici à mars.
Les industriels français de l'armement vont encore devoir patienter avant de sabrer le champagne en Inde,
même si les grandes campagnes en cours ont progressé. Et la visite de Nicolas Sarkozy n'y changera rien,
New Delhi n'ayant pas l'habitude de signer des contrats lors de telles visites. « Les procédures en la matière
sont complexes et changent tout le temps », renchérit un expert français sur place. Le meilleur exemple est
peut-être celui de l'appel d'offres pour l'achat de 197 hélicoptères légers : gagné par Eurocopter, puis
invalidé, il a été relancé et la filiale d'EADS a de nouveau de bonnes chances. Le président français devrait
toutefois pousser plusieurs dossiers, dont celui de la rénovation de la cinquantaine de Mirage 2000 en service
dans l'armée de l'air indienne.


La part française du travail, estimée à 1,5 milliard d'euros, consisterait pour Thales et Dassault à fournir une
nouvelle avionique, des équipements de guerre électronique et un radar plus puissant. L'un des points de
blocage porte sur la clause d'arbitrage, mais un compromis a été trouvé en faveur d'une juridiction « neutre ».
Du coup, à Paris on pense possible une signature d'ici à mars, qui marque la fin de la période budgétaire.
Pour ce qui est des missiles, en revanche, MBDA va sans doute devoir attendre pour décrocher une
commande de 500 à 900 millions d'euros (en fonction de la quantité).


126 avions de chasse
Dans le même domaine, Dassault, comme ses 5 concurrents en lice, attend que New Delhi sélectionne les
finalistes de l'appel d'offres portant sur l'acquisition de 126 avions de chasse de génération actuelle. La
« short list » était espérée cet été. Depuis rien, peut-être parce que le gouvernement avait en tête les visites à
venir d'Obama, de Sarkozy et de Medvedev, chacun défendant son poulain. Et pour compliquer la donne,
l'Inde souhaite développer avec Moscou un avion de combat de prochaine génération, à hauteur de 200 à 300
exemplaires. « Les Occidentaux ont du mal à voir la cohérence de tout cela », souligne un industriel.
L'autre grand dossier qui intéresse Paris, c'est celui du missile sol-air de courte portée. On parle de 1 à
2 milliards pour MBDA. En janvier dernier, près de deux ans après la signature d'un accord bilatéral, rien
d'engageant n'avait été conclu. Depuis, le Conseil des ministres restreint aux questions de sécurité a autorisé
l'ouverture des négociations. A quand leur conclusion ?

 

Nicolas Sarkozy en Inde sous le signe du business
Source, journal ou site Internet : Enjeux
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Alain Ruello (Les Echos)

09:34 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : inde, défense, missiles, sarkozy, nucléaire, epr, areva, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/12/2010

L'Europe la paix, sa défense en est-elle oubliée?

Quand on lit le programme concocté pour la conférence des ambassadeurs de l’UE qui se déroule ces jours-ci à Bruxelles, on ne peut qu’être étonné. Où est la dimension de la défense européenne ?
Commerce, changement climatique, budget, développement, aide humanitaire… rien n’a vraiment été oublié des principaux enjeux d’une ambassade de l’UE, nouveau format. Rien… sauf un thème : l’Europe de la Défense.

 

http://desourcesure.com/uploadv3/touche-coule.jpghttp://www.lessignets.com/signetsdiane/calendrier/images/juillet/27/1/00_27crashing_su-2779848.jpg

 

Or, la défense est un des volets majeurs du Traité de Lisbonne (avec le volet politique) dans la
transformation des délégations de la Commission européenne en véritables ambassades de l’UE. Au titre de
la présidence permanente, elles auront, en effet, la charge des questions politiques et de sécurité. C’est, déjà
le cas, peu ou prou, dans les pays où sont déployées des missions de la PeSDC (Géorgie, Moldavie, Israel,
Bosnie, Kosovo, Congo, Ouganda, Afghanistan). Mais ce peut l’être aussi dans des pays à risque (Corée,
Tchad, Kenya – Somalie, Soudan, Liban…) ou dans des pays où la dimension sécuritaire est stratégique
(Russie, Pakistan, Etats-unis…).


Ni le général Syren, qui est cependant le président du Comité militaire et le conseiller militaire de Cathy
Ashton, ni le chef d’Etat major militaire de l’UE, Van Osch, ou son alter ego civil, Klompenhouwer, ne sont
venus plancher devant les diplomates pour leur expliquer les enjeux de la défense européenne, tant civile que
militaire. Un oubli qui n’est pas tout à fait innocent…


Un oubli lourd de sens
C’est, tout d’abord, une confirmation. Le désintéressement observé dès les débuts de la Haute représentante
pour l’Europe de la Défense  n’est pas juste une impression mais une réalité bien ancrée dans son esprit et
sa volonté politique. Une tâche noire dans un bilan qui reste honorable.


Cet oubli est aussi une gifle pour les militaires et acteurs de la gestion de crise équivalente à la « gifle » de
Palma de Majorque pour les ministres de la Défense. Certes les egos sont une chose toute relative au
regard des enjeux de ce monde. Mais quand on manage un nouveau service : piétiner une partie de ses
troupes, en permanence, n’est pas bon pour le moral. C’est ainsi une occasion de perdue pour tisser des liens
entre les « diplomates » et les gestionnaires de crise.


Au-delà des egos froissés, une grave erreur stratégique
Cet oubli constitue enfin, et surtout, une grave erreur stratégique. Alors que le monde bruit de la sécurité que
ce soit sur un rapprochement US-Russie, ou du processus de paix (ou non) au Proche-Orient, de nouvelles
menaces au Pakistan, en Afghanistan, en Corée, au Soudan… l’Europe reste angélique croyant à sa bonne
conscience.


Car s’il est une crise à laquelle est le moins préparé un chef de délégation de la Commission européenne,
habitué d’ordinaire à gérer des projets de développement ou de l’aide humanitaire, des accords de pêche ou
des sujets de politique commerciale (*), c’est bien sans doute la crise sécuritaire ou militaire. Or aujourd’hui,
ou demain, c’est l’ambassadeur de l’UE qui sera en première ligne, qui aura le lead dans la plupart des pays.


Comment faire le lien par exemple avec une mission de défense sur place, préparer ou gérer un SOFA ?
gérer l’intervention d’un battlegroup ?

procéder à l’évacuation des citoyens ?

faire le lien avec le gouvernement et le Legad d’une mission en cas d’accident ou de rapatriement de blessés, voire de corps ?
Etc. Tout cela ne s’improvise pas.


Combien de temps encore l’Europe va croire, comme une jeune fille naive plantée au bord de la route, que
lever le pouce à la tombée de la nuit et le chéquier dans la poche lui amènera le prince charmant ?


(*) Toutes choses vitales sans doute et extrêmement complexes par ailleurs.

 

La dimension défense, la grande oubliée de la conférence des ambassadeurs de l’UE
Source, journal ou site Internet : Bruxelles 2
Date : 2 décembre 2010
Auteur : Nicolas Gros Verheyde

 

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/spip/IMG/jpg_DP_8074_Europe_defense.jpg

13:14 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, europe, stratégie militaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/11/2010

Doc-Officiel - Otan: Déclaration de principe stratégique de l'OTAN.

« Concept stratégique
pour la défense et la sécurité des membres
de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord »
adopté par les chefs d’État et de gouvernement à Lisbonne


Engagement actif, défense moderne

 

http://www.nato.int/docu/review/2005/issue4/graphics/contents/i4_an_1b.jpg


Préface


Nous, chefs d’État et de gouvernement des pays de l’Alliance, sommes déterminés
à ce que l’OTAN continue de jouer son rôle unique et essentiel, qui est de garantir notre
défense et notre sécurité communes. Le présent concept stratégique guidera la prochaine
phase de l’évolution de l’OTAN, afin qu’elle continue d’être efficace dans un monde
changeant, face à de nouvelles menaces, forte de capacités nouvelles et de partenaires
nouveaux :


• Il reconfirme l’engagement pris par nos pays de se défendre mutuellement contre
une attaque, y compris contre les menaces nouvelles qui pèsent sur la sécurité de
nos citoyens.
• Il engage l’Alliance à prévenir les crises, à gérer les conflits et à stabiliser les
situations postconflit, notamment en travaillant plus étroitement avec nos
partenaires internationaux, au premier rang desquels les Nations Unies et l’Union
européenne.
• Il offre à nos partenaires du monde entier davantage d’engagement politique avec
l’Alliance et un rôle substantiel pour ce qui est d’orienter les opérations dirigées par
l’OTAN auxquelles ils contribuent.
• Il engage l’OTAN sur l’objectif qui consiste à créer les conditions pour un monde
sans armes nucléaires – mais il reconfirme que, tant qu’il y aura des armes
nucléaires dans le monde, l’OTAN restera une alliance nucléaire.
• Il réaffirme notre ferme engagement de maintenir la porte de l’OTAN ouverte à
toutes les démocraties européennes qui répondent aux critères d’adhésion, car
l’élargissement contribue à notre objectif d’une Europe libre, entière et en paix.
• Il engage l’OTAN à se réformer continuellement, pour que l’Alliance devienne plus
efficace, plus efficiente et plus souple et que nos contribuables obtiennent un
maximum de sécurité pour l'argent qu’ils investissent dans la défense.


Les citoyens de nos États s’en remettent à l’OTAN pour défendre les pays de
l’Alliance, pour déployer des forces militaires robustes où et quand notre sécurité l’exige et
pour aider à promouvoir une sécurité commune avec nos partenaires dans le monde. Si le
monde change, la mission essentielle de l’OTAN reste la même : veiller à ce que l’Alliance
demeure une communauté sans pareille de liberté, de paix, de sécurité et de valeurs
partagées.


***

http://jeunes.dlr06.org/images/08-04-04-sarkozy-bush-otan.jpg


Tâches et principes fondamentaux


1. L’objectif fondamental et immuable de l'OTAN consiste à sauvegarder la liberté et
la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires.
Aujourd’hui, l’Alliance demeure une source essentielle de stabilité dans un monde
imprévisible.


2. Les États membres de l’OTAN forment une communauté de valeurs unique en son
genre, attachée aux principes de la liberté individuelle, de la démocratie, des droits
de l'homme et de l’état de droit. L’Alliance est résolument attachée aux objectifs et
aux principes de la Charte des Nations Unies ainsi qu'au Traité de Washington, qui
affirme la responsabilité primordiale du Conseil de sécurité de l'ONU dans le
maintien de la paix et de la sécurité internationales.


3. Les liens politiques et militaires entre l’Europe et l’Amérique du Nord se sont forgés
au sein de l’OTAN depuis la création de l’Alliance, en 1949 ; le lien transatlantique
reste aussi solide et aussi important que jamais pour la préservation de la paix et
de la sécurité euro-atlantiques. La sécurité des États membres de l’OTAN des deux
rives de l’Atlantique est indivisible. Nous continuerons de la défendre ensemble, sur
la base de la solidarité, d’une finalité partagée et d’une répartition équitable des
charges.


4. L’environnement de sécurité contemporain recèle des défis multiples et changeants
pour la sécurité du territoire et des populations des pays de l’OTAN. Pour garantir
cette sécurité, l’Alliance a le devoir et la volonté de continuer à remplir efficacement
trois tâches fondamentales essentielles, qui toutes contribuent à la sauvegarde de
ses membres, et cela toujours dans le respect du droit international :


a. La défense collective. Les membres de l’Alliance se prêteront toujours
assistance mutuelle contre une attaque, conformément à l’article 5 du Traité de
Washington. Cet engagement reste ferme et contraignant. L’OTAN prendra des
mesures de dissuasion et de défense contre toute menace d’agression et contre
tout défi sécuritaire émergent qui compromettrait la sécurité fondamentale d’un
ou de plusieurs Alliés ou encore l’Alliance tout entière.


b. La gestion de crise. L’OTAN dispose d’un éventail unique et puissant de
capacités politiques et militaires pour agir sur la gamme complète des crises,
que ce soit avant, pendant ou après un conflit. Elle mettra activement en oeuvre
un ensemble approprié de ces outils politiques et militaires pour contribuer à
gérer des crises naissantes susceptibles de porter atteinte à la sécurité de
l’Alliance avant qu’elles ne dégénèrent en conflits, pour faire cesser des conflits
en cours qui compromettent la sécurité de l’Alliance et pour aider à conforter la
stabilité dans des situations postconflit lorsque cela contribue à la sécurité
euro-atlantique.


c. La sécurité coopérative. L’Alliance subit, mais peut aussi infléchir, les
développements politiques et sécuritaires intervenant au-delà de ses frontières.
Elle s’emploiera activement à renforcer la sécurité internationale, en engageant
un partenariat avec les pays et les organisations internationales appropriés, en
contribuant activement à la maîtrise des armements, à la non-prolifération et au
désarmement, et en maintenant sa porte ouverte à l’adhésion de toutes les
démocraties européennes qui répondent aux normes de l’OTAN.


5. L’OTAN demeure l’unique et indispensable forum de consultation transatlantique
pour toutes les questions touchant à l'intégrité territoriale, à l'indépendance politique
et à la sécurité de ses États membres, comme le prévoit l’article 4 du Traité de
Washington. Toute question de sécurité intéressant l’un des Alliés peut être
discutée à la table de l’OTAN pour un partage d’informations, pour un échange de
vues et, lorsqu’il y a lieu, pour la construction d’une approche commune.


6. Pour pouvoir exécuter toute la gamme des missions de l’OTAN de façon aussi
efficace et efficiente que possible, les Alliés s’engageront dans un processus
continu de réforme, de modernisation et de transformation.


L’environnement de sécurité


7. Aujourd’hui, la zone euro-atlantique est en paix, et la menace d’une attaque
conventionnelle contre le territoire de l’OTAN est faible. C’est là un succès
historique pour les politiques qui guident l’OTAN depuis plus d’un demi-siècle :
maintien d’une défense robuste, intégration euro-atlantique et partenariat actif.


8. Cependant, la menace conventionnelle ne peut être ignorée. Beaucoup de régions
et de pays du monde se sont lancés dans l’acquisition d’importantes capacités
militaires modernes, aux conséquences difficiles à prévoir pour la stabilité
internationale et la sécurité euro-atlantique. Il s'agit notamment de la prolifération
des missiles balistiques, qui représentent une menace réelle et croissante pour la
zone euro-atlantique.


9. La prolifération des armes nucléaires, d’autres armes de destruction massive et de
leurs vecteurs pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité et la
prospérité mondiales. Au cours des dix années à venir, cette prolifération sera au
plus haut dans certaines des régions les plus volatiles du monde.


10. Le terrorisme est une menace directe pour la sécurité des citoyens des pays de
l’OTAN et, plus largement, pour la stabilité et la prospérité internationales. Des
groupes extrémistes continuent de se propager, ou de se développer, dans des
régions d’importance stratégique pour l’Alliance, et la technologie moderne accroît
la menace et l’impact potentiel d’une attaque terroriste, notamment si ces groupes
devaient acquérir des capacités nucléaires, chimiques, biologiques ou
radiologiques.


11. Une instabilité ou un conflit au-delà des frontières de l’OTAN peut menacer
directement la sécurité de l’Alliance, notamment en nourrissant l’extrémisme, le
terrorisme ou des activités transnationales illicites, comme les trafics d’armes, de
drogue et d’êtres humains.


12. Les cyberattaques augmentent en fréquence, sont mieux organisées et causent
des dommages plus coûteux aux administrations, aux entreprises, aux économies,
voire aux réseaux de transport et d’approvisionnement ou autres infrastructures
critiques ; elles risquent d’atteindre un seuil pouvant menacer la prospérité, la
sécurité et la stabilité des États et de la zone euro-atlantique. Des forces armées et
services de renseignement étrangers, la criminalité organisée, des groupes
terroristes et/ou extrémistes sont autant de sources d’attaque possibles.


13. Tous les pays dépendent de plus en plus des voies de communication, de transport
ou de transit, artères vitales sur lesquelles reposent les échanges internationaux, la
sécurité énergétique et la prospérité. Ces espaces doivent faire l’objet d’une action
internationale plus soutenue si l’on veut qu’ils puissent résister à des attaques ou à
des perturbations. Pour leurs besoins énergétiques, certains pays de l’OTAN
deviendront davantage tributaires de fournisseurs étrangers et, dans certains cas,
de réseaux d’alimentation et de distribution étrangers. À mesure qu'une part
toujours croissante de la consommation mondiale transite sur l'ensemble du globe,
les approvisionnements énergétiques sont de plus en plus exposés à des
perturbations.


14. Diverses tendances technologiques majeures – notamment le développement des
armes laser, des techniques de guerre électronique et des technologies limitant
l'accès à l'espace – semblent susceptibles d’avoir un grave impact mondial, qui se
répercutera sur la planification et les opérations militaires de l’OTAN.


15. Des contraintes majeures en termes d’environnement et de ressources, dont les
risques sanitaires, le changement climatique, la raréfaction de l’eau et
l’augmentation des besoins énergétiques, contribueront aussi à dessiner
l’environnement de sécurité futur dans des régions d’intérêt pour l’Alliance et
pourraient affecter considérablement la planification et les opérations de l’OTAN.


La défense et la dissuasion


16. La responsabilité première de l’Alliance est de protéger et de défendre le territoire
et la population de ses pays membres contre une attaque, conformément à
l’article 5 du Traité de Washington. L’Alliance ne considère aucun pays tiers comme
son adversaire. Nul ne doit cependant douter de sa détermination au cas où la
sécurité de l’un de ses États membres devrait être menacée.


17. La dissuasion, articulée autour d’une combinaison appropriée de capacités
nucléaires et conventionnelles, demeure un élément central de notre stratégie
d’ensemble. Les conditions dans lesquelles un recours à l’arme nucléaire pourrait
être envisagé sont extrêmement improbables. Aussi longtemps qu’il y aura des
armes nucléaires, l’OTAN restera une alliance nucléaire.


18. La garantie suprême de la sécurité des Alliés est apportée par les forces nucléaires
stratégiques de l’Alliance, en particulier celles des États-Unis ; les forces nucléaires
stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France, qui ont un rôle de
dissuasion propre, contribuent à la dissuasion globale et à la sécurité des Alliés.


19. Nous veillerons à ce que l’OTAN dispose de tout l’éventail des capacités
nécessaires pour assurer la dissuasion et la défense contre toute menace pesant
sur la sécurité et la sûreté de nos populations. En conséquence :


• nous maintiendrons une combinaison appropriée de forces nucléaires et
conventionnelles ;


• nous conserverons notre capacité à soutenir simultanément des opérations
interarmées de grande envergure et plusieurs opérations de moindre envergure
pour la défense collective et la réponse aux crises, y compris à distance
stratégique ;


• nous conserverons et développerons des forces conventionnelles robustes,
mobiles et projetables pour l'exercice des responsabilités relevant de l'article 5
comme pour les opérations expéditionnaires de l'Alliance, y compris avec la
Force de réaction de l'OTAN ;


• nous procéderons aux entraînements, aux exercices, à la planification de
circonstance et aux échanges d’informations nécessaires pour assurer notre
défense contre tous les défis sécuritaires conventionnels ou nouveaux et
apporter à tout Allié, en tant que de besoin, une assurance visible et un renfort ;


• nous assurerons la plus large participation possible des Alliés à la planification
de défense collective sur les rôles nucléaires, au stationnement des forces
nucléaires en temps de paix et aux dispositions de commandement, de contrôle
et de consultation ;


• nous développerons notre capacité à protéger nos populations et nos territoires
contre une attaque de missiles balistiques, en tant qu’un des éléments centraux
de notre défense collective, qui contribue à la sécurité, indivisible, de l’Alliance.
Nous rechercherons activement une coopération avec la Russie et d’autres
partenaires euro-atlantiques dans le domaine de la défense antimissile ;


• nous développerons encore la capacité de l'OTAN à se défendre contre la
menace que représentent les armes chimiques, biologiques, radiologiques et
nucléaires de destruction massive ;


• nous continuerons de développer notre capacité à prévenir et à détecter les
cyberattaques, à nous en défendre et à nous en relever, y compris en recourant
à la planification OTAN pour renforcer et coordonner les capacités nationales de
cyberdéfense, en plaçant tous les organismes de l’OTAN sous une protection
centralisée et en intégrant mieux les fonctions de veille, d’alerte et de réponse
de l’OTAN avec celles des pays membres ;


• nous renforcerons notre capacité à détecter le terrorisme international et à nous
en défendre, y compris grâce à une analyse plus poussée de la menace, à
davantage de consultations avec nos partenaires et au développement de
capacités militaires appropriées, notamment pour aider des forces locales à
s'entraîner à lutter elles-mêmes contre le terrorisme ;


• nous développerons notre capacité à contribuer à la sécurité énergétique,
y compris par la protection des infrastructures énergétiques et des zones et
voies de transit critiques, par une coopération avec les partenaires et par des
consultations entre Alliés sur la base d'évaluations stratégiques et de plans de
circonstance ;


• nous veillerons à ce que l’Alliance soit à l’avant-garde pour ce qui est d’évaluer
l’impact sécuritaire des technologies émergentes et à ce que les plans militaires
tiennent compte des menaces potentielles ;


• nous alimenterons les budgets de défense aux niveaux nécessaires pour que
nos forces armées aient des moyens suffisants ;


• nous continuerons d'examiner la posture générale de l'OTAN s'agissant de la
dissuasion et de la défense face à l'ensemble des menaces contre l'Alliance, en
tenant compte des modifications d'un environnement de sécurité international
en mutation.

 

 

 

 

La sécurité par la gestion de crise


20. Les crises et conflits au-delà des frontières de l’OTAN peuvent constituer une
menace directe pour la sécurité du territoire et des populations des pays de
l’Alliance. En conséquence, l’OTAN s’engagera, lorsque c’est possible et
nécessaire, pour prévenir ou gérer une crise, stabiliser une situation postconflit ou
aider à la reconstruction.


21. Les enseignements tirés des opérations de l’OTAN, en particulier en Afghanistan et
dans les Balkans occidentaux, montrent à l’évidence qu’une approche globale –
politique, civile et militaire – est indispensable pour une gestion de crise efficace.
L’Alliance s’engagera activement avec d’autres acteurs internationaux avant,
pendant et après une crise pour promouvoir la collaboration dans l’analyse, la
planification et la conduite des activités sur le terrain, à dessein de maximiser la
cohérence et l’efficacité de l’action internationale d’ensemble.


22. La meilleure façon de gérer un conflit, c’est d’éviter qu’il ne survienne. L’OTAN
suivra et analysera constamment l’environnement international pour anticiper les
crises et, lorsqu’il y a lieu, prendre des mesures actives visant à les empêcher de
se muer en véritables conflits.


23. Pour le cas où la prévention des conflits ne réussirait pas, l’OTAN sera prête et
apte à gérer les hostilités. L’OTAN dispose de moyens uniques de gestion des
conflits, y compris une capacité inégalée de projeter et de soutenir sur le terrain des
forces militaires robustes. Les opérations qu’elle dirige ont fait la preuve de la
contribution indispensable que l'Alliance peut apporter aux efforts internationaux de
gestion des conflits.


24. Même après la fin d’un conflit, la communauté internationale doit souvent continuer
à fournir un soutien pour réunir les conditions propices à une stabilité durable.
L'OTAN sera prête et apte à contribuer à la stabilisation et à la reconstruction, en
coopération et en consultation étroites, lorsque c’est possible, avec d’autres acteurs
internationaux concernés.


25. Pour être efficaces sur l’ensemble du spectre de la gestion de crise :


• nous renforcerons le partage du renseignement au sein de l’OTAN, afin de
mieux anticiper l’apparition possible d’une crise et la meilleure façon de la
prévenir ;


• nous développerons encore la doctrine et les capacités militaires pour les
opérations expéditionnaires, y compris pour les opérations de
contre-insurrection ainsi que de stabilisation et de reconstruction ;


• nous créerons, en tirant les enseignements des opérations de l’OTAN, une
structure civile de gestion de crise appropriée mais modeste afin d’interagir plus
efficacement avec les partenaires civils. Cette capacité pourra également servir
à la planification, à la conduite et à la coordination des activités civiles jusqu'à
ce que les conditions soient réunies pour le transfert de ces responsabilités et
tâches à d'autres acteurs;


• nous renforcerons la planification civilo-militaire intégrée pour la gamme
complète des crises ;


• nous développerons notre capacité à former et à faire monter en puissance des
forces locales dans des zones de crise de manière à ce que les autorités
locales soient à même, aussi rapidement que possible, de maintenir la sécurité
sans assistance internationale ;


• nous identifierons et formerons des spécialistes civils issus des États membres,
qui seront mis à disposition en vue d'un déploiement rapide par les Alliés pour
des missions précises et qui seront aptes à travailler aux côtés de nos militaires
et des spécialistes civils des pays ou institutions partenaires ;


• nous élargirons et intensifierons les consultations politiques entre les Alliés et
avec les partenaires, à la fois sur une base régulière et pendant tous les stades
d’une crise – avant, pendant et après.


Promouvoir la sécurité internationale par la coopération
La maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération


26. L'OTAN cherche à assurer sa sécurité au niveau de forces le plus bas possible. La
maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération contribuent à la
paix, à la sécurité et à la stabilité et doivent garantir une sécurité non diminuée à
tous les pays membres de l'Alliance. Nous continuerons à jouer notre rôle dans le
renforcement de la maîtrise des armements et dans la promotion du désarmement,
qu'il s'agisse des armements conventionnels ou des armes de destruction massive,
ainsi que dans les efforts de non-prolifération.


• Nous sommes déterminés à tendre vers un monde plus sûr pour tous et à créer
les conditions d'un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs
du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, selon une approche qui
favorise la stabilité internationale et se fonde sur le principe d'une sécurité non
diminuée pour tous.


• Suite aux changements intervenus dans l'environnement de sécurité depuis la
fin de la Guerre froide, nous avons radicalement réduit le nombre d'armes
nucléaires stationnées en Europe, de même que notre dépendance, dans la
stratégie de l'OTAN, à l'égard des armes nucléaires. Nous chercherons à réunir
les conditions pour de nouvelles réductions.


• Pour toute réduction future, notre objectif devrait être de tenter d’obtenir de la
Russie qu'elle accepte d’accroître la transparence sur ses armes nucléaires en
Europe et de les redéployer à distance du territoire des pays membres de
l'OTAN. Toute nouvelle mesure devra tenir compte de la disparité entre les
stocks d'armes nucléaires de courte portée, plus importants du côté russe.


• Nous sommes attachés à la maîtrise des armements conventionnels, qui assure
prévisibilité et transparence et constitue un moyen de maintenir les armements
au niveau minimum requis pour la stabilité. Nous oeuvrerons au renforcement
du régime de maîtrise des armements conventionnels en Europe sur la base de
la réciprocité, de la transparence et du consentement du pays hôte.


• Nous examinerons comment nos moyens politiques et nos capacités militaires
peuvent contribuer aux efforts internationaux de lutte contre la prolifération.
• Les décisions des pays en matière de maîtrise des armements et de
désarmement peuvent avoir une incidence sur la sécurité de tous les pays
membres de l'Alliance. Sur ces questions, nous sommes déterminés à maintenir
des consultations appropriées entre Alliés, et à les intensifier si nécessaire.


La porte ouverte


27. L'élargissement de l'OTAN a contribué substantiellement à la sécurité des Alliés ; la
perspective d'un nouvel élargissement et l'esprit de sécurité coopérative ont fait
progresser la stabilité plus largement en Europe. Notre objectif d'une Europe libre
et entière, et partageant des valeurs communes, serait servi au mieux par
l'intégration, à terme, de tous les pays européens qui le souhaitent dans les
structures euro-atlantiques.


• La porte de l'OTAN reste grand ouverte à toutes les démocraties européennes
qui partagent les valeurs de notre Alliance, qui sont désireuses et capables
d'assumer les responsabilités et obligations liées au statut de membre et dont
l'adhésion peut contribuer à la sécurité et à la stabilité communes.


Les partenariats


28. C’est dans le cadre d'un vaste réseau de relations de partenariat avec des pays et
des organisations du monde entier que la promotion de la sécurité euro-atlantique
peut être assurée au mieux. Ces partenariats apportent une contribution concrète
et précieuse à la réussite des tâches fondamentales de l’OTAN.


29. Le dialogue et la coopération avec les partenaires peuvent contribuer de manière
concrète au renforcement de la sécurité internationale, à la défense des valeurs sur
lesquelles se fonde notre Alliance, aux opérations de l'OTAN ainsi qu'à la
préparation des pays intéressés à une adhésion à l'OTAN. Ces relations
s’appuieront sur la réciprocité, ainsi que sur des avantages et un respect mutuels.


30. Nous renforcerons nos partenariats suivant des formules souples, qui réunissent
Alliés et partenaires – à travers les cadres existants et au-delà.


• Nous sommes disposés à développer dialogue politique et coopération pratique
avec tout pays ou organisation compétente à travers le monde qui partage notre
intérêt pour des relations internationales pacifiques.


• Nous serons ouverts à la consultation avec tout pays partenaire sur des
questions de sécurité d'intérêt commun.


• Nous offrirons à nos partenaires d'opérations un rôle structurel dans la
formulation de la stratégie et des décisions concernant les missions dirigées par
l'OTAN auxquelles ils contribuent.


• Nous développerons encore nos partenariats existants tout en préservant leur
spécificité.


31. La coopération entre l'OTAN et l'ONU dans le cadre d’opérations à travers le
monde continue à contribuer de manière importante à la sécurité. L'Alliance entend
approfondir le dialogue politique et la coopération pratique avec l'ONU, comme
indiqué dans la déclaration signée par les deux organisations en 2008, notamment
au moyen :


• d'une liaison renforcée entre les sièges des deux organisations ;
• de consultations politiques plus régulières ;
• d'une coopération pratique renforcée pour la gestion des crises dans lesquelles
les deux organisations interviennent.


32. Une Union européenne active et efficace contribue à la sécurité globale de la zone
euro-atlantique. C’est pourquoi l’UE est un partenaire unique et essentiel pour
l’OTAN. Les deux organisations sont composées, en grande partie, des mêmes
États, et tous leurs membres partagent les mêmes valeurs. L'OTAN reconnaît
l'importance d'une défense européenne plus forte et plus performante. Nous nous
félicitons de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui offre un cadre pour le
renforcement de la capacité de l'UE à faire face aux défis de sécurité communs.
Les Alliés non membres de l'UE apportent une contribution significative à cet effort.
Pour le partenariat stratégique entre l’OTAN et l’UE, leur implication la plus
complète dans cet effort est essentielle. L'OTAN et l'UE peuvent et doivent jouer
des rôles complémentaires et se renforçant mutuellement, en soutien de la paix et
de la sécurité internationales. Nous sommes déterminés à apporter notre
contribution pour créer des circonstances plus favorables grâce auxquelles :


• nous renforcerons pleinement le partenariat stratégique avec l'UE, dans l'esprit
d'une ouverture, d'une transparence, d'une complémentarité et d'un respect de
l'autonomie et de l'intégrité institutionnelle des deux organisations qui soient
entiers et mutuels ;


• nous améliorerons notre coopération pratique dans les opérations, sur toute la
gamme des crises, depuis la planification coordonnée jusqu'au soutien mutuel
sur le terrain ;


• nous élargirons nos consultations politiques pour y inclure toutes les questions
d'intérêt commun, afin de partager évaluations et points de vue ;


• nous coopérerons plus étroitement pour le développement des capacités, de
manière à réduire au minimum les doubles emplois et à maximiser le
coût-efficacité.


33. La coopération OTAN-Russie revêt une importance stratégique car elle contribue à
la création d'un espace commun de paix, de stabilité et de sécurité. L'OTAN ne
représente aucune menace pour la Russie. Au contraire, nous souhaitons un
véritable partenariat stratégique entre l'OTAN et la Russie, et nous agirons en
conséquence, attendant de la Russie une attitude réciproque.


34. La relation OTAN-Russie repose sur les objectifs, les principes et les engagements
énoncés dans l'Acte fondateur OTAN-Russie et la Déclaration de Rome, s'agissant
tout particulièrement du respect des principes démocratiques ainsi que de la
souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de tous les États de la
zone euro-atlantique. Malgré certaines divergences sur des points particuliers, nous
demeurons convaincus que la sécurité de l'OTAN et celle de la Russie sont
indissociablement liées et qu'un partenariat solide et constructif, s’appuyant sur la
confiance mutuelle, la transparence et la prévisibilité, servirait au mieux notre
sécurité. Nous sommes déterminés :


• à renforcer les consultations politiques et la coopération pratique avec la Russie
dans des domaines où nos intérêts se recoupent, notamment la défense
antimissile, la lutte contre le terrorisme, la lutte antidrogue, la lutte contre la
piraterie et la promotion de la sécurité internationale au sens large ;


• à exploiter tout le potentiel du Conseil OTAN-Russie au profit d'un dialogue et
d'une action conjointe avec la Russie.


35. Le Conseil de partenariat euro-atlantique et le Partenariat pour la paix sont au coeur
de la conception qui est la nôtre d'une Europe libre, entière et en paix. Nous
sommes fermement attachés au développement de relations d'amitié et de
coopération avec tous les pays de la Méditerranée, et nous entendons développer
encore le Dialogue méditerranéen dans les années à venir. Nous attachons une
grande importance à la paix et à la stabilité dans la région du Golfe, et nous
entendons intensifier notre coopération dans le cadre de l'Initiative de coopération
d'Istanbul. Nous nous emploierons :


• à renforcer les consultations et la coopération militaire pratique avec nos
partenaires au sein du Conseil de partenariat euro-atlantique ;


• à poursuivre et à développer les partenariats avec l'Ukraine et avec la Géorgie
au sein des commissions OTAN-Ukraine et OTAN-Géorgie, en nous fondant sur
la décision prise par l'OTAN au sommet de Bucarest, en 2008, et en tenant
compte de l’orientation ou de l’aspiration euro-atlantique de chacun de ces
pays ;


• à faciliter l'intégration euro-atlantique des Balkans occidentaux, dans le but d’y
assurer une paix et une stabilité durables, fondées sur les valeurs
démocratiques, la coopération régionale et les relations de bon voisinage ;


• à approfondir la coopération avec les pays qui participent actuellement au
Dialogue méditerranéen et à rester ouverts à l’inclusion d'autres pays de la
région dans ce Dialogue ;


• à développer un partenariat de sécurité plus approfondi avec nos partenaires du
Golfe et à demeurer disposés à accueillir de nouveaux partenaires au sein de
l'Initiative de coopération d'Istanbul.

 

http://www.lepoint.fr/content/system/media/1/200904/39717_otan-retour-france-une.jpg


La réforme et la transformation


36. Fait unique dans l'Histoire, l'OTAN est une alliance de sécurité qui déploie des
forces militaires aptes à opérer ensemble quel que soit l'environnement, qui peut
contrôler des opérations n’importe où grâce à sa structure de commandement
militaire intégrée et qui dispose de capacités essentielles que peu d'Alliés
pourraient se permettre individuellement.


37. L'OTAN doit disposer de suffisamment de ressources – financières, militaires et
humaines – pour exécuter ses missions, qui sont essentielles pour la sécurité des
populations et du territoire des pays de l'Alliance. Ces ressources doivent
cependant être utilisées de la manière la plus efficiente et la plus efficace possible.
En conséquence :


• nous maximiserons la déployabilité de nos forces et leur capacité de durer en
opération sur le terrain, notamment en entreprenant des efforts ciblés pour
atteindre les objectifs OTAN d'employabilité des forces ;


• nous assurerons une cohérence maximale dans la planification de défense, de
manière à réduire les doubles emplois inutiles et à axer le développement de
nos capacités sur les exigences du monde contemporain ;


• nous développerons et exploiterons conjointement des capacités, pour des
raisons de rentabilité et en signe de solidarité ;


• nous préserverons et renforcerons les capacités, les normes, les structures et
les procédures de financement communes qui nous lient ;


• nous engagerons un processus de réforme continue pour rationaliser les
structures, améliorer les méthodes de travail et maximiser l'efficience.


Une Alliance pour le XXIe siècle


38. Nous, dirigeants politiques de l'OTAN, sommes déterminés à poursuivre la
rénovation de notre Alliance pour qu’elle soit à même de relever les défis de
sécurité du XXIe siècle. Nous sommes fermement résolus à préserver son efficacité
en tant qu’alliance politico-militaire qui a le mieux réussi au monde. Notre Alliance
prospère comme une source d'espoir parce qu'elle se fonde sur les valeurs
communes que sont la liberté individuelle, la démocratie, les droits de l'homme et
l'état de droit, et parce que notre objectif commun – essentiel et immuable – est de
sauvegarder la liberté et la sécurité de ses membres. Ces valeurs et ces objectifs
sont universels et perpétuels, et nous sommes résolus à les défendre par notre
unité, notre solidarité, notre force et notre détermination.

11:51 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : défense, otan, stratégie militaire, réformes, sécurité, partenariats, europe, usa, russie, paix | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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