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27/06/2011

Après Oussama Ben Laden, voici le ressuscité de 2006, Aymane al-Zawahiri

À l’instar du fondateur d’el-Qaëda, Aymane al-Zawahiri s’est caché après les attentats du 11- Septembre et a été vu une dernière fois un mois après, en octobre 2001, à la frontière afghanopakistanaise.

 

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Son épouse, son fils et ses deux filles avaient été tués par des frappes américaines à Kandahar deux mois plus tard. Photo AFP Terrorisme El-Qaëda a désigné hier Ayman al-Zawahiri pour succéder à Oussama Ben Laden. Le nouveau chef de la nébuleuse a promis de poursuivre le jihad, mais le chef d’état-major US, Mike Mullen, a assuré que les États-Unis élimineront Zawahiri comme ils ont éliminé Ben Laden. El-Qaëda a désigné son numéro deux, Aymane al-Zawahiri, pour succéder à Oussama Ben Laden, tué début mai par un commando américain au Pakistan, et s’est engagé à poursuivre le jihad contre les États- Unis et Israël, dans un communiqué mis en ligne hier. « Le commandement général d’el- Qaëda annonce, après consultations, la désignation de cheikh Aymane al-Zawahiri à la tête de l’organisation », selon le texte signé du commandement général et publié sur des sites islamistes. Aymane al-Zawahiri, âgé de 59 ans, le « cerveau » et principal porte-parole d’el- Qaëda, devient ainsi l’homme le plus recherché du monde. Sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par le département d’État américain. El-Qaëda va poursuivre « le jihad contre les apostats qui agressent la terre d’islam et à leur tête l’Amérique croisée et son acolyte Israël », affirme d’emblée le commandement d’el-Qaëda dans son communiqué. « Nous les combattrons avec toutes nos capacités et nous exhortons la nation (islamique) à les combattre (...) par tous les moyens possibles jusqu’à l’expulsion de toutes les armées d’invasion de la terre d’islam et l’instauration de la charia », la loi islamique, ajoute le texte.


En nommant à sa tête l’Égyptien Aymane al-Zawahiri, le commandement général d’el-Qaëda a exposé dans le communiqué les principes guidant sa future action. Ainsi, il rassure les Palestiniens qu’il « ne les lâchera pas jusqu’à la victoire » et « la libération de l’ensemble de la Palestine ». « Nous n’accepterons aucune concession sur la Palestine » et « nous ne reconnaîtrons pas de légitimité au prétendu État d’Israël » comme « nous ne nous engagerons par aucun accord ou convention » reconnaissant Israël, ajoute-t-il.

 

Exprimant en outre son « soutien au soulèvement des peuples musulmans » en Égypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen, en Syrie et au Maroc, el-Qaëda appelle à la poursuite de la contestation dans les pays arabes pour « éliminer les régimes corrompus et injustes imposés par l’Occident à nos pays ».

 

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Mais « le véritable changement souhaité ne se réalisera qu’avec le retour de la oumma vers la charia », poursuit-il, indiquant sa disposition à « coopérer avec tous les groupes islamiques » pour faire « triompher la charia » et « éliminer les régimes corrompus ». S’agissant de l’Afghanistan, el-Qaëda assure le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, que le réseau continuera à agir « sous son commandement (...) pour repousser l’occupation américaine croisée de l’ensemble du pays ». Il rassure aussi « les frères combattants » en Irak, en Somalie, dans la péninsule Arabique et au Maghreb, où opèrent des branches d’el-Qaëda, ainsi qu’en Tchétchénie, affirmant qu’il « poursuivra sur la même voie (...) pour combattre un ennemi unique même s’il prend différentes formes ». Le nouveau chef d’el-Qaëda s’était engagé à poursuivre la voie du jihad contre l’Occident et avait renouvelé son allégeance au mollah Omar, « émir des croyants », dans une vidéo mise en ligne le 8 juin par le groupe de renseignement américain SITE. « Aymane al-Zawahiri est le cerveau d’Oussama Ben Laden.


C’est après la rencontre entre les deux hommes (en Afghanistan) que Ben Laden a pris cette importance », affirmait l’avocat islamiste égyptien Mountasser al-Zayat, qui l’avait bien
connu. « Zawahiri est loin d’avoir l’envergure d’Oussama Ben Laden », a toutefois tempéré
hier un haut responsable américain réagissant à l’information de sa désignation à la tête d’el- Qaëda, estimant par ailleurs que l’Égyptien aurait du mal à diriger la nébuleuse « tout en s’occupant de sa propre survie ». Pour les experts, le choix de Zawahiri pour succéder à Ben Laden est celui de la logique et de la continuité, même s’il ne jouit pas de la même aura que le fondateur du mouvement. Pour Dominique Thomas, spécialiste de l’islamisme radical à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Zawahiri dispose avant tout de la légitimité historique : il fait partie du même groupe générationnel né dans le jihad antisoviétique en Afghanistan dans les années 1980 ». « Il fallait que ce soit une figure qui serve de repère aux militants. Et il n’y en avait pas d’autre : Zawahiri est apparu aux côtés de Ben Laden depuis 15 ans, il a fait le jihad en Afghanistan, c’est une figure de l’islamisme égyptien. C’est aussi un idéologue qui a beaucoup écrit. »

 

Zawahiri sera éliminé comme Ben Laden, assure Washington
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 17 juin 2011

 

L’homme n’a rien à perdre. En décembre 2001, alors qu’il fuit l’Afghanistan pour se réfugier
dans les zones tribales pakistanaises, son épouse, ses deux filles et son fils, restés à Kandahar,
le fief des talibans, sont tués par des bombes américaines qui lui étaient destinées. Ayman al-
Zawahiri – une fois de plus – n’a alors qu’une idée en tête : se venger. C’est aussi en 2001 que
le grand public découvre ce curieux personnage à la barbe poivre et sel mal taillée. On le
distingue – souvent assis en tailleur – au côté d’Oussama ben Laden sur les rares documents
filmés où apparaît l’ancien chef d’al-Qaida. Toujours coiffé d’un turban, portant de grandes
lunettes rondes, son allure s’apparente plus à celle d’un professeur, ou d’un vieux sage, qu’à
celle d’un féroce terroriste. L’habit n’a jamais aussi peu fait le moine. Né au Caire le 19 juin
1951, descendant d’une famille d’universitaires et de dignitaires religieux, le nouveau numéro
un d’al-Qaida est un dur, plus radical encore que son supposé mentor, ben Laden. Son grandpère
fut le directeur de l’université du Caire avant de fonder celle du Roi-Fahd, en Arabie
saoudite. L’un de ses oncles fut, quant à lui, dans les années 1930, le grand imam de la
mosquée al-Azhar, haut lieu de l’enseignement et de la pensée islamiques dans le monde.
« C’était un garçon mystérieux, renfermé et introverti », raconte Zaki Mohammed, un
journaliste cairote, à propos du jeune Zawahiri (*). « Mais il comprenait en cinq minutes ce
que les autres élèves mettaient une heure à saisir. Il avait quelque chose de génial »,
témoigne encore cet ancien condisciple.
Un rat de bibliothèque
Décrit comme un fervent pratiquant doublé d’un rat de bibliothèque, Ayman al-Zawahiri est
séduit par les théories des Frères musulmans dès l’âge de 15 ans. Déçu par le président
égyptien Nasser, défait par les Israéliens en 1967 lors de la guerre des Six-Jours, il considère
l’islam comme l’unique planche de salut pour le monde arabe. Jeune homme, tout en
poursuivant des études de chirurgien à la faculté de médecine du Caire, il demeure dans la
mouvance islamiste, où il fait figure de modéré. En 1980, établi dans une clinique tenue par
les Frères musulmans, il accepte de se rendre au Pakistan, dans le cadre d’une mission
humanitaire organisée par le Croissant-Rouge. A cette époque, des milliers d’Afghans, fuyant
leur pays envahi par les Soviétiques, y sont réfugiés. Il écrira plus tard qu’il considère le
djihad afghan comme « un entraînement de la plus haute importance qui préparait les
moudjahidin à mener la bataille tant attendue contre la superpuissance qui, désormais,
exerce seule sa domination sur le monde, à savoir les Etats-Unis ».
Le promoteur des attentats suicides
Revenu chez lui, en Egypte, il est arrêté à la fin octobre 1981, quelques jours après
l’assassinat du président Anouar al-Sadate. Une opération menée par les Frères musulmans et
à laquelle il nie avoir participé. A l’issue d’une incarcération (longue de trois ans) où il est
régulièrement frappé et torturé, il décide de quitter son pays natal. Nous sommes en 1984,
Zawahiri, âgé de 32 ans, est devenu un extrémiste religieux, un radical assoiffé de vengeance.
Il se rend alors à Djedda, en Arabie saoudite, ville où est installé un certain Oussama ben
Laden. Dès lors, les deux hommes feront route et cause communes. Ayman al-Zawahiri est
celui qui a pensé et conçu la structure al-Qaida (« la Base »). Des attentats contre les
ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en août 1998, à ceux de Madrid (2004) et
de Londres (2005) – sans oublier ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis –, la plupart des
opérations montées ou soutenues par l’organisation à travers le monde portent sa marque. Il
est d’ailleurs l’un des premiers islamistes à avoir eu recours aux attentats kamikazes, en dépit
des préceptes du Coran qui proscrivent le suicide et le meurtre d’innocents. Selon de
nombreux spécialistes des mouvements islamistes, ben Laden, issue d’une famille fortunée,
était, en définitive, devenu le chef d’al-Qaida parce qu’il en était le principal financier. Enfin,
le Dr Zawahiri savait se rendre indispensable. « ben Laden avait une pression sanguine
insuffisante. Il lui arrivait d’éprouver des vertiges qui l’obligeaient à s’allonger. Ayman
venait le soigner », se souvient Essam Deraz, un réalisateur égyptien qui a connu les chefs
terroristes à la fin des années 1980. Après le 11 septembre, la tête du numéro deux d’al-Qaida
avait été mise à prix par les autorités américaines pour la somme de 25 millions de dollars.
Cette récompense, promise à d’éventuels informateurs, pourrait rapidement augmenter : placé
au sommet de la « liste noire » du département d’Etat américain, condamné à mort, par
contumace, en Egypte pour sa participation dans l’attentat de Louxor perpétré en 1997
(58 touristes exécutés), Ayam al-Zawahiri est désormais l’homme le plus recherché au
monde.
(*) Lawrence Wright (The New Yorker, septembre 2001).
Où en est al-Qaida ?
La mort d’Oussama Ben Laden n’aurait pas entraîné de changement majeur dans le
fonctionnement de l’organisation terroriste, décrite comme étant en perte d’influence et de
vitesse. Obligé de se terrer, le Saoudien n’exerçait plus qu’un leadership symbolique sur elle.
C’est l’une des raisons qui expliquent le fait que les grandes capitales occidentales n’aient
plus été touchées depuis 2005 (attentats de Londres). Les spécialistes des mouvements
islamistes estiment que « l’exécution » de Ben Laden entraînera cependant un déplacement du
théâtre de la guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan. Force est de constater que les attentats
se sont multipliés, ces dernières semaines, sur le sol pakistanais (notamment contre les forces
armées). Les dirigeants d’al-Qaida (et les talibans) considèrent avoir été trahis par le
gouvernement d’Islamabad, qu’ils accusent d’avoir aidé les forces spéciales américaines à
liquider leur chef historique. La crainte des représailles qui s’annoncent explique, en partie,
les difficultés actuelles qu’éprouvent les services de renseignement américains à renouer le
contact avec leurs homologues pakistanais. Sur le plan international, l’intronisation d’al-
Zawahiri pourrait relancer les actions terroristes contre les intérêts occidentaux. Dans son
dernier message audio, le nouveau numéro un d’al-Qaida demande ainsi aux Libyens de se
retourner contre la coalition internationale (et donc contre la France) venue pourtant les aider
à se débarrasser du colonel Kadhafi.

12:41 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al qaeda, ben laden, al zawahiri, egypte, islamisme, intégrisme, printemps arabe, terrorisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/05/2011

Histoire d'un homme: Al Qaîda n’existe plus depuis 2002, et Ben Laden depuis...

«Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie» André Malraux


«Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al Qaîda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al Qaîda: justice est faite.»

 

http://www.lasalle.aw/interessant/taliban/ben_laden2.jpg

 

C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak:«Nous l’avons eu» quand Saddam, aux abois, a été arrêté: Lorsque Barack Obama emploie le mot «justice», il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine. De quoi s’agit-il en fait? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....Pour cet exploit, le président des Etats-Unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles «actions unilatérales non autorisées» ne devraient pas se reproduire. Les Etats-Unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays «aurait pu alerter» le chef d’Al-Qaîda de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.


La carrière de Ben Laden
Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du shah d’Iran vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se
verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980. Selon Zbigniew Brzezinski, le président Carter aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée «Bureau des services». Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al Qaîda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les «infidèles» à «souiller le sol sacré» de l’Arabie Saoudite...Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA; nom de code «Tim Osman». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al Qaîda serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)


Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes «laïcs» et «impies» protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré: «Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien.» Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la «liberté» du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite, Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.


Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01; CNN, 17/09/01; Washington Post, 17/09/01), il déclare: «Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...]». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme: «Les Etats-Unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait.» (Reuters, 16/09/01; Daily Telegraph, 16/09/01; The Independent, 16/09/01; BBC News, 16/09/01; CBS, 16/09/01; Guardian, 17/09/01; Le Monde, 18/09/01). Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est «pas impliqué dans les attentats du 11 septembre». Il précise: «Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein» (Ummat, 28/09/01). La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux «vidéosconfession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.


L’homme aux plusieurs vies
De plus, et selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al Qaîda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues: «Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaîda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002.»(2) A l’instar de highlander, le chef d’Al Qaîda a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était «probablement plus de ce monde». En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée «confidentiel-défense» de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde. Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme «qui a tué Oussama Ben Laden». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)


Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Ecoutonsle:
«De quoi avaient-ils peur? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible: un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la soi-disant organisation Al Qaîda, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés.


L’exécution extra- judiciaire des «injusticiers» surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà.


Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants? Que nenni, il en savait trop ce «héros!»(...)


Pourquoi a-t-on fait taire Ben Laden maintenant?
Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup!), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...)»(3)


Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990: Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux Etats-Unis. Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...Sommes-nous dans la logique de «oeil pour oeil, dent pour dent»...Est-ce la fin de l’Histoire? pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ou est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Ecoutons-le: «Sans doute le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenezvous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(4) Nous l’espérons.


1.Oussama Ben Laden Encyclopédie Wikipédia
2.http://nemesisnom.info/conspirations/al-qaida-n%E2%80%99existe-plus-selon-la-dgse/
3.Robert Bibeau: www.legrandsoir.info/L-assassinat-extra-judicaire de -Ben Laden.html
4.Paul Craig Roberts: La seconde mort d’Oussama Ben Laden. Alterinfo.net 2 mai 2011

 

Mort de Ben Laden : est-ce la fin de l’histoire ?
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 5 mai 2011
Auteur : Pr Chems Eddine Chitour

 

Tel Aviv embarrassé par la mort de Ben Laden


Obama, auréolé de son succès, est en position de force pour exiger de l’Etat hébreu plus de concessions.


Dans la "situation room", le président et son équipe ont suivi le déroulement de l'opération qui a conduit à l'élimination d'Oussama Ben Laden - Crédit : Pete Souza United States Government Work Oussama Ben Laden était l’homme le plus haï des Américains, le mal incarné dans toute sa splendeur. Le traumatisme qu’il a causé a déclenché une guerre en Afghanistan qui est toujours en cours et une autre en Irak qui n’est pas davantage près de se terminer. Il ne fait aucun doute que sa liquidation est un succès pour les Etats-Unis et pour Obama. La liquidation de Ben Laden envoie aux groupes extrémistes qui s’en inspirent un message aussi cinglant que celui généralement délivré par Israël en pareilles circonstances : même si cela doit nous prendre du temps, nous avons le bras long et nous finissons toujours par vous rattraper. Durant les trois premières années du mandat d’Obama, les Etats-Unis avaient perdu beaucoup de leur superbe au Moyen- Orient.

 

Jusqu’ici, Obama n’avait réussi à atteindre aucun des objectifs ambitieux qu’il avait lui-même placés en tête de ses priorités. Pour ses ennemis comme pour ses amis, il passait pour un dirigeant faible et inexpérimenté qui ne savait trop où il menait les Etats-Unis. Ces doutes n’avaient fait que se renforcer ces derniers mois, alors que sa diplomatie multipliait les décisions contradictoires envers les révoltes qui touchent les Etats arabes. La liquidation de Ben Laden lui donne maintenant l’opportunité de restaurer le statut des Etats-Unis et de mettre à profit ce retour à une position de leadership. Encore faut-il qu’il démontre sa capacité à saisir cette opportunité. Dans son discours le 2 mai, Obama a réitéré la distinction entre, d’une part, l’islam violent et extrémiste représenté par Ben Laden et qui doit être combattu par la force, et, d’autre part, l’islam modéré, avec lequel il entend coopérer. Cette distinction, il l’avait déjà soulignée au début de son mandat, lors des discours du Caire et d’Ankara. Jusqu’à présent, cette stratégie n’a pas été payante. Les sondages d’opinion réalisés dans le monde arabe témoignent au contraire d’une large et profonde hostilité envers les Etats-Unis. Il n’est pas sûr que la liquidation de Ben Laden et la distinction d’Obama entre islam extrémiste et islam modéré parviennent à susciter la coopération à laquelle il aspire. Il est même probable que l’hostilité antiaméricaine au Moyen-Orient ira s’aggravant. Obama risque également de croire qu’il est désormais davantage en mesure d’exercer des pressions sur plusieurs acteurs du Moyen-Orient qui, jusqu’à présent, boudaient ou sabordaient les initiatives de Washington. C’est ainsi qu’Obama risque de faire pression pour qu’Israël reprenne les négociations avec les Palestiniens. Lors de son prochain voyage à Washington, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou risque donc fort de se retrouver face à un président américain beaucoup moins accommodant. Bref, la liquidation de Ben Laden risque d’avoir des conséquences cruciales pour le Moyen-Orient et tout particulièrement pour Israël.

 

Source, journal ou site Internet : Yediot Aharonot (Courrier international)
Date : 5 mai 2011
Auteur : Eytan Gilboa

15/10/2010

AL-QAIDA et alors....?

Depuis le début de l'année, de nombreux experts en terrorisme estimaient qu'Al-Qaida est sur le déclin, voire n'existe plus (certains adeptes du « conspirationisme » allant jusqu'à prétendre que cette organisation a été inventée de toutes pièces par Washington). Les faits survenus en ce début d'automne semblent les contredire. Al-Qaida a certes considérablement évolué comme elle l'a toujours fait depuis sa création, mais l'organisation mise sur pied par Oussama Ben Laden est toujours présente comme le disait le regretté Robert Lamoureux dans son sketch « le canard est toujours vivant ».

 

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Oussama Ben Laden à la manœuvre

Tout d'abord, son chef historique, Oussama Ben Laden, semble être « toujours vivant » si l'on en croit les deux enregistrements qui viennent d'être publiés à 24 heures d'intervalle par des sites islamiques les 1er et 2 octobre. Non seulement, il appelle le monde musulman à porter secours au Pakistan suite aux effroyables inondations de cet été, soulignant au passage que le pétrole de la péninsule arabique appartient à tous les musulmans, mais il verse également dans le très médiatique combat des écologistes repris par l'ensemble des hommes politiques du monde occidental : la protection de l'environnement.


En dehors de ces deux préoccupations qui ont un but essentiellement de propagande, ce qui démontre d'ailleurs chez lui une analyse fine de la situation de l'opinion internationale, il aurait personnellement inspiré le complot, théoriquement déjoué, qui visait à déclencher des opérations terroristes d'envergue en Europe occidentale et vraisemblablement aux Etats-Unis. Le modèle de l'attaque de Bombay de novembre 2008 (173 morts et 308 blessés) semble lui avoir bien plu. En effet, neuf hommes lourdement armés et bien entraînés avaient alors provoqué des évènements sanglants qui ont défrayé la chronique mondiale en tournant en boucle sur les télévisions internationales. La perspective d'envoyer des jihadistes préalablement formés dans les zones tribales pakistanaises, attaquer plusieurs grandes villes européennes (on peut un peu plus douter de la faisabilité de telles actions aux Etats-Unis étant donné les mesures de sécurité draconiennes qui y sont en vigueur) aurait eu son assentiment. Une partie des activistes détectés par les services de renseignement occidentaux seraient des combattants internationalistes britanniques et allemands. L'affaire aurait été révélée par des interceptions de conversations téléphoniques passées depuis le Pakistan vers l'Europe, ce qui tend à prouver que le réseau Echelon fonctionne encore très bien. A savoir, ces activistes tentaient de préparer des infrastructures d'accueil et de soutien aux commandos qui auraient rejoint l'Europe. Ces renseignements auraient été recoupés par les aveux d'au moins un activiste fait prisonnier en Afghanistan. A noter qu'Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) ne serait pas partie prenante de cette opération. En effet, la filière serait essentiellement pakistanaise. Elle serait conduite par le nouveau chef opérationnel d'Al-Qaida : Ilyas Kashmiri qui a déjà organisé l'attaque de Bombay en 2008.

Le cas d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI)

Il semble qu'AQMI n'a pas aujourd'hui les moyens nécessaires pour déclencher des actions coordonnées de type « commando » sur le sol européen en général et français en particulier.

 

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Il n'en reste pas moins que ce mouvement affilié à Al-Qaida défraye la chronique. Sa composante sahélienne multiplie les enlèvements dans sa zone d'influence, obligeant la majorité des expatriés à rentrer au pays et interdit la région aux touristes, ce qui constitue un manque à gagner immense pour les sociétés travaillant dans ce secteur au Sahara et une perte de crédibilité générale de l'Occident auprès des populations locales. Plus généralement, AQMI est en train de créer un vent de panique au sein du monde politique français confronté à une menace d'attentats dans les lieux publics hexagonaux. En effet, AQMI peut très bien se livrer à des attentats du type de ceux qui sont survenus en 1995, le procédé étant plus simple à réaliser que celui des opérations « commando ».


L'effet recherché par tout terroriste (terroriser) est parfaitement rempli par la direction d'AQMI basée à l'est d'Alger : créer un sentiment de peur qui ravit les activistes en herbe implantés en France. Cela donne déjà des idées à de mauvais plaisants qui déclenchent des alertes qui obligent à évacuer la tour Eiffel par deux fois, la gare Saint Lazare et le RER Saint Michel une fois et un centre de tri dont le personnel est mis en quarantaine après réception d'un colis contenant une poudre suspecte.


Plus inquiétant encore, cela pourrait également influencer des individus ou des groupuscules isolés qui voudraient profiter de cette période particulièrement sensible pour faire parler d'eux. Les fondamentalistes musulmans sont immédiatement pointés du doigt mais ils ne sont pas les seuls à souhaiter passer à l'action. En effet, les libertaires-anarchistes encouragés par la crise économique qui perdure en créant un immense sentiment de frustration au sein des populations, semblent vouloir profiter de l'occasion qui leur est offerte.

La situation sécuritaire mondiale se dégrade peu à peu.

Si l'on fait un rapide tour du monde, il est aisé de s'apercevoir qu'Al-Qaida, ses mouvements affiliés ou alliés et des groupuscules ou des individus isolés qui se réclament de son idéologie sont passés à la vitesse supérieure.


Sans entrer dans les détails, force est de constater que le gouvernement intérimaire de transition somalien ne contrôle plus qu'une partie de la capitale, et encore grâce aux forces de l'AMISOM (mission africaine de maintien de la paix en Somalie). Les fondamentalistes somaliens sont également en train d'étendre leurs actions à l'étranger, pour le moment aux pays proches mais peut-être demain à des contrées plus lointaines. Les actes de piraterie et de terrorisme maritime devraient s'accroître dans les semaines ou les mois à venir car les milices Al-Shabab liées à Al-Qaida, au moins sur le plan idéologique, ne s'interdisent plus ces activités jugées auparavant comme « criminelles ». La seule différence réside dans le fait que leurs responsables ont déclaré ne pas vouloir s'en prendre aux bâtiments de pays musulmans.


Cela risque d'être aussi le cas au Yémen où le gouvernement est engagé sur deux fronts : au Nord face aux tribus du clan Al Houthi plus ou moins appuyées par Téhéran, au Sud et à l'Est face à Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) qui profite des volontés sécessionnistes très présentes dans la région en raison de la situation de misère qui y prévaut.


Le théâtre Afpak reste toujours aussi préoccupant avec, en plus, les débordement qui ont eu lieu en Asie centrale ces derniers temps, notamment au Tadjikistan. Certes, les rebelles afghans sont essentiellement des taliban et des chefs de guerre (Haqqani et Hekmatyar), mais ces derniers ont incorporé dans leurs rangs quelques dizaines de combattants internationalistes d'Al-Qaida reconnus pour leur professionnalisme.


La même situation prévaut au Pakistan où les lignes d'approvisionnement de l'OTAN sont de plus en plus menacées par les taliban pakistanais appuyés par des activistes d'Al-Qaida, notamment originaires d'Asie centrale.


Si les forces coalisées se retirent d'Afghanistan comme cela semble être désormais inéluctable, il est probable que la guerre civile donnera l'avantage aux taliban et que le feu se propagera progressivement à différents pays d'Asie centrale obligeant Moscou à passer en première ligne. La Russie est déjà empêtrée dans le Caucase, la révolte tchétchène ayant largement débordé sur les pays voisins. Moscou craint également une vague d'attentats terroristes qui pourraient affecter les grandes villes du pays.

 

 

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Pour un mouvement moribond, Al-Qaida, tel le Phoenix, paraît bien renaître de ses cendres. Certes l'établissement du califat mondial souhaité par Oussama Ben Laden semble être aujourd'hui très loin voire utopique. Par contre, en ce qui concerne la propagation de la terreur, cela parait être en bonne voie. A titre d'exemple, même la Suède, pays pacifique et peu concerné apparemment, vient de relever son niveau d'alerte passant d'un coup de « faible » à « élevé ».


La crise économique mondiale qui perdure fragilise considérablement les Etats développés et met en péril certains gouvernements de pays pauvres. Cela constitue un terreau sur lequel les révolutionnaires en général, et les fondamentalistes musulmans en particulier peuvent s'appuyer. Ainsi, jamais les Touaregs n'auraient rejoint AQMI si leur situation s'était améliorée. En fait, Al-Qaida est dans une phase d'offensive et les « pays cible » sont sur la défensive. Même sans vouloir trop dramatiser, le chaos ne semble aujourd'hui pas être bien loin.


 


Alain Rodier

10-10-2010
source CF2R

23:56 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al qaeda, terrorisme, ben laden, aqmi, maghreb, islamisme, intégrisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/09/2010

Le 11 septembre....

On peut parler de tous les morts qu’il y a, tous les jours, partout, et pour des tas de raisons.



On peut parler de maladie, de guerre, de morts naturelles.

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Je ne dis pas que les morts du 11 septembre sont les morts les plus affreux du siècle. Mais le 11 septembre 2001, c’était hier.

Et ces gens là vivaient les mêmes vies que vous.

Et ces gens là ne vivent plus.

Et leur famille, leurs amis, les ont perdus.

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Parfois, il faut oublier d’être un intellectuel. Il faut oublier d’être cynique. Il faut oublier d’être informé. Et il faut accepter d’être humain.

Et se montrer dur, et rationnel, en refusant de se sentir touché par cet évènement, en se disant au dessus de ça, ne consolera ni les autres victimes d’autres morts, ni personne de ce monde.

C’est juste une nouvelle manifestation d’un politiquement correct rampant, qui vise à prendre le contre pied de ce qui est beau et de ce qui est noble, afin de se placer au dessus du lot.

 








cliquez sur l'image pour le lien











Alain Madelin

Nous avions un ennemi. Mais nous ne voulions ni le voir, ni le nommer. Les images terribles de ce mardi 11 septembre qui ont touché nos cœurs et marqué nos enfants pour longtemps viennent de mettre fin à cet aveuglement. Les actes de guerre de ce terrorisme de masse et la fureur barbare des commandos suicides portent la marque d'une nouvelle folie des hommes : le " fascisme islamique " qui défigure l'une des plus grandes religion du monde.

Trop longtemps nous avons cru que ce terrorisme international était une affaire de police et de justice alors qu'il s'agissait avant tout d'une question politique. Toutes les politique étrangères de défense et de sécurité de l'ensemble du monde démocratique, à commencer par la France, sont à reconstruire.

C'est d'ailleurs ce que nous aurions dû nous employer à faire-je n'ai cessé de le répéter- depuis la chute du mur de Berlin. Il fallait mettre un terme aux liaisons dangereuses que nous avions entretenues, hier, avec un certain nombre de dictatures pour faire face à l'impérialisme soviétique, ennemi principal oblige.

Il fallait faire face à la nouvelle menace que l'on voyait s'organiser avec ses foyers de terrorisme et de haine, ses lieux d'endoctrinement, ses écoles de commandos suicides, ses bases arrières. Nous connaissions les Etats qui hébergeaient, alimentaient, utilisaient ou finançaient ce terrorisme et ce nouveau fascisme.

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Voici aujourd'hui l'Afghanistan des tailbans qui abrite le quartier général de Ben Laden, montrée du doigt par les responsables politiques du monde entier. Belle découverte ! Depuis longtemps tous savaient. Et l'oppression du peuple afghan sous le régime criminel des taliban. Et la cruauté du sort réservé aux femmes. Et le risque de contagion intégriste de toute une région. Et l'installation des camps d'entraînement du terrorisme international sur un territoire transformé en place forte mondiale de la production et du trafic de drogue.

Mais pas plus que nous n'avons voulu voir le Cambodge des Khmers rouges, nous n'avons voulu voir en face l'Afghanistan des talibans. En 1980, j'étais aux côtés de la résistance afghane lorsque celle-ci s'organisait contre l'occupation soviétique. En 1999, j'étais aux côtés du commandant Massoud dans la vallée du Panshir pour soutenir sa lutte contre le régime des taliban. J'ai tenté de toutes mes forces de relayer en France et en Europe ses appels à l'aide et de me faire l'écho de ses mises en garde face au danger de ce nouveau terrorisme. Le commandant Massoud vient de mourir assassiné. Abandonné. Son combat pour libérer les 17 millions d'Afghans du joug de 40 000 taliban était le nôtre, et nous aurions dû l'aider, fièrement, massivement.

Mais si Washington condamnait Ben Laden c'était en ménageant le Pakistan, principal soutien des talibans. Londres accueillait leurs foyers de propagande. Paris se réjouissait de voir le Pakistan devenu le deuxième client de nos ventes d'armes. Le quai d'Orsay recevait le Vice Ministre taliban des affaires étrangères ! Et les portes de l'Elysée sont restées closes en avril dernier, lorsque j'ai demandé au président de la République de recevoir le commandant Massoud venu en France nous alerter et chercher notre soutien.

Ce mardi 11 septembre est venu nous rappeler notre inconscience, notre complaisance, nos atermoiements, notre mollesse et nous dire qu'il n'est que temps de réagir enfin. Avant qu'il ne soit trop tard, car il est impossible d'exclure aujourd'hui que des armes bactériologiques, chimiques ou nucléaire puissent enrichir, demain, l'arsenal de ce nouveau terrorisme.

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Réagir enfin

Ce n'est pas le peuple américain qui était visé mais le symbole de liberté et de démocratie que représente l'Amérique et que les terroristes ont voulu frapper le plus cruellement possible. Ils ne se sont pas attaqués à l'Amérique pour ce qu'elle a fait ou ce qu'elle n'a pas fait, mais pour ce qu'elle est. Qu'on ne dise pas que l'enlisement des négociations de paix entre israéliens et palestiniens explique de tels crimes. Les actes de terrorisme que ce fascisme islamique mène depuis longtemps au Proche-orient ne visent pas à obtenir la paix mais à empêcher celle-ci, à nourrir le ressentiment du monde arabe et aboutir à la disparition pure et simple de l'Etat d'Israël. Mais au-delà de l'Amérique et d'Israël, ce que ce fascisme islamique ne tolère pas, ce qu'il veut détruire c'est l'image de modernité, d'ouverture, de tolérance, de protection des droits humains fondamentaux et de dignité de la femme que porte nos sociétés démocratiques. Cette image là est une menace pour leur pouvoir religieux ou politique.

Il ne faut pas s'y tromper, tous ces appels à la guerre sainte ne servent qu'à justifier ou à prolonger des pouvoirs illégitimes, et despotiques, à opprimer les peuples et à les maintenir dans l'ignorance et dans la misère. On ne choisit pas ses ennemis : ce sont eux qui nous choisissent.

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Ne pas se tromper d'adversaire

Dans notre riposte nous ne devons pas nous tromper d'adversaire. Ce n'est pas une guerre de civilisations comme l'évoquent un peu trop facilement certains commentateurs. Ce n'est pas davantage un combat du nord contre le sud, des pays riches contre les pays pauvres.

Ce n'est pas une révolte de l'islam contre le reste du monde ni une guerre de religions. C'est une guerre menée au sein de l'islam par une minorité d'intégristes fanatiques qui cherche par un discours de haine et par la manipulation des symboles à entraîner les masses arabes. S'il faut dire très haut et très fermement " non à l'amalgame " de ce nouveau fascisme avec l'islam, il appartient au monde musulman politique et religieux de le dire encore plus haut et encore plus fermement. Ce fascisme islamique peut détruire, mais il est incapable de construire. Il est dores et déjà condamné.

Au 20ème siècle nous sommes venus à bout de deux totalitarismes bien plus puissants, le nazisme et le communisme, et bien évidemment, le monde d'ouverture et de liberté qui se bâtit aujourd'hui aura raison de ce nouveau fascisme. Plus ou moins vite, plus ou moins douloureusement selon les choix politiques que nous ferons. Deux impératifs Ce mardi 11 septembre bouleverse toute la donne internationale. Une révision de nos choix politiques s'impose, autour de deux impératifs.

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Premier impératif : une solidarité sans faille avec les américains.

Ce grand peuple s'est battu pour notre liberté, son épreuve est la nôtre. Menacé en commun, nous n'avons pas à marchander notre soutien à une riposte qui ne peut être que commune.

Oui, il faut éliminer Ben Laden, détruire les bases arrières du terrorisme en Afghanistan. Il ne s'agit pas d'envahir l'Afghanistan contre le peuple afghan, comme certains le disent, mais de libérer ce peuple du régime taliban qui l'opprime. Bien entendu une telle opération se doit d'éviter l'embrasement du Pakistan, la république islamique voisine qui dispose de l'arme nucléaire, car il ne servirait à rien de déloger les taliban à Kaboul pour les installer à Islamabad. Ne nous berçons pas cependant d'illusion : si le fascisme islamique est d'avance condamné par l'histoire, il ne sera pas pour autant facile à éliminer.

Personne ne peut dire aujourd'hui si la riposte internationale sera efficace et rapide ou si elle mènera à de nouvelles vagues d'attentats. Personne ne sait le temps qu'il faudra pour démanteler tous les foyers de haine et de terrorisme, neutraliser tous les agents dormants de ce nouveau fascisme.

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C'est pourquoi à la facile solidarité des mots dans l'émotion il va falloir ajouter la totale solidarité politique dans l'action. Il ne faut pas que la solidarité de la France soit demain remise en cause par un retour de cet anti-américanisme primaire qui a tant servi hier à aveugler l'opinion sur la nature des régimes communistes. Il ne faut pas non plus que la nécessaire riposte internationale soit affaiblie par un retour à ces habiletés coutumière de notre diplomatie qui de l'Irak à la Syrie, nous ont conduit à une longue tradition de complaisance avec des régimes oppresseurs de leur peuple.

Se tromper d'adversaire, continuer à d'alimenter l'anti américanisme ou manquer de solidarité dans la riposte serait faire le jeu fascisme islamique.

Deuxième impératif : une révision complète de nos politiques étrangères, de sécurité et de défense.

Si la France doit faire preuve d'une solidarité sans faille, elle doit aussi, avec l'Europe, se porter au premier rang de la construction d'un nouvel ordre international civilisé et équilibré. C'est ce que nous aurions dû déjà faire depuis longtemps. C'est l'exigence de l'après 11 septembre. Cet ordre international ne peut se construire que sur la base d'une nouvelle alliance des nations démocratiques, unissant les vieilles nations démocratiques occidentales aux nouvelles démocraties du Sud et de l'Est. C'est sur cette base qu'il faut repenser toutes les structures internationales héritées de la guerre froide, en donnant à la nouvelle Russie démocratique toute sa part dans la construction de ce nouvel ordre international et dans la mise en place d'une sécurité commune. Il va nous falloir réévaluer les menaces, repenser notre politique étrangère, revoir nos concepts de sécurité et de défense en internationalisant le renseignement et en rapprochant la sécurité intérieure de la sécurité extérieure. La France doit se donner les moyens de démanteler sur son territoire les relais de cet islamisme fanatique. Cette nouvelle alliance des nations démocratiques devra aussi décider d'une protection commune au moyen d'un bouclier anti-missile, si le projet porté par les américains paraît possible à mettre en œuvre, car personne ne peut aujourd'hui exclure la perspective de menaces de fusées nucléaires ou bactériologiques aux mains d'Etats terroristes.

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Dans ce nouvel ordre international nous devrons appliquer ce que j'ai appelé le principe de " préférence démocratique ". Les démocraties doivent cesser, et ceci est tout particulièrement vrai pour la France, de soutenir, de consolider ou de faire ami-ami avec des régimes qui méprisent les droits humains élémentaires.

Ce serait assurément une faute grave aujourd'hui que de ne pas ouvrir la perspective de mettre les politiques étrangères de nos démocraties en conformité avec les valeurs que nous allons défendre en commun dans notre riposte à la tragédie du 11 septembre. Quelle serait la légitimité de cette riposte d'aujourd'hui si nous devions oublier demain ces mêmes valeurs pour d'autres peuples ou d'autres victimes ?

Nous ne pourrons plus rester indifférents et immobiles face aux autres tragédies qui, de l'Algérie au Soudan -loin des télés, loin du cœur- accumulent des dizaines ou des centaines de milliers de victimes. Notre solidarité dans la riposte n'a de sens qu'à la condition de ne pas apparaître comme la seule vengeance d'un crime odieux perpétré sur le sacro saint sol américain mais comme l'affirmation d'une volonté forte de défendre en commun dans le monde les valeurs universelles que constitue le respect des droits fondamentaux de la personne humaine. C'est ce message qui est capable de parler aux peuples, de leur offrir un chemin et un espoir pour les sortir de la misère et de l'oppression.

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SIX ANS APRÈS, LES NEW-YORKAIS PRÉSERVENT ...

cliquez sur commémoration

Journée de commémoration

Les soldats américains en Afghanistan soulignent le 6e anniversaire du 11 septembre.

Toute la journée, des commémorations auront lieu pour souligner les attentats du 11 septembre. Déjà mardi à l'aube, des soldats américains en Afghanistan ont observé une minute de silence pour marquer le sixième anniversaire de cet événement qui est a été l'élément motivateur de la présence internationale dans ce pays.

Les drapeaux ont été mis en berne sur les bases américaines de tout le pays. À Bagram, la principale base américaine en Afghanistan, une cérémonie est prévue dans la journée à l'heure exacte, 8 h 46, heure de New York, où le premier avion détourné percutait l'une des deux tours jumelles du World Trade Center.

Pour la première fois depuis les attentats, la commémoration du 11 septembre tombe un mardi, comme en 2001. Comme chaque année, une cérémonie aura lieu à New York, sur le site du World Trade Center, surnommé longtemps « Ground Zero ».

Lors de cet événement, les noms des 2974 morts dans les attentats seront lus à voix haute par des membres des familles des victimes des attentats.

Des cérémonies auront lieu également en Pennsylvanie, où un des avions détournés s'était écrasé, et à Washington, près du Pentagone également attaqué le 11 septembre 2001.


19/08/2010

Sécurité/espionnage: devrions-nous revenir aux écoutes traditionnelles?

Comment Al-Qaeda déjoue les interceptions américaines

La lutte contre le terrorisme est un autre exemple flagrant d'une certaine inadaptation des politiques d'interception actuelle. Non seulement le fait d'avoir tous les téléphones de la planète sur écoute n'a pas permis aux Américains de capturer Oussama Ben Laden, mais cela a encouragé les terroristes à éviter ce type de transmission au profit de moyens radioélectriques traditionnels (spectre HF), aujourd'hui délaissé par les grands services d'interception.

 

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Un des premiers à l'avoir signalé est Georg Klingenfuss, un ressortissant allemand, spécialiste de l'écoute radio, qui publie régulièrement des recueils de fréquences et autres manuels de codes. Sur son site Internet, il n'hésite pas à indiquer, capture d'écran à l'appui, que les réseaux terroristes tels qu'Al-Qaeda communiquent grâce aux ondes courtes. Il cite pour exemple les nouveaux systèmes de transmission permettant l'acheminement d'e-mails par radio, utilisés par les ONG, notamment le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Or, certaines ONG opérant en Afrique et en Asie, se seraient fait dérober plusieurs de ces émetteurs. D'autre part la radio bulgare a fait état, par le passé, d'une information selon laquelle des membres d'Al-Qaeda se seraient procurés, au Japon, du matériel performant de radiocommunication HF.

Un nouvel élément vient corroborer cette théorie. Il a été publié le 2 janvier 2006 par la presse privée algérienne. Il s'agit de la capture d'Abou Billel El-Oulbani, présumé représentant d'Al-Qaeda pour la région Afrique et Maghreb. Lors de son arrestation par les forces de sécurité algériennes, il a été découvert une « station radio UHF ultrasophistiquée » installée dans une maison abandonnée au sommet d'une colline. Celle-ci aurait été utilisée pour communiquer avec les différents réseaux d'Al-Qaeda en Afrique.

Il est important de noter qu'il s'agit d'une station UHF (Ultra High Frequency, ou ultra haute fréquence), c'est-à-dire utilisant des fréquences qui, en fonction de la topographie et des puissances utilisées, offrent une portée dépassant rarement la centaine de kilomètres. Si cette station était bien utilisée pour transmettre sur de plus longues distances cela indiquerait l'utilisation d'un procédé bien connu des radioamateurs. Il s'agit d'un système alliant l'Internet et la radio. Une hypothèse rendue encore plus vraisemblable quand on sait que parmi les objets saisis, figurent 3 ordinateurs portables. Il suffit pour cela de relier ladite radio à un ordinateur équipé d'un logiciel spécifique. De tels programmes existent et sont même gratuits. Développés par des radioamateurs, ils permettent ainsi de communiquer dans le monde entier à travers des réseaux privés reliés à Internet et interconnectés entre eux. Ce système permet de transmettre de deux manières. Soit à partir d'un ordinateur connecté à Internet qui activera un émetteur récepteur implanté n'importe où dans le monde. Soit à l'inverse, grâce à un émetteur-récepteur, il sera possible de se connecter à un ordinateur relié à Internet qui fera transiter la communication à l'autre bout de la planète si besoin est.

Concrètement, Ben Laden pourrait très bien donner ses instructions au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien à partir d'un cybercafé de Jalalabad, sa voix étant retransmise par un émetteur situé sur les hauteurs d'Alger. Et cela avec très peu de moyens et de manière très discrète, puisque la majeure partie des services d'écoutes étatiques, suivant l'exemple américain, a délaissé les traditionnelles écoutes radio, au profit de l'interception satellitaire.

Un procédé particulièrement discret

Ce système de transmission a la particularité d'utiliser différents procédés. Tout d'abord la partie transitant par Internet allie la technologie dite Peer to Peer et la téléphonie IP, rappelant à la fois les techniques utilisées pour le partage des fichiers audios (MP3 et autres) et la téléphonie via Internet. Sachant qu'actuellement les services officiels en sont à la définition des normes d'interception de telles communications et qu'ils ont fixé un délai de 18 mois aux fournisseurs d'accès pour leur fournir la possibilité technique de procéder à des interceptions légales, il ne fait aucun doute que ce procédé offre une grande sécurité pour ses utilisateurs.

La seconde partie utilise les ondes radioélectriques traditionnelles. Bien que les interceptions radios aient considérablement diminué, le risque d'être écouté demeure. Cependant, si l'émission radio sert uniquement à donner des instructions à des activistes déployés sur le terrain, elle peut se faire à partir de stations isolées ne comportant qu'un ordinateur et une radio, un ensemble totalement autonome. D'ailleurs en ce qui concerne la découverte opérée par les forces algériennes, l'installation se trouvait dans une maison abandonnée. On peut facilement imaginer que les terroristes utilisent plusieurs stations relais. Seuls ces émetteurs sont susceptibles d'être détectés par les services d'écoutes, les destinataires pouvant se borner à recevoir leurs instructions sans émettre eux-mêmes. De plus de nouvelles stations radios associées à un ordinateur portable peuvent être facilement et rapidement déployées. Il est donc aisé pour les logisticiens de remplacer une installation découverte par les forces de sécurité et maintenir ainsi une infrastructure de communications à la fois opérationnelle et relativement sûre et discrète.

Ce procédé permet ainsi à tout leader d'Al-Qaeda disposant d'une connexion Internet de s'adresser par radio à des terroristes répartis aux quatre coins du monde. L'individu n'ayant besoin d'aucun matériel spécifique, il peut ainsi être très mobile et déjouer toute surveillance éventuelle. Il sera donc très difficile pour un service spécialisé d'intercepter ses communications

Cette découverte confirme qu'Al-Qaeda utilise des moyens de communications radio traditionnels, des moyens maintenant abandonnés par la plupart des organismes officiels, y compris les services d'écoutes. Preuve en est le dernier mini-scandale des écoutes illégales ordonnées par George Bush dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il s'agit presque exclusivement d'écoutes téléphoniques, un procédé qui ne semble plus avoir la faveur des terroristes potentiels. Le fait de délaisser les écoutes radioélectriques classiques au profit de l'interception de satellites a laissé une faille dans laquelle semble s'être engouffré Al-Qaeda.

L'utilisation offensive des interceptions

Cependant ne noircissons pas trop le tableau. Il existe quelques services qui, s'ils sont toujours un peu sourds lorsqu'il est question d'écouter les ondes courtes, ont su utiliser l'interception des téléphones cellulaires ou des communications par sattellites à des fins beaucoup plus offensives que la simple écoute.

 

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Citons pour exemple les services israéliens qui, en 1996, ont éliminé l'artificier du Hamas, Yeyia Ayache, grâce à son GSM. Après avoir mis hors service sa ligne fixe, les Israéliens l'ont forcé à utiliser son portable préalablement piégé. Après avoir identifié sa voix, ils ont déclenché à distance l'explosion de son appareil, le tuant sur le coup.

Les Russes ne sont pas en reste, puisque quelques mois plus tard, ce fut au tour du président indépendantiste tchétchène, Djokhar Doudaev, de subir un sort semblable. Utilisant un téléphone satellitaire, il fut localisé par les services de Moscou qui déclenchèrent aussitôt un raid aérien sur sa position. Il fut tué lors de cette attaque.

Gageons que si la chute de l'Union Soviétique a révolutionné la politique mondiale des interceptions, le 11 septembre 2001 aura un effet similaire. Espérons que ce tragique évènement ouvre un peu plus les yeux des décideurs et les encourage à prendre en compte l'avis des spécialistes confrontés quotidiennement à la réalité du terrain.


Alain Charret
Rédacteur en chef de la lettre électronique Renseignor, chercheur associé au CF2R

 
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