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18/06/2011

Malika Sorel: La non application du modèle français d'intégration!

Risque de dislocation accrue de la nation
En avril 2008, un comité de réflexion présidé par Simone Veil était chargé par le Président de la République de réfléchir à la possibilité d’inscrire la diversité dans le préambule de la Constitution. Dans ses conclusions (1), le comité refusa que le coup de grâce fût donné à l’indivisibilité du peuple français, évoquant l’existence d’un « risque de dislocation accrue de la nation ». Renvoyer par le biais de la « diversité » les individus vers leurs groupes d’origine est tout sauf anodin. L’idéologie de la diversité déclenche une implacable mécanique qui pousse les personnes à accorder la primauté à l’idéal de société du groupe communautaire auquel elles s’identifient, sur l’idéal de société de la communauté nationale, ce qui finit par conduire à la prééminence de rapports relationnels entre groupes ethnoculturels au détriment de relations entre individus. Ces groupes sont alors enclins à se compter pour jauger leur poids politique, puis à se dresser les uns contre les autres pour la défense de leurs intérêts propres, fût-ce au détriment de l’intérêt général. Les statistiques ethniques, parfois rebaptisées « statistiques par nationalité d’origine », accélèrent la cristallisation des groupes sur une base ethnoculturelle. Si elles devaient un jour se voir institutionnalisées, elles feraient courir un risque certain à notre cohésion nationale.

 

 

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Conséquences de la réticence à faire respecter la République
Les réticences de l’État à faire respecter les principes républicains ne pouvaient que faire croître, sur le terrain, la pression que les familles de l’immigration subissent au quotidien de la part de leurs groupes culturels, pression d’autant plus forte que le groupe est réticent à concéder à ses membres une quelconque liberté individuelle. Quand l’État renonce à faire respecter la République, les familles de l’immigration se retrouvent contraintes de la sacrifier à leur tour. Quel intérêt un groupe qui peut espérer tirer bénéfice de sa taille aurait-il à laisser ses membres présumés s’émanciper de sa tutelle ? La stabilité d’un groupe est garantie par l’obtention d’une adhésion de plus en plus étroite de ses membres aux principes et valeurs qui l’identifient, ce qui se traduit par une homogénéisation des comportements en son sein.


L’importance des flux migratoires a de surcroît conduit au développement de diasporas, qui
dupliquent les cultures d’origine sur la terre d’accueil. La dégradation continue de l’intégration – qui s’est traduite par un accroissement des remises en cause des règles du bien vivre ensemble, y compris à l’école - en est une conséquence directe. L’immigration nuit très fortement à l’intégration, et même à la simple insertion. Rappelons ici que l’intégration à la communauté nationale est un processus individuel qui se joue entièrement sur le registre moral et affectif et qui aboutit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation qui se traduit par la volonté de transmettre, à ses propres descendants, les fondamentaux qui composent le noyau identitaire du peuple d’accueil. L’insertion n’est, quant à elle, que le simple respect des normes collectives de la société dans laquelle on évolue, même si on ne les partage pas. Si l’insertion doit être imposée, l’intégration ne saurait l’être, et ne peut l’être de toute façon. Par contre, il est possible de créer les conditions qui la favorisent. Dans son rapport, la commission Bentolila (2) avait longuement évoqué l’existence, pour les enfants de l’immigration extraeuropéenne, d’un problème de compatibilité culturelle entre l’école de la République et la maison. Le propos n’est ni de classer ni de hiérarchiser, mais de tirer enseignement d’un simple constat : la culture de l’école de la République ne se voit pas toujours reconnaître une quelconque valeur par les porteurs de cultures très distantes de celle des Français. Bien que les Français qualifient leurs idéaux d’universels, ils ne le sont pas, et ne figurent pas nécessairement au rang des aspirations d’autres communautés culturelles.

 

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L’éducation-instruction, domaine régalien
La mise en accusation de l’école et de son corps enseignant a largement contribué à ouvrir la voie de la contestation, non seulement de l’autorité de l’école et des enseignants, mais aussi du contenu des savoirs, par un bon nombre sans cesse croissant d’élèves qui sont le siège de tensions identitaires. Les difficultés scolaires de nombre de ces élèves sont directement liées à leur crispation vis-à-vis de la culture de l’école ainsi qu’à leur désormais peu d’appétence pour la pratique de la langue française. C’est à l’école maternelle, puis dans les premières classes du primaire, qu’il convient de se mobiliser sur le devenir de ces élèves, et non à l’entrée au collège où il est souvent trop tard. L’école doit être déclarée priorité nationale et être à ce titre érigée en domaine régalien. Le regard porté par une partie des élites sur les enfants de l’immigration a également joué un rôle dévastateur. Ce regard a participé à dégrader l’image des populations de l’immigration du Sud en propageant l’idée, au fondement raciste, selon laquelle leurs enfants ne seraient pas aptes à réussir selon les mêmes exigences de savoirs et de comportements que les autres enfants, et que pour eux il était nécessaire d’adapter le niveau de ces exigences.


Penser aux générations futures
Une myriade de facteurs aura concouru à accroître cons idérablement les aléas des processus d’insertion, puis d’intégration. Outre l’instrumentalisation qui a rendu l’exercice de l’esprit critique quasi impossible, outre l’importance de la distance culturelle que les migrants doivent réussir à franchir, citons, entre autres, l’évolution des moyens de télécommunications et des facilités de transport, qui permettent le maintien du lien ombilical avec la société d’origine et perturbent les enfants dans leur construction ; les politiques de diversité, qui rendent plus attrayante la revendication d’appartenance à une communauté étrangère plutôt qu’à la communauté nationale française ; la propagande de la victimisation, qui a participé à déresponsabiliser les migrants et leurs descendants et qui a, comble de l’inconscience, fait naître puis croître un ressentiment envers la France et les Français - lequel engendre de la souffrance, mais aussi des actes de violences contre notre société ; l’entretien, au sein de la société française, d’une propagande multiculturaliste qui contraint le peuple français à taire sa propre culture et encourage les migrants à exprimer la leur, et même parfois à l’imposer, jusqu’à l’intérieur des établissements scolaires, entravant ainsi le travail des enseignants ; l’illusion de l’ascenseur social, quand la réussite est en réalité le résultat d’une mobilisation de longue haleine de la famille et de l’élève – comment réussir, lorsque les véritables codes de la réussite scolaire puis sociale ne vous sont pas transmis ?

 

Tout cela et bien d’autres facteurs ont placé l’école dans l’impossibilité d’assumer pleinement sa mission intégratrice auprès des enfants de l’immigration. Or, l’école constitue souvent pour ces enfants l’unique lieu d’acquisition des codes sociaux et culturels qui leur permettraient de se construire pour être reconnus et acceptés par notre société. Le modèle d’intégration français n’a pas échoué ; seulement, il n’a guère été mis en oeuvre pour les vagues d’immigration du Sud. Dans le sujet qui nous concerne ici, la question socio-économique est mineure, et non majeure. La gloutonne rénovation urbaine ne produira jamais les résultats espérés, car elle est tout simplement hors sujet. Ces approches politiques « écume des vagues » créent un rideau de fumée qui empêche que ce sujet capital pour notre avenir collectif ne soit abordé en profondeur. Le langage de vérité doit être tenu sur l’immigration-intégration. Traiter, tant qu’il est encore temps, cette problématique dans toutes ses dimensions est le meilleur cadeau que l’on puisse offrir aux générations futures.


(1) « Redécouvrir le préambule de la Constitution », rapport au Président de la
République, La Documentation française, 2008.
(2) « La maternelle au front des inégalités linguistiques et sociales », rapport au ministre
de l’Éducation nationale Xavier Darcos, décembre 2007.

 

Le modèle français d’intégration n’a pas échoué, il n’a guère été appliqué
Source, journal ou site Internet : La revue parlementaire
Date : 12 juin 2011
Auteur : Malika Sorel, membre du haut conseil à l’intégration

03/06/2011

le «bébé» de M. Sarkozy et «l'Islam de France» made in morocco !!

Le Conseil français du culte musulman (CFCM), le «bébé» de M. Nicolas Sarkozy depuis la
période où il officiait à l'Intérieur, censé aboutir à un «Islam de France», est en crise.


L'attitude du ministre français de l'Intérieur qui fait la sourde oreille discrédite une structure de plus en plus réduite à être un relais du gouvernement marocain. Le boycott des élections
du CFCM a une explication simple et compréhensible. Il se résume au rejet d'un système assez bizarre retenu pour désigner les grands électeurs : la surface des mosquées. Ainsi, plus la mosquée est grande - et peu importe sa fréquentation-, plus elle donnera d'électeurs. La communauté turque, relativement peu nombreuse en France, se retrouve ainsi sur-représentée du fait de la taille de ses mosquées. Mais cela n'est qu'un exemple, les Turcs n'étant pas – pour l'instant du moins – en compétition pour la représentation du culte musulman.

 

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Le CFCM est d'abord une création du gouvernement français qui cherche, même contre les évidences, à le maintenir tel quel et à favoriser pour des raisons politiques une prééminence des Marocains sur le culte musulman. C'est que «l'Islam de France» ne se décrète pas et les mosquées en France continuent d'être marquées par les appartenances au pays d'origine. Le critère du mètre carré ne permet pas de prendre en compte la représentativité effective. Du coup, les grandes mosquées et les fédérations les plus connues, dont celle de la mosquée de Paris, la mosquée de Lyon, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), vont bouder le vote prévu le 5 juin prochain pour renouveler les Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) et le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui représentent les musulmans en France. Le refus de la Grande-Mosquée de Paris de participer aux élections était prévisible et il n'est pas nouveau. Celui de l'UOIF (FM) que dirige le franco-marocain Fouad Alaoui a été un peu moins attendue, même s'il ne cachait plus sa déception à l'égard d'un CFCM devenu un «outil pour exacerber les particularismes » ethnico-culturels. «Nous refusons de participer à un processus qui creuse le fossé entre les musulmans et les responsables de mosquées». Lui également critique une représentation au m² qui «sème «la zizanie et les conflits » dans les lieux de culte et crée «un état de division sans précédent» de la communauté musulmane.

 

http://www.bakchich.info/local/cache-vignettes/L460xH388/jpg_dessin-CFCM-e388f.jpg


Un CFCM marocain
Ces défections des grandes organisations musulmanes qui veulent un changement dans les
statuts auraient dû, par souci de crédibilité, entraîner un report des élections. Or, le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a assuré qu'il fera l'impossible pour que les élections des instances nationales et régionales du Conseil français du culte musulman (CFCM), prévues les 5 et 19 juin prochain, aient lieu. «La politique du ministère de l'Intérieur qui est la mienne, est de tout faire pour que cette élection ait lieu même si elle est imparfaite», a-t-il dit, insistant sur le fait qu'«il est extrêmement important que le culte musulman soit représenté d'une façon suffisamment unitaire dans le respect des diversités». En réalité, la seule organisation en lice est le Rassemblement des musulmans de France (Maroc) et cela semble apparemment avoir les faveurs du gouvernement français. «Ce sera un CFCM croupion?», a déclaré Kamel Kabtane, recteur de la Grande-Mosquée de Lyon. Et il a les chiffres pour lui.


Dans la région Rhône-Alpes où résident 600.000 musulmans, seuls 35 lieux de culte sur 225 comptent voter. Autant dire que l'élection du CFCM sera pratiquement réduite aux mosquées marocaines. Cela permettra de reconduire Mohammed Moussaoui (marocain) à la tête d'un CFCM qui pourra difficilement parler au nom des musulmans de France. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) devra s'ajouter un autre «M» pour devenir Le Conseil français du culte musulman marocain (CFCMM). «Ce qui est sûr, c'est que le CFCM va partir à vide et donc il fonctionnera à vide. Par conséquent, il n'aura plus la même force ni la même crédibilité. Partant de là, il risque de mourir de sa belle mort», a souligné Kamel Kabtane dans une déclaration à un journal lyonnais.

 

Les élections du Conseil français du culte musulman boudées : une structure qui ne représente plus que les Marocains
Source, journal ou site Internet : Le Quotidien d’Oran
Date : 2 juin 2011
Auteur : Salem Ferdi

19:25 Écrit par HUMANITAS dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : musulman, islam, religion, sarkozy, culture, cfcm, maroc, mosquée, uoif, moussaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/03/2011

Triche à la sécu, une manière pernicieuse, conditionnelle, de prétendre que le système resterait excellent, SI !!!

Notre système de protection sociale n'a plus les moyens de supporter les milliards envolés de la fraude. Un changement de culture autant que de méthode sont inévitables.

 

http://www.impots-utiles.com/mt-static/FCKeditor/UserFiles/Image/fraude-fraudes-assurance-maladie-secu-securite-sociale-gerard-raymond-cnam-hopital-chu-dette-publique-abus.jpg

 

Quatre femmes, 17 enfants et 175.000 euros de prestations sociales en trois ans ! La petite entreprise polygame de Lies Hebbadj, ce commerçant aux quatre maisons vivant à Rezé (Loire-Atlantique), aurait sans doute continué à prospérer des années durant si l'une de ses compagnes n'avait refusé d'ôter sa burqa lors d'un contrôle routier. Pourtant, plus que son mode de vie, c'est bien le montant astronomique de ses allocations qui a outré l'opinion au printemps dernier et qui lui vaut sa mise en examen pour fraude aux prestations sociales et travail dissimulé.


Marre des fraudeurs?

Pour la grande majorité des Français, ils devraient être plus lourdement sanctionnés *.
L'exaspération est d'autant plus forte que notre pays traverse de sérieuses difficultés économiques. Quatre millions de personnes cherchent un emploi et le déficit des comptes sociaux explose: 30 milliards d'euros l'an dernier. Un record ! La France peut-elle dans ces conditions continuer de fermer les yeux sur 12 à 18 milliards de dépenses indues et de cotisations évaporées? Non, répond Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, qui s'apprête à renforcer la lutte anti-fraude. «Chaque euro injecté dans le système de protection sociale doit aller à ceux qui en ont besoin», martèle-t-il.


Les députés de la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss) se sont eux aussi emparés du sujet, considérant que «la fraude sociale est d'une telle ampleur qu'elle constitue un vrai problème de société», selon les mots de Dominique Tian, député UMP des Bouches-du-Rhône et rapporteur de la mission. Ses conclusions sont attendues fin avril.


Longtemps, la mansuétude a été de mise à l'égard des petits malins qui s'ingéniaient à détourner la solidarité nationale à leur profit. Autant le fisc faisait peur, autant la «chasse aux allocs» prenait des allures de sport national. La France faisait figure de pays de cocagne, accueillant à bras ouverts ces milliers de Britanniques venant toucher le RMI, offrant des traitements de fécondation in vitro gratuits à des femmes sans papiers (23 à Paris l'an dernier), proposant des allocations logement aux enfants des classes aisées, octroyant des pensions d'invalidité complète à des personnes souffrant de «troubles du sommeil», acceptant la polygamie de fait... De la fraude? Non, juste une utilisation «limite» d'un système de protection sociale dont nous sommes fiers de dire qu'il est «le plus généreux au monde». Comment ne pas chercher à en tirer parti pour soi-même?


Tout le monde se sert. En 2006, Claude Frémont, le directeur de la Caisse d'assurance-maladie de Nantes, pousse un dernier coup de gueule avant de claquer la porte après douze années passées à traquer les fraudeurs - des médecins pour la plupart. «La Sécu est devenue une vache à lait!» explose celui qu'on surnommait «Zorro de la Sécu», qui n'hésitait pas à dénoncer l'impuissance publique face au «lobby extraordinairement puissant des médecins».


Et qui n'a jamais payé sa femme de ménage ou sa nounou «de la main à la main»? Le travail illégal est la principale fraude sociale en France. Pour la collectivité, c'est la double peine: des cotisations sociales et des impôts qui ne rentrent pas (8,5 à 12,5 milliards d'euros) et des salariés qui accèdent à des prestations sociales en minimisant leurs revenus. Douce France...


Ce n'est qu'au milieu des années 2000 que les parlementaires, le gouvernement et la haute administration commencent à prendre la mesure de la fraude aux prestations. A partir de 2005, le législateur demande à la Cour des comptes de certifier les bilans des organismes sociaux, ces mastodontes qui brassent, bon an, mal an, plus de 300 milliards d'euros. Les voici tenus de présenter des comptes «fidèles et sincères» comme n'importe quelle entreprise cotée. Il était temps !


En 2008, une délégation nationale de lutte contre la fraude, logée à Bercy, est créée. Parallèlement, la Cour des comptes s'est lancée dans une évaluation de la fraude aux prestations sociales. Un exercice apparemment délicat, même pour des magistrats rompus au contrôle de puissants organismes publics. Dans sa première mouture, envoyée un peu vite l'an dernier aux parlementaires, la Cour dressait un panorama fort critique de la lutte anti-fraude: «Stratégie nationale aux cibles imprécises», «actions des caisses locales limitées», «récupération insuffisante des indus»... Des attaques atténuées dans la version publique. Pour ménager quelques ego? Ou pour minimiser le fléau?


Car le chiffre de 1 % de fraudes aux prestations sociales - couramment avancé par les dirigeants des organismes sociaux - est de plus en plus contesté. D'abord, parce qu'il résulte d'une simple extrapolation de contrôles effectués par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) sur un échantillon de dossiers:
l'an dernier, celle-ci s'est courageusement lancée dans un premier chiffrage de la triche en épluchant 10.000 dossiers. Il en résultait que 2,2 % des allocataires fraudaient. Soit, en extrapolant à l'ensemble des bénéficiaires, 200.000 tricheurs pour un montant estimé entre 540 et 800 millions d'euros, ce qui représente grosso modo 1 % des prestations versées annuellement. «Ce chiffre est à peu près identique chez nos voisins», fait remarquer Daniel Buchet, «monsieur anti-fraude» de la Cnaf.


L'assurance-maladie et la branche vieillesse se bornent, elles, à afficher les résultats des fraudes qu'elles détectent (150 millions d'euros pour la première, 22 millions pour la seconde). Mais à l'assurance-maladie, on reprend volontiers l'évaluation globale de 1 %. Or, selon le bon vieux principe de «plus on cherche, plus on trouve», il y a fort à parier qu'un renforcement de la lutte anti-fraude donnerait des résultats bien supérieurs. La preuve? Il y a cinq ans, l'assurance-maladie n'identifiait que 10 millions d'euros de fraudes !


«Nous ne pensons pas que la fraude explose, mais on en détecte beaucoup plus qu'il y a quelques années», explique-t-on au ministère.
Aujourd'hui, les organismes sociaux affirment avoir fait du combat contre la triche une «priorité majeure».
«Nous savons que nos assurés sont particulièrement soucieux de la bonne utilisation de leurs cotisations et nous demandent qu'elles soient utilisées pour financer les dépenses de santé utiles», explique Frédéric Van Roekeghem. Le directeur général de l'assurance-maladie a nommé un médecin, Pierre Fender, à la tête de la lutte anti-fraude. Question de «légitimité» face à des professionnels de santé prompts à s'émouvoir quand on leur demande des comptes. Certes, les bataillons de contrôleurs sont encore bien faibles: 88 à la Cnav, environ 250 à la Cnam, 630 à la Cnaf... Quant aux 2500 inspecteurs du travail et 1550 contrôleurs Urssaf, ils consacrent respectivement 12 et 14 % de leur temps à lutter contre le travail illégal.


Mais l'arsenal juridique s'est considérablement renforcé depuis cinq ans. La Cnaf, qui croise déjà ses fichiers avec ceux des impôts depuis une dizaine d'années, peut désormais demander aux autres organismes sociaux, aux fournisseurs d'énergie (EDF, GDF-Suez...) et surtout aux banques la communication des données personnelles des allocataires. «Nous avons les mêmes pouvoirs que les agents des impôts», insiste Daniel Buchet. A une exception: les allocataires ne sont pas tenus de faire rentrer dans leur logement les contrôleurs des Caf. De toute façon, il y a belle lurette que ces derniers «ne comptent plus les brosses à dents et les paires de pantoufles» pour s'assurer du non-concubinage d'un bénéficiaire d'une allocation pour parent isolé ! Une plongée dans les baux, les comptes en banque ou les factures de gaz est bien plus efficace. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui ne semble pas être toujours le cas (certaines banques renâclent).

 

Les allocataires ont aussi du mal à se faire à cette idée. Il suffit de faire un tour sur les forums de discussion pour s'en convaincre. «Comment peuvent-il avoir accès à nos comptes bancaires, c'est un nouveau délire de l'Etat? On n'a pas le droit d'assurer nos arrières?», s'insurge «Loli», sur droit-finance.net. Une autre internaute n'en est toujours pas revenue après avoir constaté que La Poste avait prévenu la Caf du transfert de son courrier chez son petit ami. «Ils sont tous en lien! explose-t-elle. J'ai vu sur les forums que maintenant c'était légal! Ils peuvent consulter un fichier spécial et regarder nos comptes en toute légalité!» Une telle intrusion, courante en matière de fiscalité, est révolutionnaire pour les bénéficaires de prestations.


A ce jour, toutefois, les organismes font preuve de beaucoup de retenue dans les sanctions. Question de culture, d'abord. «Les agents des Caf sont formatés pour aider les pauvres, pas pour les redresser», lâche un fonctionnaire des affaires sociales. Question de définition aussi. Un hôpital facture une journée entière d'hospitalisation pour un simple fond de l'oeil ou une opération qu'il n'a pas effectuée ? Pour l'assurancemaladie, c'est une faute, pas une fraude. «Nous ne pouvons que nous en tenir à la définition légale», plaide Pierre Fender. Selon le code civil, la fraude est un acte «réitéré et délibéré».


Si l'on tient compte des « erreurs » - appelées «indus» en jargon Sécu -, les sommes qui échappent aux organismes sociaux sont bien plus élevées. Les Caf, par exemple, détectent 2 milliards d'euros d'indus par an.


Tous les responsables jurent la main sur le coeur récupérer la quasi-totalité de ces sommes. Les députés de la Mecss sont sceptiques. Jean-Pierre Door, élu UMP du Loiret et médecin, a fait ses calculs: «Sans les 5 milliards de fraude et les 10 milliards d'actes médicaux inutiles, l'assurance-maladie serait à l'équilibre.»


Les parlementaires veulent passer à la vitesse supérieure. Ils demandent que la Cnaf cesse de prévenir les allocataires des visites des contrôleurs. Ce qui est déjà le cas lors d'un fort soupçon de fraude, selon Daniel Buchet. Surtout, les élus UMP demandent l'instauration d'une «carte sociale » sur laquelle figureraient tous les subsides dont bénéficie le titulaire. «De l'aide municipale à l'aide de l'Etat», précise le rapporteur Dominique Tian, qui souligne que la Belgique est déjà dotée d'un système équivalent. Xavier Bertrand devrait leur donner satisfaction avec la mise en service annoncée du Répertoire national commun de la protection sociale d'ici à la fin de l'année. Et si l'arme anti-fraude la plus efficace était la peur du gendarme?


Depuis quelques semaines, une affichette orne les halls d'entrée des Caisses d'allocations familiales. Y figure noir sur blanc un jugement du tribunal de Melun : sept fraudeurs aux allocations logement écopent de peines de prison allant de six mois avec sursis à deux mois ferme. C'est la deuxième fois dans l'histoire de la Cnaf qu'une telle publicité est exigée par les tribunaux.


* Sondage Ifop réalisé du 7 au 15 février 2011 auprès de 1013 personnes.

 

Allocations logement, sécurité sociale : la grande triche

Source, journal ou site Internet : Le Figaro Magazine
Date : 4 mars 2011

11:15 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité sociale, fraude, culture, apl, logement social | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/01/2011

La parole est donnée à l'Islam: Ou va le monde musulman? Une vision pour un débat en occident.

La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance.


Après une décennie du nouveau siècle, il est temps de se poser des questions sur l’avenir. De nombreux observateurs à travers le monde se posent la question:

 

où va le monde musulman, composé de 57 pays et plus d’un milliard et demi de musulmans présents aux quatre coins de la planète?

 

Ce monde hétérogène, qui s’étend sur trois continents, semble prendre la figure du dissident face à l’Occident, dont il est proche, et échappe aux grilles de lectures classiques.

 

http://debats.actualite-francaise.com/img/debats_img/07cdfd23373b17c6b337251c22b7ea57-1.jpg


Les préjugés à son égard sont tenaces, alors que l’Occident classique a été judéo-islamo-chrétien et gréco-arabe. Les citoyens occidentaux de confession musulmane sont des ponts et des traits d’union pour le vivre-ensemble qu’il faut valoriser. Des intellectuels occidentaux continuent pathologiquement et arbitrairement de faire croire que «la guerre» est à l’origine de l’irruption de l’Islam dans l’histoire et que la violence lui est consubstantielle. La propagande cherche à faire croire que les éléments incompatibles avec le progrès lui sont enracinés. Ces contre-vérités nuisent aux bonnes relations. L’Algérie est le pays pont, trait d’union entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest, le plus apte à apaiser les relations internationales.

Accepter la critique
Le monde musulman apparaît comme le sous-développé politique et en même temps celui qui porte en lui une autre version de l’humain; selon les musulmans, vivante, équilibrée et résistante. Héritier d’une civilisation lumineuse, témoin d’une spiritualité vivace, il est traversé par, d’un côté, l’immobilisme et des courants rétrogrades et, de l’autre, par des mouvements de la dilution et la dépersonnalisation fascinés par l’occidentalisation. Aucun d’eux ne représente l’avenir. Nous sommes confrontés aux extrêmes. C’est un combat entre l’ouverture, la mesure et à l’opposé, la fermeture, la démesure. Nous devons nous impliquer par amour de la patrie et retrouver le goût de la culture et de la créativité.


Le monde musulman se veut la communauté du juste milieu, ni tourner le dos au monde, sous prétexte que l’Au-delà est la vraie vie, ni se laisser aliéner par lui, sous prétexte qu’il faut assouvir nos besoins illimités. L’Algérie, attachée à la notion de souveraineté, ayant payé le prix le plus lourd pour son indépendance, est un des pays ponts qui représentent la ligne médiane, même si son niveau de développement ne correspond pas encore à ses immenses potentialités.


La culture de l’Algérie, un des plus beaux pays au monde, est celle de la dignité, de l’hospitalité et de la résistance. Près de cinquante ans après l’Indépendance qui n’a pas réalisé toutes ses promesses, même si au niveau de la culture, de l’éducation et de l’enseignement elle a évolué de façon considérable du point de vue quantitatif, ces secteurs-clés nécessitent davantage de développement et n’ont pas encore atteint le niveau escompté. L’Algérie de 35 millions d’habitants dispose d’une richesse humaine de 9 millions d’élèves dans les écoles et près de 1,5 million dans les universités. Notre pays est seulement en attente d’une dynamique fondée sur le bond qualitatif, après les efforts louables d’édification. Par la culture et la maîtrise de la science, la voix de l’Algérie, forgée par l’Appel de Novembre, sera encore plus forte, aux côtés d’autres grandes nations.
Le drame sur le plan international réside dans le fait que depuis 1989, la chute du mur de Berlin, le monde musulman est dans l’oeil du cyclone, perçu comme une source de «menaces».


L’instrumentalisation de la religion, les archaïsmes conjoncturels et les dérives apportent de l’eau au moulin à cette propagande injustifiable. C’est intenable. Le monde musulman, les prochaines années, doit sortir de cette situation. D’autant que des expériences crédibles de développement sont visibles, comme en Turquie, et que des positions géostratégiques et des richesses ne sont pas un mirage comme en Algérie.


Le monde dominant, aussi puissant soit-il, est décadent. Ce qui complique la situation du monde musulman confronté ainsi à des défis internes et externes. Des médias et des courants d’opinions en Occident, mal-intentionnés, amplifient la peur pour faire diversion aux problèmes structurels de l’ordre dominant et imposent l’idée de citadelle. L’Islam joue un rôle de révélateur des impasses de notre temps.


Cependant, il nous faut accepter la critique, d’autant que l’horizon semble fermé et la démission est la conduite actuelle. L’opinion publique et des observateurs s’interrogent. Ils se demandent si le phénomène de repli est une lame de fond, ou si la raison et le progrès culturel et scientifique vont l’emporter? Mais ils oublient que le repli est le résultat des manipulations et instrumentalisations, le produit des contradictions de notre temps, une responsabilité partagée.
Le vide culturel interne, la crise de l’Ecole et les injustices, mais aussi les inégalités secrétées par les despotismes et le système mondial, la politique des deux poids, deux mesures et les dérives de la modernité consumériste qui déshumanisent, produisent tous ensemble un malaise moral, des réactions obscurantistes et de la violence sociale. Les deux mondes, Orient-Occident, tellement liés et imbriqués, doivent s’interroger sur les difficultés propres à chacun et sur les problèmes et défis de l’humanité. Nul ne pourra tout seul faire face aux incertitudes.


Au lieu de voir dans le monde musulman «le nouvel ennemi» réfractaire au progrès, il est urgent de changer, de comprendre qu’il est capable de contribuer à la recherche d’une nouvelle civilisation, comme par le passé. Il dispose de valeurs et de richesses. Le Monde arabe, figé, retrouvera son équilibre s’il sait oeuvrer, dialoguer et se faire entendre. Ni imitation d’un mauvais Occident, ni imitation d’un mauvais Orient, mais synthèse et articulation raisonnable entre authenticité et progrès, entre l’autonomie de l’individu et le vivre commun, symbiose entre science et éthique, entre le spécifique et l’universel.

 

http://francaisdefrance.files.wordpress.com/2009/12/france_islamique1.jpg

 

Trois priorités
Le Monde musulman doit assumer trois priorités. Sur le plan scientifique, moderniser l’Ecole, la formation, l’éducation, l’enseignement, la culture, donner la priorité absolue à ces questions, pour progresser et faire reculer le chômage, l’incivisme, la pauvreté et les intégrismes. En conséquence, multiplier les possibilités de cultiver, axer l’aide sur la formation sous toutes ses formes est un chemin incontournable. La jeunesse de nos pays a soif de connaissances.


Sur le plan économique, le poids de la bureaucratie, la faiblesse de la culture de l’entrepreneuriat pour produire des richesses, des instruments de régulation pour protéger les faibles et la division internationale du travail, conception au Nord, exécution partielle au Sud, constituent des problèmes de fond. Il s’agit d’éviter le repli et le libéralisme sauvage.
Au plan politique, l’espérance est réelle, malgré des critiques, il faut rester constructif, car le développement dépend de la bonne gouvernance et du renouvellement des élites, pour sortir de l’usure et liquider la mauvaise gestion. L’urgence c’est l’arrêt de toutes les formes d’incompétence et de remobiliser la jeunesse qui prendra conscience que l’avenir est dans nos pays. Tous les jours, des cadres prouvent leur engagement, leur intégrité et leur compétence. Le potentiel existe.


Sur le plan des relations internationales, les problèmes cruciaux qui retardent le développement sont: la volonté d’hégémonie et de domination du monde fondée sur la loi du plus fort et l’ivresse de la logique unipolaire; la mise en oeuvre d’une idéologie néoconservatrice au service d’intérêts à courte vue, dont le contrôle sur les sources d’énergie est un des aspects; diversion par rapport aux problèmes politiques et économiques du monde.


Face au désordre mondial, à la pérennité de la logique d’un centre qui exploite la périphérie, face aux terrorismes transnationaux et à la pauvreté, nous pouvons diverger sur les méthodes pour les résou-dre, mais nous différons surtout sur l’évaluation des causes et l’identification des responsabilités, car les inégalités et les sources de la pauvreté et de la violence aveugle sont multiples. Sans jamais justifier les dérives, il y a lieu de s’attaquer à leurs causes profondes. La mondialisation est dominée par l’américanisation, même si des puissances nouvelles émergent. Le Monde arabe doit revoir sa relation incontournable avec l’Europe et les USA. Il est important d’insister sur le fait que le peuple américain est un peuple ami et la nation américaine une grande nation. Le monde entier a besoin de la stabilité et de la crédibilité de la première puissance; notre avenir, en partie, en dépend. Les USA, ne l’oublions pas, sont héritiers du siècle des Lumières et attachés aux valeurs de liberté. Ce qui inquiète ce sont des aspects de leur politique étrangère, tant sur le plan des actes unilatéraux que sur celui d’une vision fondée sur le double standard. Notre démarche, par attachement aux principes de la démocratie universelle, est de continuer à dire à nos amis américains: nous souhaitons renforcer nos liens, favoriser la prééminence du droit international, notamment culturelle, commerciale et économique. Ce qui nous ne dispense pas de dire que nous ne sommes pas d’accord sur ce qui se passe en Palestine. Tout comme nous ne cesserons pas de répéter à l’opinion internationale que l’extrémisme est l’anti-Islam. L’heure n’est pas à l’amalgame, mais à l’alliance entre tous les pays et tous les citoyens du monde épris de liberté, de justice et de paix, quelles que soient leurs religions et leurs cultures. La question de la culture et du dialogue des cultures est primordiale pour faire reculer l’ignorance, source de tant de maux. La mondialisation est inégale et contredit toutes les cultures traditionnelles, notamment au vu de l’économisme fondé sur l’exploitation exponentielle de toutes les ressources, sans tenir compte des critères éthiques, culturels et écologiques. Situation qui porte atteinte à l’écosystème et transforme les cultures et traditions en folklores coupés du mouvement de la vie. Même si la complexité de l’époque et le poids de la mondialisation sont immenses et que le monde musulman reste matériellement faible, il résistera encore face à la deshumanisation et aux injustices. Reste à ce que cette résistance soit coopérative et réfléchie et non sauvage et subjective. Le monde musulman, s’il se réforme, favorisera l’humanisme et le pluralisme dans les relations internationales. De source apparente de menaces, il sera enfin compris comme partenaire salutaire.


Il peut former des êtres humains qui ont un sens ouvert de la vie, l’éthique, capable de tenir face au monde désignifié et consumériste, face à la marchandisation, aux remises en cause des fondements de l’humanité. Mais il n’y a pas d’avenir si la créativité, la critique constructive de soi et de l’autre et l’ouverture au changement ne sont pas mises en oeuvre.
La mondialité, la modernité, la mondialisation s’appuient sur des moyens décisifs et incontournables de la science et de la technique; assumons-les, tout en actualisant notre sens de l’éthique et de l’humain. Relever les défis de manière autocritique, logique, permettra de se désenclaver, de corriger nos dérives et celles de notre temps, dans l’échange, le dialogue et le respect de la différence.


Il est vital de réfléchir et travailler ensemble, investir en commun, partager des richesses et montrer que nul n’a le monopole du progrès et de la raison. Il reste un avenir, si on se souvient qu’unité et diversité et paix et justice sont inséparables. Win-Win devrait être le mot d’ordre pour tous nos actes. Le devenir est commun.

(*) Spécialiste du dialogue des civilisations
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHÉRIF (*)

 

Source l'Expression

L’AVENIR DES RELATIONS INTERNATIONALES
Où va le monde musulman?
30 Décembre 2010

10:30 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : islamisme, islam, culture, musulman, critique, algérie, turquie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/12/2010

Start-Up et Patrimoine en cure d'austérité!

Les start-up victimes du déficit public
Source, journal ou site Internet : silicon.fr
Date : 3 décembre 2010
Auteur : Christophe Lagane

 

 

Après les députés, les sénateurs ont adopté le plafonnement de l'exonération des charges pour les entreprises innovantes. Au nom de la lutte contre le déficit public.

 

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Le couperet est tombé la nuit du 02 au 03 lors de la discussion au Sénat sur le projet de loi des Finances 2011. Comme les députés l’avaient fait trois semaines auparavant, les sénateurs ont adopté la réforme qui revoit le soutien fiscal dont bénéficiaient jusqu’alors les start-up françaises. En 2011, les jeunes entreprises innovantes (JEI) verront leurs exonérations de charges sociales désormais plafonnées. Créé en 2004, le statut de JEI permettait aux PME innovantes de moins de huit ans et qui consacrent 15 % de leur activité à la recherche et au développement (R&D) de bénéficier d’exonérations pendant 8 ans sur les charges salariales des employés concernés (chercheurs, techniciens, chefs de projets R&D…). Mais ces largesses disparaîtront prochainement. Eric Besson, ministre délégué à l’Industrie en charge de l’Economie numérique, a notamment rappelé que l’effort de réduction des dépenses publiques doit être « partagé par tous ». Rappelons que la lutte contre le déficit public vise à le ramener de 152 milliards d’euros aujourd’hui à 92 milliards en 2011. Pour sa part, le plafonnement des exonérations des entreprises innovantes participera à hauteur de 57 millions d’euros à la réduction du déficit… La mesure n’a d’ailleurs été approuvée que par 179 voix sur 318.


Une décision qui passe mal du côté des organisations professionnelles représentant les JEI. « Considérer que ces entreprises sont moins fragiles à partir de la 4ème année, c’est ignorer le cycle de vie des entreprises innovantes, notamment dans le secteur des logiciels, des biotechnologies et du jeu vidéo », énonçaient-elles au Moci, le 26 novembre dernier. « Le gouvernement fait deux poids, deux mesures entre PME et grands groupes, et renie sa propre stratégie industrielle en faveur de l’innovation. Nous sommes consternés », déclare à La Tribune (03/12) Loïc Rivière, délégué général de L’Afdel (Association française des éditeurs de logiciels). Les professionnels craignent notamment que l’alourdissement des charges n’entraînent des plans de restructuration et ralentissent les projets de R&D. Au risque que celles-ci quittent la France pour les côtes américaines, notamment Montréal. Deux milles start-up française environ sont concernées.

 


L’austérité ruine le patrimoine
Source, journal ou site Internet : The Guardian
Date : 6 décembre 2010
Auteur : John Hooper

 

Sale temps pour Pompéi, où deux bâtiments se sont écroulés en l'espace de quelques semaines. AFP
Le patrimoine culturel est l'une des premières victimes des mesures d'austérité adoptées par les Etats
européens. Et si nous voulons sauver Pompéi et d'autres sites et monuments du sud de l'Europe, il est grand
temps de changer la gestion de la politique culturelle.
John Hooper

 

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La porte cintrée du XIIe siècle est le seul vestige encore intact de l’église Saint-Pierre de Becerril del
Campo, dans la province de Palencia, dans le centre de l’Espagne. Le toit a pratiquement disparu. L’eau
s’infiltre partout et l’intérieur déborde de déchets. “La nef se détériore de jour en jour, nous avons déjà perdu
presque tous les stucs et les voûtes baroques”, signale Hispania Nostra, association de défense du patrimoine.
Plus tôt cette année, à l’autre bout de la Méditerranée, sur l’île grecque de Kea, une tour du IVe siècle av.
J.C. s’est en partie effondrée sous les yeux des habitants, en dépit des avertissements répétés du département
local d’archéologie.


La nouvelle que trois autres murs [après l'effondrement début novembre de la Maison du gladiateur] s’étaient
désintégrés à Pompéi début décembre a fait le tour du monde. Mais l’église de Castille et la tour en mer Egée
viennent nous rappeler que la ville sur les pentes du Vésuve n’est pas le seul site d’Europe du Sud où sont
menacés des trésors archéologiques, culturels et historiques.


On a toujours attribué les manquements dans le secteur de la conservation au déséquilibre existant entre le
fabuleux patrimoine culturel du Sud de l’Europe et les ressources comparativement limitées dont disposent
les gouvernements de la région. L’Italie compte plus de sites inclus dans le patrimoine mondial de l’Unesco
que tout autre pays, et l’Espagne est la suivante sur la liste.


Le financement espagnol de la culture a déjà chuté d'un tiers
Mais aujourd’hui, après des décennies de prospérité relative et de financements plus généreux, la région est
confrontée à une nouvelle menace : de l’Atlantique à la mer Egée, les Etats, s’efforçant de rééquilibrer leurs
finances publiques et de juguler leur dette, procèdent à des coupes sombres dans les budgets de leurs
ministères de la culture et du patrimoine.


C’est une région où les statistiques ont la triste réputation d’être douteuses : le financement du patrimoine se
retrouve souvent dans le même sac que les arts et, en Espagne particulièrement, le financement destiné aux
oeuvres de conservation est réparti à plusieurs niveaux de l’Etat.


Mais l’exemple du Portugal, plus centralisé, permet de se faire une idée de l’étendue de ces réductions. La
semaine dernière, Lisbonne a voté un budget d’austérité pour 2011 qui réduit de 9 % les fonds publics
alloués à la culture.


En Espagne, les associations de défense du patrimoine affirment que dans certaines régions, le financement
de la culture a déjà chuté d’un tiers. Dans le même temps, l’éclatement de la bulle immobilière du pays a
privé la conservation des édifices anciens d’une source importante de liquidités — les sommes déboursées
par les promoteurs qui souhaitaient construire du neuf. “Si cet argent se tarit, alors les autorités locales vont
dire qu’elles doivent dépenser pour les gens plutôt que pour les bâtiments,” déclare Javier Ruiz, architecte et
activiste.


Le mois dernier, en Italie, des musées, des galeries d’art et des sites du patrimoine ont fermé dans le cadre
d’une journée de grève pour protester contre les projets du gouvernement, qui prévoit d’écrémer le budget
national de la culture de 280 millions d’euros au cours des trois prochaines années. Alessandra Mottola
Molfino, présidente de l’association italienne Italia Nostra, y voit “un coup mortel pour notre patrimoine”.
Or, ces réductions sont-elles vraiment indispensables ?


A Pompéi, on suit des directives des années 1970
En Grèce, qui se trouve au coeur de la tourmente de la dette en Europe, le ministère de la Culture a annoncé
la semaine dernière qu’il faisait appel à Bruxelles pour combler les brèches, réclamant 540 millions d’euros
pour restaurer sites archéologiques et monuments et pour rénover les musées, dont beaucoup ont dû fermer
leurs portes à cause de la crise.


Ailleurs, d’aucuns prétendent que la crise pourrait servir de stimulant en faveur d’une plus grande efficacité
de la part des autorités et d’une implication plus constructive du secteur privé. “Ce n’est pas un problème
d’argent, explique Roger Abravanel, auteur basé à Milan et avocat de l’économie de marché. Les
conservateurs professionnels — des gens qui à la fois comprennent la culture et savent qu’il faut la rendre
accessible au public —, ici, ça n’existe pas. En Italie, nous suivons un modèle complètement différent où les
autorités sous-traitent aux sociétés qui ont organisé des expositions.”


Un défenseur du patrimoine qui a préféré garder l’anonymat assure que Pompéi est loin de manquer de
fonds. “Depuis 1997, l’agence nationale qui gère le site a récolté beaucoup d’argent car c'est elle qui reçoit
directement les fonds. Mais elle ne dispose pas de mécanismes de gestion assez réactifs. Le personnel est
placé sous le contrôle direct du ministère à Rome, et c’est un système rigide. En vingt ans, il n’y a eu aucun
renouvellement, avec pour conséquence que l’on a ici des responsables qui travaillent en fonction de
directives qui datent des années 70.”


Les relations troubles entre secteur public et privé
La crise a aussi braqué les projecteurs sur la relation souvent trouble en Europe du Sud entre secteur public
et privé. Pourtant, il a longtemps été difficile d’impliquer les entreprises. Pendant des années, on a cru que
c’était parce que l’Italie ne proposait pas les généreux aménagements fiscaux dont bénéficient les sponsors
éventuels dans les pays anglophones.


Mottola Molfino estime que les nouvelles règles mises en place ces dix dernières années ne pâtiraient pas
d’être simplifiées. Mais, comme tant d’autres en Europe du Sud, elle se méfie encore de la volonté de l’Etat
de confier au secteur privé la responsabilité de préserver le patrimoine national du pays. “Ça devrait être un
devoir et un honneur,” lance-t-elle.


L’idée que la conservation du patrimoine soit essentiellement l’affaire des autorités est semble-t-il aussi très
répandue parmi les chefs d’entreprise qui, de toute façon, ont vu leurs bénéfices rognés par la crise
économique mondiale.


Il n’y a probablement pas de monument plus célèbre en Europe du Sud que le Colisée. Mais comme
beaucoup d’autres édifices romains antiques, il a un besoin urgent d’être restauré. L’été dernier, le ministère
italien de la Culture, anticipant les réductions dont il allait être l’objet, a fait savoir qu’il recherchait des
sponsors pour couvrir en partie un programme de travaux de 25 millions d’euros.


Diego Della Valle, fondateur de la chaîne de maroquinerie et de chaussures Tod’s, a été le premier magnat à
répondre à l’appel. Et jeudi dernier, il s’est avéré qu’il était le seul. Della Valle a courageusement annoncé
que sa société prendrait l’intégralité de la facture à sa charge. Sinon, a-t-il conclu, l’Italie courait le risque
“d’un autre Pompéi”.


Austérité
Tout n’est pas noir du côté de la culture
Contrairement aux Pays-Bas et à l’Italie, où des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour
protester contre les coupes au budget de la culture, il n’y a pas eu de protestations au Royaume-Uni, où tous
les secteurs sont touchés par les mesures d’austérité, note De Standaard. Malgré la récession de ces dernières
années, en effet, le secteur culturel a connu une croissance plus importante que l’économie (5% contre 3%
par an) et la fréquentation des sites a augmenté ( de 41% en 8 ans). En Allemagne, ajoute son confrère
néerlandais Trouw, les dépenses de l’Etat fédéral ont même augmenté l’année passée, même si celles des
communes et des Länder (régions) ont chuté. Même chose en France, où le budget 2011 de la culture est en
hausse de 2,1% par rapport à celui de 2010. Une hausse qui concerne surtout l’audiovisuel, la part attribuée
aux musées ayant subi une réduction de 5%.

11:15 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : start-up, patrimoine, économie, récession, dette, charges sociales, austérité, culture, crise(s) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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