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26/10/2011

Réflexion démontrée sur l'utilité de l'Etat (Aleps)

SE PASSER DE L’ETAT


Comment relayer l’action de l’Etat dans un domaine aussi sensible que la protection sociale ? La semaine dernière cette rubrique a montré la nécessité d’un système réellement garanti et d’un système transparent. Serait-ce un luxe ?

 

http://www.libres.org/francais/annonces/images/madelin_novelli_aftalion.jpg

 

De nouvelles sécurités sociales (3ème partie)

 

 

 

Comment le salarié qui gagne 2.400 euros n’en touche que 1.300 

 

Pour passer à de nouvelles sécurités sociales, les Français ont besoin de savoir où ils en sont avec leur couverture actuelle, et s’ils ont les moyens financiers de changer de système. Ces deux problèmes sont résolus dès qu’ils savent calculer leur « salaire complet ».

 

En effet, ils sont habitués à voir le bas de leur feuille de paye, et ils retiennent deux chiffres :

 

-         celui de leur salaire net : c’est ce qu’ils vont réellement toucher de leur employeur, c’est la mesure de leur véritable pouvoir d’achat (avant impôts) ;

 

-         celui de leur salaire brut, qui est supérieur au salaire net, puisqu’il comprend la part dite « salariale » des cotisations sociales, ainsi qu’une partie de la CSG. Actuellement, sur un salaire brut mensuel de 1.600 euros on retient environ 270 euros, le salaire net est donc de 1.330 euros. La retenue est plus forte s’il s’agit de salariés cadres.

 

Ce salaire, net ou brut, représente-t-il la valeur de la contrepartie du travail fourni par le salarié ? Absolument pas : la vraie valeur est celle qui a été reconnue et acceptée par le client, puisqu’en fin de compte c’est bien le client qui paie la « valeur ajoutée » par les travailleurs (salaires), les prêteurs (intérêts) et les entrepreneurs eux-mêmes (profits).

 

Présentons les choses autrement : sans les prélèvements sociaux et fiscaux, notre salarié aurait dû toucher environ 2.400 euros. C’est ce qui s’appelle le salaire complet. Il n’en verra pas la couleur, on lui en remettra à peine plus de la moitié (salaire net).  

 


 

La différence est le prix payé pour la protection sociale 

 

Si l’on disposait d’une « feuille de paye vérité », elle indiquerait clairement où est passée la différence. En raisonnant sur le même salarié, il aura payé mensuellement, entre autres :

 

300 euros pour sa couverture santé ;

 

400 euros pour sa retraite ;

 

120 euros pour son assurance chômage ;

 

20 euros pour son assurance accidents du travail ;

 

90 euros pour les allocations familiales (un impôt, car indépendant de la situation de famille) ;

 

15 euros pour le logement (idem) ;

 

80 euros pour le transport (idem). ;

 

Peut-être ces chiffres sont-ils plus parlants encore si on les ramène à l’année : chaque année ce salarié doit payer une facture de 4.800 euros pour sa retraite (soit pratiquement deux mois complets de salaire net !) et 3.600 euros pour la maladie. 

 


 

Des prix exorbitants imposés par le monopole 

 

Or, dans des pays européens voisins, le salarié peut être couvert (à conditions égales) pratiquement à moitié prix. Non seulement le salarié aurait les moyens de bénéficier d’autres sécurités sociales, mais il mettrait dans sa poche l’équivalent de 2 à 3.000 euros par an !

 


 

Pourquoi ces différences ?

 

1° la première tient à ce qu’un régime d’assurance classique est personnalisé, et l’assuré n’a pas intérêt à sur-dépenser pour sa santé par exemple. La Sécurité Sociale française relève au contraire d’une logique de « droits sociaux » : puisque j’ai droit, je consomme.

 


 

2° La deuxième tient à ce que la gestion par la Sécurité Sociale est fondée sur le principe de la répartition : les bien portants paient pour les malades, les jeunes actifs paient pour les vieux retraités. Solidarité forcée mais sympathique, mais également ruineuse ; par contraste, les assureurs capitalisent les primes, et font fructifier l’argent collecté : les primes sont moindres ;

 


 

3° la troisième, c’est que le système français actuel ne fait aucune place à la concurrence, alors qu’il existe nombre de caisses de maladie et de retraites dans la plupart des pays, où le choix de l’assuré crée une compétition entre assureurs, et évite le coût d’une bureaucratie publique, centralisée, et incontrôlée.

 

 

 

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De nouvelles sécurités sociales (2ème partie) 

 


 

Sécurité Sociale avec une majuscule, c’est un organisme administratif, un système public, tandis que sécurité sociale, avec une minuscule c’est le fait d’être protégé contre un certain nombre d’aléas de la vie personnelle, familiale ou professionnelle ; c’est un objectif légitime. 

 

Les risques seront couverts

 

Tous les réformateurs de Sécurité Sociale devraient, avant toute chose, rappeler les garanties qu’il s’agit de conserver, parfois même de retrouver (puisqu’elles sont en train de s’envoler aujourd’hui avec les déficits et bientôt l’explosion de la Sécurité Sociale).

 


 

La première garantie c’est d’offrir à tout Français des soins de qualité, quels que soient son âge, son état de santé, son revenu.

 


 

La deuxième c’est de pouvoir toucher aujourd’hui, mais aussi dans dix, vingt ou trente ans, les pensions de retraites pour lesquelles ils ont cotisé toute leur vie, et qu’ils sont en droit d’attendre.

 


 

La troisième est une couverture des accidents du travail. La quatrième est la prise en charge des handicapés.

 

Ces garanties doivent être réelles. Il ne faut pas, comme c’est le cas actuellement, invoquer à tout propos une excuse pour ne pas tenir les promesses : aujourd’hui on ne cesse de demander des « sacrifices » toujours justifiés par la conjoncture, la crise, la concurrence, le chômage, etc. Voilà trente ans que, chaque année, on « sauve la Sécurité Sociale » de la même manière : on découvre avec surprise un déficit, puis on relève les recettes et on diminue les remboursements, et en fin de compte on retourne à l’équilibre…jusqu’à la prochaine. Cela s’appelle pudiquement les ajustements « paramétriques » : variations du taux des cotisations ou de leur assiette, déremboursements, recul de l’âge de la retraite, allongement de la durée de cotisations, changement dans le calcul des pensions, etc. C’est le triomphe de l’insécurité sociale.

 


 

Donc le premier principe à respecter quand on veut modifier le système est la stabilité du contrat entre assureur et assuré. L’engagement doit être durable, et sur une base simple.

 

 

 

Le contrat sera lisible : séparation des régimes

 

La base est simple quand on rend le contrat transparent. Or, aujourd’hui la Sécurité Sociale est une administration opaque, se livrant à des opérations complexes, dont les données financières ne peuvent même pas être connues ni contrôlées par la Cour des Comptes.

 

La première mesure à prendre est d’en finir avec le mélange des régimes, symbolisé par l’existence de l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS). Sont financièrement confondues les régimes de vieillesse, maladie, accidents du travail, chacun se divisant entre salariés et non salariés : de plus, au régime général se surajoutent des régimes spéciaux, obéissant à des règles diverses en fonction des activités ou des personnes, notamment en ce qui concerne les fonctionnaires et les salariés des entreprises publiques. Au sein du régime général, des transferts permanents s’opèrent, les caisses de retraites compensant les déficits de la maladie, ou inversement ; aujourd’hui ces transferts demeurent incontrôlés, mais sans grande utilité globale puisque tous les régimes généraux sont en déficit.

 


 

Demain, la centrale d’achat des prestations sociales devra disparaître. Alors, les contrats d’assurance maladie seront nettement séparés des contrats de retraites, ou des contrats pour d’autres risques, de façon à faire apparaître les vrais coûts et prix des diverses prestations. Dans une perspective de privatisations, la diversité s’instaurera entre caisses ou compagnies concurrentes, pour le plus grand bénéfice des Français, qui cesseront d’être des assujettis pour être des assurés consommateurs de sécurité sociale. Mais où ces consommateurs trouveront-ils l’argent nécessaire ? Cette question est résolue par la disposition du salaire complet.

 

 

 

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De nouvelles sécurités sociales (1ère partie) 

 


 

Assurances mutuelles

 

Mettre en cause la Sécurité Sociale ne signifie pas priver les Français de toute protection contre les aléas de la maladie ou de la vieillesse. Bien au contraire : alors que la couverture sociale offerte par la Sécu est de plus en plus coûteuse (hausse incessante des cotisations et compensation croissante des déficits) et de moins en moins efficace (un système de santé en déclin, des files d’attente et une pénurie de médecins, des retraites rognées dès aujourd’hui et incertaines pour demain), il existe des formules éprouvées bien plus économiques et de qualité très supérieure.

 


 

Les Français en sont déjà conscients, et prennent leurs précautions : la protection « individuelle » renaît face aux lacunes et incertitudes de la protection « sociale ». Ils épargnent et cherchent à préserver ce patrimoine, voire à le rentabiliser. Les uns investissent dans la pierre (mais sont de plus en plus pénalisés par la fiscalité), les autres souscrivent à des contrats d’assurance-vie, ou à des plans d’épargne, d’autres achètent de l’or ou empilent des billets de la Banque Centrale Européenne (imprudents !).

 


 

Il ne fait aucun doute que, quelle que soit la vertu de la fourmi, elle a imaginé depuis longtemps de travailler en communauté avec d’autres. L’idée de la solidarité et de la mutualisation est fort ancienne, et s’est développée considérablement au XIXème siècle. Chacun s’engageant par ses cotisations à aider ceux qui seront victimes du chômage, ou de la maladie, cela permet d’avoir une couverture moins coûteuse.

 


 

On franchit un pas nouveau en dépassant la cotisation versée à une mutuelle pour confier l’épargne à des assureurs qui, à la différence des mutualistes, investiront cette épargne dans des placements fructueux : les compagnies achèteront des immeubles, ou prendront des participations dans des entreprises, ou souscriront à des obligations émises par des institutions dignes de foi. Les assurances mutualisent les épargnes et divisent les risques sur un grand nombre de personnes.

 


 

Une fable aussi bien connue que celle de la cigale et de la fourmi fait croire aux Français que la protection sociale offerte par les compagnies d’assurances a fait faillite entre les deux guerres mondiales, notamment parce que l’inflation aurait ruiné ces compagnies. Il n’en est rien, et c’est pour des raisons purement idéologiques que le gouvernement de Vichy inventera ladite Sécurité Sociale, que le programme économique de la Résistance s’empressera de reprendre et de généraliser, puisque un pas important était ainsi fait vers le collectivisme. Au demeurant, rien n’oblige l’Etat à dévaluer la monnaie !

 

 

 

 

Source : Aleps

24/05/2011

Contributeur L&L: Maher GORDAH #3: Les nouveaux défis économiques de la Tunisie après l’ère Ben Ali

Quel modèle économique la Tunisie doit adopter pour une insertion réussie dans la mondialisation actuelle ?

 

 

photohttp://medias.lepost.fr/ill/2008/04/29/h-20-1187039-1209452807.jpg

 

Le 14 janvier 2011, le peuple tunisien a mis fin à plus de vingt trois années d’un régime mafieux, dictatorial, répressif et clanique, dirigé par un président sénile et une belle famille composée de prédateurs assoiffés de pouvoir et avide du toujours plus. Cette même famille qui a pillé l’économie tunisienne au vu et au su de tous à travers des méthodes bien rodées durant une quinzaine d’années. Ceci étant, le choix du libéralisme économique et des partenariats avec les pays européens depuis l’accession de Ben Ali au pouvoir a permis à la Tunisie de réussir sa transition économique et de faire partie du club très restreint des pays émergents, malgré la généralisation de la corruption et le mépris affiché pour la méritocratie.

 

Depuis la chute de l’ancien dictateur et de son clan, les voix et les plumes d’innombrables intellectuels ont foisonné dans le débat public pour essayer d’établir la conception d’un schéma ou d’un modèle propice à la Tunisie tant sur le plan social qu’économique. Les modèles imaginés vont d’une forme de conception marxiste et socialiste jusqu’au modèle de type libéral en passant par ce qu’on peut qualifier de capitalisme islamique. Dans un souci de clarté, je relaterai de manière très succincte les différentes expériences économiques menées par la Tunisie avant de mettre en exergue le choix qui me semble le plus pragmatique du modèle à suivre par la Tunisie afin de consolider ses acquis et sa position d’un pays émergent dynamique en voie de converger vers le niveau des pays développés.

 

L’expérience collectiviste durant les années soixante, conduite sous l’égide d’Ahmed Ben Salah a conduit le pays à une crise économique aigue, avec des taux de croissance quasi insignifiants, due notamment au déficit abyssal des entreprises publiques, l’accélération du processus de collectivisation, en particulier du secteur agricole qui a atteint un taux de 90 % en 1969 et l’expropriation des terres en possession étrangère, ce qui a conduit au gel de l’aide financière française. Ce n’est qu’à travers l’abandon du socialisme et la réorientation de la politique publique vers l’économie de marché, la propriété privée et l’ouverture à l’investissement privé, que la Tunisie a connu une expansion du secteur privé et une croissance rapide de l’emploi manufacturier. Conséquence directe : le pays a enregistré durant la décennie soixante-dix une croissance moyenne de plus de 8 % par an. Malgré la crise économique qui a sévit durant les années quatre-vingt, liée notamment à la conjoncture internationale et la flambée du prix du baril de pétrole, la Tunisie a fait le choix courageux de la libéralisation de l’économie sans succomber à la tentation de la planification de l’économie et en maintenant loin le spectre de l’expérience catastrophique du socialisme économique dont la seule conséquence était le déclin du pays.

L’insertion de la Tunisie à l’économie mondiale à travers son adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC) et son accord signé avec l’Union européenne en 1995 a conduit à l’accroissement de la compétitivité des entreprises tunisiennes et leur accès plus libre aux marchés internationaux grâce au démantèlement progressif des barrières douanières. Ceci étant, malgré l’aggravation du chômage, en particulier celui des jeunes, lié notamment à l’incapacité de la structure existante du marché de travail à absorber le flux continuel des diplômés de l’enseignement supérieur, et la généralisation de la corruption et le népotisme du clan Ben Ali, à travers les interventions discrétionnaires du gouvernement et le pouvoir des initiés qui ont affaibli le climat des affaires et les éventuelles prises de risques des investisseurs étrangers, n’est en rien une représentation fidèle de ce que devrait être une économie libérale et un système démocratique et progressiste. Ainsi, malgré la prolifération de la prédation et de l’économie mafieuse, l’initiative privée dans son ensemble et la croyance en l’efficacité du marché, a permis à la Tunisie de multiplier ses performances économiques, se hissant ainsi à un degré d’insertion dans les échanges mondiaux parmi les plus élevés du monde, ce qui en a fait ipso facto, selon le Forum économique mondial sur l’Afrique, tenu en juin 2007, la première économie compétitive d’Afrique, devançant ainsi l’économie sud-africaine. En se basant sur ce postulat, on constate que seules les réformes économiques de type libérales sont de nature à consolider la situation économique car qu’on le veuille ou non, seul le marché malgré ses limites est pourvoyeur de richesses et par conséquent un vecteur de croissance et de développement. Il suffit d’observer que seuls les pays qui ont choisi la voie du repli et de l’autarcie se sont retrouvés sur le banc des pays les plus en retard sur le plan économique, technologique et même démocratique. On peut citer l’exemple de Cuba ou celui de la Corée du Nord dont la politique économique d’inspiration marxiste voire stalinienne et antidémocratique n’a eu comme conséquence in fine que l’appauvrissement et l’asservissement de la population. Il en est de même pour un pays comme la République Islamique d’Iran.

 

Il faut bien comprendre que l’élévation du niveau de vie et du bien-être social ne peut pas émaner uniquement d’un gouvernement paternaliste, omniscient et omnipotent, mais doit être insufflé par la volonté individuelle de chaque citoyen de réussir et de relever les défis qui nous attendent. Pour appuyer mon propos, je citerai la célèbre phrase de l’ancien président américain J.F Kennedy prononcée lors du discours de son investiture en 1961 : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays ».

Parfois, les revendications sociales qui semblent être légitimes à court terme dans la plupart des cas sont assez contradictoires avec l’intérêt général à moyen et long terme, car cela conduit entre autres à des tensions inflationnistes et au creusement du déficit public en période d’instabilité politique et de récession économique. Cette idée est admise et fait l’unanimité chez une très grande majorité d’économistes universitaires, qu’ils soient de tendance libérale néo-classique ou néo-keynésienne interventionniste.

 

Maintenant, si l’on met l’accent sur ce que devra accomplir la politique économique tunisienne afin de s’affranchir de certains obstacles qui freinent toujours son développement, on doit nous épargner de recourir aux vieilles panacées qui ont montré leurs limites et s’orienter plutôt sur celles qui ont fonctionné dans d’autres économies émergentes et sont susceptibles de nous faire converger vers le niveau économique des pays développés.

 

L’une des premières mesures consistera à s’ouvrir davantage au marché international, pas uniquement le marché européen mais aussi le marché maghrébin et subsaharien. Cela devra se traduire par une volonté politique de signer de véritables accords et partenariats commerciaux avec les pays voisins du Maghreb, étant donné la taille de leur marché pour les entreprises tunisiennes. De manière plus générale, la théorie économique en faveur du libre échange nous enseigne que la libéralisation nous permettra de disposer de biens moins chers et d’offrir plus de choix aux consommateurs ; de réaliser des gains de productivité à travers le fait que les investissements se concentreront sur les secteurs les plus porteurs, plutôt que sur les entreprises publiques peu rentables et hyper protégées, produisant des biens plus chers que s’ils étaient importés ; d’améliorer l’emploi ; d’accroître la concurrence qui profitera aux consommateurs et aux petits producteurs en réduisant le prix des biens ; de développer la technologie à travers les biens et les investissements étrangers qui nous permettront de pouvoir bénéficier davantage des recherches effectuées à l’étranger sans avoir à réaliser les mêmes investissements. D’un point de vue général, une insertion plus accentuée dans la mondialisation économique engendrera des externalités positives, notamment la stabilisation et l’amélioration de nos relations internationales.

 

La deuxième mesure concerne une plus libre circulation des capitaux. Sachant que la Tunisie à l’instar des autres pays en voie de développement économise peu, mais nécessite cependant d’importants investissements. La circulation des capitaux étrangers vers un pays comme le notre peut l’aider à accroître sa productivité, et à améliorer sa qualité de vie. Par conséquent, la Tunisie doit ouvrir davantage son marché de capitaux, pas seulement aux investisseurs étrangers mais aussi aux investisseurs tunisiens désireux d’investir à l’étranger. Notons que la libéralisation encourage les bonnes politiques : les Etats qui ont des gouvernements stables, des règles de droit justes et solides, bref, un climat des affaires attrayant, attireront mécaniquement plus de capitaux. De plus, les contrôles de capitaux sont totalement inefficaces sur le plan micro-économique, car ils sont de nature à empêcher l’allocation optimale des ressources. Pour être plus clair, l’argent n’est pas autorisé à circuler vers les entreprises ou les investissements qui sont les plus efficaces. Souvenez-vous des conglomérats bâtis par l’ancien dictateur et ses sbires. Les contrôles ont aussi des coûts administratifs très élevés, développant ainsi la fraude et la corruption. La Tunisie en était un exemple frappant sous l’ère Ben Ali.

 

La troisième mesure concerne le désendettement du pays. En effet, l’endettement est un obstacle majeur au développement durable de notre pays. La Tunisie comme beaucoup d’autres pays en voie de développement consacre une bonne partie de son budget au remboursement de sa dette, ce qui laisse peu d’argent pour soutenir son économie ou pour couvrir ses dépenses sociales, comme l’éducation et la santé. Ainsi, le service de la dette peut aussi absorber la plupart des devises étrangères que notre pays détient en échange de ses exportations, lui laissant peu de devises pour financer ses importations de première nécessité.

 

La quatrième mesure sera pour la Tunisie son action concrète de lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Cela devra se faire par l’établissement d’un véritable cadre légal et professionnel répondant aux normes internationales et suffisant pour réguler ces phénomènes, notamment les recommandations du GAFI (le Groupe d’action financière). Ainsi, la Tunisie devra se doter d’instruments juridiques lui permettant d’éliminer le secret bancaire, à introduire davantage de transparence sur la propriété de capitaux d’entreprises et à confisquer les sommes qui émanent d’activités criminelles.

 

Ces différentes mesures ne sont qu’un échantillon d’un sous-ensemble de réformes que le ou les futurs gouvernements devront s’appliquer à mettre en œuvre afin de consolider les acquis institutionnels hérités depuis l’indépendance. Le choix de telles mesures me semble être prioritaire, étant donné la situation actuelle post révolution, même s’il n’a ni la vocation, ni la prétention à être un ensemble exhaustif de mesures dont notre pays a cruellement besoin.

 


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cliquez l'image, lire bio sur linked in


Dr. Maher GORDAH est économiste senior dans un bureau d'études et de conseil international et consultant auprès de grands bailleurs de fonds, titulaire d'un doctorat (Ph.D) en sciences économiques de l’UNS et chercheur affilié au laboratoire GREDEG (CNRS/Sophia Antipolis). Maher GORDAH est auteur de plusieurs publications scientifiques qui portent essentiellement sur la thématique du développement économique, la croissance économique, l’économie internationale et la théorie du marché.

09:05 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, gordah, tunisie, ben ali, collectivisme, croissance, libération, corruption, réformes | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/05/2011

1er mai, jour de l'Amour, le saviez-vous? Encore une journée détournée de son origine, merci les collectivistes!

1er mai Le jour de l'Amour

 

 

http://justine21.j.u.pic.centerblog.net/yw3hzce8.gif


Le 1er mai était autrefois, en Europe, dédié à l'amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d'une couronne de feuillages et de fleurs ou d'en offrir une à la personne aimée. En témoigne la célèbre enluminure ci-dessus. Elle illustre le mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, un livre de prières réalisé au début du XVe siècle par les frères de Limbourg (aujourd'hui au musée de Chantilly).

 

http://www.herodote.net/Images/BerryHeuresMai.jpg

Cliquez, lire actualité 1/10/2010 du nlle-Obs


La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans, poète de la même époque, héros malheureux de la bataille d'Azincourt


«Le Dieu d'Amour est coutumier,

À ce jour, de fête tenir,

Pour amoureux cœurs fêter

Qui désirent de le servir;

Pour ce fait, les arbres couvrir

De fleurs et les champs de vert gai,

Pour la fête plus embellir,

Ce premier jour du mois de mai» (*).


Les écoliers de certaines régions de Belgique ou de Rhénanie cultivent encore la tradition des couronnes de feuillages.


Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l'honneur du printemps selon le rite ancestral de l'arbre de mai, que l'on retrouve dans différentes régions d'Europe. À noter que le canton de Fribourg, en Suisse, célèbre ce jour-là le printemps avec chants et distribution de friandises aux enfants.


Mais aujourd'hui, c'est le plus souvent le travail ou plutôt la diminution du temps de travail qu'évoque le 1er mai avec la Fête du Travail.

 

 

Un 1er Mai de 1891, comme quoi, un début de lutte finale

 


Le 1er mai en France


En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine.


En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge .


Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.

 

The real meaning of 1st May
Le vrai sens du 1er Mai
MajCliquez, lire la poésie du blog de Julius


C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé.

Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain. À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

 

http://www.resonance-online.com/illustr/MUGUET-1erMai.jpg


En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.....


Source mon ami Cl A. Dulou, SGl de l'IHEDN

 
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