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26/10/2011

Réflexion démontrée sur l'utilité de l'Etat (Aleps)

SE PASSER DE L’ETAT


Comment relayer l’action de l’Etat dans un domaine aussi sensible que la protection sociale ? La semaine dernière cette rubrique a montré la nécessité d’un système réellement garanti et d’un système transparent. Serait-ce un luxe ?

 

http://www.libres.org/francais/annonces/images/madelin_novelli_aftalion.jpg

 

De nouvelles sécurités sociales (3ème partie)

 

 

 

Comment le salarié qui gagne 2.400 euros n’en touche que 1.300 

 

Pour passer à de nouvelles sécurités sociales, les Français ont besoin de savoir où ils en sont avec leur couverture actuelle, et s’ils ont les moyens financiers de changer de système. Ces deux problèmes sont résolus dès qu’ils savent calculer leur « salaire complet ».

 

En effet, ils sont habitués à voir le bas de leur feuille de paye, et ils retiennent deux chiffres :

 

-         celui de leur salaire net : c’est ce qu’ils vont réellement toucher de leur employeur, c’est la mesure de leur véritable pouvoir d’achat (avant impôts) ;

 

-         celui de leur salaire brut, qui est supérieur au salaire net, puisqu’il comprend la part dite « salariale » des cotisations sociales, ainsi qu’une partie de la CSG. Actuellement, sur un salaire brut mensuel de 1.600 euros on retient environ 270 euros, le salaire net est donc de 1.330 euros. La retenue est plus forte s’il s’agit de salariés cadres.

 

Ce salaire, net ou brut, représente-t-il la valeur de la contrepartie du travail fourni par le salarié ? Absolument pas : la vraie valeur est celle qui a été reconnue et acceptée par le client, puisqu’en fin de compte c’est bien le client qui paie la « valeur ajoutée » par les travailleurs (salaires), les prêteurs (intérêts) et les entrepreneurs eux-mêmes (profits).

 

Présentons les choses autrement : sans les prélèvements sociaux et fiscaux, notre salarié aurait dû toucher environ 2.400 euros. C’est ce qui s’appelle le salaire complet. Il n’en verra pas la couleur, on lui en remettra à peine plus de la moitié (salaire net).  

 


 

La différence est le prix payé pour la protection sociale 

 

Si l’on disposait d’une « feuille de paye vérité », elle indiquerait clairement où est passée la différence. En raisonnant sur le même salarié, il aura payé mensuellement, entre autres :

 

300 euros pour sa couverture santé ;

 

400 euros pour sa retraite ;

 

120 euros pour son assurance chômage ;

 

20 euros pour son assurance accidents du travail ;

 

90 euros pour les allocations familiales (un impôt, car indépendant de la situation de famille) ;

 

15 euros pour le logement (idem) ;

 

80 euros pour le transport (idem). ;

 

Peut-être ces chiffres sont-ils plus parlants encore si on les ramène à l’année : chaque année ce salarié doit payer une facture de 4.800 euros pour sa retraite (soit pratiquement deux mois complets de salaire net !) et 3.600 euros pour la maladie. 

 


 

Des prix exorbitants imposés par le monopole 

 

Or, dans des pays européens voisins, le salarié peut être couvert (à conditions égales) pratiquement à moitié prix. Non seulement le salarié aurait les moyens de bénéficier d’autres sécurités sociales, mais il mettrait dans sa poche l’équivalent de 2 à 3.000 euros par an !

 


 

Pourquoi ces différences ?

 

1° la première tient à ce qu’un régime d’assurance classique est personnalisé, et l’assuré n’a pas intérêt à sur-dépenser pour sa santé par exemple. La Sécurité Sociale française relève au contraire d’une logique de « droits sociaux » : puisque j’ai droit, je consomme.

 


 

2° La deuxième tient à ce que la gestion par la Sécurité Sociale est fondée sur le principe de la répartition : les bien portants paient pour les malades, les jeunes actifs paient pour les vieux retraités. Solidarité forcée mais sympathique, mais également ruineuse ; par contraste, les assureurs capitalisent les primes, et font fructifier l’argent collecté : les primes sont moindres ;

 


 

3° la troisième, c’est que le système français actuel ne fait aucune place à la concurrence, alors qu’il existe nombre de caisses de maladie et de retraites dans la plupart des pays, où le choix de l’assuré crée une compétition entre assureurs, et évite le coût d’une bureaucratie publique, centralisée, et incontrôlée.

 

 

 

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De nouvelles sécurités sociales (2ème partie) 

 


 

Sécurité Sociale avec une majuscule, c’est un organisme administratif, un système public, tandis que sécurité sociale, avec une minuscule c’est le fait d’être protégé contre un certain nombre d’aléas de la vie personnelle, familiale ou professionnelle ; c’est un objectif légitime. 

 

Les risques seront couverts

 

Tous les réformateurs de Sécurité Sociale devraient, avant toute chose, rappeler les garanties qu’il s’agit de conserver, parfois même de retrouver (puisqu’elles sont en train de s’envoler aujourd’hui avec les déficits et bientôt l’explosion de la Sécurité Sociale).

 


 

La première garantie c’est d’offrir à tout Français des soins de qualité, quels que soient son âge, son état de santé, son revenu.

 


 

La deuxième c’est de pouvoir toucher aujourd’hui, mais aussi dans dix, vingt ou trente ans, les pensions de retraites pour lesquelles ils ont cotisé toute leur vie, et qu’ils sont en droit d’attendre.

 


 

La troisième est une couverture des accidents du travail. La quatrième est la prise en charge des handicapés.

 

Ces garanties doivent être réelles. Il ne faut pas, comme c’est le cas actuellement, invoquer à tout propos une excuse pour ne pas tenir les promesses : aujourd’hui on ne cesse de demander des « sacrifices » toujours justifiés par la conjoncture, la crise, la concurrence, le chômage, etc. Voilà trente ans que, chaque année, on « sauve la Sécurité Sociale » de la même manière : on découvre avec surprise un déficit, puis on relève les recettes et on diminue les remboursements, et en fin de compte on retourne à l’équilibre…jusqu’à la prochaine. Cela s’appelle pudiquement les ajustements « paramétriques » : variations du taux des cotisations ou de leur assiette, déremboursements, recul de l’âge de la retraite, allongement de la durée de cotisations, changement dans le calcul des pensions, etc. C’est le triomphe de l’insécurité sociale.

 


 

Donc le premier principe à respecter quand on veut modifier le système est la stabilité du contrat entre assureur et assuré. L’engagement doit être durable, et sur une base simple.

 

 

 

Le contrat sera lisible : séparation des régimes

 

La base est simple quand on rend le contrat transparent. Or, aujourd’hui la Sécurité Sociale est une administration opaque, se livrant à des opérations complexes, dont les données financières ne peuvent même pas être connues ni contrôlées par la Cour des Comptes.

 

La première mesure à prendre est d’en finir avec le mélange des régimes, symbolisé par l’existence de l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS). Sont financièrement confondues les régimes de vieillesse, maladie, accidents du travail, chacun se divisant entre salariés et non salariés : de plus, au régime général se surajoutent des régimes spéciaux, obéissant à des règles diverses en fonction des activités ou des personnes, notamment en ce qui concerne les fonctionnaires et les salariés des entreprises publiques. Au sein du régime général, des transferts permanents s’opèrent, les caisses de retraites compensant les déficits de la maladie, ou inversement ; aujourd’hui ces transferts demeurent incontrôlés, mais sans grande utilité globale puisque tous les régimes généraux sont en déficit.

 


 

Demain, la centrale d’achat des prestations sociales devra disparaître. Alors, les contrats d’assurance maladie seront nettement séparés des contrats de retraites, ou des contrats pour d’autres risques, de façon à faire apparaître les vrais coûts et prix des diverses prestations. Dans une perspective de privatisations, la diversité s’instaurera entre caisses ou compagnies concurrentes, pour le plus grand bénéfice des Français, qui cesseront d’être des assujettis pour être des assurés consommateurs de sécurité sociale. Mais où ces consommateurs trouveront-ils l’argent nécessaire ? Cette question est résolue par la disposition du salaire complet.

 

 

 

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De nouvelles sécurités sociales (1ère partie) 

 


 

Assurances mutuelles

 

Mettre en cause la Sécurité Sociale ne signifie pas priver les Français de toute protection contre les aléas de la maladie ou de la vieillesse. Bien au contraire : alors que la couverture sociale offerte par la Sécu est de plus en plus coûteuse (hausse incessante des cotisations et compensation croissante des déficits) et de moins en moins efficace (un système de santé en déclin, des files d’attente et une pénurie de médecins, des retraites rognées dès aujourd’hui et incertaines pour demain), il existe des formules éprouvées bien plus économiques et de qualité très supérieure.

 


 

Les Français en sont déjà conscients, et prennent leurs précautions : la protection « individuelle » renaît face aux lacunes et incertitudes de la protection « sociale ». Ils épargnent et cherchent à préserver ce patrimoine, voire à le rentabiliser. Les uns investissent dans la pierre (mais sont de plus en plus pénalisés par la fiscalité), les autres souscrivent à des contrats d’assurance-vie, ou à des plans d’épargne, d’autres achètent de l’or ou empilent des billets de la Banque Centrale Européenne (imprudents !).

 


 

Il ne fait aucun doute que, quelle que soit la vertu de la fourmi, elle a imaginé depuis longtemps de travailler en communauté avec d’autres. L’idée de la solidarité et de la mutualisation est fort ancienne, et s’est développée considérablement au XIXème siècle. Chacun s’engageant par ses cotisations à aider ceux qui seront victimes du chômage, ou de la maladie, cela permet d’avoir une couverture moins coûteuse.

 


 

On franchit un pas nouveau en dépassant la cotisation versée à une mutuelle pour confier l’épargne à des assureurs qui, à la différence des mutualistes, investiront cette épargne dans des placements fructueux : les compagnies achèteront des immeubles, ou prendront des participations dans des entreprises, ou souscriront à des obligations émises par des institutions dignes de foi. Les assurances mutualisent les épargnes et divisent les risques sur un grand nombre de personnes.

 


 

Une fable aussi bien connue que celle de la cigale et de la fourmi fait croire aux Français que la protection sociale offerte par les compagnies d’assurances a fait faillite entre les deux guerres mondiales, notamment parce que l’inflation aurait ruiné ces compagnies. Il n’en est rien, et c’est pour des raisons purement idéologiques que le gouvernement de Vichy inventera ladite Sécurité Sociale, que le programme économique de la Résistance s’empressera de reprendre et de généraliser, puisque un pas important était ainsi fait vers le collectivisme. Au demeurant, rien n’oblige l’Etat à dévaluer la monnaie !

 

 

 

 

Source : Aleps

04/03/2011

FREDERIC BASTIAT et la science économique

FREDERIC BASTIAT
1801-1850

 

La modernité de Bastiat

Les tout derniers développements de la science économique se trouvent entières dans l’œuvre de Bastiat : il a été précurseur de l’école du « public choice » (Buchanan), de l’analyse des institutions (Hayek), de la théorie des droits de propriété (Alchian, Demsetz). Il a surtout compris la vraie nature de l’économie, qui est mutualité et harmonie. Si on y ajoute que sa verve de Landais, son art du pamphlet et son humour rendent sa lecture facile et passionnante, on comprend que l’on a affaire à un génie de tous les temps. Entre autres, Bastiat avait imaginé la création par l’Etat de la Sécurité Sociale et pronostiqué son explosion un siècle et demi avant qu’elle n’existât.

 

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La nature de l’économie : service et harmonie

Bien que Jean Baptiste Say ait déjà eu l’intelligence d’observer que les produits échangés ne sont pas seulement des biens matériels, mais aussi des services immatériels (qui représentent 70 % de nos dépenses aujourd’hui), Bastiat a eu le mérite d’aller plus loin et de comprendre que derrière les produits il y a les satisfactions qu’ils apportent. Satisfactions personnelles : les choix sont subjectifs. La valeur vient donc de l’adéquation du produit au service recherché. Mais chacun d’entre nous, pour satisfaire ses propres besoins, doit chercher à satisfaire les besoins des autres. La vie économique est donc échange mutuel : nous dépendons doublement des autres : ils concourent à nous satisfaire, mais nous devons aussi les satisfaire. La vie économique n’est donc ni conflit ni affrontement, mais complémentarité et harmonie. Voilà pourquoi il ne saurait y avoir de « crise », seulement des « Harmonies ».


Les enrayeurs : obstacles à l’échange

L’échange est perturbé par des interventions incessantes de l’Etat. Les pouvoirs publics, leur réglementation, leurs impôts empêchent la libre rencontre des services rendus. C’est en particulier ce qui se passe dans le « commerce extérieur ». Les Etats ont une tendance naturelle au protectionnisme parce qu’ils sont fascinés par la « balance », qui n’a aucun sens, car les mouvements d’entrées et de sorties de marchandises ne disent rien des satisfactions apportées grâce au commerce. Le chemin de fer diminue le prix du transport Paris Bruxelles, mais un bon droit de douane sur les choux fait que le consommateur parisien les paiera le même prix, il ne servait à rien d’inventer le chemin de fer. Comme son ami et inspirateur Richard Cobden, Bastiat sera un militant infatigable du libre échange. La signature du traité de commerce franco-anglais sera un grand succès pour ses thèses…et pour les consommateurs.


Les corporations et l’Etat

Si les enrayeurs ont le pouvoir de perturber les échanges, ils le font sous la pression des corporations. Les producteurs se liguent pour fausser la concurrence, mais ils ont besoin de l’arme de l’Etat pour y réussir durablement. Les « marchands de chandelle » démontrent aux députés qu’il faut fermer toutes les ouvertures par lesquelles le soleil pénètre dans la maison : il en va de « l’intérêt général ». L’Etat est donc soumis à la pression permanente de ses clientèles, car les hommes politiques cherchent avant tout leur élection. Ils promettent tout et son contraire, ils prennent aux uns pour donner aux autres : « L’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle tout le monde croit vivre aux dépens des autres ». Bastiat a compris l’alliance naturelle entre producteurs et politiques, au détriment des consommateurs.


L’Etat et le déclin du droit

Le pouvoir de l’Etat vient de sa production de lois. L’idée d’un législateur tout-puissant, chère à Rousseau, révolte Bastiat. Car les lois se multiplient, et s’écartent de plus en plus du vrai droit, celui qui respecte la nature de l’homme. Par nature l’homme « naît propriétaire » : ce qui fait sa dignité et ce qui le motive dans ses initiatives, c’est le sentiment d’exprimer sa créativité, de signer sa vie de son œuvre. La propriété est ce qui rattache l’être humain à ses actes, c’est la traduction de la liberté et de la responsabilité personnelles.

 

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Bastiat décrit avec un réalisme (parfois même un cynisme) extraordinaire les débordements de la puissance publique. Les gouvernements ignorent jusqu’à l’existence d’un droit naturel. Or la plupart des législations sont contraires au droit. Lui-même député des Landes, il s’attirera les foudres de la droite comme de la gauche en dénonçant les abus de droit de la classe politique, et la destruction progressive des droits de propriété individuelle.

 

Source Aleps

16/11/2010

RETRAITES ET MALADIE : UNE REFORME COMMUNE SUFFIRAIT (Aleps)

L’explosion de l’assurance maladie est inscrite dans la LFSS. Quelle réforme ?


LFSS : Loi de Financement de la Sécurité Sociale. Elle vient d’être votée par l’Assemblée Nationale, et elle a fait pour l’instant moins de bruit que le texte portant réforme des retraites adopté la semaine dernière, et porté devant le Conseil Constitutionnel par l’opposition.


Pourtant, il y aurait de quoi s’émouvoir. En effet, le chiffre du déficit « accepté » par les députés pour l’année 2011 est de quelque 21 milliards d’euros (contre 23 l’an dernier) pour un budget dont on sait qu’il est plus important que le budget de l’Etat ! Les seules dépenses maladie représenteront en principe 167 milliards d’euros en 2011.

 

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Le système appelle donc une réforme, mais comme pour les retraites, l’autorité de tutelle préfère procéder à des bricolages sans mérite, qui représentent des gouttes d’eau dans l’océan des déficits. On va « raboter » les niches sociales comme on l’a fait pour les niches fiscales. Mais là où la Cour des comptes recommandait un rabot de 15 milliards d’euros, on a procédé à des ajustements mineurs. Par exemple, la non rétroactivité des allocations de l’APL (aide personnalisée au logement) permettra d’économiser 240 millions d’euros. Le déremboursement des médicaments représenterait 330 millions. En revanche le « forfait social » payé par les employeurs et la taxation des primes à l’intéressement devraient rapporter 350 millions. Mises bout à bout ces mesurettes ne réduisent le déficit que de 2 milliards (sans tenir compte évidemment des dérapages qui se produiront en cours d’année, comme il est habituel). C’est l’art de se rendre impopulaire en ne faisant rien.


Il est instructif de faire un parallèle entre les deux régimes de la Sécurité Sociale, maladie et retraites :

1° Alors que le régime des retraites s’effondre inexorablement mais discrètement, l’assurance maladie est déjà en pleine crise : les prestations ne cessent de se dégrader, par manque de médecins l’hospitalisation publique se désagrège, les déremboursements sont de plus en plus lourds, il y a exclusion d’un nombre croissant de patients en dépit de la CMU.

2° Comme pour les retraites, la maladie est financée par un système de répartition : les bien portants payent pour les malades, comme les jeunes actifs paient pour les vieux pensionnés. L’argent qui provient des cotisations est immédiatement utilisé pour régler les dépenses courantes, il n’y a aucun mécanisme de capitalisation.

3° Le principe d’assurance est exclu des retraites comme de la maladie. Il y a un « impôt santé » (éditorial de Jacques Garello il y a quelques semaines) comme il y a un impôt retraites. Il s’agit de prélèvements obligatoires qui ne laissent aucune liberté à l’assuré.

4° Dans les deux cas, ce n’est plus l’épargne personnelle qui est en cause, mais la planification centrale financée par les prélèvements obligatoires.

C’est sans doute le vice le plus profond commun aux deux régimes. Il a été relevé avec génie par Frédéric Bastiat un siècle et demi avant même que la Sécurité Sociale n’existât. Le plus grand des économistes français avait parfaitement décrit le processus par lequel la mutualité, inventée spontanément par des personnes menacées par la maladie et le chômage, allait se transformer en une « branche de police ». Quelques extraits des pages qu’il a consacrées aux « Sociétés de Secours Mutuels » sont cités dans notre abécédaire de ce numéro en page 8. Vous verrez que l’analyse est imparable et percutante.


Cela fournit aussi les principes d’une vraie réforme d’ensemble de la Sécurité Sociale, qu’il s’agisse de la maladie comme de la retraite.

a) au départ un effort volontaire d’épargne, dont l’importance est laissé à l’initiative personnelle. La santé comme la retraite est une question de responsabilité personnelle ;

b) décentralisation et libre choix de l’organisme assureur ;

c) gestion des fonds confiés à l’assureur par capitalisation ;

d) propriété individuelle des droits accumulés, les assurés étant dotés de carnets de retraite et de santé ;

e) nulle exclusion du système, les personnes momentanément incapables de s’assurer bénéficiant d’une allocation assurance ou d’un chèque assurance dont les fonds proviennent de la solidarité nationale par voie d’impôt. Conformément au principe de subsidiarité la solidarité nationale ne joue que lorsque les initiatives privées sont défaillantes.


Lorsque viendra enfin le temps des vrais débats sur de vraies réformes, ces principes devront être respectés. Ils l’ont été dans de nombreuses expériences menées à l’étranger.

28/06/2010

PASCAL SALIN : Libéralisme (un classique à redécouvrir)

On ne parle jamais assez du libéralisme. Il est tellement caricaturé, déformé, que les libéraux doivent s'astreindre sans cesse à le réhabiliter et, pour ce faire, à l'expliquer. Dans cette oeuvre d'hygiène intellectuelle indispensable, la contribution de Pascal Salin est parmi les plus précieuses. Il avait déjà forgé des armes pour les libéraux avec "L'Arbitraire Fiscal" (2° édition Slatkine Paris-Genève, 1996), "La Vérité sur la Monnaie" (Odile Jacob, Paris 1990), "La Concurrence" (PUF Que Sais-je Paris 1995), "Libre Echange et Protectionnisme" (PUF Que Sais-je, Paris 1991). Voici qu'il nous offre maintenant "Libéralisme", publié ces jours-ci chez Odile Jacob (500 pages, 180 Frs).( Aleps)

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/314JYK3YCZL._SL500_AA300_.jpghttp://www.france5.fr/c-dans-l-air/IMG/arton4030.jpg

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« Cette conception selon laquelle, sur la longue période, ce sont les idées (et donc les gens qui mettent en circulation les idées nouvelles) qui gouvernent l’évolution – et parallèlement la conception selon laquelle les cheminements individuels dans ce cours des choses doivent être orientés par un ensemble cohérent de concepts – ont depuis longtemps constitué une partie fondamentale du credo libéral. »
Friedrich HAYEK, La constitution de la liberté

Nous pouvons dire avant tout de cet ouvrage qu'il est "magistral". C'est bien un maître de la pensée libérale qui délivre son enseignement. Le libéralisme, il le connaît sur le bout des doigts. Dès le début de sa carrière universitaire Pascal Salin avait créé, avec d'autres agrégatifs, le "séminaire Jean Baptiste Say", une initiative courageuse qui consistait à faire connaître dans les milieux universitaires français la pensée libérale, les travaux de Hayek et de Friedman, alors que la mode était aux idées marxistes ou keynésiennes. Ensuite, il ne cessera de professer sa foi libérale non seulement à Paris Dauphine, mais dans toutes les conférences internationales, ce qui lui a valu une reconnaissance par la communauté scientifique du monde entier, et la présidence de la très prestigieuse Société du Mont Pèlerin fondée par Hayek et présidée par des intellectuels aussi brillants que Milton Friedman, George Stigler, James Buchanan, Gary Becker, tous prix Nobel d'Economie.

 

 

vidéo de son dernier livre


Hélas cette "grosse pointure" de la science économique n'a jamais eu dans son propre pays l'écoute et la célébrité qu'il avait ailleurs. C'est un des signes de l'exception française. Seul le petit cénacle de l'ALEPS a reconnu ses talents, et Pascal Salin, aujourd'hui membre du Collège Présidentiel, a été pendant plus de dix ans Vice-Président, et assume aujourd'hui la lourde mission de présider le Jury du Prix de la Pensée Libérale (qui a distingué successivement Philippe Manière et Patrick Simon). La publication de "Libéralisme" rompra sans doute la conspiration du silence, et on va peut-être pouvoir enfin parler et de l'auteur et du livre. Le livre est une invitation à la réflexion en profondeur sur ce qu'est véritablement le libéralisme. Après deux chapitres introductifs, consacrés à poser le problème du libéralisme, et des faux nez qu'on lui fait porter en France, viennent trois chapitres inédits sur "les Piliers du Libéralisme". On appréciera la maîtrise de la démonstration, la profondeur de l'analyse et l'élégance d'une langue simple et précise.


Cinq chapitres qui suivent nous permettent de relever un certain nombre d'erreurs commises à propos du libéralisme. L'opinion publique, notamment en France, a une fausse idée de ce qu'est l'entreprise, le profit, le monopole et la concurrence, la finance. Des questions d'actualité, comme la participation, le capitalisme populaire et la privatisation, y sont également évoqués. Des lecteurs plus intéressés par les problèmes concrets que par la philosophie sociale ou l'analyse économique prendront leur plaisir à la lecture des six chapitres suivants, qui sont autant d'exemples retenus par Pascal Salin pour expliquer ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas faire dans la vie quotidienne : comment les libéraux considèrent-ils l'immigration, l'urbanisme et la propriété immobilière, les limitations de vitesse et la ceinture de sécurité, l'assurance maladie, la retraite, la réglementation anti-tabac, la défense de l'environnement ? Pascal Salin prend ici des positions que d'aucuns qualifieront de "libertariennes", pour signifier qu'elles sont inspirées par un libéralisme radical, sans compromission, dans toute sa pureté. De quoi faire fuir les politiciens sans doute, mais de quoi faire rêver les jeunes (et les moins jeunes) épris de liberté...


Enfin, et non le moindre, l'ouvrage se termine par une prospective de l'Etat :

que fera-t-il désormais ? Aura-t-on tiré les leçons de l'échec généralisé de la macro-économie ? Va-t-il enfin se retirer de la scène économique et sociale pour laisser jouer les individus ? Va-t-il enfin cesser de spolier les Français par une fiscalité aussi ruineuse qu'arbitraire ? Il y sera sans doute contraint par la mondialisation, et il est souhaitable que le libre-échange mondial poursuive sur sa lancée au lieu d'envisager des replâtrages comme les veulent certains dirigeants européens, trop aveugles pour ne pas avoir compris l'erreur de l'euro. A votre réflexion, parce qu'il y a là un bon échantillon des plus belles pages de cet ouvrage, et parce que ce sont deux conclusions majeures de Pascal Salin, nous livrons deux passages : l'un se rapporte aux perspectives de la mondialisation, l'autre aux exigences de la liberté. NATIONALISME (pp. 489-490) : "Qu'il s'agisse de monnaie, d'échanges commerciaux ou d'immigration (comme nous l'avons vu précédemment), on est confronté à un conflit majeur, celui qui oppose la liberté des personnes à la prétention des États de décider de ce qui est censé étre bon pour la "nation". Or, qu'est-ce que la nation, si ce n'est un ensemble d'hommes et de femmes ? Et comment pourrait-il y avoir des objectifs " nationaux " indépendamment des objectifs individuels ? Pour un libéral, l'appartenance d'un individu à une collectivité quelconque, qu'elle soit nationale, religieuse, culturelle ou sportive, si elle est importante pour l'individu concerné, ne concerne pas l'observateur extérieur. Un "étranger" a autant de vaIeur qu'un concitoyen et la liberté d'entrer en contact avec lui pour échanger des biens, des idées, des signes d'amitié, doit être préservée aussi rigoureusement que la liberté d'entrer en contact avec un concitoyen. Aucune vertu particulière, aucune valeur supérieure ne peut être accordée à un individu ou à une activité du fait qu'ils portent le label "national". Il n'y a pas de différence de nature entre l'échange intra-national et l'échange inter-national, car l'échange se fait toujours entre des individus et le fait qu'ils se trouvent sur le même territoire national ou sur d'autres territoires nationaux n'a strictement aucune importance. Pour un libéral le nationalisme n'est donc pas compréhensible, mais la nation l'est, parce que les communautés humaines existent et sont des faits sociaux concrets. Une nation est en effet une réalité immatérielle qui résulte d'un sentiment d'appartenance à une même communauté - forgée par l'Histoire, la langue, les coutumes - et l'existence de ce sentiment dans les consciences d'un certain nombre de personnes constitue la nation comme un réseau de relations interpersonnelles. I1 n'est donc pas question de nier la nation en tant qu'objet de perception, mais de rejeter la prétention à ériger la nation en une entité abstraite ayant ses propres exigences, sa propre volonté, ses propres fins ; de rejeter aussi la "nationalisation de la nation" par l'Etat, c'est-à-dire sa prétention à représenter la nation, à parler et à agir en son nom, car il est illégitime de monopoliser des sentiments d'appartenance. L'État-nation, caractéristique des sociétés modernes, est par nature incompatible avec une société de liberté individuelle. C'est pour cette raison profonde que la mondialisation, si elle contribuait effectivement à la destruction des Etats-nations, serait un bienfait pour l'humanité. Les politiques d'intégration régionale sur tous les continents doivent alors étre considérées non pas comme des progrès, mais plutôt comme des réponses à l'éclatement inéluctable des frontières étatiques et comme des efforts pour retarder une véritable mondialisation et la disparition des Etats-nations".

 

 

 


DU COURAGE POUR ETRE LIBÉRAL (p. 500) : "On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, on ne peut pas proclamer la liberté et accepter l'esclavage. Rechercher une troisième voie mythique entre le collectivisme et l'individualisme, se prétendre tolérant parce qu'on admet les compromis, ce n'est pas seulement un manque de lucidité c'est une véritable trahison. Il faut du courage pour être libre, mais il faut aussi du courage pour être libéral dans ce monde de fausses valeurs, d'alibis douteux, de compromis idéologiques, de mimétisme intellectuel et de démagogie politicienne où l'humanisme libéral est ignoré, déformé, caricaturé jusqu'à la haine. Dans l'ouragan idéologique qui a balayé le XXème siècle et où nazisme, communisme, mais aussi social-démocratie ont failli faire périr l'idée éternelle et universelle de la liberté individuelle, c'est l'honneur de quelques hommes, de quelques grands penseurs d'avoir pris le risque intellectuel et personnel de sauver cette idée, de la développer, d'en rechercher sans relâche les implications, de la diffuser.

 

Au-delà, bien au-delà des simples recettes économiques, elle rencontre l'adhésion d'un nombre croissant d'hommes et de femmes de talent, de jeunes surtout, lassés du conformisme de leur époque. Ils découvrent, ils redécouvrent que l'humanisme n'est pas mort et que l'humanisme ne peut avoir d'autre visage que celui du libéralisme.

 

Autres critiques:

 

Que vous soyez pour ou contre, de droite ou de gauche, vous croyez tout savoir sur le libéralisme, "sauvage" pour les uns, "salutaire" pour les autres. Mais pourquoi faut-il supprimer la législation sur la concurrence, instaurer la liberté d’immigration, supprimer le monopole de la Sécurité sociale ou encore recourir aux privatisations pour résoudre les problèmes écologiques ? Pourquoi l’euro n’est-il pas une invention libérale ? Pourquoi la mondialisation est-elle préférable à l’intégration régionale ? Pourquoi la politique de stabilisation est-elle une source d’instabilité économique ? Une réévaluation en profondeur de la pensée libérale ; une contribution iconoclaste aux débats sur les principes et la philosophie qui doivent nous guider. Et si le libéralisme, fort des trois principes que sont la liberté, la propriété, la responsabilité, était le véritable humanisme, la seule vraie utopie réaliste qui autorise la plus belle des espérances pour notre temps : la confiance optimiste dans l’individu ?

 

par Marc Grunert de QL


Analyse d'Alain-Gérard Slama

 

Tu peux courir de Sylvain Gay

 

La lime de franck Boizard

 

La note de lecture du Ludwig von Mises Institute


La critique de Guy Millière


Le point de vue de Mathieu Laine

 

Expression Libre

 

Aurélien Véron

20:23 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salin, libéraux, libéralisme, aleps, hayek, friedman, keynésianisme, marxisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/05/2010

L'Economie: Qu'en est-il de l'enseignement au niveau lycée?

Pas triste!


Théorique, lourd, inefficace, imprécis et compassionnel : le constat dressé par le rapport sur l'enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée réalisé par la commission présidée par l'économiste Roger Guesnerie est sans appel.

Le rapport sur l'enseignement de l'économie au lycée

 

L’Académie des sciences morales et politiques a entrepris, depuis décembre 2007, d’examiner et d’analyser les programmes et les manuels de SES des classes de Première et de Terminale.

 

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cliquez, lire: Luc Chatel cherche a apaiser....(figaro mars/2010)

 

Pour mieux assurer la validité de ses observations, elle a sollicité des regards étrangers, ceux de cinq économistes de renom, un Allemand, un Américain, un Brésilien, un Anglais, un Espagnol et un Français qui vit aux États-Unis. Celui-ci, le Professeur Chiappori de Columbia University, a ensuite établi une synthèse.

Ces différentes études ont conduit l’Académie des sciences morales et politiques à présenter un rapport qu’elle a remis le lundi 7 juillet au Ministre de l’Éducation nationale.

Il ressort de ce rapport :

  • que les programmes de SES sont trop ambitieux ;
  • qu’ils mettent trop peu l’accent sur la microéconomie ;
  • qu’ils procèdent du général au particulier et ne permettent donc pas aux élèves d’acquérir des bases solides ;
  • qu’ils prévoient une même approche de l’économie et des autres sciences sociales, alors que leurs démarches sont profondément différentes ;
  • que les manuels sont parfois entachés d’affirmations erronées ;
  • qu’ils présentent souvent une image biaisée et fortement négative des réalités économiques par des textes et des illustrations inappropriés.

Les programmes d’enseignement des sciences économiques et sociales doivent donc être remaniés en profondeur. Une formation fondée sur un enseignement adapté de la science économique pourrait en effet être un élément essentiel d’une voie d’excellence vers le baccalauréat.

LIRE LE RAPPORT

 

En voici une synthèse:


Synthèse des cinq rapports d’économistes étrangers
par Pierre-André Chiappori


En mars 2008, l‘Académie des Sciences Morales et Politiques a chargé cinq universitaires de la rédaction d‘un rapport sur la place des sciences économiques et sociales dans l‘enseignement secondaire français. Les auteurs contactés étaient tous économistes et professeurs dans des universités ou des instituts de recherche étrangers, européens (Bonn, Barcelone, Oxford) ou américains (Princeton, Columbia). L‘étude avait deux objectifs. Il s‘agissait, d‘une part, d‘évaluer le contenu des programmes, du double point de vue de leur cohérence globale et de leur pertinence vis à vis de la mission qu‘ils s‘assignent, à savoir la formation générale de futurs citoyens et la préparation à des études universitaires ultérieures dans les disciplines concernées ; d‘où un problème d‘équilibre entre les diverses disciplines, et la possibilité d‘envisager d‘éventuelles modifications des programmes. D‘autre part, il était demandé de porter un jugement sur les manuels scolaires, en termes de cohérence, de contenu, et de qualité pédagogique.


Les auteurs ont consulté d‘une part les programmes d‘enseignement de sciences économiques et sociales (SES) en classes de première et terminale de la série économique et sociale, tels que parus respectivement aux bulletins officiels du Ministère de l‘éducation nationale en dates du 12 juillet 2001 et du 3 octobre 2002. D‘autre part, différents manuels avaient été fournis aux rapporteurs, édités respectivement par les éditions Bordas, Bréal, Hatier, Magnard et Nathan. En complément, ont enfin été consultés, à titre de comparaison, le programme des "A level Economics courses" au Royaume Uni, les différents textes officiels disponibles sur l‘enseignement de l‘économie aux États-Unis (notamment les National Standards publiés par le National Council on Economic Education), et quelques manuels d‘économie utilisés en High School (en particulier l‘ouvrage Economics in Our Times, de Roger A. Arnold, publié par St. Paul: West Publishing Co., 1995 et généralement considéré comme l‘un des meilleurs manuels disponibles).


La conclusion commune des différents rapports est que l‘enseignement des SES dans le secondaire français est gravement défectueux. En l‘état, le contenu des enseignements n‘a qu‘un rapport lointain avec la science économique, telle qu‘elle est pratiquée non seulement dans les universités et les centres de recherche, mais aussi dans les organisations gouvernementales et internationales, et (a fortiori) dans les entreprises. La perspective adoptée par les programmes, qui reprend (au mieux) l‘ancienne tradition française de l‘économie institutionnelle enseignée dans les facultés de droit, est largement orthogonale à la science économique moderne (par quoi l‘on entend du dernier demi- siècle). Les praticiens de la discipline ont la conviction qu‘il existe un véritable savoir économique, un corpus théorique et conceptuel sur lequel un accord général existe entre les spécialistes. Quelles que soient les opinions politiques ou idéologiques des uns et des autres, tout économiste sait que l‘effet d‘un choc restreignant l‘offre sur un marché dépend de l‘élasticité de la demande – par exemple, qu‘une réduction de l‘offre sur un marché à demande inélastique conduit à une forte hausse des prix, avec en corollaire une hausse des profits des producteurs. Un petit nombre d‘outils conceptuels de base font l‘objet d‘un consensus quasi universel (dans une profession pourtant marquée par les désaccords et les controverses) ; ils permettent d‘analyser un nombre considérable de situations concrètes, depuis les conséquences d‘un plafonnement du prix d‘un produit jusqu‘à l‘impact d‘une taxe indirecte.


Il est difficile de ne pas conclure qu‘en l‘état actuel, ce savoir n‘est pour l‘essentiel pas communiqué aux élèves. Bien pire, l‘enseignement, sous sa forme présente, tend probablement à répandre le sentiment qu‘un tel savoir est soit inexistant, soit inutile, et qu‘il est possible de discuter de problèmes complexes sans avoir recours à autre chose qu‘une analyse superficielle ; en bref, que l‘analyse économique se résume à la régurgitation de discours convenus. S‘agissant de l‘objectif d‘éducation générale de futurs citoyens, il est à craindre que ce message soit franchement nocif.


Dans un premier temps, nous analyserons brièvement les programmes ; nous étudierons ensuite les manuels qui nous ont été soumis. Pour des raisons de compétence, la discussion sera essentiellement limitée aux sciences économiques, qui constituent sans doute le noyau dur de l‘enseignement considéré.

 

Enfin veuillez lire les rapports svp: LIRE LE RAPPORT en PDF

 

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Du côté de l'ALEPS, la vision de J. Garello team


L’ECONOMIE AU LYCEE : C’EST LE PROGRAMME D’ATTAC

 

L’IFRAP publie régulièrement d’excellentes études. Celle qu’il vient de faire paraître sur son site, sous la signature d’Alain MATHIEU (Société civile N°33) est particulièrement bienvenue, car elle est consacrée à la désinformation dans l’enseignement de l’économie dans les lycées. Au moment où certains attaquent le jury d’agrégation d’économie pour « ultralibéralisme », il faut voir au contraire comment l’enseignement de l’économie est la chasse gardée du marxisme.

C’est vrai tout d’abord dans la définition même des programmes (qui sont définis pour la France entière et approuvés par le comité national des programmes, longtemps présidé par Luc FERRY, avant qu’il ne fût ministre, et qui paraissent au Bulletin Officiel). C’est ainsi qu’on lit dans le programme officiel de terminale : « On soulignera que les mécanismes du marché peuvent se révéler défaillants, auquel cas la demande ne suit pas l’offre et le chômage se développe… On pourra montrer que la flexibilité (du travail) devient défavorable (à l’emploi) quand elle conduit à une amplification des inégalités… On discutera de la qualification des mouvements sociaux (qui sont en) opposition à une situation dominante… En prenant un exemple dans le contexte européen -celui de la politique de protection sociale - on soulignera la nécessité de l’action publique pour maintenir et accroître la cohésion sociale… La permanence de la précarité de l’emploi, le maintien voire l’augmentation des inégalités de revenus ont conduit au retour de l’analyse en termes de classes sociales ».

Voilà en effet un beau programme, bien objectif, marxiste à 100%, que ne renierait pas ATTAC, voilà ce que doivent contenir les manuels et enseigner les professeurs ! D’ailleurs tout ici mériterait d’être cité en détail. Par exemple, pour la mondialisation, « on s’interrogera sur les effets contrastés que l’internationalisation des échanges peut avoir sur les inégalités et avantages sociaux ».

Les programmes de première ne valent pas mieux : « Adapter une conception réaliste des classes sociales, dans laquelle les conflits jouent un rôle central… On montrera que le marché peut être défaillant parce qu’il ne permet pas la production de certains biens et services… On mettra en évidence l’existence des biens collectifs que le marché ne prend pas spontanément en compte… L’enseignement s’appuiera sur la comptabilité nationale comme outil d’analyse et de représentation du fonctionnement de l’économie ».

Quant au programme de seconde, il précise : « dans un souci de ne pas alourdir le programme, l’épargne et le profit ne feront pas l’objet de développement particuliers… On soulignera les inégalités de revenus primaires pour introduire la notion de système redistributif ». Voilà de quoi favoriser l’enseignement de l’altermondialisme et de la vulgate marxiste.

Les manuels vont-ils corriger cette désinformation ? C’est l’inverse et ils en rajoutent encore une couche. L’article de l’IFRAP fait référence à deux d’entre eux, utilisés en terminale, dont celui publié chez Nathan. Tout est vu dans des lunettes déformantes. C’est ainsi qu’il y a 19 pages de critiques sur l’action des multinationales, alors que le rôle de l’entreprise est par ailleurs ignoré. Pas question de parler des actions ou de l’offre et de la demande. Par contre, les élèves ont droit à de longs développements sur la définition de l’habitus chez BOURDIEU ; ils apprennent que la taxe TOBIN est une « bonne politique » et les citations les plus fréquentes viennent de revues altermondialistes telles qu’Alternatives Economiques.

Aucune citation de MARX ou de KEYNES n’est épargnée aux élèves, alors que les libéraux comme BASTIAT ne sont jamais cités. HAYEK est ignoré. Rien sur l’expérience communiste et son échec total. En revanche, l’antiaméricanisme est bien présent : on y souligne « une tendance inquiétante au délitement des liens sociaux » avec accroissement des distances entre groupes sociaux. L’enfer américain est bien là. Par ailleurs, le protectionnisme est bien entendu justifié.

Voilà de quoi former de bons militants d’ATTAC. Et le plus scandaleux n’est pas à nos yeux les manuels, mais les programmes approuvés par le gouvernement, puisque publiés au BO. Il est vrai que les finalités de cet enseignement sont bien définies par ce Bulletin Officiel de l’éducation nationale « concourir à la formation du citoyen » (pas préparer les élèves à la vie en entreprise, bien sûr, ce serait faire le jeu des patrons). Mais quel citoyen veut-on former ? Celui qui votera à gauche, fera des analyses marxistes, adhérera à la CGT et militera à ATTAC ? Tout un programme. Merci à l’IFRAP de nous avoir rappelé ces vérités indiscutables. Bien entendu, le scandale, c’est la main mise des libéraux sur l’agrégation d’économie, n’est-ce pas ? Rien à voir avec la formation du citoyen si bien faite dans les lycées. Car, elle va dans le sens de l’histoire.

 

Nonobstant les posts suivants:

 

Education Nationale: La Cour des Comptes ose!

Et si nous parlions éducation (Instruction Nationale)!

IUFM/Adm./Rect.? - Le "bordel" de l'école jacobine

Une éducation libérale, par le RAP! A quand au sein des écoles??lol

Un nouveau virus: l'évaluation, un principe de précaution à la méritologie!

Q de CRISE (la page de L&L)

12:11 Écrit par HUMANITAS dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enseignement, lycées, économiste, économie, roger guesnerie, chiappori, jacques garello, aleps, attac | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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