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27/06/2011

Après Oussama Ben Laden, voici le ressuscité de 2006, Aymane al-Zawahiri

À l’instar du fondateur d’el-Qaëda, Aymane al-Zawahiri s’est caché après les attentats du 11- Septembre et a été vu une dernière fois un mois après, en octobre 2001, à la frontière afghanopakistanaise.

 

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Son épouse, son fils et ses deux filles avaient été tués par des frappes américaines à Kandahar deux mois plus tard. Photo AFP Terrorisme El-Qaëda a désigné hier Ayman al-Zawahiri pour succéder à Oussama Ben Laden. Le nouveau chef de la nébuleuse a promis de poursuivre le jihad, mais le chef d’état-major US, Mike Mullen, a assuré que les États-Unis élimineront Zawahiri comme ils ont éliminé Ben Laden. El-Qaëda a désigné son numéro deux, Aymane al-Zawahiri, pour succéder à Oussama Ben Laden, tué début mai par un commando américain au Pakistan, et s’est engagé à poursuivre le jihad contre les États- Unis et Israël, dans un communiqué mis en ligne hier. « Le commandement général d’el- Qaëda annonce, après consultations, la désignation de cheikh Aymane al-Zawahiri à la tête de l’organisation », selon le texte signé du commandement général et publié sur des sites islamistes. Aymane al-Zawahiri, âgé de 59 ans, le « cerveau » et principal porte-parole d’el- Qaëda, devient ainsi l’homme le plus recherché du monde. Sa tête est mise à prix 25 millions de dollars par le département d’État américain. El-Qaëda va poursuivre « le jihad contre les apostats qui agressent la terre d’islam et à leur tête l’Amérique croisée et son acolyte Israël », affirme d’emblée le commandement d’el-Qaëda dans son communiqué. « Nous les combattrons avec toutes nos capacités et nous exhortons la nation (islamique) à les combattre (...) par tous les moyens possibles jusqu’à l’expulsion de toutes les armées d’invasion de la terre d’islam et l’instauration de la charia », la loi islamique, ajoute le texte.


En nommant à sa tête l’Égyptien Aymane al-Zawahiri, le commandement général d’el-Qaëda a exposé dans le communiqué les principes guidant sa future action. Ainsi, il rassure les Palestiniens qu’il « ne les lâchera pas jusqu’à la victoire » et « la libération de l’ensemble de la Palestine ». « Nous n’accepterons aucune concession sur la Palestine » et « nous ne reconnaîtrons pas de légitimité au prétendu État d’Israël » comme « nous ne nous engagerons par aucun accord ou convention » reconnaissant Israël, ajoute-t-il.

 

Exprimant en outre son « soutien au soulèvement des peuples musulmans » en Égypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen, en Syrie et au Maroc, el-Qaëda appelle à la poursuite de la contestation dans les pays arabes pour « éliminer les régimes corrompus et injustes imposés par l’Occident à nos pays ».

 

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Mais « le véritable changement souhaité ne se réalisera qu’avec le retour de la oumma vers la charia », poursuit-il, indiquant sa disposition à « coopérer avec tous les groupes islamiques » pour faire « triompher la charia » et « éliminer les régimes corrompus ». S’agissant de l’Afghanistan, el-Qaëda assure le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, que le réseau continuera à agir « sous son commandement (...) pour repousser l’occupation américaine croisée de l’ensemble du pays ». Il rassure aussi « les frères combattants » en Irak, en Somalie, dans la péninsule Arabique et au Maghreb, où opèrent des branches d’el-Qaëda, ainsi qu’en Tchétchénie, affirmant qu’il « poursuivra sur la même voie (...) pour combattre un ennemi unique même s’il prend différentes formes ». Le nouveau chef d’el-Qaëda s’était engagé à poursuivre la voie du jihad contre l’Occident et avait renouvelé son allégeance au mollah Omar, « émir des croyants », dans une vidéo mise en ligne le 8 juin par le groupe de renseignement américain SITE. « Aymane al-Zawahiri est le cerveau d’Oussama Ben Laden.


C’est après la rencontre entre les deux hommes (en Afghanistan) que Ben Laden a pris cette importance », affirmait l’avocat islamiste égyptien Mountasser al-Zayat, qui l’avait bien
connu. « Zawahiri est loin d’avoir l’envergure d’Oussama Ben Laden », a toutefois tempéré
hier un haut responsable américain réagissant à l’information de sa désignation à la tête d’el- Qaëda, estimant par ailleurs que l’Égyptien aurait du mal à diriger la nébuleuse « tout en s’occupant de sa propre survie ». Pour les experts, le choix de Zawahiri pour succéder à Ben Laden est celui de la logique et de la continuité, même s’il ne jouit pas de la même aura que le fondateur du mouvement. Pour Dominique Thomas, spécialiste de l’islamisme radical à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), « Zawahiri dispose avant tout de la légitimité historique : il fait partie du même groupe générationnel né dans le jihad antisoviétique en Afghanistan dans les années 1980 ». « Il fallait que ce soit une figure qui serve de repère aux militants. Et il n’y en avait pas d’autre : Zawahiri est apparu aux côtés de Ben Laden depuis 15 ans, il a fait le jihad en Afghanistan, c’est une figure de l’islamisme égyptien. C’est aussi un idéologue qui a beaucoup écrit. »

 

Zawahiri sera éliminé comme Ben Laden, assure Washington
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 17 juin 2011

 

L’homme n’a rien à perdre. En décembre 2001, alors qu’il fuit l’Afghanistan pour se réfugier
dans les zones tribales pakistanaises, son épouse, ses deux filles et son fils, restés à Kandahar,
le fief des talibans, sont tués par des bombes américaines qui lui étaient destinées. Ayman al-
Zawahiri – une fois de plus – n’a alors qu’une idée en tête : se venger. C’est aussi en 2001 que
le grand public découvre ce curieux personnage à la barbe poivre et sel mal taillée. On le
distingue – souvent assis en tailleur – au côté d’Oussama ben Laden sur les rares documents
filmés où apparaît l’ancien chef d’al-Qaida. Toujours coiffé d’un turban, portant de grandes
lunettes rondes, son allure s’apparente plus à celle d’un professeur, ou d’un vieux sage, qu’à
celle d’un féroce terroriste. L’habit n’a jamais aussi peu fait le moine. Né au Caire le 19 juin
1951, descendant d’une famille d’universitaires et de dignitaires religieux, le nouveau numéro
un d’al-Qaida est un dur, plus radical encore que son supposé mentor, ben Laden. Son grandpère
fut le directeur de l’université du Caire avant de fonder celle du Roi-Fahd, en Arabie
saoudite. L’un de ses oncles fut, quant à lui, dans les années 1930, le grand imam de la
mosquée al-Azhar, haut lieu de l’enseignement et de la pensée islamiques dans le monde.
« C’était un garçon mystérieux, renfermé et introverti », raconte Zaki Mohammed, un
journaliste cairote, à propos du jeune Zawahiri (*). « Mais il comprenait en cinq minutes ce
que les autres élèves mettaient une heure à saisir. Il avait quelque chose de génial »,
témoigne encore cet ancien condisciple.
Un rat de bibliothèque
Décrit comme un fervent pratiquant doublé d’un rat de bibliothèque, Ayman al-Zawahiri est
séduit par les théories des Frères musulmans dès l’âge de 15 ans. Déçu par le président
égyptien Nasser, défait par les Israéliens en 1967 lors de la guerre des Six-Jours, il considère
l’islam comme l’unique planche de salut pour le monde arabe. Jeune homme, tout en
poursuivant des études de chirurgien à la faculté de médecine du Caire, il demeure dans la
mouvance islamiste, où il fait figure de modéré. En 1980, établi dans une clinique tenue par
les Frères musulmans, il accepte de se rendre au Pakistan, dans le cadre d’une mission
humanitaire organisée par le Croissant-Rouge. A cette époque, des milliers d’Afghans, fuyant
leur pays envahi par les Soviétiques, y sont réfugiés. Il écrira plus tard qu’il considère le
djihad afghan comme « un entraînement de la plus haute importance qui préparait les
moudjahidin à mener la bataille tant attendue contre la superpuissance qui, désormais,
exerce seule sa domination sur le monde, à savoir les Etats-Unis ».
Le promoteur des attentats suicides
Revenu chez lui, en Egypte, il est arrêté à la fin octobre 1981, quelques jours après
l’assassinat du président Anouar al-Sadate. Une opération menée par les Frères musulmans et
à laquelle il nie avoir participé. A l’issue d’une incarcération (longue de trois ans) où il est
régulièrement frappé et torturé, il décide de quitter son pays natal. Nous sommes en 1984,
Zawahiri, âgé de 32 ans, est devenu un extrémiste religieux, un radical assoiffé de vengeance.
Il se rend alors à Djedda, en Arabie saoudite, ville où est installé un certain Oussama ben
Laden. Dès lors, les deux hommes feront route et cause communes. Ayman al-Zawahiri est
celui qui a pensé et conçu la structure al-Qaida (« la Base »). Des attentats contre les
ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en août 1998, à ceux de Madrid (2004) et
de Londres (2005) – sans oublier ceux du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis –, la plupart des
opérations montées ou soutenues par l’organisation à travers le monde portent sa marque. Il
est d’ailleurs l’un des premiers islamistes à avoir eu recours aux attentats kamikazes, en dépit
des préceptes du Coran qui proscrivent le suicide et le meurtre d’innocents. Selon de
nombreux spécialistes des mouvements islamistes, ben Laden, issue d’une famille fortunée,
était, en définitive, devenu le chef d’al-Qaida parce qu’il en était le principal financier. Enfin,
le Dr Zawahiri savait se rendre indispensable. « ben Laden avait une pression sanguine
insuffisante. Il lui arrivait d’éprouver des vertiges qui l’obligeaient à s’allonger. Ayman
venait le soigner », se souvient Essam Deraz, un réalisateur égyptien qui a connu les chefs
terroristes à la fin des années 1980. Après le 11 septembre, la tête du numéro deux d’al-Qaida
avait été mise à prix par les autorités américaines pour la somme de 25 millions de dollars.
Cette récompense, promise à d’éventuels informateurs, pourrait rapidement augmenter : placé
au sommet de la « liste noire » du département d’Etat américain, condamné à mort, par
contumace, en Egypte pour sa participation dans l’attentat de Louxor perpétré en 1997
(58 touristes exécutés), Ayam al-Zawahiri est désormais l’homme le plus recherché au
monde.
(*) Lawrence Wright (The New Yorker, septembre 2001).
Où en est al-Qaida ?
La mort d’Oussama Ben Laden n’aurait pas entraîné de changement majeur dans le
fonctionnement de l’organisation terroriste, décrite comme étant en perte d’influence et de
vitesse. Obligé de se terrer, le Saoudien n’exerçait plus qu’un leadership symbolique sur elle.
C’est l’une des raisons qui expliquent le fait que les grandes capitales occidentales n’aient
plus été touchées depuis 2005 (attentats de Londres). Les spécialistes des mouvements
islamistes estiment que « l’exécution » de Ben Laden entraînera cependant un déplacement du
théâtre de la guerre, de l’Afghanistan vers le Pakistan. Force est de constater que les attentats
se sont multipliés, ces dernières semaines, sur le sol pakistanais (notamment contre les forces
armées). Les dirigeants d’al-Qaida (et les talibans) considèrent avoir été trahis par le
gouvernement d’Islamabad, qu’ils accusent d’avoir aidé les forces spéciales américaines à
liquider leur chef historique. La crainte des représailles qui s’annoncent explique, en partie,
les difficultés actuelles qu’éprouvent les services de renseignement américains à renouer le
contact avec leurs homologues pakistanais. Sur le plan international, l’intronisation d’al-
Zawahiri pourrait relancer les actions terroristes contre les intérêts occidentaux. Dans son
dernier message audio, le nouveau numéro un d’al-Qaida demande ainsi aux Libyens de se
retourner contre la coalition internationale (et donc contre la France) venue pourtant les aider
à se débarrasser du colonel Kadhafi.

12:41 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al qaeda, ben laden, al zawahiri, egypte, islamisme, intégrisme, printemps arabe, terrorisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

07/05/2011

Histoire d'un homme: Al Qaîda n’existe plus depuis 2002, et Ben Laden depuis...

«Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie» André Malraux


«Ce soir, je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les Etats-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden, le dirigeant d’Al Qaîda, un terroriste responsable du meurtre de milliers d’innocents. (...) Et en un soir comme celui-ci, nous pouvons dire aux familles qui ont perdu des êtres chers à cause du terrorisme d’Al Qaîda: justice est faite.»

 

http://www.lasalle.aw/interessant/taliban/ben_laden2.jpg

 

C’est par ces mots que le président Obama s’est adressé urbi et orbi. Cela nous rappelle la posture de Bush en mai 2003 sur le porte-avions pour annoncer la fin de la guerre en Irak ou encore celle de Paul Bremer le proconsul américain en Irak:«Nous l’avons eu» quand Saddam, aux abois, a été arrêté: Lorsque Barack Obama emploie le mot «justice», il pense d’une part aux familles des victimes du 11 septembre 2001, et d’autre part, peut-être, à une forme de justice divine. De quoi s’agit-il en fait? Le soir du 1er mai 2011, vers 20h30 UTC, Oussama Ben Laden, qui n’était pas armé, est tué dans la ville d’Abbottabad au Pakistan lors d’une opération militaire au sol menée par une vingtaine de Seal (commandos de l’US Navy). Sa dépouille a été immergée en haute mer. Le corps aurait bien été recouvert d’un linceul blanc. Dans la tradition musulmane, l’inhumation doit avoir lieu dans les vingt-quatre heures suivant le décès. C’est d’ailleurs, ainsi que les Américains ont justifié leur décision de se séparer si vite du corps d’Oussama Ben Laden. Pourtant, en Irak, les corps de Uday and Qusay Hussein, les fils musulmans du dictateur irakien, ont été conservés onze jours par les autorités militaires américaines....Pour cet exploit, le président des Etats-Unis a salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération. Pourtant, le Pakistan a exprimé sa préoccupation estimant que de telles «actions unilatérales non autorisées» ne devraient pas se reproduire. Les Etats-Unis n’ont pas informé le Pakistan de l’opération contre Oussama Ben Laden, car ce pays «aurait pu alerter» le chef d’Al-Qaîda de l’imminence du raid, a déclaré le directeur de la CIA, Leon Panetta, dans un entretien au magazine américain Times.


La carrière de Ben Laden
Qui est ce personnage qui a déclaré, d’après les médias occidentaux, la guerre à l’Occident? Comment ce fils de milliardaire quitte le luxe et l’opulence familiale pour aller mener une vie, traqué à travers le monde, notamment dans les montagnes de Bora Bora? En 1979, à l’âge de 22 ans après ses études, ce riche fils d’un entrepreneur proche de la famille royale saoudienne est approché par le prince Turki Al Fayçal, alors chef des services secrets de l’Arabie Saoudite (de 1977 à 2001). À l’époque, le régime du shah d’Iran vient d’être renversé par une révolution qui porte à sa tête l’ayatollah Khomeini, tandis que l’Urss envahit l’Afghanistan quelques mois plus tard. L’islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahidin viennent combattre en Afghanistan contre l’Urss, soutenus par l’Arabie Saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se
verrait à terme à la tête d’une future internationale islamique. Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidin en 1980. Selon Zbigniew Brzezinski, le président Carter aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, avec pour but d’entraîner une intervention militaire des Soviétiques, ce qui fut le cas. Le 24 décembre 1979, l’armée soviétique a envahi l’Afghanistan. Le prince saoudien Turki demande à Ben Laden d’organiser le départ des volontaires pour l’Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L’amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l’arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée «Bureau des services». Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d’entraînement, mosquées, écoles, etc.) ainsi que l’approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l’éducation religieuse d’enfants. D’après Noam Chomsky, les moudjahidin auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l’Égypte, le Pakistan, etc. pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques. En 1989, Oussama Ben Laden se retrouve alors à la tête de l’organisation. Elle est la base d’Al Qaîda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d’Afghanistan partant ensuite combattre sur d’autres fronts (en Tchétchénie, en Yougoslavie, etc.). Durant toute cette décennie, Ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki, effectuant de nombreux voyages en Arabie Saoudite. (...) En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les djihadistes veulent poursuivre le combat jusqu’à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l’Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990. Oussama Ben Laden se sent trahi, mais à son retour en Arabie Saoudite, il est considéré comme un héros. Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama Ben Laden propose au roi Fahd d’utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l’accusation selon laquelle il aurait autorisé les «infidèles» à «souiller le sol sacré» de l’Arabie Saoudite...Au début d’avril 1994, l’Arabie Saoudite le prive de sa nationalité. Il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996. Il reste en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien (la famille royale est en effet peu unie). De même, il aurait gardé des relations avec la CIA; nom de code «Tim Osman». Selon Leonide Chebarchine, ancien directeur adjoint du KGB, Al Qaîda serait une création des États-Unis et Oussama Ben Laden n’aurait jamais cessé d’être un agent de la CIA.(1)


Ben Laden condamne l’évolution de la civilisation islamique depuis la disparition du califat (le dernier calife était le sultan ottoman jusqu’en 1924). Cet objectif passe par un renversement des gouvernements arabes «laïcs» et «impies» protégés par les États-Unis. Ce fut l’une des raisons principales de son rejet par la famille royale d’Arabie Saoudite. Lors de son interview par le journaliste Robert Fisk en 1996, il avait notamment déclaré: «Le peuple comprend maintenant les discours des ouléma dans les mosquées, selon lesquels notre pays est devenu une colonie de l’empire américain. [...] La solution à cette crise est le retrait des troupes américaines. Leur présence militaire est une insulte au peuple saoudien.» Pour Oussama Ben Laden, les bases militaires présentes en Arabie Saoudite ne sont pas acceptables. Il souhaite que la présence américaine au Moyen-Orient disparaisse, afin, selon sa rhétorique, de retrouver la «liberté» du peuple musulman. À l’origine ces bases américaines devaient être provisoires, le temps de remporter la guerre contre Saddam Hussein. Lors de la dernière guerre en Irak, l’état-major américain n’a pas fait partir l’offensive américaine d’Arabie Saoudite, Par la suite, le FBI, qui a Ben Laden placé depuis juin 1999 sur sa liste des dix criminels les plus recherchés suite aux attentats des ambassades américaines en Afrique, offrait 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions de dollars en 2007.


Pour rappel, Ben Laden a été accusé des attentats du 11 septembre malgré ses protestations. Le 16 septembre 2001, dans un communiqué diffusé sur la chaîne d’information internationale Al Jazeera et relayé par plusieurs médias occidentaux (Associated Press, 16/09/01; CNN, 17/09/01; Washington Post, 17/09/01), il déclare: «Je voudrais dire au monde que je n’ai pas orchestré les récents attentats [...]». Ce même jour, l’agence Afghan-Islamic Press reçoit également un démenti dans lequel Ben Laden affirme: «Les Etats-Unis pointent le doigt sur nous, mais je déclare catégoriquement que je ne l’ai pas fait.» (Reuters, 16/09/01; Daily Telegraph, 16/09/01; The Independent, 16/09/01; BBC News, 16/09/01; CBS, 16/09/01; Guardian, 17/09/01; Le Monde, 18/09/01). Le 28 septembre 2001, dans une interview donnée au quotidien pakistanais Ummat, Ben Laden explique une nouvelle fois qu’il n’est «pas impliqué dans les attentats du 11 septembre». Il précise: «Les Etats-Unis devraient rechercher les auteurs de ces attentats en son sein» (Ummat, 28/09/01). La soi-disante revendication des attentats par Oussama Ben Laden repose exclusivement sur deux «vidéosconfession » régulièrement présentées comme preuve indiscutable de sa culpabilité alors qu’elles sont en réalité falsifiées ou fortement sujettes à caution.


L’homme aux plusieurs vies
De plus, et selon Alain Chouet, ancien chef du service de sécurité de la Direction générale de la Sécurité extérieure, Al Qaîda n’existe plus depuis 2002. Ce qui n’empêche pas le renseignement américain de placer l’organisation de Ben Laden en tête des menaces auxquelles doit faire face l’Amérique, Alain Chouet intervenait, le 29 janvier 2010, à la Commission des affaires étrangères du Sénat. Ses propos viennent mettre en pièces bon nombre d’idées reçues: «Comme bon nombre de mes collègues professionnels à travers le monde, j’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaîda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora-Bora en 2002.»(2) A l’instar de highlander, le chef d’Al Qaîda a de nombreuses fois été annoncé mort. En janvier 2002, le président du Pakistan, Pervez Musharraf, estimait que l’islamiste serait mort de déficience rénale. En juillet 2002, le chef du FBI, Dale Watson, pensait qu’il n’était «probablement plus de ce monde». En décembre 2002, c’est le chef de la diplomatie pakistanaise, Khurshid Kasuri, qui affirme que Ben Laden avait succombé à la suite d’opérations militaires américaines. Le 23 septembre 2006, le quotidien français L’Est Républicain révèle l’existence d’une note classée «confidentiel-défense» de la Dgse qui indique que les services secrets saoudiens seraient convaincus qu’Oussama Ben Laden serait mort le 23 août 2006 d’une crise de fièvre typhoïde. Le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto, candidate à la présidence du Pakistan, mentionne dans une entrevue avec David Frost sur les ondes d’Al Jazeera English, le nom d’un homme «qui a tué Oussama Ben Laden». Enfin, le 21 décembre 2008, Dick Cheney, vice-président américain sortant, a indiqué ne pas être sûr qu’Oussama Ben Laden soit encore vivant, dans un entretien à la chaîne de télévision américaine Fox News Channel.(1)


Les explications seraient nombreuses. A-t-il terminé sa mission historique à la lumière des révolutions arabes, ou était-il encombrant? Robert Bibeau s’interroge quant à lui sur la légitimité de cet acte. Ecoutonsle:
«De quoi avaient-ils peur? L’empressement marqué des assassins états-uniens à exécuter Ben Laden et à faire disparaître son cadavre laisse perplexe. Un escadron de paras, bardé d’armes sophistiquées, le casque à la Nintendo posé sur le nez, monté à la Zorro sur quelques hélicos, fond sur sa proie un jour de mai. La cible: un retraité, retiré dans sa datcha au nord d’Islamabad la mafieuse, peinard avec sa famille nombreuse, inactif depuis quelques années, regardant à la télé les franchisés légitimés de la soi-disant organisation Al Qaîda, s’exciter à la périphérie des combats que mène la résistance des peuples arabes opprimés, révoltés.


L’exécution extra- judiciaire des «injusticiers» surarmés aura permis de faire taire un témoin gênant, c’est la seule conclusion que l’on puisse tirer de ce coup fourré à l’américaine. (...) Il résistait et il en savait trop pour être rapatrié et interrogé; de toute façon, tout ce qu’il aurait pu révéler, l’état-major américain le savait déjà.


Alors, à quoi bon laisser parler ce ressuscité devant les caméras de la télé, à la face du public hébété; et lui donner l’occasion de raconter les malversations des puissants et les complots des malfaisants? Que nenni, il en savait trop ce «héros!»(...)


Pourquoi a-t-on fait taire Ben Laden maintenant?
Pouvait-il révéler des informations cachées, des complicités, l’origine de ses informateurs, la provenance des armes de son organisation, qui a entraîné ses satrapes (si ce sont bien eux qui ont fait le coup!), qui les a cachés, armés, payés, le nom de ses alliés? Autant de questions que l’on ne pourra jamais lui poser. (...)»(3)


Que peut-on dire de Ben Laden et de son héritage? Il faut comprendre que l’islamisme radical dont il était le porte-drapeau se mourait à la fin des années 1990: Ben Laden fut surtout la caution de tous ces gouvernements qui ont démesurément exagéré la menace terroriste pour faire voter des textes liberticides comme le Patriot Act aux Etats-Unis. Aussi condamnables que soient les actes de terrorisme, la loi du talion n’est pas censée régir les relations internationales...Sommes-nous dans la logique de «oeil pour oeil, dent pour dent»...Est-ce la fin de l’Histoire? pour paraphraser l’idéologue du Pentagone, Francis Fukuyama, ou est-ce un coup d’accélérateur de l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore qui débouchera, à Dieu ne plaise, sur la guerre de tous contre tous et la mondialisation de l’insécurité? Paul Craig Roberts, ancien secrétaire adjoint au Trésor, explique la deuxième mort de Ben Laden par la diversion. Ecoutons-le: «Sans doute le président Obama a désespérément besoin d’une victoire. Il a commis l’erreur de l’imbécile, de redémarrer la guerre en Afghanistan, et maintenant, après dix ans de combat, la Zunie est dans l’impasse, si ce n’est la défaite. Les guerres des régimes Bush et Obama ont mis la Zunie en faillite, laissant dans leur sillage de formidables déficits et la baisse de la roupie. Et le moment de réélection approche. (...) Souvenezvous, dès le début, l’unique raison de l’invasion de l’Afghanistan était d’attraper Ben Laden. Maintenant que le président Obama a dit que Ben Laden a pris une balle dans la tête, il n’y a plus de raison de continuer la guerre.(4) Nous l’espérons.


1.Oussama Ben Laden Encyclopédie Wikipédia
2.http://nemesisnom.info/conspirations/al-qaida-n%E2%80%99existe-plus-selon-la-dgse/
3.Robert Bibeau: www.legrandsoir.info/L-assassinat-extra-judicaire de -Ben Laden.html
4.Paul Craig Roberts: La seconde mort d’Oussama Ben Laden. Alterinfo.net 2 mai 2011

 

Mort de Ben Laden : est-ce la fin de l’histoire ?
Source, journal ou site Internet : L’Expression
Date : 5 mai 2011
Auteur : Pr Chems Eddine Chitour

 

Tel Aviv embarrassé par la mort de Ben Laden


Obama, auréolé de son succès, est en position de force pour exiger de l’Etat hébreu plus de concessions.


Dans la "situation room", le président et son équipe ont suivi le déroulement de l'opération qui a conduit à l'élimination d'Oussama Ben Laden - Crédit : Pete Souza United States Government Work Oussama Ben Laden était l’homme le plus haï des Américains, le mal incarné dans toute sa splendeur. Le traumatisme qu’il a causé a déclenché une guerre en Afghanistan qui est toujours en cours et une autre en Irak qui n’est pas davantage près de se terminer. Il ne fait aucun doute que sa liquidation est un succès pour les Etats-Unis et pour Obama. La liquidation de Ben Laden envoie aux groupes extrémistes qui s’en inspirent un message aussi cinglant que celui généralement délivré par Israël en pareilles circonstances : même si cela doit nous prendre du temps, nous avons le bras long et nous finissons toujours par vous rattraper. Durant les trois premières années du mandat d’Obama, les Etats-Unis avaient perdu beaucoup de leur superbe au Moyen- Orient.

 

Jusqu’ici, Obama n’avait réussi à atteindre aucun des objectifs ambitieux qu’il avait lui-même placés en tête de ses priorités. Pour ses ennemis comme pour ses amis, il passait pour un dirigeant faible et inexpérimenté qui ne savait trop où il menait les Etats-Unis. Ces doutes n’avaient fait que se renforcer ces derniers mois, alors que sa diplomatie multipliait les décisions contradictoires envers les révoltes qui touchent les Etats arabes. La liquidation de Ben Laden lui donne maintenant l’opportunité de restaurer le statut des Etats-Unis et de mettre à profit ce retour à une position de leadership. Encore faut-il qu’il démontre sa capacité à saisir cette opportunité. Dans son discours le 2 mai, Obama a réitéré la distinction entre, d’une part, l’islam violent et extrémiste représenté par Ben Laden et qui doit être combattu par la force, et, d’autre part, l’islam modéré, avec lequel il entend coopérer. Cette distinction, il l’avait déjà soulignée au début de son mandat, lors des discours du Caire et d’Ankara. Jusqu’à présent, cette stratégie n’a pas été payante. Les sondages d’opinion réalisés dans le monde arabe témoignent au contraire d’une large et profonde hostilité envers les Etats-Unis. Il n’est pas sûr que la liquidation de Ben Laden et la distinction d’Obama entre islam extrémiste et islam modéré parviennent à susciter la coopération à laquelle il aspire. Il est même probable que l’hostilité antiaméricaine au Moyen-Orient ira s’aggravant. Obama risque également de croire qu’il est désormais davantage en mesure d’exercer des pressions sur plusieurs acteurs du Moyen-Orient qui, jusqu’à présent, boudaient ou sabordaient les initiatives de Washington. C’est ainsi qu’Obama risque de faire pression pour qu’Israël reprenne les négociations avec les Palestiniens. Lors de son prochain voyage à Washington, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou risque donc fort de se retrouver face à un président américain beaucoup moins accommodant. Bref, la liquidation de Ben Laden risque d’avoir des conséquences cruciales pour le Moyen-Orient et tout particulièrement pour Israël.

 

Source, journal ou site Internet : Yediot Aharonot (Courrier international)
Date : 5 mai 2011
Auteur : Eytan Gilboa

06/01/2011

Les occidentaux désemparés devant les drames chrétiens!

Analyse

Tout appui trop voyant de la part de l'Occident envers les minorités chrétiennes dans les pays arabes risque de se retourner contre elles, relèvent des experts.

 

http://www.aed-france.org/dl/2011/01/img_606x341_egypt-bomb-church-0101.jpg


Les Occidentaux semblent dépourvus de moyens efficaces pour défendre les minorités chrétiennes menacées par el-Qaëda dans le monde musulman. Depuis les massacres à deux mois d'intervalle dans des églises de Bagdad (46 morts le 31 octobre) et d'Alexandrie en Égypte (21 morts le 31 décembre), l'urgence s'est cependant imposée de répondre à une tragédie longtemps minimisée par rapport à d'autres fractures - juivearabe et chiite-sunnite - de la région.Joseph Maïla, directeur de la prospective et spécialiste des religions au ministère français des Affaires étrangères, avait accusé en novembre el-Qaëda de « nettoyage ethnique ».


« C'est la diversité qu'on tue », avait-il aussi dénoncé alors que, selon plusieurs spécialistes, l'hostilité antichrétienne s'étend bien au-delà d'el-Qaëda. Pour les Occidentaux, toute intervention est toutefois délicate.

 

http://www.france24.com/fr/files_fr/imagecache/aef_43_large/article/image/irak-chretiens_0.jpg

 

« Le chemin de sagesse est de faire confiance aux gouvernements locaux. Si les chrétiens bénéficient d'un appui trop voyant, ils seront perçus encore plus comme vecteurs de l'influence étrangère », estime Denis Bauchard, de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Selon Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes, toute critique sur ce sujet d'un gouvernement occidental à l'égard d'un régime ami de la région « rend celui-ci critiquable par ses oppositions et ses extrémismes ». À l'exception de la Jordanie, les réponses des gouvernements, de l'Égypte à l'Algérie et à la Turquie, sont souvent ambiguës, note encore Denis Bauchard. Sous pression d'une opinion de plus en plus tentée par les idées fondamentalistes, les autorités égyptiennes manifestent ainsi des réticences face à la construction d'églises. Des mouvements islamistes comme le Hamas et les Frères musulmans peuvent aussi tenir un double langage, se montrant officiellement solidaires des chrétiens persécutés, mais réceptifs dans le même temps à l'aversion de leur
base.

 

http://img.over-blog.com/500x391/0/56/18/16/JPG4/egypte-2.jpg


À chaque remarque, le pays critiqué répond souvent par une pique contre l'Occident coupable de mal intégrer les musulmans. Après la tuerie de la cathédrale de Bagdad, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait ainsi demandé au pape Benoît XVI qu'« il ne laisse pas l'Orient se vider de ses chrétiens, ni l'Occident se vider de ses musulmans ». En Égypte, le ministre des Affaires étrangères Ahmad Aboul Gheit a déclaré hier que la protection des lieux de culte, « notamment les églises coptes », relève de la « responsabilité
exclusive » du gouvernement et de l'État (égyptiens). « L'objectif d'el-Qaëda et des islamistes radicaux, c'est de provoquer une confrontation entre le monde arabe et l'Occident », a estimé cette semaine Michèle Alliot-Marie, la ministre française des Affaires étrangères. Dans une lettre à la Haute représentante de l'Union européenne, Catherine Ashton, elle a demandé une action concertée des 27. Elle suggère un soutien à la région autonome kurde du nord de l'Irak qui a accueilli 20 000 chrétiens irakiens depuis 2003. Les Occidentaux veulent surtout éviter un exode des 20 millions de chrétiens d'Orient, que redoutent les chefs de ces Églises et les dirigeants modérés de la région. Après l'attentat de Bagdad, la France avait recueilli des blessés et leurs proches. Michèle Alliot-Marie, sans fermer la porte, affirme que la logique voudrait qu'ils retournent dans leur pays. Pour ne pas faire gagner el-Qaëda. Alors que ces minorités sont assimilées aux « croisés », surtout depuis l'intervention américaine de 2003 en Irak, leur rôle modérateur, par exemple dans le foyer de crise Israël-Palestine-Liban, est apprécié des Occidentaux. Souvent culturellement modernes, influentes économiquement et jalousées, à l'instar des coptes en Égypte, elles ont été parfois dominantes comme au Liban. Elles ont en outre été choyées par les nationalismes arabes laïcs, avant que la montée d'un « islam politique » influencé par le rigorisme wahhabite ne rogne leurs droits, explique Denis Bauchard.

 

Les occidentaux impuissants à défendre les chrétiens d’Orient
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 6 janvier 2011

03/11/2010

« Le Yémen ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan »

Quand le général David Richards affirme, catégorique :

 

« Le Yémen ne doit pas devenir un nouvel Afghanistan »,

 

http://www.manumilitari.org/wp-content/uploads/2010/06/y%C3%A9men2.jpg

 

il faut comprendre ce que parler veut dire. La dernière chose que voudrait le chef d'état-major britannique, c'est de voir les montagnes de l'Arabia Felix des Romains prendre la relève de l'Hindu Kuch où iraient se fourvoyer demain les Tommies et les GI. Voilà pourquoi, tient-il à préciser, « je ne pense pas qu'on veuille ouvrir un nouveau front là-bas. » On vous croit, mon général, on vous croit ; d'autant plus volontiers que, pas plus que vous, le grand frère yankee ne cherche à s'enliser dans cette lointaine contrée devenue le nouveau berceau d'el-Qaëda. Dans sa conférence de presse de samedi, le président Ali Abdallah Saleh a été on ne peut plus clair : « Nous ne permettrons pas à des troupes étrangères, a-t-il souligné, de lancer des opérations contre-terroristes sur le sol national. Nous mènerons notre propre guerre suivant nos potentialités. » Le beau mouvement de menton que celui-là ! Malheureusement, ils ne sont pas nombreux ceux qui jugent possible, en tout cas gagnable, un tel combat et il faudra bien se résoudre, nolens volens, à faire appel à une aide, d'où qu'elle puisse venir, en supposant que d'ici là, le pouvoir aura réussi - hypothèse plutôt improblable - à se maintenir en place. Sanaa avait fort à faire jusque-là avec une insurrection dans ses régions nord et un mouvement sécessionniste au sud. Si, en plus, il lui faut mener une guerre en bonne et due forme contre l'organisation islamiste numéro un, il y a fort à parier qu'il sera bien vite débordé, quelle que soit la position qu'adopteront les tribus encore fidèles. Les experts sont formels sur un point : oubliez Oussama Ben Laden,et même que sa famille est originaire du pays. L'étoile qui monte dans le firmament terroriste a pour nom Anouar el-Awlaki, « l'idéologue le plus dangereux du monde », selon des sources concordantes. L'homme serait lié à trois des auteurs des attentats du 11 septembre, à la tuerie de Ford Hood, au ratage à bord du vol Amsterdam-Detroit des Northwest Airlines, et à la découverte in extremis d'une bombe à Times Square, au soir du réveillon de Noël passé. C'est encore lui qui aurait monté les deux tentatives du week-end dernier, quand deux colis piégés ont été saisis à l'intérieur d'envois via l'un UPS, l'autre FedEx, visant des lieux de culte juifs à Chicago. Le plus inquiétant aux yeux des enquêteurs et des spécialistes de la Central Intelligence Agency, c'est que les deux dispositifs n'étaient nullement de fabrication artisanale. Les systèmes utilisés étaient hautement sophistiqués et l'une des bombes avait été cachée dans une imprimante d'ordinateur, la commande devant être déclenchée à partir d'un téléphone portable. Plus grave : leur découverte n'est pas due à un contrôle de sécurité, mais à des renseignements obtenus auprès des services compétents d'Arabie saoudite, des Émirats arabe unis et de Grande-Bretagne.

 

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Depuis deux ans, les mises en garde se sont multipliées partout dans le monde contre le risque de voir le Yémen devenir un sanctuaire d'el-Qaëda, la plus notable venant du directeur de la CIA, Leon Panetta. C'est chose faite désormais. D'exportateur de terrorisme, la fragile république est devenue la destination privilégiée des apprentis émules de Omar Farouk Abdel Mouttaleb. En janvier 2009, un ex-lieutenant de Ben Laden, Nasser Abdel Karim el-Wouhaychi, proclamait la naissance d'une nouvelle formation, la Qaëda de l'organisation du jihad dans la péninsule Arabique. Ses principaux faits d'armes, depuis : la tentative d'assassinat, en août 2009, de l'émir Nayef Ben Abdel Aziz, ministre saoudien de l'Intérieur, le détournement manqué du vol 253, les attentats (manqués, eux aussi ) contre l'ambassadeur britannique à Sanaa, Tim Torlot, puis contre Fiona Gibb, numéro 2 de la chancellerie. Ces temps-ci, indiquent divers rapports diplomatiques concordants, on se bouscule dans les camps d'entraînement yéménites. Les recrues viennent d'Europe, des USA mais aussi d'Afrique et de divers États membres de la Ligue arabe. Si au soir de la journée d'aujourd'hui mardi les républicains remportaient la bataille des midterms puis dans deux ans celle de la présidentielle, il leur faudrait élargir leur notion de l'« Axis of Evil » pour y inclure le Yémen. À moins qu'entre-temps, sécessionnistes nordistes et tribus chiites sudistes ne réussissent à éclipser leurs concurrents terroristes.

 

http://www.islamenfrance.fr/site/wp-content/uploads/2010/08/yemen-deux-musulmans-francais-en-prison.jpg

 

Il restera que, dans une société, l'une des plus pauvres du globe, où 40 pour cent de la population vit avec moins de deux dollars par jour, où le chômage est le plus élevé du Proche-Orient et le taux d'alphabétisation le plus faible, où le qât tient lieu de principal coupe-faim, il sera toujours difficile de résister à la tentation de recourir à la violence. Avec la désolante perspective d'une Amérique incapable de se lancer dans une nouvelle aventure guerrière qu'elle serait certaine, là encore, de perdre.

12:05 Écrit par HUMANITAS dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : yémen, afghanistan, guerre, usa, al qaeda | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/10/2010

AL-QAIDA et alors....?

Depuis le début de l'année, de nombreux experts en terrorisme estimaient qu'Al-Qaida est sur le déclin, voire n'existe plus (certains adeptes du « conspirationisme » allant jusqu'à prétendre que cette organisation a été inventée de toutes pièces par Washington). Les faits survenus en ce début d'automne semblent les contredire. Al-Qaida a certes considérablement évolué comme elle l'a toujours fait depuis sa création, mais l'organisation mise sur pied par Oussama Ben Laden est toujours présente comme le disait le regretté Robert Lamoureux dans son sketch « le canard est toujours vivant ».

 

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Oussama Ben Laden à la manœuvre

Tout d'abord, son chef historique, Oussama Ben Laden, semble être « toujours vivant » si l'on en croit les deux enregistrements qui viennent d'être publiés à 24 heures d'intervalle par des sites islamiques les 1er et 2 octobre. Non seulement, il appelle le monde musulman à porter secours au Pakistan suite aux effroyables inondations de cet été, soulignant au passage que le pétrole de la péninsule arabique appartient à tous les musulmans, mais il verse également dans le très médiatique combat des écologistes repris par l'ensemble des hommes politiques du monde occidental : la protection de l'environnement.


En dehors de ces deux préoccupations qui ont un but essentiellement de propagande, ce qui démontre d'ailleurs chez lui une analyse fine de la situation de l'opinion internationale, il aurait personnellement inspiré le complot, théoriquement déjoué, qui visait à déclencher des opérations terroristes d'envergue en Europe occidentale et vraisemblablement aux Etats-Unis. Le modèle de l'attaque de Bombay de novembre 2008 (173 morts et 308 blessés) semble lui avoir bien plu. En effet, neuf hommes lourdement armés et bien entraînés avaient alors provoqué des évènements sanglants qui ont défrayé la chronique mondiale en tournant en boucle sur les télévisions internationales. La perspective d'envoyer des jihadistes préalablement formés dans les zones tribales pakistanaises, attaquer plusieurs grandes villes européennes (on peut un peu plus douter de la faisabilité de telles actions aux Etats-Unis étant donné les mesures de sécurité draconiennes qui y sont en vigueur) aurait eu son assentiment. Une partie des activistes détectés par les services de renseignement occidentaux seraient des combattants internationalistes britanniques et allemands. L'affaire aurait été révélée par des interceptions de conversations téléphoniques passées depuis le Pakistan vers l'Europe, ce qui tend à prouver que le réseau Echelon fonctionne encore très bien. A savoir, ces activistes tentaient de préparer des infrastructures d'accueil et de soutien aux commandos qui auraient rejoint l'Europe. Ces renseignements auraient été recoupés par les aveux d'au moins un activiste fait prisonnier en Afghanistan. A noter qu'Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) ne serait pas partie prenante de cette opération. En effet, la filière serait essentiellement pakistanaise. Elle serait conduite par le nouveau chef opérationnel d'Al-Qaida : Ilyas Kashmiri qui a déjà organisé l'attaque de Bombay en 2008.

Le cas d'Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI)

Il semble qu'AQMI n'a pas aujourd'hui les moyens nécessaires pour déclencher des actions coordonnées de type « commando » sur le sol européen en général et français en particulier.

 

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Il n'en reste pas moins que ce mouvement affilié à Al-Qaida défraye la chronique. Sa composante sahélienne multiplie les enlèvements dans sa zone d'influence, obligeant la majorité des expatriés à rentrer au pays et interdit la région aux touristes, ce qui constitue un manque à gagner immense pour les sociétés travaillant dans ce secteur au Sahara et une perte de crédibilité générale de l'Occident auprès des populations locales. Plus généralement, AQMI est en train de créer un vent de panique au sein du monde politique français confronté à une menace d'attentats dans les lieux publics hexagonaux. En effet, AQMI peut très bien se livrer à des attentats du type de ceux qui sont survenus en 1995, le procédé étant plus simple à réaliser que celui des opérations « commando ».


L'effet recherché par tout terroriste (terroriser) est parfaitement rempli par la direction d'AQMI basée à l'est d'Alger : créer un sentiment de peur qui ravit les activistes en herbe implantés en France. Cela donne déjà des idées à de mauvais plaisants qui déclenchent des alertes qui obligent à évacuer la tour Eiffel par deux fois, la gare Saint Lazare et le RER Saint Michel une fois et un centre de tri dont le personnel est mis en quarantaine après réception d'un colis contenant une poudre suspecte.


Plus inquiétant encore, cela pourrait également influencer des individus ou des groupuscules isolés qui voudraient profiter de cette période particulièrement sensible pour faire parler d'eux. Les fondamentalistes musulmans sont immédiatement pointés du doigt mais ils ne sont pas les seuls à souhaiter passer à l'action. En effet, les libertaires-anarchistes encouragés par la crise économique qui perdure en créant un immense sentiment de frustration au sein des populations, semblent vouloir profiter de l'occasion qui leur est offerte.

La situation sécuritaire mondiale se dégrade peu à peu.

Si l'on fait un rapide tour du monde, il est aisé de s'apercevoir qu'Al-Qaida, ses mouvements affiliés ou alliés et des groupuscules ou des individus isolés qui se réclament de son idéologie sont passés à la vitesse supérieure.


Sans entrer dans les détails, force est de constater que le gouvernement intérimaire de transition somalien ne contrôle plus qu'une partie de la capitale, et encore grâce aux forces de l'AMISOM (mission africaine de maintien de la paix en Somalie). Les fondamentalistes somaliens sont également en train d'étendre leurs actions à l'étranger, pour le moment aux pays proches mais peut-être demain à des contrées plus lointaines. Les actes de piraterie et de terrorisme maritime devraient s'accroître dans les semaines ou les mois à venir car les milices Al-Shabab liées à Al-Qaida, au moins sur le plan idéologique, ne s'interdisent plus ces activités jugées auparavant comme « criminelles ». La seule différence réside dans le fait que leurs responsables ont déclaré ne pas vouloir s'en prendre aux bâtiments de pays musulmans.


Cela risque d'être aussi le cas au Yémen où le gouvernement est engagé sur deux fronts : au Nord face aux tribus du clan Al Houthi plus ou moins appuyées par Téhéran, au Sud et à l'Est face à Al-Qaida dans la Péninsule Arabique (AQPA) qui profite des volontés sécessionnistes très présentes dans la région en raison de la situation de misère qui y prévaut.


Le théâtre Afpak reste toujours aussi préoccupant avec, en plus, les débordement qui ont eu lieu en Asie centrale ces derniers temps, notamment au Tadjikistan. Certes, les rebelles afghans sont essentiellement des taliban et des chefs de guerre (Haqqani et Hekmatyar), mais ces derniers ont incorporé dans leurs rangs quelques dizaines de combattants internationalistes d'Al-Qaida reconnus pour leur professionnalisme.


La même situation prévaut au Pakistan où les lignes d'approvisionnement de l'OTAN sont de plus en plus menacées par les taliban pakistanais appuyés par des activistes d'Al-Qaida, notamment originaires d'Asie centrale.


Si les forces coalisées se retirent d'Afghanistan comme cela semble être désormais inéluctable, il est probable que la guerre civile donnera l'avantage aux taliban et que le feu se propagera progressivement à différents pays d'Asie centrale obligeant Moscou à passer en première ligne. La Russie est déjà empêtrée dans le Caucase, la révolte tchétchène ayant largement débordé sur les pays voisins. Moscou craint également une vague d'attentats terroristes qui pourraient affecter les grandes villes du pays.

 

 

http://www.lefigaro.fr/assets/images/alqaida_monde.jpg

 

 

Pour un mouvement moribond, Al-Qaida, tel le Phoenix, paraît bien renaître de ses cendres. Certes l'établissement du califat mondial souhaité par Oussama Ben Laden semble être aujourd'hui très loin voire utopique. Par contre, en ce qui concerne la propagation de la terreur, cela parait être en bonne voie. A titre d'exemple, même la Suède, pays pacifique et peu concerné apparemment, vient de relever son niveau d'alerte passant d'un coup de « faible » à « élevé ».


La crise économique mondiale qui perdure fragilise considérablement les Etats développés et met en péril certains gouvernements de pays pauvres. Cela constitue un terreau sur lequel les révolutionnaires en général, et les fondamentalistes musulmans en particulier peuvent s'appuyer. Ainsi, jamais les Touaregs n'auraient rejoint AQMI si leur situation s'était améliorée. En fait, Al-Qaida est dans une phase d'offensive et les « pays cible » sont sur la défensive. Même sans vouloir trop dramatiser, le chaos ne semble aujourd'hui pas être bien loin.


 


Alain Rodier

10-10-2010
source CF2R

23:56 Écrit par HUMANITAS dans Parlons vrai et sans détours | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : al qaeda, terrorisme, ben laden, aqmi, maghreb, islamisme, intégrisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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