Avertir le modérateur

07/09/2011

Jeunesse: Révolution légale ou révolution.....?

La Grande-Bretagne a été touchée au début du mois par des émeutes violentes. Alors que le gouvernement voit dans ces troubles des actes criminels, les experts tentent de montrer les causes profondes de ce malaise social, mettant en garde contre une contagion à l’échelle mondial.

 

http://liberal94.hautetfort.com/images/medium_revolution_legale_privileges.jpghttp://www.fleuruseditions.com/revolution-francaise-1019-450-450.jpg

 

Un commissariat de police éventré, un bus impérial réduit à une carcasse fumante, des magasins d’électronique et de sport saccagés, des bâtiments rasés par les flammes... La Grande-Bretagne a été au début du mois le théâtre d’émeutes, ressemblant, dans certains quartiers, à un champ de bataille. Ces affrontements, parmi les plus violents depuis des années dans la capitale britannique, ont été déclenchés par la mort de Mark Duggan, un père de famille de 29 ans, tué par la police dans l’arrondissement multiethnique de Tottenham, à Londres. Les images « écoeurantes » de jeunes encagoulés détruisant des vitrines de magasin avant de repartir avec des écrans plats ou des paires de baskets montrent qu’une partie de la société est « malade », a estimé le Premier ministre britannique David Cameron. Mais il a refusé d’établir un lien entre les émeutes et le dénuement social des Britanniques, ou de voir dans ce déchaînement de violences l’expression d’une révolte politique. Il ne s’agit « pas de politique ni de manifestation, mais de vol », a-t-il tempêté. Une opinion partagée par 42 % des Britanniques, selon un sondage.

 

Toutefois, l’opposition refuse de s’en tenir à des explications simplistes. « Je pense qu’il s’agit de comportements criminels et il n’y a aucune excuse (...).
Mais je sais qu’il faut aller plus loin », a déclaré le leader de l’opposition Ed Miliband. L’opposition a par exemple mis en cause le gouvernement de David Cameron pour son programme de sévères coupes budgétaires dans les dépenses publiques qui auraient alimenté le ressentiment de populations déjà marginalisées. Il ressort d’un sondage que 50 % des personnes interrogées estiment que la moitié de ces coupes budgétaires a bien contribué au déclenchement des émeutes. « Il y a évidemment une dimension criminelle dans ces émeutes, c’est la dimension finale, mais elles révèlent avant tout des logiques sociales, le sentiment d’être exclu et d’être à la marge du système de consommation », explique el-Yamine Soum, sociologue et chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales. « Il est évident que le bris de vitrines, l’effraction dans des lieux privés, le vol d’objets à l’intérieur de magasins constituent des faits réprimés par le code pénal, en Grande-Bretagne comme ailleurs. Mais je crois que ceci ne change en rien les causes qui me semblent être d’une autre nature », souligne de son côté Michel Fize, sociologue au CNRS et auteur du livre Les bandes. De “l’entre soi adolescent” à “l’autre-ennemi”. En accompagnant leur mouvement de colère d’un certain nombre d’actions parallèles, « les protestataires ont en fait oublié la nature profonde d’une révolte, qui est une forme de soulèvement populaire, à dominante juvénile ». M. Fize rappelle que la plupart de ces protestataires appartiennent plutôt à la catégorie des moins de 25 ou des moins de 30 ans. « Ils sont majoritairement de condition populaire, et un certain nombred’entre d’eux sont d’origine immigrée. Néanmoins, pour confirmer le caractère juvénile du soulèvement, les procès qui ont lieu actuellement montrent bien qu’on est loin du cliché d’émeute raciale, selon les termes anglais, puisqu’il semblerait même que la majorité des accusés sont des Blancs et non des Noirs. Ce sont des jeunes en grande difficulté économique, soit au chômage, soit à petits revenus », estime M. Fize. Une explication reprise par el- Yamine Soum, qui ajoute qu’en plus des jeunes, il y a également des personnes insérées économiquement, « ce qu’on appelle les “working poor”, ceux qui travaillent mais qui n’arrivent pas forcément à finir leur fin de mois. Paradoxalement, le rôle des gangs a été évoqué mais « il semblerait qu’ils étaient en retrait par rapport aux émeutes, craignant d’être pris la main dans le sac. C’est quand même un phénomène beaucoup plus spontané que ce que pourraient être par exemple des bandes organisées telles que des mafias ou des gangs », indique M. Soum.

 

http://www.tounsi4ever.org/revolution-en-image/revolution-tunisien-1.jpghttp://www.lecourrierderussie.com/wp-content/uploads/2011/02/5-lecons_184-1024x779.jpg


Les motivations
Ces jeunes sont donc dans des situations scolaires et professionnelles difficiles. Pour Michel Fize, il y a trois motivations derrière ces émeutes. Tout d’abord, « une dimension conjoncturelle, qui renvoie à l’élément déclencheur de ces événements », est à prendre en compte (en l’occurrence ce jeune père de famille de 29 ans, interpellé et tué dans des circonstances suffisamment obscures). » Le détonateur, comme pour les émeutes françaises de 2005, est toujours le même, c’est un incident avéré ou pas avec la police. La première motivation de ces jeunes a été de vouloir en découdre avec la police et d’établir un rapport de force contre elle, étant – beaucoup de jeunes l’ont dit – humiliés au quotidien, harcelés, interpellés et victimes d’actes racistes. Donc pour le coup, c’est une vengeance collective, évidemment rendue possible par le nombre », explique M. Fize. Deuxièmement, en s’attaquant aux forces de l’ordre, c’est en fait l’État qui est indirectement attaqué. « Derrière ces événements, il y a en outre la dénonciation de la classe politique, incapable de résoudre les problèmes de ces jeunes. Avec tout le discours habituel d’une classe politique loin des réalités sociales, corrompue, dont les liens avec l’argent sont décidément trop étroits, etc. », indique M. Fize Enfin, « c’est une révolte de la colère, de jeunes frustrés d’être sans emploi ou d’être là avec de petits emplois et de petits revenus ne pouvant pas acheter ce que toute cette société d’hyperconsommation offre quotidiennement. Et là il y a un discours, qui est presque même très marxiste, d’un certain nombre de ces jeunes. « En volant, on récupère ces marchandises que finalement les patrons nous volent », poursuit l’expert.


Un message avant tout politique
Ces jeunes apparaissent finalement un peu comme « les porte-parole de toutes ces personnes qui souffrent, quel que soit leur âge, de toutes ces familles qui sont en difficulté. Ces jeunes, malgré eux peut-être, forment une sorte d’avant-garde de la protestation sociale », souligne M. Fize. Certains disent que cette situation ne se prête pas à « parler de soulèvement populaire parce qu’il n’y a pas une conscience politique ». « Il est vrai qu’on n’est pas dans la conscience d’une classe ouvrière meurtrie, comme on l’aurait dit autrefois, mais il y a bien une conscience, au moins pour une partie de ces jeunes (ceux qui sont d’origine immigrée), d’une humiliation raciale au quotidien. La conscience de cette catégorie de personnes qui est soumise à un mauvais traitement de la part de cette société existe donc. Et au-delà, il y a bien la conscience de ce qu’on appelle la jeunesse, principalement des milieux populaires, mais pas exclusivement, qu’il y a bien une situation d’une gravité qui peut justifier que pour se faire entendre, on a besoin de recourir à la violence », insiste le sociologue du CNRS.

 

http://www.lemalpensant.fr/wp-content/uploads/2011/02/Iran-Twitter-Revolution.jpg


Quelle serait la solution ?
Face à ces violences, David Cameron a promis de tout mettre en oeuvre pour ramener l’ordre dans les rues. Il avait notamment annoncé des renforts policiers, portant les effectifs policiers de Londres de 6 000 à 16 000 hommes. Il a en outre demandé une justice rapide pour les personnes arrêtées. Cette réponse policière est légitime du point de vue d’un « État qui doit avoir le monopole de la violence », pour reprendre la définition de Max Weber, indique M. Soum. Toutefois, mobiliser la police avec des méthodes proches de l’armée, des hélicoptères et de grands moyens n’est pas la meilleure solution. Du point de vue de l’État, le mieux c’est d’avoir des unités mobiles, capables de répondre au terrain. Michel Fiz estime de son côté que « la position de M. Cameron – comme celle de Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l’Intérieur en 2005 – est d’abord de la communication politique. Il s’agit de ramener l’ordre à la fois en faisant peur et en rassurant l’opinion publique, mais cette politique réussit à rétablir l’ordre provisoirement ». « Il faut une réponse de compréhension pour savoir pourquoi les Britanniques ont dû faire face à ces émeutes et ensuite s’interroger s’il n’y a pas de conséquences liées aux coupes budgétaires sur tout l’aspect social de l’État anglais, qui touche en premier lieu les classes les plus pauvres », indique de son côté M. Soum. Michel Fize suggère quant à lui qu’il serait sage que le gouvernement britannique ouvre une procédure de médiation avec ces jeunes, « cela serait une manière de reconnaître la gravité de leur situation parce que là, on les stigmatise un peu plus, en feignant d’oublier qu’ils ont quand même de bonnes raisons d’être en colère. Il faudrait mettre autour d’une table le gouvernement, la jeunesse, désigner un médiateur (une personne neutre) qui essaierait d’aider les deux parties en conflit à trouver des solutions à leurs problèmes ».


Par ailleurs, « il faudrait mettre en place de grands programmes nationaux (et cela vaut pour
tous les gouvernements du monde) d’insertion économique des jeunes. On a pu dire ici ou là que tout ceci est un problème d’éducation, mais je n’en suis pas certain. On a des systèmes qui fonctionnent pas si mal que ça, mais qui sont complètement décrochés du monde de l’entreprise. Les jeunes, quand ils ont fait des études, ont besoin d’être employés.

 

Le fait est que si on n’arrive pas à résoudre les problèmes d’autonomie de ces jeunes, les raisons qui ont provoqué les colères n’étant pas changées, les événements du début de mois se reproduiront », met en garde Michel Fize.

 

http://www.jeuneafrique.com/photos/021012011090131000000algerie.jpg


La ville, un espace de conflits au XXIe siècle
Prévisibles, les derniers événements se reproduiront. « C’est un phénomène classique qui touche et qui touchera de plus en plus les grandes villes parce que ce sont des espaces de ségrégation entre des quartiers riches et des quartiers pauvres. On pouvait s’y attendre d’autant plus que la configuration de Londres est un entrelacement entre les quartiers riches et les quartiers pauvres. La ville sera un espace de conflits au XXIe siècle, ce qu’on observe déjà dans des pays d’Amérique centrale ou d’Amérique du Sud, avec des phénomènes parfois qu’on qualifie de guérilla urbaine », souligne el-Yamine Soum. Une déclaration confirmée par Michel Fize pour qui ce type de violence est tout sauf imprévisible. « La seule inconnue, c’est évidemment la date précise, néanmoins on est presque certain que si les conditions de vie de ces jeunes ne changent pas, au moindre autre détonateur on aura effectivement la même réaction. Cela vaut aussi pour les banlieues françaises. Depuis 2005, rien n’a véritablement changé dans la vie de ces jeunes. On a amélioré un petit peu l’habitat, on a injecté un petit peu d’argent dans ces communes en difficulté, mais pas suffisamment pour résoudre vraiment un problème qui reste d’une très grande gravité. Oui, des émeutes en France peuvent se reproduire s’il y a un incident grave, notamment avec les forces de police. »


Et cela peut se produire un petit peu partout. M. Fize rappelle qu’il y a aujourd’hui un mouvement des indignés en Israël, qu’au Chili des jeunes protestent et revendiquent une éducation gratuite. « On s’aperçoit qu’il y a bien une révolte mondiale de la jeunesse parce que les jeunes où qu’ils se trouvent rencontrent à peu près toujours les mêmes difficultés (soit la difficulté d’accéder à l’éducation, soit, pour la quasi-totalité des jeunes dans le monde, des difficultés pour trouver un travail et donc du chômage massif). Là où c’est particulièrement problématique, c’est que cela concerne aujourd’hui de plus en plus les diplômés. Il n’y a plus que les jeunes non qualifiés qui sont au chômage, mais également des diplômés, voire même des surdiplômés, qui le sont également. Il y a donc actuellement, dans le monde, un problème de la jeunesse », conclut Michel Fize.

 

Vers une révolte mondiale de la jeunesse ?
Source, journal ou site Internet : L’Orient le Jour
Date : 22 août 2011
Auteur : Karine Jammal

12:34 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violence, grande-bretagne, uk, révolution, cités, urbanisme, chômage, éducation, pauvreté | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/06/2011

Malika Sorel: La non application du modèle français d'intégration!

Risque de dislocation accrue de la nation
En avril 2008, un comité de réflexion présidé par Simone Veil était chargé par le Président de la République de réfléchir à la possibilité d’inscrire la diversité dans le préambule de la Constitution. Dans ses conclusions (1), le comité refusa que le coup de grâce fût donné à l’indivisibilité du peuple français, évoquant l’existence d’un « risque de dislocation accrue de la nation ». Renvoyer par le biais de la « diversité » les individus vers leurs groupes d’origine est tout sauf anodin. L’idéologie de la diversité déclenche une implacable mécanique qui pousse les personnes à accorder la primauté à l’idéal de société du groupe communautaire auquel elles s’identifient, sur l’idéal de société de la communauté nationale, ce qui finit par conduire à la prééminence de rapports relationnels entre groupes ethnoculturels au détriment de relations entre individus. Ces groupes sont alors enclins à se compter pour jauger leur poids politique, puis à se dresser les uns contre les autres pour la défense de leurs intérêts propres, fût-ce au détriment de l’intérêt général. Les statistiques ethniques, parfois rebaptisées « statistiques par nationalité d’origine », accélèrent la cristallisation des groupes sur une base ethnoculturelle. Si elles devaient un jour se voir institutionnalisées, elles feraient courir un risque certain à notre cohésion nationale.

 

 

photo

 

Conséquences de la réticence à faire respecter la République
Les réticences de l’État à faire respecter les principes républicains ne pouvaient que faire croître, sur le terrain, la pression que les familles de l’immigration subissent au quotidien de la part de leurs groupes culturels, pression d’autant plus forte que le groupe est réticent à concéder à ses membres une quelconque liberté individuelle. Quand l’État renonce à faire respecter la République, les familles de l’immigration se retrouvent contraintes de la sacrifier à leur tour. Quel intérêt un groupe qui peut espérer tirer bénéfice de sa taille aurait-il à laisser ses membres présumés s’émanciper de sa tutelle ? La stabilité d’un groupe est garantie par l’obtention d’une adhésion de plus en plus étroite de ses membres aux principes et valeurs qui l’identifient, ce qui se traduit par une homogénéisation des comportements en son sein.


L’importance des flux migratoires a de surcroît conduit au développement de diasporas, qui
dupliquent les cultures d’origine sur la terre d’accueil. La dégradation continue de l’intégration – qui s’est traduite par un accroissement des remises en cause des règles du bien vivre ensemble, y compris à l’école - en est une conséquence directe. L’immigration nuit très fortement à l’intégration, et même à la simple insertion. Rappelons ici que l’intégration à la communauté nationale est un processus individuel qui se joue entièrement sur le registre moral et affectif et qui aboutit, lorsqu’il réussit, à l’assimilation qui se traduit par la volonté de transmettre, à ses propres descendants, les fondamentaux qui composent le noyau identitaire du peuple d’accueil. L’insertion n’est, quant à elle, que le simple respect des normes collectives de la société dans laquelle on évolue, même si on ne les partage pas. Si l’insertion doit être imposée, l’intégration ne saurait l’être, et ne peut l’être de toute façon. Par contre, il est possible de créer les conditions qui la favorisent. Dans son rapport, la commission Bentolila (2) avait longuement évoqué l’existence, pour les enfants de l’immigration extraeuropéenne, d’un problème de compatibilité culturelle entre l’école de la République et la maison. Le propos n’est ni de classer ni de hiérarchiser, mais de tirer enseignement d’un simple constat : la culture de l’école de la République ne se voit pas toujours reconnaître une quelconque valeur par les porteurs de cultures très distantes de celle des Français. Bien que les Français qualifient leurs idéaux d’universels, ils ne le sont pas, et ne figurent pas nécessairement au rang des aspirations d’autres communautés culturelles.

 

http://puzzledelintegration.blogspirit.com/images/Puzzle.jpg

 

L’éducation-instruction, domaine régalien
La mise en accusation de l’école et de son corps enseignant a largement contribué à ouvrir la voie de la contestation, non seulement de l’autorité de l’école et des enseignants, mais aussi du contenu des savoirs, par un bon nombre sans cesse croissant d’élèves qui sont le siège de tensions identitaires. Les difficultés scolaires de nombre de ces élèves sont directement liées à leur crispation vis-à-vis de la culture de l’école ainsi qu’à leur désormais peu d’appétence pour la pratique de la langue française. C’est à l’école maternelle, puis dans les premières classes du primaire, qu’il convient de se mobiliser sur le devenir de ces élèves, et non à l’entrée au collège où il est souvent trop tard. L’école doit être déclarée priorité nationale et être à ce titre érigée en domaine régalien. Le regard porté par une partie des élites sur les enfants de l’immigration a également joué un rôle dévastateur. Ce regard a participé à dégrader l’image des populations de l’immigration du Sud en propageant l’idée, au fondement raciste, selon laquelle leurs enfants ne seraient pas aptes à réussir selon les mêmes exigences de savoirs et de comportements que les autres enfants, et que pour eux il était nécessaire d’adapter le niveau de ces exigences.


Penser aux générations futures
Une myriade de facteurs aura concouru à accroître cons idérablement les aléas des processus d’insertion, puis d’intégration. Outre l’instrumentalisation qui a rendu l’exercice de l’esprit critique quasi impossible, outre l’importance de la distance culturelle que les migrants doivent réussir à franchir, citons, entre autres, l’évolution des moyens de télécommunications et des facilités de transport, qui permettent le maintien du lien ombilical avec la société d’origine et perturbent les enfants dans leur construction ; les politiques de diversité, qui rendent plus attrayante la revendication d’appartenance à une communauté étrangère plutôt qu’à la communauté nationale française ; la propagande de la victimisation, qui a participé à déresponsabiliser les migrants et leurs descendants et qui a, comble de l’inconscience, fait naître puis croître un ressentiment envers la France et les Français - lequel engendre de la souffrance, mais aussi des actes de violences contre notre société ; l’entretien, au sein de la société française, d’une propagande multiculturaliste qui contraint le peuple français à taire sa propre culture et encourage les migrants à exprimer la leur, et même parfois à l’imposer, jusqu’à l’intérieur des établissements scolaires, entravant ainsi le travail des enseignants ; l’illusion de l’ascenseur social, quand la réussite est en réalité le résultat d’une mobilisation de longue haleine de la famille et de l’élève – comment réussir, lorsque les véritables codes de la réussite scolaire puis sociale ne vous sont pas transmis ?

 

Tout cela et bien d’autres facteurs ont placé l’école dans l’impossibilité d’assumer pleinement sa mission intégratrice auprès des enfants de l’immigration. Or, l’école constitue souvent pour ces enfants l’unique lieu d’acquisition des codes sociaux et culturels qui leur permettraient de se construire pour être reconnus et acceptés par notre société. Le modèle d’intégration français n’a pas échoué ; seulement, il n’a guère été mis en oeuvre pour les vagues d’immigration du Sud. Dans le sujet qui nous concerne ici, la question socio-économique est mineure, et non majeure. La gloutonne rénovation urbaine ne produira jamais les résultats espérés, car elle est tout simplement hors sujet. Ces approches politiques « écume des vagues » créent un rideau de fumée qui empêche que ce sujet capital pour notre avenir collectif ne soit abordé en profondeur. Le langage de vérité doit être tenu sur l’immigration-intégration. Traiter, tant qu’il est encore temps, cette problématique dans toutes ses dimensions est le meilleur cadeau que l’on puisse offrir aux générations futures.


(1) « Redécouvrir le préambule de la Constitution », rapport au Président de la
République, La Documentation française, 2008.
(2) « La maternelle au front des inégalités linguistiques et sociales », rapport au ministre
de l’Éducation nationale Xavier Darcos, décembre 2007.

 

Le modèle français d’intégration n’a pas échoué, il n’a guère été appliqué
Source, journal ou site Internet : La revue parlementaire
Date : 12 juin 2011
Auteur : Malika Sorel, membre du haut conseil à l’intégration

31/05/2011

Langues régionales et constitution !

Le Conseil constitutionnel, saisi le 21 mars 2011 par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalité portant sur la conformité des dispositions de l'article L. 312-10 du Code de l'éducation, a déclaré cet article conforme à la Constitution et a aussi précisé la portée de l’article 75-1 de la Constitution (1). L’article du Code de l’éducation en cause prévoit qu’«un enseignement de langues et cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité selon des modalités définies par voie de convention entre l'État et les collectivités territoriales où ces langues sont en usage» et que «le Conseil supérieur de l'éducation est consulté, conformément aux attributions qui lui sont conférées par l'article L. 231-1, sur les moyens de favoriser l'étude des langues et cultures régionales dans les régions où ces langues sont en usage». Les requérantes considéraient que ces dispositions ne garantissent pas une protection efficace et effective de l'enseignement des langues régionales et qu’elles méconnaîtraient l'article 75-1 de la Constitution qui énonce «les langues régionales appartiennent au patrimoine de laFrance».

 

http://patois.vivant.free.fr/images/Languesregionales.jpg

 

Selon le commentaire du Conseil constitutionnel, en adoptant ce principe en 2008 (article 40 de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 portant modernisation des institutions de la Ve République), le constituant a manifesté qu’il n’entendait pas créer un droit ou une liberté opposable dans le chef des particuliers ou des collectivités territoriales.

 

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/images/france-langues.gif

 

Le commentaire souligne que «le rapporteur, à l’Assemblée nationale, avait ainsi indiqué que la mention des langues régionales dans la Constitution avait pour objet de "marquer l’attachement de la France à ce patrimoine sans pour autant créer un droit pour les particuliers d’exiger de la part des administrations l’usage d’une autre langue que le français ou des droits spécifiques pour des groupes". Cette position était partagée par le Gouvernement puisque le garde des sceaux a repris une formulation identique devant les sénateurs». Comme il ressort des termes de l’article 61-1 de la Constitution que seule la méconnaissance de «droits» ou de «libertés» que la Constitution garantit peut être invoquée à l’appui d’une question prioritaire de constitutionnalité, le juge constitutionnel en a déduit que «le moyen invoqué ne pouvait donc utilement être invoqué à l’appui d’une QPC».

 

Langues régionales : les dispositions inscrites dans le Code de l’éducation sont conformes à la Constitution
Source, journal ou site Internet : Mairie Info
Date : 23 mai 2011

16:14 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : langage, langues, régions, enseignement, basque, breton, occitan, francique, flamand, alsacien | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06/03/2011

Sécuriser le rail en France...

Le gouvernement a annoncé un plan de 40 millions d'euros pour sécuriser le chemin de fer français, cible de vols de câbles et de sabotages.


Pas moins de trois ministres - Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Claude Guéant (Intérieur) et Thierry Mariani (Transports) - et les présidents de la SNCF et de RFF... pour annoncer, jeudi 3 mars en fin d'aprèsd'euros, Réseau Ferré de France (RFF) 30 millions. Le but est de limiter les vols et les sabotages qui provoquent de nombreux retards : 5 800 heures en 2010.

 

http://didier.paquignon.free.fr/images/le%20grand%20rail.JPG


Le dernier en date, à Albertville (Savoie), a provoqué des retards pour 40 000 voyageurs en plein chassécroisé des vacances de février. Le patron de la SNCF Guillaume Pepy assure que les vols de câble et le vandalisme sont la cause de 20 à 30 % des retards sur certaines lignes comme celle du TGV Paris-Lille.

 

« Il existe des filières d'écoulement dans le Nord-Pas-de-Calais, vers la Belgique, les Pays-Bas et les grands ports »,

 

précise-t-il.


Le plan annoncé jeudi prévoit de consacrer 17,2 millions d'euros à l'ancrage et l'enfouissement des câbles dans les zones sensibles et au déploiement de la télésurveillance. 19,5 millions d'euros seront affectés à la protection des postes d'aiguillage, sous-station et autres parcs de stockage. Les 3,3 millions restant iront aux innovations technologiques pour marquer et surveiller les câbles (RFID, GPS, GSM).


Guillaume Pepy a même annoncé un

 

« petit programme de recherche sur l'utilisation des nanotechnologies afin de conserver la trace de l'appartenance du câble, même lorsqu'il a été fondu ».


En dehors de ce budget exceptionnel, le nouveau ministre de l'Intérieur Claude Guéant a annoncé la poursuite de la surveillance des zones sensibles avec des hélicoptères. Il compte également

 

« intensifier les patrouilles de police et de gendarmerie (…) et renforcer le contrôle de la filière du recyclage des métaux, moyen le plus utilisé pour écouler les câbles ».


Ces annonces ne vont pas résoudre, pour autant, tous les problèmes des usagers. En moyenne, les vols de câbles ne représentent que 1,4 % des causes de retard sur l'ensemble du réseau. Et la somme de 40 millions parait bien maigre pour 30 000 kilomètres de lignes.

 

 

photo
photo


Pour le patron de RFF, Hubert du Mesnil,

 

« la solution la plus efficace est de rénover la moitié du réseau, qui concentre 90 % du trafic en profitant de ces chantiers pour enfouir les câbles, remplacer le cuivre par de la fibre optique, utiliser des solutions de marquage et de surveillance vidéo ».

 

Un plan à minima pour sécuriser les voies ferrées
Source, journal ou site Internet : Usine nouvelle
Date : 4 mars 2011
Auteur : Olivier Cognasse

23:35 Écrit par HUMANITAS dans Socièté | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rail, chemin de fer, sécurité, vol, cuivre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/01/2011

Monique CANTO-SPERBER - L’université, l'embauche, les fonctionnaires - La critique de Médiapart!

L’université a besoin d’embaucher en CDI

 

L’accès aux Responsabilités et compétences élargies (RCE, ou plus simplement loi d’autonomie) permet aujourd’hui aux établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche de mener une politique ambitieuse en matière scientifique et pédagogique. Incités à se développer, ils sont amenés, en particulier, à recruter des personnels plus nombreux afin d’assurer les fonctions nécessaires à la vie scientifique et académique : tâches d’encadrement administratif, mais aussi tâches nécessaires à l’entretien des laboratoires et centres de recherche ou à la vie d’un campus universitaire.

 

http://mediatheque.francophonie.org/local/cache-gd2/e9593397143412cef50a8585324ae63e.jpg


Les emplois de fonctionnaires étant aujourd’hui à nombre constant, les universités, grandes écoles et grands établissements n’ont d’autre choix que de recruter des personnels contractuels qui sont assimilés aux trois catégories (A, B, C) de la fonction publique, selon les tâches qui leur sont confiées. Malheureusement, les dispositions législatives qui permettent ces recrutements contraignent ces établissements à maintenir la plupart de leurs personnels dans une situation d’incertitude et dans certains cas de précarité.


En effet, la loi sur l’emploi contractuel dans la fonction publique (article 4 et article 6-2 de la loi du 11 janvier 1984) n’autorise à proposer à des personnels contractuels que des contrats à durée déterminée (dix mois), et seulement pour des emplois saisonniers ou à temps partiel. Or, la plupart des tâches sur lesquelles sont employés ces personnels, dans un établissement d’enseignement supérieur et de recherche correspondent à un besoin permanent et qui doivent être remplies par un employé travaillant à temps complet. En conséquence, les responsables d’établissement public n’ont d’autre choix que de faire comme si des emplois saisonniers pouvaient s’enchaîner sans interruption et se répéter chaque année, ce qui leur permet de proposer à leurs employés contractuels des contrats de dix mois, renouvelés à échéance, parfois plusieurs années de suite.


Le contrat à durée indéterminée, qui est dans le secteur privé le contrat de droit commun, n’existe quasiment pas dans le secteur public, - c’est seulement depuis juillet 2005, en raison de la transposition de la directive européenne 1999/70/CEE, que des personnels de catégorie A qui ont plus de six ans d’ancienneté peuvent prétendre à un CDI, mais non les personnels assimilés aux catégories B et C.


A l’heure où l’on se soucie de la précarité des emplois, ne faut-il pas se pencher sur les conditions de l’emploi précaire dans la fonction publique ? A l’heure où l’on demande aux universités d’être au sens plein les employeurs de leurs personnels, avec les responsabilités afférentes, à l’heure où on les incite à mener une politique de ressources humaines, ne faut-il leur donner les moyens de proposer à ces personnels des conditions d’emploi dignes de leur engagement au service de l’institution ?


Lors de sa prise de fonction il y a quelques semaines, le ministre de la Fonction publique annonçait un projet de loi sur la résorption progressive des situations précaires chez les employés de l’Etat. Avoir les moyens d’offrir un contrat à durée indéterminée, un CDI, sous certaines conditions, à leurs personnels permettrait aux établissements d’enseignement supérieur de reconnaître la contribution de leurs personnels contractuels et d’assumer pleinement leurs responsabilités d’employeur.


Une communauté universitaire ne peut se développer sans un engagement de tous : c’est là une condition de nature humaine qui a trait aussi à la vie des personnes, et elle est, dans une institution où l’on transmet des savoirs et où l’on mène des recherches, non moins nécessaire que les conditions matérielles. De nombreux responsables d’établissement public ont alerté le législateur sur l’impossibilité où ils se trouvaient face à des personnels qui ont fait preuve d’un dévouement sans faille, lorsqu’ils ne peuvent rien leur proposer d’autre qu’un emploi indéfiniment précaire, sans perspective de carrière. L’insécurité de l’emploi n’a jamais été une condition favorable où chacun peut donner le meilleur de lui-même en s’associant à un projet commun.

 

Par MONIQUE CANTO-SPERBER directrice de l’Ecole normale supérieure (ENS)

Source : Libération du 15 décembre 2010, rubrique Socièté

 

http://farm1.static.flickr.com/220/492420447_e4b8d7fbfd.jpg

 

La critique de Médiapart

 

L'Université a besoin de fonctionnaires

 

Réponse à Monique Canto-Sperber, directrice de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm, par le Comité de mobilisation des élèves, étudiants et personnels de l'ENS. Mis en place à l'automne, le comité coordonne le mouvement social en cours dans l'établissement.

 

Jeudi 16 décembre, dans une tribune publiée dans Libération, Monique Canto-Sperber en appelait à une loi pour recruter en CDI les salariés indispensables au bon fonctionnement des établissements publics comme l'Ecole normale supérieure (ENS), afin de les faire sortir de la précarité. Les personnels précaires, très nombreux, enchaînent en effet CDD sur CDD depuis parfois plus de dix ans et pour un salaire de misère malgré la pénibilité de leur travail, voire un véritable harcèlement de leurs chefs.

Mme Canto-Sperber est en poste depuis cinq ans, cinq ans durant lesquels la précarité s'est considérablement aggravée à l'ENS. Si elle se soucie soudainement du sort des personnels, ce n'est pas sans raison. Ce qu'elle omet de dire dans son article, c'est que depuis plus de deux mois, une mobilisation sans précédent, unissant étudiants et salariés, se déroule à l'ENS.

Suite au mouvement national pour la défense des retraites, la mobilisation, loin de faiblir, s'est transformée en lutte locale, organisée par des assemblées générales de personnels et d'élèves, avec l'appui de syndicats locaux. Des revendications claires ont été portées à la Direction et adressées à Mme Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur : titularisation des personnels précaires et dans l'immédiat des CDI, augmentations des salaires, embauches supplémentaires et amélioration des conditions de travail, parfois révoltantes dans une Ecole qui a d'importants moyens et se veut « prestigieuse ». Les principaux services de l'ENS (restaurant, bibliothèque, administration, logistique, ménage, travaux, jardin...) ont été bloqués par des étudiants ou fermés en raison de la grève de plusieurs dizaines de salariés précaires et titulaires.

© DR

En réponse à cette mobilisation, Mme Canto-Sperber, qui n'avait d'abord réagi que par une sévère répression (emploi de vigiles, menaces d'appel à la police contre les blocages et de sanctions disciplianires, fermetures administratives), continue d'affirmer qu'elle n'a pas la possibilité légale d'embaucher en CDI les précaires assimilés aux catégories B et C de la fonction publique, ni ceux employés depuis moins de 6 ans par l'Ecole.  Elle refuse cependant de demander au Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche des postes qui permettraient de titulariser ces personnels. Ainsi, la tribune qu'elle a signée n'est que de la poudre aux yeux : elle peut accorder les CDI demandés, cela se fait déjà dans d'autres établissements publics comme à l'université Pierre et Marie Curie, dont le Président, M. Pomerol, a dû céder face à une mobilisation similaire et embaucher des précaires en CDI. A l'Université d'Evry, des titularisations ont même été obtenues par un mouvement social du même type.

Quoi qu'il en soit, les contrats à durée déterminée existants sont déjà illégaux et résultent d'une magouille bien connue, comme l'explique elle-même la directrice : les personnels sont employés sur des emplois dits « saisonniers » alors que leur fonction est bien entendu permanente. Pourtant, le cadre de la fonction publique est clair : tout poste permanent doit être pourvu par un fonctionnaire, sauf rares exceptions qui n'ont rien à voir avec la situation. Ce sont les politiques gouvernementales - non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et loi sur la responsabilité des universités (LRU) - qui obligent à remplacer les fonctionnaires par des contrats de type CDD ou CDI. Cela conduit à briser le service public, régi par le statut général de la Fonction publique, en une multitude d'établissements autonomes fonctionnant comme des entreprises privées, sans même être soumis aux contraintes du droit du travail privé, qui interdit les CDD à répétition.

Mme Canto-Sperber se sert du mouvement en cours à l'ENS pour argumenter en faveur de la casse de la fonction publique, conformément à ses choix politiques à l'Ecole, où elle entend réserver le statut de fonctionnaire aux seuls enseignants, chercheurs ou autres personnels de catégorie A et l'interdire à tous les autres employés qui font vivre l'ENS. Elle instrumentalise un mouvement qui exige avant tout des titularisations pour tenter de justifier un pré-projet de loi gouvernemental, récemment présenté aux syndicats, visant à généraliser les CDI dans la Fonction publique. Elle tente ainsi de faire passer une position politique assumée et catastrophique pour le service public pour une « question d'éthique » dont elle se dit, comme chacun sait, spécialiste.

Cependant, la mobilisation à l'ENS est loin d'être terminée, le conseil d'administration a été bloqué par des étudiants et des salariés de l'Ecole avant Noël, empêchant ainsi le vote d'un budget qui reconduisait la précarité pour un an. Après avoir fait plusieurs journées de grève, les personnels ont déposé un préavis de grève reconductible pour la rentrée de janvier. Cette détermination et la solidarité exemplaire entre étudiants et salariés peuvent nous permettre d'obtenir une victoire. Cela contribuerait à la nécessaire construction d'un mouvement d'ensemble contre la précarité à l'Université et dans la Fonction publique en général, pour la défense du statut, l'augmentation des salaires et l'embauche des personnels nécessaires au service public.

 

 

Source: Jeu.27Janv.

MEDIAPART

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu