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30/10/2010

Les tibétains contre le chinois à l'école!

Des milliers de Tibétains ont manifesté à plusieurs reprises depuis la mi-octobre contre l’imposition du mandarin comme langue d’éducation dans les cycles primaire et secondaire. Ces rassemblements semblent avoir légèrement infléchi la position gouvernementale, selon un site tibétain en exil.

 

http://www.leventdelachine.com/blog/images/ecole%20lhassa%20calligraphie%20tibetaine.jpg


Le 30 septembre, le Renmin Ribao, organe du Parti communiste chinois, publiait les déclarations de Qiang Wei, secrétaire du Parti du Qinghai, faites lors d’une conférence provinciale sur l’éducation. "Les dirigeants, à chaque niveau [administratif], doivent dissiper leurs propres doutes avec fermeté concernant la priorité donnée à la langue chinoise dans l’éducation. Si l’on estime crucial que les élèves issus des minorités nationales reçoivent un enseignement dans la langue commune du pays, il faut se défaire de l’idée que cela heurtera leurs sentiments, que cela nuira à leur développement culturel et à la stabilité sociale", avait-il alors déclaré. Aucune date n’a été fixée pour cette réforme éducative, "un important mouvement politique et un projet important pour le bien-être du peuple qui est inévitable" [la réforme aboutirait à ce que toutes les matières soient enseignées en chinois dans le cycle "bilingue" des neuf années d’enseignement obligatoire].


Toutefois, le 22 octobre, au troisième jour des manifestations dans les provinces du Qinghai et du Sichuan, et aussi à Pékin, Wang Yubo, secrétaire du Bureau de l’éducation du Qinghai, a procédé à une clarification.


Bien qu’il lui soit impossible de modifier les politiques éducatives de base, ses propos ont été beaucoup plus conciliants que ceux de Qiang Wei. Si l’usage du chinois ne convient pas aux étudiants ou à leurs parents, et si le moment n’est pas encore propice, il n'appliquera pas la réforme avec obstination. Il serait même prêt à engager plus de dépenses pour le budget de l’éducation en langues nationales (minoritaires). Il a ajouté que les professeurs actuellement en poste dont le niveau de chinois est faible ne perdraient pas leur poste. Le fait que la mise en place d’une réforme éducative annoncée il y a un mois ait été à ce point révisée est le premier résultat des manifestations étudiantes. Un second effet est que les étudiants ont manifesté avec dignité. Le gouvernement chinois n’a pas pu interpréter les manifestations de ces derniers jours comme étant de nature politique et téléguidées par Dharamsala [siège du gouvernement tibétain en exil en Inde]. A ma connaissance, elles n’ont pas été réprimées et aucun professeur ni étudiant n’a été arrêté [une vingtaine d’arrestations auraient cependant eu lieu le 22 à Chabda (Gonghe), selon le site tibétain en exil Tibet Times].

 

http://europe.chez-alice.fr/kham26a.jpg


Mais on dit qu’à Rebkong (Tongren) la rumeur ayant couru que des professeurs étaient derrière les manifestations, le Bureau de la sécurité publique a arrêté des étudiants devant leur établissement scolaire pour les interroger.

 

Mobilisation tibétaine contre le chinois à l’école
Source journal ou site Internet : Khabdha.org
Date : 29 octobre 2010
Auteur : Rabjor

14:09 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tibet, chine, école, liberté, langage, communication, communisme, autoritarisme, dictature | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/08/2010

Blackberry - Renseignements- Terrorisme

BlackBerry irrite les services de renseignements


Le téléphone préféré des hommes d’affaires et des criminels est si bien sécurisé qu’il constitue une menace pour la sécurité intérieure, clament certains gouvernements.


Il a longtemps été l’accessoire de l’homme pressé, le signe extérieur d’une vie hyperactive. Il est en passe de
devenir un symbole du droit à la protection de la sphère privée, un bastion des libertés individuelles. Le
BlackBerry, l’un des premiers téléphones multifonctions équipé de courrier électronique et de messagerie
instantanée mobiles, est depuis plusieurs semaines la cible d’Etats qui l’ont identifié comme une menace. Car
contrairement à ses concurrents (iPhone, Androïd, Windows Mobile…), il offre une telle sécurité des données
échangées qu’il gêne le travail de surveillance téléphonique des gouvernements.

 

http://www.espion-gsm.com/wp-content/uploads/2009/10/how-blackberry-spy-works.jpg

http://www.espion-gsm.com/wp-content/uploads/2010/03/ccmMobileSpy1.jpg

 

Signe que la polémique gonfle, le royaume de Bahreïn, qui reste «BlackBerry-friendly» contrairement à ses
voisins, s’est offert un magistral espace publicitaire dans le Financial Times, pour vanter son «marché des
télécoms le plus libéral du Golfe». Affirmation inscrite sur l’écran du téléphone incriminé.
Début août, les Emirats arabes unis avaient décidé l’interdiction prochaine du BlackBerry, puisque son
fabricant, l’entreprise canadienne Research In Motion (RIM), refusait de coopérer en facilitant la surveillance
de ses appareils «à des fins de lutte contre le terrorisme». Dans la foulée, l’Arabie saoudite avait menacé de
prendre les mêmes mesures. Et l’Inde, qui, depuis les attentats de Bombay en novembre 2008, négociait avec
RIM pour obtenir les moyens de mieux surveiller ses ennemis intérieurs, a profité de cette pression
grandissante pour brandir elle aussi le spectre du bannissement.


Ces menaces semblent avoir porté leurs fruits, puisqu’un accord aurait été trouvé avec l’Arabie saoudite. Et
selon des informations du Wall Street Journal, RIM a proposé à New Delhi d’appliquer pour elle sa
«procédure qui aide les administrations chargées de la sécurité à traquer les messages qui les intéressent». Une
procédure dont RIM a toujours soigneusement nié l’existence, la confidentialité absolue étant son principal
argument de vente pour équiper les grandes entreprises et… les gouvernements.

 

http://www.trackblackberry.com/images/trackblackberry-spy-apps.jpg


Utilisateurs inquiets
Or les téléphones BlackBerry sont vendus depuis trois ans en Chine et en Russie, où les services de
renseignement ne sont pas réputés pour leur laxisme. Pour accéder à ces marchés, RIM a dû négocier des
années durant et offrir la garantie que ses appareils «ne menaceraient en rien la sécurité intérieure».
Les Etats-Unis ont été les premiers, au nom des libertés individuelles, à défendre BlackBerry contre ces
pressions. Et à mettre en garde leurs concitoyens contre les écoutes chinoises lorsqu’ils se rendaient à Pékin
durant les Jeux olympiques. Pour un pays qui n’est pas un petit joueur de la surveillance, c’est une posture
d’autant plus paradoxale que les services de renseignement américains (et britanniques) se sont accordés
depuis longtemps avec RIM pour disposer d’accès privilégiés aux données échangées avec leurs appareils.
Côté utilisateurs, grandes entreprises et organisations criminelles commencent à s’inquiéter de la
confidentialité des données qu’elles échangent avec ces téléphones, choisis pour leur qualité d’encryptage. Les
grandes banques américaines Goldman Sachs et JP Morgan Chase ont multiplié ces dernières semaines les
conférences avec RIM pour réclamer des garanties. Pris entre le marteau et l’enclume, BlackBerry essaie de
ménager tout le monde. Au risque de sa crédibilité.

 

Source IHEDN

Renseignements extérieurs. – intérieurs.-
Intelligence
économique :
Source journal ou site Internet : Le Temps
Date : 18 août 2010
Auteur : Rinny GrenaudB

19/08/2010

Sécurité/espionnage: devrions-nous revenir aux écoutes traditionnelles?

Comment Al-Qaeda déjoue les interceptions américaines

La lutte contre le terrorisme est un autre exemple flagrant d'une certaine inadaptation des politiques d'interception actuelle. Non seulement le fait d'avoir tous les téléphones de la planète sur écoute n'a pas permis aux Américains de capturer Oussama Ben Laden, mais cela a encouragé les terroristes à éviter ce type de transmission au profit de moyens radioélectriques traditionnels (spectre HF), aujourd'hui délaissé par les grands services d'interception.

 

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Un des premiers à l'avoir signalé est Georg Klingenfuss, un ressortissant allemand, spécialiste de l'écoute radio, qui publie régulièrement des recueils de fréquences et autres manuels de codes. Sur son site Internet, il n'hésite pas à indiquer, capture d'écran à l'appui, que les réseaux terroristes tels qu'Al-Qaeda communiquent grâce aux ondes courtes. Il cite pour exemple les nouveaux systèmes de transmission permettant l'acheminement d'e-mails par radio, utilisés par les ONG, notamment le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Or, certaines ONG opérant en Afrique et en Asie, se seraient fait dérober plusieurs de ces émetteurs. D'autre part la radio bulgare a fait état, par le passé, d'une information selon laquelle des membres d'Al-Qaeda se seraient procurés, au Japon, du matériel performant de radiocommunication HF.

Un nouvel élément vient corroborer cette théorie. Il a été publié le 2 janvier 2006 par la presse privée algérienne. Il s'agit de la capture d'Abou Billel El-Oulbani, présumé représentant d'Al-Qaeda pour la région Afrique et Maghreb. Lors de son arrestation par les forces de sécurité algériennes, il a été découvert une « station radio UHF ultrasophistiquée » installée dans une maison abandonnée au sommet d'une colline. Celle-ci aurait été utilisée pour communiquer avec les différents réseaux d'Al-Qaeda en Afrique.

Il est important de noter qu'il s'agit d'une station UHF (Ultra High Frequency, ou ultra haute fréquence), c'est-à-dire utilisant des fréquences qui, en fonction de la topographie et des puissances utilisées, offrent une portée dépassant rarement la centaine de kilomètres. Si cette station était bien utilisée pour transmettre sur de plus longues distances cela indiquerait l'utilisation d'un procédé bien connu des radioamateurs. Il s'agit d'un système alliant l'Internet et la radio. Une hypothèse rendue encore plus vraisemblable quand on sait que parmi les objets saisis, figurent 3 ordinateurs portables. Il suffit pour cela de relier ladite radio à un ordinateur équipé d'un logiciel spécifique. De tels programmes existent et sont même gratuits. Développés par des radioamateurs, ils permettent ainsi de communiquer dans le monde entier à travers des réseaux privés reliés à Internet et interconnectés entre eux. Ce système permet de transmettre de deux manières. Soit à partir d'un ordinateur connecté à Internet qui activera un émetteur récepteur implanté n'importe où dans le monde. Soit à l'inverse, grâce à un émetteur-récepteur, il sera possible de se connecter à un ordinateur relié à Internet qui fera transiter la communication à l'autre bout de la planète si besoin est.

Concrètement, Ben Laden pourrait très bien donner ses instructions au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien à partir d'un cybercafé de Jalalabad, sa voix étant retransmise par un émetteur situé sur les hauteurs d'Alger. Et cela avec très peu de moyens et de manière très discrète, puisque la majeure partie des services d'écoutes étatiques, suivant l'exemple américain, a délaissé les traditionnelles écoutes radio, au profit de l'interception satellitaire.

Un procédé particulièrement discret

Ce système de transmission a la particularité d'utiliser différents procédés. Tout d'abord la partie transitant par Internet allie la technologie dite Peer to Peer et la téléphonie IP, rappelant à la fois les techniques utilisées pour le partage des fichiers audios (MP3 et autres) et la téléphonie via Internet. Sachant qu'actuellement les services officiels en sont à la définition des normes d'interception de telles communications et qu'ils ont fixé un délai de 18 mois aux fournisseurs d'accès pour leur fournir la possibilité technique de procéder à des interceptions légales, il ne fait aucun doute que ce procédé offre une grande sécurité pour ses utilisateurs.

La seconde partie utilise les ondes radioélectriques traditionnelles. Bien que les interceptions radios aient considérablement diminué, le risque d'être écouté demeure. Cependant, si l'émission radio sert uniquement à donner des instructions à des activistes déployés sur le terrain, elle peut se faire à partir de stations isolées ne comportant qu'un ordinateur et une radio, un ensemble totalement autonome. D'ailleurs en ce qui concerne la découverte opérée par les forces algériennes, l'installation se trouvait dans une maison abandonnée. On peut facilement imaginer que les terroristes utilisent plusieurs stations relais. Seuls ces émetteurs sont susceptibles d'être détectés par les services d'écoutes, les destinataires pouvant se borner à recevoir leurs instructions sans émettre eux-mêmes. De plus de nouvelles stations radios associées à un ordinateur portable peuvent être facilement et rapidement déployées. Il est donc aisé pour les logisticiens de remplacer une installation découverte par les forces de sécurité et maintenir ainsi une infrastructure de communications à la fois opérationnelle et relativement sûre et discrète.

Ce procédé permet ainsi à tout leader d'Al-Qaeda disposant d'une connexion Internet de s'adresser par radio à des terroristes répartis aux quatre coins du monde. L'individu n'ayant besoin d'aucun matériel spécifique, il peut ainsi être très mobile et déjouer toute surveillance éventuelle. Il sera donc très difficile pour un service spécialisé d'intercepter ses communications

Cette découverte confirme qu'Al-Qaeda utilise des moyens de communications radio traditionnels, des moyens maintenant abandonnés par la plupart des organismes officiels, y compris les services d'écoutes. Preuve en est le dernier mini-scandale des écoutes illégales ordonnées par George Bush dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il s'agit presque exclusivement d'écoutes téléphoniques, un procédé qui ne semble plus avoir la faveur des terroristes potentiels. Le fait de délaisser les écoutes radioélectriques classiques au profit de l'interception de satellites a laissé une faille dans laquelle semble s'être engouffré Al-Qaeda.

L'utilisation offensive des interceptions

Cependant ne noircissons pas trop le tableau. Il existe quelques services qui, s'ils sont toujours un peu sourds lorsqu'il est question d'écouter les ondes courtes, ont su utiliser l'interception des téléphones cellulaires ou des communications par sattellites à des fins beaucoup plus offensives que la simple écoute.

 

http://3.bp.blogspot.com/_-4XzqCdlEQc/SwmX0yGkrwI/AAAAAAAAADw/Kv19CCGYaVY/s1600/communications-terroristes-par-ondes-courtes.jpg


Citons pour exemple les services israéliens qui, en 1996, ont éliminé l'artificier du Hamas, Yeyia Ayache, grâce à son GSM. Après avoir mis hors service sa ligne fixe, les Israéliens l'ont forcé à utiliser son portable préalablement piégé. Après avoir identifié sa voix, ils ont déclenché à distance l'explosion de son appareil, le tuant sur le coup.

Les Russes ne sont pas en reste, puisque quelques mois plus tard, ce fut au tour du président indépendantiste tchétchène, Djokhar Doudaev, de subir un sort semblable. Utilisant un téléphone satellitaire, il fut localisé par les services de Moscou qui déclenchèrent aussitôt un raid aérien sur sa position. Il fut tué lors de cette attaque.

Gageons que si la chute de l'Union Soviétique a révolutionné la politique mondiale des interceptions, le 11 septembre 2001 aura un effet similaire. Espérons que ce tragique évènement ouvre un peu plus les yeux des décideurs et les encourage à prendre en compte l'avis des spécialistes confrontés quotidiennement à la réalité du terrain.


Alain Charret
Rédacteur en chef de la lettre électronique Renseignor, chercheur associé au CF2R

 
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