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18/06/2011

Coffee shop: Des nouvelles des Pays-Bas

Tandis que le débat sur la dépénalisation du cannabis s’installe en France ou au Royaume- Uni, les Pays-Bas, précurseurs en la matière, font marche arrière et s’apprêtent à durcir les règles.

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2008/11/13/h_4_ill_1118286_rtr1ouj2.jpg


Juste devant la porte du Fly’n High, un coffee shop du centre de Breda [dans le sud du pays], est garée une grande Volvo noire immatriculée en Belgique. De nombreux Belges et Français viennent en voiture dans la région pour y acheter du hasch ou de l’herbe. Mais, après l’été 2011, ils pourront s’épargner le voyage. Dès que le “passe cannabis” sera introduit, les touristes étrangers ne seront plus les bienvenus dans les quelque 660 coffee shops que comptent les Pays-Bas. Cela vaut donc aussi pour les hordes de touristes à Amsterdam qui considèrent les coffee shops comme une attraction à ne pas manquer. Les points de vente de cannabis vont devenir des clubs fermés. La mesure avait déjà été annoncée dans le programme du gouvernement [de droite], cependant, depuis la fin mai, elle est officielle. Les ministres Ivo Opstelten (Sécurité et Justice, membre du parti libéral VVD) et Edith Schippers (Santé publique, aussi membre du VVD) ont rendu public leur rapport tant attendu sur les drogues. Le projet propose essentiellement que les fumeurs de haschisch deviennent désormais membres d’un coffee shop. Pour obtenir un passe cannabis, il faudra avoir plus de 18 ans et demeurer aux Pays-Bas. Sur ce dernier point, le Conseil d’Etat doit encore se prononcer [en juillet]. Le Conseil se penche sur la question de savoir s’il est possible de refuser l’accès d’un coffee shop à un non-résident. La Cour européenne de justice a déjà fait savoir qu’un tel refus n’est pas contraire au droit européen.

 

http://www.coffeeshop.freeuk.com/ShopPics/GreenHN.jpghttp://www.lalsace.fr/fr/images/get.aspx?iMedia=9717207

 

Un coffee shop ne pourra désormais avoir qu’un nombre limité de membres. On n’en connaît pas encore le nombre exact. Selon Ivo Opstelten, il devrait se situer entre 1 000 et 1 500 personnes. Mais les maires pourront toujours réviser ce nombre à la baisse, a souligné le ministre. Il n’est pas inconcevable que certains coffee shops n’aient que quelques dizaines de membres. Enfin, le gouvernement veut réduire la visibilité des coffee shops pour les élèves. Actuellement, un coffee shop ne peut pas se situer à moins de 250 mètres d’un établissement scolaire. Cette distance sera portée à 350 mètres. Ces propositions suscitent beaucoup de critiques. Les grandes villes, dont Amsterdam, Maastricht et Bois-le-Duc, se sont prononcées ces derniers mois contre l’introduction du passe. Si les clients ne peuvent plus avoir accès à un coffee shop, craignent-elles, le trafic se déplacera dans la rue. Et d’autres problèmes se poseront certainement. De riantes perspectives s’ouvrent pour les dealers. Bien que les ministres Schippers et Opstelten aient promis d’être vigilants vis-à-vis de tels effets indésirables, ils partent du principe que les touristes étrangers intéressés par la consommation de drogues ne viendront plus. Car l’intérêt, pour beaucoup d’entre eux, est de pouvoir se tourner vers des marchés illégaux qui existent dans leur voisinage direct, écrivent-ils dans leur document. Cela suscite les rires moqueurs des intervenants dans le secteur du cannabis. Il est naïf de croire que les Belges et les Français ne vont plus venir, estime Rick Brand, propriétaire du De Baron, à Breda, et président de l’association Actieve Bredase Coffeeshops [les coffee shops actifs de Breda]. Si la police de Breda se lance dans une chasse aux narcotouristes, ils iront retrouver un dealer à Oosterhout [à une dizaine de kilomètres de Breda]. Mais ils continueront de venir : la qualité du cannabis ici, aux Pays-Bas, est nettement supérieure.

 

http://web.nmsu.edu/~andreag/MUN/FinlandGallery/Images/9.jpg


Il indique un autre risque associé au trafic à l’extérieur des coffee shops : la distinction entre drogues douces et drogues dures s’estompe. Quand on veut acheter pour 20 euros de cannabis et qu’on voit chez un dealer de la poudre et toutes sortes de cachets posés sur la table, on est tenté de goûter à autre chose. C’est aussi simple que ça. Mais Rick Brand se dit moins inquiet du passe cannabis que du nouveau critère de la distance. La discussion ne porte à présent pratiquement que sur le passe, mais l’application de la règle des 350 mètres est bien plus dangereuse. Elle va permettre à Ivo Opstelten, en termes de fermeture d’établissements, d’obtenir vraiment des résultats. A l’issue d’un récent inventaire dans 14 municipalités néerlandaises, qui comptent au moins une dizaine de coffee shops, il s’avère que près de 60 % des points de vente vont devoir fermer lors de l’application de ce nouveau critère. A Amsterdam, sur un total de 223 coffee shops, 187 sont concernés. Les ministres Edith Schippers et Ivo Opstelten espèrent qu’à la fin de l’été les mesures seront effectives dans le sud du pays. Le reste des Pays-Bas suivra.

 

Pays-Bas : coup de hache sur le hasch
Source, journal ou site Internet : NRC Handelsblad
Date : 11 juin 2011
Auteur : Barbara Rijlaarsadam

01/06/2011

Les polonais pour la légalisation de la marijuana!

Aussitôt après le départ de Varsovie du président américain Barack Obama, plus de 5.000 personnes, selon la police, ont manifesté dans le centre de la capitale en faveur de la légalisation de la marijuana en Pologne.

 

http://www.radio-canada.ca/par4/images/pot_joint_fum%C3%A9e.jpg

 

Réunis à l'initiative d'une organisation "Le cannabis libre", les manifestants ont brandi des slogans réclamant la dépénalisation de cette drogue, et l'amnistie pour tous ceux qui ont été condamnés pour sa possession. Début avril, le parlement polonais avait légèrement libéralisé la loi anti-drogue très stricte dans ce pays, en laissant désormais à la justice le choix entre poursuivre ou non le possesseur d'une petite quantité de stupéfiants.


Auparavant, une enquête était lancée automatiquement à l'égard de chaque personne en possession de la moindre quantité de drogues. La loi continue néanmoins de considérer comme illégale la possession de tout stupéfiant, indépendamment de la quantité. En même temps, le parlement a durci les peines à l'égard des dealers et des personnes en possession d'importantes quantités de drogues, qui passent respectivement de 10 à 12 ans et de 8 à 10 ans de prison.

 

5.000 manifestants à Varsovie pour légaliser la marijuana
Source, journal ou site Internet : 7 sur 7
Date : 29 mai 2011
Auteur :Belga

20/05/2011

L'Algérie et les Droits de l'Homme!

Amnesty International a rendu public son rapport 2011 (qui couvre l’année 2010) qui est, encore une fois, sévère à l’endroit de la situation déplorable des droits de l’homme en Algérie.

 

http://www.femme-algerie.com/belles_femmes_algeriennes/femme_algerie.jpg


Des défenseurs des droits humains et d’autres personnes ont été empêchés de tenir certaines réunions et manifestations. Des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité ont été arrêtées et incarcérées sans contact avec le monde extérieur. Des femmes victimes de violences liées au genre ont été privées de voies de recours. Des étrangers ont été arrêtés et expulsés sans pouvoir faire appel de cette décision. Des chrétiens ont été persécutés pour avoir pratiqué leur foi sans autorisation ; d’autres personnes ont été jugées pour avoir dénigré les préceptes de l’Islam. Les autorités n’ont pris aucune mesure pour lutter contre l’impunité dont bénéficiaient les responsables de disparitions forcées et d’autres atteintes graves aux droits humains perpétrées par le passé».

 

Voilà, en gros, l’état des droits de l’homme en Algérie, selon un tableau dressé par Amnesty International (AI) dans son rapport 2011. Le contenu du document rendu public avant-hier ne couvre que l’année 2010. Au début du chapitre consacré à l’Algérie, il est précisé que «l’état d’urgence imposé en 1992 restait en vigueur». L’année dernière, «les autorités ont interdit certains rassemblements et manifestations organisés par des défenseurs des droits humains, des journalistes et des proches de victimes de disparition forcée», rapporte Amnesty International, qui fait également le constat que «des journalistes et des défenseurs des droits humains ont été inculpés de diffamation, entre autres infractions pénales, selon toute apparence parce qu’ils avaient critiqué des agents de l’Etat ou des institutions, ou dénoncé la corruption». Très léger, le rapport 2011 ne fait cependant en aucun cas mention de la fermeture des médias lourds à l’expression plurielle en général et à l’opposition politique en particulier.


Concernant les libertés religieuses, AI fait état d’«attaques contre les temples protestants qui se sont poursuivies». L’ONG ajoute que «des chrétiens, parmi lesquels des convertis, ont fait l’objet de poursuites pénales pour exercice des cultes sans autorisation, aux termes de l’ordonnance n°06-03 qui règlemente les croyances autres que l’Islam». «La Constitution garantit la liberté de religion, mais fait de l’Islam la religion d’Etat», précise le rapport. Pour ce qui est du chapitre réservé à «la lutte contre le terrorisme et la sécurité», la même source relève «l’impunité toujours bien établie pour les actes de torture et autres sévices infligés à des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité».AI donne, entre autres, comme exemple «le procès de Malik Medjnoun et Abdelhakim Chenoui qui n’avait pas repris à la fin de l’année». «Accusés du meurtre du célèbre chanteur kabyle Lounès Matoub et d’infractions liées au terrorisme, ces deux hommes étaient incarcérés sans jugement depuis plus de 10 ans», mentionne le rapport, avant de préciser qu’«ils ont été arrêtés en 1999 et torturés durant la longue période de détention au secret qui a suivi».

 

Au sujet de la discrimination et la violence contre les femmes, AI rappelle qu’une rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes s’est rendue en Algérie en novembre 2010. «Malgré des efforts visant à mettre en oeuvre une stratégie nationale dans ce domaine, les autorités n’avaient toujours pas érigé en infraction les violences au sein de la famille, notamment le viol conjugal, et les auteurs de violences liées au genre n’étaient pas traduits en justice», souligne le rapport. Amnesty International rappelle qu’en mars et en avril 2010, des femmes vivant seules à Hassi Messaoud, dans les quartiers dits des «36 Logements» ou des «40 Logements», ont été la cible d’une série d’attaques : «Des groupes d’hommes sont entrés chez elles par effraction et les ont dépouillées de leurs biens et agressées physiquement. Certaines ont également subi des violences sexuelles.»


Et de conclure que «les plaintes ont entraîné un renforcement de la sécurité autour des zones visées, mais aucune poursuite n’a été engagée contre les responsables présumés de ces agissements».


Concernant les disparitions forcées, AI indique que «les autorités n’ont pris aucune mesure pour enquêter sur les milliers de disparitions forcées et autres violations graves des droits humains qui ont eu lieu au cours du conflit interne des années 1990». Qu’en est-il de l’application de la peine de mort ? AI fait remarquer que «l’Algérie a coparrainé la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions et elle a maintenu le moratoire de facto en vigueur depuis 1993». Toutefois, souligne l’ONG, «plus de 130 personnes ont été condamnées à mort, dans de nombreux cas par contumace, essentiellement pour des infractions liées au terrorisme». Aucune exécution n’a été signalée, précise le document.

 

Liberté religieuse, violence contre les femmes, liberté de la presse et disparitions forcées en Algérie : le constat critique d’Amnesty International
Source, journal ou site Internet : El Watan
Date : 14 mai 2011
Auteur : Said Rabia

18:51 Écrit par HUMANITAS dans Liberté individuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : algérie, droit de l(homme, chrétiens | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/03/2011

La propriété de son corps et la prostitution (post relooké et débat à suivre sur L&L)

Un débat se situe sur L&L, lire les 106 commentaires
http://www.lumieres-et-liberte.org/article-14692107-6.html#anchorComment


Sexe en location : Dans la morale du consentement qui est la nôtre au XXIe siècle, il n'est plus possible de condamner la prostitution. Sauf à souhaiter une pure et simple restauration de l'ordre qui prévalait avant la révolution sexuelle.

L'image “http://www.madinin-art.net/images/marcela_tacub.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

cliquez l'image: lire "l'homme n'a pas d'avenir"


Par :

Marcela Iacub

On aurait pu croire qu'avec la révolution sexuelle, tous les stigmates frappant la sexualité multiple ou hors mariage des femmes disparaissant, la prostituée connaîtrait la même promotion sociale que la fille-mère. De femme salie par une activité réprouvée, elle deviendrait une travailleuse ni plus ni moins honorable que les postières ou les écrivaines.


La révolution sexuelle n'a-t-elle pas imposé le principe selon lequel le caractère licite d'un rapport sexuel ne dépend que du respect du consentement des partenaires ?

 

Et la prostitution n'est-elle pas une activité sexuelle où le consentement s'exerce à son état le plus pur ?

 

A tel point qu'on négocie les tarifs, on choisit ses clients, on fixe d'avance ce qu'on fera ensemble, toutes choses que les gens éperdus de passion ne sauraient faire. Et pourtant, les détracteurs de cette activité s'acharnent désormais à nous montrer que les prostituées ne sont pas vraiment consentantes.

 

Car quel autre type d'argument serait-il légitime d'avancer qui soit compatible avec une morale du consentement ?


http://www.emarrakech.info/photo/203156-267226.jpg


La manière la plus répandue de mettre en cause le consentement des personnes qui se prostituent est de faire l'amalgame avec celles qui sont contraintes par des trafiquants à entretenir des rapports sexuels contre de l'argent que par ailleurs elles ne touchent pas.

 

Mais devrait-on appeler "prostituées" ces victimes de la criminalité organisée ?

 

Peut-on dire que les anciens esclaves américains étaient des agriculteurs lorsqu'ils récoltaient du coton ?

 

On disait d'eux qu'ils étaient des esclaves.


Une femme qui est forcée de se prostituer est une esclave, et non pas une prostituée. Ce qui est criminel, c'est l'esclavage, et peu importe la tâche à laquelle la victime est vouée.


D'ailleurs, ce n'est pas parce qu'un domaine d'activité humaine est gangrené par des esclavagistes qu'on y renonce : on pourchasse les criminels, et on crée un cadre légal pour les autres.

 

Ainsi, le fait qu'il existe en France des ateliers clandestins de couture rend-il les employés des industries textiles qui respectent le code du travail eux aussi des travailleurs forcés ?


"Arguments fallacieux, criera-t-on. Celui ou celle qui travaille dans la couture vend sa force de travail, tandis que la prostituée, elle, vend son corps, elle se vend donc elle-même, tout comme ceux qui vendent leurs organes."


Pourtant, la prostituée n'aliène rien d'elle-même définitivement. De même que la personne qui invente des logiciels informatiques loue son cerveau ou vend un service intellectuel, celle qui se prostitue loue ses organes sexuels, vend un service sexuel, et non pas un organe sexuel. Elle fait un métier tout à fait comparable à celui d'un masseur. Mais on dit que le sexe n'est point comme le cerveau ou la main, que rendre un service sexuel est un acte très intime, très personnel, que la froideur de l'argent ne lui convient pas. Donner son sexe, entend-on souvent, c'est se donner tout entier, de sorte qu'on ne pourrait le louer sans se vendre soi-même : comme un esclave !


http://medias.lepost.fr/ill/2007/09/10/h-3-1015367.jpg

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Il s'agit là d'une conception de la sexualité tout à fait respectable, et que beaucoup d'entre nous partagent, mais qui n'en reste pas moins une parmi d'autres.

 

Avons-nous le droit de l'imposer à tout le monde ?

 

Un Etat pluraliste, qui fait sienne une morale du consentement et non pas de la vertu, ne saurait imposer une conception unique de la sexualité à tout un chacun : il cherche à faire respecter les différentes significations et valeurs que les citoyens peuvent attribuer à cette activité.

 

Et d'ailleurs, si l'on voulait imposer que toute sexualité soit intime, personnelle, ne devrait-on pas interdire, par exemple, les partouzes et les activités sexuelles de ce genre ?


Hélas, raisonner sur ces questions agace. On en vient rapidement à entendre des arguments plus émotionnels. On dit :

 

"N'avez-vous jamais parlé à des prostituées ?

 

N'avez-vous pas entendu qu'en général elles ne font pas cela de gaieté de coeur, mais parce qu'elles y sont contraintes par la nécessité et la misère ?

 

Quelle femme, en vérité, pourrait apprécier de se vendre ainsi ?"


Certes, on se prostitue pour de l'argent, et non pas, par définition, gratuitement ; mais si tous ceux qui sont poussés à travailler parce qu'ils ont besoin de gagner leur vie étaient considérés comme des esclaves, il ne resterait que quelques rentiers pour se prévaloir du statut d'hommes libres. Je suis, pour ma part, assez favorable à l'idée de revenu universel inconditionné. Mais il est curieux qu'on ne se montre jamais aussi furieusement anticapitaliste qu'avec la prostitution...


Au fond, les détracteurs de la prostitution veulent dire que la morale du consentement ne s'adresse qu'à ceux qui cherchent à assouvir leurs désirs ou à éprouver du plaisir dans la réciprocité. Il leur paraît scandaleux qu'on l'utilise pour des relations unilatérales comme la relation prostitutionnelle.

 

Mais pourquoi serait-il illégitime de consentir à un rapport sexuel pour une autre raison que le désir irrésistible qui nous y pousse ou pour le plaisir délicieux qu'on y trouve ?


Il n'y a rien là qui aille contre les règles ordinaires du consentement.

 

A combien d'actes sexuels tant d'honnêtes gens consentent-ils tous les jours qui n'ont ni pour cause le désir, ni pour conséquence le plaisir, mais par exemple la générosité, la routine ou un certain sentiment du devoir ?

 

A l'opposé, ne peut-on aussi imaginer des actes sexuels non consentis mais que les victimes désirent ou dans lesquelles elles éprouvent du plaisir ?

 

De tels actes ne manqueraient pas pour autant d'être heureusement considérés comme des agressions sexuelles.


http://chrystellevincent.blogmilitant.com/images/insolite/051107073608.vjlgmdcg0_vitrine-o--se-tiennent-des-prostituees---amsterdamb.jpg

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Il semble décidément difficile, dès lors qu'on se place dans le cadre d'une morale du consentement, de condamner la prostitution. Certes, il reste la solution de revenir, explicitement, à une morale de la vertu et des "bonnes moeurs". Mais, dans ce cas, si l'on ne veut pas être de nouveau incohérent, il faudrait aligner l'ensemble de la révolution sexuelle sur une telle morale, et dire aux gens l'usage de leurs organes sexuels qui plaît à l'Etat. Mais cela a un nom : c'est une Restauration.


L'incohérence, c'est-à-dire l'incapacité à aller jusqu'au bout de ses idées, n'est pas seulement un vice de la pensée : elle a parfois de fâcheuses conséquences politiques. Ne l'oublions pas.


http://i15.ebayimg.com/04/i/05/6c/1f/1e_10.JPG

DEBAT À SUIVRE ICI SUR L&L

http://www.lumieres-et-liberte.org/article-14692107-6.htm...

26/01/2011

Débat #2, avec Marcela IACUB, la "libertaire"

Juriste philosophe, en quelque sorte, mais aussi féministe d’un nouveau style. Elle trouve les Chiennes de garde (et le féminisme en général), trop moralisantes sur les questions sexuelles, notamment celle de la prostitution (cliquez, voir la vidéo). Elle voudrait, comme le philosophe Michel Foucault, l’un de ses maîtres, « faire du sexe une liberté comme la liberté du commerce ». Où le consentement de chacun prévaut.

 

http://www.metrofrance.com/_internal/gxml!0/r0dc21o2f3vste5s7ezej9x3a10rp3w$e674980pmyao2hjjyarku8givmogt5p.jpeg


Où l’Etat n’intervient pas.
Son approche provocatrice – mais toujours argumentée – lui vaut beaucoup d’inimitiés. Certains lui reprochent de trop jouer avec les paradoxes et la mauvaise foi. De ne pas respecter une certaine forme de sacré qui entoure encore les questions biologiques et sexuelles en France.


Mais il faut reconnaître à Marcela Iacub un véritable génie pour convaincre. Avec humour et créativité. Enfin, elle n’est pas seulement une obsédée juridico-sexuelle ! Elle s’intéresse aussi aux animaux et à leurs droits. Elle vit d’ailleurs avec… un perroquet ! L’histoire ne dit pas s’il a le même accent que sa maîtresse.


Consentir pour être libre.
Mai 68 n’est pas terminé. Un peu comme le philosophe Michel Onfray, Marcela Iacub pense que la révolution sexuelle est tombée en panne au milieu du chemin. Il faudrait la relancer sur bien des aspects. Celui des corps, notamment. De l’usage que l’on en fait. Sa grande bataille reste la notion de « consentement ». Si deux personnes consentent à un rapport sexuel, marchand, voire violent, il n’y a aucune raison que la loi, l’Etat, la société viennent y mettre leur grain de sel. Or, la répression de la prostitution et des crimes sexuels s’est durcie. Le symptôme pour elle d’un « nouvel ordre moral et sexuel », qui criminalise a priori le corps et la sexualité. En oubliant le libre arbitre des individus.

 



Désacraliser l’instinct maternel
Il faut libérer les femmes (mais aussi les hommes) de la « surpuissance procréatrice » que la société a accordée à la mère. « Le désir d’enfant des femmes qui ne peuvent pas en porter se trouve criminalisé », explique-t-elle. Autrement dit, tous ceux qui, homosexuels ou couples stériles, sont obligés de procréer via les mères porteuses, par exemple, ne sont pas légalement ou socialement soutenus. « L’instinct maternel » est devenu un inattaquable totem, ce qu’elle appelle L’Empire du ventre, titre d’un de ses ouvrages. Selon elle, la maternité est une construction historique qui, de la louve romaine à la Vierge Marie, empêche des femmes de devenir mères non biologiques.


Libérer (encore) la sexualité des femmes
Pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas prétendre à une sexualité débridée, sans forcément désirer procréer avec leur partenaire ? Telle est la question gênante que pose Marcela Iacub. « Au lieu de lutter pour l’égalité des sexes, et notamment faire en sorte que les femmes puissent avoir un rapport à la sexualité aussi libre, multiple et pluriel que les hommes, on tente en ce moment de civiliser la sexualité masculine […], écrit-elle. Au lieu de dire que les femmes peuvent avoir envie de consommer les hommes comme les hommes ont envie de consommer les femmes. »

 

"J'aimerais faire du sexe une liberté comme la liberté du commerce".  Un livre.

 

 

 


Extrait :

Dans Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ? (Flammarion, 2002. Extrait du chapitre « Les prostituées sont-elles libres ? »), Marcela Iacub met en scène une sorte de « double », Louise Tugènes, personnage faussement candide qui pointe les contradictions de nos mœurs. " On n’hésite pas à condamner d’une manière très sévère aussi bien le système de la prostitution que les gens qui font appel à des prostituées.Cette condamnation est d’ailleurs de moins en moins anodine ou symbolique. […] La raison pour laquelle j’ai toujours eu du mal à comprendre ces interdictions, c’est que les femmes qui s’y livrent sont consentantes. Moi, j’avais appris depuis ma jeunesse que la seule chose qui compte en matière de sexe (je veux dire la seule chose qui compte pour que la police ne vienne pas vous dire que vous avez commis un crime ou que vous en avez été victime), c’est le consentement, du moins lorsque l’on a plus de 15 ans. Il me semblait donc que, dans ce domaine, il fallait revenir à ces évidences premières.


Nos mères ne se sont-elles pas justement battues contre ceux qui forçaient les femmes à avoir des rapports sexuels ? Je dis bien “forcer”, car échanger un consentement à un rapport sexuel contre de l’argent n’est pas, que je sache, forcer. Celle qui dit “oui” parce qu’elle est payée est libre de ne pas le faire. […] Mais quand je leur dis cela, les féministes bondissent aussitôt et à peine ai-je prononcé le mot “désir” qu’elles s’emportent : “Décidément vous ne comprendrez jamais rien ! La prostitution est mauvaise parce que, au moment où elles s’y livrent, les femmes ne désirent pas. Seul le client a du désir, la prostituée est objet, et non sujet. On ne doit faire l’amour que quand on a du désir, vous comprenez, […] sinon ce n’est pas de l’amour, c’est du viol, un viol déguisé en accord contractuel.” […]


Cette explication m’a mise très mal à l’aise. Car je me suis dit que si telle était la vérité, il y avait deux choses que je n’arrivais pas à comprendre. D’abord, une femme qui est violée par un homme que par ailleurs elle désire, ou qui ressent du plaisir au moment d’un acte sexuel imposé, ne devrait pas, selon cette explication, être considérée comme victime d’un crime. Pourtant, ce qui compte pour qu’il y ait viol, ce n’est ni le désir ni le plaisir mais l’absence de consentement, et c’est heureux. Le second point est encore plus gênant. Je me souviens des confessions intimes de ma sœur aînée et de l’une de mes cousines, à l’époque où j’étais encore une toute jeune fille et qu’elles s’étaient mises en tête de faire mon éducation sexuelle. Elles ne cessaient de me dire qu’elles couchaient parfois avec leurs maris sans désir parce qu’il faut bien avoir des rapports plus ou moins réguliers avec son époux.


Or il se trouve que le mari de ma sœur m’a un jour confié la même chose. […] Son aveu m’avait beaucoup touchée. »

 

Marcela Iacub

Source:

Le sexe en toutes libertés

Juriste spécialisée en bioéthique, Marcela Iacub est une fine observatrice des mœurs contemporaines. Libertaire, provocatrice pour les uns, choquante pour les autres, elle défend toutes les formes de sexualité et dénonce avec force leur encadrement légal. Seules les sonorités de son accent, et de son prénom, trahissent ses origines sud-américaines. L’Argentine, précisément, où elle est née il y a quarante-trois ans. Cette précoce juriste y a exercé la profession d’avocate dès l’âge de 21 ans. « J’étais trop jeune, c’était un peu ridicule », confessera-t-elle plus tard. Pour le reste, Marcela Iacub présente tous les attributs typiques de « l’intellectuel à la française » : prises de positions tonitruantes, passes d’armes avec des hommes politiques ou des chercheurs, chroniques régulières dans les journaux, production littéraire riche et surprenante… Et un parcours universitaire sans fautes. Sa marque de fabrique ? Observer nos mœurs à travers le droit.

 

Voir ici les posts de ce même auteur sur L&L:

 

La propriété de son corps et la prostitution

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13:12 Écrit par HUMANITAS dans Liberté individuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iacub, lacub, femmes, prostitution, liberté, sexe | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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