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03/06/2011

La galanterie mesdames, connaissez-vous?

Allez en ce jour férié, un peu d'histoire, un peu de légèreté en photo. Tenez, DSK était-il galant?

 

Périodiquement, la presse remonte à la lumière des affaires de moeurs qui impliquent des gouvernants. Il est vrai que le pouvoir attise les passions mais le survol de l'Histoire montre
que ce phénomène a beaucoup évolué selon l'époque et le lieu, des temps préhistoriques à nos jours...

 

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le goujat, lol


Se battre pour des femmes
Sexualité et le pouvoir sont liés depuis la nuit des temps comme nous le rappellent Claude Lévi-Strauss et ses confrères anthropologues. Dans les sociétés paléolithiques comme dans les dernières communautés de chasseurs-cueilleurs, en Amazonie et en Papouasie, les guerres étaient motivées avant toute chose par le souci de s'approvisionner en femmes.

 

Ces guerres étaient au demeurant bien moins meurtrières que celles de notre Néolithique finissant. Elles permettaient aux groupes nomades de se mélanger et, d'une certaine manière, de se rapprocher. On en retrouve la trace dans les mythes qui s'attachent à la fondation de Rome, avec le rapt des Sabines par les compagnons de Romulus. Les jeunes filles ayant eu le loisir d'apprécier les charmes de leurs ravisseurs, elles vont négocier une alliance entre leurs pères et leurs amants. Ce sera le début de la prodigieuse expansion de Rome.


Épouses et mères : Un autre mythe témoigne du chemin accompli par les rudes Romains.
C'est celui de Lucrèce, l'épouse vertueuse d'un jeune patricien. Elle est violée par le fils du roi Tarquin et se suicide après avoir révélé son déshonneur. D'indignation, son époux et ses amis se soulèvent contre le régime, chassent le roi et installent la République.


- Turpitudes romaines : À la fin de la République et sous l'Empire, cette nostalgie d'un Âge d'Or fondé sur la vertu conjugale se confronte à la réalité d'une oligarchie richissime et toutepuissante.


Le grand Jules César suscite l'ironie de son entourage et de ses soldats par ses moeurs bisexuelles dissolues. Ses successeurs ne lui seront pas inférieurs en matière de luxure.


La cour impériale est le lieu de scandales sans nombre au 1er siècle de notre ère. C'est le vieux Tibère nageant avec ses mignons dans la grotte bleue de Capri ; c'est Messaline, épouse de l'empereur Claude, se prostituant dans les bouges de Rome ; c'est Néron tuant d'un coup de pied son épouse Poppée, enceinte... Dans les derniers siècles de Rome, les chroniqueurs s'attardent moins sur les turpitudes des puissants ; ce n'est pas qu'elles soient moindres... Il n'est que de lire Le Satiricon, un roman sans doute écrit à la fin du IIe siècle.

 

Les classes moyennes romaines se montrent plus respectueuses de la tempérance prônée par les philosophes : les chroniques et les stèles funéraires attestent de l'amour conjugal.

 

Celui-ci n'exclut toutefois pas les amours ancillaires (relations sexuelles avec les servantes et les esclaves), jugées comme allant de soi.


- L'amour chevalier : Au tournant de l'An Mil, après les invasions barbares et les violences de la société féodale, l'Église prend les choses en main. Elle stigmatise les mariages forcés et la répudiation ainsi que le goût des seigneurs féodaux pour une polygamie de fait. Elle condamne aussi la consanguinité et l'inceste (cette notion est très large au Moyen Âge).

 

Deux rois capétiens, Robert II et son petit-fils Philippe 1er, font les frais de cette sévérité et sont excommuniés par le pape.


Aux XIIe et XIIIe siècles, les moeurs communes demeurent d'une grande brutalité (lire le roman de Ken Follett : Les Piliers de la Terre). Beaucoup de seigneurs et maîtres ne se privent pas de forcer servantes et paysannes, mais en-dehors de toute légalité. Le «droit de cuissage» est une pure invention des historiens républicains du XIXe siècle Un changement s'amorce en ce qui concerne le regard porté par les nobles et les bourgeois sur les femmes de leur classe. Les troubadours inventent un sentiment nouveau, l'amour. Celui-ci, à leurs yeux, n'a pas grand-chose à voir avec le mariage. C'est ce qui fait son charme. Dans les légendes du roi Arthur, il rapproche une reine et un chevalier servant, Guenièvre et Lancelot, Iseut et Tristan. Il n'empêche que les rois capétiens, sermonnés par l'Église, préfèrent chercher la félicité auprès de leur épouse unique et légitime. En 1226, Louis VIII le Lion, fils de Philippe Auguste, rentre d'une expédition contre les gens du Midi. Il tombe malade de dysenterie sur le retour et les médecins lui suggèrent comme remède, à défaut de mieux, l'étreinte d'une vierge. Le roi refuse avec tout ce qui lui reste d'énergie et meurt l'âme en paix.


Son fils Louis IX (futur Saint Louis) est un souverain joyeux et plein de vie. Marié à 20 ans à
Marguerite de Provence, il lui fait onze enfants et lui sera toujours fidèle, n'ayant de cesse de lui rendre hommage, malgré les remontrances de sa mère, la pieuse Blanche de Castille.

 

Tout aussi fidèles en mariage seront ses descendants, notamment Philippe IV le Bel, époux de Jeanne de Navarre et Charles V le Sage, époux de Jeanne de Bourbon.

 

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L'Église et le sexe

À la faveur du concile Latran IV (1215), l'Église rappelle solennellement sa doctrine en matière de mariage :
- les époux doivent exprimer leur engagement en public, preuve que leur union est volontaire et non contrainte,
- le mariage est indissoluble sauf en cas d'inceste ou d'impuissance masculine ; c'est une façon d'affirmer le devoir d'assistance entre les époux et d'empêcher les répudiations de convenance.
Contrairement à une idée convenue et à l'exception de quelques théologiens obtus, l'Église se montre compréhensive à l'égard des relations sexuelles. Elle condamne les relations hors mariage, pour protéger les filles contre la violence masculine et les grossesses non désirées.


Elle condamne de même l'adultère. Les personnes concernées, en état de péché mortel, peuvent toutefois obtenir le pardon en confessant leur faute et en faisant pénitence.

 

L'adultère, en particulier, ne justifie en aucune façon la rupture du mariage et du projet familial qu'il sous-tend. Après le scandale de la tour de Nesle, les brus du roi Philippe le Bel, convaincues d'adultère, seront enfermées dans un couvent mais sans que leur époux puisse se remarier. En France, il faudra attendre une loi républicaine de 1886 autorisant le divorce pour «faute» pour que soit sacralisé le lien entre mariage et fidélité.

 

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Maîtresses et concubines

Les moeurs changent au XIVe siècle, chez les Français comme chez leurs cousins anglais, à l'époque de la guerre de Cent Ans. Des femmes sont à l'origine des premiers scandales sexuels : les brus de Philippe le Bel, on l'a vu, mais aussi sa propre fille Isabelle, surnommée la «Louve de France». Mariée au roi anglais Édouard II qui la néglige au profit de ses mignons, elle le fait emprisonner et tuer en 1327 avec l'aide de son amant Mortimer. Son fils Édouard III vengera l'honneur familial.


Près d'un siècle plus tard, une autre reine fait jaser. Il s'agit d'Isabeau de Bavière, épouse du roi de France Charles VI le Fou. La rumeur lui prête - sans doute bien à tort - de nombreux amants dont son beau-frère Louis d'Orléans. Accablé par les malheurs de sa famille et du royaume, son fils a triste mine quand il monte sur le trône sous le nom de Charles VII.


Heureusement, il est soutenu par sa belle-mère Yolande d'Aragon et rencontre Jeanne d'Arc, qui va lui redonner courage et énergie. Dans ses vieux jours, le roi retrouve enfin le sourire avec une jeune amante, Agnès Sorel. C'est la première d'une longue série de maîtresses officielles. 1492. L'année se signale par la découverte de l'Amérique mais aussi par l'accession à la papauté d'un certain Rodrigo Lançol y Borgia, sous le nom d'Alexandre VI Borgia. À côté de ce pape tourné plus que quiconque vers le péché de chair, les rois font figure d'enfants de coeur, y compris François 1er, premier roi de France à collectionner les maîtresses officielles :
Françoise de Châteaubriant et Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes, sans compter la Belle Ferronnière... Son fils et successeur Henri II est plus sage et se satisfait de Diane de Poitiers, à côté de son épouse Catherine de Médicis. Il n'empêche que «la magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second», dixit Mme de Lafayette (La princesse de Clèves). Ce jugement est corroboré par Les vies des dames galantes, un recueil plaisant de Brantôme.


Les moeurs ne se dissipent pas seulement à la cour des Valois. À la cour des Habsbourg, une bourgeoise de Ratisbonne donne à Charles Quint un bâtard talentueux qui sera légitimé par l'empereur, Don Juan d'Autriche. À la cour des Tudor, de l'autre côté de la Manche, les scandales s'enchaînent sous le règne du roi Henri VIII, six fois marié, comme sous celui de sa fille Elizabeth 1ère. La rumeur prête à la «reine-vierge» des liaisons clandestines mais rien de comparable à sa cousine Marie Stuart. Veuve du roi de France François II, celle-ci se remarie avec un lord écossais sur un coup de tête, prend un amant italien que son mari exécute sous ses yeux, puis ordonne elle-même le meurtre de son mari avec l'aide d'un nouvel amant, écossais celui-là. Au XVIIe siècle, Henri IV inaugure en beauté la dynastie des Bourbons, avec des maîtresses par dizaines. Il y gagne même le surnom de «Vert-Galant». Tout cela ne prête pas à conséquence, sauf la tentation du roi d'épouser l'intrigante Gabrielle d'Estrées. Celle-ci étant morte en couches, le roi devra se satisfaire d'un mariage plus politique avec Marie de Médicis. Louis XIII, son fils et successeur, se montre à l'inverse d'un naturel timoré et très réservé à l'égard des femmes, y compris de la sienne, Anne d'Autriche. C'est à Louis XIV, leur fils, que reviendra l'honneur de restaurer la tradition galante. On lui connaît de nombreuses favorites, de Mlle de la Vallière à Françoise de Montespan et Angélique de Scorraille, duchesse de Fontanges. Il a le bon goût de légitimer ses bâtards et envisage même un moment de laisser le trône à l'aîné de la Montespan, le duc du Maine.

 

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il y a pas à dire, ils sont galants ces hommes, lol


Ramenons les écarts du Roi-Soleil à leur juste mesure : de sa vingtième année à son remariage avec Mme de Maintenon, en 1683, à l'âge de 45 ans, Louis XIV n'aura vécu qu'un tiers de sa vie «dans le stupre». Il a ensuite renoncé aux écarts et s'est satisfait des charmes mûrs de sa deuxième épouse. Faut-il l'en féliciter ? Notons que les meilleurs moments du règne concernent la période où il a vécu dans les plaisirs, au milieu de ses maîtresses et favorites. Quand il y a renoncé, le royaume est entré dans une période sombre :
révocation de l'Édit de Nantes, dévastation du Palatinat, guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, famines et révolte des Camisards... N'y voyons qu'une coïncidence.


À la fin du XVIIe siècle, en Angleterre, un renouveau politique et religieux prépare un changement de cap en matière de moeurs. Celui-ci prendra toute son ampleur au XIXe siècle...

 

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trop fort le mec...

 

Les femmes sont l'avenir de l'Europe

Les guerriers qui ont bâti l'Europe au Moyen Âge et aux Temps modernes ont eu le souci de mélanger leur sang, comme les chasseurs du Paléolithique. Sur les ruines de l'empire carolingien émergent les premiers États modernes.


Leurs souverains, en guerre les uns contre les autres, prennent l'habitude de conclure ces guerres par des alliances matrimoniales, avec l'espoir de préserver ainsi la paix pendant quelque temps. Très vite les dynasties européennes s'imbriquent les unes dans les autres de sorte que, sur le conflit perpétuel, se construit une identité commune. Louis XIV est l'expression de ce paradoxe. Plus attaché que quiconque à la grandeur de son royaume, il a
deux arrière-grands-parents français (ou navarrais), deux italiens, deux espagnols et deux allemands. Son lointain descendant Louis XVI compte quant à lui parmi ses ascendants les plus proches des Polonais, des Saxons, des Danois... Ce phénomène est propre à l'Europe dynastique. Dans l'empire ottoman voisin, construit par des Turcs nomades, rien de semblable: les sultans sont mis au monde par des concubines de toutes provenances comme la célèbre Roxelane. Ainsi les sujets ottomans sont-ils «esclaves de fils d'esclaves» ! Même chose dans la Chine des empereurs mandchous. Dans le bassin méditerranéen, où est apparu le Néolithique, avec une agriculture fondée sur la possession du sol, les populations privilégient depuis plusieurs millénaires les mariages entre proches cousins.

 

C'est tout le contraire des souverains européens. C'est qu'il leur importe avant tout de ne pas disperser les héritages. Ce phénomène, qui perdure dans les sociétés islamiques, a été analysé par Germaine Tillion (Le harem et les cousins, 1966).

 

la naissance de la galanterie
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 23 mai 2011
Auteur : André Larané

12:22 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : galanterie, dsk, femmes, guerre, histoire, moeurs, sexe, église, pape, religion | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/05/2011

Histoire d'un trophé: La palme d'or de Cannes

Le prestigieux trophée de 118 grammes d'or a été modernisé par la coprésidente de Chopard, dans le cadre d’un partenariat qui fournit chaque année gracieusement la palme d'une valeur de 25 000 francs. Pesant 118 grammes d’or jaune, la très convoitée Palme d’or du Festival de Cannes, décernée dimanche, a été instaurée en 1955.

 

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Sous sa forme actuelle, elle a été dessinée par Caroline Gruosi-Scheufele, coprésidente de la maison suisse de joaillerie Chopard. Selon la petite histoire, le choix de la palme s’est imposé en référence aux palmiers de la Croisette, que l’on retrouve aussi sur les armes de la ville de Cannes depuis des temps ancestraux.

 

Le premier dessin pour le festival a été réalisé par la créatrice de bijoux Lucienne Lazon. Mais le trophée n’a pas toujours fait l’unanimité: il est abandonné après le festival de 1963. Le conseil d’administration revient au diplôme, agrémenté d’une oeuvre d’art, avant d’y renoncer à nouveau en 1975 pour réhabiliter, cette fois pour de bon, la Palme d’or. Seuls cinq réalisateurs font partie du cercle envié des «double- palmés»: Francis Coppola (Palme d’or en 1979 et grand prix en 1974, précédente dénomination), Shoei Imamura (1983 et 1997), Bille August (1988 et 1992), Emir Kusturica (1985 et 1995) et les frères Jean- Pierre et Luc Dardenne (1999 et 2005). La Palme d’or n’a été décernée qu’une fois à une femme, Jane Campion, pour «La leçon de piano», en 1993.


L’an dernier, le trophée cannois a récompensé le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul pour «Oncle Boonmee».


Chaque palme est unique
En 1998, le prestigieux trophée a été modernisé par Caroline Gruosi-Scheufele, coprésidente de Chopard, le joaillier suisse qui, dans le cadre d’un partenariat, fournit chaque année gracieusement la palme d’une valeur de plus de 25 000 francs. Délicatement courbée, la tige ornée de 19 feuilles sculptées à la main, forme à sa base un coeur, symbole de la maison qui fête cette année son 151e anniversaire. Une deuxième palme d’or non datée est toujours en réserve en cas d’accident matériel, ou de palme ex-aequo. Jusqu’au palmarès, la palme est à l’abri dans les coffres du joaillier qui la livre au dernier moment à la direction du Festival.


D’un poids de 118 grammes d’or jaune, mesurant 13,5 cm de long sur 9 cm de large, le trophée est coulé dans un moule en cire, puis fixé sur un socle en cristal de roche de plus d’un kilo, taillé en forme de diamant. «La nature ne donnant jamais naissance à deux cristaux de roches identiques, chaque palme est absolument unique», souligne Mme Gruosi- Scheufele.


Depuis 2000, deux mini-palmes, modèles réduits de leur aînée, récompensent les prix
d’interprétation féminin et masculin.

16:09 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cannes, festival, histoire, palme d'or, chopard, cinéma | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/05/2011

1er mai, jour de l'Amour, le saviez-vous? Encore une journée détournée de son origine, merci les collectivistes!

1er mai Le jour de l'Amour

 

 

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Le 1er mai était autrefois, en Europe, dédié à l'amour. Ce jour-là, il était coutumier de se coiffer d'une couronne de feuillages et de fleurs ou d'en offrir une à la personne aimée. En témoigne la célèbre enluminure ci-dessus. Elle illustre le mois de mai dans les Très riches Heures du duc de Berry, un livre de prières réalisé au début du XVe siècle par les frères de Limbourg (aujourd'hui au musée de Chantilly).

 

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Cliquez, lire actualité 1/10/2010 du nlle-Obs


La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans, poète de la même époque, héros malheureux de la bataille d'Azincourt


«Le Dieu d'Amour est coutumier,

À ce jour, de fête tenir,

Pour amoureux cœurs fêter

Qui désirent de le servir;

Pour ce fait, les arbres couvrir

De fleurs et les champs de vert gai,

Pour la fête plus embellir,

Ce premier jour du mois de mai» (*).


Les écoliers de certaines régions de Belgique ou de Rhénanie cultivent encore la tradition des couronnes de feuillages.


Le 1er mai donne aussi lieu à des réjouissances en l'honneur du printemps selon le rite ancestral de l'arbre de mai, que l'on retrouve dans différentes régions d'Europe. À noter que le canton de Fribourg, en Suisse, célèbre ce jour-là le printemps avec chants et distribution de friandises aux enfants.


Mais aujourd'hui, c'est le plus souvent le travail ou plutôt la diminution du temps de travail qu'évoque le 1er mai avec la Fête du Travail.

 

 

Un 1er Mai de 1891, comme quoi, un début de lutte finale

 


Le 1er mai en France


En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine.


En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge .


Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.

 

The real meaning of 1st May
Le vrai sens du 1er Mai
MajCliquez, lire la poésie du blog de Julius


C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la Fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé.

Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement du maréchal Pétain. À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

 

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En avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.....


Source mon ami Cl A. Dulou, SGl de l'IHEDN

12/04/2011

Usa/Guerre de sécession, 150ème anniversaire...abolition de l'esclavage!!

Alors que les Etats-Unis fêtent les 150 ans de la Guerre civile, l’écrivain Tony Horwitz explique la fascination des Américains pour cette période de leur histoire.


Tony Horwitz est l’auteur d’un excellent livre de reportage sur les traces de la guerre de Sécession (1861- 1865), Confederates in the Attic (les Confédérés au grenier), dont les Américains vont commémorer, à compter de mardi, le 150e anniversaire du déclenchement des affrontements. Ancien journaliste, Tony Horwitz a accompagné des «reconstitueurs» qui se déguisent en soldats de l’Union ou de la Confédération.

 

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Et tenté d’éclairer ce que signifie cette guerre aujourd’hui encore aux Etats-Unis. Dans sa vie de reporter de guerre, Tony Horwitz a couvert le conflit du Golfe ou ceux de l’ex-Yougoslavie pour le Wall Street Journal.


Il est l’auteur de livres de voyage à travers l’histoire, commeA Voyage Long and Strange (l’épopée des premiers explorateurs européens de l’Amérique). Son prochain ouvrage, à paraître aux Etats-Unis en octobre, reviendra sur l’un des déclencheurs de la guerre de Sécession, le «terroriste» John Brown qui prônait l’insurrection armée contre l’esclavage.


Pourquoi la guerre de Sécession reste-t-elle aussi présente aux Etats-Unis ?
Pour beaucoup d’Américains, c’est surtout un sujet sur lequel ils doivent plancher au lycée. Pour ceux qui s’y intéressent, il y a plusieurs raisons : d’abord l’ampleur de la guerre et de ses massacres dépasse de très loin tout autre conflit de l’histoire américaine. Trois jours de combat à Gettysburg ont tué plus d’Américains que les huit dernières années de guerre en Irak. Dans les rangs confédérés, près d’un soldat sur trois est mort.


Rapportés à la population actuelle des Etats-Unis, les 620 000 tués de la guerre de Sécession équivaudraient à 6 millions de morts. L’Europe a connu un certain nombre de guerres de cette ampleur, mais pas l’Amérique du Nord. Une autre raison est que cette guerre s’est déroulée sur le sol américain, à moins d’une journée de route de là où habite aujourd’hui près de la moitié de la population américaine. Chacun peut mettre sa famille dans une voiture et aller voir les champs de bataille ou d’autres sites historiques. La plupart de ces sites sont pratiquement préservés dans l’état où ils étaient dans les années 1860, avec clôtures en bois, chemins défoncés et champs de maïs. Cela ramène les Américains à une époque à échelle humaine, avant que les lotissements, les mégacentres commerciaux et les autoroutes uniformisent tout le pays, et menacent d’ailleurs les sites historiques. Il y a très peu de limites à ce que les propriétaires privés peuvent faire dans ce pays, particulièrement dans les Etats du Sud. Enfin, dernière raison, la guerre de Sécession est un coffre à trésors de mots et d’images. Les soldats ont écrit des milliers de lettres non censurées par l’armée, qui nous donnent une image très poignante de cette guerre. Et les dirigeants de l’époque, Lincoln en particulier, avaient une éloquence qu’on n’imagine plus aujourd’hui.


Son célèbre discours de Gettysburg n’a pourtant duré que deux minutes…
Il ne compte que 270 mots, mais chacun d’eux est mémorable. Lincoln est notre Shakespeare. A l’heure où la plupart des déclarations publiques sont faites de vide précieusement emballé, de diatribes télévisées ou de messages Twitter, Lincoln et les autres écrivains ou orateurs de cette époque, William Tecumseh Sherman, Frederick Douglass ou Mary Chestnut, nous ramènent à l’essentiel, à la richesse du caractère américain et de la langue anglaise. Il reste aussi de merveilleuses photos de cette guerre. Nous regardons dans les yeux de ces jeunes engagés aux visages enjoués et nous y voyons les reflets passés de nous-mêmes. Et puis nous les voyons morts et estropiés sur le champ de bataille. De nos jours, l’horreur de la guerre est atténuée par la censure militaire et la sensibilité des rédacteurs en chef.

 

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La célébration de ce 150e anniversaire sera-t-elle très différente du 100e anniversaire, en 1961 ?
En 1961, on était en plein dans le mouvement des droits civiques, qui a pris une formidable ampleur. Au début, les comités commémoratifs ont tenté de l’ignorer, certains se sont même réunis dans des hôtels qui maintenaient la ségrégation. Les gens voulaient entretenir la fiction selon laquelle on peut honorer le courage, le sacrifice et l’héroïsme des soldats sans aborder les enjeux de cette guerre et la façon dont ils résonnaient encore dans l’Amérique des années 60. Du coup, il y eut des protestations, des scissions et nombre d’événements prévus n’ont pas eu lieu. Cette fois, je pense que tout sera beaucoup plus atténué, simplement parce que cette guerre est maintenant plus éloignée qu’elle ne l’était en 1961.

 

Aujourd’hui aussi, hormis quelques irréductibles néoconfédérés, chacun sait que la question de la race et de l’esclavage doit être au centre de toute discussion sur la guerre de Sécession.


La fascination pour cette guerre s’est vraiment développée à la fin des années 1800 et au début des années 1900, lorsque les vétérans ont commencé à mourir. Deux films, qui ont eu un énorme impact au XXe siècle, Naissance d’une nation et Autant en emporte le vent (1), ont créé une vision romantique et erronée du «Vieux Sud» et de la «Cause perdue», qui perdure. Aux Etats-Unis, il y a toujours des milliers de reconstitueurs, même si le nombre a diminué cette dernière décennie. Il est en effet plus difficile de romancer et rejouer une guerre historique lorsque des guerres réelles sont en cours.

 

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On entend souvent aux Etats-Unis, particulièrement ces dernières années, sous la présidence Obama, que la guerre de Sécession n’est pas terminée. Qu’en est-il ?
Les questions centrales de ce conflit ne sont toujours pas résolues. L’esclavage a pris fin mais pas la séparation entre les races, l’inégalité et l’injustice. Les «droits des Etats», base légale de la Confédération, sont une doctrine très en vogue depuis des décennies, surtout dans le Sud. D’une façon plus générale, les Etats-Unis restent un pays divisé, selon des lignes qui ne sont pas entièrement différentes de 1861. Si vous prenez une carte politique, les anciens Etats confédérés sont dans un camp et l’Union dans un autre. On les appelle aujourd’hui des Etats bleus et rouges, au lieu de bleus et gris (2). Mais il peut être aussi dangereux d’exagérer cela et négliger les progrès très réels que ce pays a faits. A l’étranger, on est particulièrement enclin à voir les Etats-Unis à travers le prisme de vieux stéréotypes.

 

On peut toujours s’emparer d’exemples grotesques de comportements racistes et réactionnaires, particulièrement dans le Sud, comme les médias le font souvent, pour suggérer qu’il n’y a pas eu beaucoup de changements. Mais dans son ensemble, le pays est plus intégré et tolérant qu’il ne l’était il y a une génération, et la transformation est particulièrement frappante au Sud. De fait, le Sud est aujourd’hui davantage intégré que le Nord, on y compte beaucoup plus de Noirs dans la fonction publique. Les chiffres du dernier recensement montrent que les Noirs retournent en grand nombre vers le Sud, et les mariages interraciaux n’y sont plus rares.

 

 

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Les Noirs sont-ils aussi intéressés que les Blancs par cette guerre de Sécession ?
Il semble bien que les Noirs s’y intéressent moins que les Blancs. Mais cela change avec la prise de conscience, ces vingt dernières années, du rôle des soldats et matelots noirs dans cette guerre, avec l’aide, notamment, du film Glory (3). Quelque 200 000 Noirs se sont battus pour l’Union. Lors des reconstitutions, beaucoup participent au sein des célèbres unités noires, comme le 55e Massachusetts.


D’autres pays commémorent-ils leur histoire de cette façon ?
Il y a des analogies entre les souvenirs cultivés par les Blancs du sud des Etats-Unis et ceux d’autres peuples qui ont subi des défaites historiques comme les catholiques d’Irlande du Nord, les Palestiniens des territoires occupés ou différents groupes dans les Balkans. Ils ont en commun de s’éterniser sur l’histoire, tandis que les «vainqueurs» tournent plus vite la page. Les perdants ont un sens plus développé de l’identité et une vision des choses fondamentalement tragique. Cela me rappelle un peu l’Australie aussi, où j’ai vécu plusieurs
années. En Amérique, mis à part le Sud, on célèbre nos victoires. En Australie, l’événement formateur et le plus célébré est la désastreuse bataille des Dardanelles, quand les généraux britanniques ont envoyé des milliers d’Australiens face aux mitraillettes turques. Ce fut un peu comme la charge de Pickett à Gettysburg, une vaillante défaite, du moins dans l’imaginaire australien.


(1) «The Birth of A Nation» (1915), de D. W. Griffith; «Gone with the Wind» (1939), de Victor Fleming. (2)
Aux Etats-Unis, le bleu est aujourd’hui la couleur du Parti démocrate, le rouge celle du Parti républicain. A
l’époque de la guerre de Sécession, le bleu était la couleur de l’Union, le gris celle des Confédérés. (3)
«Glory» (1989), de Edward Zwick.

 

Guerre de Sécession : « l’esclavage a pris fin, pas l’injustice »
Source, journal ou site Internet : Libération
Date : 9 avril 2011
Auteur : recueilli par Lorraine Millot

10:45 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usa, hommage, guerre, racisme, noirs, esclavage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/03/2011

Japon, séisme, hommage.

L'histoire du Japon se confond avec une longue litanie de catastrophes naturelles ou humaines qui a profondément marqué les esprits. Et est endurée avec une courageuse placidité. La première cause des tragédies nippones est d'ordre naturel.

 

Si l'on devait décrire sommairement ce chapelet d'îles de 378.000 km2 (les deux-tiers de la France) où se concentrent 127 millions d'habitants (2010), on pourrait le qualifier de poudrière posée sur un tapis roulant.

 

http://monanneeaucollege.com/4.svt.chap6_fichiers/tecto-japon-vue-externe.jpg

Pour vous aider :

http://www.biologieenflash.net/animation.php?ref=geo-0032-1

http://expositions.bnf.fr/ciel/elf/4tecto/06subd.htm


La «ceinture de feu» du Pacifique
L'archipel s'étire des latitudes sibériennes à la zone intertropicale. Il se situe au coeur d'une zone de frictions entre quatre plaques tectonique, l'eurasienne à l'ouest, la philippine au sud, la pacifique à l'est et la plaque d'Okhotsk au nord. Aussi est-il sujet à de très fréquents séismes, d'intensité très variable. Pas un jour pratiquement ne se passe sans qu'une secousse ait lieu en un point ou un autre de l'archipel. Par ailleurs situé sur la «ceinture de feu» du Pacifique, le Japon comporte pas moins d'une centaine de volcans - dont certains sont entrés en éruption dans les trois dernières années - . Le volcan le plus élevé du Japon est le Fuji-san (3776 mètres), au centre de l'île principale, Hondo ; cette montagne sacrée du culte shintoïste est faussement appelée Fuji-Yama (ou Fujiyama) par les Occidentaux. En raison d'un relief très montagneux, les Japonais sont concentrés sur les étroites plaines littorales, donc exposés aux tsunamis (mot japonais désignant les vagues géantes provoquées par des tremblements de terre sous-marins).


Très tôt urbanisé, le Japon se signale par des villes très peuplées et très denses, d'autant plus vulnérables face aux séismes et aux incendies. La capitale administrative Edo est déjà aux XVIIe et au XVIII siècles l'une des plus grandes villes du monde avec environ 700.000 habitants. En 1657, elle est détruite par un incendie qui fait 100.000 victimes et entraîner sa complète reconstruction. Sous le nom de Tokyo, la ville est aujourd'hui au centre d'une «Mégalopolis» de 35 millions d'habitants.

 

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Séismes, éruptions... et raffinement social
C'est dire si les Japonais connaissent le risque : la catastrophe est inscrite dans les gènes de leur terre. Si les siècle que les premières grandes catastrophes sont recensées, en rapport avec l'urbanisation. Ainsi, la riche plaine du Kantô, au nord de Tokyo, est ravagée en 1703 par un tremblement de terre qui fait 150.000 morts, chiffre considérable pour l'époque (à Lisbonne, en 1755, on en dénombre 60.000).


En 1707, 49 jours après l'un des plus gros séismes qu'ait connu le pays, le Fuji-san entre en éruption. Il libère un nuage de cendres qui remonte cent kilomètres plus au nord, touchant Edo (aujourd'hui Tokyo). Mais c'est en 1792 que la plus grosse catastrophe d'origine volcanique a lieu : après le réveil du mont Unzen, sur l'île de Kyushu, un dôme de lave s'effondre brutalement dans l'océan et crée un gigantesque raz-de-marée qui emporte plus de 14.000 victimes. Entre les incendies réguliers et les famines, comme celle du Temmei qui fait près de 1 million de morts dans les années 1780, le siècle est rude même si l'Histoire garde le souvenir d'une période prospère, paisible et relativement heureuse, qui voit l'épanouissement d'une société raffinée autour de l'empereur et du shogun, le «monde flottant». Plus tard, en 1855, Tokyo est ravagée par un tremblement de terre, laissant 10.000 morts sous les décombres. En juin 1896, le séisme de Meiji-Sanriku, d'une magnitude de 7,2 sur l'échelle de Richter, fait 20.000 morts. Le pire reste à venir.

 

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Tokyo rayée de la carte
L'apocalypse survient en 1923, lorsque le pays est ravagé par le séisme de Kanto, d'une magnitude de 7,9, provoquant la mort de plus de 200.000 citadins, ensevelis, brûlés ou noyés pour la plupart. Survenue le 1er septembre 1923 à 11h58, la secousse principale est suivie d'un raz de marée et de nombreux incendies, puis par une centaine de répliques pendant une semaine, laissant Tokyo en ruine, détruisant également les villes de Yokohama ou Kanagawa. Les populations se retrouvent sans abris. Elles souffrent vite de famine, de dysenterie ou encore de fièvre typhoïde, ce qui oblige les autorités à instaurer la loi martiale.

 

Un vrai choc, la première prise de conscience collective d'un peuple, qui fait déjà preuve d'une grande force morale, si bien décrite par Akira Yoshimura dans son livre : Le grand tremblement de terre du Kanto.


Désormais, le Japon va tenter de vivre avec ces éléments déchaînés en construisant différemment et en intégrant la prévention des populations. Les séismes et les tsunamis se poursuivent avec plus ou moins de vigueur, mais le nombre des victimes diminue, dépassant rarement les 2.000 morts. Il faut attendre le tremblement de terre de Kobé, au sud de la mer intérieure, en janvier 1995, pour renouer avec l'horreur :
6.437 décès et plus de 43.000 blessés... Le dernier calvaire du Japon est survenu ce 11 mars 2011 avec le tremblement de terre de Tohoku, au large de Sendai, d'une magnitude de 9, l'un des plus puissants qu'ait connu le Japon, suivi d'un tsunami dévastateur sur le nord-est du pays, doublé d'une catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima. En ajoutant au cataclysme naturel la responsabilité humaine, le dernier drame nippon nous rappelle que le martyr du peuple japonais est multiple : la nature n'est pas la seule responsable de ses maux.

 

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Apocalypse nucléaire
À la litanie des catastrophes naturelles il faut ajouter les désastres provoqués par les hommes, et parmi les premiers d'entre eux, le déluge de feu nucléaire qui s'est abattu sur le pays en 1945. Les Japonais ont été les seules victimes de bombardement atomique au monde, ce qui en fait l'un des premiers peuples martyr. Cela ne les dédouane pas des horreurs commises, notamment en Chine, avec en particulier le massacre de Nankin en 1937 (plus de 200.000 tués ou mutilés en six semaines par l'armée japonaise), mais les civils ont durement payé l'aveuglement et les exactions de leurs chefs. Les 6 et 9 août 1945, après le rejet de leur ultimatum, les Américains lancent des bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki pour forcer le Japon à abdiquer- ce qu'il fera le 2 septembre suivant. Un déluge de feu s'abat alors sur les deux villes, l'équivalent de 15.000 tonnes de TNT rien que sur Hiroshima, avec la formation de vents de 300 à 800 km/h qui dévastent les rues et les habitations. Le bilan est effroyable : villes littéralement soufflées, environ 200.000 morts pour les deux cités, des blessés brûlés ou atteints de cancers et de leucémie à moyen terme. Cette catastrophe restera longtemps tabou au Japon, les survivants ne faisant l'objet d'aucun secours particulier. Bien au contraire, la plupart garderont leur secret pour éviter notamment que leurs descendants ne puissent fonder une famille en inspirant la peur (contamination des gènes, etc)... Le chemin de croix n'est pas terminé : un autre drame, plus insidieux car plus discret, ronge les côtes de Minamata, au sud-ouest du pays. Depuis les années trente, une usine pétrochimique rejette des métaux lourds, et notamment du cuivre, dans les baies où pêchent les populations locales, débouchant sur l'une des catastrophes écologiques majeures du siècle.


Plus de mille morts sont recensés, les mères commencent à donner naissance à des enfants mort-nés ou affichant des malformations ou des handicaps. Pendant plus de trente ans, 400 tonnes de mercure sont rejetées dans la mer, avant que les boues finissent par être traitées. Le drame de Minimata demeure gravé dans nos mémoires par la vertu christique d'une photo d'Eugene Smith (ci-contre) où s'exprime toute la douleur d'une mère pour son fils meurtri. Aujourd'hui, face au scandale, 13.000 personnes intoxiquées sont prises en charge par les autorités, mais 25.000 attendent toujours une décision les concernant, sans compter ceux qui sont restés discrets sur le sujet, toujours par peur de s'isoler dans une société soudée. À ce titre, l'intervention de l'Empereur Akihito sur les ondes le mercredi 16 mars 2011 - un acte rarissime- apporte une pâle lueur d'espoir aux martyrs de la centrale de Fukushima. On peut supposer que l'État aura a coeur cette fois de mieux prendre en charge les survivants, leur apportant aide et subsides pour se soigner et se reconstruire, et d'individualiser ainsi la souffrance. Dans le même temps, en s'adressant ainsi à la Nation, Akihito rappelle également que le Japon sait faire face aux éléments incontrôlables du destin. La cohésion comme meilleur rempart.

 

VIIème - XXIème siècle : Japon terre de Séismes
Source, journal ou site Internet : Hérodote
Date : 21 mars 2011
Auteur : Marc Fourny

13:12 Écrit par HUMANITAS dans Histoire - Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : japon, hommage, séisme, tremblement de terre, catastrophes, nucléaire, risque | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

 
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